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  CHAMPLAIN - Compagnie des Chargeurs Réunis

 

michev, ALVF La Grande Guerre en photos : jpbte63, dominique rhety, 2 utilisateurs anonymes et 49 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

CHAMPLAIN - Compagnie des Chargeurs Réunis

n°19467
Ar Brav
Posté le 11-08-2009 à 12:30:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
CHAMPLAIN Cargo mixte frigorifique de la Compagnie des Chargeurs Réunis (1913-1918)
 
La fiche Miramar du Champlain des Chargeurs :
 
IDNo:  5603502  
Year:  1913
Name:  CHAMPLAIN  
Type:  Passenger/cargo (rf)  
Date of completion:  12.1913
Flag:  FRA  
Tons:  7418  
Yard No:  472
LPP:  126.5  
Beam:  16.4  
Country of build:  FRA
Builder:  Loire
Location of yard:  Nantes
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn):  1T-12  
Owner as Completed:  Cie des Chargeurs Reunis, Le Havre
End:  1918
 
Disposal Data:
 
sm/tgf 124nm W Cape Mondego 21.08.1918
 
http://www.miramarshipindex.org.nz/ship/show/163940
 
Cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°19468
Ar Brav
Posté le 11-08-2009 à 12:32:51  profilanswer
 

Re,
 
CHAMPLAIN
 
Chargeurs Réunis
1913
Atel. & Ch. de la Loire
7,418 tons
415 x 53,8 x 37,6
416 n.h.p.
Triple-expansion engines.
The French steamship Champlain was sunk by a German submarine off Portugal on August 21st, 1918.
 
Cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°19471
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 11-08-2009 à 14:27:07  profilanswer
 

Bonjour à tous
Champlain a été coulé par Wilhelm Canaris avec UB  128 son dernier commandement. C'est le dernier des 4 navires coulés par Canaris qui semble-t-il excellait davantage dans le contre-espionnage.
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 11-08-2009 à 14:27:32

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°20641
olivier 12
Posté le 17-09-2009 à 10:43:39  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une vue du CHAMPLAIN
 
http://img3.imageshack.us/img3/9374/champlain.jpg
 
Navire lancé le 5 Août 1913 aux chantiers de la Loire à Nantes.
9180 tpl 7418 tx JB
Machine à triple expansion avec trois chaudières cylindriques à 14 kg.
Puissance 4400 cv  Vitesse aux essais 14 nds

5 et 6 Octobre 1914

 
Participe au transport de la 87e division territoriale du Havre à Dunkerque

10 et 11 Octobre 1914

 
Participe au transport de la 85e division territoriale de Cherbourg à Dunkerque.
 
21 Août 1918 Torpillé par l'UB 128.
 
Portait le nom de Samuel Champlain (1567-1635) colonisateur qui fonda Québec en 1608 et explora l'ouest du Canada. Blessé par les Iroquois en 1616, il s'installa définitivement au Canada. En 1628 il est fait prisonnier par la flotte anglaise de Kirke et conduit à Londres. Mais le traité de Saint Germain en Laye redonne la colonie aux Français et Champlain y revient en 1633. Il meurt deux ans plus tard à Québec.
 
Source : Histoire Maritime des Chargeurs Réunis
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 17-09-2009 à 10:45:00

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olivier
n°28031
Ladislav
Posté le 27-10-2010 à 19:28:32  profilanswer
 

Per Spindler this steamer bound with cargo coal. Do you know how much coal coal have steamer on board?
 
 Ladislav

n°33362
olivier 12
Posté le 20-12-2011 à 11:12:13  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
CHAMPLAIN
 
Navire équipé d’un canon de 90mm à l’avant et d’un canon de 140 mm à l’arrière.
 
Naufrage du 21 Août 1918
 
Liste d’équipage
 
http://img406.imageshack.us/img406/221/champlainequipage1.jpg
http://img263.imageshack.us/img263/1753/champlainequipage2.jpg
 
Rapport du second capitaine Jean-Marie PANSARD
 
Quitté Barry Docks le 14 Août 1918 à 20h00 avec un plein chargement de charbon pour Dakar. Arrivé à Milford Haven le 15 Août à 04h00. Le capitaine se rend à terre et reçoit les instructions de route à la conférence de capitaines du convoi. Quitté Milford Haven en convoi de 22 navires le 16 Août à 10h00. Poste immédiatement derrière le Commodore.
Le 19 à 07h00, quitté notre poste et navigué à vitesse maximum à l’arrière du convoi. Quitté le convoi sur ordre le 20 Août à 21h00.
 
Quatre heures plus tard, le 21 Août à 01h20, alors que nous commencions un zigzag sur la droite, le lieutenant de quart aperçoit le sillage d’une torpille sur bâbord. Venu à droite toute.  
La torpille explose dans la cale 1, démolissant le poste équipage d’où les hommes sortent,  à moitié asphyxiés par les gaz. Une énorme gerbe d’eau et de charbon aveugle le canonnier de l’avant qui ne peut ouvrir le feu. Appelés aux postes de combat et envoyé SOS. Le navire s’enfonçant rapidement, stoppé la machine et donné l’ordre d’amener les deux canots. La majeure partie de l’équipage y prend place avec les deux officiers, pont et machine, non de quart.
Le navire ne s’enfonçant plus, le capitaine fait remettre la machine en route, mais le navire prend alors une forte bande. Jugeant le navire définitivement perdu, le capitaine fait mettre le youyou et la baleinière à l’eau et quitte le navire en dernier avec chef mécanicien, second capitaine, TSF, 1er lieutenant, 3e mécanicien et quelques hommes.
 
Le navire ayant cessé de s’enfoncer, le capitaine fait revenir les canots le long du bord afin d’y remonter. Mais le sous-marin émerge alors et ouvre le feu. Les embarcations étant dans le champ de tir, elles doivent s’écarter à nouveau. Le sous-marin tire environ trente coups, puis s’approche des canots et demande nom du navire, nationalité et chargement. Le 2e capitaine doit monter à bord du sous-marin. Il essaie de cacher la présence du capitaine dans un canot et déclare que celui-ci est resté à bord. Le commandant du sous-marin se montre impératif et lui déclare qu’il le fera fusiller s’il fait une fausse déclaration. Le capitaine se présente alors lui-même et monte à bord du sous-marin où il est gardé prisonnier.
Le commandant du sous-marin donne des instructions au second sur la route à suivre pour gagner les Berlingues et lui dit de faire route en lui souhaitant « Bon voyage ».
 
Le sous-marin force les embarcations à s’éloigner, les escortant pendant 5 milles. Puis il revient vers le CHAMPLAIN et le canonne pendant une demi heure. On entend soudain une explosion et le CHAMPLAIN disparaît dans un nuage de fumée.
 
L’équipage abandonne le youyou et fait route à l’est dans 3 embarcations, par jolie brise, à une vitesse de 6 nœuds. Le 21 Août à 18h00, croisé un convoi faisant route au sud, à destination de Port Saïd. L’escorteur KILFENORA se détache et recueille les naufragés qu’il dépose à Gibraltar le 23 Août à 23h00. Embarcations abandonnées en mer.

Description du sous-marin

 
70 m de long
Semble avoir deux tubes lance torpilles sur l’arrière.
Coupe filet
Panneau de descente sur l’arrière du kiosque
Antenne au dessus du kiosque, amarrée sur l’arrière
Canon de 100 mm à touche l’avant du kiosque, longue volée et grand champ de tir vertical
Peinture vieille,  gris fer
Vu le commandant et un sous-officier portant jumelles et revolvers, ainsi que quelques hommes.
Le commandant entre 30 et 35 ans, constitution moyenne, parle couramment anglais et un très bon français. Tous les marins s’exprimaient en anglais.

Voici la silhouette dessinée par le 2e capitaine Pansard

 
http://img805.imageshack.us/img805/425/ub128champlain.jpg
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était donc l’UB  128 du KL Wilhelm CANARIS.
CHAMPLAIN fut la seule victime de ce sous-marin.
On peut lire un résumé de l’histoire de Wilhelm Canaris sur le site uboat.net sous ce lien.
 
http://www.uboat.net/wwi/men/commanders/43.html
 
Conclusions de la Commission d’enquête
 
La Commission d’enquête reprend les déclarations du 2e capitaine et ses conclusions sont très défavorables pour tout l’équipage. Elle écrit :
 
Il est regrettable que le télégraphiste ait laissé à bord le livret TSF. Personne ne sait quels documents étaient en possession du capitaine et ce qu’ils sont devenus.
Personne n’a songé à remonter à bord du CHAMPLAIN et personne n’a eu l’idée que si le sous-marin tirait, c’est qu’il était en surface donc vulnérable. La seule préoccupation des esprits a été de se mettre à l’abri des obus. Il fallait s’éloigner à force de rames, se mettre à l’abri ; on n’a pas songé à riposter, à utiliser l’artillerie, pourtant puissante.
 
Le commandant du sous-marin a reproché durement au second capitaine d’avoir menti. Celui-ci a répondu que c’était par discipline et pour obéir aux ordres. En entendant le mot de discipline, le commandant du sous-marin s’est aussitôt calmé. Il a libéré le second, lui a indiqué la route à suivre et la distance (180 milles) pour atteindre les Berlingues, et lui a souhaité « Bon voyage ! ».  
 
Avant le torpillage, les hommes de veille de l’AMBC n’étaient pas à leurs pièces.
 
En conclusion, la Commission estime que :
- Le capitaine a été en dessous de sa tâche. Il a payé sa défaillance de sa liberté, ce qui évite à la Commission de réclamer contre lui un blâme formel.
- L’état-major a manqué d’initiative et d’énergie. Il a témoigné une soumission, sinon coupable, du moins regrettable aux ordres du capitaine  :??: (nota : réflexion vraiment surprenante....) L’esprit de discipline justifie-t-il une telle abdication ? La Commission n’ose pas répondre à ce problème.
- L’équipage et l’armement militaire n’ont pas donné l’exemple du sang froid et de la discipline.
 
La Commission, pour éviter le retour d’un tel évènement, demande qu’une nouvelle circulaire aux capitaines préconise :
 
- qu’on ne doit abandonner son bâtiment que coulant bas.
- que si l’évacuation s’impose, l’armement militaire doit quitter le bord en dernier et utiliser ses pièces jusqu’à la dernière minute.

Rapport du capitaine lors du retour de captivité

 
« Parti de Milford Haven en convoi, je l’ai quitté à 21h00 le 20 Août et j’ai fait route à l’ouest en zigzaguant irrégulièrement, suivant les instructions. Tous feux masqués. Hommes à leurs postes de veille suivant instructions de l'AMBC.  Dispositions de sauvetage prises depuis le départ d’Angleterre.
Vers 01h15 du matin le 21, je fus brusquement réveillé et projeté du canapé où je me trouvais. Lancé les papiers à la mer, donné l’ordre au télégraphiste d’envoyer un signal de détresse et monté à la passerelle. Le navire s’enfonçait très rapidement et prenait de la bande sur bâbord. Fait stopper la machine et amener les trois grands canots dans lesquels une partie de l’équipage prit place avec les officiers non de service.
Remis la machine en avant et constaté que le navire apiquait et changeait brutalement de bande, sans prendre de vitesse. Ayant la conviction que le navire était perdu et dans l’impossibilité d’engager le combat puisqu’on ne voyait pas le sous-marin, j’ai jugé de mon devoir de sauver l’équipage demeuré à bord. En conséquence, j’ai amené le youyou et la baleinière dans laquelle je suis descendu le dernier.
 
Le navire restant à flot, j’ai voulu m’en approcher pour y remonter. Le sous-marin a alors émergé et nous a canonnés, nous obligeant à nous éloigner. Il est venu ensuite accoster les embarcations. Voyant que personne ne voulait désigner le capitaine, le commandant du sous-marin a pris le second en otage et a menacé de le fusiller s’il faisait une fausse déclaration. Je me suis alors levé et me suis rendu à bord du sous-marin où j’ai été gardé prisonnier.
 
Le télégraphiste était resté à son poste jusqu’au dernier instant, mais n’avait reçu aucune réponse à ses appels. Je ne me souviens plus des coordonnées géographiques exactes du point où nous nous trouvions.  
L’équipage a fait son devoir conformément à mes ordres et les bordées de quart n’ont quitté le navire qu’au tout dernier moment. »
 
Complément au rapport du capitaine
 
Le 5 Janvier 1919, le capitaine Leclère va envoyer au Lieutenant de Vaisseau de Cuverville, chef de la Police de la Navigation, un document fort intéressant dans lequel il raconte les dix sept jours passés à bord de l’UB 128 avec le commandant Canaris (dont il ne connaît pas le nom).
 
« Une fois à bord du sous-marin, le commandant m’a fait descendre et m’a donné la couchette d’un homme d’équipage. Il a remis les moteurs en avant et quelques temps après je l’ai entendu canonner le CHAMPLAIN ; puis… plus rien.
Il m’a demandé quelques renseignements sur la route des convois mais, voyant que je ne voulais pas répondre, il n’a pas insisté. Il m’a dit que s’il m’avait aperçu, c’était grâce à la partie un peu claire du camouflage qui était frappée par la lune. Mes zigzags l’avaient beaucoup gêné et il s’apprêtait à lancer une deuxième torpille quand il a vu que nous quittions le navire.  
« - Vous n’avez pas eu de chance, m’a-t-il dit, je vais de Kiel à Cattaro et vous vous êtes trouvés juste sur ma route. »
 
Alors commença pour moi une croisière de 17 jours pendant laquelle je n’eus pas à me plaindre du traitement auquel j’étais soumis ; Lorsqu’il n’y avait rien en vue, je pouvais monter sur le pont prendre l’air. Je ne devais descendre en bas que lorsqu’il y avait quelque fumée en vue, où lorsqu’il se disposait à attaquer.
J’avais la même nourriture que l’équipage et que le commandant car tous mangeaient la même chose. La façon de servir était identique pour eux et pour moi. La nourriture se composait de thé, café, chocolat, pain en boite, conserves de viande, fromage, macaronis et marmelade. J’étais logé avec 6 hommes, dans un endroit assez exigu, dans le passage des machines. Pour ne pas entraver la circulation, je devais rester très souvent couché.
 
Le commandant me dit que son sous-marin était un modèle un peu nouveau. Sur une longueur d’un mètre, le diamètre de son périscope n’excédait pas celui d’un manche de balai. Un 2e périscope, avec une lentille spéciale, permettait de surveiller les aéroplanes. Il était muni de deux moteurs diesels et de deux moteurs électriques. Il y avait 8 torpilles devant et 1 sur l’arrière.
 
L’équipage comportait 34 hommes. Je n’ai pu voir le numéro du sous-marin. Il était équipé d’un canon de 105 mm et d’une mitrailleuse.
 
Après trois jours passés sans succès dans l’Atlantique, nous avons passé Gibraltar dans la nuit du 25 au 26 Août. Nous sommes arrivés en surface jusqu’à Tarifa, puis nous avons plongé et franchi le reste du détroit à 40 m de profondeur. Mais à la fin de cette plongée, une soupape s’est coincée et le sous-marin a soudain apiqué d’une façon effrayante. Les outils, les malles de l’équipage et pleins d’objets ont glissé vers l’avant. Les hommes ne pouvaient plus remonter cette inclinaison pour passer sur l’arrière. Ils poussaient des cris dont rien ne peut donner une idée. Je me crus englouti avec eux. Le manomètre de profondeur avait atteint la marque de 80 m. Soudain, le sous-marin fut soulevé comme un bouchon et remonta en surface. La catastrophe avait été évitée.
 
Il continua sa croisière en Méditerranée : côtes d’Espagne, Baléares, Algérie, Sardaigne, mais en se tenant très loin de terre. Le 3 Septembre, il franchit le canal d’Otrante à 40 m de profondeur de 05h30 le matin jusqu’à 19h30. Le 4 nous arrivâmes à Cattaro (Kotor), le 5 à Spalato (Split) et le 7 à Pola. La veille de l’arrivée dans ce port, le sous-marin s’échoua sur un haut fond et talonna toute la nuit. Il fut tiré de là par un remorqueur mais avec, je suppose, quelques avaries.
 
Pour les sous-mariniers, la campagne totale avait duré 24 jours et CHAMPLAIN avait été leur seule victime. D’après ce que j’ai pu voir, le commandant craignait beaucoup les bombes d’avion. Il pensait qu’à 40 m, il était à l’abri de leurs effets.
 
Je fus dirigé sur Karlsruhe où je fus interrogé sur ce qui se passait en France et en Angleterre, mais je ne donnai aucun renseignement. Il faut dire que nos armées allaient alors de victoires en victoires et je voyais sur les visages de nos ennemis qu’ils n’avaient plus beaucoup d’espoir.
Au bout d’un mois, je fus envoyé à Torgau sur Elbe avec d’autres officiers français. Logés au fort Zimma, nous avons alors souffert de la faim. Après l’armistice, nous fûmes transférés au fort de Brückenkopf où la discipline était très relâchée.
 
J’ai ensuite embarqué à Hambourg sur le BATAVIA, de la Hamburg Amerika Linie. Il était armé par des Allemands, mais un lieutenant de vaisseau français, aviateur prisonnier depuis 1916, avait été désigné pour les contrôler et la traversée se déroula sans incident. J’ai débarqué à Cherbourg le 5 Janvier 1919. »
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 03-05-2017 à 18:38:34

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olivier
n°33364
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 20-12-2011 à 18:38:36  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Egalement une fiche détaillée sur la carrière de cet officier remarquable à bien des points et qui devait succomber de la main de ses tortionnaires nazis.
Voir à cette adresse :
 
http://www.histomar.net/GSM/htm/canaris.htm
 
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 20-12-2011 à 18:39:43

---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°35751
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 22-12-2012 à 11:24:43  profilanswer
 

marpie a écrit :

Journal officiel du 19 septembre 1918 (Ministère de la Marine).
 
                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CHAMPLAIN.%20J.O.%2019-IX-1918..jpg

     
         
 

n°46436
olivier 12
Posté le 16-04-2017 à 08:47:10  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Rencontre avec un sous-marin le 9 Mars 1918
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/mxQ0ZL.jpg
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/S9Rgc6.jpg
 
Rapport du capitaine
 
CHAMPLAIN a été torpillé et manqué dans les circonstances suivantes le 9 Mars 1918.
 
Traversée Le Havre-Cardiff sur lest en suivant la terre le plus près possible. La présence de nombreux chalutiers allant dans tous les sens ne permettait pas de faire un zigzag régulier, mais le fait de changer de route à chaque instant pour éviter les abordages revenait au même. La veille était assurée par deux canonniers à la pièce avant, un marin du commerce dans la vigie de misaine et un canonnier à la pièce arrière.
 
A 2 milles dans le S30W des rochers Quies, près de Parkhead, le canonnier Arrondel, non de service, aperçut le sillage d’une torpille sur l’arrière du travers bâbord.
Voici les rochers Quies, au large de Trevose Head
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/kapmrn.jpg
 
 Monsieur Le Chapelain, lieutenant, qui se trouvait près de lui, donna l’alarme en criant : « Une torpille par bâbord ». L’officier de quart, Monsieur Vesval, fit mettre le gouvernail pour abattre sur tribord et siffla 4 fois pour appeler l’équipage au poste de combat. Après avoir donné l’alarme, Monsieur Le Chapelain ainsi que plusieurs officiers coururent sur la dunette et tous ont aperçu la torpille qui a manqué son but de quelques mètres, et prise dans le remous de l’hélice est remontée à la surface.
 
Un coup de canon a été tiré dessus pour essayer de la détruire, mais sans résultat. La torpille est restée dans le sillage pendant un temps très appréciable, faisant des bonds dans tous les sens, comme le bouchon d’une ligne de pêcheur.
Le chef mécanicien a cru percevoir un léger choc ce qui amène à penser que la queue de la torpille a touché le CHAMPLAIN. Lors du passage au bassin, aucune trace ni éraflure n’a été relevée sur le minium.
 
De la passerelle, où je me trouvais avec l’officier de quart, j’ai vu le sillage de la torpille, mais aucune trace du sous-marin. Aussitôt le danger passé, je suis revenu sur bâbord afin de ne pas aller debout sur les rochers Quies. L’équipage s’est rendu vivement à son poste de combat.
Suite à la grande quantité de patrouilleurs, qui arrivaient sur les lieux à la suite de l’appel TSF et au bruit du canon, le sous-marin ne s’est pas montré et je suis arrivé sur rade de Barry sans autre incident.
J’estime que le camouflage du navire est pour quelque chose dans l’heureuse issue de cette attaque. Je crois que le sous-marin a cru avoir affaire à un cargo filant 9 à 10 nœuds, alors qu’à ce moment nous filions 12 nœuds. La manœuvre immédiate sur tribord y a été pour quelque chose, et surtout, elle a empêché le sous-marin de lancer une deuxième torpille.
 
Rapport de l’officier AMBC
 
L’alerte donnée, le commandant fit mettre la barre toute à droite et le navire commençait à peine son embardée que la torpille est passée à raser le safran du gouvernail. Elle a stoppé, complètement désemparée. La prenant, à sa première émersion, pour un kiosque de sous-marin, la pièce arrière chargée d’un obus d’exercice a ouvert le feu. Le coup a été long et la pièce a été rechargée avec un obus de combat. Aucun périscope n’a été aperçu. Il est probable que cette torpille a été tirée de très loin ce qui expliquerait son stoppage dans le sillage du CHAMPLAIN.
Rôles bien affichés.
Armement sous la bonne direction de l’officier de tir Monsieur Le Chapelain s’est montré à la hauteur des circonstances, tout particulièrement le canonnier Arrondel dont la présence d’esprit a sans doute sauvé le bâtiment.
 
Document classifié secret. Note au Ministre.
 
La torpille touchée par un obus du CHAMPLAIN a pu être ramenée à terre. Elle a été examinée à bord du VERNON. C’est une torpille du modèle K III. Le cône de combat a été atteint par un projectile et une grande partie en a été arrachée. Mais elle n’a pas explosé. Le réservoir d’air et la partie arrière de la torpille ne sont en rien endommagés.
 
Conclusion de la commission d’enquête
 
La commission estime n’avoir rien à ajouter au rapport de mer très complet du capitaine. Elle fait remarquer que l’équipage de ce bâtiment est bien entraîné, qu’il connaît les postes de combat et d’évacuation et que la veille est bien faite.
 
Récompenses

Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre


Vapeur CHAMPLAIN

 
Pour l’esprit de discipline et l’activité dont son personnel a toujours fait preuve, en particulier lors d’une attaque à la torpille heureusement évitée le 9 Mars 1918.
 
Le sous-marin attaquant
 
N’est pas identifié.
On peut toutefois penser à l’U 110 du KvpKptlt Carl Albrecht KROLL.
 
Rencontre avec un bâtiment suspect le 4 Avril 1918
 
Le 4 Avril 1918 à 05h30, par 34°15 N et 24°04 W (entre Madère et les Açores) CHAMPLAIN, naviguant isolément et faisant route au S45W a perçu un bâtiment à vapeur par le travers bâbord à 4 milles environ.
CHAMPLAIN est alors venu de deux quarts sur tribord et le bâtiment a imité sa manœuvre. L’abattée sur tribord s’accentuant, la manœuvre a encore été suivie. CHAMPLAIN a alors franchement présenté l’arrière et à partir de ce moment, le bâtiment suspect a cessé de suivre. CHAMPLAIN ne filait que 9,5 nœuds par suite d’une avarie de machine.
 
Le bâtiment en question était avec guibre, deux mâts très élevés, une cheminée assez mince, et un roof à passagers. La fumée était particulièrement noire. Il rappelait le RIGEL, dont voici une photo.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/4jYZfC.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 16-04-2017 à 08:49:21

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olivier
n°46514
olivier 12
Posté le 03-05-2017 à 18:58:26  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici la silhouette de l'UB 128 qui coula CHAMPLAIN le 21 Août 1918, dessinée par le 2e capitaine Pansard.  
Aux archives de Vincennes, ces deux documents un peu différents de ceux classés dans le dossier CHAMPLAIN ont été classés, sans doute par erreur, dans le dossier BALKAN.
BALKAN avait été coulé dans la nuit du 15 au 16 Août 1918.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/HN9vAH.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/RzYVdc.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 03-05-2017 à 19:02:50

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olivier
n°46516
olivier 12
Posté le 03-05-2017 à 22:06:42  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Et voici une photo de l'UB 128  
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/hewX0X.jpg
 
et lors de sa reddition aux Anglais le 3 Février 1919. Il fut démoli en 1921.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/HFRUaA.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 03-05-2017 à 22:15:01

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olivier

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