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Le livre qui aborde donc un sujet important avec des sources à première vue intéressantes déçoit cependant à plusieurs niveaux. D’abord, l’auteur ne réussit pas à intégrer les trois approches choisies – celle du genre, celle de la justice et celle des relations entre Blancs et Noirs – dans un récit cohérent. Sur aucun des trois sujets la bibliographie est fournie, ce qui se ressent fréquemment. L’absence de problématisation conduit souvent à une simple mise en récit des cas découverts. Troisièmement, le contexte socio-historique dans lequel vivent les soldats est rarement décrit. Lorsque l’auteur affirme que « certaines unités on pu comporter un nombre particulièrement élevé de violeurs » (249), il touche à un problème central qu’il ne développe cependant pas. Dans leur étude sur les atrocités allemandes en Belgique et au Nord de la France en 1914, Kramer et Horne ont montré l’importance d’une description dense de la situation militaire des unités de soldats pour expliquer les explosions de violence1. Finalement, l’utilisation des chiffres pose un problème méthodologique : parler de pourcentage lorsque l’effectif total est de 36 unités (205) semble peu concluant; d’autres graphiques sont même incompréhensibles (255). L’ouvrage aborde donc un sujet intéressant, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.
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