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  AMIRAL MAGON - Compagnie des Chargeurs Réunis

 

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Auteur Sujet :

AMIRAL MAGON - Compagnie des Chargeurs Réunis

n°1637
Ar Brav
Posté le 30-11-2007 à 07:10:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
AMIRAL MAGON Navire hôpital, transport de troupes (1914 - 1917)  
 
Chantier :
 
Ateliers et Chantiers de la Loire, Saint Nazaire  
Lancé le 02 février 1904  
Mis en service en 1905 (MM)  
Retiré : 25.01.1917  (MN)
Caractéristiques : 5 566 t ; 130 x 18,4 m ; 2 900 cv ; 12 nds ; machine à triple expansion  
   
Observations :
 
Cargo mixte de la Compagnie des Chargeurs Réunis  
1905 – 1914 : affecté à la ligne France – Indochine  
10.1914 : devient navire – hôpital, transporte les blessés de Dunkerque à Cherbourg jusqu’à fin décembre 1914, est alors remplacé par le CEYLAN de la même Cie  
25.01.1917 : torpillé et coulé à 11h10 lors d’une traversée Marseille – Salonique (Cdt Lenormand)  par le sous-marin U 39 avec 900 hommes du 40ème RI à 135 milles du Cap Matapan (160 milles dans l’Ouest de Cerigotto). Il sombre en 10 minutes. Le nombre exact de victimes serait de 211. L'U 39 était alors commandé par le Kplt Walter Forstmann. Les 809 rescapés sont recueillis par l’ARC et la BOMBARDE de la Marine Nationale.
 
http://img248.imageshack.us/img248/7598/magonrb3.jpg
 
Voir aussi là :
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _97_15.htm
 
Cordialement,
Franck

Message cité 1 fois
Message édité par Ar Brav le 20-10-2008 à 12:56:56

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1646
charraud J​erome
Posté le 30-11-2007 à 20:43:06  profilanswer
 

Ar Brav a écrit :

25.01.1917 : torpillé et coulé à 11h10 lors d’une traversée Marseille – Salonique (Cdt Lenormand)  par le sous-marin U 39 avec 900 hommes du 40ème RI à 135 milles du Cap Matapan (160 milles dans l’Ouest de Cerigotto). Il sombre en 10 minutes. Le nombre exact de victimes serait de 211. L'U 39 était alors commandé par le Kplt Walter Forstmann. Les 809 rescapés sont recueillis par l’ARC et la BOMBARDE de la Marine Nationale.


 
Bonsoir
Je souhaite ajouter que quelques artilleurs du 57e RAC accompagnaient les gars du 40e RI. Parmi eux, voici Clément JAUZION:
http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=iiYqVhJVdgPYdfFHdmfGEQ==&_C=1868828125
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par charraud Jerome le 30-11-2007 à 20:43:32

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre, mon village le blog et le site
n°1648
Ar Brav
Posté le 30-11-2007 à 21:34:28  profilanswer
 

Bonsoir Jérôme,
 
Merci pour ta contribution, enfin le fil s'anime ! Il est vrai que contempler une liste de barcasses.... :lol:  
 
Bien cordialement et bonne soirée,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1649
charraud J​erome
Posté le 30-11-2007 à 21:45:09  profilanswer
 

Ar Brav a écrit :

Bonsoir Jérôme,
 
Merci pour ta contribution, enfin le fil s'anime ! Il est vrai que contempler une liste de barcasses.... :lol:  
 
Bien cordialement et bonne soirée,
Franck


 
Bonsoir
Je sais bien qu'il y a une base de marsouins non loin de chez moi, de sous mariniers plus précisement (Rosnay -Transmission SNLE), mais je dois reconnaitre que les bateaux ne sont pas ma spécialité. Je m'interresse plus aux hommes (matelots inclus) qu'aux barcasses, comme tu dis.
Quoique j'ai bien un marin dans ma famille, puisqu'il est MPF à bord du Victor Hugo, sait on jamais, une vocation maritime sommeille peut-être en moi.  :lol:  :lol:  :lol:  
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par charraud Jerome le 30-11-2007 à 21:46:32

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre, mon village le blog et le site
n°3771
Terraillon​ Marc
Posté le 23-03-2008 à 22:23:42  profilanswer
 

Bonjour
 
La fiche est en ligne  
 
http://www.pages14-18.com/pagesDoc [...] ateaux.htm
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
 
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°6673
Rutilius
V. infra.
Posté le 05-07-2008 à 19:12:49  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
   Brève relevée dans le Bulletin des écrivains n° 30 du mois d'Avril 1917, sous la rubrique " L'hommage aux morts ", page 1 :
 
      " Le félibre Roger BRUNEL d'Alès a été noyé lors du torpillage de l'Amiral-Magon. Il était considéré par les lettrés meridionaux comme un écrivain de talent. "
 
   Né à Alès (Gard) le 18 septembre 1884, Roger - Rougié -, Joseph BRUNEL était soldat de 2e classe au 40e Régiment d'infanterie (Source : Mémoire des hommes ). Directeur avant guerre du journal Le Pays cévenol, il était par ailleurs " félibre alésien de l'école provencale", c'est-à-dire poéte ou écrivain de langue provencale.
 
   Bien à vous,  
 
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 18-11-2008 à 14:04:39
n°6675
Ar Brav
Posté le 06-07-2008 à 08:14:00  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une vue de l'Amiral Magon, cadeau de Malou :
 
http://images4.hiboox.com/images/2708/d2c3b5db090d1a00ce272da941887ae9.jpg
 
Cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°6676
Ar Brav
Posté le 06-07-2008 à 08:34:22  profilanswer
 

Re,
 
Prise sur le Voltaire, une photo des rescapés de l'Amiral Magon ainsi légendée par l'homme marqué d'une croix :
 
"Les rescapés de l'Amiral Magon sur le gaillard d'avant du Voltaire  27 janv. 1917"
 
 
http://images4.hiboox.com/images/2708/20d9b2d9de131a1e524919a233a443e3.jpg
 
Cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°7911
Rutilius
V. infra.
Posté le 09-08-2008 à 10:35:23  profilanswer
 

Citation :

" 25.01.1917 : torpillé et coulé à 11h10, lors d’une traversée Marseille–Salonique (Cdt Lenormand), par le sous-marin U 39, avec 900 hommes du 40ème RI, à 135 milles du Cap Matapan (160 milles dans l’Ouest de Cerigotto). Il sombre en 10 minutes. Le nombre exact de victimes serait de 211. "


   Bonjour à tous,
 
   Le communiqué - fort laconique - du Ministère de la Marine :
 
   " Le bâtiment de la compagnie des Chargeurs Réunis Amiral-Magon, qui transportait neuf cents hommes de troupe environ à Salonique et qui était escorté par le contre-torpilleur Arc, a été torpillé le 25 janvier par un sous-marin ennemi. Le périscope n'a été aperçu qu'au moment où la torpille venait d'être lancée.
 
   L' Amiral-Magon a coulé en dix minutes. Huit cents hommes ont été sauvés par le contre-torpilleur d'escadre et par le contre-torpilleur Bombarde, qui, patrouillant dans les environs, a rallié en grande vitesse ainsi que sept chalutiers.
 
   Le commandant et l'équipage de l' Amiral-Magon ainsi que les troupes passagères ont eu une très belle attitude.
 
   L'Etat-major et l'équipage de l' Arc ont fait preuve du plus grand dévouement, les hommes se jettant fréquement à la mer, malgré le mauvais temps, pour rapprocher du torpilleur les soldats et les hisser à bord.
 
   La plupart des victimes ont été tuées sur le coup par l'explosion. "

 
   (Cité par René La Bruyère, Chron. " Les évènements maritimes ", Revue politique et parlementaire 1917, T. 90, p. 275 et 276).
 
   Bonne journée,
 
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 09-08-2008 à 10:35:37
n°8765
Rutilius
V. infra.
Posté le 12-09-2008 à 23:26:03  profilanswer
 

Citation :

10.1914 : devient navire–hôpital, transporte les blessés de Dunkerque à Cherbourg jusqu’à fin décembre 1914 ; est alors remplacé par le CEYLAN de la même Cie.

 
   Bonsoir Franck,
   Bonsoir à tous,
 
   A partir du début de l'année 1915, quelles ont été l'affectation et les destinations de l' Amiral-Magon ? A la rubrique Vie maritime d'Ouest-Eclair - n° 5802 - du 5 juillet 1915, dans une brève concernant les mouvements de navires, on lit en effet ceci : " Arrivées. - Amiral-Magon, du Havre à Périm, le 1er."
 
   S'agit-il d'un bâtiment homonyme ? Et quelle curieuse destination  !
 
   Bonne soirée,
   Daniel.

n°8773
Ar Brav
Posté le 13-09-2008 à 07:14:38  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
A partir du début de l'année 1915, quelles ont été l'affectation et les destinations de l' Amiral-Magon  ?
 
J'ai fouillé et farfouillé dans ma doc, je n'ai rien trouvé, et je n'ai pas d'ouvrage sur les Chargeurs, à mon grand regret.  
 
Et quelle curieuse destination  !  
 
En effet, s'agissant de Périm, ile de l'océan Indien, dans le détroit de Bab-el-Mandeb, la destination est pour le moins étrange, comme est tout aussi surprenante la parution dans un quotidien des mouvements des navires en plein conflit. Les capitaines et les équipages ont du souci à se faire.
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°8787
Rutilius
V. infra.
Posté le 14-09-2008 à 00:06:04  profilanswer
 

 

Citation :

...est tout aussi surprenante la parution dans un quotidien des mouvements des navires en plein conflit...


   Bonsoir Franck,
 
   Le journal en question n'indiquait que les dates d'arrivée à destination des navires marchands ou des paquebots, non celles de leur départ, ce qui eut été grave. Apparement, la censure n'y trouvait rien à redire. Il est même permis de se demander si une telle publication n'était pas une sorte de pied de nez fait aux commandants des sous-marins ou des pirates allemands, signifiant : " Encore un de manqué ! " En tout cas, elle était de nature à rassurer le bon peuple et ses représentants, en les convainquant d' une apparente sûreté de la navigation...
 
   Bien à vous,
   Daniel.

n°8790
Ar Brav
Posté le 14-09-2008 à 05:35:11  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
Le journal en question n'indiquait que les dates d'arrivée à destination des navires marchands ou des paquebots, non celles de leur départ
 
Je suis rassuré à postériori, sans doute ces publications avaient-elles en effet pour but de rassurer les populations et leur monter ainsi que les mouvements de navires s'opéraient sans crainte et sans dérangement particulier malgré la menace sous-marine, publications qui du reste, sont habituelles en temps de paix, et ce de nos jours encore dans nos quotidiens, plus précisément dans celui qui prendra la suite de l'Ouest-Eclair à la Libération, Ouest-France, pour ne citer que celui-là (je n'ai pas d'action dans la maison). On sait que la réalité était tout autre...
 
Je pense néanmoins que les dates et les lieux donnés devaient être plus ou moins fantaisistes pour des raisons évidentes de sécurité, mais je n'ai pas d'exemple précis à proposer
 
Bien cordialement,
Franck


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n°10494
Lassaque
Posté le 18-11-2008 à 12:39:56  profilanswer
 

Bonjour à tous
Ayant enquêté aux archives de la Marine sur le sujet pour compléter les souvenirs de famille, je peux vous fournir cet extrait :
 
 Dix-huit mois plus tard, L... est versé à l’armée d’Orient, au 15ème escadron du train, à Salonique. Le 4 janvier 1917, il quitte Versailles pour  Marseille où il embarque sur un cargo mixte de la Compagnie des Chargeurs Réunis, l’[i]Amiral Magon (Capitaine au long cours Lenormand), qui vient d’être réquisitionné comme transport militaire. Avec le détachement de 25 soldats du train dont il fait partie, L... s’installe à l’avant du bâtiment, sous le pont de la dunette.  
 
 Emportant 935 passagers au total (en majorité des fantassins du 40ème régiment d’infanterie), l’Amiral Magon appareille le 20 janvier au soir de Marseille avec le cargo mixte Pampa pour la base navale alliée de Salamine, dans le golfe du Pirée, près d’Athènes. Au cours des premiers jours de la traversée, la mer est belle.  Des exercices d’évacuation sont effectués car la guerre sous-marine fait rage et les Alliés perdent chaque mois plusieurs transports torpillés en Méditerranée par des sous-marins allemands. D’ailleurs, le 23, au large de Malte, l’Amiral Magon est rallié par le torpilleur Arc chargé de l’escorter pour la partie la plus dangereuse de la traversée, tandis que la mer devient plus agitée.  
 
 Dans la matinée du 25 janvier, le convoi se trouve à 160 milles dans l’ouest de l’île de Cerigotto (Antikythera aujourd’hui), dans une grosse houle de sud-est lorsqu’à 11h 14 un périscope de sous-marin émergeant à la surface est aperçu à 600 mètres par bâbord avant de l’Amiral Magon. On saura plus tard qu’il s’agit du sous-marin allemand U 39, celui qui s'était déjà signalé en coulant le paquebot Lusitania. Alors qu’il serait censé n’attaquer qu’après s’être montré en surface et avoir tiré des coups de canon de semonce, il attaque à la torpille sans avertissement car l’Allemagne vient de déclarer la guerre sous-marine sans restrictions. Ayant repéré le sillage de la torpille, le capitaine Lenormand fait mettre la barre tout à droite et actionne sa sirène pour alerter l’Arc mais l’Amiral Magon est touché dans sa partie centrale à 11h 15.
 
 Ancien marin, L... sait que la situation est compromise. Il commence aussitôt à ôter ses brodequins et enfile sa brassière de sauvetage en conseillant à ses compagnons d’en faire autant. En effet, ses cales instantanément envahies par l’eau, le navire sombre rapidement mais tous les passagers et hommes d’équipage font preuve d’un calme exceptionnel pendant l’évacuation du bord. Neuf minutes à peine après l’impact de la torpille, l’Amiral Magon s’enfonce par l’arrière dans les flots. L’alerte a été donnée par radio mais l’Arc est seul sur les lieux pour récupérer les naufragés, alors que l’état de la mer rend les opérations très difficiles. En plus, il faut veiller à un possible retour du sous-marin qui se tient à proximité en plongée. D’ailleurs, son périscope est repéré à faible distance peu après. L’Arc tire quelques coups de canon qui font définitivement disparaître l’Allemand.
 
 En quelques heures, le torpilleur prend près de 500 rescapés à son bord, au risque de compromettre la sécurité du bâtiment (58 mètres de longueur et 60 hommes d’équipage). Enfin, vers 16 h, un autre torpilleur, la Bombarde, arrive sur les lieux et poursuit le sauvetage pendant que l’Arc fait route vers la base navale alliée d’Argostoli sur l’île grecque de Céphalonie. Léon et les survivants accrochés à des épaves sont recueillis par des marins de la Bombarde qui plongent courageusement le long du bord afin de repêcher les naufragés, engourdis après avoir passé plusieurs heures dans l’eau froide et incapables de se hisser seuls à bord. Ils savent pourtant que, si le sous-marin réapparaît, le torpilleur devra aussitôt s’éloigner et les abandonner à leur sort. Heureusement, il n’en est rien. À la nuit tombée, il ne reste plus de survivants à la surface et la Bombarde met à son tour en route vers Argostoli, où les rescapés de l’Amiral Magon sont rassemblés le 26 février.
 
 On dénombre au total 203 morts et disparus parmi les passagers et l’équipage, dont quatre hommes du détachement de L... notamment le jeune Augustin Verriez qui avait tout juste vingt ans. Mais le bilan aurait été plus lourd encore sans la parfaite tenue de tous à bord pendant l’évacuation. D’ailleurs, le 6 mars 1917, un « témoignage officiel de satisfaction est attribué aux officiers, troupes et équipage de l’Amiral Magon pour le calme, la discipline et l’énergie dont ils ont fait preuve lors du torpillage de ce navire par un sous-marin ».[/i]
 
Cordialement
J. Lassaque

n°10495
Ar Brav
Posté le 18-11-2008 à 13:16:24  profilanswer
 

Bonjour J. Lassaque,
 
Merci beaucoup pour cet extrait de vos recherches, c'est très aimable à vous. Nous ne manquerons pas de joindre vos renseignements à la documentation du Magon.
 
il attaque à la torpille sans avertissement car l’Allemagne vient de déclarer la guerre sous-marine sans restrictions.  
 
Sauf erreur, le guerre sous-marine sans restrictions est officielle à partir du 1er février 1917 (ou 31 janvier selon), les commandants de sous-marins avaient-ils des instructions antérieures à cette date d'effet ?
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10496
Yves D
Posté le 18-11-2008 à 15:29:21  profilanswer
 

Bonjour J.Lassaque, bonjour à tous,
En effet, comme le précise Franck, le début de la guerre sous-marine sans restrictions était bien fixé au 1 Février 17 mais sans attendre cette date, tous les navires civils utilisés à des fins militaires, ce qui est le cas du croiseur auxilliaire Amiral Magon étaient depuis toujours considérés comme tels et à ce titre, comme tout navire de guerre, susceptibles d'une attaque sous-marine menée sans avertissement. Clairement, à cette date et en ces lieux, le Magon ne pouvait être autre chose qu'un transport de troupes et peut-être même était-il peint de gris.
Cordialement
Yves


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et d'autres thèmes d'histoire maritime.
n°10499
Ar Brav
Posté le 18-11-2008 à 18:07:39  profilanswer
 

Yves D a écrit :

Bonjour J.Lassaque, bonjour à tous,
En effet, comme le précise Franck, le début de la guerre sous-marine sans restrictions était bien fixé au 1 Février 17 mais sans attendre cette date, tous les navires civils utilisés à des fins militaires, ce qui est le cas du croiseur auxilliaire Amiral Magon étaient depuis toujours considérés comme tels et à ce titre, comme tout navire de guerre, susceptibles d'une attaque sous-marine menée sans avertissement. Clairement, à cette date et en ces lieux, le Magon ne pouvait être autre chose qu'un transport de troupes et peut-être même était-il peint de gris.
Cordialement
Yves


 
Bonsoir Yves,
 
Mais oui, bien sûr. Comment ne pas y avoir pensé ? La tête ailleurs, sans doute   ;)  
 
Amts,
Franck  


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10501
ROBIN
Posté le 18-11-2008 à 21:23:07  profilanswer
 

Bonsoir,
 
 
Je viens de parcourir avec intérêt toutes les informations concernant le naufrage de l'Amiral MAGON et je constate que le capitaine au long cours commandant ce cargo mixte s'appelalit LENORMAND. S'agit'il du même qui commandant l'Amiral de KERSAINT lors de son naufrage, toujours en 1917? Dans ce 2ème cas, il s'agissait de René LENORMAND et qui a par ailleurs commandé après la guerre le HOEDIC, toujours des Chargeurs Réunis.
 
Cordialement.

n°10504
gastonj13_​marseille
Posté le 18-11-2008 à 23:11:16  profilanswer
 

Bonsoir,
 

Citation :

On dénombre au total 203 morts et disparus parmi les passagers et l’équipage


 
Sur le site du 40ème RI, pas mal d'informations sur ce torpillage, notamment des photos de son dernier chargement à Marseille...et sur le site  
mpf.provence14-18.org le décompte de la plupart des victimes dont l'intégralité de celles du 40ème dont je peux vous fournir la liste.
Choisir option "analyse sur l'ensemble des unités", dans le formulaire tapez "magon" dans le champ "lieu du décès".
 
Cordialement,
JM CHARDES

n°10505
Rutilius
V. infra.
Posté le 18-11-2008 à 23:13:52  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
   Les 809 rescapés sont recueillis par l’ARC et la BOMBARDE de la Marine nationale.
 
   Extrait du Journal de navigation n° 1/1917 - du 10 janvier au 3 mars 1917 - du torpilleur d'escadre l'Arc (Cote SS Y 34, p. num. 491 à 498), alors commandé par le lieutenant de vaisseau Tardieu :
 
     - 18 janvier 1917 : Appareille de Toulon pour Malte, afin d'escorter " l' Impératrice-Catherine II " - en fait l' Empress-Ekatherina II.
 
     - 21 janvier : " Quitte le convoi. Fait route sur le mouillage de La Valette."
 
     - 23 janvier : Appareille du port de La Valette pour la baie de Saint-Paul.
 
                          16 h 40 - Mouille dans cette baie.
 
     - 24 janvier : 4 h 30 - Appareille de la baie de Saint-Paul " pour rechercher " le convoi constitué par l' Amiral-Magon et du Pampa.
 
                          12 h - " En route  devant le convoi."
 
                          Vers 17 h - " Pris poste derrière le convoi, pour la nuit."
 
    - 25 janvier : 0 h - " Derrière le convoi."  
                   
                          5 h - " Route au S 86 E derrière le convoi."  
 
                          7 h - " Pris poste derrière le convoi."  
 
                          8 h - " En route devant le convoi ; aperçu à 8 h 25 un navire de guerre. Croisé à 9 h vapeurs français Toute (*) et Médié (*)."  
 
                          9 h 35 - " Fait le tour du Pampa, pour interpréter son signal de point."
 
                          11 h 12 - " Venu sur la gauche à l'alerte donnée par le Magon. Mis à toute vitesse à 11 h 15, " Amiral-Magon torpillé." "
 
                          11 h 24 - " L' Amiral-Magon coule par l'arrière. Manoeuvré pour rechercher le sous-marin. Organisé les secours ; amené embarcations et radeaux."
 
                                                       Quart de 12 h à 16 h.
 
                          12 h - " Effectué le sauvetage des naufragés."
 
                          12 h 05 - " Aperçu le périscope du sous-marin à 30 m (*) 19 t Bd. Tiré un coup de 65 et un de 47. Mis en route et patrouillé 1/4 heure sans rien voir. Repris sauvetage des survivants.  
    3 h. Emmergé 5 canots dont chef mécanicien Magon et 4 soldats (Officier interessé ayant pris leurs médailles d'identité."
[ Dans une surcharge : " Sauvé 471 hommes plus 2 ... remis à la Bombarde à 18 heures." (*)]
 
                                                       Quart de 16 h à 20 h.
 
   " Continué les opérations de sauvetage ; 17 h, arrivée de la Bombarde sur les lieux ; 18 h 30, mis en marche, route Argostoli ; 19 h, lancement des fusées demandées par le Bellatrix."
 
                          20 h - " Route pour Argostoli."
 
     - 26 janvier : " Route pour Argostoli." [...]
 
                                                        Quart de 4 h à 8 h.
 
   " Route au N 10 E pour Argostoli. A partir de 6 h, fait diverses routes voisines de la précédente pour embouquer le chenal de sécurité. Aperçu à 7 h un torpilleur par babord (Baliste). Passé le 1er barrage à 7 h 50. Mis aux postes de mouillage à 8 heures."
 
                                                         Quart de 8 h à midi.
 
   " Débarqué au Mirabeau et Condorcet les naufragés de l'Amiral-Magon."
 
   9 h 15 - " Mouillé en baie d'Argostoli."
 
   ---------------------------------------------------
  (*) Lecture la plus vraisemblable.
 
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 19-11-2008 à 09:19:55
n°10535
Rutilius
V. infra.
Posté le 20-11-2008 à 21:27:43  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
 
                                            RAPPORT DE MER DU COMMANDANT DE L’ARC,
                                                LE LIEUTENANT DE VAISSEAU TARDIEU

 
   " Ce rapport de mer est la copie presque textuelle de l’original, établi dans les deux heures qui ont suivi l’arrivée de l’Arc à Argostolli et remis immédiatement, sur sa demande, à Mr le contre-amiral, commandant la 2e division de la 2e escadre.
   N’ayant qu’un brouillon pour reconstituer mon rapport, il a pu s’y glisser quelques très légères différences, mais elles sont sûrement insignifiantes ; je me suis attaché à reproduire tel quel le texte remis immédiatement au commandant supérieur de la rade.
 
                                    RAPPORT DE MER DE LA TRAVERSEE DU 23 AU 26 JANVIER 1917
 
   Appareillé de La Valette le 23 janvier, à 14 h 30, avec mission d’escorter le convoi Amiral-Magon Pampa , qui devait franchir le lendemain matin, à 8 heures, le point de la route située à 11 milles Sud de …elimara.
 
   Appareillé le 24, à 4 h 30, de la baie de Saint-Paul pour rejoindre le convoi au point fixé.
   L’escorte de la Méditerranée occidentale ayant quitté le convoi plus tôt que le supposait le C.V.D., le télégramme de rendez-vous n’avait pas été reçu et le convoi passé 2 h ½ avant l’heure prévue.
   Grâce à un horizon extraordinairement clair, la vigie put me signaler deux fumées dans le S.-E., à 20 milles environ. Je fis route pour les rejoindre ; c’était bien le convoi que nous prîmes à 10 heures.
   Jolie brise de N.-O., grosse houle de S.-E.  A 14 h 45, dépassé la Sylvie, même route.
 
   Le 25, la brise est du N.-O. ; ayant molli la nuit, elle reprend avec le jour et souffle « jolie brise » ; la houle d’Est persiste.
   A 8 h 25, croisé un bâtiment, route Ouest, à 10 milles environ dans le Sud, silhouette de sloop.
   A 9 h, croisé les vapeurs Ténie ( ?) et Médie naviguant de conserve, route Ouest.
   A 11 h 14, l’Amiral-Magon, derrière nous à 800 m environ, actionne sa sirène et vient à droite toute.
   Alerte !
   Venu à gauche toute, lancé les machines à toute vitesse. On aperçoit vaguement un sillage qui, étant donné l’état de la mer, disparaît aussitôt.
   L’Amiral-Magon est torpillé par bâbord milieu.
   Explosion moyenne ; la gerbe dépasse de peu le haut de la cheminée.
   A 11 h 24, le bâtiment coule par l’arrière.
   Pendant environ ¼ d’heure, manœuvré pour rechercher le sous-marin, routes en crochets à grande vitesse.
   Rien vu.
   La mer est couverte de débris, d’embarcations, de radeaux et de naufragés appelant à l’aide.
   Malgré le danger couru d’être torpillé à mon tour, il me paraît dès lors difficile de ne pas tenter de venir au secours de ces malheureux qui commencent à couler sous nos yeux.
   Amené les embarcations en évoluant, jeté à l’eau nos trois radeaux près des groupes les plus nombreux (ils sauvèrent une quinzaine d’hommes).
   Manœuvré pour repêcher pour ainsi dire un à un les naufragés.
   Je cherchais à rester le moins longtemps possible à la même place et au même cap, mais les stations étaient souvent fort longues, beaucoup trop à mon gré. Il était en effet extrêmement difficile de hisser ces malheureux, incapables de faire un mouvement ; plusieurs à moitié morts.
   Nous roulions bord à bord.
   C’est alors que quelques hommes du bord se jetèrent à l’eau à maintes reprises pour aller élinguer les naufragés sur les épaves et les ramener avec eux.
   L’embarquement du personnel sauveté par les embarcations était presque aussi pénible. Notre youyou chavire par suite de la précipitation maladroite des rescapés ; un de nos berthons mis à l’eau remplit au large. Les deux embarcations durent être abandonnées.
   A 11 h 55, lors de la première station que je fus amené à faire pour embarquer le personnel ramené par les embarcations, toutes deux le long du bord, un homme de l’armement du 65 signala : « Sous-marin par bâbord, à nous toucher ! »  
   Je vis en effet le périscope (très mince) sortant d’environ 60 cm de l’eau, et à quelques 20° par bâbord, à 30 mètres de nous, et marchand à 6 nœuds. Il plongea aussitôt, passant à une vingtaine de mètres sur notre avant, presque normalement à notre cap.
   Nous étions au milieu des débris.
   Mon premier mouvement fut de mettre en avant à toute vitesse, mais je réfléchis aussitôt que c’eut été un geste inutile et dangereux. D’une part, en effet, les machines ne seraient pas encore parties que le sous-marin nous aurait déjà largement dépassé, et, d’autre part, c’eut été presque ……. chavirer nos embarcations chargées, sans compter les naufragés nous entourant que les remous auraient fait couler.
   Je pensais à lui lancer une torpille mais sa route était on ne peu plus défavorable et, en tout cas, étant donné le temps très appréciable nécessaire pour pointer le tube dans les conditions de roulis et d’encombrement du bâtiment, il ne restait aucune chance pour l’atteindre par la torpille.
   On eut juste le temps de lui envoyer un projectile de 65 (obus A.) et un de 47.
   Je fis rapidement dégager les embarcations et patrouillais quelque temps, dans la direction où il avait disparu.
   Le sauvetage homme par homme dura presque vers 14 h. Nous sauvâmes ainsi 150, peut-être 200 hommes, qui n’avaient pas trouvé place dans les embarcations du transport ou sur les radeaux.
   Vers 14 heures, il n’y avait plus de survivants dans l’eau.
   Je m’occupais alors du personnel des radeaux, commençant par les plus petits et ceux qui étaient les plus éloignés du groupe central.
   Entre temps, l’arrivée de la Bombarde nous avait été signalée. Pour faciliter le ralliement, je fis hisser en tête de mât notre grand pavillon national et donné ordre aux chauffeurs de faire le plus de fumée possible.
   La brise mollissait peu à peu et, au coucher du soleil, elle était presque tombée.
   A ce moment, tout le personnel des radeaux avait été sauvé, dont quelques uns par la Bombarde, survenue peu avant le coucher du soleil.
   Ne restaient plus que les embarcations. Je pris les deux plus éloignées à la remorque et les conduisit du côté de la Bombarde. Je sentais en effet qu’il m’eût été difficile de prendre plus de monde à mon bord.
   Nous croyons n’avoir que près de 400 rescapés ; en réalité, nous en avons près de 500.
   Cinq naufragés étant morts de congestion vers 15 heures, nous les immergeâmes (la place nous était indispensable pour les survivants).
   La nuit faite, nous fîmes une ronde ; puis la Bombarde ayant pris la direction ses opérations, nous signala de retourner à Argostoli.
   Début de nuit calme, puis brise de S.-O,  passant à l’Ouest en fraîchissant.
   Dans le canal de Zante, trouvé une mer de travers pour nous faire donner quelques roulis d’allure un peu inquiétante, indiquant bien notre chargement anormal. Modifié la route en conséquence.
   A 8 h, entré à Argostoli.
 
   Je crois pouvoir affirmer que, dans cette circonstance, tout le monde a fait pleinement son devoir.
   La mise à l’eau des moyens de sauvetage de l’Amiral-Magon et l’embarquement du personnel se sont faits avec un ordre parfait, ainsi que l’ont montré les résultats, étant donné la rapidité de la catastrophe. Le bâtiment était certainement bien entraîné et bien commandé.
   L’équipage de l’Arc s’est montré ce qu’il est, c’est-à-dire un équipage de « braves gens ».
   La bordée de veille resta jusqu’au bout de son poste de combat, tandis que tout le personnel disponible coopérait au sauvetage avec un entrain admirable.
   Bien entendu, il ne fut question pour personne de manger ni, la nuit suivante, de dormir.
   Je ne saurais trop louanger la conduite des hommes qui, par une mer très agitée, se sont jetés à l’eau, peut-être 10 fois chacun, pour amener le long du bord, par des roulis violents, les naufragés exténués, et qui l’ont fait, sachant qu’à la moindre alerte, j’étais obligé de les abandonner.
   Ces hommes sont : le quartier-maître de timonerie Malausse, le quartier-maître mécanicien Galiay, les chauffeurs brevetés Gastaud et Merlin, et le mécanicien breveté Laurent.
   Je dois citer le gabier Dubosq, patron du youyou, extrêmement dévoué et adroit ; a sauvé beaucoup de monde dans sa petite embarcation ; a soutenu plusieurs soldats quand cette embarcation a chaviré le long du bord.
   Le patron de la baleinière, quartier-maître de manœuvre Fouqueu-Sarasin, et le quartier-maître électricien Mart : d’un dévouement inlassable, ont rendu de très grands services par leur sang-froid et leur adresse.
   Le quartier-maître mécanicien Antignac : s’est proposé spontanément pour armer le berthon, a fait plusieurs voyages et a fini par couler, recueilli dans la suite par la baleinière.
   Le fusilier breveté Lasquellec, le quartier-maître canonnier Allès, le canonnier breveté Eychart, le torpilleur breveté Lhelgoualch, le matelot sans spécialité Médeleck et l’électricien breveté Thomas : ont pris part très activement au sauvetage dans diverses embarcations, faisant preuve d’une grande énergie.
   Le torpilleur breveté Bagilet, le chauffeur Domas, le matelot clairon Le Mézet : se sont distingués à bord par leur entrain, leur dévouement et leur intelligentes initiatives dans le sauvetage des survivants.
   Le canonnier breveté Girard, dont la veille attentive a permis d’apercevoir le périscope dès son émersion.
   Le quartier-maître infirmier Cap : très zélé et d’un dévouement sans pareil, a multiplié ses soins et fait bon nombre de pansements dans des circonstances particulièrement difficiles (32 blessés et une dizaine d’asphyxiés).
   Parmi les maîtres, je citerai le premier maître Guillou, qui m’a secondé sur la passerelle avec son zèle et sa capacité technique coutumiers.
   Les deuxièmes maîtres canonnier Farcy, mécanicien Guivarch, de timonerie Savignac : se sont dévoués au sauvetage avec un zèle inlassable.
   Enfin, l’état-major, et tout spécialement l’enseigne de vaisseau Roustan, officier en second, qui a dirigé les opérations de sauvetage de l’arrière, le tassement systématique du personnel sauveté dans toutes les parties du bâtiment, le ravitaillement et la police avec une énergie et un sang-froid tout à fait remarquables.
   Le mécanicien principal Gicquel et l’enseigne de vaisseau de 2e classe Blazer, qui ont donné la main aux opérations de sauvetage avec le plus grand zèle et un réel dévouement.
 
   Le lieutenant de vaisseau, commandant,
   Signé : Tardieu.
 
    Bord, Argostoli, le 26 janvier 1917. "
 
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Source : Registre historique de la correspondance du commandant de l’Arc (1913-1918) – Cote SS Y 34, pages numériques 889 à 892.
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   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 22-11-2008 à 10:31:42
n°10551
Rutilius
V. infra.
Posté le 22-11-2008 à 00:04:43  profilanswer
 

   Bonjour à tous,
 
 
   Registre historique de la correspondance du commandant de l’Arc (1913-1918) – Cote SS Y 34, p. num. 894 et 895 :
 
 
                  Le Lieutenant de Vaisseau, Commandant l’Arc à monsieur le Capitaine de Frégate,
                                                   Commandant la 8e Escadrille.
 
 
   Commandant,
 
   En arrivant à Argostoli après les opérations de sauvetage des rescapés de l'Amiral-Magon, le contre-amiral Commandant la 2e division de la 2e escadre me demanda de lui établir d’urgence mon rapport de mer et de lui citer les hommes dont la conduite avait été particulièrement remarquable. 2 heures après, je lui remettais ce document dans lequel j’attirais un peu brièvement sa bienveillante attention sur un certain nombre d’hommes s’étant spécialement distingués.
   A part quelques détails sans importance, en particulier sur la durée présumée de quelques uns des évènements qui y sont relatés, un peu plus de précision s’étant faite depuis dans mon esprit, je ne vois rien à modifier dans mon rapport lui-même, mais je ne voudrais point que la sécheresse qui convient à un document de cette sorte et la hâte avec laquelle je fus amené à l’établir puisse[nt] être cause que les braves gens que j’y cite ne soient point récompensés comme il convient de leur dévouement qui, pour quelques uns, fut véritablement héroïque. Aussi je me permet,s Commandant, de revenir sur ces faits.
   Il convient d’abord d’établir les circonstances de temps dans lesquels se sont passés ce que j’appellerai les sauvetages individuels, sauvetage des naufragés n’étant ni sur les radeaux ni dans les embarcations, d’environ 11 h 45 à 15 h 30, et plus particulièrement de midi 15 à environ 14 heures.
   Il ventait
« jolie » brise de N.-O. ; la mer du vent [sic] se combinant avec une assez forte houle d’Est rendait la mer [sic] très agitée ; quelque fut la position du torpilleur, nous roulions bord sur bord. Dans ces conditions, le sauvetage de gens n’ayant aucune espèce d’éducation maritime, transis de froid, souvent à moitié asphyxiés, incapables de faire un mouvement les rapprochant du bord, ni même de prendre les bouts qu’on leur lançait presque dans la main, ce sauvetage, dis-je, était particulièrement difficile. Il aurait été infiniment plus long et infiniment moins fructueux si des hommes du bord ne s’étaient courageusement jetés à l’eau pour amener à portée les malheureux rescapés. Pendant plus de 3 heures, les 5 hommes dont j’ai cité les noms, et qui sont le quartier-maître Malausse, le quartier-maître Galiay, les chauffeurs Gastaud et Merlin, le mécanicien Laurent, ont fait pour ainsi dire le va-et-vient entre le bord et les malheureux, cramponnés aux épaves et surnageant à 10, 20, 30 mètres du bord. Ils les prenaient à la remorque, les soutenaient au risque d’être entraînés avec eux et ne revenaient à bord que pour repartir quelques instants après. J’ai vu le quartier-maître Galiay obligé de lutter dans l’eau avec un mulet qui, poussé par l’instinct de conservation, s’embarrassait dans le filin avec lequel Galiay avait amarré un naufragé. Un quart d’heure plus tard, le même Galiay, pour ne pas perdre de temps (quelques minutes de gagnées, c’était probablement quelques sauvetés de plus) en amarrant le bout qu’il serrait entre ses dents à un petit radeau de 2 ou 5 hommes qu’il voulait amener le long du bord, se faisait remorquer par la mâchoire, entraînant le radeau avec lui. Je cite ces deux faits, entre bien d’autres que j’ai vus et encore davantage que je n’ai pas vus. Et ces hommes ont fait cela sachant parfaitement qu’à la moindre alerte, j’étais obligé de les abandonner pour venir les rechercher Dieu sait quand !
   J’ai cité le patron du youyou Dubosq, gabier breveté, qui dans une mer très dure pour cette embarcation, a amené beaucoup de naufragés. A l’un de ces voyages, ayant été obligé par humanité à prendre le chargement exagéré de 10 rescapés, le youyou chavira le long du bord par suite de la hâte maladroite des rescapés. Dubosq resta dans l’eau, soutenant, encourageant les soldats, et ne remonta à bord que lorsque le dernier de ses naufragés y eût été hissé.
   J’ai cité le quartier-maître mécanicien Antignac qui, armant spontanément le berthon, ramena quelques naufragés, puis coula au large où il fut sauvé par la suite par la baleinière.
   J’ai cité l’armement de nos deux embarcations qui ont pris au sauvetage la part que l’on devine, dans les conditions que j’ai essayé de retracer.
   Ce sont les quartiers-maîtres Fouqueu, Mart, les brevetés Lasquellec, Allès, Eychart, Lhelgoualch, Thomas, et le matelot sans spécialité Médéleck.
   J’ai cité un certain nombre d’hommes, Bagilet, Domas, Le Mézet, comme s’étant particulièrement distingués à bord. Eux et bien d’autres, officiers, sous-officiers et marins agrippés le long du bord, plongés dans l’eau, parfois jusqu’à la ceinture, saisissaient les naufragés et hissaient ces pauvres loques raidies et inertes.
   Voilà, Commandant, ce qu’a fait l’équipage de l’Arc et ce dévouement a eu sa récompense puisque, renseignements pris, j’estime à près de 200 le nombre des sauvetages individuels effectués.
   J’ai cité le quartier-maître Cap qui a pansé 32 blessés dans les conditions que l’on peut imaginer facilement d’un
[sic] torpilleur de 300 tonnes ayant 475 rescapés à bord. A part le canonnier Girard, dont la veille particulièrement fructueuse a permis de voir et de canonner le périscope du sous-marin émergeant le long du bord, au milieu des épaves, je n’ai pu citer l’armement des pièces : ils ont fait leur devoir ingrat et obscur mais indispensable au salut de tous.
   Le lieutenant-colonel, commandant d’armes, et le capitaine de l’Amiral-Magon, tous deux rescapés dans ces conditions, m’ont à maintes reprises, exprimé leur admiration  émue pour le dévouement héroïque de l’équipage.
   Vous comprendrez facilement, Commandant, que j’ai le droit d’être fier de commander à de tels hommes et vous estimerez sans doute avec moi que la marine peut s’enorgueillir d’avoir de pareils marins.

 
   Signé : Tardieu.
 
P.S. : Je n’ai rien à retrancher aux citations élogieuses que je fais dans mon rapport de mer du 1er maître Guillou, des 2e maîtres Farcy, Guivarch et Savignac, du mécanicien principal Gicquel, de l’enseigne de vaisseau de 2e classe Blazer et surtout de l’enseigne de vaisseau de 1re classe Roustan qui a assuré la direction des sauvetages de l’arrière et toutes les corvées intérieures du bâtiment, entassement méthodique des hommes, soins, ravitaillement, avec une énergie, un calme et un sang-froid dignes des plus grands éloges.
 
   En mer, le 28 janvier 1917.

 
   ----------------------------------------------
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 22-11-2008 à 00:12:31
n°10633
Rutilius
V. infra.
Posté le 26-11-2008 à 20:41:08  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
   Journal de bord du torpilleur d'escadre la Bombarde, n° 1/1917 (1er au 31 janv. 1917) – Cote SS Y 54, pages numériques 28 et 29 :
 
 
   Jeudi 25 janvier 1917.
 
   […]
 
   12 h – Fait route pour rallier le point du naufrage de l’Amiral-Magon qui a été torpillé.
 
   16 h 20 – Sur les lieux du naufrage. Recueilli 354 survivants de l’Amiral-Magon. Arc en a environ 400. Route sur Argostoli avec les survivants recueillis. (*)
 
   19 h – Souper par bordée.
 
   19 h 30 – Service à la mer par bordée de veille.
 
  Vendredi 26 janvier1917.
 
   En mer – 0 h 00 - Route sur Argostoli avec les 354 survivants de l’Amiral-Magon. Service à la mer par bordée de veille.
 
   6 h 30 – Branlebas. Déjeuner.
 
   Rade d’Argostoli – 7 h 40 – Accosté le Voltaire pour lui remettre 258 naufragés.
 
   8 h 15 – Accosté le Condorcet pour lui remettre 86 naufragés.
   
 
   […]
 
   ---------------------------------------------------------------------------------------------------------
   (*) Note en marge : " Dépensé 3 fusées vertes, 4 d° blanches, 7 baguettes pour fusées, 10 étoupilles en plumes."
   
   Le torpilleur d'escadre la Bombarde était alors commandé par le lieutenant de vaisseau GARNIER ; il appartenait à la 10e escadrille de torpilleurs d'escadre de la Méditerranée occidentale.
 
   ---------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 26-11-2008 à 21:36:10
n°10637
Ar Brav
Posté le 27-11-2008 à 12:42:21  profilanswer
 

gastonj13_marseille a écrit :

Bonsoir,
 

Citation :

On dénombre au total 203 morts et disparus parmi les passagers et l’équipage


 
Sur le site du 40ème RI, pas mal d'informations sur ce torpillage, notamment des photos de son dernier chargement à Marseille...et sur le site  
mpf.provence14-18.org le décompte de la plupart des victimes dont l'intégralité de celles du 40ème dont je peux vous fournir la liste.
Choisir option "analyse sur l'ensemble des unités", dans le formulaire tapez "magon" dans le champ "lieu du décès".
 
Cordialement,
JM CHARDES


 
Bonjour Jean Marie,
 
Pardonnez-moi de répondre avec retard à votre  offre généreuse, je vous remercie pour votre proposition, et bravo pour votre site (que je connaissais déjà). Vous autorisez-nous à joindre la liste des disparus à la fiche du bâtiment ? Ou sous forme de lien vers votre site ?
A vous lire,
 
Bien cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°12405
Yves D
Posté le 19-01-2009 à 14:40:04  profilanswer
 

http://img2.hostingpics.net/pics/532514mapAMagon.jpg
 
Amiral Magon coulé à 160 nm W de Cerigotto; ça donne en gros ce point.
Cdlt
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et d'autres thèmes d'histoire maritime.

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