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CHATEAURENAULT

n°18086
olivier 12
Posté le 24-06-2009 à 10:52:07  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Bonjour à tous,
 
Voici un petit complément sur le torpillage du CHATEAURENAULT. Il s'agit du résumé du compte rendu écrit par le Capitaine de Corvette CHAREZIEUX, commandant du LANSQUENET.
 
" Le convoi, composé du CHATEAURENAULT, du ROUEN et des escorteurs LANSQUENET et MAMELUCK avait quitté Tarente le 13 Décembre à 14h00. Au petit jour du 14, il était à environ 20 milles de Dukato.
 
- CHATEAURENAULT  chef de convoi
- ROUEN à 600 m et 25° sur l'arrière du travers tribord
- LANSQUENET à 800 m à tribord du ROUEN
- MAMELUCK à 800 m à bâbord du CHATEAURENAULT
 
Le CHATEAURENAULT a alors hissé le signal "NCS" (suivez-moi) et mis le cap au N20E, donnant dans la passe entre Dukato et Céphalonie. C'est alors que le CHATEAURENAULT a reçu une torpille. Il était 06h47.
 
Les torpilleurs ont aussitôt fait route sur ce que l'on supposait être l'origine du sillage de la torpille.  
J'ai aussi pris des dispositions pour sauver les hommes qui s'étaient jetés à l'eau lors du torpillage, laissant mes embarcations sur place. Puis j'ai fait route sur le CHATEAURENAULT qui avait hissé le signal de ralliement.
 
J'ai accosté le croiseur à tribord avant. A 07h26, j'ai pris directement à mon bord tout le personnel qui avait ordre d'y embarquer. Le chalutier BALSAMINE a aussi pris des dispositions pour remorquer le CHATEAURENAULT. (nota : c'est alors qu'une fausse manoeuvre va provoquer un abordage entre le LANSQUENET et le BALSAMINE, sans trop de gravité toutefois)
 
Je suis retourné prendre le personnel qui était monté dans mes chaloupes. Je venais d'accoster la première chaloupe lorsqu'a eut lieu une 2e explosion. Le CHATEAURENAULT était torpillé pour la seconde fois. Il était 08h20.
 
J'ai aussitôt fait route sur le point d'origine de la torpille et lancé 7 grenades Galveaud, dont deux doubles, qui ont toutes explosé.
Pendant ce temps, le CHATEAURENAULT coulait à pic, entouré de plusieurs chalutiers. Tout le personnel vivant était dans les embarcations ou sur les radeaux.
 
Je fis route sur ces épaves, lorsque j'entendis un coup de canon. Le MAMELUCK tirait sur le sous-marin qui venait d'émerger. Je mis le cap sur lui à toute vitesse, mais il disparut et le MAMELUCK lança ses grenades.
 
A nouveau, je remis le cap sur les chalutiers. J'arrivai près des naufragés lorsque le sous-marin réapparut. Je me précipitai à toute vitesse sur le sous-marin en ouvrant le feu, ainsi que le MAMELUCK. Le sous-marin fut touché à plusieurs reprises et il finit par couler par l'arrière à 08h40.
Plusieurs hommes étaient à l'eau et je me mis en mesure de sauver ces ennemis sans défense.
Je venais de hisser 4 marins allemands à mon bord, lorsque mon attention fut attirée par un avion qui lançait des bombes. Abandonnant alors le sauvetage des ennemis au MAMELUCK, je fis route à toute vitesse sur le point de chute des bombes, pensant qu'il y avait un deuxième sous-marin.  
Mais il n'y avait que les épaves du CHATEAURENAULT.  
 
Nous ralliâmes le mouillage de Vasiliko pour prendre les ordres. Arriva alors le SPAHI qui prit les survivants embarqués sur les chalutiers. Nous fîmes route sur Itéa où nous arrivâmes à la nuit tombante. Tous les rescapés furent transférés sur le SHAMROCK.
 
LANSQUENET a pris 436 hommes
MAMELUCK a pris 710 hommes
Les chalutiers environ 200, transférés ensuite sur le SPAHI.
 
Les pertes en vies humaines sont celles dues à l'explosion de la 1ère torpille et à l'envahissement brusque des compartiments concernés.
 
De l'interrogatoire des prisonniers allemands que j'ai commencé sur le LANSQUENET il résulte que :
 
- le sous-marin est l'UC 38
- qu'il avait quitté Pola il y a une dizaine de jours
- qu'il a mouillé 18 mines dans le golfe de Patras
- qu'il était armé de 4 torpilles. Il en avait lancé 2 sur un convoi, sans l'atteindre, et les 2 autres sur le CHATEAURENAULT.
- qu'il aurait été touché par la 2e grenade du LANSQUENET qui aurait provoqué une voie d'eau l'obligeant à faire surface.
 
Les projectiles des torpilleurs ont alors touché le sous-marin et plusieurs hommes."
(nota : pour complément voir interrogatoire OL Wendlandt à la fiche UC 38)
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 24-06-2009 à 15:48:41

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olivier
n°18140
olivier 12
Posté le 26-06-2009 à 15:42:19  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Pour compléter l’histoire du CHATEAURENAULT, voici le rapport de l’un des pilotes des hydravions arrivés sur place.
 
S11 Pilote  SM  JEANBLANC
       Nav.    Mlot TROUILLET
 
S10 Pilote  SM   LECLERC
        Nav.   Mlot  GAZAGNE
 
La section de Vathi ayant effectué une reconnaissance dans  la soirée du 13 Décembre jusqu'à la nuit, fait son plein d’essence et d’huile le matin.
Après réparation du fil de bougie du S10, les appareils partent en exploration dans le secteur habituel, S11 à 08h25, S10 à 08h30.
 
Le S11 hydroplane jusqu’au golfe de Molou et revient décoller sur le port, puis amerrit aussitôt sur signal du navire AIGRETTE. Venu à côté, il prend connaissance d’un SOS indiquant une attaque de sous-marin à 2,5 milles du cap Dukato, dans le S 45 E.
 
Reprise du vol en section à 08h55 sur le lieu indiqué. Aperçu, en arrivant à la pointe Agios Nikolaou, contre-torpilleurs MAMELUCK et LANSQUENET évoluant avec trois chalutiers autour des débris d’un bâtiment torpillé. La section se dirige vers les lieux du sinistre et aperçoit les coups de feu des torpilleurs. S11 survole l’île Ithaki, puis remonte la côte de Sainte Maure vers Dukato, explorant pointe nord de Céphalonie,  cap Vliotis, nord du canal d’Ithaque et toute la passe de Dukato.
 
En revenant sur les patrouilleurs, dans la direction de l’île d’Ithaki, l’observateur Trouillet aperçoit sous l’eau une forme cônique blanchâtre. Etant à 500 m, nous descendons en spirale sur le remous caractéristique qu’on distingue nettement. A 250 m, l’observateur lance une bombe qui tombe à 20 m environ du remous. Au même moment le torpilleur fait feu et le sous-marin émerge de toute sa longueur. Le torpilleur l’attaque sur l’avant. Nous constatons une explosion qui le fait piquer presque aussitôt et disparaître dix secondes après.
Le S11 n’était qu’à 300 m et devient instable pendant quelques secondes suite à cette explosion.
 
Le S10, qui patrouillait à 5 milles au large du cap Dukato, dans le canal et la baie Vasiliko, arrive au moment où le sous-marin disparaît et lance une bombe à 09h48, à 300m, qui explose à une trentaine de mètres de la tache huileuse observée à l’endroit de la disparition du sous-marin.
 
Survol pendant 20 mn des lieux du sinistre et des torpilleurs qui recueillent les naufragés du sous-marin. La section éclaire les chalutiers et torpilleurs qui font route sur la baie de Vasiliko et rentre à Port Vathy à 10h20.
 
Durée du vol
 
S11  1h55
S10  2h05
 
Signé Jeanblanc
 
Cdlt
 
 


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olivier
n°18164
olivier 12
Posté le 27-06-2009 à 11:23:21  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
 
Après compilation des divers rapports, voici une carte de l'action du 14 Décembre 1917 au nord de Céphalonie et Ithaque.
 
http://img155.imageshack.us/img155/4517/portvathy.jpg
 
On peut situer approximativement les naufrages du CHATEAURENAULT et de l'UC 38 par
 
38°32 N
20°35 E  (2,5 milles dans le 135 du cap, Dukato)
 
On notera que, d'après le pilote de l'hydravion, il y aurait bien eu explosion des torpilles du sous-marin, entraînant sa perte très rapide. L'hydravion aurait même été déséquilibré par la violence de l'explosion. Cela confirmerait les dires des sous-mariniers.
 
Signalons au passage que Vathy, charmant petit port au fond d'une baie bien protégée, était la patrie d'Ulysse si l'on en croit l'Odyssée, et que le passage dans le canal d'Ithaque constitue une très belle navigation touristique... hors période de guerre bien entendu.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 27-06-2009 à 11:27:02

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olivier
n°18167
dbu55
Posté le 27-06-2009 à 15:10:38  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
deux photos de l'équipage de l'UC 38 sur le navire qui les conduisait en France :
 
Le commandant (l'Oberleutnant zur See Hans Hermann Wendlandt)
 
http://usera.ImageCave.com/dbu55/Commandant%20UC38.jpg
 
Les membres de son équipage
 
http://usera.ImageCave.com/dbu55/Equipage%20UC38.jpg
 
Quelqu'un connait-il le nom du navire qui les à ramené en France sur lequel ces photos ont été prises ?
 
cordialement
Dominique


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°18169
olivier 12
Posté le 27-06-2009 à 16:37:57  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Dominique
 
et merci pour ces superbes photos.
 
Le premier interrogatoire d'Hans Wendlandt eut lieu sur le LANSQUENET, mais il semble qu'arrivés à Itéa, au fond du golfe de Corinthe, tous les rescapés aient été transférés sur le navire hôpital SHAMROCK.
Comme il y avait des blessés graves parmi les sous-mariniers allemands, je pense qu'eux aussi ont été envoyés sur le SHAMROCK, sans doute avec une garde spéciale.
 
Les photos semblent avoir été prises très peu de temps après leur récupération; ils ont reçu des combinaisons de prisonniers pour remplacer leurs vêtements mouillés et l'on voit un blessé (sous-officier si l'on en croit la légende de l'original)) enveloppé dans une couverture.
Elles pourraient bien avoir été prises sur le SHAMROCK. Mais il n'est pas certain que ce soit le navire les a ramenés en France.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 27-06-2009 à 16:50:02

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olivier
n°18180
GENEAMAR
Posté le 28-06-2009 à 10:38:33  profilanswer
 

[:alain dubois:8] Au chapître "Pour la petite histoire..."
 
  En page 1, nouvelles insertions concernant les années 1904, 1906, 1909 & 1912...
   :hello:


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Cordialement. Malou
n°18183
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 28-06-2009 à 12:56:06  profilanswer
 


   Bonjour Olivier,
   Bonjour Dominique,
   Bonjour à tous,
 
   Mais il n'est pas certain que ce soit le navire les a ramenés en France.
 
   Sur ordre de l'amiral Gaucher, les 19 prisonniers allemands survivants du naufrage de l'UC-38, dont le commandant et un blessé, furent conduits à Toulon par le transport Seine, escorté par le contre-torpilleur Sagaïe, qui appareillèrent de la rade d'Itéa le 24 décembre 1917 à 7 h 30 G.M.T. 18 se trouvaient auparavant sur le Shamrock, où ils furent débarqués par le Lansquenet, le Vendredi 14 à 18 h ; ils y furent interrogé par l'enseigne de vaisseau G. F. Bessineau, désigné à cet effet par le commandant du Shamrock et commandant de la base navale d'Itéa, le capitaine de corvette Dunoyer, ainsi que par des officiers interprètes "spécialisés" de l'Armée française d'Orient. Le blessé fut soigné à terre à l'Hopital d'Itéa. Le 20e survivant recueilli par le Lansquenet, l'officier en second de l'UC-38, décéda de ses blessures dans cet établissement, le 16 décembre 1917.
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
   

n°18184
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 28-06-2009 à 13:07:08  profilanswer
 


   Re,  
 
   On décompte 18 prisonniers sur la photographie mise en ligne par Dominique. Sachant que le blessé qui se trouvait à l'Hôpital d'Itéa fut ramené de terre et embarqué au dernier moment sur la Seine, donc séparément de ses 17 autres camarades qui, eux, étaient retenus prisonniers à bord du Shamrock, tout laisse penser que le cliché en question a été pris sur la Seine.
 
   Bien amicalement à vous,  
   Daniel

n°18185
dbu55
Posté le 28-06-2009 à 13:14:32  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Merci Olivier et Daniel pour vos précisions  :hello:  
 
cordialement
Dominique


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°18186
olivier 12
Posté le 28-06-2009 à 13:27:30  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
"Le blessé fut soigné à terre à l'hôpital d'Itéa. Le 20e survivant recueilli par le LANSQUENET, l'officier en second de l'UC 38, décéda de ses blessures dans cet établissement le 16 Décembre 1917"
 
Le second s'appelait Alexandre POCK.
Le marin blessé était Hermann KRUGER.
 
(voir fiche UC 38)
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 28-06-2009 à 13:28:46

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olivier
n°19804
pampebru
Posté le 20-08-2009 à 16:45:03  profilanswer
 

Bonjour ,
 
ou peut on trouver la fiche UC 38
merci
Bruno


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pampebru
n°19807
olivier 12
Posté le 20-08-2009 à 17:08:07  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Bruno,
 
Post mis sur le site le 25/05/2009. On peut le trouver en cliquant sur suite des pages jusqu'à cette date (actuellement à la page 23... mais continuera à reculer)
Effectivement, il ne semble pas apparaître avec le moteur de recherche :??: .
 
Cdlt


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olivier
n°19822
Terraillon​ Marc
Posté le 20-08-2009 à 21:35:03  profilanswer
 

pampebru a écrit :

Bonjour ,
 
ou peut on trouver la fiche UC 38
merci
Bruno


 
Bonjour
 
Voici le lien
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2037_1.htm
 
A bientot  :hello:


---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°20167
dbu55
Posté le 30-08-2009 à 15:52:42  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Un autre marin du CHATEAURENAULT :
 
JUSTIN Emile Marcel né le 07/09/1894 à Le Portel (Pas-de-Calais), Matelot de 3ème Classe Sans Spécialité - Décédé le 02/01/1916 (21 Ans) à l'hôpital Bighi à Malte de Maladie
 
Cordialement
Dominique


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°24046
Terraillon​ Marc
Posté le 06-02-2010 à 16:11:30  profilanswer
 

Bonjour,
 

Terraillon Marc a écrit :

Bonsoir
 
Sur le site http://www.ambafrance-mt.org/ (Ambassade de France à Malte), il y a un relevé des marins et soldats enterrés à MALTE
 
 
 
SOLDATS ENTERRES AU CIMETIERE DE BIGHI
 
....
 
JUSTIN Emile, Marcel, matelot sans spécialité du « CHATEAU-RENAULT », décédé le 2 janvier 1916
 
...
 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 06-02-2010 à 16:11:54

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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°27141
thierryj
Posté le 18-08-2010 à 23:17:35  profilanswer
 

Bonjour Amédée Jeanson, le comandant du Chateaurenault était mon arrière grand-père
Quelqu'un aurait-il des photos de mon aïeul ?
merci
Thierry Jeanson  
 

GENEAMAR a écrit :

Bonjour à tous...
 
JEANSON Amédée Jean Marie Augustin
 
Né le 20 juillet 1868 à VERSAILLES (Yvelines) - Décédé le 18 avril 1948 à Le CHESNAY (Yvelines).
Entre dans la Marine en 1886. Aspirant le 5 octobre 1889, Enseigne de vaisseau le 1er janvier 1892. Au 1er janvier 1897, sur le cuirassé "AMIRAL-DUPERRÉ", Aide de camp auprès du Vice-Amiral Edgar HUMANN, Commandant en chef l'Escadre de réserve de Méditerranée. Lieutenant de vaisseau le 20 avril 1898. Au 1er janvier 1899, sur le cuirassé "REDOUTABLE", Escadre du Nord (Cdt Charles ESMEZ). Aux 1er janvier 1901, 1902, sur le croiseur "DUGUAY-TROUIN", École d'application des Aspirants (Cdt Pascal HOUETTE). Le 5 novembre 1902, Commandant un torpilleur de la Défense mobile de LORIENT. Breveté de L'École Supérieure de la Marine, promotion 1907. Chevalier de la Légion d'Honneur. Au 1er janvier 1911 à CHERBOURG. Au 1er janvier 1914, Second, sur l'aviso "CHAMOIS", École des pilotes à TOULON (Cdt Eugène GILLY). À la mobilisation, Commandant ce même bâtiment jusqu'en octobre 1915. Capitaine de frégate le 12 octobre 1915. Le 14 décembre 1917, Commandant le croiseur corsaire "CHÂTEAURENAULT", torpillé par le sous-marin UC38 au cap Ducato en Mer Ionienne :  "Très belle conduite lors du torpillage du navire qu'il commandait : a pris, avec le plus grand sang-froid, toutes les mesures susceptibles de sauver son bâtiment et ne l'a quitté qu'au moment où il allait s'engloutir."


Message édité par thierryj le 18-08-2010 à 23:19:19
n°27143
GENEAMAR
Posté le 19-08-2010 à 06:59:02  profilanswer
 

Bonjour Thierry JEANSON
 
  La fiche biographique de votre ancêtre a été complétée et donc remise à jour.
  Cordialement Malou


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Cordialement. Malou
n°27145
GENEAMAR
Posté le 19-08-2010 à 08:17:36  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
De DURAND de PRÉMOREL Marie Alphonse
 
Né le 25 février 1872 à AUTUN (Saône-et-Loire) - Décédé le 24 octobre 1931 à TOULON (Var).
Entre dans la Marine en 1890. Aspirant le 5 octobre 1893, port LORIENT. Au 1er janvier 1914, sur le cuirassé "MARCEAU", Escadre de Méditerranée (Cdt Paul SERVAN). Au 1er janvier 1896, port LORIENT. Enseigne de vaisseau le 31 mars 1896. Au 1er janvier 1897, sur la canonnière "MÉTÉORE", Division navale de l'Océan Indien (Cdt Louis SAGOT-DUVAUROUX). Au 1er janvier 1899, sur le croiseur "DESCARTES", Escadre d'Extrême-Orient (Cdts Gustave COMPRISTO puis Joseph PHILIBERT). Aux 1er janvier 1900, 1901, sur le cuirassé garde-côtes "JEMMAPES", Division de garde-côtes (Cdt Ernest LAMSON). Au 1er janvier 1902, Officier-Élève de l'École des Fusiliers Marins de LORIENT; breveté. Au 1er janvier 1903, Lieutenant de la 2ème compagnie à ladite École. Lieutenant de vaisseau le 19 octobre 1903. Au 1er janvier 1904, chargé de l'instruction accessoire à la même École. Au 1er janvier 1906, sur le croiseur "JURIEN-DE-LA-GRAVIÈRE", Division navale de l'Océan Atlantique (Cdt Ernest GERVAIS). Au 1er janvier 1908, Officier en instruction à l'École des Officiers torpilleurs. Officier breveté Torpilleur. Au 1er janvier 1909, sur le cuirassé "CHARLES-MARTEL", à TOULON (Cdt François LECOURTOIS). Chevalier de la Légion d'Honneur le 29 décembre 1909. Au 1er janvier 1911, à LORIENT. Le 1er novembre 1911, Commandant un groupe de torpilleurs, Station des torpilleurs de CHERBOURG. Le 10 novembre 1913, Commandant le torpilleur "HACHE", mouilleur de mines, 4ème Escadrille, 1ère Armée navale. Même commandement jusqu'en mai 1915. Capitaine de corvette le 1er juillet 1917. Le 14 décembre 1917, Second sur le croiseur corsaire "CHÂTEAURENAULT" (Cdt Amédée JEANSON), torpillé par le sous-marin UC38 au cap Ducato en Mer Ionienne. Au 1er janvier 1918, port LORIENT. --- Ne figure pas dans les effectifs 1921.  
 [:geneamar:8]


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Cordialement. Malou
n°27335
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 29-08-2010 à 13:51:09  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   Historique (Complément) :
 
   ― 14 décembre 1917 : Torpillé, en mer Ionienne, au cap Ducato, par le sous-marin allemand UC-38 .
 
   L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 5.672, Dimanche 3 févr. 1918, p. 3, en rubrique « Nouvelles maritimes – La guerre maritime – Récompenses à des équipages. » :
 
  « PARIS, 2 février. – Sont cités à l'ordre de l'armée :
 
   Le torpilleur Lansquenet
: " Escorte d'un bâtiment au moment où il a été torpillé par un sous-marin, le Lansquenet, tout en assurant le sauvetage des passagers et de l'équipage, a attaqué le sous-marin et l'a obligé à émerger. Ce sous-marin a sombré sous le feu du torpilleur. "  
 
   Le torpilleur Mameluck : " Escorte d'un bâtiment au moment où il a été torpillé par un sous-marin, le Mameluck, tout en assurant le sauvetage des passagers et de l'équipage, a attaqué le sous-marin et l'a obligé à émerger. Ce sous-marin a sombré sous le feu du torpilleur." »
 
   Le Temps, n° 20.665, Dimanche 3 févr. 1918, p. 2, en rubrique « Marine » :
 
   « CITATIONS A L’ORDRE DE L’ARMÉE. – Sont cités :  
 
   Le torpilleur Lansquenet
: " Escorte d'un bâtiment au moment où il a été torpillé par un sous-marin, le Lansquenet, tout en assurant le sauvetage des passagers et de l'équipage, a attaqué le sous-marin et l'a obligé à émerger. Ce sous-marin a sombré sous le feu du torpilleur. "  
 
   Le torpilleur Mameluck : " Escorte d'un bâtiment au moment où il a été torpillé par un sous-marin, le Mameluck, tout en assurant le sauvetage des passagers et de l'équipage, a attaqué le sous-marin et l'a obligé à émerger. Ce sous-marin a sombré sous le feu du torpilleur." »
 
   _____________________________
   
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 29-08-2010 à 13:59:12
n°29127
Gilles35
Posté le 28-12-2010 à 16:07:43  profilanswer
 

Bonjour,
Ce Pierre Pennec était le frère de mon arrière grand-mère paternelle. Il est né à Brest au 13 rue de la Fontaine (près de la Tour Tanguy - Recouvrance). Il avait également un jeune frère mort sur le Bouvet en 1917 aux Dardanelles. Où pourrais-je trouvé le rôle d'équipage intégral du Bouvet et du Chateaurenault ?
Cordialement.
Gilles
 
 

Rutilius a écrit :


   Bonjour à tous,  
   
   Un autre marin originaire du Finistère disparu avec le Chateaurenault :  
 
      - PENNEC Pierre, Marie, né le 15 juin 1894 à Brest (Finistère), domicilié à Argentan (Orne), Matelot de 2e classe chauffeur, matricule n° 94.959-2 (Jug. Trib. Brest, 9 oct. 1918, transcrit à Argentan, le 19 nov. 1918).
 
   Bien à vous,  
   Daniel.


n°35296
alain13
Posté le 24-10-2012 à 09:16:46  profilanswer
 

Bonjour,
 
Qelques photos du torpillage qui imagent le compte-rendu du commandant du Lansquenet posté par Olivier (sans doute prises du Lansquenet).
 
http://img4.hostingpics.net/pics/652977chateaurenault1.jpg
 
Le Mameluck et  le Lansquenet recueillent les marins du Châteaurenault.
 
http://img4.hostingpics.net/pics/245249chateaurenault2.jpg
 
Ils repartent récupérer les marins tombés à la mer et montés dans les chaloupes qu'ils ont larguées.
 
http://img4.hostingpics.net/pics/324414chateaurenault3.jpg
 
Le Châteaurenault remorqué et suivi par les radeaux va recevoir une seconde torpille.
 
http://img4.hostingpics.net/pics/546634chateaurenault4.jpg
 
La fin du Châteaurenault entrain de couler.
 
Cordialement,
alain
 
(photos "Le Miroir" )


Message édité par alain13 le 24-10-2012 à 09:21:20
n°36369
DIma11
Posté le 18-02-2013 à 21:27:03  profilanswer
 
n°37836
olivier 12
Posté le 30-07-2013 à 11:26:37  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une photo prise à bord du CHATEAURENAULT
 
http://imageshack.us/a/img24/5694/fv42.jpg
 
Cdlt


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olivier
n°38260
Memgam
Posté le 12-10-2013 à 09:25:26  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Cordialement.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser%20360.jpg

n°40298
Memgam
Posté le 23-07-2014 à 18:28:51  profilanswer
 

Bonjour,
 
"A 9 h 45, le Châteaurenault est vengé : l'équipage de l'UC 38 sorti précipitamment par les panneaux, est fauché par les projectiles de 65 de nos destroyers et les survivants se jettent à l'eau pendant que le sous-marin sombre par l'arrière" Dessin de Sandy Hook.
 
Source : Emile Vedel, La fin d'un sous-marin allemand,  L'Illustration n° 2910 du 9 février 1918, page 137 à 139, dessin de la page 138.
 
Cordialement.
 
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser23.png

n°40613
gkarelas
Posté le 24-09-2014 à 09:40:31  profilanswer
 

Bonjour tout le monde, ce week-end, j'ai trouvé une vieille carte postale achetée par ma mere.This avait une illustration du fort de Rion près de Patras, en Grèce. J'ai été étonné de voir à l'arrière que cette carte avait été écrit par un marin français du Chateaurenault. Est-ce que quelqu'un sait quelque chose sur une passe possible de Chateaurenault de Patras en juillet 1916?http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3696/cardpostale1.jpg


Message édité par gkarelas le 24-09-2014 à 09:42:41
n°44192
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 27-02-2016 à 21:51:53  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
                        Commandant de BALINCOURT : « Les flottes de combat en 1914 », éd. Augustin Challamel, Librairie maritime et coloniale, Paris, c.a. 1914, 792 p.
 
 
                                                                  http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CHATEAURENAULTNotice..jpg
 
                                                                    (p. 423)
 
 
                                                                  http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CHATEAURENAULTSilhouette..jpg
 
                                                                  (p. 422)
 
 
          Commandant de BALINCOURT : « Album illustré des flottes de combat. Avec 370 photographies de bâtiments. », Berger-Levrault & Cie, Paris-Nancy, 1907, p. 180.
 
 
                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CHATEAURENAULT.jpg
 
                                                 


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°44193
NIALA
Posté le 27-02-2016 à 22:05:13  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/8678/CHATEAURENAULT19101.jpg
 
Le croiseur Chateaurenault en 1910  
 
 
Alain


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Cordialement
 
n°44640
Vincent Ju​illet
Posté le 22-04-2016 à 19:34:19  profilanswer
 

Bonjour,
 
Cette carte postale du Châteaurenault a été envoyée vers 1916-1917 depuis Brest.
 
http://vincent.juillet.free.fr/images/Chateaurenault.jpg
 
Bien cordialement


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cahier de guerre Constant Vincent au 57e et 60e RI
 
n°44882
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 16-05-2016 à 18:22:52  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CHATEAURENAULTV.2..jpg
 
                                                                           Armée et Marine, n° 56 exceptionnel, Dimanche 18 mars 1900, 1re de couverture.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°45554
olivier 12
Posté le 30-11-2016 à 07:48:54  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Rapport complet du CF JEANSON sur la perte du CHATEAURENAULT
 
J’ai l’honneur de vous rendre compte de la traversée du CHATEAURENAULT qui s’est malheureusement terminée par la perte du bâtiment.
Conformément aux ordres du CV Commandant supérieur à Tarente, le convoi CHATEAURENAULT – ROUEN escorté par LANSQUENET et MAMELUCK a appareillé le Jeudi 13 Décembre à 15h00. A 15h45, passé le barrage de Tarente et fait route pour nous porter à 10 milles dans le Sud du barrage à 14,7 nœuds.
Dès que le torpilleur pilote nous a quitté, pris la formation de jour, ROUEN par tribord du CHATEAURENAULT, le relevant entre 75 et 80° à 600 m, MAMELUCK à 800 m par le travers bâbord du croiseur et  LANSQUENET à 800 m sur l’avant du travers tribord de ROUEN. Route en lacets.
A 16h35, venu au S21E. Cessé les zigzags à la nuit et pris la ligne de file. Routes diverses et à partir de 21h00 réduit à 14 nœuds pour ne pas arriver à l’origine du chenal d’Oxia avant 09h00, ainsi que prescrit par les instructions du Commandant supérieur.
 
Vers 23h15, ROUEN vient en grand sur la gauche et disparaît. Diminuer la vitesse à 9 nœuds et envoyé MAMELUCK chercher ROUEN et rendre compte de ce qui se passait. Allumé la ratière.
 
A 00h20 le 14 Décembre, apercevons ROUEN et MAMELUCK qui rallient. ROUEN reprend son poste et nous remettons à 14 nœuds. MAMELUCK signale que ROUEN a eu une avarie de barre. A 05h30, aperçu la terre. Repris la formation et les zigzags et remonté à 14,7 nœuds. Fait route pour passer à 2,5 milles au Sud de Dukato. En arrivant dans le SW de Dukato, aperçu à grande distance dans le SE un objet douteux que l’officier de quart croit être un périscope, mais sans certitude. Par précaution, venu de 60° sur la gauche pour nous écarter franchement et fait signe au convoi de me suivre. Puis à 06h00, lorsque je m’estime suffisamment éloigné, repris la route au N57E. A 08h00, venu au S80E et passé au Sud de Dukato.
 
Le mouvement venait de s’effectuer et nous nous trouvions dans le Sud de la baie de Vasiliko avec ROUEN à 600 m derrière nous, LANSQUENET à 800 m par son travers tribord et MAMELUCK à 700 m à bâbord de nous, quand nous sentons un violent coup sur la coque, suivi de trépidations. Me retournant, je vois une énorme gerbe d’eau, d’écume et d’eau noire à tribord, juste sous le canot et la baleinière qui sont démolis. C’était sur l’avant de la coupée. En même temps, je vois  la trace du sillage venant très obliquement de l’arrière.
 
Aussitôt la machine stoppe, la lumière électrique s’éteint partout. Tout le monde à bord a un instant de stupeur, mais il n’y a aucun affolement. Le bâtiment reste à peu près droit avec 1 degré de bande sur tribord, mais se redresse aussitôt. Le chef mécanicien Badelon me fait prévenir que les chaufferies 3 et 4 sont envahies par l’eau, que les conduits de vapeur se sont rompus et qu’il n’y a plus de pression du tout. Le bâtiment s’enfonce lentement par l’arrière. On prend les dispositions pour mettre les radeaux à la mer, mais le bâtiment a encore trop d’erre en avant et de défends de les jeter à l’eau. La sécurité ne paraissait pas menacée.
J’invite tous les soldats à garder leur sang froid leur disant que le bâtiment ne coulera pas encore. Tous m’écoutent avec une grande discipline et je leur donne l’ordre de se rendre aux postes d’évacuation qui leur avaient été désignés à leur embarquement, la veille au matin. Chacun s’y rend sans un cri et sans bousculade.
 
Le lieutenant-colonel De Bieuvre, chef du détachement, est venu de suite sur la passerelle prendre mes ordres. Je lui dis de faire mettre les hommes aux postes d’évacuation et de veiller à ce que rien ne soit mis à la mer sans ordre. Cet officier supérieur a dirigé le personnel avec la plus grande autorité et le plus grand sang froid. Dès son arrivée à bord, il avait organisé suivant nos indications tout son personnel qui se trouvait encadré dans des conditions sérieuses. Son autorité s’était fait sentir dès l’embarquement des troupes. A ma demande, il avait mis partout des gradés responsables de l’ordre et de la discipline pour les soldats. Il veillait à tout avec grand soin et activité.  
 
Pendant ce temps, je cherche à me rapprocher de la terre pour tenter d’échouer le bâtiment si je pouvais me faire remorquer. Le servomoteur ne fonctionnant plus, embrayé la barre à bras. L’Enseigne de Vaisseau Hervé s’y rendit avec deux marins et des soldats de bonne volonté. La barre fut mise toute à gauche et, sur son erre, le bâtiment vint de 90° cap sur l’entrée de la baie de Vasiliko.
 
Le mécanicien principal de 2e classe Tual, qui était de quart dans la machine, vient me prévenir que l’eau commençait à se déverser doucement dans les machines. Fait hisser le ralliement pour les torpilleurs et donné l’ordre d’amener les radeaux et d’évacuer tout le monde. LANSQUENET nous accoste à tribord avant et MAMELUCK à bâbord arrière. Un certain nombre d’hommes prend place sur les radeaux et la plus grande partie embarque sur les contre-torpilleurs. Le mouvement s’exécute avec un ordre superbe, sans bousculade. Les embarcations, un canot et deux baleinières, sont amenées comme le prévoit le rôle d’évacuation, avec seulement le personnel nécessaire pour donner la main à rallier les radeaux qui auraient pu se séparer et à sauver les hommes qui auraient pu tomber à la mer. Tout le monde à bord, sans exception, avait sa ceinture de sauvetage capelée depuis la veille.
 
Le commandant en second, le Docteur, les mécaniciens et Mr. Coiffard firent une ronde dans les batteries, aux panneaux des chaufferies, des machines, des magasins, demandant s’il ne restait personne. Aucune réponse n’arriva et aucune plainte ne se fit entendre. Je donne alors l’ordre aux contre-torpilleurs de s’éloigner.
 
Trois chalutiers, VERVEINE, BALSAMINE et SHAMROCK II, ont peu à peu rallié. SHAMROCK II et VERVEINE ramassent le personnel sur les radeaux. BALSAMINE nous accoste pour prendre notre remorque et embarque encore quelques soldats et marins. Il ne reste plus sur le pont avant que le Commandant en second, le Capitaine de Corvette Durand de Premorel, le Docteur Bertaud du Chazaud, le Lieutenant de Vaisseau Janssen, l’Enseigne de Vaisseau de 1ère classe Bros, l’Enseigne de Vaisseau de 2e classe Coiffard, le Mécanicien Principal de 1ère classe Desboeuf, le Mécanicien Principal de 2e classe Tual, Le maître de manœuvre Laurent, le second maître canonnier Leroux, le second maître électricien Le Gouanf, le second maître de manœuvre Guennou, le maître mécanicien Tory, les marins Auvray, Boursier et Jego et deux soldats qui ne veulent pas partir et veulent absolument donner la main à la manœuvre, pleins de zèle et d’entrain, disant qu’ils nageaient comme des poissons. Ces soldats sont Masson Henri, 176e Régiment d’infanterie, matricule 2525, et Delemer Ferdinand, 176e RI, matricule 1188.
 
Tout ce personnel donne la main à disposer l’aussière pour la remorque, tandis que je reste sur la passerelle pour surveiller ce qui se fait. Mr. Bros, le docteur et le maître Laurent descendent dans la batterie aux chaînes pour dégager l’aussière. Il était 08h57, quand nous ressentons à l’avant une commotion effrayante à la hauteur des puits aux chaînes. Une 2e torpille venait de nous frapper à peu près normalement. Une gerbe d’eau énorme s’abattit sur le gaillard, renversant tout le monde. Sur la passerelle, je fus soulevé par la secousse, mais ne reçut pas d’eau.
Aussitôt, le bâtiment s’enfonça rapidement de l’avant. Il était temps de faire évacuer le reste du personnel. Ceux qui étaient descendus dans la batterie aux chaînes, aveuglés par la poussière et la chaux, purent remonter. Je donnai l’ordre de faire embarquer tout le monde sur le chalutier..
 
Nous avions pu tirer quelques coups de canon sur le sous-marin aperçu à tribord. Nous avions tiré également par bâbord sur un sillage de périscope à 2000 m environ. Le second maître canonnier Le Roux a été merveilleux de calme et de présence d’esprit. L’officier d tir, Mr. Bros, était à la pièce, chargeant, donnant les hausses et dirigeant le tir.
 
Peu à peu, le mouvement d’enfoncement de l’avant s’accentua. Il ne restait plus à bord que le docteur Bertaud du Chazaud et moi et le docteur vint me dire d’embarquer. Je descendis sur le pont et donnai l’ordre au docteur d’embarquer avant moi et, voyant que le bâtiment allait disparaître, je passai sur BALSAMINE, le dernier du bord. Le bâtiment était si enfoncé que je pus passer directement du pont spardeck sur l’arrière de la casemate bâbord, au plat bord du chalutier. Dès que je fus embarqué, le chalutier fit arrière pour se dégager. L’eau arrivait à l’encorbellement milieu. Le bâtiment apiquait de plus en plus, mais sans bande appréciable. Ce fut l’affaire de 15 secondes pour qu’il disparaisse complètement. Il s’inclina à 45° sur l’avant, glissa comme sur un plan incliné à une vitesse effrayante. La passerelle fut arrachée, le mât avant se rabattit sur l’arrière, puis le mât arrière. Tout fut enlevé dans un bouillonnement et un fracas violent. Le chalutier avait à peine culé d’une longueur que CHATEAURENAULT avait disparu. La torpille avait frappé à 08h57 et avant 09h00 il s’engloutissait devant tout le monde découvert, qui criait « Vive la France ».
 
Pendant de temps, les torpilleurs n’étaient pas restés inactifs. Aussitôt éloignés du bord, ils s’étaient mis à patrouiller. Quand la 2e torpille nous a touchés, LANSQUENET a vu d’où elle partait, s’est précipité et a lancé une série de grenades. Le sous-marin a montré le haut de son kiosque et le feu a aussitôt été ouvert par les bateaux. LANSQUENET est revenu sur le sous-marin et a relancé des grenades, accompagné par MAMELUCK. Le sous-marin émergea complètement et le feu continua. On voyait courir du monde sur le pont du sous-marin et les contre-torpilleurs s’approchèrent.  
Le feu cessa et le sous-marin s’enfonça par l’arrière tandis que les torpilleurs amenaient leurs embarcations. Le sous-marin disparut sous les cris frénétiques de tous les naufragés embarqués sur les torpilleurs, les chalutiers et les radeaux. CHATEAURENAULT était vengé.
 
J’avais décidé d’aller à Vasiliko pour attendre que le chenal fut dégagé d’un sous-marin annoncé de ce côté. On ramassa tous les hommes sur les radeaux. Les baleinières et le canot rendirent de grands services. La chaloupe put être sauvée. Dès le premier torpillage, on avait largué ses saisines ainsi que celles du vapeur et de la vedette. Quand le bâtiment s’enfonça, la chaloupe flotta au milieu des tourbillons sans embarquer une goutte d’eau. Mais le vapeur et la vedette furent broyés.
 
Une fois tout le monde des radeaux ramassé par les chalutiers, on fit route sur Vasiliko, tout en surveillant l’horizon. On vit encore sur bâbord un sillage semblant celui d’un périscope à 1200 m et on tira quelques coups de canon. Les chalutiers mouillèrent à Vasiliko et les contre-torpilleurs nous rejoignirent. On fit passer une partie du personnel des chalutiers sur les torpilleurs. On me prévint que SPAHI arrivait. Je résolus de l’attendre et fit partir les deux torpilleurs pour Itea qu’ils pouvaient atteindre avant la nuit à 20 nœuds. Je tenais à envoyer les troupes à destination le plus tôt possible, à remplir la mission. SPAHI arriva et embarqua ceux qui restaient, environ 273 personnes. On avait pu donner à manger à ce personnel et à celui des chalutiers. SPAHI ne pouvait marcher à plus de 15 nœuds, ayant des avaries de chaudière et manquant d’eau. Je fis donc route sur Patras où je savais pouvoir faire souper et dormir les hommes. Nous y arrivâmes à 17h30 et je m’entendis aussitôt avec l’EUROTAS qui put nourrir tout le monde. Les officiers furent logés à l’hôtel et les soldats et marins sit dans l’ambulance, soit dans un magasin. Mais il n’y avait pas de couvertures.
 
SPAHI repartit le 15 à 07h00 pour Itea, avec les soldats restés à Patras. Tout le personnel marin resta à Patras pour attendre les ordres, et les marins d’Itea revinrent à Patras.
 
Dans ces douloureuses circonstances, je tiens à exprimer toute la satisfaction et la consolation que j’ai ressenties à voir la discipline générale, l’ordre parfait, le calme absolu et la confiance que tout le monde m’a témoignés, aussi bien les soldats que les marins. Tous les ordres ont été exécutés avec calme, silence, sans affolement, comme à l’exercice.
Les mesures ordonnées ont été ponctuellement exécutées. Chacun savait ce qu’il avait à faire. Du reste, nous avons été servis par un temps superbe, avec la proximité apparente de la terre des deux bords qui a contribué à augmenter la confiance. Sur les radeaux, beaucoup de soldats se sont mis à fumer leur pipe et à plaisanter. Le moral était excellent.
 
J’estime que la 1ère torpille a été lancée de 1500 m. LANSQUENET a vu le sillage sur son avant lorsque nous avons été touchés. La torpille a frappé obliquement entre les chaufferies 3 et 4. La 4 s’est remplie instantanément et la 3 presque aussitôt. Les hommes de la chaufferie 3 ont pu s’échapper en partie malgré l’obscurité complète. Ceux de la chaufferie 2 évacuèrent tous. Dans la chaufferie 4, on nettoyait les chaudières et ceux qui étaient dans l’intérieur des chaudières n’ont pu se sauver. Dès l’explosion, la pression est tombée à 0, les collecteurs s’étant rompus et les dynamos ont stoppé. L’éclairage de fortune (huile et vaclite) s’est éteint. Les fanaux ont été arrachés. Le mécanicien principal Tual, qui était de service, est monté de la machine tribord et a voulu descendre dans les chaufferies 3 et 4. Mais elles étaient déjà pleines jusqu’au pont cuirassé. Tout le monde a pu évacuer les machines qui s’étaient arrêtées d’elles même par suite du manque de pression. Pour cette raison, on n’a pu utiliser aucun moyen d’épuisement.
 
Il n’y a pas eu de vapeur du tout dans les batteries. La vapeur s’échappant des collecteurs s’est condensée avec l’eau qui avait envahi les chaufferies. Il y a eu seulement des nuages de poussière de charbon sortis par les trous de soutes, qui ont tout obscurci. Les cloisons ont tenu bon et les portes étanches, fermées, n’ont laissé couler que peu d’eau.
 
Ce qui a contribué au sauvetage fut la précaution prise à l’avance d’avoir boulonné les échelles qui étaient auparavant simplement crochées par le haut. Sans cette précaution, les échelles, soulevées par la projection verticale se seraient décrochées, seraient retombées n’importe comment et toutes les communications avec les différents ponts seraient devenue impossibles.
 
On a déposé sur LANSQUENET le rôle d’équipage et les documents secrets de la TSF, ainsi que les documents secrets et confidentiels non lestés destinés à l’officier de quart. Nous avions à bord 1200 sacs postaux qui ont disparu.
Deux officiers supérieurs anglais avaient pris passage à bord. L’un d’eux transportait un courrier important du Gouvernement anglais qu’il a pu sauver.
Trois malades étaient alités à l’infirmerie mais ont pu s’habiller rapidement et être évacués.
Tout le personnel de la bordée de veille était à son poste, armant les 14 en encorbellement, les deux 16 et le 47 de la passerelle avant.
Deux groupes de chaudières étaient allumés, les 2 et 3 avant et milieu arrière. Le groupe 4 était en nettoyage régulier, et le 1 ne sert qu’en rade. On pouvait ainsi donner 85 à 88 tours, et en cas de besoin 90 à 92 tours pendant quelques minutes, soit 17 nœuds.
 
Avant de terminer ce rapport, je tiens, Amiral, à répéter combien j’ai été aidé dans ma tâche douloureuse par la discipline et le bon esprit de tous et je vous adresse dans une note spéciale une liste des noms de ceux qui se sont le plus particulièrement distingués par leur activité, leur abnégation et leur haute valeur militaire en vous demandant de bien vouloir leur accorder les récompenses que vous jugerez devoir leur attribuer.
 
Voici la signature du Capitaine de Frégate JEANSON
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/XDadBc.jpg
 
Lettre du 28 Février 1935 du quartier maître GAZAGNE au Commandant du Bureau de recrutement Maritime de Toulon
 
Commandant,
 
Me trouvant dans l’obligation de fournir le titre m’autorisant au port de la Croix de Guerre, je vous serais très obligé de bien vouloir faire le nécessaire pour me procurer le titre de la citation à l’Ordre de l’Armée.
Pour avoir participé à la destruction du sous-marin ennemi qui torpilla le transport de troupes CHATEAURENAULT au cap Leucade en 1917, en qualité de QM mécanicien observateur d’hydravion, faisant alors partie de la section de Port Vathy, à Ithaque, sous les ordres du commandant Guiton, à l’escadrille de Milika ou Plateali.
 
Voici mes coordonnées :
 
GAZAGNE Marcel Raoul  Matricule 47033 .5
Mécanicien à bord du yacht FLECHE BLANCHE
Port de Longchamp
Paris 16e
 
Lettre du 4 Mars 1935 du commandant du Bureau de recrutement Maritime de Toulon au chef du Service Historique de la Marine. Rue Octave Gréard. Paris 7e
 
L’article matricule de GAZAGNE Marcel Raoul, 47033.5, quartier maître mécanicien du 1er Avril 1916 et second maître mécanicien du 1er Janvier 1919, observateur d’hydravion, ne mentionne aucune citation.
 
Pour permettre la mise à jour de ce matricule et donner, s’il y a lieu, satisfaction à l’intéressé, j’ai l’honneur de vous demander de nous faire connaître la citation dont il a pu être l’objet.
 
Réponse du Capitaine d Frégate BARBIER, Chef de la Section historique
 
Le Vice Amiral Commandant en Chef la 1ère Armée Navale a cité à l’Ordre du Jour en Décembre 1917
 
Citation à l’Ordre de l’Armée
 
GAZAGNE Marcel Quartier maître mécanicien observateur du centre de Plateali
 
A pris part à l’attaque du sous-marin qui avait torpillé le CHATEAURENAULT
 
Signé Gauchet
 
A propos de cette escadrille de Plateali voir ce site qui a repris les informations fournies par le forum, et notamment la carte des opérations aériennes du 14 Décembre 1917, et les a complétées. On peut d’ailleurs penser que tous les autres aviateurs ont été cités à l’Ordre de l’Armée.
 
http://albindenis.free.fr/Site_esc [...] ostoli.htm
 
Note du service TSF de Milo au commandant du croiseur FOUDRE, commandant la base de Milo. 14 Décembre 1917.
 
Je vous rends compte du fait suivant :
 
Le croiseur KILKIS, indicatif CK, a brouillé les communications de détresse émises par Dukato et émanant du croiseur CHATEAURENAULT.
Le signal SOS émis par Dukato a eu lieu à 07h19 et quelques instants après KILKIS (CK) a appelé TD (Très longs appels).
A 07h30, Dukato travaillait et KILKIS l’a à nouveau brouillé en rappelant TD.
A 07h32, KILKIS a passé un télégramme n° 128 et a brouillé la répétition du signal d détresse émis cette fois par Moudros.
A 07h37, il nous était encore impossible de suivre les communications de Dukato, toujours brouillées par le KILKIS.
 
Dans un rapport précédent du 21 Août 1917, j’avais déjà signalé les difficultés survenues dans l’échange des communications par suite du fréquent brouillage venant des stations grecques. La sécurité de nos communications est fortement compromise par suite de l’inobservation du règlement international et du sans-gêne des opérateurs grecs. Je vous demande de bien vouloir transmettre la présente note à qui de droit.
 
Annotation manuscrite du CF commandant FOUDRE, portée sur cette note
 
Je transmets à Monsieur le Capitaine de Vaisseau Chef de Division cette note du chef de station TSF de LA FOUDRE. Le poste TSF du cuirassé grec KILKIS a commis une infraction grave aux règlements internationaux de la convention radiotéléphonique de Londres 1912, dont il y a grand intérêt à empêcher le renouvellement.
Il est d’ailleurs surprenant que JUSTICE (TD) s’il est à Salamine sur la même rade que le bâtiment grec, ne lui ait pas imposé le silence.
 
Nota
 
KILKIS était l’ex-Américain MISSISSIPI mis en service en 1908. Transféré à la Grèce en Juillet 1914, il devient le navire amiral de la flotte grecque. Il sera coulé par bombardement aérien le 23 Avril 1941 dans le port de Salamine et renfloué pour démolition en 1947.  
Le voici photographié en 1922, puis coulé à Salamine en 1941.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/Bcq7YQ.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/6nqtxV.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 30-11-2016 à 07:51:21

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olivier
n°45719
trinita
Posté le 24-12-2016 à 16:57:39  profilanswer
 


"1917 : transport de troupes de l’Armée d’Orient entre Tarente et Itéa"
Petit complément : le Châteaurenault transporte des troupes de l'Armée d'Orient dès décembre 1916 (entre le 6 et le 10 décembre), en particulier le 8e RIC.
 
Cordialement,
Thierry
 

n°45811
olivier 12
Posté le 12-01-2017 à 09:59:46  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Quelques autres images du CHATEAURENAULT
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/7mXIJ5.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/921/fWF07X.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/e3QnZr.jpg
 
Cdlt


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olivier
n°47425
gkarelas
Posté le 06-10-2017 à 07:42:30  profilanswer
 

 
 
L'épave a été retrouvée récemment en Grèce. Voici l'annonce  
 
l'épave du navire de transport Français Chateaurenault a été trouvée et identifiée près de l'île de Lefkas en Grèce en Août dernier
 
Le navire de guerre a été coulé en 1918 transportant des troupes Francais d'Italie vers Itea avec destination finale Salonique pendant la Première Guerre mondiale.
 
Il a été coulé par une torpille du u-boat allemand uc-38 qui a également été coulé par les navires d'escortes Français à proximité.
 
L'épave a été trouvée et documentée par un ROV , véhicule opérer à distance à 300 mètres de profondeur.  
 
Multibeam side scan sonar a aussi été utilisé pour l'identification.
 
 
L'épave était située après des années de recherche d'enthousiasmes historiques avec l'aide des pêcheurs locaux
 
https://www.facebook.com/makis.soti [...] 9764152095

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