Bonjour à tous,
● L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 5.898, Jeudi 9 septembe 1915, p. 2.
« LE "BORDEAUX" ET LE "GUATEMALA"
PARIS, 8 septembre (Contrôlé). ― Au siège de la Compagnie Transatlantique, on était ce matin sans aucun renseignement au sujet des deux cargo-boats Bordeaux et Guatemala, appartenant à cette Compagnie. Torpillés le premier à 12 milles de la Coubre, à l’embouchure de la Gironde, et l’autre au large de Belle-Isle. On savait seulement qu’il s’agissait de bateaux chargés de céréales venant du Maroc, et que les équipages sont sauvés. Il n’y avait pas, croit-on, de passagers à bord des deux bateaux. Nous recevons, d’autre part, les renseignements suivants sur l’un de ces actes de piraterie. Le Bordeaux, de la Compagnie Transatlantique, revenait du Maroc avec un fort chargement de blé ; il avait 45 hommes d’équipage et cinq passagers. Arrivé à l’embouchure de la Gironde, aux environs de la Grande-Côte et de la pointe de la Coubre, à 6 heures 20 du matin, au point où, ordinairement, les bâtiments entrant dans la Gironde prennent un pilote, il a été attaqué par un sous-marin allemand qui lui a tiré un premier coup de canon, suivi d’un second, et qui a hissé en même temps un signal enjoignant au bateau français d’évacuer son équipage et ses passagers.
Le commandant du Bordeaux n’ayant pas immédiatement donné suite à cet ordre qu’il n’avait pas pu sûrement déchiffrer en raison du défaut de lumière, le bateau allemand a tiré huit ou dix autres coups de canon, dont quelques-uns ont avarié le Bordeaux ; là-dessus, le commandant du Bordeaux a mis des embarcations à la mer et tout l’équipage y a pris place avec les passagers. Environ dix minutes après, le sous-marin allemand a lancé une torpille qui a atteint le bateau français près de la chaudière et a provoqué une formidable explosion, à la suite de laquelle le Bordeaux coula, tandis que le navire allemand s’éloignait vers le Nord.
Les embarcations du bord ont amené le personnel et les passagers à Royan, où ils ont été tous recueillis. Parmi eux, se trouvaient la femme et l’enfant d’un négociant français établi au Maroc. L’enfant, tiré de son lit au dernier moment, n’était vêtu que de sa chemise de nuit. »
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 25-03-2011 à 12:01:33