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  MARNE II - Navire auxiliaire

 

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Auteur Sujet :

MARNE II - Navire auxiliaire

n°2621
Ar Brav
Posté le 29-01-2008 à 10:53:34  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
MARNE II Navire auxiliaire (1918 - 1920)
 
Chantier :
 
N.C.
En service : 1918
Retiré : 1920
Caractéristiques : N.C.
 
Observations :
 
Charbonnier Solweig
1918 - 1920 : réquisitionné
04.05.1917 : combat plus d'une heure un sous-marin ennemi avec Verdun
 
Bien cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°2627
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 29-01-2008 à 13:16:17  profilanswer
 

Difficulté additionelle, ce Solweig ne figure dans aucune de mes sources. En tout état de cause, il s'agit d'une petite unité.
Cdlt
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°2632
kgvm
Posté le 29-01-2008 à 17:03:15  profilanswer
 
n°2635
Ar Brav
Posté le 29-01-2008 à 17:51:59  profilanswer
 


 
Re,
 
Ce n'est pas simple, tous ces bateaux avec le même nom  :pt1cable:  
 
1.MARNE Cargo de 4 019 tx coulé le 28.06.1917 à 5 milles au large de l’île d’Yeu par le sous-marin UC 71
 
MARNE
Cie. de Navigation d'Orbigny; 1917; SunderlandS.B. Co.; 4,019
tons; 375x52x23-7; 371 n.h.p.; triple-expansion engines. The
French steamship Marne was torpedoed and sunk by a German
submarine in the Bay of Biscay on June 28th, 1917.
 
2.MARNE de 979 tx coulé le 29.10.1917 dans la Manche par 50°30N et 01°20W par le sous-marin UC 63
 
3.MARNE Chalutier (en tous les cas un bateau de pêche) de 25 tx coulé le 04.05.1917 au Nord d’Arcachon par le sous-marin UC 72
 
4. MARNE II, celui cité plus haut
 
Bien cordialement,
Franck

Message cité 1 fois
Message édité par Ar Brav le 29-01-2008 à 18:30:49

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°2636
Ar Brav
Posté le 29-01-2008 à 18:35:49  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Si je reprends la fiche de Marne II (source Miramar), çà donne ceci :
 
MARNE II Navire auxiliaire (1918 - 1920)  
 
Chantier :
 
Duncan, Yard n° 293, Port Glasgow
Mis à flot : 21.11.1900
Terminé : 01.1901  
En service : 1918  
Retiré : 1920  
Caractéristiques : 4 434 t ; 111,3 x 14,7 m ; 1 machine alternative ; 8 nds.  
 
Observations :  
 
1900 : cargo lancé sous le nom de Afton pour le compte de McLaren & McLaren, Glasgow
1903 : prend le nom de Solweig pour le compte de C.Michelsen & Co
1915 : prend le nom de Nyland pour le compte de A.Jensen
1915 : prend le nom de Saginaw pour le compte de Am.Transatlantic
1915 : prend le nom de La Marne pour le compte du gouvernement français, sans doute la Marine Nationale
1918 - 1920 : réquisitionné  
1920 : prend le nom de Marne II pour le compte du gouvernement français, sans doute pour la Marine Nationale
1920 : déréquisitionné, prend le nom de Vauclin pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique  
1934 : démoli à Copenhague durant le second trimestre
 
Si ce n'est pas çà, il y a confusion quelque part entre celui-ci et le chalutier. Qu'il soit répertorié comme Marne II n'a rien d'étonnant, c'est le dernier nom qu'il a porté dans la Marine Nationale. En revanche, je ne peux affirmer que c'est bien lui qui s'est colleté avec le sous-marin, j'ai quand même un petit doute.  
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 07-08-2008 à 07:14:47

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°2639
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 29-01-2008 à 20:52:04  profilanswer
 

Rebonsoir
Ce n'est certainement pas un cargo de 4434 tonnes qui s'est colleté avec l'UC 72 sinon le Cdt Voigt n'aurait pas parlé de 2 Fischdampfer estimés à 250 tonnes !
Il y a très vraisemblablement une erreur quelque part en raison de l'homonymie et elle amène aujourd'hui cette confusion. A mon avis, il devait y avoir un chalutier basé dans un port de la côte des Landes qui en 1917 portait le nom de Marne. Dommage que je sois si loin de Vincennes car la réponse est très certainement là-bas.
Cdlt
Yves


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°2640
Terraillon​ Marc
Posté le 29-01-2008 à 20:53:35  profilanswer
 

Bonsoir
 
Voici une vue du VAUCLIN (ex MARNE II)
 
http://www.frenchlines.com/ship_fr_461.php
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°2697
JPC
Posté le 01-02-2008 à 17:56:53  profilanswer
 

Bjr tous voici ce que j'ai dans mes notes :
A la date du 04 mai 1917 registre des archives de la Marine à Brest   C4070 :
Marne et Verdun,  chalutiers armés, 25 tx, armement Pascal Elissalt Saint-Jean-de-Luz coulés au canon par un sous-marin à 20 milles dans le nord-nord-ouest de Saint-Jean-de-Luz.
7 marins français et 7 marins espagnols tués entre les deux bateaux.
     Cela vous éclaire-t-il?   amitiés JPC
                                                                                               
 
                         


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Jean Pierre Clochon
n°2698
JPC
Posté le 01-02-2008 à 18:07:48  profilanswer
 

de JPC, juste une remarque, les 25 tx pour les chalutiers correspondent sans doute à la capacité de la cale à poissons, pas au tonnage réel des navires..  


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Jean Pierre Clochon
n°2704
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 01-02-2008 à 20:52:48  profilanswer
 

En effet, pour des chalutiers à vapeur ça fait léger et puis Voigt les estime à 250 tonnes.  
Je suis toujours aux prises avec le KTB, c'est quasi illisible pour moi alors j'ai lancé un appel à l'aide outre-Rhin.  
Cdlt
Yves


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°2726
JPC
Posté le 02-02-2008 à 14:43:33  profilanswer
 

Bjr tous... Dans la famille "Marne" pour 1917 j'ai aussi ces mentions :  
 
14/03/1917 MARNE, VOILIER, 200tx, 12 milles ouest de La Banche, dundee coulé par un sous-marin au canon. Donné aussi pour goélette, armt Rimbourg Paimpol.
 
 
28/06/1917 MARNE 1,  VAPEUR 4119 tx,  Armé, TSF,  5 milles N5W de la bouée des Bœufs, coulé par un sous-marin, cargo, Cie de Navigation d’Orbigny, torpillé.
 
 
29/10/1917 MARNE, VAPEUR, 979tx Armé, TSF, 25 milles ½ N1E Barfleur, torpillé par un sous-marin.      JPC
 
 


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Jean Pierre Clochon
n°2727
olivier 12
Posté le 02-02-2008 à 15:01:59  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je vais ouvrir un nouveau sujet pour la goélette Marne et le vapeur Marne 1
 
Olivier


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olivier
n°7852
Ar Brav
Posté le 07-08-2008 à 11:05:33  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
Par suite, dans les observations retraçant la carrière de ce cargo, il y a lieu de supprimer le membre de phrase suivant : " 04.05.1917 : combat plus d'une heure un sous-marin ennemi avec Verdun.  "  Et, pour éviter toute confusion, conviendrait-il de créér une rubrique " MARNE - Chalutier " ( ou Patrouilleur, s'il est établi que telle était devenue son affectation), parallèle de celle déjà ouverte au sujet du VERDUN.
 
La correction est faite concernant le combat supposé avec le sous-marin. Quant au reste, je dois revoir ce sujet un peu perdu de vue (mais toujours archivé)
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°8934
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 18-09-2008 à 11:26:39  profilanswer
 

.
   Bonjour, Franck,
   Bonjour à tous,    

Ar Brav a écrit :

« Ce n'est pas simple, tous ces bateaux avec le même nom. »

  Encore un autre !  
 
   « ÉCHOUEMENT. - Le voilier La Marne (ex-terre-neuvier Rubens), à M. le comte de Leché, s'est échoué accidentellement, mais l'équipage est sain et sauf. » (L'Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 5.591, 24 nov. 1917, p. 4).


Message édité par Rutilius le 12-08-2017 à 20:15:51

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°8936
kgvm
Posté le 18-09-2008 à 11:44:34  profilanswer
 

May be "La Marne" ex "Rubens" was raised, for the ship is listed in Lloyd's register of 1920!

n°19881
dbu55
Posté le 22-08-2009 à 18:24:43  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Un marin du Chalutier MARNE coulé le 04 mai 1917 :
 
POULOU Julien né le 27/01/1881 à Lurbe (Pyrénées-Atlantiques (Basses-Pyrénées en 1914)), Matelot de 3ème Classe Sans Spécialité - Décédé le 04/05/1917 (36 Ans) à bord de la MARNE - Corps retrouvé le 22/05/1917 sur le territoire de la commune de Messanges (Landes)
 
Un autre marin du 5ème dépôt du chalutier MARNE (mais je ne sais pas si c'est le même ?):
 
HERMILE Jean Louis né le 03/09/1889 à Saint-Gourgon (Loir-et-Cher), Second Maître Mécanicien - Décédé le 22/06/1917 (27 Ans) à l'hôpital ed Saint-Mandrier-sur-Mer (Var) de Tuberculose Pulmonaire - Inhumé dans la Nécropole Nationale de Saint-Mandrier-sur-Mer - Rang D - Tombe 30
 
Un marin du MARNE II :
 
JEAN Léon né le 06/09/1894 à Crach (Morbihan), Matelot Chauffeur - Décédé le 17/02/1919 (24 Ans) à l'hôpital ed Saint-Mandrier-sur-Mer (Var) de maladie - Inhumé dans la Nécropole Nationale de Saint-Mandrier-sur-Mer - Rang L Tombe 37 - Ne figure pas sur le site MDH


Message édité par dbu55 le 22-08-2009 à 18:25:02

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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°22180
Ar Brav
Posté le 24-11-2009 à 11:45:06  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
La fiche Miramar du Marne II, La Marne, futur Vauclin, ex-Afton, ex-Solveig :
 
IDNo:  1113928  
Year:  1901
Name:  AFTON  
Launch Date:  21.11.1900
Date of completion:  01.1901
Type:  Cargo ship  
Flag:  GBR  Keel:  
Tons:  4434  
Yard No:  293
LPP:  111.3  
Beam:  14.7  
Country of build:  GBR
Builder:  Duncan
Location of yard:  Port Glasgow
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn):  1T-8  
End:  1934
 
History:
 
1901 : AFTON  (McLaren & McLaren, Glasgow, GBR)  
1903 : SOLVEIG  (D/S Solveigs Rederi, Bergen, NOR)  
1915 : NYLAND (A/S D/S Nyland, Copenhagen, DNK)  
1915 : SAGINAW (American Transatlantic Co Inc, New York, USA)  
1915 : LA MARNE (French Govt, Marseille, FRA)  
1920 : MARNE II (French Govt, Marseille, FRA)  
1920 : VAUCLIN  (CGT, Marseille, FRA)
 
Le changement de nom ne correspond pas à celui donné sur le site de la French Lines :
 
http://www.frenchlines.com/ship_fr_461.php
 
Disposal Data:
 
BU Copenhagen 2q.34 [Peterson & Albeck]
 
http://www.miramarshipindex.org.nz/ship/show/238393
 
Cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°29909
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 14-02-2011 à 00:03:22  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                                    ― 19 mai 1916 ― Le cargo charbonnier La Marne ravitaillant le port de Casablanca ―
                                                                ― Photographie de Paul Queste, « Opérateur B » à la Section photographique de l’Armée

 
 
                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/LA-MARNE---Cargo-charbonnie.gif  
 
                                                                                    Ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine  
                                                                                                                      n° de tirage 62 T 060.487

   


Message édité par Rutilius le 11-08-2017 à 23:26:09

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°33500
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 03-01-2012 à 15:54:05  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                              Le Temps, n° 20.885, Mercredi 11 septembre 1918, p. 3, en rubrique « Affaires militaires ~ Marine ».
 
 
                                                                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/EMILE%20-%20Voilier..jpg
   


Message édité par Rutilius le 11-08-2017 à 23:30:23

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°35747
marpie
Posté le 22-12-2012 à 10:28:19  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Extrait du JO du 19 septembre 1918 :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6916/Marne2JO190918.jpg
 
 
Bien amicalement
Marpie

n°47078
olivier 12
Posté le 03-08-2017 à 08:13:07  profilanswer
 

Bonjour à tous,

Rencontre avec un sous-marin. 17 Mai 1918

 
Bâtiment militarisé transportant 7446 tonnes de charbon.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/gPfSpz.jpg
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/XqldpF.jpg
 
Rapport du capitaine
 
Quitté Cardiff le 5 Mai 1918 et venu seul à Milford Haven où je suis arrivé le 6 à 09h00.
Quitté Milford Haven en convoi de 22 navires escortés. Successivement, les navires à destination de l’Amérique du Nord et du Sud nous quittent en route. Le 9, coup de vent d’Ouest. Plusieurs navires ont des avaries sur le pont. Contourné Saint Vincent à 30 milles. Arrivée de 12 navires à Gibraltar le 13 à 17h00. Rien de particulier au cours de la traversée.
 
A Gibraltar, attendu convoi de Bizerte. Quitté Gibraltar le 16 Mai à 17h00 avec 12 navires en convoi escorté. Pris la formation A aussitôt l’appareillage et navigué ainsi en attendant les traînards.  
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/6iHzMK.jpg
 
Le 17 à 11h00, à 10 milles au Sud d’Alboran, pris route au N74E. Beau temps. Petite brise de Nord. A 19h00 on marchait à 7 nœuds, en ligne de front, sans faire de zigzags. Sur la passerelle de MARNE II, le maître d’équipage et le capitaine voient alors sur bâbord et par le travers, un périscope de sous-marin stoppé. Aucun sillage ne le signalait et il a fallu passer presque dessus pour le déceler à 100 m. Commandé tribord toute et alerté à bâbord en tenant compte de ce que mon embardée est limitée par le W.A. Donné au sifflet un signal de 2 coups (sur 6) car, sans que j’ai tiré trop fort, le cordon du sifflet a cassé. Sachant le sous-marin paré pour moi, je redresse, lorsqu’une forte explosion se fait entendre. Le SCULPTOR (vapeur anglais W.B) était torpillé. Le sous-marin avait lancé sa torpille sur ce bâtiment aussitôt passé MARNE II. SCULPTOR a été touché par bâbord milieu et le personnel de quart en bas a sans doute péri. Le navire continue à flotter et reste droit. Il a envoyé un SOS. Il était légèrement chargé pour Salonique et était avec nous depuis Milford Haven. Tous les navires du convoi ayant mis en route, nous l’avons perdu de vue à l’horizon.
 
Quelques navires escorteurs restent près du SCULPTOR, parcourant la mer et y jetant des bombes. Au cours de la nuit, quelques coups de canon ont été entendus avant minuit. Quelques navires s’éloignent et d’autres vont à Oran. MARNE II conserve le contact avec le commodore (W.A) GLORIA DE SARINAGA. Le 18 au matin, on se retrouve 6 navires seulement et 4 escorteurs.
 
Continué la route sur Bizerte en passant au large de l’Algérie. Le point de torpillage du SCULPTOR est 36°03 N et 01°52 W à 19h00 le 17. Il est évident que le sous-marin a vu venir le convoi et s’était placé et immobilisé. MARNE II étant trop près, il l’a laissé passer et a torpillé un navire dont la distance lui convenait, 600 m environ. Il s’est servi de MARNE II comme d’un bouclier.
 
A propos de ce torpillage, je signale que dans mon rapport sur la guerre sous-marine adressé à Paris en Septembre dernier, je demandais que deux petits canons soient placés de chaque bord de la passerelle, à portée de main du capitaine ou de l’officier de quart et soient toujours parés à tirer. Voilà un cas où, si j’avais eu ce canon sous la main, il eut pu être utilisé et pu empêcher le sous-marin de continuer à viser et torpiller.
Je parlais aussi de la navigation en convoi et persiste à dire que les convois n’affaiblissent pas les risques de torpillage, bien au contraire. Un navire seul et libre de ses mouvements est sûrement moins vulnérable que s’il se trouve en convoi, retenu encerclé, et plus longtemps à la mer. Les convois sont des buts et des proies que les sous-marins guettent et poursuivent plus facilement, même en zigzaguant. Les navires devraient être placés en quinconce et non en carré.
Cependant, si les convois doivent être maintenus pour différentes raisons, il en résulte que les navires de commerce n’auraient plus besoin de plusieurs gros canons. Une seule pièce moyenne suffirait et deux petits canons de chaque bord de la passerelle constitueraient une artillerie légère de préservation et de défense immédiate, et un signal d’attention et de direction.
Le gisement du sous-marin serait mieux défini par un coup de canon et son point de chute que par des coups de sifflet. Il permettrait aux convoyeurs de se porter plus rapidement sur l’ennemi. Il est à remarquer que mes deux 90 mm, éloignés de la passerelle et longs à mettre en action, ne m’ont été d’aucun secours en cette circonstance. De plus, les hommes de veille hésitent toujours davantage qu’un officier chargé de prendre une initiative rapide et hardie. La passerelle doit donc être armée à cette fin. Les navires anglais n’ont tous qu’une pièce moyenne à l’arrière et qui suffit à son but. Les escortes des grands convois étant des navires armés, les équipes volantes ne sont pas utilement employées dans ces cas généraux.  
 
Rapport de l’officier AMBC
 
Il reprend le déroulement des faits et conclut :
 
Le capitaine de MARNE II a exécuté correctement la manœuvre prescrite dans les instructions, mais on ne s’explique pas pour quelles raisons le convoi ne faisait pas de zigzags. Sa faible vitesse ne le rendait que plus vulnérable.
J’estime en outre qu’il n’y a rien à retenir des suggestions proposées par le capitaine de MARNE II à la fin de son rapport de mer.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’U 39 du Kptlt Heinrich METZGER.
U 39, commandé successivement par Walter Fortsman et Heinrich Metzger aura coulé 155 navires entre Août 1916 et Mai 1918 dont, curieusement, un seul -et son dernier- en 1918, SCULPTOR.
Ce vapeur de 4874 tonnes avait été lancé en 1912 au chantier de Dumbarton sous le nom de SAINT ANDREW. Le voici photographié à Capetown.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/WSOrWE.jpg
 
Il avait pris le nom de SCULPTOR en 1918, étant passé à l’armateur Charente SS Co de Liverpool. Il se rendait de Swansea à Salonique avec du matériel de guerre. Son torpillage fera 7 victimes. Mais le navire continuera à flotter et sera remorqué puis échoué près de Mers-el-Kebir. On sauvera le matériel récupérable avant qu’une forte explosion ne détruise tout l’avant du navire dont l’épave sera alors abandonnée.
Voici une photo du navire échoué, avec de l’eau pratiquement jusqu’à la passerelle.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/gOXiob.jpg
 
Attaque par sous-marin le 30 Mai 1918
 
La liste d’équipage est identique à celle du 17 Mai précédent à l’exception d’un matelot supplémentaire, BILKI Henri.  
Le QM fourrier s’appelle QUILLIEN et non GUILLIEN. Le canonnier 30747.1 s’appelle Sanche RUFFIER. Enfin, le canonnier Rigobert RETALI a été remplacé par Antonio PUCH, 70147.5
 
Rapport du capitaine au CV Commandant le croiseur FOUDRE, Commandant supérieur à Milo
 
Quitté Malte avec MARNE II en convoi à destination de Salonique via Milo le 28 Mai à 15h00. Au départ, nous étions 12 navires et avons navigué selon les instructions reçues et les routes ordonnées. Effectué les zigzags n° 2 le jour et n° 15 la nuit. Voici la formation adoptée par le convoi.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/k3A2AD.jpg
 
Dans la nuit du 29 au 30 Mai, le vapeur ANTINOÜS a été torpillé et a coulé par 35°11 N et 17°48 E.
 
Voici l’ANTINOUS  (signalé par erreur comme perdu en 1922 par le site Miramar Ship Index)
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/sT0jRc.jpg
 
Le même jour à 05h00, le vapeur ASIATIC PRINCE a été torpillé et coulé par 35°13 N et 18°24 E.
 
Voici l’ASIATIC PRINCE
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/D19fTn.jpg
 
Le même jour à 18h00, le vapeur AYMERIC avec lequel nous étions en convoi depuis Cardiff a été torpillé et coulé par 34°17 N et 20°04 E.  
 
Voici deux vues de l’AYMERIC
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/ACdPkq.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/bBHsmI.jpg
 
Le sous-marin qui a coulé ce dernier et probablement les deux premiers a été coulé à son tour par MARNE. Voici comment les faits se sont passés.  
Comme on le conçoit par ce qui précède, on était en grand émoi dans le convoi. Donc à 18h00, en ce jour mémorable du 30 Mai, les hommes de service étaient à leur poste à bord et surveillaient très sérieusement conformément aux instructions données par moi-même. On aperçut de la pièce avant, de la hune et de la passerelle quelque chose de douteux qui approchait dans l’eau. Un périscope apparut et une torpille fut lancée. Elle passa à 30 m sur l’avant d MARNE II et alla frapper le vapeur anglais AYMERIC qui était à 500 m sur tribord. Avant qu’elle ne touche le but, et presque au moment où elle était lancée, le QM canonnier ROUQUIER, leste et propt à viser, tira sur le sous-marin un coup de canon de 90 mm à charge de combat. Le sous-marin était à cet instant très peu immergé et sa coque apparaissait bleuâtre, à 50 m à 45° de l’avant de MARNE II.
Avant que l’explosion de sa torpille ne se fasse entendre, le sous-marin était lui-même atteint en plein. L’obus, explosant sur sa coque ou à l’intérieur, fit jaillir une projection d’eau massive dans laquelle un liquide noirâtre fut nettement perçu par tous.
Le choc de l’obus fut d’un son très creux et l’explosion amortie par le peu de consistance du but. Le sous-marin, largement ouvert, coula à pic. L’homme de vigie dans la hune, qui voyait nettement sa coque, est affirmatif sur ce point. Seule une tache d’huile subsista à sa place et fut nettement vue sur bâbord. Une odeur de mazout envoyée par le vent se fit sentir à bord. Tout ayant disparu suite à l’explosion, d’autres coups de canon furent jugés instinctivement inutiles. Ayant aperçu la tache d’huile du sous-marin à bâbord, elle était trop près pour que je puisse l’atteindre en faisant à gauche toute.
L’examen de la tache, la vue du périscope, la torpille lancée, l’explosion sur le sous-marin, la gerbe noirâtre qui suivit et l’explosion de la torpille sur le flanc de l’AYMERIC blessé à mort et couvert d’une immense gerbe d’eau avait duré 20 secondes au plus.
 
Voici le schéma de l’attaque
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/S0EWyO.jpg
 
L’équipage témoigna sa légitime satisfaction. Nous fûmes débarrassés d’un ennemi qui nous traquait sérieusement et qui, sans la vivacité de mon canonnier nous eût certainement fait beaucoup de mal les jours suivants. . Au contraire depuis cet instant, nous n’avons plus été inquiétés et même les retardataires non armés ont pu gagner Milo sans problème. Aussitôt cet évènement accompli, j’ai informé le Commandant anglais du convoi sur le torpilleur HELIOTROPE. En arrivant à Milo, je m’empresse de vous faire connaître ces faits.
 
Etant donné l’acte intelligent et particulièrement utile du QM canonnier ROUQUIER Maurice, n° 2071, je me permets de vous exprimer le désir, Commandant, de voir s’il est possible que cet homme perçoive la juste récompense qu’il vous paraîtra avoir méritée.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’U 63 du Kptlt Kurt HARTWIG. Il n’avait pas été coulé, mais sans doute assez sérieusement endommagé car il devra rentrer à sa base et ne reprendra ses opérations, toujours sous le commandement de Kurt Hartwig, que début Août 1918.
Hartwig recevra la Croix pour le Mérite le 3 Octobre 1918. Il est décédé le 16 Octobre 1972.
 
U 63 sera remis aux Anglais le 16 Janvier 1919 et démoli à Blyth.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 03-08-2017 à 08:18:31

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olivier
n°47111
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 12-08-2017 à 00:48:35  profilanswer
 

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   Bonjour à tous,
 
 
   Marne-II, ex-Solveig norvégien – Cargo capturé le 28 juin 1915 par les autorités du port de Marseille, agissant sur l’ordre du Ministre de la Marine. Affecté à la Marine qui l’utilise comme navire auxiliaire. Cédé en 1920 à la Compagnie générale transatlantique qui le renomme Vauclin. Vendu à la démolition en 1934.
 
 
   Caractéristiques : 4.404 tx jb et 7.223 t pl ; longueur, 111 m ; largeur, 14 m ; machine à pilon à triple expansion ; 3 cylindres  ; puissance, 900 cv ; une hélice ; 11,5 nœuds.
 
   [Marthe BARBANCE : « Histoire de la Compagnie générale transatlantique. Un siècle d’exploitation maritime », préface de Roger Vercel, Art et métiers graphiques, 1955. Annexe : « Flotte de la Compagnie générale transatlantique depuis son origine. ».]
 
 
   Administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre du 24 octobre 1915 au 24 octobre 1919.
 
   [Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720 et 753.].


Message édité par Rutilius le 12-08-2017 à 07:07:03

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°47113
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 12-08-2017 à 20:36:46  profilanswer
 

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   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Historique (complément).
 
 
   Le Solveig, cargo alors exploité par la société d'armement D/S Solveigs Rederi, de Bergen (Norvège), fut capturé le 28 juin 1915 par les autorités du port de Marseille, agissant sur l’ordre du Ministre de la Marine, formulé par un télégramme du 27 juin 1915. A cette date, son capitaine ne put présenter aucun papier de bord justifiant la nationalité et la propriété du navire.
 
   Le bâtiment était arrivé sous pavillon norvégien de Sabang (Indes néerlandaises – aujourd’hui Indonésie) à Marseille, le 1er mai 1915. Or, au cours de ce voyage, il avait été vendu à un sieur Albert Jensen, négociant en charbons danois ayant été condamné pour contrebande dans son pays, qui s’était improvisé armateur avec des fonds allemands prêtés par un dénommé Hugo Stinnes, fonds avec lesquels il avait constitué une flotte de onze navires qu’il entendait faire naviguer sous pavillon neutre (*). Le Solveig –, semble-t-il renommé Nyland par son nouveau propriétaire – ayant perdu la nationalité norvégienne du fait de sa cession, son certificat d’enregistrement comme navire norvégien fut alors remis par son capitaine au consul de Norvège à Marseille, qui en fit l’expédition à son Gouvernement.  
 
  Jensen choisit alors de le faire naviguer sous pavillon américain en le cédant à un certain Richard Wagner, qui, sous le régime des lois du Delaware, avait constitué à cet effet une société dite « American Transatlantic C° Inc. » ayant New-York pour siège social et dont il exerçait la présidence. Dans un premier temps, par une lettre du 22 juin 1915, le consul général des États-Unis à Marseille fit connaître dans les termes suivants aux autorités portuaires que le Solveig n’était pas autorisé à battre pavillon américain :  
 
   « J’ai l’honneur de vous informer que sur une demande d’instruction que j’ai adressée au Ministère des Affaires étrangères à Washington, ce ministère m’a télégraphié en date du 21 courant, que notre Ministère du Commerce ne croyait pas que l’achat du vapeur Solveig avait été fait avec de l’argent américain ou que le transfert était véritable. En conséquence, jusqu’à nouvel ordre, je considère l’acte de vente du navire comme inexistant et ne l’autorise pas à battre pavillon américain. »
 
   Et, au reste, ni le Royaume-Uni ni la France n’avaient reconnu le caractère neutre des bâtiments de la compagnie en question.
 
   Puis, par une lettre du 26 août 1915, l’ambassadeur des États-Unis à Paris fit connaître aux autorités maritimes françaises que le navire avait été finalement admis à l’enregistrement dans son pays le 13 août 1915 – sous le nom, semble-t-il, de Saginaw. Certes le navire avait enfin une nationalité, mais tardive, le nouvel enregistrement ayant été effectué postérieurement à sa capture.
 
   En conséquence, par une décision rendue par le Conseil des prises le 8 octobre 1915 (J.O. 12 déc. 1915, p. 8.154), cette dernière fut donc déclarée « bonne et valable » par les motifs :
 
   — qu’au jour où elle était intervenue, il n’avait été trouvé à bord du Solveig ni produit par son capitaine aucun document établissant que le bâtiment était en droit d’arborer un pavillon lui conférant le caractère neutre ;  
 
    — que si les autorités américaines, après avoir expressément déclaré le 22 juin 1915 refuser son enregistrement sous pavillon américain, le lui avait finalement accordé le 13 août 1915, ce fait, postérieur à la capture et qui ne saurait avoir d’effet rétroactif, était inopposable aux autorités maritimes françaises ; qu’en effet, conformément à un principe généralement reconnu et appliqué en droit des gens, l’appréciation de la validité d’une capture, ainsi que l’état civil et la nature neutre ou ennemie du navire capturé, s’apprécient à la date à laquelle est intervenue ladite capture ; que, dès lors, les enregistrements, transferts, cessions ou mutations survenus postérieurement à elle sont et demeurent sans effet, au bénéfice ou au préjudice tant du capteur que des intérêts capturés ;
 
   — qu’il appartient aux capitaines des navires neutres de justifier de la propriété de leurs navires ; que, par suite, sont à bon droit déclarés de bonne prise soit les bâtiments, soit tout ou partie de leurs chargements lorsque leur neutralité n’a pu être établie ;
 
   — qu’en l'espèce, s’agissant du caractère neutre ou ennemi de la propriété du Solveig, il résultait de la lettre précitée du consul général des États-Unis à Marseille qu’à la date du 22 juin 1915, le gouvernement américain estimait que les intérêts engagés dans la propriété de ce navire n’étaient pas, en fait, des intérêts américains ; que, par ailleurs, dans une lettre adressée le 16 juin 1915 au New-York Maritime Register et ultérieurement rendue publique, il avait été clairement déclaré par le commissaire de la navigation au Secrétariat d’état au commerce des États-Unis que la flotte de navires, objet des opérations d’Albert Jensen et consorts, se trouvaient, en réalité, aux mains de ressortissants allemands, pays en guerre avec les alliés.
 
   La décision rendue dans cette affaire le 8 octobre 1915 par Conseil des prises fut confirmée en tous points  en appel par un décret du Président de la République en date du 22 juin 1922 (J.O. 12 déc. 1915, p. 8.154). Il fut simplement ajouté, à titre surabondant, que « que les véritables instigateurs de l’achat du groupe de navires dont faisait partie le vapeur Solveig, [avaient] agi pour le compte de nationaux d’une puissance ennemie, lesquels avaient fourni les fonds nécessaires à la réalisation de cette opération, et que la translation de propriété des navires en question, opérée au profit de l’American Transatlantic Company ne saurait, eu égard aux conditions dans lesquelles cette cession [était] intervenue, être considérée comme une présomption suffisante du caractère neutre attaché aux navires capturés. »
 
   ________________________________________________________________________________________________________________________________________________  
 
   (*) L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes –, n° 5.827, Vendredi 30 juillet 1915, p. 2. – Le Temps, n° 19.747, Samedi 31 juillet 1915, p. 2, en rubrique « Sur mer ».


Message édité par Rutilius le 12-08-2017 à 22:21:15

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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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