Citation :
Ce navire aurait été conçu par un CLC (Jean Ferdinand DE BEHAGLE) et explorateur (sous toutes réserves) et prété par celui-ci à la mission GENTIL (là, je suis dans les supputations... car aucune date ne colle !
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Bonjour à tous,
Nouveau complément d'enquête :
Jean Ferdinand de BEHARGLE et le Léon-Blot.
Entré très jeune dans la marine marchande, Jean Ferdinand de BEHAGLE - né en 1857 - devint capitaine au long cours. Puis, abandonnant la carrière maritime, il exerça, de mai 1885 à septembre 1891, les fonctions d'administrateur de communes mixtes en Algérie.
A la fin de 1891, il offrit ses services à Casimir MAISTRE, auquel le Comité de l'Afrique française venait de confier la mission de reconnaître les territoires de l'Afrique centrale compris entre le Congo et le Niger. Au cours de cette expédition, qui se déroula de Janvier 1892 à Janvier 1893, il eut pour compagnons de route, outre le chef de mission, MM. BRUNACHE, CLOZEL, BRIQUEZ - chef d'escorte - et Albert BONNEL de MEZIERES, ainsi que 80 hommes recrutés localement (Casimir MAISTRE : " La Mission Maistre. Du Congo au Niger à travers l'Afrique centrale ", Le Tour du Monde, 2nd semestre 1893, p. 305-308 ; " Mission C. Maistre ", Nouvelles géographiques, n° 7, 1er juill. 1893, p. 97-104 -- Jean Ferdinand de BEHAGLE : " Dans l'Afrique équatoriale ", La Nouvelle Revue, Tome 82, p. 701-718).
De retour en France, de BEHAGLE décida d'entreprendre lui-même une expédition, avec pour but d'établir des relations commerciales avec les populations vivant au coeur même de l'Afrique. Dénommée " Du Congo à la Méditerranée " ; cette expédition devait rejoindre le rivage algérien en remontant l'Oubangui, contournant le lac Tchad et traversant la région de l'Aïr, ainsi que celle occupée par les Touaregs ( "Aux pays inconnus. Du Congo à la Méditerranée ", A travers le Monde, 1896, p. 84). Au début de l'itinéraire, il se proposait d'emprunter jusqu'au Gribingui le trajet de la Mission Maistre, puis, sur cet affluent du Chari, d'utiliser des bateaux démontables en tôle d'acier dont il avait conçu le modèle. Constitués de tronçons de 150 à 200 kg qui pouvaient être renversés sur un chassis muni de roues, ces bateux furent construits par M. ESTABLIE, avec les conseils des ingénieurs VIVET et Henri CHEVALIER. L'essai en fut fait sur la Seine en 1896, paraît-il avec succès (P. BOURDARIE : " La Mission de F. de Béhagle ", Questions diplomatiques et coloniales, Août-Sept. 1897, p. 355-359).
Placée sous le patronage de la Société africaine de France et financée par un groupe de négociants, la mission embarqua à Bordeaux, le 10 janvier 1898, sur le vapeur hollandais Antoinette. Outre de BEHAGLE, elle se composait au départ de son itinéraire africain de M. MERCURI, le second, de CHEIKH-LAKHDAR, du caravanier ALI et de 180 hommes (" Nouvelles de la Mission de Béhagle ", A travers le Monde, 1898, p. 38) ; d'après certains écrits, elle aurait été ultérieurement rejointe par Albert BONNEL de MEZIERES, mais ce fait n'est pas avéré.
Il semble que les fameux bateaux démontables n'aient été que de peu d'usage : ils n'auraient servi que pour remonter le Kouilou depuis la côte jusqu'à Brazzaville, où la mission arrivera en Avril 1998. Dans une lettre datée de Gribingui le 4 septembre 1898, de BEHAGLE écrivait en effet ce qui suit à M. Paul PELLET, qui avait activement participé en France à l'organisation de la mission (" Afrique. La mission de Béhagle ", La Géographie, 1er semestre 1900, Tome 1, p. 62, note Hulot) :
" Je viens de faire un rapide voyage au Baguirmi. Gentil m'avait prêté son vapeur le Léon-Blot à condition que j'y fisse deux voyages complets en prenant moi-même le commandement du bateau qu'il ne pensait pas pouvoir confier à ses noirs. Il avait raison, je l'ai vu à l'usage.
Le Léon-Blot est une chaloupe de 18 mètres, plate et large, coulant peu, mais surchargée par la machine. Le Congo avait commandé trois vapeurs de ce type, un grand,le Poumeyrac, coulé dans la barre de Kuilou ; deux petits, le d' Uzès et le Léon-Blot. [...] "
Dans une autre lettre au même, datée des sources du Gribingui le Ier janvier 1899, il indiquait :
" Je suis revenu tant pour ramener le Léon-Blot que pour tenter le passage chez Snoussi. [...] je pars aussitôt pour le Nord avec une bonne embarcation ; ..."
L'embarcation en question était la baleinière de M. PRINS, résident de France au Baguirmi (ibid.) et ancien compagnon de route d'Emile GENTIL.
Jean Ferdinand de BEHAGLE mourut tragiquement. Selon Emile GENTIL (E. GENTIL : " La chute de l'empire de Rabah. ( La Mission Gentil du Congo au lac Tchad) ", Le Tour du Monde 1901, Tome VII, p. 529-624), il fut fait prisonnier par RABAH qui le confia à la garde de son fils, FAD-EL-ALLAH. Après sa victoire sur les troupes françaises à Togbao, RABAH ordonna sa mise à mort ; en septembre 1899, il fut donc pendu sur la place du village " à la potence où l'on exécutait les criminels " et sa dépouille fut jetée dans un puit voisin (op. cit., p. 620).
Bien à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 21-07-2008 à 19:26:41