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  LEON BLOT - Chaloupe Canonniere

 

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Auteur Sujet :

LEON BLOT - Chaloupe Canonniere

n°6666
Terraillon​ Marc
Posté le 05-07-2008 à 12:15:04  profilanswer
 

Bonjour
 
Cette chaloupe canoniere est acheminée en 1895 par GENTIL en Centrafrique. On retrouve sa trace sur le lac Tchad en 1897 et elle rapatriée en 2004 par le 72e BIMA au musée des troupes de marine.
 
Le Chasse Marée N° 206 lui consacre une question sur son mode de propulsion mais pour l'heure, hormis 2 ou 3 photos et quelques entrefilets, je n'ai pas trouvé d'information sur l'histoire de ce navire.
 
Si vous connaissez les morceaux manquants, je suis preneur avant une visite au musée de FREJUS.
 
A bientot  :hello:  
 


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°6668
Ar Brav
Posté le 05-07-2008 à 14:29:18  profilanswer
 

Bonjour Marc,
 
Désolé, en ce qui me concerne, je n'ai rien trouvé dans ma doc (elle n'est pas non plus répertoriée chez JM Roche ; appartenait-elle à la Marine ou à la Colo ?). Bonne visite au musée, et bon week end
 
Amts,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°6669
Terraillon​ Marc
Posté le 05-07-2008 à 14:32:50  profilanswer
 

Bonjour
 
C'est probablement un navire des troupes coloniales  
 
Je vais mettre une photo en ligne  
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°6670
Geneamar
Posté le 05-07-2008 à 14:59:44  profilanswer
 

[:alain dubois:8] Bonjour Marc, bonjour à tous,
 
  Ce bâtiment ne figure pas parmi ceux de la Marine nationale.
  Pour l'épisode que vous citez, couvrant notamment la période du 27 juillet 1895 à octobre 1897, Émile GENTIL avait intégré l'administration coloniale.  
  Enseigne de vaisseau, il avait été versé dans le cadre de réserve le 12 janvier 1892 après avoir conduit une mission hydrographique au GABON entre 1890 et 1892... Il a compté 2 ans 3 mois et 3 jours dans le grade.
  Au 1er janvier 1897, il est en position hors-cadre, Administrateur colonial au CONGO.
 
  Cordialement Malou
 


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Cordialement. Malou
n°6671
Terraillon​ Marc
Posté le 05-07-2008 à 15:25:50  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici quelques trés mauvaises images de la chaloupe canonniere LEON BLOT :
 
http://perso.orange.fr/MT06/LEON_BLOT_xxx_3a.jpg
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/LEON_BLOT_1921_1.jpg
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/LEON_BLOT_xxx_4.jpg
 
(Origines multiples mais surtout inconnues)
 
"En 1895, GENTIL reprend le trajet de MAISTRE jusqu'au Gribingui. Il arrive avec un vapeur démontable, le Léon Blot, et 2 chaloupes.
....
SENOUSSI apprend que GENTIL avec l'aide des Manja dans le démontage, le transport et le remontage du Léon Blot, est parvenu le 1er juin 1897 sur les bord du Gribingui à Kaga-Bandoro. Les Manja espérent que ces français vont venger CRAMPEL, et dans le même temps les débarrasser de SENOUSSI. Celui-ci envoie des cadeaux à GENTIL, qui répond en envoyant son adjoint PRINS, tandis que lui même quitte Bandoro sur le Léon Blot.
...
Toujours bien reçu par la population, GENTIL arrive le 1er novembre 1897 au Tchad.
 
Extrait de l'ouvrage "Le Centrafrique - entre mythes et réalités"
 
 
Ce navire aurait été conçu par un CLC (Jean Ferdinand DE BEHAGLE) et explorateur (sous toutes réserves) et prété par celui-ci à la mission GENTIL (là, je suis dans les supputations... car aucune date ne colle !)
 
Ce navire naviguera prés de 50 ans sur le lac Tchad.
 
 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 05-07-2008 à 15:27:54

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Cordialement
Marc TERRAILLON
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n°6696
Rutilius
V. infra.
Posté le 06-07-2008 à 20:46:43  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
   Bonsoir Marc,  
 
 
   Après une très longue et très fastidieuse recherche sur le site Gallica de la B.N.F., je suis parvenu à mettre la main sur un document qui me semble essentiel pour éclairer le présent sujet, un récit fait par Emile GENTIL lui-même des deux missions qu'il a successivement effectuées en direction du lac Tchad, en partie à bord du vapeur démontable Léon-Blot. Intitulé : " La chute de l'empire de Rabah (La mission Gentil du Congo au lac Tchad) ", ce récit a été publié en huit parties, entre le 9 novembre et le 27 décembre 1901, dans la revue Le Tour du Monde (V. Tome VII, p. 529 à 624 - consultable en ligne sur le site précité).
 
   Morceaux choisis :
 
   [ En 1895 ] "...je m'adressai alors à M. DELCASSE, alors Ministre des Colonies. Je reçu de lui l'accueil le plus aimable et le plus cordial. Il s'intéressa vivement à moi et m'autorisa à reprendre l'exploration de MIZON. Il m'accorda tout de suite les crédits nécessaires pour la construction d'un vapeur démontable qui fut nommé le Léon-Blot, ... " (p. 531-532).
 
  " Itinéraire de la Mission GENTIL, depuis Bangui jusqu'au Tchad " (carte au 1/7 000 000e, p. 554).
 
   " Il est temps que je donne maintenant quelques détails sur ce navire qui devait nous conduire au Tchad.  
   Léon BLOT était le nom du malheureux ami qui m'avait affirmé qu'il irait au Tchad et que la mort atteignit pendant qu'il essayait avec M. de BRAZZA de mettre son projet à exécution. Je ne voulais pas qu'il eût un démenti et puisqu'il n'avait pas pu de sa personne réaliser son rêve, du moins un bateau portant son nom naviguerait sur le lac mystérieux... C'est ainsi que fut baptisé le Léon-Blot.
   Construit par les Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint-Denis, il était long de 18 mètres et large au fort de 4. Son creux était de 1 mètre. Son tirant d'eau de 0m,40 lège. Chaque poids de 600 kilos embarqué le faisait caler de 1 centimètre de plus. Il était mu par une machine de 60 chevaux actionnant une hélice sous voute ; la vapeur était fournie par une chaudière du Temple. Le navire, une fois rivé, pouvait se séparer en sept parties qu'on avait qu'a réunir avec des boulons traversant les couples de jonction. Une bande de caoutchouc trouée pour laisser passer les boulons était interposée entre chaque tranche et assurant l'étanchéité de la coque"
(p. 550).
 
   ( A suivre )


Message édité par Rutilius le 15-07-2008 à 14:00:00

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Bien à vous,
 
Rutilius.
n°6697
Terraillon​ Marc
Posté le 06-07-2008 à 20:59:20  profilanswer
 

Bonjour et merci pour ces recherches
 
Elles mettent un terme à l'hypothese du navire démontable de DE BEHAGLE.
 
Il reste à voir le navire au musée de Frejus.
 
A trés bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
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A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°6701
Rutilius
V. infra.
Posté le 06-07-2008 à 21:53:28  profilanswer
 

  ( Suite )
 
   " Les Européens embarqués sur le Léon-Blot étaient au nombre de trois : MM. HUNTZBÜCHLER, de MOSTUEJOULS et moi ; l'interprète arabe Ahmed [ben MEDJKANE] nous accompagnant ; l'équipage se composait de cinquante hommes et quatre domestiques. En tout cinquante-huit fusils " (note 2, p. 553 - le vapeur était accompagné de deux baleinières).
 
   " Le Léon-Blot naviguant sur le lac Tchad (p. 564). -- Dessin de BOUDIER " (légende d'un dessin, p. 560).
 
   Le 1er novembre 1897, le Léon-Blot entre dans le lac Tchad ; il en ressort dès le lendemain, GENTIL craignant de manquer de bois pour alimenter la chaudière en allant plus avant. Le 12 décembre 1897, le vapeur est de retour à Gribingui.
 
   Préparant une seconde expédition en direction du lac, Emile GENTIL, de retour d'un voyage en France, arrive à nouveau au poste de Gribingui, le 29 juillet 1899. Il écrit à ce propos :
 
   " Là m'attendait une amère déception. Notre pauvre bateau d'autrefois, le Léon-Blot, était dans un état lamentable, abandonné à lui-même, la toiture démolie. La pluie tombait à torrents ayant rouillé complètement les tubes de la chaudière. Bref, le seul instrument dont nous pouvions disposer pour envoyer des ravitaillements et des renforts était complètement hors service. Mon premier soin fut de le faire remettre en état ; de MONTUEJOULS et ses aides noirs s'y employèrent immédiatement " (p. 570).
 
   Ultérieurement, Emile GENTIL a publié une version assurément beaucoup plus développée du même récit dans un ouvrage également intitulé : " La chute de l'empire de Rabah " (Hachette et Cie, 1902, in-8° de 308 pages, contenant 126 illustrations). Selon une notice bibliographique publiée la même année dans la revue La Géographie, " le volume débute par le récit de la mission (1895-1898) qui conduisit GENTIL au Tchad. Le 1er novembre 1897, date mémorable dans l'histoire coloniale de France, le vapeur le Léon-Blot débouchait sur le grand lac africain. [...] " ( La Géographie, Tome V., 1er semestre 1902, p. 381, note Charles RABOT).
 
   Bien à vous,
 
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 15-07-2008 à 14:01:31
n°6896
Ar Brav
Posté le 15-07-2008 à 13:55:21  profilanswer
 

Bonjour Marc,
Bonjour à tous,
 
A force de persévérance, un petit plus :
 
LEON BLOT
 
(Explorateur colonial, collaborateur de Savorgnan de Brazza)
 
Canonnière du Niger
18 x 4 m
Démontable
Machine de 60 cv
Construit à Saint Denis (en 1898  ? à vérifier)
Parvient au Lac Tchad le 30 août (il n'y a rien de plus)
 
Iconographie :
 
Les navires de guerre français de 1850 à nos jours, Brest, la cité, 1975, Histoire des navires et iconographie, de Fr. Doucet
Photo de la canonnière en construction
Photo sur le Niger, page 482
 
Sources :
Répertoire des navires de guerre français, page 199, de Jacques Vichot, édité par l'AAMM, réédition revue et complétée de 2003, P. Boucheix et H. Michea

 
Bien cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 15-07-2008 à 19:58:59

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°6917
Terraillon​ Marc
Posté le 15-07-2008 à 22:21:54  profilanswer
 

Bonsoir Franck
 
Morceau par morceau, l'histoire de la canonnière réapparait mais que faisait elle durant la période 1914 - 1918 ? mystére pour le moment !
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°6995
Rutilius
V. infra.
Posté le 18-07-2008 à 21:15:58  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
 
   Complément d'enquête :
 
   I. - Avant d'entreprendre sa grande expédition en direction du lac Tchad à bord du Léon-Blot, Emile GENTIL avait, durant deux années, poussé des reconnaisances sur la Sangha, la haute-Mambéré et le Haut-Oubangui avec le Courbet et le Faidherbe (La Géographie, Janv.-Juin 1914, T. 29, p. 273-275 - Notice nécrologique d'Emile GENTIL).
 
   Le Faidherbe, qui était également démontable et transportable, a été ultérieurement utilisé par la Mission MARCHAND pour son expédition de reconnaissance du haut-Nil à partir du Haut-Oubangui, expédition qui s'est terminée dans les conditions que l'on sait à Fachoda, le 10 juillet 1898.
 
   Alors, le Léon-Blot a-t-il été construit sur le modèle du Faidherbe ?
 
 
   II. - A partir d'un article d'époque (J. VERNET : " Le Congo français et ses dépendances (1906-1907) ", Revue coloniale 1909, p. 321-334), les précisions chronologiques suivantes peuvent être apportées à propos de la Mission GENTIL :
 
   " Le 28 octobre 1895, M. GENTIL partait de Brazzaville pour le Tchad.
 
   Tranches par tranches, le Léon-Blot, vapeur démontable, était transporté en aval des chutes de la Nana et monté sur place. Le 21 août, le vapeur descendait le Gribingui ; le 7 septembre, le Blot stationnait sur le Chari, sur les rives de Baguirmi et les relations les plus amicales s'établissaient entre M. GENTIL et GAOURANG. Enfin, en novembre, le Bas-Chari envahi par les sables et les vases du delta, les îles Bouddouma et les Hadjer-el-Hamia étaient reconnus."

 
   Bref, notre vaillant explorateur s'est arrêté aux chutes de la Nana ...
 
 
   III. - Le Léon-Blot est de nouveau parvenu jusqu'au lac Tchad lors d'une mission réalisée en 1902 par le lieutenant-colonel DESTENAVE, commandant supérieur des troupes et commissaire du Gouvernement par intérim. Dans un " Rapport sur les îles du Haut-Tchad " (Revue coloniale, Juill. 1902-Juin 1903, p. 331-338), il écrivait en effet ce qui suit :
 
   " Le voyage au Tchad, effectué sur le Blot par le commandant supérieur des troupes, commissaire du gouvernement p.i., a eu pour but :
 
   1° - De visiter les groupes Kalis, Kelouas et Kraouas qui s'étaient soumis en février dernier avec MM. les capitaines TRUFFERT et BEZU, le lieutenant LACOIN et l'enseigne de vaisseau d'HUART, commandant de la flottille ; ratifier l'investiture donnée aux différents chefs de ces fractions et affirmer, par la présence du commissaire du Gouvernement p.i., la prise de possession de l'archipel Kouri.
 
   2° -D'explorer la partie du Tchad jusqu'alors inconnue, qui constitue l'archipel Boudouma, recevoir la soumission des chefs et leur donner l'investiture. "

 
   Il reste donc à s'intéresser à la biographie de d' HUART pour en savoir plus sur le Léon-Blot.
 
 
    IV. - En 1903,  la Mission Bénoué-Lac Tchad, conduite par le Capitaine LENFANT, qui était partie de France pour reconnaître de façon certaine la communication Bénoué-Logone, a utilisé sur les eaux du Tchad, du Chari et du Logone un " chaland en acier ", le Benoît-Garnier (Capitaine VARIGAULT : " La vraie route du Tchad ", La Géographie 1913, T. 29, p. 67-70).
 
   Ce nom semble correspondre à celui de la Fondation BENOIST-GARNIER, qui, dans le cadre de la Société de géographie ou en liaison avec elle,   contribuait au financement d'expéditions d'exploration géographique.
 
 
   Bien à vous,
 
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 21-07-2008 à 15:45:43
n°7112
Rutilius
V. infra.
Posté le 21-07-2008 à 19:26:25  profilanswer
 

Citation :

Ce navire aurait été conçu par un CLC (Jean Ferdinand DE BEHAGLE) et explorateur (sous toutes réserves) et prété par celui-ci à la mission GENTIL (là, je suis dans les supputations... car aucune date ne colle !


   Bonjour à tous,
 
   Nouveau complément d'enquête :
 
   Jean Ferdinand de BEHARGLE et le Léon-Blot.
 
   Entré très jeune dans la marine marchande, Jean Ferdinand de BEHAGLE - né en 1857 - devint capitaine au long cours. Puis, abandonnant la carrière maritime, il exerça, de mai 1885 à septembre 1891, les fonctions d'administrateur de communes mixtes en Algérie.
 
   A la fin de 1891, il offrit ses services à Casimir MAISTRE, auquel le Comité de l'Afrique française venait de confier la mission de reconnaître les territoires de l'Afrique centrale compris entre le Congo et le Niger. Au cours de cette expédition, qui se déroula de Janvier 1892 à Janvier 1893, il eut pour compagnons de route, outre le chef de mission, MM. BRUNACHE, CLOZEL, BRIQUEZ - chef d'escorte - et Albert BONNEL de MEZIERES, ainsi que 80 hommes recrutés localement (Casimir MAISTRE : " La Mission Maistre. Du Congo au Niger à travers l'Afrique centrale ", Le Tour du Monde, 2nd semestre 1893, p. 305-308 ; " Mission C. Maistre ", Nouvelles géographiques, n° 7, 1er juill. 1893, p. 97-104 -- Jean Ferdinand de BEHAGLE : " Dans l'Afrique équatoriale ", La Nouvelle Revue, Tome 82, p. 701-718).
 
   De retour en France, de BEHAGLE décida d'entreprendre lui-même une expédition, avec pour but d'établir des relations commerciales avec les populations vivant au coeur même de l'Afrique. Dénommée " Du Congo à la Méditerranée " ; cette expédition devait rejoindre le rivage algérien en remontant l'Oubangui, contournant le lac Tchad et traversant la région de l'Aïr, ainsi que celle occupée par les Touaregs ( "Aux pays inconnus. Du Congo à la Méditerranée ", A travers le Monde, 1896, p. 84). Au début de l'itinéraire, il se proposait d'emprunter jusqu'au Gribingui le trajet de la Mission Maistre, puis, sur cet affluent du Chari, d'utiliser des bateaux démontables en tôle d'acier dont il avait conçu le modèle. Constitués de tronçons de 150 à 200 kg qui pouvaient être renversés sur un chassis muni de roues, ces bateux furent construits par M. ESTABLIE, avec les conseils des ingénieurs VIVET et Henri CHEVALIER. L'essai en fut fait sur la Seine en 1896, paraît-il avec succès (P. BOURDARIE : " La Mission de F. de Béhagle ", Questions diplomatiques et coloniales, Août-Sept. 1897, p. 355-359).
 
   Placée sous le patronage de la Société africaine de France et financée par un groupe de négociants, la mission embarqua à Bordeaux, le 10 janvier 1898, sur le vapeur hollandais Antoinette. Outre de BEHAGLE, elle se composait au départ de son itinéraire africain de M. MERCURI, le second, de CHEIKH-LAKHDAR, du caravanier ALI et de 180 hommes (" Nouvelles de la Mission de Béhagle ", A travers le Monde, 1898, p. 38) ;  d'après certains écrits, elle aurait été ultérieurement rejointe par Albert BONNEL de MEZIERES, mais ce fait n'est pas avéré.
 
   Il semble que les fameux bateaux démontables n'aient été que de peu d'usage : ils n'auraient servi que pour remonter le Kouilou depuis la côte jusqu'à Brazzaville, où la mission arrivera en Avril 1998. Dans une lettre datée de Gribingui le 4 septembre 1898, de BEHAGLE écrivait en effet ce qui suit à M. Paul PELLET, qui avait activement participé en France à l'organisation de la mission (" Afrique. La mission de Béhagle ", La Géographie, 1er semestre 1900, Tome 1, p. 62, note Hulot) :
 
   " Je viens de faire un rapide voyage au Baguirmi. Gentil m'avait prêté son vapeur le Léon-Blot à condition que j'y fisse deux voyages complets en prenant moi-même le commandement du bateau qu'il ne pensait pas pouvoir confier à ses noirs. Il avait raison, je l'ai vu à l'usage.
 
   Le Léon-Blot est une chaloupe de 18 mètres, plate et large, coulant peu, mais surchargée par la machine. Le Congo avait commandé trois vapeurs de ce type, un grand,le Poumeyrac, coulé dans la barre de Kuilou ; deux petits, le d' Uzès et le Léon-Blot. [...] "

 
   Dans une autre lettre au même, datée des sources du Gribingui le Ier janvier 1899, il indiquait :
 
   " Je suis revenu tant pour ramener le Léon-Blot que pour tenter le passage chez Snoussi. [...] je pars aussitôt pour le Nord avec une bonne embarcation ; ..."
 
   L'embarcation en question était la baleinière de M. PRINS, résident de France au Baguirmi (ibid.) et ancien compagnon de route d'Emile GENTIL.
 
   Jean Ferdinand de BEHAGLE mourut tragiquement. Selon Emile GENTIL (E. GENTIL : " La chute de l'empire de Rabah. ( La Mission Gentil du Congo au lac Tchad) ", Le Tour du Monde 1901, Tome VII, p. 529-624), il fut fait prisonnier par RABAH qui le confia à la garde de son fils, FAD-EL-ALLAH. Après sa victoire sur les troupes françaises à Togbao, RABAH ordonna sa mise à mort ; en septembre 1899, il fut donc pendu sur la place du village " à la potence où l'on exécutait les criminels " et sa dépouille fut jetée dans un puit voisin (op. cit., p. 620).
   
    Bien à vous,
 
    Daniel.


Message édité par Rutilius le 21-07-2008 à 19:26:41
n°7809
Ar Brav
Posté le 05-08-2008 à 19:29:07  profilanswer
 

Bonjour Marc,
Bonjour à tous,
 
Petit à petit :
 
http://images4.hiboox.com/images/3208/8aada1b034ad0e2ad34ceeb9da2c78ff.jpg
 
Le Léon Blot sur le fleuve Niger
 
http://images4.hiboox.com/images/3208/35b7f6e509577c3c564541939f1fcc5a.jpg
 
Le Léon Blot (1897), en achèvement à Saint-Denis, dans un établissement des chantiers de la Loire. Cette chaloupe-canonnière mesure 18 m de long, pour 4 de large. Sa machine développe 60 CV. A noter que sa coque est démontable en sept parties. On remarque à l'avant un canon en bois. Baptisé du nom de l'ancien secrétaire de Brazza, ce petit bâtiment permettra à un autre compagnon de l'explorateur, l'administrateur Gentil, de parvenir par voie fluviale, jusqu'au lac Tchad, où il fera pour la première fois flotter les couleurs françaises, le 30 août 1897.
 
L'exploration, l'Afrique, etc. tout ceci m'a donné soif.... ;)  
 
Amicalement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°7810
Terraillon​ Marc
Posté le 05-08-2008 à 19:35:16  profilanswer
 

Bonsoir Franck
 
Je suis ébaubi !!!!
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
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