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  CHARLES-LE BORGNE ― Cargo charbonnier ― Charles Le Borgne & Cie.

 

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Auteur Sujet :

CHARLES-LE BORGNE ― Cargo charbonnier ― Charles Le Borgne & Cie.

n°25128
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 22-04-2010 à 23:02:09  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Charles-Le Borgne ― Cargo charbonnier ― Société en nom collectif Charles Le Borgne & Cie, Fécamp.
 
   D’un auteur anonyme : « Des combats de corsaires à la guerre sous-marine » (Histoire de la famille Le Borgne), Imp. René Tancrède, Paris, 1921, p. 29, 31 et 32.
 
   « La maison Le Borgne a payé hélas ! son tribu à la guerre sous-marine : deux de ses bateaux, le Saint-Ansbert et le Marie-Louise ont été torpillés et coulés par des sous-marins allemands.
   Mais, par contre, ses autres bateaux, le Saint-Antoine-de-Padoue, le Radium, le Charles-Le-Borgne, ont eu leur part de gloire.
[...]
 
   Le Charles-Le-Borgne, petit vapeur de 1.500 tonnes, sut également se faire remarquer.
   Le 24 mai 1917, dans la Manche, naviguant en convoi, le navire qui le précédait fut torpillé par un sous-marin qui voulut émerger pour juger de l’efficacité du coup, mais l’Enseigne de Vaisseau auxiliaire Moizan fit ouvrir le feu sur le kiosque dès qu’il apparut et obligea l’ennemi à plonger. Le Ministre de la Marine a accordé un témoignage officiel de satisfaction à cet excellent officier, et le Comité de Répartition des fonds de la souscription a alloué au vapeur Charles-Le-Borgne, une prime de 500 francs.
   Vers la même époque, le vapeur Charles-Le Borgne se trouvait une nuit à l’embouchure de la Gironde. Soudain, dans les ténèbres, un bref commandement retentit, en français, d’avoir à quitter avant trois minutes le navire qui va être coulé. C’est un sous-marin allemand qui vient d’émerger à un mètre. Le Capitaine du Charles-Le-Borgne a une inspiration ; il crie d’une voie tonnante
: " Canonniers, à vos pièces." En un clin d’œil, le sous-marin a disparu.
   Une réflexion s’impose à nous au souvenir de cette simple anecdote : puisque la plus modeste canonnade du plus modeste des navires, puisque même la simple crainte de cette canonnade pouvait mettre en fuite les sous-marins allemands, comment a-t-il pu se faire que tous nos navires marchands n’aient pas été armés plus tôt, ne fut-ce que défensivement ?
   Et s’ils avaient été armés pour l’offensive, quels merveilleux exploits n’aurait-on pas été  fondé à attendre de ces hardis marins, descendants des corsaires fameux qui en une seule année s’emparèrent jadis de 4.000 navires ennemis !
»
   _____________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 23-04-2010 à 10:32:53
n°25132
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 23-04-2010 à 08:31:10  profilanswer
 

Bonjour Daniel et à tous
Je n'ai pas trace d'un navire torpillé et coulé en Manche à cette date ni autour de cette date. Peut-être s'agit-il d'un navire endommagé par une torpille et qui n'aurait pas coulé (Je ne les ai pas tous recensés).
Amts
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°25135
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 23-04-2010 à 10:30:53  profilanswer
 


   Bonjour Yves,
   Bonjour à tous,
 
   A l'évidence, l'auteur de cette monographie rédigée en Février 1919 et tirée à 1.000 exemplaires, qui fourmille de détails sur les origines et les activités de la société en nom collectif Charles Le Borgne & Cie, était nécessairement un proche ― collaborateur, parent ou ami ― de son gérant unique. La rapide relation qui s'y trouve faite des circonstances de l'engagement survenu le 24 mai 1917 dans la Manche entre le cargo charbonnier Charles Le Borgne et un sous-marin allemand doit donc être exacte. Mais il est possible, comme vous le suggérez, que l'autre bâtiment torpillé n'ait pas sombré et ait pu regagner un abri proche.
 
   Au passage, il se confirme que la Marie-Louise, voilier de 426 t coulé le 17 mars 1917 par l'UB-18 (Claus Lafrenz), appartenait bien à cet armement. La fiche uboat.net qui s'y rapporte mentionne en effet : « Operator : Duhamel Monnier(m), Fécamp ― History : Possibly later sold to Charles Le Borgne et Cie, Fécamp. ». Le sujet reste d'ailleurs ici à ouvrir...
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°25804
Terraillon​ Marc
Posté le 07-06-2010 à 21:08:08  profilanswer
 

Bonsoir
 
Voici la fiche Miramar du navire :
 
Single Ship Report for "1165763"IDNo: 1165763 Year: 1913  
Name: CHARLES LE BORGNE Keel:  
Type: Cargo ship Launch Date: 24.4.13  
Flag: FRA Date of completion: 6.13  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Tons: 1020 Link: 1534  
DWT:  Yard No: 172  
Length overall:  Ship Design:  
LPP: 64.0 Country of build: GBR  
Beam: 10.1 Builder: Osbourne Graham  
Material of build:  Location of yard: North Hylton  
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn): 1T-10  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Naval or paramilitary marking :  
A: *  
End: 1941  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Subsequent History:
33 FLORE - 38 KENTON
 
Disposal Data:
torpedoed 52.57.30N/1.30E 7.3.41 (4*) & beached 8.3.41

 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 07-06-2010 à 21:08:28

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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°25808
Memgam
Posté le 07-06-2010 à 21:27:13  profilanswer
 

Le Charles Le Borgne était propulsé par une machine à triple expansion de 650 cv, tournant à 70 tours et alimentée par deux chaudières timbrées à 12,6 kg, fabriquées par Coll et Pollock à Sunderland.
Port en lourd : 1475 t, creux : 4,14 m.
 
Source : Registre Bureau Veritas 1930.

n°36059
olivier 12
Posté le 19-01-2013 à 18:30:25  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
CHARLES LE BORGNE
 
Vapeur lancé le 24/04/1913 au chantier Osbourne Graham de North Hylton pour la Société Fécampoise de Navigation
Longueur 64 m  Largeur 10,1 m
1019,95 tx JB   507,25 tx JN
 
1933 FLORE
1938 KENTON
 
Torpillé le 7 Mars 1941 par 52°57,5 N et 01°30 E lors d’une traversée Poole/Tyne sur ballast. Echoué le 8 Mars 41.
 
En Janvier 1917
 
Effectue une traversée Newport – Bordeaux avec un chargement de charbon pour Worms Bordeaux.
Capitaine LE BRAS + 14 hommes d'équipage. Non armé.
 
Rencontre avec un sous-marin le 20 Janvier 1917 à 09h30
 
Parti de Newport le Vendredi 19 Janvier à 01h00 du matin. Débarqué le pilote sur rade de Barry Dock à 02h00. Beau temps. Mer belle.
Passé Longship à 16h00. Fait bonne route et traversé la Manche dans la nuit du 19 au 20. Rangé le feu de La Jument le 20 à 05h00. Passé le raz de Sein à 06h45 en fin de jusant. Rangé Penmarch à 09h00. Le sémaphore nous signale la présence de sous-marins ennemis.  
 
A 09h30, aperçu un sous-marin par tribord à 4 milles, nous coupant la route et marchant à 15 nœuds. Longé les récifs de Penmarch à moins de 0,5 mille. Alors que je suis à proximité de la bouée à fuseau de la passe du Guilvinec, le sous-marin ouvre le feu sur nous. Je me réfugie parmi les récifs du Guilvinec.
A ce moment-là apparaît un vapeur de la Compagnie des Chemins de Fer de l’Etat, le SAINT MARC. Armé, il tire 7 à 8 coups de canon sur le sous-marin, tout en fuyant. (nota : voir ce lien http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1.htm#bas)
Perdu de vue le sous-marin qui avait tiré 4 coups de canon sur nous sans nous atteindre.
Le sémaphore de Penmarch a aussitôt alerté l’Amirauté à Brest et Lorient et, une heure trente plus tard, deux torpilleurs étaient sur les lieux. J’ai alors quitté la rade du Guilvinec et ils m’ont accompagné jusqu’aux Glénans. Passé à terre de Groix et de Belle Ile. Passé La Coubre le 21 Janvier et mouillé sur rade de Pauillac, en attente des ordres pour remonter à Bordeaux.
 
Description du sous-marin
 
Il y avait 4 hommes sur le blockhaus
Plate-forme portant un canon sur l’avant du blockhaus
Peint de couleur grisâtre
Pas de pavillon
Le chef mécanicien et le 2e capitaine trouvent qu’il ressemblait au sous-marin français ARCHIMEDE.
 
Le sous-marin attaquant
 
Ce pourrait fort bien être l’UC 21 de l’OL Rheinhold SALTZWEDEL, qui descendait des Roches Douvres vers le golfe de Gascogne et qui endommagera ce même 20 Janvier le vapeur norvégien JOTUNFJELL au large des Glénans.
 
Il semblerait aussi que l’UC 18, de l’OL Wilhelm KIEL, ait mouillé des mines au large de Brest dans cette période-là.
 
Rencontre avec un sous-marin le 13 Février 1917 à 21h45
 
Traversée de Newport à Bordeaux avec un chargement de charbon. Affrété par Powel Duffryer.  
Le navire est stoppé par 45°44,5 N et 03°44 W Paris et embarque le pilote.
 
Beau temps. Mer plate. Temps très noir et visibilité mauvaise.
 
Un sous-marin est tout à coup aperçu sur le côté bâbord, à 5 mètres seulement, en surface, faisant route approximativement au 040 et à environ 10 nœuds. Il passe juste sous la jupe arrière du navire, à le toucher, puis s’éloigne et plonge.
Donné aussitôt l’ordre d’armer le canon. Mis la machine en avant toute, la barre toute à droite, et fait route à l’ouest pendant 15 minutes pour se dégager du sous-marin.
Des patrouilleurs étaient dans les passes. Nous nous sommes alors approchés d’eux et avons donné la position du sous-marin (sans doute à l’ACTIF).
 
CHARLES LE BORGNE avait été armé d’un canon de 90 mm modèle 1877 monté sur un affut à châssis à pivot modèle 1879. Il n’a pas ouvert le feu, étant  d’abord gêné par le canot du pilote que le sous-marin a frôlé, puis par sa plongée très rapide. Il semblait faire route vers Maumusson quand il était en surface.
Mais il a été bien vu pendant 3 à 4 minutes. Il semble qu’il ait été lui-même surpris d’être aussi proche du vapeur. Il a sûrement vu le canon de 90 et entendu le capitaine donner l’ordre de l’armer. Il a alors fait toute diligence pour plonger.
Le commandant était sur le kiosque et deux marins étaient sur le pont, en train de mettre leur canon en batterie.
 
Noms des hommes qui ont signé le rapport du capitaine (très incertains car identifiés d’après des signatures peu lisibles)
- LE POHER  2e capitaine
- CADIC  Chef mécanicien
- ROBERT Canonnier breveté
- RAPPEMONT Chauffeur
 
Description du sous-marin
 
Longueur environ 70 m
Blockhaus sur lequel se tenait le commandant.
Canon sur l’avant du blockhaus, qui semblait être à bascule.
Voici la silhouette dessinée par le capitaine Le Bras
 
http://imageshack.us/a/img198/7165/uc21charlesleborgne.jpg

Identification du sous-marin

 
Très certainement, et à nouveau, l’UC 21 de Rheinhold Saltzwedel, qui patrouillait sur cette zone ce jour-là. Difficile d’expliquer pourquoi il est passé aussi près du vapeur !
 
Cdlt


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olivier
n°38577
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 20-11-2013 à 16:09:12  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
    Au printemps 1918, le cargo Charles-Le Borgne demeurait commandé par Honoré Joseph-Alexis MOIZAN, capitaine au long-cours, inscrit à Caen, n° 60, et il avait pour chef mécanicien Théodore TRICONT, inscrit à Nantes, n° 510 [et 1.614 H.S.] (Déc. du commissaire aux Transports maritimes et à la Marine marchande en date du 27 nov. 1918 établissant la Liste des capitaines ou patrons des navires de commerce, armateurs et officiers mécaniciens qui ont obtenu des félicitations pour la bonne tenue des postes d'équipage de leur navire et le bon entretien des machines, chaudières, etc., pendant le deuxième trimestre de 1918, J.O., 30 nov. 1918, p. 10.344).  
 
    Fin 1920, ce bâtiment était commandé par César LE GAC, capitaine au long-cours, inscrit à Vannes, n° 624, et avait toujours pour chef mécanicien Théodore TRICONT(Déc. du Sous-secrétaire d’État des Ports, de la Marine marchande et des Pêches en date du du 8 févr. 1921 établissant la Liste des capitaines ou patrons des navires de commerce, armateurs et officiers mécaniciens qui ont obtenu des félicitations pour la bonne tenue des postes d'équipage de leur navire et le bon entretien des machines, chaudières, etc., pendant le quatrième trimestre 1920, J.O., 12 févr. 1921, p. 1.893).
 
 
   — MOIZAN Honoré Joseph-Alexis, capitaine au long-cours, inscrit à Caen, n° 60. Début 1922, commandait le cargo Thorium ; même situation au printemps 1923. Par arrêté du ministre des Travaux publics en date du 30 septembre 1929 (J.O., 2 oct. 1929, p. 11.147), à la suite du concours organisé la même année, nommé lieutenant de port stagiaire et affecté au port de Caen.
 
 
   — TRICONT Théodore, né le 16 juin 1874 à Indre (Loire-Inférieure – aujourd’hui Loire-Atlantique) et décédé le 1er février 1935 à Saint-Pierre-de-Quiberon (Morbihan). Fils de Jean Marie TRICONT et de Marie Julienne LE CUISCHE, son épouse. Mécanicien breveté de 1re classe de la Marine marchande, inscrit à Nantes, n° 1.614 H.S. ; mobilisé en qualité de premier maître mécanicien temporaire, étant embarqué sur le patrouilleur Saint-Corentin, lorsque ce bâtiment sauta sur une mine, le 29 avril 1916. (Base Léonore, Dossier LH/2629/50).  
 
   Cité le 19 mai 1916 à l’ordre du jour du Front de mer de Dunkerque dans les termes suivants :
 
   « Son navire ayant sombré immédiatement après avoir heurté une mine, a, par son courage et son énergie et malgré de fortes contusions, collaboré de la façon la plus efficace au sauvetage des survivants. » (ibid.)
 
   Croix de guerre.
 
   Inscrit en ces termes au tableau spécial de la Médaille militaire (Arr. 17 août 1916, J.O., 19 août 1916, p. 7.563).
 
 
                                       http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/TRICONT%20Theodore%20-%20M.M.%20-%20J.O.%2019-VIII-1916..jpg  
 
 
   Par décret en date du 12 janvier 1932 (J.O., 17 févr. 1932, p. 1.765), nommé chevalier de la Légion d’honneur au titre du Ministère de la Marine marchande. Alors chef mécanicien à bord du Jean-de-Béthencourt.  
 
                 


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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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