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Marius-Chambon ― Remorqueur de haute-mer ― Société générale de remorquage et de travaux maritimes, Marseille, dite Compagnie Chambon.
Le Marius-Chambon – deuxième du nom – était un remorqueur de haute-mer, construit en 1905 à Glasgow par le chantier Mackie & Thomson, pour le compte de la Société générale de remorquage et de travaux maritimes, dont le siège social était établi à Marseille, au 11, place de la Bourse – initialement, au 88, rue Fontaine-Rouvière –.
Cette société d’armement maritime fut fondée en 1873 par M. Marius Chambon, l’un des associés de la maison Chambon Frères, négociants et armateurs de navires à voiles, à la suite de la fusion de plusieurs entreprises de remorquage ; les premiers, ils eurent l’idée d’introduire des remorqueurs dans le port de Marseille, alors qu’auparavant, les navires entraient et sortaient du port aidés par de fortes chaloupes armées de solides rameurs.
Les premiers administrateurs de la société furent MM. Marius Chambon, Louis Savon, François Estier, Pierre Viette et Louis Icard. M. Marius Chambon fut nommé administrateur-directeur et le demeurera jusqu’à sa mort, survenue le 12 décembre 1892. En 1907, le conseil d’administration se composait de MM. Joseph Savon, président, Laurent Chambon, administrateur-directeur, Alfred Fraissinet, Marius Savon et Lucien Estrine.
A ses débuts, la flotte de la Société générale de remorquage et de travaux maritimes, plus connue sous le nom de Compagnie Chambon, ne se composait que de douze unités, d’une puissance comprise entre 15 et 200 cv ; en 1907, elle en comportait 32, d’une puissance s’échelonnant de 30 à 800 cv. A de rares exceptions, la plupart de ses remorqueurs portaient le nom de Marseillais, suivi d’un numéro d’ordre. La société possédait également cinq navettes, qui assuraient la traversée d’une rive à l’autre du Vieux-Port.
A partir de 1890, à l’activité de remorquage qu’elle exerçait jusqu’alors, la société ajouta celle de sauvetage. A cet effet, elle fit construire au Royaume-Uni le Moco – troisième du nom –, remorqueur de haute mer d’une puissance de 530 cv, équipé de pompes à haut débit et muni de tout le matériel nécessaire à la réalisation de sauvetages. Acquis par l’État en 1893 pour assurer le service du port de Toulon et renommé Hercule, le Moco sera remplacé par un bâtiment aux caractéristiques identiques ; construit à Nantes en 1894, ce dernier ne demeurera toutefois en service que jusqu’en 1904, date à laquelle il sera cédé à un autre armateur. Ce remorqueur ayant été construit peu de temps après le décès de leur père, les fils Chambon, mus par un sentiment de piété filiale, auquel s’associèrent les autres membres du conseil d’administration, lui donnèrent le nom de Marius-Chambon, afin de perpétuer la mémoire de celui qui fut le fondateur et le premier directeur de la Société générale de remorquage et de travaux maritimes.
Le second Marius-Chambon, qui passait à l’époque pour le plus grand et le plus puissant remorqueur de la Méditerranée, était spécialement aménagé pour les remorquages ou sauvetages à grande distance. Mesurant 40 mètres de longueur et près de 7 de large, ses soutes pouvaient renfermer 120 tonnes de charbon et ses ballasts 35 m3 d’eau douce. Il disposait de deux chaudières et d’une machine à triple expansion développant 800 cv effectifs. Enfin, il était doté de pompes dont le débit pouvait atteindre 2.000 m3 par heure.
D'après Aimé BOUIS : « Le Livre d’Or de Marseille, de son commerce & de ses industries. Subventionné par le conseil général des Bouches-du-Rhône. Compte-rendu annuel de la situation maritime, commerciale, industrielle, coloniale, 1907 », Marseille, Typographie et lithographie Ant. Ged, 48, rue Paradis, 1907, p. 83 à 86).
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 28-01-2010 à 17:19:17