Par deux fois, La Bruyère refusa de passer le cap Horn.
En 1903, il y perdit son mât de petit perroquet, et le capitaine Saint Martin décidat de faire le tour par le cap de Bonne Espérance pour atteindre sa destination de Portland (USA) en 215 jours de mer après avoir été déclaré manquant.
En 1909, A la cape sous ses quatre huniers depuis trois jours, il y cassat la suspente de sa vergue du petit hunier volant, défonçant le hunier fixe et cassant ses balancines, restant suspendue par les écoutes de perroquet. Toute la nuit on essaya vainement de la brider quelque part le long du bord. Ce ne fut qu'au petit jour, que les écoutes ayant cédées, elle tomba sur la lisse en se brisant.
"Les instructions écrites du capitaine lui interdisaient de relâcher tant que son navire pouvait tenir la mer. Monsieur Warneck exposa la situation à son équipage. Pour doubler le cap Horn il fallait faire une vergue neuve. Ce travail avec le pont constamment couvert d'eau demandait de longs jours. Pendant ce temps, le navire ne pourrait faire de toile même quand les circonstances le permettraient. Il serait obligé de tenir la cape constamment, se verrait dépalé dans l'est quand sa nouvelle vergue serait prête, et par suite se retrouverait dans les conditions les plus mauvaises pour attaquer à nouveau le cap Horn. Dans ces conditions, tenant compte que ses ordres lui interdisaient de relâcher, il estimait que la seule chose à faire, était de faire route par le sud de la Tasmanie. Tout le monde fut de cet avis. Le 15 janvier 1910, le navire rentra à San Francisco avec 180 jours de mer sans relâche. Il chargea en ce port, et après une belle traversée de 95 jours revint à Rotterdam où le capitaine Warneck fut remplacé par le capitaine Le Seven. A son retour en France un procès eut lieu entre ses armateurs et lui. Les armateurs prétendaient lui retenir ses commissions sur fret, parce qu'il n'avait pas suivi la route normale. Monsieur Warneck répondait qu'il avait dû se résoudre à prendre la route du cap de Bonne Espérance en raison même de la teneur de ses instructions lui interdisant de relâcher. Il y eut gain de cause". (Lacroix).
"Cependant, ses armateurs furent très mécontents car ils perdirent ainsi le bénéfice pour l'allongement de route pour le paiement d ela prime à la navigation. Le trajet Swansea-San Francisco représente, par le Cap Horn, 13 526 milles, par Bonne Espérance et Hobart, 18 341 milles, l'écart de 4 815 milles se traduisit par une perte d'environ 14 000 francs-or pour les armateurs. Si Monsieur Warneck avait relâcher à Hobart et fait signer son registre de traversée par le consul de France, la preuve eût été faite que le navire avait emprunté la route la plus longue, d'où l'obtention d'une plus forte prime à la navigation. Les armateurs auraient aussi et surtout, évité de perdre 90 000 francs en réassurance, du fait de la longueur inquiétante de cette traversée de 18 jours".(Picard).
A noter que c'est le trois mâts Duchesse de Berry qui reçut le titre de navire qui ne voulait pas passer le cep Horn.
En 1904, demi-tour au Cap Horn et escale à Capetown pour réparer des avaries pendant plusieurs mois, voyage continué par l'Australie.
En 1905, demi-tour, sans escale.
En 1906, se perd sur l'île des Etats, au nord du cap Horn.
Sources :
Louis Lacroix, Les derniers grands voiliers, Peyronnet 1937.
Jean Randier, Grands voiliers français, éditions des quatre seigneurs, 1974.
Henri Picard La fin des cap-horniers, Edita Vilo, 1976.
Patrick Ahern, Full sail beyond the three capes, Ahern, 2008.
