FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  Les Canonniers-marins - Historique

 

Il y a 48 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
 Page :   1  2
Page Précédente
Auteur Sujet :

Les Canonniers-marins - Historique

n°22400
Yv'
Posté le 30-11-2009 à 22:10:05  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
N'ayant pas trouvé d'historique des canonniers-marins, j'ai profité d'un passage au SHD pour ramener quelques documents sur cette unité finalement peu connue. Et comme toujours, je pense que le mieux est d'en faire profiter le plus grand nombre (et comme toute mise en ligne, cela permet aussi de préserver les documents originaux).
Les reproductions des documents du SHD n'étant pas autorisées, je ne mettrai ici aucune image, et vous propose donc cette transcription tapée entièrement à la main.
 :sweat:  
Vos remarques sont les bienvenues !  :hello:  
 
 
Commencé le 23-1-19
 
                     R A P P O R T  
           du Contre-Amiral JEHENNE ,
Commandant les Formations de Marins détachés aux Armées
      sur la participation des FORMATIONS
            CANONNIERS – MARINS
                          et
         CANONNIERES – FLUVIALES
    aux opérations des Armées de terre,
        du 30 août 1914 au Mars 191
 
 
A CANONNIERS-MARINS
 
I Création du corps des Canonniers-Marins
II Les Canonniers-Marins affectés à la défense du Camp retranché de Paris
III Les modifications successives apportées à l'Organisation du Corps des Canonniers-Marins détachés aux Armées
IV Les Canonniers-Marins en Lorraine et en Alsace pendant les années 1914, 1915 et 1916
V Les Canonniers-Marins à Verdun de 1914 à 1916
VI  L'offensive de Champagne en septembre et octobre 1915
VII Les opérations de l'année 1916
VIII Les opérations de l'année 1917
IX Les opérations de l'année 1918
X Les batteries d'A.L.V.F. armées par les Canonniers-Marins au cours des hostilités
XI Les péniches porte-canons sur les rivières et canaux au cours des hostilités
XII La création du Front de Mer de Belgique
 
 
B CANONNIERES FLUVIALES
 
XIII Historique succinct des Batteries de Canonnières Fluviales
XIV Les canonnières fluviales dans les opérations de 1915
XV Les canonnières fluviales dans les opérations de 1916
XVI Les canonnières fluviales dans les opérations de 1917
XVII La création de la flottille de surveillance du Rhin
XVIII Transformations et améliorations apportées aux matériels d'artillerie Marine servis par les canonniers-marins
XIX Réalisation de la mobilité des matériels de 16
XX Perfectionnements apportés aux méthodes de tir au cours de la Campagne
 
 
XXI Liste des pièces de 14 et de 16 fournies par la Marine
XXII Récapitulation des pertes en matériel
XXIII Liste des Officiers ayant fait partie de la formation des Canonniers-Marins
XXIV Liste des pertes en tués et blessés (Canonniers-Marins)
XXV Liste des citations collectives obtenues par des unités de la Formation des Canonniers-Marins
XXVI Récapitulation du nombre de coups de canons tirés au cours de la Campagne par les Canonniers-Marins et Canonnières fluviales
 

n°22402
Yv'
Posté le 30-11-2009 à 22:17:04  profilanswer
 

I Création du corps des Canonniers-Marins
 
        Le 9 août 1914, le Ministre de la Marine propose au Département de la Guerre de lui céder les disponibilités d'Artillerie et du Personnel correspondant, pour renforcer les opérations de siège.
        Le 15 août, la Guerre accepte.
        Après examen des stocks de munitions, la Marine offre 9 pièces de 14 et 9 pièces de 16 c/m.
        Tandis que ces pourparlers ont lieu, les Allemands s'avancent sur Paris et leur menace devenait si pressante que la Guerre demande à la Marine d'envoyer immédiatement et sans attendre les pièces promises, le personnel marin prévu pour ces matériels afin de l'utiliser à la Défense de Paris.
        Le capitaine de vaisseau AMET reçoit ainsi à 4 ou 5 jours d'intervalle 2.000 marins environ qui sont, dès le 1er septembre, répartis dans les forts de Paris.
 
 
II Les Canonniers-Marins affectés à la défense du Camp retranché de Paris
 
1) Répartition du personnel dans les forts
 
        A peine arrivés au cantonnement de LIVRY, dans la soirée du 30 août 1914, les meilleurs éléments de la Formation – environ 750 hommes – sont répartis en détachements qui vont prendre, le 1er septembre, le service des pièces à longue portée (120-L et 155) dans les forts de VAUJOURS - STAINS – ECOUEN et redoute du MOULIN – DOMONT – MONTLIGNON – CORMEILLES-en-PARISIS.
        Le 2 septembre 150 hommes environ sont envoyés dans les forts de SUCY – ROSNY – HAUTES BRUYERES – BUTTE PINSON – STAINS et MONT VALERIEN pour y armer les pièces de 75 contre aéronefs, en remplacement des artilleurs partis la veille pour armer des batteries de 75.
        Le 3 septembre, 300 hommes environ sont répartis dans certains forts pour y assurer le service des pièces de flanquement et de caponnières.
        Le 5 septembre, un nouveau contingent de 250 hommes environ, venant de BREST et LORIENT, est presque entièrement partagé entre les forts de VILLENEUVE-ST-GEORGES et de MONTLIGNON.
        Après la formation des premiers détachements des forts, il reste, au cantonnement de LIVRY, un nombre assez considérable -environ 500 hommes – de marins qui sont groupés en compagnies et entraînés rapidement en vue de son utilisation éventuelle. Cette réserve fournit, dans le courant de septembre, les compléments nécessaires à l'armement des forts ou des batteries installées dans le camp retranché de Paris au début d'octobre.
        Finalement, à la fin de septembre, l'ensemble du Régiment des Canonniers-Marins est sensiblement divisé de la façon suivante :
       1500 hommes environ dans les 7 forts principaux des régions NORD et EST du camp retranché de Paris (I) ;
        300 hommes environ pour les 2 batteries de 16 de COUBRON et SAINT-BRICE ;
        200 hommes environ dans les sections de 75 contre aéronef de 5 forts.
        Cette répartition du personnel n'a pas été obtenue sans difficultés ni surtout sans des fluctuations considérables inhérentes à l'imprévu des situations.
        En même temps qu'il prend le Commandement du fort de VILLENEUVE-SAINT-GEORGES, le 5 septembre à 8 heures du matin, le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU reçoit du Général DUBOIS Commandant l'artillerie de la région, l'ordre d'être prêt à tirer le soir même sur l'ennemi.
 
(I) Cormeilles = 204 hommes      Stains = 195
 Montlignon = 112                 VAUJOURS = 336
 DOMONT = 212 Villeneuve St-Georges = 300
 Ecouen = 198.  
 
        Le 3 septembre, le Général DESALEUX, Commandant l'artillerie de la Place et des Forts de Paris, demande que les Canonniers-Marins arment, partout où ils le pourront, les pièces de flanquement et de caponnières ainsi que les mitrailleuses des forts : le Commandant AMET peut satisfaire en partie à ce désir en puisant 300 hommes dans ses ressources utilisables et en prélevant, la nuit, du personnel sur l'armement des pièces à longue portée.  
        Le 6 septembre, le Général DESALEUX demande de donner aux marins le service complet de certains forts en substituant les marins non seulement à toute l'artillerie pour le service des pièces  mais aussi à toute l'infanterie constituant la garnison de ces forts. Le Commandant AMET répond (7 septembre) qu'il pourra fournir un appoint à la garnison des forts pour leur troupe d'infanterie, mais non leur substituer complètement des matelots parce que l'instruction militaire de ceux-ci ne leur permettrait pas de remplir au pied levé le rôle d'infanterie mobile : tout au plus seraient-ils capables d'occuper quelque tranchée ou position fixe.
 
        Tandis que le Général DUBOIS prévoit l'armement par les marins de 6 pièces de 90 du fort de CHELLES, le Général DESALEUX demande, le 8 septembre, que des Canonniers-Marins arment les pièces à longue portée d'un plus grand nombre de forts ; et il propose de leur confier ceux  de SAINT-CYR et PALAISEAU. Le manque de personnel canonnier obligea le Commandant AMET à décliner cette offre.
        Entre temps, le Général DESALEUX fait assurer par les Canonniers-Marins le service des projecteurs de la Tour Eiffel.
        Toutes ces demandes, formulées pendant la grave période des premiers jours de septembre, entraînent naturellement des études rapides pour examiner la possibilité d'y faire face et des mouvements continuels de personnel pour y satisfaire. Par leur imprévu même, des demandes entraînent un incessant bouleversement dans le personnel, car pour satisfaire à chacune d'elles, il faut répartir les hommes d'après leurs spécialités et organiser leur encadrement, ce qui oblige à puiser chaque jour certains éléments dans les formations organisées la veille, et à faire ainsi des chassés-croisés perpétuels aussi bien parmi les Officiers que dans les équipages.
        En somme, le Régiment des Canonniers-Marins se décompose chaque jour en groupements nouveaux et imprévus, nécessitant chaque fois des adaptations spéciales de personnel : on comprend que, avec ses fluctuations, le personnel n'ait pu avoir la cohésion que donne la stabilité. Ce n'est que vers le 15 septembre qu'une position d'équilibre à peu près stable est atteinte.
        A cette date, tous les Canonniers-Marins sont, dans la mesure de leurs moyens, répartis suivant les ordres du Général Commandant l'Artillerie de Paris ; l'affectation des Officiers est définitivement fixée, le Commandement des détachements des forts et des groupes est lui-même défini. Les ordres sont donnés pour le ravitaillement des munitions ; des instructions sont établies pour les moyens de transport et de communication ; la procédure pour les questions de ravitaillement d'Intendance ou d'Administration est résolue ; l'instruction militaire du personnel est activement poussée ainsi que son adaptation au nouveau rôle qui lui incombe.
        Mais il va sans dire que cette troupe n'a encore malgré tout pas l'entraînement nécessaire et qu'il lui manque beaucoup d'objets d'équipement, de matériel de campement et même de cartouches.
        Par contre l'entrain de tous est manifeste, le meilleur état d'esprit règne partout et l'arrivée dans les forts des marins et de leurs Officiers a galvanisé les troupes territoriales qui en forment les garnisons, troupes pleines de bonne volonté mais ayant besoin d'exemples d'activité et d'une direction compétente et vigoureuse qu'elles rencontrent dans nos marins (lettre n° 27 du commandant Amet).
 
2) Commandement des forts
 
        Dans les forts où le contingent élevé des marins comporte un chef assez ancien, celui-ci est nommé Commandant d'armes du fort par le Général Gouverneur de Paris savoir :
 
 Lt. de V. DAGANET     Cdt. d'Armes du F. de  VILLENEUVE-St-GEORGES
       d°      RENAUX      --d°---     VAUJOURS
       d°      MARTEL      --d°---     STAINS
       d°      FABRE      --d°---     ECOUEN et Rd. du MOULIN
       d°      DESFORGES             --d°---     SUCY-en-BRIE
       d°      BARCKHAUSEN     --d°---     MONTLIGNON
       d°      LACLOCHE             --d°---     DOMONT
       d°      DUC              --d°---     CORMEILLES.
 
        Dans les 4 autres forts (Mont-Valérien – Rosny – Butte-Pinson et Hautes Bruyères) les Officiers chefs des détachements de marins sont simplement Commandants de l'artillerie du fort. L'Officier Commandant aux Hautes Bruyères devient Commandant d'armes du fort le 23 septembre par ordre du Général GROTO, Commandant la Place de Paris.
 
3) Groupement des Forts
 
        Pour la direction d'ensemble des détachements de marins, pour les questions de Commandement des forts et des services de l'artillerie, les forts sont eux-mêmes groupés (I) :
        Ceux de la région N. du camp retranché de Paris (Stains -  Ecouen – Redoute du Moulin – Domont – Montlignon – Cormeilles – Butte Pinson) sous la direction du Capitaine de Frégate ECKENFELDER mis à la disposition du Général Commandant la région N. et résidant à son Q.G. (Montmorency).
        Ceux de la région E. (Vaujours – Rosny – Sucy – Villeneuve-St-Georges) sous la direction du Capitaine de Frégate GILLY mis à la disposition du Général Commandant la région E. (Général CHAPAL) et résidant à son Q.G. (Villers s/Marne).
        Enfin la portion centrale du Régiment cantonnée à LIVRY ainsi que les détachements des forts du Mont-Valérien (région O.) et des Hautes Bruyères (région S.) sont placés sous la direction du Capitaine de Frégate GRANDCLEMENT, adjoint au Capitaine de Vaisseau AMET, Commandant le régiment et résidant avec lui à LIVRY.
       
(I) Ordre du Général DESALEUX – 8 septembre.
 
A suivre...


Message édité par Yv' le 01-12-2009 à 22:29:53
n°22410
Ar Brav
Posté le 01-12-2009 à 04:05:09  profilanswer
 

Bonjour Yves,
Bonjour à tous,
 
Vos remarques sont les bienvenues !  
 
En ce qui me concerne, çà va être simple :  :love:  :love:  
 
Depuis le temps que je tente d'obtenir ce rapport du CA Jéhenne, Guy m'avait bien orienté vers ce document, mais je n'ai pas la possibilité de me rendre au SHD, comme beaucoup d'entre nous, hélas.
En attendant la suite avec impatience, je copie/colle à tout va.
 
Pouvez-vous préciser quelle est la période effectivement concernée ? Dans l'intitulé, un doigt a du glisser sur le clavier  :)  
 
R A P P O R T  
           du Contre-Amiral JEHENNE ,
Commandant les Formations de Marins détachés aux Armées
      sur la participation des FORMATIONS
            CANONNIERS – MARINS
                          et
         CANONNIERES – FLUVIALES
    aux opérations des Armées de terre,
        du 30 août 1914 au Mars 191
 
 
Bien amicalement et merci encore,
Franck
 


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22431
Yv'
Posté le 01-12-2009 à 09:10:18  profilanswer
 

Bonjour Franck,
 
Content de faire un heureux.
Non, mon doigt n'a pas glissé, je recopie le texte le plus fidèlement possible ! Il doit s'agir de mars 1919.
Pour la suite, il va falloir être patient, cela prend du temps...
Cordialement.
PS : pour l'instant, je ne suis pas satisfait de la mise en page, mais je vais voir ce que je peux faire.


Message édité par Yv' le 01-12-2009 à 09:12:12
n°22451
Yv'
Posté le 01-12-2009 à 22:24:16  profilanswer
 

4) Pièces de 16 affectées à la défense de Paris
 
        4 pièces de 16 demandées par le Général GALLIENI pour la défense du Camp retranché de Paris et constituées en 2 batteries de 2 Pièces arrivent le 3 octobre au moment où la plus grande partie du Régiment de Canonniers-Marins allait quitter les forts de Paris pour se rendre à TOUL et VERDUN.
        Ces 2 batteries sont installées l'une à COUBRON l'autre à SAINT-BRICE. La première est commandée d'abord par le Lieutenant de Vaisseau de FOURCAULD puis ensuite l'Ingénieur d'artillerie navale METIN et par le Lieutenant de Vaisseau RETOURNARD ; la batterie de Saint-Brice est commandée par le Lieutenant de Vaisseau REYNAUD.
        L'ensemble de ces batteries est placé sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau RENAUX qui après le départ du Commandant ECKENFELDER devient le Chef du détachement des 400 marins environ restant à Paris pour assurer l'armement de ces batteries et des sections de 75 et mitrailleuses des forts.
        Chacune des batteries de COUBRON et ST-BRICE comporte un effectif de 70 hommes.
               
        Disons tout de suite que l'installation de ces batteries inaugure la série des nécessités auxquelles une troupe à terre est soumise et qui, pour la Marine, comporte certaines hésitations ou difficultés d'exécution parce que les marins n'y sont pas habitués comme ils le sont devenus dans la suite. La question des cantonnements et des secteurs d'approvisionnement, la liaison entre les magasins de secteur et de batterie, les relations téléphoniques, l'établissement des voies de 0,60, les terrassements, magasins et abris de la batterie constituant en effet autant de problèmes inconnus des marins.
        Cependant grâce à l'initiative des uns, à l'aide de la direction des autres (en particulier génie) à la bonne volonté de tous, ces questions sont très rapidement résolues. Un ingénieur en Chef d'Artillerie Navale (M. GATARD) est chargé des travaux de la construction des plateformes, de la réunion, des transports du matériel des batteries de SAINT-BRICE et COUBRON.
        L'ensemble des travaux (terrassements, abris à munitions, baraquements, lignes téléphoniques etc.) est terminé dans les deux batteries le 20 novembre, sauf les 2 observatoires de la Batterie SAINT BRICE qui ne sont prêts que le 15 décembre 1914.
        La voie ferrée de COUBRON et la communication téléphonique avec son observatoire ne furent jamais exécutées, l'éloignement de l'ennemi rendant ces travaux inutiles.
        Le recul de l'ennemi rendant de plus en plus improbable une attaque sur Paris, le Gouvernement Militaire envisage bientôt l'envoi aux Armées des ressources dont Paris n'a plus besoin. Dans cet ordre d'idées les munitions des batteries de COUBRON et SAINT-BRICE sont dirigées sur TOUL le 26 décembre 1914 et le personnel marin restant dans le camp retranché de Paris est, en janvier 1915, fractionné en 2 groupes dont la composition s'inspire du départ prochain de ces groupes pour l'Est et de leur affectation envisagée dans les Armées. L'un de ces groupes est constitué par certains services auxiliaires et avec le personnel de défense contre aéronefs ; il quitte le camp retranché le 7 mars pour aller dans l'Est. L'autre groupe constitué par les armements des pièces de COUBRON et SAINT-BRICE est scindé en 2 groupes équivalents et symétriques permettant leur scission entre VERDUN et TOUL.
        Le 3 mars 1915, après avoir été remplacés par des Artilleurs, les armements de COUBRON (118 hommes) et de SAINT-BRICE (112 hommes) sont respectivement dirigés sur Toul et VERDUN, il ne reste plus dans chaque batterie que 10 hommes et un gradé pour la mise en ordre du matériel d'armement au service de l'artillerie des secteurs correspondants aux Batteries.
        Le Lieutenant de Vaisseau RENAUX quitte lui-même PARIS le 23 mars 1915 pour TOUL, après avoir terminé la liquidation du matériel et de la comptabilité des batteries de PARIS.
        Quant aux pièces de 16, les 2 canons de COUBRON sont expédiés à TOUL (en avril 1915), 1 canon de SAINT-BRICE est envoyé à DUNKERQUE (en mai 1915) et l'autre est mis en réserve d'où il part, à son tour, en juin 1915 pour la même destination.

n°22626
Yv'
Posté le 07-12-2009 à 22:28:09  profilanswer
 

La suite :
 
5) Autos-Projecteurs
 
        La Marine ayant proposé 45 projecteurs de 0m60 pour la défense du Camp retranché de PARIS, le Gouverneur Militaire Général GALLIENI décide le 30 septembre 1914 que 25 de ces projecteurs serviront à la défense du Camp retranché et que 20 seront installés sur automobiles pour constituer des sections d'éclairage mobiles, en vue de faciliter les tirs ou reconnaissances d'infanterie.
        Tous ces projecteurs doivent être armés par le Régiment de Canonniers-Marins, ce qui amène le Commandant AMET à adresser, le 1er octobre, une demande supplémentaire de 8 officiers et 422 gradés et matelots. Il charge en même temps l'Ingénieur d'Artillerie Navale DENIS de pousser l'étude technique et administrative de cette installation.
        Dès le principe de cette organisation admis, le Ministre de la Marine désigne, par Dépêche du 3 octobre, le Lieutenant de Vaisseau GOYBET pour s'en occuper ; cet officier quitte Toulon le 9 octobre pour Paris.
        Le 12 octobre, la Marine, ayant opéré certaines réductions dans la demande de personnel faite par le Commandant AMET, parce qu'elle commence à ne plus pouvoir en prêter à la Guerre, envoie au Régiment de Canonniers-Marins 5 officiers et 300 hommes pour assurer le service des projecteurs.
        Sur ces 300 hommes, 240 environ sont réservés pour les autos-projecteurs (armés à 2 relèves de 3 hommes et y compris certains services de voiture et de remplacements).
        Le 10 octobre, le Commandant AMET, en partance pour TOUL et surchargé de travail avec ses canonniers, passe l'organisation des autos-projecteurs au Commandant CHAMONARD commandant le Dépôt de Paris, et laisse à Paris l'Ingénieur DENIS pour passer le service à M. GOYBET ; il reste toujours entendu que, conformément aux Instructions Ministérielles, cette formation des Autos-Projecteurs sera administrée par le Régiment.
        Le Lieutenant de Vaisseau GOYBET prend en mains la direction militaire de toute cette organisation qui devient, par la force des choses, rapidement indépendante.
        Le 24 octobre, le Commandant AMET approuve la séparation entre le service des A.P. et des Canonniers-Marins et, le 31 octobre, confirme cette situation en stipulant que la formation des A.P. jouira de la plus grande autonomie compatible avec les nécessités de son administration par le Régiment, le Commandant des A.P. se contentant de rendre compte au Commandant du Régiment des mesures adoptées pour son personnel.
        D'ailleurs le Commandant GOYBET est chargé d'un service essentiellement mobile et appelé à être rattaché aux Armées. Son service doit être par suite autonome, administré par le Régiment des Canonniers-Marins comme celui des Autos-Canons est administré par le 6ème Dépôt.
        Dès lors, l'historique des A.P. est indépendante des Canonniers-Marins, au même titre que les Fusiliers-Marins.
 
6) Projecteurs fixes
 
        Le 30 septembre 1914, le Général GALLIENI décide que le Régiment des Canonniers-Marins assurera le service des Projecteurs du Camp retranché de PARIS.
        A cette époque, la défense "lumineuse" de PARIS est assez rudimentaire : elle se compose de 13 projecteurs répartis dans certains forts, mais l'artillerie se dispose à en fournir 15 grands et la Marine en met 45 petits (de 0m60) à la disposition du Camp retranché qui en réserve 20 pour les Autos Projecteurs. Le Camp retranché va donc recevoir 40 projecteurs nouveaux, et, dans son ordre du 30 septembre, le Gouverneur Militaire envisage leur répartition de la façon suivante :
         20 projecteurs pour la zone Nord
         9  ------- do ------       Sud
         11 projecteurs en réserve.
        Sans parler des Autos-Projecteurs, le Régiment des Canonniers-Marins aura donc à assurer le service de 29 projecteurs attendus auxquels il y a lieu d'ajouter les 13 existant déjà, soit un total de 42 projecteurs. En prévision de cette charge nouvelle, le Commandant AMET demande le 1er octobre, à la Marine de lui envoyer un renfort de 340 hommes et 2 Officiers. La Marine ayant à peu près épuisé ses ressources disponibles en personnel, opère dans les demandes du Commandant AMET les réductions compatibles avec l'interprétation la plus restrictive des ordres du Général GALLIENI et finalement envoie, le 12 octobre, 300 hommes au Commandant AMET dont 200 au moins sont réservés aux Autos-Projecteurs.
        Il reste donc au maximum une centaine d'hommes pour assurer les services des projecteurs du camp retranché, mais il est bon d'ajouter que dès le 25 septembre, le Régiment des Canonniers-Marins a déjà sur ses propres ressources allégé avec 27 hommes, le service des projecteurs suivants installés dans les forts (SUCY – HAUTES BRUYERES – ROSNY – BUTTE PINSON – TOUR EIFFEL et MONT VALERIEN). Ces hommes ont été demandés par la Guerre pour doubler et non pour remplacer le personnel de ces projecteurs.
        D'ailleurs l'installation des projecteurs se fait lentement, à mesure qu'ils sont livrés au Gouvernement Militaire de PARIS ; et leurs emplacements subissent des modifications parallèles au recul de l'ennemi.
        Le 16 octobre, le Général GALLIENI écrit au Commandant du Dépôt de PARIS pour le prier d'assurer le service suivant. Les 13 projecteurs précédemment installés dans les forts pour l'exploitation aérienne ou le combat d'artillerie, et qui se trouvent :
        1 à la BUTTE PINSON – 1 à Sucy – 1 à ROSNY.
        1 aux Htes-BRUYERES – 1 au Mt-VALERIEN – 1 à VAUJOURS
        1 au POINT du JOUR – 1 à l'AUTOMOBILE CLUB.
        2 à la TOUR EIFFEL – 1 près de CARNETIN et 2 dans l'Intervalle Nord-Est.
        Des 15 projecteurs fournis par l'artillerie, 4 sont mis en réserve et les 2 autres vont être répartis :  
        8 dans la zone Nord de Paris
        3 dans la zone Est.
        Quant aux petits projecteurs de la Marine, des ordres ministériels prescrivent de réserver leur emploi jusqu'à nouvel ordre.
        Le Régiment de Canonniers-Marins a donc à assurer le service de 24 projecteurs fixes.
 
        Au milieu de décembre 1915 [1914 ?], le Commandant MORACHE est mis par la Marine à la disposition de la Guerre et attaché à l'E.M. du Gouvernement Militaire de Paris (3e Bureau) pour s'occuper du service spécial de défense contre aéronefs. Dès lors, le Capitaine de Vaisseau MORACHE auquel le Capitaine de frégate PAQUE est adjoint, s'occupe de l'utilisation militaire de tous les projecteurs de la défense de Paris, l'administration, la discipline et les besoins du personnel marin des projecteurs restant toujours du ressort du personnel des Canonniers-Marins.
        Le 19 janvier 1915, les marins des projecteurs des forts et de la Tour EIFFEL sont remplacés par des sapeurs et regagnent leur régiment.


Message édité par Yv' le 07-12-2009 à 22:29:47
n°22629
Yv'
Posté le 07-12-2009 à 22:39:52  profilanswer
 

7) Défense contre aéronefs
 
        Le 2 septembre 1914, sur l'ordre du Général Commandant l'Artillerie de Paris le Régiment de Canonniers-Marins est chargé d'armer les sections de 75 contre aéronefs de certains forts ; il affecte à ce rôle 200 hommes environ choisis parmi les canonniers-marins répartis depuis la veille dans les forts de Paris, et peut ainsi armer les 75 des Forts de CORMEILLES – MONTLIGNON – VILLENEUVE ST GEORGES.
        Le même jour, le Régiment reçoit l'ordre d'assurer également le service des sections de 75 contre aéronefs des forts de SUCY – ROSNY – HAUTES BRUYERES – BUTTE PINSON et MONT VALERIEN ; il envoie à cet effet, dans chacun de ces forts des détachements d'une quarantaine d'hommes qui sont rejoints le même jour par 4 sections de mitrailleuses-marine (8 pièces) primitivement destinées à la brigade de Fusiliers-Marins mais que celle-ci ne peut pas utiliser parce qu'elles ne sont pas sur roues.
        Le nombre des mitrailleuses à la Brigade est d'ailleurs assez variable avec les disponibilités de la Brigade. De plus le 6e Dépôt profite de toutes les occasions pour envoyer dans les forts (principalement à SUCY, à la BUTTE PINSON et au Mont-VALERIEN) des équipes de fusiliers par groupes de 10 hommes pour suivre, pendant une quinzaine de jours, une instruction rapide sur l'emploi des mitrailleuses. On constitue ainsi une réserve de mitrailleuses qui sont utilisées soit pour certaines missions réclamées par le Ministère de la Marine, soit surtout pour satisfaire aux demandes de l'Amiral RONARC'H.
        La défense contre aéronefs par mitrailleuses reste assez éphémère, car dès le 10 septembre le Général GALLIENI donne l'ordre à l'Amiral RONARC'H de se faire suivre de ses mitrailleuses, et, à partir de ce moment les mitrailleuses inutiles sont enlevées peu à peu par petites fractions des forts de défense contre aéronefs pour être rendues à la Brigade des Fusiliers.
        En ce qui concerne les sections de 75 contre aéronefs armés par le Régiment des Canonniers-Marins proprement dit, leur service se fait sans à coup pendant un mois, mais le 11 octobre, les Canonniers-Marins ayant quitté les forts qu'ils arment, pour se rendre en Lorraine, la défense contre aéronefs de ces forts est, à partir de cette date, assurée par des artilleurs, et le Régiment n'assure plus cette défense que dans les 5 forts où il a envoyé du personnel exclusivement pour ce rôle, savoir : SUCY – ROSNY – HAUTES BRUYERES – BUTTE PINSON et MONT VALERIEN, ce qui représente environ 200 hommes.
        Les Canonniers Marins affectés aux 75 contre aéronefs quittent Paris le 7 mars 1915 pour se rendre à TOUL et à VERDUN.

n°22695
Yv'
Posté le 09-12-2009 à 23:41:59  profilanswer
 

Nous allons voir maintenant que l'organisation du corps des canonniers-marins n'est pas simple.
Nota : dans le dernier paragraphe, les dates sont manquantes.

III MODIFICATIONS SUCCESSIVES DE L'ORGANISATION DU CORPS DES CANONNIERS-MARINS DETACHES AUX ARMEES
 
       En octobre 1914 le 1er Régiment des Canonniers-Marins est constitué par :
           neuf batteries organiques
           Un parc (Toul et Verdun)
           Des services administratifs (Toul, Verdun et Paris).
 
       Les batteries sont réparties en quatre groupes :
       1er Groupe à Verdun sous les ordres du Capitaine de Frégate GRANDCLEMENT.
       2ème Groupe à Toul sous les ordres du Capitaine de Frégate GILLY où réside également le Capitaine de Vaisseau AMET.
       3ème Groupe à Nancy sous les ordres du Capitaine de Frégate ECKENFELDER.
       4ème Groupe à Paris sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau RENAUX.
       Le 1er Groupe reste rassemblé autour de Verdun jusqu'au mois de mars 1916.
       Les batteries du deuxième et troisième Groupes sont assez rapidement éparpillées sur le front de Lorraine ; deux d'entre elles (3e et 5e) arment les trains de 19 A.L.V.F.
       Le 4e Groupe est supprimé en 1915 et ses batteries sont réparties entre les autres groupes ; l'une d'elles (la 9e) sert à constituer une batterie d'A.L.V.F. de 27 sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau HERITIER.
       En mars 1915 le régiment prend le nom de "Batteries de Canonniers-Marins".
       En février 1916 les Canonniers-Marins sont par ordre du Général en Chef rattachés à l'Artillerie lourde à grande puissance.
       Le Capitaine de Vaisseau JEHENNE, commandant les Canonnières fluviales depuis le 11 novembre 1915 prend aussi à la date du 18 mars 1916 le Commandement Supérieur des batteries de Canonniers-Marins, en remplacement du Contre-Amiral AMET rappelé au Service Général de la Marine.
       Au commencement du mois d'avril 1916, les parcs de Toul et Verdun sont ramenés à Mailly, les services administratifs sont concentrés à Paris sous les ordres du Capitaine de Frégate ECKENFELDER ; le Commandant Supérieur et son Etat-Major suivent les mouvements du Général commandant l'A.L.G.P. dans les différents déplacements de son quartier Général.
       Le Commandant Supérieur est représenté dans chaque Armée par un Lieutenant de Vaisseau qui est adjoint au Commandant de l'A.L.G.P. de l'Armée et exerce le commandement des unités de Marins qui s'y trouvent.
       Dès le commencement d'avril 1916, le Capitaine de Vaisseau JEHENNE envisage et poursuit la création des batteries mobiles de 16 en remplacement des matériels à poste fixe utilisés jusqu'alors.
       Ces batteries mobiles sont destinées à remplacer progressivement les anciennes batteries organiques, à l'exception des 3e et 5e batteries qui restent affectées aux trains A.L.V.F.
       Elles commencent à sortir en fin 1916 malgré les grosses difficultés matérielles et l'indifférence du Service de l'A.L.G.P.
       En janvier 1917 l'A.L.G.P. est englobée dans la réserve générale d'Artillerie lourde commandée par le Général de Division BUAT et ne tarde pas à augmenter considérablement son [?].
       Les Unités de marins (batteries et canonnières) forment la 3ème Division R.G.A.L. sous les ordres du Capitaine de Vaisseau JEHENNE (nommé Contre-Amiral le 23 février 1917).
       Mais les 3e et 5e batteries de Marins armant les trains d'A.L.V.F. restent attachées à la 1ère Division R.G.A.L.
       Malgré les démarches faites, elles ne comptent en somme que fictivement aux canonniers-marins, occasionnant surtout jusqu'à la fin de 1916 pour les deux Chefs successifs de cette Formation une situation particulièrement pénible, fausse et même parfois humiliante que seul l'état de guerre permet de supporter. Les Marins qui les composent sont en effet sous les ordres de Chefs d'Escadron qui n'ont aucune relation de service avec le Commandant Supérieur des Canonniers-Marins et les Officiers et leurs hommes sont souvent déplacés et même changés de postes ou de formations sans qu'il en soit informé.
       Cette situation change lorsque le Commandement des Groupes A.L.V.F. constitué avec ces batteries est enfin donné à des Officiers de Marine. Le 1er août 1917, le Capitaine de Corvette STAPFER prend le commandement du Groupe de 305 et le 14 janvier 1918 le Lieutenant de Vaisseau KERDUDO est nommé au commandement du Groupe de 19 : l'expérience prouve qu'ils ne sont pas inférieurs à cette tâche.
       Toutefois les deux groupes créés sont incorporés dans des régiments d'Artillerie de terre.
       Pendant l'année 1917, onze batteries mobiles sont créées ainsi qu'une batterie de péniches portant chacune un canon de 19 modèle 70-93 et une batterie comprenant une péniche armée d'un canon de 24. Tout est devenu plus facile comme conception et facilité de réalisation.
       Au début de 1918 les canons de 14 modèle 1910 sont rendus à la Marine, les anciennes batteries organiques encore existantes sont définitivement supprimées et les batteries mobiles de 16 dont le nombre est porté à 18 sont réparties entre 4 Groupes organiques :
       1er Groupe comprenant 4 batteries au Groupe d'Armées de l'Est sous le Commandement du Capitaine de Corvette d'EUDEVILLE.
       2ème Groupe comprenant 4 batteries au Groupe d'Armée du centre sous le Commandement du Lieutenant de Vaisseau de FOURCAULD puis du Capitaine de Corvette CHOLET.
       Les 3e et 4e Groupes comprenant chacun 5 batteries, commandés le 3e par le Lieutenant de Vaisseau de VIGOUROUX d'ARVIEU, le 4e par le Capitaine de Corvette DARLAN, sont affectés à la réserve du G.Q.G.  
       Un 5e Groupe commandé par le Lieutenant de Vaisseau QUESNEL et comprenant les péniches canons est également affecté à la réserve du G.Q.G.
       Le Capitaine de Corvette STAPFER est détaché comme représentant de la RGA à la 7e Armée, le Lieutenant de Vaisseau de FOURCAULD [?] un poste analogue auprès du Groupe d'Armée du Centre.
       En mars 1918 la R.G.A.L. devient la R.G.A. (Réserve Générale d'Artillerie) et passe sous les ordres du Général HERR Inspecteur Général de l'Artillerie. Le Contre-Amiral Jehenne tout en conservant le Commandement de la 3ème Division R.G.A. prend le commandement supérieur de toutes les formations de Marins détachés aux Armées (Fusiliers et Canonniers-Marins auxquels vient s'ajouter en novembre 1918 la flottille de surveillance créée sur le Rhin).
       En fin décembre 1918, la Marine ayant signalé les besoins en personnel, il est procédé au désarmement des trains d'ALVF armés par les Marins et à celui de six batteries mobiles de 16 dont le nombre se trouve ainsi réduit à douze batteries.
       Le   janvier le Ministre de la Marine demande au Maréchal commandant en chef des Marins français d'envisager le désarmement et le retour à la Marine du personnel et du matériel des Canonniers-Marins. Cette demande reçoit satisfaction, le mouvement prévu des douze batteries vers les bords du Rhin est arrêté et la formation est dissoute le   .

n°22725
Ar Brav
Posté le 11-12-2009 à 07:17:58  profilanswer
 

Bonjour Yves,
 
Merci beaucoup pour votre fastidieux travail de retranscription, que pour ma part, j'apprécie énormément  :jap:  
 
 [:nico56]  
 
Amicalement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22736
Yv'
Posté le 11-12-2009 à 12:11:09  profilanswer
 

Merci Franck.
 
Au passage : vous n'auriez pas une photo de canonniers-marins, par hasard ? Ce serait pour illustrer un peu ce sujet. Je n'arrive pas à en trouver (il faut dire qu'ils étaient relativement peu nombreux). Je pense que leur tenue n'était pas la même que celle des fusiliers, mais je peux me tromper.
Cordialement.

n°22745
Ar Brav
Posté le 11-12-2009 à 19:09:36  profilanswer
 

Yv' a écrit :

Merci Franck.
 
Au passage : vous n'auriez pas une photo de canonniers-marins, par hasard ? Ce serait pour illustrer un peu ce sujet. Je n'arrive pas à en trouver (il faut dire qu'ils étaient relativement peu nombreux). Je pense que leur tenue n'était pas la même que celle des fusiliers, mais je peux me tromper.
Cordialement.


 
Bonsoir Yves,
 
Je dois avoir çà en magasin (je crois bien copié sur le forum voilà un bon moment), mais je dois farfouiller dans les DD.
Dès que trouvé, je poste (je me souviens d'un cliché avec le mortier Brandt, puis d'autres également).
 
Bien cordialement et bonne soirée,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22749
Terraillon​ Marc
Posté le 11-12-2009 à 21:03:42  profilanswer
 

Yv' a écrit :

Merci Franck.
 
Au passage : vous n'auriez pas une photo de canonniers-marins, par hasard ? Ce serait pour illustrer un peu ce sujet. Je n'arrive pas à en trouver (il faut dire qu'ils étaient relativement peu nombreux). Je pense que leur tenue n'était pas la même que celle des fusiliers, mais je peux me tromper.
Cordialement.


 
Bonsoir
 
J'ai mis au moins une photo de canonnier en ligne mais je n'ai pas encore retrouvé l'adresse
 
En cours de recherche
 
A bientot


---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°22750
Terraillon​ Marc
Posté le 11-12-2009 à 21:05:34  profilanswer
 

Et voila !!
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2109_1.htm
 
A bientot


---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°22779
Ar Brav
Posté le 12-12-2009 à 11:52:43  profilanswer
 

Bonjour Yves,
Bonjour à tous,
 
Je pensais être plus nanti en photos.
 
Voici un cliché de Canonniers-Marins avec une pièce de 140 de marine dans la Meuse (j'espère que je ne me trompe pas...) et si !
 
Canon de 16 cm sur affût à châssis modèle 1893 (Cf. message de Guy plus loin).  
 
http://img706.imageshack.us/img706/5070/canonniersmarinscanonde.jpg
 
En voici un autre, avec un mortier Brandt modèle 1916 :
 
http://img706.imageshack.us/img706/9826/canonniersmarinsmortier.jpg
 
Ce ne sont pas des canonniers marins mais une équipe de bombardiers du bataillon de Fusiliers-Marins, en effet, ces mortiers étaient servis par l'infanterie et non pas l'artillerie.
 
Que les propriétaires de ces clichés veuillent bien m'excuser, je n'ai aucun souvenir de la provenance (avec le mortier, c'était sur le forum il me semble). En cas de désaccord, je les retirerai.
 
Bien cordialement et bon week-end à tous,
Franck


Message édité par Ar Brav le 17-12-2009 à 13:05:17

---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22781
ALVF
Posté le 12-12-2009 à 12:10:15  profilanswer
 

Bonjour,
 
Une précision nécessaire: la très belle photo du mortier Brandt modèle 1916 ne montre pas des canonniers marins mais une équipe de bombardiers du bataillon de Fusiliers-Marins, en effet, ces mortiers étaient servis par l'infanterie et non pas l'artillerie.Les canonniers-marins n'ont armé que des canons, le plus souvent de gros calibres.
En avant première, je vous annonce la parution en fin de mois d'un article sur les canonniers-marins, j'en reparlerai et je mettrai ultérieurement quelques photographies de canonniers-marins dans cette rubrique.
Cordialement,
Guy François.

Message cité 1 fois
Message édité par ALVF le 12-12-2009 à 12:11:00
n°22798
Yv'
Posté le 12-12-2009 à 21:51:04  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Merci à tous pour vos documents !
Attendons donc cet article de Guy François, qui ne manquera pas d'être intéressant  :jap:  
 
Cordialement.

n°22818
Ar Brav
Posté le 13-12-2009 à 13:33:30  profilanswer
 

ALVF a écrit :

Bonjour,
 
Une précision nécessaire: la très belle photo du mortier Brandt modèle 1916 ne montre pas des canonniers marins mais une équipe de bombardiers du bataillon de Fusiliers-Marins, en effet, ces mortiers étaient servis par l'infanterie et non pas l'artillerie.Les canonniers-marins n'ont armé que des canons, le plus souvent de gros calibres.
En avant première, je vous annonce la parution en fin de mois d'un article sur les canonniers-marins, j'en reparlerai et je mettrai ultérieurement quelques photographies de canonniers-marins dans cette rubrique.
Cordialement,
Guy François.


 
Bonjour Guy,
Bonjour à tous,
 
Merci d'avoir rectifié ...le tir.
Dans l'attente de l'article sur les canonniers-marins,
 
Bien cordialement et bon dimanche,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22972
ALVF
Posté le 17-12-2009 à 11:10:55  profilanswer
 

Bonjour,
 
J'avais oublié de corriger la légende du cliché pris dans la Meuse et publié par Franck, il s'agit d'un canon de 16 cm sur affût à châssis modèle 1893.
L'article sur les canonniers marins est annoncé, il paraîtra dans la Revue "GBM" N° 90, parution au tout début janvier et diffusée en Maison de la Presse, il traitera des 16 cm, surtout dans leur version mobile, remorqués par tracteurs lourds Latil.Dans le même revue, un article sur les premières automitrailleuses dans lequel il y aura aussi des Marins!
Cordialement,
Guy François.

n°22982
Yv'
Posté le 17-12-2009 à 13:58:24  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une bien belle photo de groupe m'avait échappé (mise en ligne en avril 2009), où je découvre les bérets portant l'inscription "canonniers marins". C'est dans le sujet Les canonnières fluviales en métropole.
Cordialement.

n°23167
Yv'
Posté le 23-12-2009 à 22:48:06  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je vous propose de reprendre l'historique où nous l'avions laissé :

 
IV LES CANONNIERS-MARINS EN LORRAINE ET EN ALSACE PENDANT LES ANNEES 1914 – 1915 – 1916  
 
       Le 2 octobre 1914 arrive à Toul un détachement venant de Brest comprenant 2 Officiers (Lieutenants de Vaisseau BONGRAIN et DARLAN) et 15 Marins demandés par le Département de la Guerre pour débarquer et mettre en batterie 12 pièces de 16 arrivées dans la place. Ce détachement est incorporé aux Canonniers-Marins le 9 octobre.
       Les Marins des 3e, 4e, 5e, 6e et 7e batteries arrivés à Toul le 13 octobre sont aussitôt affectés au Service de l'Artillerie du camp retranché Toul-Nancy.
       Les 3e, 4e et 5e batteries arment d'abord l'Artillerie des forts de Frouard, Pont St-Vincent et Saint-Michel, puis ensuite des batteries d'A.L. (155, 120, 90) dans la région de Saint-Nicolas-du-Port et de Sivry.
       La 6e batterie est dirigée sur la forêt de Champenoux pour construire deux positions de 16.
       La 7e batterie est conservée à Toul pour construire les batteries de 16 de la place.
       Le Capitaine de Frégate GILLY prend le commandement des détachements de Toul et de ceux placés à l'Ouest de la Moselle.
       Le Capitaine de Frégate ECKENFELDER prend le commandement des détachements de la région de Nancy.
       Dès le 16 novembre les pièces de la guerre de St-Nicolas du Port et de Sivry cessent d'être servies par les Marins.
       La 4e batterie est envoyée à Verdun (25 novembre) et la 5e batterie rentre au Fort de St-Michel à Toul.
 
 EMPLOI DES PIECES DE MARINE
 
       Sous l'action du Général DUBAIL commandant la Ière Armée, il est décidé que les pièces de 16 marine doivent non seulement concourir à la défense rapprochée de Toul-Nancy mais aussi à la défense avancée de ces places.
       Un certain nombre de pièces sont par suite placées sous les ordres tactiques des Corps ou Groupements chargés de la défense du front en avant du camp retranché Toul-Nancy, les autres pièces restant sous les ordres directs du Gouverneur de Toul.
 
 a) Pièces affectées à la place de Toul
       Le colonel FETTER, commandant l'Artillerie de la place décide de faire préparer dans chacun des secteurs un certain nombre d'emplacements pour pièces de 16 marine.
       Ces emplacements sont tous reliés à la voie de 0 m 60 ce qui permet de les armer rapidement.
       Le plan d'emploi des matériels est le suivant :
       Normalement les pièces sont réparties dans les divers secteurs. En cas d'attaque d'un secteur, elles sont amenées rapidement sur les emplacements du secteur attaqué.
       D'octobre 1914 à février 1915, des positions de batteries sont construites à :
       Laneuveville – Lucey (secteur N.O.)
       Vieux-Canton – Viley St Etienne – Jaillon (secteur N.E.)
       Fontenoy – Chandeney – La Chalatte – Bois-sous-Roche (secteur Est)
       Blenod – Charmes – Redoute de Charmes (secteur S.O.)
       La péniche "Saverne" sur laquelle on installe un canon de 16 est prévue pour la défense du secteur Sud-Est.
       En février 1915, le Colonel FETTER estimant que les pièces de 16 doivent faire partie de l'Artillerie de la place et non de l'Artillerie de Secteur, demande au Commandant AMET de désigner un Officier pour prendre le commandement des 16 du camp retranché.
       Le Commandant AMET désigne le Lieutenant de Vaisseau DARLAN qui fait casemater les emplacements de Lucey, Jaillon, Villey-St-Etienne, construire et casemater de nouveaux emplacements dans le secteur N.O. (Lucey et Romont), le gouverneur craignant une attaque de la place par St-Mihiel et Commercy.
       Des observatoires et des réseaux téléphoniques spéciaux sont créés par les pièces de marins.
       En juin 1915 la défense de Toul comprend quatre ouvrages armés de canons de 16 (Romont, 2 à Lucey, Jaillon) et deux péniches (Saverne et Saint-Joseph).
       En juin 1915, une attaque contre la place n'étant plus probable, tous les ouvrages sont désarmés et les pièces sont envoyées au front (Alsace – Lorraine – Champagne).
 
 b) Pièces fixes mises à la disposition des Armées
       Dès le 15 octobre 1914, deux pièces sont envoyées à Nancy à la disposition du 2ème groupe de Divisions de réserve pour concourir à la défense du Grand Couronné. Deux autres sont mises à la disposition du 8e Corps d'Armée opérant dans la région de Saint-Mihiel.
       Mission : Battre les routes, voies ferrées, noeuds de communication, observatoires protégés (Camp des Romains).
       Les pièces du G.D.R. sont installées dans la forêt de Champenoux et servies par la 6e Batterie (Lieutenant de Vaisseau BARCKHAUSEN).
       Peu après le Général DUBAIL, désireux de renforcer encore la défense du Grand Couronné, donne l'ordre au 8ème C.A. de céder une de ses pièces au 2ème G.D.R. qui doit la mettre en batterie au Mont Saint-Jean (Sivry).
       Une autre pièce doit être installée sur péniche dans la région d'Einville. En attendant l'achèvement des installations de la péniche, le Général fait construire une plateforme à Einville.
       Puis le Général modifie ses ordres. Le 8ème C.A. conserve ses deux pièces – Einville n'est pas armé, et enfin le 20 novembre, une des pièces de Champenoux est installée au Mont-Saint-Jean (Lieutenant de Vaisseau MARTEL puis Lt de Vaisseau Cholet).
       Les pièces de Champenoux et du Mont-Saint-Jean restent très longtemps en position (la 1ère jusqu'au 1er février 1917, la 2ème jusqu'au 14 octobre 1916). En 1916, la pièce de Champenoux exécute de nombreux tirs sur la pièce d'Hampont (380 tirant sur Nancy). La pièce du Mont-Saint-Jean exécute plusieurs tirs sur les gares de Secourt puis de Vigny que l'ennemi renonce alors à employer pour son ravitaillement. La circulation des trains sur la ligne de Château-Salins à Metz par Delme est complètement arrêtée dès la fin de décembre 1914.
       Le 18 janvier 1915, la pièce du Mont-Saint-Jean exécute un tir devant le Prince de Galles.
       Le 9 février on place à côté de la pièce une autre pièce à tourillons surélevés et l'on exécute un tir de comparaison entre les deux matériels. Le 17 février la pièce éclate et est remplacée.
       La pièce de cet ouvrage tirant très peu, son personnel sert en même temps des canons de 120. Le commandant de la pièce règle en outre de l'observatoire du Mont-Sain-Jean de nombreux tirs d'Artillerie Lourde de campagne de la région.
       L'une des deux pièces du 8e C.A. est installée sur la hauteur du Bois des Bluses en avant de Beaucourt (Lieutenant de Vaisseau OLLIVE puis Ingénieur LAMOTTE).
       L'autre plus spécialement destinée à battre le camp des Romains est installée sur la rive gauche de la Meuse en avant du village de Maleaumont (Lieutenant de Vaisseau DUC, Enseigne de Vaisseau BEGOUEN-DEMEAUX). Les deux pièces sont placées sous le Commandement du Lieutenant de Vaisseau DUC commandant la 7e Batterie.
       La pièce du Bois des Bluses, très mal placée, sans aucun défilement, est rapidement repérée par l'ennemi qu'elle gène dans ses communications et est bientôt mise dans l'impossibilité de tirer (Lieutenant de Vaisseau DUC grièvement blessé).
       On décide de la remplacer par une autre un peu mieux défilée placée le 6 novembre 1914 dans le bois de Vignot (Lieutenant de Vaisseau DARLAN). Cette pièce étant prête à tirer le 17 novembre, la pièce de Boncourt est enlevée le 18.
       La pièce de Vignot reste en batterie jusqu'au 4 janvier contrebattue toutes les fois qu'elle exécute un tir. Elle est remplacée à cette date par une pièce à tourillons surélevés. L'ennemi ayant fait plusieurs fois des tirs de destruction avec du 210 sur la pièce très génante pour lui parce qu'elle tient sous son feu les routes de ravitaillement de Saint-Mihiel, le matériel est transporté le 18 mars dans une casemate fortement protégée près de St-Julien (Lieutenant de Vaisseau OLLIVE). De cet emplacement la pièce fait des tirs très efficaces jusqu'au 15 juillet 1915 date à laquelle elle est transportée au bois de la Hazelle.
       La pièce de Malaumont après quelques tirs sans intérêt sur le camp des Romains est désarmée le 15 janvier 1915.
       En janvier 1915 le Commandant de la Ière Armée désireux de géner la circulation ennemie sur la voie ferrée Pagny-sur-Moselle-Arnaville demande la mise en batterie d'une pièce de 16 dans la forêt de Puvenelle. Un ouvrage est construit au Val Dieu (Lieutenant de Vaisseau KERDUDO). Un observatoire installé au sommet de la côte de Mousson permet de surveiller la voie ferrée et de régler les tirs.
       L'ouvrage très employé (Lt de Vaisseau Leclerc puis Lt de Vaisseau Bongrain) exécute de nombreux tirs sur la voie ferrée et sur Thiaucourt. Il est violemment contrebattu à plusieurs reprises. Deux canons y éclatent accidentellement. L'ouvrage reste armé jusqu'au 5 novembre 1917.
       En avril 1915, le service de renseignements craignant un bombardement de Nancy par une pièce à longue portée (dont l'emplacement est supposé sur la ligne Lunéville – Sarrebourg, près de la gare d'Avricourt), le Général DUBAIL fait installer une pièce de marine près de Pettonville au nord de Baccarat. La pièce tire sur Avricourt en mai et en juin et éclate le 16 juin, blessant l'Enseigne de Vaisseau DEMONT.
       L'ouvrage reste armé jusqu'en août 1916, époque à laquelle la pièce est transportée pour quelques semaines dans un ouvrage voisin de Saint-Dié. Elle n'est pas employée et est désarmée en fin 1916.
       La position du 380 qui tire sur Nancy étant définitivement reconnue à Hampont, une nouvelle pièce de 16 est mise en batterie d'abord à Einville puis ensuite à Bathélémont (Lieutenant de Vaisseau CHOLET).
       La pièce solidement casematée répond à la pièce d'Hampont dès le 2e coup tiré par cette dernière, exécute de nombreux tirs et est soumise à de nombreux bombardements. L'ouvrage est atteint à plusieurs reprises ; la pièce elle-même est avariée par un obus de 21 cm éclatant sur le masque en février 1916. Elle est remplacée par une autre placée dans un nouvel ouvrage casematé un peu plus en arrière des lignes. Ce nouvel ouvrage peu utilisé est désarmé en août 1917.
       Au mois de juin 1915, le Gouverneur de Toul craignant le bombardement de la place par une pièce à longue portée placée dans la Woëvre, donne l'ordre au Colonel FETTER de faire installer une pièce de 16 dans le bois de la Lampe, en avant de Nancy. La pièce est armée le 12 juin (Lieutenant de Vaisseau DARLAN puis Enseigne de MORAS). Elle reste en batterie quelques semaines sans tirer.
       L'opinion publique étant très impressionnée par les tirs à longue portée exécutés par les Allemands avec des pièces de marine de gros calibre, l'Ingénieur en Chef d'Artillerie GATARD fait proposer au G.Q.G. par le C.A. AMET l'installation d'un 340 modèle 1912 sur un affût spécial en vue de tirer sur Metz. Le projet regardé comme trop compliqué et trop long à exécuter pour la durée probable de la guerre, n'est pas accepté. On se contente d'organiser dans la forêt de Facq au N.E. De Pont-à-Mousson un ouvrage de 16 destiné à tirer dans la direction des forts de Metz, pour répondre aux tirs sur Dunkerque, Chalons, Verdun, Nancy, Belfort.
       L'ouvrage contre battu dès les premiers tirs, est fort peu employé. Il reste armé jusqu'au 11 décembre 1916.  
       En 1915, la péniche St-Joseph armée d'un canon de 16 est envoyée à Bauzemont et à Hénaménil sur le canal de la Marne au Rhin et exécute quelques tirs sur les emplacements supposés du 380 d'Hampont.
       En septembre de la même année, l'armée désirant géner l'ennemi dans l'importante gare de Vigneulles et à la ferme Sébastopol, la pièce de 16 de Saint-Julien est transportée à la Hazelle dans une position très fortement casematée (Lt de Vaisseau Retournard puis Enseigne de Vaisseau Rocq).
       Elle exécute de nombreux tirs, très efficaces qui amènent une violente réaction de l'ennemi.
       A la fin 1916 l'ouvrage est abandonné après deux bombardements successifs d'une extrême violence et remplacé par celui du bois Le Roys plus à l'Est. Cet ouvrage continue les tirs de la Hazelle sous la direction de l'enseigne de Vaisseau Rocq.
 
 c) Pièces fixes isolées
       En juillet 1915 le Général DUBAIL, voulant empêcher la mise en batterie de pièces de gros calibre pouvant bombarder Belfort, demande au Contre-Amiral AMET d'installer en Haute-Alsace une pièce de 16 destinée à détruire le pont du chemin de fer à Waldighofen. Malgré le peu de chances de réussite de l'opération, une pièce de 16 est mise en position dans les bois communaux de Fulleren le 14 juillet 1915 (Lieutenant de Vaisseau DARLAN).
       Après quelques tirs infructueux, on décide de mettre la pièce en batterie dans le bois de Carspach (Lts de Vaisseau Ollive, Hermany, Laignier) pour faire le cas échéant des tirs de représailles sur les gares et les usines de produits chimiques de Mulhouse.
       L'ouvrage très rarement utilisé est désarmé en février 1917.


Message édité par Yv' le 23-12-2009 à 22:57:17
n°23430
Yv'
Posté le 07-01-2010 à 00:03:48  profilanswer
 

La suite avec Verdun...
 
 
V LES CANONNIERS-MARINS A VERDUN DE 1914 A 1916

Création du groupe de Verdun
 
       Le 2 octobre 1914 arrive à Verdun un détachement venant de Brest et composé du Lieutenant de Vaisseau HERITIER et de 15 Quartiers-Maîtres et Marins demandés par la Guerre, pour débarquer et mettre en batterie les pièces de 14 modèle 1910 arrivées dans la place. Ce détachement retrouve à Verdun le Lieutenant de Vaisseau STAPFER. Les Officiers et les hommes sont incorporés aux Canonniers-Marins le 9 octobre.
       Le Capitaine de Frégate GRANDCLEMENT et les marins des 1ère et 2e Batteries arrivent à Verdun le 12 octobre.
       Les Marins sont rattachés à l'Artillerie de la place et le Commandant GRANDCLEMENT est adjoint au Commandant de l'Artillerie.
 
Emploi des pièces de marine
 
       Les pièces de marine sont destinées à exécuter des tirs sur les voies de communication, les points de rassemblement de l'ennemi et à contrebattre les batteries ennemies situées hors de portée de l'Artillerie lourde de la place.
       Les premiers emplacements choisis et préparés par l'Artillerie de la place avant l'arrivée des marins sont tous situés sur les crêtes, sans aucun défilement. Le matériel et le personnel sont très faiblement protégés.
       Par la suite l'expérience étant venue, les pièces sont défilées et masquées le mieux possible ; le personnel et le matériel sont soigneusement protégés.
       Les régions des Hauts de Meuse se prêtant tout particulièrement à l'observation terrestre, le Commandant GRANDCLEMENT installe toute une série d'observatoires couvrant la place de Verdun qui servent non seulement aux Canonniers-Marins mais aussi à l'Artillerie et au Commandant de la Place.
       Le Commandant GRANDCLEMENT s'occupe également de donner aux pièces la mobilité qui leur manque. Un essai d'installation de pièce sur voie ferrée n'ayant pas réussi, il songe à utiliser le canal de la Meuse sur lequel la navigation est possible de Samogneux à Lacroix-sur-Meuse et fait installer deux canons de 14 cm sur des péniches.
       En 1914 les ouvrages armés sont :
       En avant de Vacherauville 2 pièces de 14 destinées à battre les deux rives de la Meuse et la voie ferrée Verdun-Stenay entre Sivry sur Meuse et Consenvoye.
       A Douaumont 2 pièces de 14 destinées à battre la région de la forêt de Spincourt (batterie désarmée en fin janvier 1915).
       Au bois d'Hardaumont 2 pièces de 14 (batterie désarmée en février 1915).
       Aux Chambrettes 2 pièces de 14.
       Au fort de Moulainville 2 pièces de 14.
       Au camp Romain 2 pièces de 14
       destinées à battre la Woèvre.
       Auprès du Fort d'Haudainville 2 pièces de 14.
       En avant du village de Ranzières 2 pièces de 14 destinées à battre les régions Sud des Hauts de Meuse, et de St-Mihiel.
 [Le paragraphe suivant est manuscrit, retranscription sous réserve !]
       Les batteries sont très actives. Il convient de signaler entre autres un tir exécuté en fin novembre 1914 par la batterie des Chambrettes sur le village de Damvillers, il paraît tellement précis à l'ennemi que d'après des renseignements ultérieurs obtenus de prisonniers, il semble évident que l'Artillerie française est renseignée par des espions.

       En 1915 la place de Verdun cesse d'être indépendante. Les troupes qui la défendent forment le groupement de la région fortifiée de Verdun et sont placées sous les ordres de la 3e puis de la IIe Armée.
       L'Armée ayant des objectifs plus lointains que ceux de la Place et par ailleurs l'Artillerie à longue portée ennemie devenant chaque jour plus active, on décide d'approcher nos matériels le plus près possible des lignes pour utiliser leur grande portée.
       Sur la rive droite de la Meuse une pièce de 14 est mise en batterie dans la forêt de Marcaulieu près du village de Wouinbey.
       Une pièce de 14 est installée, dès février 1915, dans la tranchée de Calonne au bois de l'Hôpital St-Hippolyte, cette pièce fait de nombreux tirs et est violemment contre battue. Le 24 avril, lors d'une attaque allemande par surprise sur la tranchée de Calonne, l'armement de la pièce, commandé par le Lieutenant de Vaisseau FORTOUL, donne un bel exemple de courage et de sang-froid : entourés de fuyards pris de panique, soumis à un violent bombardement, sous une grèle de balles, les marins restent à leur poste les armes à la main prêts à défendre leur pièce jusqu'à ce qu'un régiment d'Infanterie, le 106ème, ait réussi à arrêter l'ennemi à 1000 m de la position.
       Deux pièces de 14 sont installées au ravin de la Vauche et un 240 Péruvien (Lieutenant de Vaisseau AUBERT) est mis en batterie à Vaux.
       Les Chambrettes, la Vauche et Vaux forment groupe sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau MARTEL. Leurs tirs très efficaces obtiennent plusieurs fois les honneurs du communiqué.
       Ce groupe est en outre cité à l'Ordre de l'Artillerie de l'Armée pour avoir détruit la pièce de 420 qui tirait sur Douaumont.
       Plus tard les tirs du Lieutenant de Vaisseau AUBERT obligent le 380 qui tire sur Verdun à changer de position et à suspendre le feu pendant plusieurs mois.
       Une pièce de 240 est installée par le Lieutenant de Vaisseau FABRE au ravin des Côtelettes (Cote de Talou) mais, repérée par les avions ennemis, elle est soumise à des tirs violents. La pièce est alors déplacée et installée à Cumières. Elle forme groupe avec une pièce de 14 (Enseigne de Vaisseau LE QUERMEC) mise en batterie au bois des Caurettes.
       Au mois d'avril 1915, l'Armée ayant décidé de faire une opération dans la région de St-Mihiel, on forme un Groupement de pièces de Marine sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau de VIGOUROUX d'ARVIEU avec les batteries de Vaux (240 AUBERT) les deux 14 de Moulainville (Enseigne de Vaisseau CHALLAMEL), les deux 14 du Camp Romain (Ingénieur CONTURIE).
       Le groupe est chargé, pendant l'opération, de l'interdiction de la voie ferrée Etain Conflans et des routes de la Woèvre.
       Les tirs remarquablement observés par les observateurs d'Hermeville et de Saint-Maurice dirigés par le Lieutenant de Vaisseau REYNAUD, sont très efficaces.
       Du reste, les observateurs marins du Groupe de Verdun sont appréciés de tous. Habitués à « voir », très courageux, ils renseignent le commandement et observent les tirs sous les marmitages les plus violents par obus de tous calibres.
       Le 25 avril, l'Enseigne de Vaisseau de KERANGUE est enseveli par un 305 et ses hommes le dégagent à grand peine.
       L'Armée désirant interdire à l'ennemi l'utilisation des importants noeuds de voies ferrées de Conflans et de Dommary-Barrancourt, le Lieutenant de Vaisseau FORTOUL et l'Enseigne COURTEVILLE installent dans la Woèvre, à proximité des 1ères lignes, une pièce de 16 et une pièce de 14 dans les bois d'Hennemont et d'Hermeville.
       Ces pièces, trop avancées, sont repérées par l'ennemi dès leur 1er tir. Aussi sont-elles soumises à des concentrations de batteries de gros calibre (210 et 150) extrêmement violentes et précises.
       Le 2 octobre, un 150 tombe dans le poste de commandement de la pièce d'Hennemont, tue le maître THIBAULT, le second-maître BIDAULT, trois hommes et blesse grièvement le Lieutenant de Vaisseau FORTOUL qui, la cheville brisée, se traîne jusqu'à la pièce et ordonne une dernière rafale, pour « venger les morts ».
       Le Lieutenant de Vaisseau RENARD remplace le Lieutenant de Vaisseau FORTOUL et la pièce continue sa mission.
       A Hermeville l'Enseigne de Vaisseau COURTEVILLE arrive à détruire le clocher de Rouvres, observatoire important de l'ennemi.
       Fin 1915, une pièce de 16 et une pièce de 14 placées sous les ordres de l'Enseigne de Vaisseau PIERI sont avancées près des lignes à l'Herbebois et au bois le Fays pour battre la vallée du Loison, et la région de Damvillers.
       En septembre 1915, pour battre les arrières ennemies entre Argonne et Meuse pendant l'offensive de Champagne, deux pièces de 14 sont installées au mont des Ailleux par le Lieutenant de Vaisseau Martel à moins de 1 km des premières lignes.
       Cette batterie est très active en fin septembre 1915 ; elle interdit la gare de Chatel, démolit la gare de Fléville obligeant les renforts ennemis à débarquer à 10 km plus au nord.
       Elle tire le 25 septembre à la distance de 16 kilomètres sur le château de Cornay où réside le général Von Mudra ; un observateur d'Artillerie fait prisonnier deux mois après déclare que le général allemand et son état-major se sont enfuis à cheval dès les premiers coups jusqu'à Buzancy situé à 14 kilomètres en arrière.
       Les péniches sont désarmées au début de 1916.
       Pendant toute cette période d'octobre 14 à février 16, les Canonniers-Marins reçoivent, à plusieurs reprises, de leurs Chefs militaires et de leurs camarades de la guerre des félicitations pour la justesse de leur tir et leur tenue sous le feu.
       Les douloureux évènements de février 1916 vont encore davantage mettre en lumière les solides qualités de nos matelots.


Message édité par Yv' le 26-01-2010 à 22:25:58
n°23954
Yv'
Posté le 01-02-2010 à 22:48:32  profilanswer
 

Ce soir, un chapitre très court (en attendant un gros morceau, l'année 1916).
 
 
VI  L'offensive de Champagne (Septembre – Octobre 1915)
 
       Au début du mois d'août 1915 la tendance à déclasser les places fortes non attaquées s'accentue et il est décidé de faire participer des matériels de 16 aux opérations projetées en Champagne.
       Un groupement d'ouvrages fixes est en conséquence constitué dans cette région à raison d'une pièce par ouvrage :
       1e  Dans les bois de Guyencourt (W. de Reims) (L.V. Ollive)
       2e  Près du village de Virginy (Lieut. de Vais. Stapfer)
       3e  Dans le voisinage de Wargemoulin (E.V. Nouel de Kerangué)
       4e  Près de Vienne-la-Ville (Lieut. de Vais. Hennessy)
       Cette dernière pièce est transportée dans le bois Sabot au cours des opérations.
       De plus la péniche Saint-Joseph, armée d'un canon de 16 (Lieut. de Vais. Laignier) est amenée à Courmelois sur le canal de la Marne à l'Aisne, en vue de l'exécution de tirs d'interdiction sur la gare de Pont-Faverger (1).
       Au cours de l'offensive déclenchée le 25 septembre 1915 toutes ces pièces font des tirs nombreux et efficaces sur les arrières de l'ennemi.
       Après les opérations la pièce de la péniche Saint-Joseph est débarquée et mise dans un ouvrage situé au N. du village de Bacconnes (Enseigne de Vaisseau Dupré).
       Toutes les autres pièces sont conservées dans leurs positions primitives.
 _____________________________________________________________________
 (1) Comme on le verra plus loin, les 2e et 3e batteries de C.F. sous les ordres du C.V. SCHWERER sont amenées sur le même canal que le Saint-Joseph et participent aux opérations.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/Virginy.jpg
(Source : http://archives.somme.fr/ark:/5848 [...] MM11v/1/1)


Message édité par Yv' le 01-02-2010 à 23:02:11
n°24314
Yv'
Posté le 02-03-2010 à 23:10:11  profilanswer
 

Eh bien on ne l'attendait plus, voici enfin le chapitre sur l'année 1916 !
Il va sans dire que j'aimerais que ce travail aille plus vite, mais ce n'est pas facile à gérer en ce moment.
L'historique devient ici un peu plus intéressant, on trouve notamment plus de noms de marins, et pas seulement d'officiers !
Bonne lecture.

 
 
VII  LES OPERATIONS DE L'ANNEE 1916
 
       En 1916, un certain nombre de pièces fixes installées en 1915 restent en batterie en Champagne, en Lorraine et en Alsace. De nouvelles pièces sont successivement mises en batterie dans les mêmes secteurs au cours de l'année. Toutes sont très peu utilisées et font surtout des tirs de représailles et de la contre batterie sur les pièces de gros calibre ennemies.
       La plus grande partie de la formation est engagée dans les deux opérations importantes de l'année : la défense de Verdun et l'offensive de dégagement entreprise dans la Somme.
       Le 1er groupe (capitaine de vaisseau GRANDCLEMENT puis Lieutenant de Vaisseau LE CLERC) et ensuite la 1ère batterie (Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU) renforcée d'éléments de la 8e batterie sont engagés à Verdun.
       La 4e batterie (Lieutenant de Vaisseau RENARD) renforcée d'éléments de la 8e batterie et de détachements prélevés dans les autres batteries organiques est engagée dans la Somme.
       Les 6e et 7e batteries (Lieutenants de Vaisseau OLLIVE, BARCKHAUSEN, puis de FOURCAULD) sont réparties sur le front de Lorraine et d'Alsace.
       (Un 14 à Saint-Julien (Lt de Vais. Laloy) – Un 16 à la Hazelle transporté ensuite au bois le Rays (Enseigne de Vaisseau Rocq) – Un 16 à Maidières (Lt de Vais. Retournard) – Un 16 dans la forêt de Facq (Enseigne de Vaisseau Brulard). - Un 16 au Mont Saint-Jean (Lt de Vais. Reille). Un 16 à Champenoux (Lt de Vais. Quesnel). - Un 16 à Barthélémont (Lt de Vais. Cholet). - Un 16 à Pettonville (Ingénieur de C.N. Quiblon) – Un 16 à Carspach (Lt de Vais. Laignier)).
       La 2e batterie (Lieutenant de Vaisseau STAPFER) est répartie sur le front de Sainte-Menehould à Reims.
       (Un 16 à Virginy (Enseigne de Vaisseau de Moras) – Un 16 à Wargemoulin (Lt de Vais. Desforges) – Un 16 à Baccones puis à Bellevue (Enseigne de Vaisseau Dupré)).
       La 8e batterie (Lieutenant de Vaisseau DARLAN) tient le front de Reims à Soissons.
       (Un 14 à Reims (Lt de Vais. de Voguë) – Un 16 à Guyencourt (Lt. de Vais. Gautier) – Un 16 à Brenelle (Enseigne de Vaisseau de Geoffroy)).
 
 
1°  DEFENSE DE VERDUN
 
       Les opérations de Verdun peuvent se diviser en ce qui concerne les pièces de marine en deux périodes nettement distinctes :
       a/       Du 21 au 29 février, les pièces de marine en position autour de la Place participent à la défense de la 1ère heure et sont presque toutes prises par l'ennemi. Les détachements rivalisent d'ardeur et de courage et ne se replient que sur ordre ou à la dernière extrémité.
       b/       Après une période transitoire de regroupement, de nouvelles pièces sont mises en batterie et participent à toutes les opérations de défense et de dégagement de la Place. La part active qu'elles prennent à ces opérations leur vaut souvent des félicitations du commandement (4 citations de détachements à l'ordre de la 2e Armée).
 
       1ère Période. La 1ère période ne saurait être mieux décrite que dans la lettre suivante adressée le 13 mars 1916 au Ministre de la Marine par le Contre-Amiral AMET Commandant Supérieur :
 
 « A l'appui des propositions de récompense que je vous présente en faveur du 1er Groupe de Canonniers-Marins, j'ai l'Honneur de vous exposer d'une façon résumée ce qu'a été la participation de ce personnel à la défense de Verdun lors de l'offensive allemande de fin février.
 
       Les emplacements des ouvrages armés de pièces servies par le personnel Canonnier-Marin au nord et à l'est de Verdun ainsi que leurs observatoires sont énumérés ci-après de l'ouest à l'est.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/Tableau1.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/Tableau.jpg
     
 
       Trois autres 14 cm casematés défendent la région tout au sud de Verdun, l'un près des Eparges, l'autre près de Troyon, le dernier sur la rive gauche de la Meuse un peu au sud de Troyon ont exécuté des tirs mais sans être véritablement engagés dans l'action qui se passait au nord de Verdun.
       - Observatoire à :
       La côte de l'Oie (rive gauche)
       Cote 344 (entre Samogneux et Beaumont)
       Soumazannes
       Caurières
       Hardaumont (nord de Vaux)
       Les Hures
       Aulnois
       Moulainville
       Les Bluses.
       L'action débuta le 21 février vers 7 heures du matin par une préparation d'artillerie d'une extrême violence s'étendant sur le front compris entre la Meuse et Etain, particulièrement intensive entre le fleuve et Hardaumont, notamment dans les régions du bois d'Haumont – Bois des Caures – Cap de Bonne Espérance – Bois de Soumazannes. Il s'y joint des tirs systématiques par très gros calibre contre les voies de communications et les noeuds de routes, des tirs de démolition des centres de résistance de la 3ème position très intense sur les forts de Douaumont et de Vaux, Verdun est bombardé par des 380.
       Nos batteries d'artillerie dont la plupart occupent les mêmes emplacements depuis de nombreux mois sans y être fortement protégées, sont violemment prises à parti. Les observatoires repérés sont de suite écrasés. Nos liaisons téléphoniques sont presque aussitôt hachées. Les ravitaillements deviennent de suite impossibles pour certaines régions comme l'Herbebois, la Vauche, le Bois de Fay, les voies ferrées étant bouleversées, les routes étant défoncées par les trous de 420, 305, ou bien encore les attelages faisant défaut pour les chariots du Parc.
       Le Capitaine de Vaisseau GRANDCLEMENT adjoint au Colonel Commandant l'Artillerie du 30e Corps (Poste de Commandement auprès du Fort de Souville, opérations sur la rive droite de la Meuse) pour s'occuper particulièrement des pièces de Marine se voit presque immédiatement privé des moyens de leur transmettre ses ordres. Il ne peut en faire passer que par intermittences.
       Les Commandants de Groupes d'ouvrages doivent, dans ces conditions, agir en autonomie et d'après les instructions préalables qu'ils avaient reçues du Commandant GRANDCLEMENT.
       Leur approvisionnement n'a malheureusement pas été largement constitué quoique les difficultés du ravitaillement eussent été prévues : 200 coups par ouvrage de 14 environ, Vacherauville qui a deux 14 cm a reçu 250 coups alors que pour l'offensive de Champagne les pièces avaient été approvisionnées à 400 et même 600 coups.
       3 objectifs au moins sont assignés à chaque ouvrage. Le 24 cm de Vaux tire sur Romagne, le 380 de la ferme Sorel et le 240 du bois d'Hingry.
       Les Chambrettes arrosent les villages de Romagne et Loisou contrebattent le 240 du bois des Merles ; enfin le Lieutenant de Vaisseau MARTEL ayant saisi les indications radiotélégraphiques données par un avion, peut à un moment les utiliser pour contrebattre efficacement une batterie en action.
       La Vauche tire sur Billy, Mangiennes et Romagne.
       Bois le Fay tire sur Puvillers, Vittarville et Damvillers où son tir fait sauter un dépôt de munitions.
       VACHERAUVILLE tire sur la gare de VILOSNES, les villages de DAMEVOUX, ETRAYE, SIVRY-sur-MEUSE.
       HERBEBOIS sur le 380 du bois de WARPHEMOUT et sur LOISOU.
       Le groupe de CUMIERES ne sera pas tout d'abord mis en action, l'action ne se passant encore que sur la rive droite. HERMEVILLE reçoit le premier jour l'ordre de tirer sur BAROMONT. Tous les tirs du groupe du Lieutenant de Vaisseau MARTEL sont exécutés sous un bombardement intense, surtout à BOIS le FAY, HERBEBOIS où l'ennemi envoie du 305 par 4 coups à la fois, à VAUX, qu'il salue de 2 coups de 420 entre autres gros projectiles et où il prodigue les gaz suffocants et lacrimogènes.
       Suivant la méthode habituelle, nos canonniers-marins accélèrent le tir au moment où le feu de l'ennemi est le plus précis.
       A la fin de la journée du 21 l'ennemi attaque le bois d'HAUMONT qu'il occupe, le bois des CAURES et le bois de SOUMAZANNES où il progresse.
       L'Enseigne de Vaisseau PIERI achève de dépenser ses munitions et fait ensuite occuper la tranchée voisine par ses hommes. Ils y seront ralliés dans la nuit par les trois observateurs de SOUMAZANNES. Ceux-ci sous la conduite du 2° maître élève-officier MOULIN ont, après la démolition de leur observatoire, tenu toute la journée dans un observatoire de fortune situé en tranchée de 1ère ligne. Ils y ont continué l'observation des tirs de nos batteries et le repérage des batteries ennemies sous un violent bombardement. Ils ont rapporté leurs instruments et fourni toutes les observations au retour à l'ouvrage sur lequel ils ne se sont repliés que lorsque l'ennemi passant derrière eux les eût coupés de la tranchée de soutien. Ils se sont d'ailleurs arrêtés en cours de route pour servir une mitrailleuse dont les servants avaient disparu.
       Dans la nuit du 21 on réussit à réapprovisionner Vaux et Chambrettes par chariots de parc. Aux Chambrettes le transbordement des munitions très laborieux fut effectué par 20 hommes dirigés énergiquement par le Second-Maître LE SCOUR sous un bombardement nourri qui ne blessa que le Second-Maître fusilier LOZACHMEUR.
       22 février – Une contre attaque de nuit a repoussé l'ennemi jusqu'à la 1ère ligne des tranchées du bois des Caures qu'il tient encore. Mais il occupe la ferme d'Anglemont et descend sur Samogneux. Le Trommel-feuer reprend sur toute la ligne. L'ennemi progresse en avant du bois des Caures mais ses attaques sur l'Herbebois restent infructueuses : l'Enseigne de Vaisseau PIERI tient toujours sa tranchée avec son personnel, qui est malheureusement armé de fusils modèle 1874 aux fumées révélatrices. La fusillade d'une forte attaque se rapprochant, l'Enseigne de Vaisseau PIERI donne l'ordre de mettre le feu au pétard disposé pour faire sauter la pièce. Le cordon Bickford ne fonctionne pas. Il est sursis à une nouvelle tentative de démolition, une estafette envoyée au Commandant des avants postes ayant réussi à passer et rapportant les renseignements que la situation n'a pas changé. Une vigoureuse contre attaque reconquiert même dans la matinée le bois de Soumazannes, et l'ouvrage de 16 de l'Herbebois reste occupé pendant toute la journée et la nuit suivante sous un violent bombardement : les coups de 130 tombent dans le voisinage par salves de 8 coups toutes les 75 ou 90 secondes. Ce feu dure jusqu'à 18 heures. De 15 h 30 à 18 h, plusieurs coups de 305 s'abattent sur l'ouvrage : l'un au dessus de la soute à projectiles ne réussit qu'à ébranler son coffrage ; le souffle d'un coup tombé près de la volée dépointe la pièce sans l'abîmer. Toute la nuit le 130 tombe dans le ravin à raison d'un coup toutes les 25 à 30 secondes, empêchant d'aller à la fontaine voisine ; le personnel souffre de la soif.
       Dans l'après-midi de ce jour, le temps brumeux jusque là s'étant dégagé, nos ouvrages peuvent effectuer des tirs sur les ojectifs qui leur ont été assignés. Les batteries du Groupe de Cumières n'ayant pas de contre batteries à faire reçoivent l'ordre de tirer sur les gares de Vilosnes, Brieulles et Nantillois.
       A 13 h l'Enseigne de Vaisseau CHALLAMEL recevait par ses estafettes assurant les communications entre son ouvrage et le central d'artillerie lourde de Beaumont, l'avis de se préparer à mettre la pièce hors d'usage et à l'évacuer. Il s'empressait aussitôt de tirer ses derniers projectiles et fournissait du renfort à une batterie de 120 voisine pour activer la consommation de ses munitions.
       A 14 h 45 la fusillade étant toute proche et les batteries voisines ayant déjà fait sauter leurs pièces, l'Enseigne de Vaisseau CHALLAMEL faisait évacuer son ouvrage après avoir incinéré tous ses documents, et le feu était mis avec le cordon Bickford du pétard. L'explosion ne s'étant pas produite, la vis-culasse fut emportée et enfoncée à une bonne distance dans un trou d'obus.
       N'ayant pas de tranchée à garnir en arrière d'eux, le détachement alla rejoindre celui de Vacherauville laissant aux brancardiers dans le poste de secours rencontré en route le matelot infirmier LARREUR dont un éclat d'obus avait brisé une jambe tandis qu'il soignait sur la route un soldat blessé.
       23 février – Le bombardement se poursuit avec une intensité croissante. A midi l'ennemi occupe le bois de Wavrille, et descend sur le bois des Forces : il s'installe aux Côtelettes et arrive à l'Herbebois par l'ouest en même temps qu'il force l'entrée de ce ravin en attaquant avec des jets de flammes de 30 m la mitrailleuse qui en a défendu l'accès jusqu'alors.
       L'Enseigne de Vaisseau PIERI s'est décidé à faire sauter sa pièce, puis il a fait garnir par son personnel la tranchée de soutien. Comme au bois le Fay le pétard ne fonctionne pas. L'Enseigne de Vaisseau PIERI retourne à la pièce avec le Second-Maître KERJEAN et deux hommes résolus et pendant que l'ennemi installe une mitrailleuse à proximité de l'ouvrage, il démonte la culasse et l'emporte dans la tranchée où ils la mettent hors d'usage à coups de pic. Toujours tenace le détachement passe ensuite successivement d'une tranchée à une autre à mesure que ses hommes y sont remplacés par des soldats du 164e d'Infanterie, mieux armés que les Canonniers-Marins. Enfin ces derniers ne se mettent en route pour les Chambrettes que quand il n'y a plus de place pour eux dans la tranchée.
       Dans cette journée, les Chambrettes, laVauche, Vaux, poursuivent leurs tirs, mais sans observation. Un avion de réglage devait être mis à la disposition du Lieutenant de Vaisseau AUBERT : le matin ses signaux de T.S.F. ne furent pas perçus nettement, l'après-midi il ne sortit pas. C'est la seule tentative d'observation aérienne pour nos pièces de marine pendant cette bataille ; cependant l'utilisation de leur grande portée réclame presque toujours l'observation aérienne.
       Caurettes et Cumières tirent également. Ces ouvrages ont reçu dès le matin du Commandant de l'Artillerie lourde de la 67e Division dont ils dépendent, l'ordre d'épuiser leurs munitions et de préparer la mise hors de service de leurs pièces.
       Le 24 de Cumières n'a pas encore été pris à parti ; mais l'ouvrage des Caurettes autour duquel se trouvaient d'autres batteries est très violemment marmité depuis la veille.
       Dans la soirée des munitions peuvent être fournies à ces deux ouvrages.
       24 février – Une contre attaque préparée contre le bois de Wavrille échoue en se heurtant à une nouvelle attaque. L'ennemi avance. Dans l'après-midi il débouche brusquement entre LOUVEMONT et la cote 347, faisant tomber entre ses mains le massif du bois des Fosses menaçant la cote 378. Il approche en même temps de la cote du TALOU du côté de la Meuse. A l'est continuant sa marche sur le bois de Chaume il débouche dans la soirée à la lisière ouest du ravin de la Vauche.
       Un message est envoyé au Lieutenant de Vaisseau MARTEL pour lui prescrire de faire évacuer et sauter les ouvrages de la Vauche et des Chambrettes. Le message n'est pas reçu, mais l'ordre est exécuté sur l'initiative des Commandants des ouvrages qui se tenaient au courant de la situation. La Vauche qui ne s'était vu attribuer que du 150 et du 210 reçoit ce jour du 305.
       Les salves de gros calibre lui arrivaient par quatre coups simultanés. Quoique bien encadré, l'ouvrage n'a pas été démoli.
       Le Lieutenant de Vaisseau HERET ayant été prévenu à 14 h 55 par le Colonel Commandant le 243e que les Allemands étaient dans le bois de Caurières, fait brûler ses documents et donne l'ordre de faire sauter la pièce. Cette fois, le pétard n'explose pas malgré 3 allumages du cordon Bickford. La culasse est emportée et enterrée à bonne distance de l'ouvrage. Le détachement se faufile entre des tirs de barrage très denses et atteint VERDUN n'ayant eu qu'un blessé aux côtés du Lieutenant de Vaisseau HERET, dans la soirée du 23.
       L'ouvrage des Chambrettes a été aussi très bien encadré jusque là par des 150, du 10 et quelques coups de 305 qui n'ont pas réussi à abîmer le matériel quoiqu'il soit à découvert.
       A 13 h 45 le Lieutenant de Vaisseau MARTEL Chef de Groupe, qui se tient au poste téléphonique à quelque distance en contrebas de l'ouvrage, aperçoit des hommes de toutes armées descendant la crête. Sachant l'ennemi à Caurières il envoie par estafette l'ordre à l'Enseigne de Vaisseau MARIE SAINT-GERMAIN de faire sauter sa pièce. Celle-ci a sauté à 2 h 10 avant l'arrivée de l'estafette sur l'initiative de l'Enseigne de Vaisseau SAINT-GERMAIN qui se rendait compte de la situation. Comme celui de la Vauche, le détachement des Chambrettes a pu regagner Verdun en se faufilant à travers les tirs de barrage, sans éprouver de pertes.
       Dans l'après-midi de ce même jour, ayant été reconnaître l'état de la voie de 0 m 60 aux environs de Bras et de Vacherauville pour examiner la possibilité d'enlever les pièces de cet ouvrage, j'arrivais à la péniche Strasbourg sur laquelle son personnel était logé au voisinage de l'ouvrage, au moment où le Lieutenant de Vaisseau DESFORGES venait de mettre ses pièces hors de service, par dégradation des écrous de culasse et noyage des culasses dans le canal.
       A ce moment (il était environ 14 h), on voyait notre infanterie se replier sur le versant sud de la cote du Talou, dont l'ennemi ne devait approcher la crête le dimanche car des balles arrivaient aux environs de la péniche.
       Je décidais de faire haler le "Strasbourg" à Verdun pour sauver le matériel et les effets des détachements. La manoeuvre fut délicate au passage à Vacherauville constamment et abondamment bombardé ; le canal y était encombré par un arbre abattu et par des chalands, dont un chargé de munitions explosa peu après.
       Cette manoeuvre fut dirigée avec grand sang-froid par le Lieutenant de Vaisseau DESFORGES ; son équipage opérait le halage avec un superbe entrain, saluant l'arrivée de chaque obus de quelques lazzis.
       Ce jour-là commença, après une visite des avions allemands à 12 h 30, le bombardement de la pièce de Cumières. Elle n'en exécuta pas moins le tir de 42 coups qui lui restaient.
       A la fin de l'après-midi le bombardement avait causé à la voie ferrée voisine, et à la route, des dégats qui auraient rendu le ravitaillement en munitions très difficile sinon impossible.
       Le Lieutenant de Vaisseau RENARD rend compte dans ces termes des conditions dans lesquelles il a fait évacuer son ouvrage et celui des Caurettes :
       "16 heures – Visite de l'Ingénieur CONTURIE qui m'apporte les instructions du Commandant en cas de repli : diriger les détachements sur le fort du bois Bourru ou sur Verdun.
       "Le bombardement est incessant. Rédigé les instructions en cas de repli pour la pièce de 14 et de 24.
       "19 heures 30 – Je reçois par estafette avis verbal du Colonel A.L.D. 67 de prendre mes dispositions de repli, sans détruire les pièces et de ne me replier que quand les 155 courts en arrière de ma position se replieront : le Capitaine Commandant le Groupe de ces pièces me préviendra de l'ordre de leur repli.
       Pris les dispositions de mise hors de service de l'Armement.  
       J'envoie en même temps une estafette au groupe de 155 courts pour essayer de réparer la ligne téléphonique pour rester en liaison avec lui : au cas où il ne pourra faire cette liaison de rester au Groupe lourd et de me prévenir en revenant des ordres qu'il recevra.
       20 heures 45 – Retour de l'estafette me rapportant l'Ordre de repli pour 22 heures des 155 courts et confirmation du repli de l'artillerie lourde cette nuit.
       Envoyé une estafette à la pièce de 16 pour lui prescrire de ne pas détruire sa pièce ; je décide même de ne pas détruire la pièce de 24, ce repli pouvant être un repli momentané puisqu'il n'y a pas d'attaque sur la rive gauche, repli nécessité simplement par l'avance de l'ennemi sur la rive droite de la Meuse.
       22 heures 30 – Le repli des 155 courts commançant, je termine mes dispositions et j'attends une embellie pour ordonner l'évacuation par petits groupes.
       23 heures – L'évacuation est terminée sans autre incident qu'un homme blessé par accident en tombant dans un des trous d'obus sur la voie ferrée. Au village je trouve le détachement des Caurettes qui a évacué sans incident, ayant pris les dispositions prescrites pour la mise hors de service de l'armement.
       "Pièces hors de service : cartes, documents ; ordres détruits, tableaux téléphoniques et appareils emportés.
       Je décide de faire route sur le fort de bois Bourru d'où je rendrai compte à la Marine et où j'attendrai des instructions.
       La pièce de Vaux fut encore employée ce jour-là contre Romagne et le 420 du bois d'Hingry.
       25 février – Au cours de la nuit du 24 au 25 février, l'ordre fut transmis par le Général Commandant le 30e Corps d'Armée d'abandonner la Woëvre et de replier sur les hauts de Meuse les forces qui l'occupaient.
       Le mouvement de retraite devait être terminé au jour.
       Le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU qui dirigeait du Central téléphonique de Braquis le groupe des deux ouvrages rend compte qu'il fut mandé vers une heure du matin au téléphone par le Colonel Commandant l'A.D. 132 et qu'il en reçut les instructions suivantes : Tenez-vous prêt à faire sauter vos pièces au jour. Vous tirerez ce que vous pourrez quand vous jugerez le moment favorable. Surtout tenez-vous au courant de la situation. C'est à vous de prendre l'initiative du moment où il faudra exécuter cet ordre de façon que le matériel soit mis hors d'usage en temps voulu.
       Ignorant tout de la situation dont le caractère critique lui était soudainement révélé au milieu du calme qui n'avait cessé de régner dans ce secteur depuis le début de l'offensive, car son bruit n'y parvenait même pas, le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU était bien loin de s'attendre à l'ordre qu'il venait de recevoir et qu'il se fit répéter et préciser.
       Son premier soin fut d'alerter ses deux ouvrages des bois d'HENNEMONT et d'HERMEVILLE et ses observateurs.
       Pensant qu'on s'attendait à quelque attaque, il comptait ouvrir le feu dès son début, consommer alors toutes ses munitions, puis, une fois tout le matériel mis hors de service, si l'ennemi avançait, il projetait de mettre ses marins aux ordres du Commandant du 31e Territorial pour les faire participer à la défense du centre de résistance. Il donna des ordres en conséquence et se rendit chez le Colonel Commandant l'Infanterie pour en tirer quelques indications sur la situation. Celui-ci n'avait pas encore d'ordre et n'en savait pas plus long que le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU.
       En revenant à son poste téléphonique, le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU rencontre le Capitaine Commandant l'Artillerie de campagne qui venait de recevoir l'ordre de se replier immédiatement sur les hauts de Meuse. Une de ses batteries était déjà en route, les autres allaient suivre incessamment.
       Le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU donne l'ordre à ses ouvrages d'ouvrir le feu de suite pour consommer les munitions avant le jour.  
       Le tir était commencé lorsqu'il reçut du Colonel Commandant l'Infanterie l'avis qui lui était ordonné de se replier immédiatement sur Châtillon-sous-les-Côtes, et de faire son mouvement discrètement avant le jour ; des ordres étaient déjà transmis en conséquence aux avants-postes.
       Calculant alors le temps qui lui restait avant l'apparition du jour et celui qui allait être nécessaire pour assurer la destruction du matériel si le fonctionnement des pétards laissait à désirer, le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU se décide à faire sauter les pièces sans attendre le complet épuisement des munitions.
       Hermeville avait tiré 80 coups, Hennemont 46 coups, en un peu plus d'une heure de tir : il en restait à peu près autant qu'on tenta vainement d'incendier au départ des ouvrages.
       Cette fois encore les pétards refusèrent d'exploser au moyen du cordon Bickford, malgré plusieurs tentatives d'allumage. Au bois d'Hennemont le 1er Maître ABA--- fit alors enfouir la culasse dans un trou préparé à l'avance au fond d'un trou d'obus.
       A Hermeville l'Enseigne de Vaisseau COURTEVILLE eut l'idée de placer les pétards dans une douille dont une partie des fagots avaient été enlevés.
       Il fit ensuite partir le coup ainsi préparé. Non seulement la pièce sauta, mais l'explosion détermina l'effondrement de la casemate, l'Enseigne de Vaisseau COURTEVILLE ainsi que le Maître SELO resté auprès de lui faillirent être ensevelis sous les décombres de leur ouvrage. Le jour commençait à poindre quand les deux détachements réunis à Braquis quittèrent ce village après destruction des documents et des objets qu'ils ne pouvaient emporter.
       Ils formèrent la queue d'une des longues colonnes d'infanterie qui sillonnaient la Woëvre se dirigeant vers les côtes de Meuse. Le temps très sombre dissimula cette morne retraite.
       En passant auprès du camp Romain le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU reçut un ordre : prendre le commandement de cet ouvrage qu'il avait déjà exercé longtemps ce qui le maintenait à la direction du Groupe des ouvrages servis par le personnel de sa batterie.
       A Vaux qui avait eu les jours précédents un tué et trois blessés, la pièce devenait très menacée le 25 ; son ravitaillement n'était plus possible. Le Commandant de l'Artillerie du 30e C.A. invita en conséquence le Commandant GRANDCLEMENT à faire porter au Lieutenant de Vaisseau AUBRET l'ordre de consommer ses munitions dans la journée, en trois tirs sur Loisou, Romagne et le 420 de la forêt de Spincourt, après quoi il ferait sauter son matériel.
       Le Commandant GRANDCLEMENT se rendit lui-même à l'ouvrage dans l'espoir qu'il pourrait faire surseoir à l'exécution de la démolition si la situation ne s'aggravait pas. Mais à 15 heures 30 la mise en action des mitrailleuses à la jonction des deux crêtes d'Hardaumont et de Douaumont annonçait que l'effort de l'ennemi était tout proche ; d'autre part le village de Bezonvaux venait de nous être enlevé et la fusillade partant de l'entrée de Vaux indiquait que nos troupes se repliaient sur ce village. L'ordre de destruction de la pièce fut donné. L'opération prit une heure par suite du mauvais fonctionnement du cordon Bickford qu'on ne réussit à allumer qu'en l'entourant de chiffons imbibés de pétrole et en le faisant passer dans la culasse ouverte au lieu de lui faire le canal de lumière. La pièce sauta à 16 h 30. A 17 heures le Colonel commandant le 44e d'Infanterie avisait le Commandant GRANDCLEMENT que l'ennemi avait percé notre front à Douaumont et était en marche sur SOUVILLE : il l'engageait à éviter cette route pour le retour à Verdun, les patrouilles ennemies vont y être avant notre détachement. Ce dernier fut donc ramené à la citadelle par TAVANNES et la route d'ETAIN. Il y arrivait vers 21 h après une marche rendue pénible par la neige et le verglas.
       Le renseignement concernant la percée de l'ennemi à DOUAUMONT et son approche de SOUVILLE, de même que celui qui lui faisait dans la même soirée dépasser BRAS et atteindre LA FOLIE semble avoir été par la suite reconnu comme controuvé.
       Dans la même nuit ainsi que j'en ai rendu compte par ma lettre n° 1355 du 29 février 1916, les Canonniers Marins quittèrent la Citadelle pour DUGNY et LEMMES. Depuis lors ils ont été employés soit à des mouvements de munitions en cet endroit soit à Landrecourt, soit à l'évacuation de l'arsenal de Verdun ; une batterie de C.M. a été envoyée au groupe des Armées du Nord. Enfin nous avons mis un matériel de 14 cm tenu en réserve, en batterie à Moulainville sur un ancien emplacement préparé en 1914 (octobre). J'ai obtenu de faire préparer deux positions de repli pour ce matériel de Moulainville et pour celui du Camp Romain voués à une destruction prochaine si on les maintenait à des emplacements en bordure des Hauts de Meuse aux pieds desquels se trouve l'ennemi.
       Sous la vigoureuse impulsion du Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU (Camp Romain) et de l'Enseigne de Vaisseau COURTEVILLE (Moulainville) dont l'attitude sous le feu est vraiment superbe, ces matériels sont servis par les anciens détachements des bois d'Hermeville et d'Hennemont avec une vaillance que n'ébranlent pas les pertes subies (6 tués et 7 blessés à Moulainville) (4 blessés à Camp Romain en quelques jours).
       Je dois avant de terminer ce rapport, rendre hommage également à nos équipes d'observation qui se sont admirablement comportées, celle des Hures, notamment s'est maintenue dans une situation très périlleuse, ce qui lui a permis de renseigner très utilement des batteries de 75.
         Signé AMET. »


Message édité par Yv' le 02-03-2010 à 23:54:48
n°24315
Yv'
Posté le 03-03-2010 à 00:00:11  profilanswer
 

(Suite et fin des "opérations de l'année 1916" )
 
      2ème Période – Le Capitaine de Vaisseau GRANDCLEMENT ayant été blessé le 29 février, au Camp Romain, le Lieutenant de Vaisseau LE CLERC prend le Commandement du 1er Groupe qu'il conserve jusqu'au 27 mars, date à laquelle il devient l'adjoint du Capitaine de Vaisseau JEHENNE remplaçant le Contre-Amiral AMET comme Commandant Supérieur. Il ne reste à Verdun que la 1ère batterie (renforcée d'éléments de la 8ème) sous le Commandement du Lieutenant de Vaisseau de VIGOUROUX d'ARVIEU.
       Les pièces armées sont :
       Un 14 au Camp Romain (E.V. LE GUENNEC). Cette pièce qui sur un effectif de 33 hommes compte 19 tués ou blessés est repliée au JAULNY (détachement cité à l'ordre de l'Armée ainsi que son premier chef le Lieutenant de Vaisseau d'ARVIEU).
       1 14 à MOULAINVILLE (E.V. Courteville). Le détachement a 6 tués et la pièce est alors reportée en arrière aux ARPENTS (E.V. Challamel) où son personnel perd encore quatre hommes. L'un deux, le matelot Blanc, mort en chantant la MARSEILLAISE, est cité à l'ordre de l'Armée. Le détachement est cité lui-même à l'ordre pour la 2è fois et la pièce est de nouveau portée en arrière au ravin du GRAND TRISSE.
       1 14 à RAUZIERES (Lieutenant de Vaiss. Le Cour Grandmaison).
       1 14 à WOIMBEY (Administrateur I.M/me Cirette).
       1 14 au bois de l'HOPITAL (E.V. Le Prado).
       Ces pièces participent à toutes les opérations sur la rive gauche de la Meuse. Très gênantes pour l'ennemi, elles sont presque toutes soumises à de violents tirs de destruction, en particulier la pièce de Calonne qui n'en exécute pas moins des tirs très précis sur des batteries allemandes dont elle fait cesser souvent le feu.
       Le 25 juin, l'E.V. Le Prado est grièvement blessé ainsi que le Lieutenant de Vaisseau Pilven, venu en service à la pièce pour amener le remplaçant de Le Prado, l'Enseigne Lecoq qui est tué raide par le même obus qui a blessé ses deux camarades.
       Quelques jours plus tard, sous l'énergique commandement de l'E.V. Demont, la pièce reprend ses tirs. L'ennemi, exaspéré, dirige sur elle un feu terrible de 210, réglé par avion. Au 115e coup, la pièce est mise hors de service. Inutilisable, l'ouvrage est désarmé.
       Sur la rive droite, les deux pièces des Aillieux sont toujours en position.
       Le 25 octobre, malgré un bombardement violent et précis, l'Enseigne de Vaisseau DEMONT venu de l'ouvrage de Calonne continue imperturbablement ses tirs jusqu'à ce qu'une de ses pièces soit mise hors de service par l'ennemi. La pièce restante est repliée sur la ferme Bertramé dans la forêt de Hesse.
       En mai, une nouvelle pièce de 14 est installée sur la rive droite aux bois Bourru (Lieutenant de Vaisseau DARLAN puis Lieutenant de Vaisseau POISSON), elle exécute de nombreux tirs sur Sivry, Vilosnes, Brieulle etc.
       En décembre 1916 le Général MANGIN qui avait repris Douaumont en octobre, monte une nouvelle opération pour repousser l'ennemi au pied des Hauts de Meuse.
       Les pièces fixes de 14 sont renforcées par les deux 16 de la 1ère Batterie Mobile récemment formée (Lieutenant de Vaisseau LECOUR GRANDMAISON), une pièce s'est mise en batterie près de la ferme du Cabaret Rouge, une autre dans le faubourg de Belleville.
       Après l'attaque, la pièce de 14 du Grand Trisse est transportée au Jaulny pour remplacer la pièce de même calibre en position en ce point et complètement usée à la suite des nombreux tirs très efficaces qu'elle a exécuté sur des points importants de la plaine de Woëvre.
 
 
2°  BATAILLE DE LA SOMME
 
       Dans le but d'enrayer l'attaque allemande devant Verdun le Commandement décide de préparer une opération de grande envergure dans l'Ouest du front.
       L'A.L.G.P. qui vient d'être constituée prend dès le mois de mars ses dispositions pour l'équipement du front en vue de l'utilisation de ses matériels.
       La 4ème batterie organique de Canonniers-Marins commandée d'abord par le Lieutenant de Vaisseau MARTEL puis par le Lieutenant de Vaisseau RENARD est affectée au groupe d'Armées du Nord (général Foch) chargé de l'opération.
       Quatre pièces de 16 respectivement commandées par les Lieutenants de Vaisseau AUBERT, HERET, PIERI et l'Enseigne de Vaisseau MARIE SAINT-GERMAIN sont mises en position dans les régions de Saint-Crépin-aux-Bois (forêt de l'Aigle), Machemont (nord-est de Compiègne), Saconin-Breuil (ouest de Soissons) et Boulogne-la-Grasse (ouest de Lassigny).
       Des ouvrages casematés sont construits pour tous ces matériels qui sont mis en place dans le courant du mois d'avril.
       Deux nouvelles pièces de 16 (Lieutenant de Vaisseau QUESNEL et Enseigne de Vaisseau LE GUENNEC) sont installées au mois de mai dans deux casemates rapidement construites l'une à Warsy (ouest de Roye), l'autre à Warvillers (ouest de Nesle).
       En fin mai le Commandement décide de reporter la région de l'attaque plus au nord de part et d'autre de la Somme en liaison avec l'Armée anglaise.
       Quatre nouvelles pièces de 16 casematées sont construites deux dans la région de Proyart et deux dans la région de Rainecourt. Les deux premières sont armées avec les matériels provenant de Saint-Crépin-aux-Bois et de Machemont, les deux autres avec deux matériels venus de la Marine. Ces nouveaux emplacements sont complètement armés le 24 juin.
       Les tirs de préparation commencent le 26 juin.
       A la suite de l'avance réalisée par nos troupes, une des pièces de Rainecourt est transportée le 11 juillet dans le ravin de Fontaine-lès-Cappy (Enseigne de Vaisseau Moulin), l'autre est mise en batterie le 14 juillet dans la carrière de l'Eclusier (Enseigne de Vaisseau Marie Saint-Germain).
       Le transport de cette dernière est effectué par route au moyen d'un chariot spécial construit aux ateliers de la formation.
       Pour la 1ère fois les pièces de marine ne sont plus considérées comme des pièces de position et elles vont être désormais déplacées aussi souvent que les nécessités militaires l'exigeront ; les ouvrages ne sont plus casematés.
       Le 19 août dans l'après-midi, l'ordre est donné de déplacer la pièce de l'Eclusier vers l'est d'environ 1 kilomètre de manière à pouvoir exécuter un tir sur objectif particulièrement important (château de Templeux-la-Fosse où se trouve le quartier général du prince Eitel). La pièce est prête à remplir sa mission à sa nouvelle position dans l'ouest d'Herbécourt le 20 août à 18 heures. Par suite de mauvaises circonstances atmosphériques le tir ne peut être exécuté que dans la soirée du 31 août. Sa mission très heureusement terminée (1), la pièce est ramenée à la position de l'Eclusier et elle est de nouveau prête à ouvrir le feu le 1er septembre au jour.
       Du 4 septembre au 31 décembre 1916 la 4ème batterie de Canonniers-Marins est portée à 8 pièces puis à 10.
       Pour suivre la progression de nos troupes, la batterie exécute 22 mouvements en avant soit par route soit par voie de 0 m 60.
       Les nouveaux procédés de transport du canon de 16 entièrement réalisés ou perfectionnés sur le front et par les seuls moyens de la formation sont employés dans des conditions parfois très dures et donnent des résultats très satisfaisants.
       Pas une fois les pièces de marine ne sont restées à la traîne.
       Pendant l'offensive de la Somme elles ont tiré environ 10000 coups.
       Il ne reste plus au 4 janvier 1918 que quatre pièces de 16 (voir au 2e fascicule annexes le rapport numéroté I).
 
 (1) Des interrogations ultérieures de prisonniers font connaître que le château est abandonné précipitamment par le prince et son état-major dès les premiers coups du tir remarquablement précis.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/PrinceEitel.jpg
(Source : http://cent.ans.free.fr)


Message édité par Yv' le 03-03-2010 à 10:44:48
n°24400
Yv'
Posté le 09-03-2010 à 23:37:10  profilanswer
 

Que l'on veuille bien m'excuser de sauter quelques chapitres, j'étais impatient de donner cette liste des canonniers marins morts pour la France ! La liste des blessés devrait suivre...
(Désolé pour la qualité des tableaux, je ne suis pas un pro des images. De plus, je viens de me rendre compte qu'il manque une lettre au 1er nom de l'année 1916, pas le courage de recommencer maintenant  :whistle: )

 
 
 
XXIV  LISTE NOMINATIVE DES OFFICIERS ET MARINS
 
       "MORTS POUR LA FRANCE"

 
 au cours des opérations de Guerre depuis la formation du Corps
 
       (29 août 1914)
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/MPLF1.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/MPLF5.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/MPLF3.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4284/MPLF4.jpg
 
 
En guise d'illustration, je me permets d'insérer la fiche du premier canonnier marin MPLF (toute information sur son lieu de décès est la bienvenue) :
 
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=jC8uVExRqAOoduG7JGNGEQ==&_C=184299299
 
Edit : c'est avec plaisir que j'édite ce message pour ajouter un canonnier marin mort pour la France, qui m'a été signalé par Louis (breizh820). Merci à lui.
 
Stanislas BIZIEN, matelot de 1ère classe dans la 1ère Batterie fluviale, décédé le 4/9/1916.
Voici sa fiche MdH : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3898281431
 


Message édité par Yv' le 05-05-2010 à 21:22:57
n°25146
Yv'
Posté le 25-04-2010 à 00:02:48  profilanswer
 

Voici (enfin) la suite avec les blessés ! Je reviens au "mode texte" qui est plus lisible et surtout qui permet d'effectuer une recherche dans le texte.
Il me reste les années 1917 et 1918 à transcrire (plus qu'une bonne centaine de noms...).

 
 
 
            LISTE NOMINATIVE DES OFFICIERS ET MARINS BLESSES
 
        au cours des Opérations de Guerre depuis la Formation du Corps
 
                            (29 août 1914)
 
 
 
Date                            Grade
de la    Nom et Prénom    et
bles.                            Spécialité
 
       - O F F I C I E R S -
 
1914
          DUC Joseph        Lt de Vaiss.
1915
 
3 janv.    PILVEN Joseph         E. de V. de 1e cl.
8 fév.     BOUTAN Jacques      Ing. 2e cl. Hydrogr.
16 juin    DEMONT Christian      E.V. aux 1e cl.
2 oct.     FORTOUL Antoine      Lt de V.
 
1916
 
29 fév.    GRANDCLEMENT Gaston  Cap. de Vaiss.
11 mars   PICHON Jacques            Lt de V.
3 mai      HALLET Marc                 E. de V. de 1e cl.
25 juin    PILVEN Joseph               Lt de V.
25 juin    LE PRADO Bernard          E. de V. de 1e cl.
20 oct.   RENARD Jules                Lt de V.
 
1917
 
8 sept.    OIRY Pierre                  E. de V. de 1e cl.
21 oct.    De SAVIGNAC François   E. de V. de 1e cl.
 
1918
 
9 juin     HERSART DE LA VILLEMARQUE Edmond  Lieut. de Vais.
29 sept.  HIRSCHBERG Fernand                        Méd. 3e cl. Auxre
 
 
 
       - E Q U I P A G E -
 
1914
 
26 déc. LEMONNIER Marcel mat.four.
 
1915
 
3 janv.   GERMANI Simon          s/sp.
20 janv.  CUSSONNEAU René     mat.can.
20 janv.  LE CARVENNEC Albert  mat.can.
27 janv.  COLIN François          s/sp.
3 janv.   NORMAND Pierre         s/sp.
4 fév.    TOULAN Emile            mat.méc.
5 fév.    CARRE Yves              1°M.Can.
20 fév.  ROUDAUT Jean           s/sp.
20 fév.  CHALONNY Yves         s/sp.
26 fév.  ANDRE Pierre             QM.can.
5 avril   LAMOTTE André         s/sp.
26 fév.  LE PAPE Laurent        s/sp.
14 avril  ANZIANI Laurent       QM.mec.
24 avril  LE BARZIC Alexis       s/sp.
24 avril  GALLOU Yves           SM.can.
24 avril  SELLIN Antoine         s/sp.
2 mai     LAGORD Franck        ap.marin
15 mai   DERRIEN Charles       QM.can.
18 mai   CHAUVEAU Raymond  mat.four.
24 juil.   TUAL Joseph           QM.can.
3 août   BODO Barthél.         mat.gab.
3 août   GUIGNE Etienne       s/sp.
3 août   OLLIVIER Jean         ap.marin
3 août   SALOU Edouard        s/sp.
3 août   MORE Gabriel           s/sp.
18 août  DISARBOIS Jean      s/sp.
25 août  GOUZIEN François    s/sp.
26 août  KERISIT Jospeh       s/sp.
8 sep.    LE BRUN Jean          s/sp.
8 sep.    FAYES Michel          can.pro.
8 sep.    SAVINA Joseph        s/sp.
8 sep.    CONAN Stanislas      s/sp.
23 sep.  ROHOU Yves            M.can.
23 sep.  LE GLOAHEC Joseph  QM.can.
23 sep.  LARGOUET Jean       s/sp.
23 sep.  DIOT (?) Armand      s/sp.
23 sep.  TOUZE Ange           s/sp.
24 sep.  NEDELLEC Jean        s/sp.
5 oct.    SALAUN Jean          SM.can.
14 oct.  DUFIN Léon             s/sp.
20 nov.  BENOIST Joseph      s/sp.
20 nov.  GOUEZ Pierre          s/sp.
6 déc.   CLOAREC Jean         mat.can.
12 déc.  FESTOU                QM.can.
12 déc.  GENTRIC Jean        mat.inf.
 
1916
 
5 janv.     URCUN Mathieu         mat.gab.
26 janv.   LE PEZENNEC Joseph  s/sp.
26(?) fév. LARREUR Pierre         mat.inf.
24 fév.    MOLLO Victor            SM.can.
24 fév.    GROUHEL Michel        SM.man.
24 fév.    LOZACHMEUR Pierre   QM.fus.
24 fév.    COGAN? Joachim       s/sp.
29 fév.    NERROU François       s/sp.
8 mars     HUON Pierre             QM.can.
8 mars     PELLE Jean              s/sp.
8 mars     PENSEC Henri           s/sp.
8 mars     ABILIOU Jean           s/sp.
8 mars     JAHAN Eugène          s/sp.
8 mars     CREACH Jean           s/sp.
8 mars     CAOUDAL Pierre        s/sp.
11 mars   LE MARC Daniel         s/sp.
12 mars   DAGORNE Marie         s/sp.
20 mars   LAGORD Franck         s/sp.
20 mars   BOTERF Joseph         s/sp.
21 mars   KERVELLA Trémeur     s/sp.
21 mars   PIRIOU Yves            mat.can.
21 mars   DUVAL Eugène         mat.can.
21 mars   QUERE Félix             s/sp.
21 mars   CADALEN François    s/sp.
21 mars   JIFFRELOT Jean       mat.can.
22 mars   BOENNEC Maurice    QM.man.
22 mars   LE BLAY Victor         s/sp.
26 mars   CUQ Célestin           mat.méc.
31 mars   JEGO François         QM.man.
2 avril     SALLIOU Louis         QM.man.
2 avril     LEBRUN Eugène        mat.can.
3 avril     LE BECHEC Jean       mat.élec.
3 avril     GUEDES François      mat.can.
3 avril     TRIMAUD Julien        mat.gab.
3 avril     AUFFRET François     mat.élec.
3 avril     FRESIGNE Emmanuel  QM.tim.
5 avril     SYLVESTRE Louis      SM.tim.
19 avril   JAFFRY Jean            QM.tim.
16 mai    TENEGUY Alexis        M.can.
21 mai    LE NORET Jean         mat.can.
21 mai    TANGUY Jean           s/sp.
21 mai    THOMAS Joseph       SM.can.
4 juin      LE PORT Louis         Mat.can.
16 juin    LAMANDA François   s/sp.
21 juin    ROTHOU Marcel       QM.charp.
25 juin    LE GALL Jean          s/sp.
2 juillet   CAUDAN Jean          s/sp.
9 juillet   PAQUET Emmanuel   s/sp.
17 juil.    ACH Laurent           mat.méc.
18 juil.    JAFFRY Jean           QM.tim.
24 juil.    DORSO Joseph        s/sp.
24 juil.    POYER Eloi              QM.charp.
28 juil.    KERJEAN Jean         SM.can.
4 août    HERVE Pierre           QM.élec.
6 août    PINON Maurice        s/sp.
6 août    PALLUSSEAU Félix    s/sp.
6 août    TOMASI Xavier        s/sp.
6 août    TANGUY Jean          s/sp.
15 août   BEYER André          ap.marin
25 août   LE CORRE Adolphe   QM.can.
25 août   GEORGEAUD Henri    QM.can.
25 août   LE NINAN René       s/sp.
25 août   BALLAY Jules         s/sp.
10 sept.  FERRANT Alain        s/sp.
25 sept.  CHARLES Yves        s/sp.
25 sept.  PIRIOU Isidore        s/sp.
25 sept.  ABJEAN Armand      QM.méc.
26 sept.  SALAUN Olivier       QM.can.
27 sept.  LE BOURDON Yves   B.coq pr.
27 sept.  BUINO Jules           charp.
2 oct.     JOUANET Léon        s/sp.
2 oct.     GUENIER Louis        s/sp.
8 oct.     JULIEN Constant     mat.gab.
10 oct.    QUERE Hervé        s/sp.
13 oct.    LAURANS Alexandre  mat.gab.
11 nov.   VANHILLE Robert    s/sp.
12 nov.   SALLIOU Louis       QM.man.
12 nov.   BLAY Fernand        s/sp.
15 nov.   GOURVES Jérôme   QM.can.
16 nov.   PITON Julien         can.temp.
30 nov.   HERLEDAN Clément  s/sp.


Message édité par Yv' le 25-04-2010 à 00:33:01
n°26293
Rutilius
Posté le 24-06-2010 à 10:05:59  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
                                                                              Une pièce de marine en Argonne (1915)
 
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Zo - Canonniers marins. Vue 1..jpg            
 
                                                                        Source : Gallica. Bibliothèque nationale de France.    
                                                                                Photographie de presse de l’Agence Rol.  

 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 

n°26294
Yv'
Posté le 24-06-2010 à 10:47:14  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
Merci beaucoup pour ce beau document !  
Pourrait-il s'agir du Mont des Ailleux (secteur de Vauquois, me semble-t-il) ?
 
<< En septembre 1915, pour battre les arrières ennemies entre Argonne et Meuse pendant l'offensive de Champagne, deux pièces de 14 sont installées au mont des Ailleux par le Lieutenant de Vaisseau Martel à moins de 1 km des premières lignes.
       Cette batterie est très active en fin septembre 1915 ; elle interdit la gare de Chatel, démolit la gare de Fléville obligeant les renforts ennemis à débarquer à 10 km plus au nord.
>>
 
Yves
PS : j'ai du mal à poursuivre mon travail de transcription, et cela risque de ne pas s'arranger dans les mois qui viennent... D'avance, merci pour votre indulgence.

n°28032
alain13
Posté le 27-10-2010 à 20:14:30  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Trois officiers de canonniers marins cités à l'ordre de l'Armée :
 
http://img809.imageshack.us/img809/8451/canonniersmarins.jpg
 
(bulletin des armées de la république, 2 au 5 mai 1915)
 
Cordialement,
alain


Message édité par alain13 le 27-10-2010 à 20:16:14
n°31319
Rutilius
Posté le 25-05-2011 à 20:02:33  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ● « La preuve par le sang. Livre d'or du clergé et des congrégations (1914~1922) », Bonne Presse, Paris, 1925, Tome II., p. 68.).                                                                
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/HERSART-de-LA-VILLEMARQUE-E.gif
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°31320
Yv'
Posté le 25-05-2011 à 20:15:05  profilanswer
 

Merci Daniel !
(Et avec beaucoup de retard, merci aussi à Alain).
Cordialement,
Yves

n°31523
Yv'
Posté le 15-06-2011 à 17:31:18  profilanswer
 

Mieux vaut tard que jamais, voici enfin la fin de la liste des blessés !
 
1917
 
5 avril   CREACH Hervé mat.can.
23 avril  LE MOING François  1°M.can.
11 avril  LE LOUEDEC Gabr.  QM.fourr.
29 avril  CABON Nicolas SM.can.
29 avril  JAUNAY Louis s/sp.
3 mai   LE VISAGE Julien s/sp.
7 mai   SCOLAN Marcel QM.méc.
11 mai   LAHRANT François  s/sp.
11 mai   MORE Gabriel s/sp.
12 mai   LE CHAPELAIN Jean  QM.can.
19 mai   POTTIER Désiré s/sp.
30 mai   BUSNEL Auguste s/sp.
4 juin   LE QUENTREC Fernand  QM.inf.
28 mai   LE VAILLANT Yves  M.méc.
14 juin   PRIGENT Guillaume  ap.marin
23 juil.   BOUTER Joseph s/sp.
27 juil.   OLLIVIER Yves M.can.
1 août   QUERE Felix s/sp.
1 août   PERON Ernest QM.tim.
4 août    EYCHARD Louis s/sp.
5 août   MENGUY Pierre s/sp.
5 août   GLAD Gaston QM.can.
10 août  NIGNON Auguste M.d'hot.
24 août  ALANIC Pierre s/sp.
26 août  QUESSEVEUR Yves  mat.gab.
31 août  GROUHAUD Alphonse  s/sp.
4 sept.   PHILLIPPOT Guillaume  mat.can.
6 sept.   QUINTRIC Henri s/sp.
6 sept.   QUIVORON Goulven  s/sp.
6 sept.   MORDELLES Emile  s/sp.
6 sept.   CAMBRAY Jules mat.fus.
21 sept.  FERON Victor M.can.
22 sept.  MARCHAL Aimable  s/sp.
22 sept.  POULOIN Pierre M.can.
17 oct.   GOURMELEN Jean  s/sp.
17 oct.   RABALLANT Valentin  s/sp.
17 oct.   LE GALL Allain s/sp.
19 oct.   BEZARD Alphonse  mat.cuis.
22 oct.   PERFEZOU Yves ap.marin
17 oct.   BLOT Théophile M.can.
29 oct.   LE NOACH Alphonse  QM.méc.
29 oct.   EVEILLARD Alphonse  s/sp.
29 oct.   MILLOCH Joseph s/sp.
6 nov.   MIGNON Hervé s/sp.
 
1918
 
25 janv.  NIGNON Auguste M° d'hot.
9 fév. CAMPARDON  Charles  s/sp.
9 fév. GUILLAME Charles s/sp.
9 fév. GUERLESQUIN François  1°M.can.
12 mars  BIZIEN Louis SM.can.
21 mars  QUINQUIS Herlé s/sp.
24 mars  LE GOFF Jules SM.man.
24 mars  LE CORRE Herlé QM.élec.
29 mars  GUYONCARD Joseph  QM.can.
29 mars  MAHE  Frédéric mat.can.
29 mars  ROUILLARD Jean mat.can.
29 mars  MARILLAU Henri s/sp.
29 mars  GAUBERT Pierre s/sp.
29 mars  GARREC Thomas s/sp.
2 avril   MARTIN Henri QM.can.
3 mai   MENEAU Jules MAT.cuis.
27 mai   MARILLAU Henri s/sp.
28 mai   MAHE Frédéric mat.can.
29 mai   RANNOU Pierre mat.fus.
31 mai   LE CORRE Herlé QM.élec.
31 mai   ROUILLARD Jean mat.can.
31 mai   NICOL René  mat.can.
31 mai   LE GAC Auguste s/sp.
31 mai   LEFEVRE Placide s/sp.
31 mai   BARBE Louis s/sp.
31 mai   GUYONCARCH Joseph  QM.can.
2 juin   LANGUILLE Auguste  QM.can.
2 juin   QUERIC Albert mat.gab.
2 juin   LE GARLANTEZEC F.  mat.can.
2 juin   LE CHINQ Charles s/sp.
3 juin   LE GUEN François s/sp.
3 juin   BRUNOU Jean s/sp.
7 juin   MADEC Joseph mat.can.
7 juin   WACOGNE Auguste  s/sp.
9 juin   CREN Pierre  charp.pr.
9 juin   LEOSTIC Jean s/sp.
9 juin   LE GOUAREQUER A.  mat.can.
9 juin   RALEC Jean  s/sp.
9 juin   MAGUET Paul mat.méc.
9 juin   LE COZ Eugène s/sp.
9 juin   SALAUN Henri s/sp.
9 juin   CANTAIS René s/sp.
9 juin   LEROYER René mec.prov.
9 juin   SADOU Edouard s/sp.
12 juin   KERMAGORET Eugène  s/sp.
12 juin   DORET Gabriel s/sp.
13 juin   TALAGAS Jean s/sp.
18 juin   COSQUERIC Jean s/sp.
18 juin   PERENNES Jean SM.CAN.
15 juil.   DENIS François s/sp.
14 août  HOUISE Joseph s/sp.
31 août  TESSIER Henri QM.boul.eo
31 août  LODE Paul  mat.can.
31 août  DANIEL Henri s/sp.
17 sept.  DARON Mathur. mat.can.
17 sept.  DANZE Joseph s/sp.
17 sept.  LE GALL Jean mat.can.
3 oct.   TOCQUET Jean s/sp.
26 oct.   LEDEZ Louis s/sp.
30 oct.   LE MEDEC Louis s/sp.
30 oct.   GROUSSILLAT Victor  méc.pr.
4 nov.   MOLLO Laurent s/sp.
8 nov.   GUERMEUR Auguste  s/sp.
8 nov.   LE DENMAT Joseph  SM.can.
8 nov.   MONCUS Olivier s/sp.
 
   - Canonnières fluviales -
 1916
 
16 juil.   LE LABOUSSE QM.can.
16 juil.   RIVIERE  QM.can.
16 juil.   LE GOFF Pierre mat.fus.
16 juil.   LE MAUX  mat.gab.
16 juil.   GUEZELLO  mat.s/sp.
16 juil.   LE DORE  s/sp.
16 juil.   LE BOHEC  s/sp.
16 juil.   THERESE  s/sp.
24 juil.   COLOMB?  QM.can.

n°31583
MONCEY
Fedmalmoncey
Posté le 23-06-2011 à 17:03:21  profilanswer
 

Bonjour à tous,vos infos sont parfaites.Pour votre information,les  
cannoniers marins remontent au 1 er Empire,ils étaient membres de la
Garde Impériale,mais avec une tenue particulière.Sur le baudrier,il y avait un ancre de marine.
Toujours pour info,nous sommes en train de préparer le 100 ème anniversaire de la Brigade RONARC'H.


---------------
MONCEY1842
n°31826
Rutilius
Posté le 20-07-2011 à 14:42:14  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Le Temps, n° 19.711, Vendredi 25 juin 1915, p. 2, en rubrique « Affaires militaires – Armée ».  
 
 
                                                                http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Quintric-1..gif
                                                                http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Quintric-2..gif
 
   — QUENTRIC François Marie, né le 20 février 1882 à Saint-Thégonnec (Finistère) et domicilié à Landivisiau (Finistère), mort le 24 avril  1915 « tué par un éclat d’obus dans les environ de Saint-Mihiel (à Ranzières) [(Meuse)] », Maître canonnier, 1er Régiment de canonniers marins, Matricule n° 6.060 – Morlaix (Acte transcrit à Landivisiau, le 13 nov. 1915).  
 
   Nota : La fiche « Mort pour la France » établie à son nom fixe par erreur la date de son décès au 24 août 1915.
 
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 20-07-2011 à 14:42:31
n°32591
alain13
Posté le 03-11-2011 à 17:37:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une photo de deux pièces d'ALVF servies par des canonniers marins :
 
http://img607.imageshack.us/img607/4697/avlf.jpg
 
Sur la première pièce on distingue une inscription qui pourrait être 8AO ou 8AD ??? .....what this ?
 
http://img215.imageshack.us/img215/9600/avlf1.jpg
 
(photo "Image de la Guerre" d'aout  1916)
 
Cordialement,
alain


Message édité par alain13 le 03-11-2011 à 17:49:10
n°32598
alain13
Posté le 04-11-2011 à 08:02:52  profilanswer
 


En bidouillant, on voit plutôt 816. Peut-être une date, 8 16 qui correspondrait à la publication ?
 
http://img809.imageshack.us/img809/9600/avlf1.jpg
 

n°32603
ALVF
Posté le 04-11-2011 à 18:25:32  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Cette photographie appartient à une série d'au moins six photographies prises à Mailly en 1916 au 2ème Groupe Autonome de 19 cm des canonniers marins.
Sur un tirage argentique grand format de la même photo, on ne distingue aucune inscription.
Sur deux cartes postales identiques (une avec légende en arabe et l'autre avec légende en français et en espagnol), on ne distingue aucune inscription non plus à l'endroit de la photographie publiée.
Je pense que l'ajout a été fait par la revue.
Voici l'agrandissement du tirage argentique:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img251.jpg1..jpg
Cordialement,
Guy François.

n°32605
alain13
Posté le 04-11-2011 à 21:55:54  profilanswer
 


Bonsoir,
 
Merci pour ces renseignements qui permettent de situer la photo et d'identifier ces batteries, ce que le journal ne précisait évidemment pas.
Néamoins il semble que le tirage argentique figure lui aussi l'inscription qui est plus atténuée et pas non plus vraiment identifiable.
 
 
http://img10.imageshack.us/img10/8646/alvf2.jpg
 
Cordialement,
alain

n°34754
Yv'
Posté le 14-07-2012 à 00:30:46  profilanswer
 

Bien, mon travail de retranscription (qui était encore en cours) s'arrête ici, puisque la Bibliothèque Nationale vient de mettre en ligne le rapport du contre-amiral Jehenne !
 
Historique des batteries de canonniers-marins et des canonnières-fluviales (1938)
 
Cordialement,
Yves
 

n°34759
colette83
canonniers marins
Posté le 15-07-2012 à 12:44:34  profilanswer
 

Yv' a écrit :

Bonjour à tous,
 
N'ayant pas trouvé d'historique des canonniers-marins, j'ai profité d'un passage au SHD pour ramener quelques documents sur cette unité finalement peu connue. Et comme toujours, je pense que le mieux est d'en faire profiter le plus grand nombre (et comme toute mise en ligne, cela permet aussi de préserver les documents originaux).
Les reproductions des documents du SHD n'étant pas autorisées, je ne mettrai ici aucune image, et vous propose donc cette transcription tapée entièrement à la main.
 :sweat:  
Vos remarques sont les bienvenues !  :hello:  
 
 
Commencé le 23-1-19
 
                     R A P P O R T  
           du Contre-Amiral JEHENNE ,
Commandant les Formations de Marins détachés aux Armées
      sur la participation des FORMATIONS
            CANONNIERS – MARINS
                          et
         CANONNIERES – FLUVIALES
    aux opérations des Armées de terre,
        du 30 août 1914 au Mars 191
 
 
A CANONNIERS-MARINS
 
I Création du corps des Canonniers-Marins
II Les Canonniers-Marins affectés à la défense du Camp retranché de Paris
III Les modifications successives apportées à l'Organisation du Corps des Canonniers-Marins détachés aux Armées
IV Les Canonniers-Marins en Lorraine et en Alsace pendant les années 1914, 1915 et 1916
V Les Canonniers-Marins à Verdun de 1914 à 1916
VI  L'offensive de Champagne en septembre et octobre 1915
VII Les opérations de l'année 1916
VIII Les opérations de l'année 1917
IX Les opérations de l'année 1918
X Les batteries d'A.L.V.F. armées par les Canonniers-Marins au cours des hostilités
XI Les péniches porte-canons sur les rivières et canaux au cours des hostilités
XII La création du Front de Mer de Belgique
 
 
B CANONNIERES FLUVIALES
 
XIII Historique succinct des Batteries de Canonnières Fluviales
XIV Les canonnières fluviales dans les opérations de 1915
XV Les canonnières fluviales dans les opérations de 1916
XVI Les canonnières fluviales dans les opérations de 1917
XVII La création de la flottille de surveillance du Rhin
XVIII Transformations et améliorations apportées aux matériels d'artillerie Marine servis par les canonniers-marins
XIX Réalisation de la mobilité des matériels de 16
XX Perfectionnements apportés aux méthodes de tir au cours de la Campagne
 
 
XXI Liste des pièces de 14 et de 16 fournies par la Marine
XXII Récapitulation des pertes en matériel
XXIII Liste des Officiers ayant fait partie de la formation des Canonniers-Marins
XXIV Liste des pertes en tués et blessés (Canonniers-Marins)
XXV Liste des citations collectives obtenues par des unités de la Formation des Canonniers-Marins
XXVI Récapitulation du nombre de coups de canons tirés au cours de la Campagne par les Canonniers-Marins et Canonnières fluviales
 


bonjour,info importante sur le sujet,je possede 2 exemplaires de ce fameux et rare livre de jehenne
cordialement


---------------
infos canonniers -batteries lourdes
 Page :   1  2
Page Précédente

Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  Les Canonniers-marins - Historique