Bonjour Marc,
Bonjour à tous,
Petits compléments :
■ Les circonstances de la perte du Ciboure, survenue le 5 juillet 1917 en mer de Gozzo.
I. – Rapport de mer du lieutenant de vaisseau Tariel (C. L. E.), commandant la canonnière Moqueuse, au Commandant de la rade d’Argostoli (7 juillet 1917).
(Chemise « Correspondance reçue, notes, instructions pour les convois » – 18 déc. 1916 / 30 oct. 1918 – : Moqueuse – S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 360, p. num. 789 – manuscrit original –).
« n° 13. – 7 juillet 1917
Le Lieutenant de vaisseau Tariel, commandant la Moqueuse,
à Mr le Capitaine de vaisseau, commandant la rade d’Argostoli.
Je suis parti de Bizerte le 4 juillet à 6 heures avec le Gafsa et le Ciboure, conformément aux instructions ci-jointes.
Le 5 juillet, à 9 h 40 centrale été, le Ciboure a été torpillé par bâbord arrière par 36° 04' et 13° 42' en mer de Gozzo sur la route prescrite. La Moqueuse, qui faisait des lacets à 600 mètres devant le convoi, se trouvait alors à 5° tribord sur l’avant du Ciboure, placé à gauche du Gafsa.
Le lancement et le sillage de la torpille ayant été très visibles, j’ai manœuvré immédiatement pour attaquer le sous-marin à la grenade. Le point initial a encore été précisé par des coups de canon du Ciboure, dont les canonniers venaient d’apercevoir le périscope du sous-marin émergeant après le lancement. J’ai lancé dans ces conditions 7 grenades, dont 6 à retardateur, à 25 mètres de profondeur. Dans l'explosion de la deuxième, il a été constaté des débris aussi bien à bord de la Moqueuse qu'à bord du Ciboure. Cette explosion s’est d’ailleurs produite, d’après les canonniers du Ciboure, à l’endroit précis du périscope.
J’ai donné l’ordre au Gafsa de continuer sa route et j’ai recueilli l’équipage complet du Ciboure qui avait quitté le bord. Le Ciboure disparaissait à 10 h 10. J’ai fait un dernier tour sur les lieux, puis j’ai rejoint le Gafsa.
A 11 h 55, le Capitaine de vaisseau délégué à Malte, prévenu du torpillage, m'ordonnait par télégramme 1733 de continuer ma route avec le Gafsa sur Argostoli. J’ai pris position d’escorte à 300 mètres devant le Gafsa, auquel j’ai ordonné de faire des lacets. Arrivé le 7 à 9 heures centrale été. (*) »
II. – Rapport de mer du lieutenant de vaisseau Tariel (C. L. E.), commandant la canonnière Moqueuse, au Commandant de l’Hélène (11 juillet 1917).
(Chemise « Correspondance reçue, notes, instructions pour les convois » – 18 déc. 1916 / 30 oct. 1918 – : Moqueuse – S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 360, p. num. 787 et 788 – manuscrit original –).
« n° 15. – 11 juillet à Hélène.
Je suis parti de Bizerte le 4 juillet à 6 heures avec le Gafsa et le Ciboure, conformément aux instructions ci-jointes. La formation a été tenue jour et nuit, Ciboure à gauche. De jour, je faisais des lacets inclinés de 25° entre les deux limites fixées par les instructions et à 600 mètres devant le convoi.
Le 5 juillet, à 9 h 40 centrale été, par 36° 04' et 13° 42' E, le Ciboure reçoit une torpille par bâbord arrière, gerbe et fumée énorme. La Moqueuse se trouvant alors à 5° tribord du Ciboure, vient en grand sur la gauche et fait route à 13 nœuds sur l'origine du sillage qui apparaît très visible pour attaquer le sous-marin à la grenade.
Le Ciboure a fait machine arrière puis a stoppé. Il amène ses embarcations pendant que les
canonniers arment la pièce arrière et ouvrent le feu. En élongeant le Ciboure, je fais signe pour demander si je fais bonne route. Sur la réponse affirmative par signes, je gouverne sur le dernier point de chute des projectiles du Ciboure, à 100 mètres devant mon étrave. Le point de chute était d'ailleurs un peu en dedans de l'origine du sillage.
Je lance 7 grenades, dont 6 à retardateur, à 25 mètres de profondeur, en commençant 50 mètres environ avant le point choisi. Dans l'explosion de la deuxième, il a été constaté des débris aussi bien à bord de la Moqueuse qu'à bord du Ciboure. Les canonniers du Ciboure, qui voyaient tout par le travers à 600 mètres, sont encore plus affirmatifs. D'après eux, cette explosion aurait eu lieu à l'endroit précis du périscope qui avait réapparu après le torpillage et sur lequel ils tiraient.
Je me dirige sur le Gafsa, qui faisait alors demi-tour, et, revenant près du Ciboure, je lui donne l'ordre de continuer sa route pendant que je vais recueillir l'équipage du Ciboure, réunis alors dans les deux embarcations. Il doit être 9 h 55.
Comme le Ciboure n'est pas coulé, je demande au Commandant si je puis prendre la remorque. Il me répond que cela est inutile car l'explosion qui a eu lieu dans la cale 3 a crevé la cloison de la machine, et il estime que le bateau ne peut être sauvé. Sur ma demande, il fait route pour retourner à F... ; mais à mi-chemin, je l'arrête, car le Ciboure s'enfonce alors rapidement de l'arrière. L'équipage est complet : seuls quelques hommes qui ont été dans l'explosion ont de légères contusions et écorchures. Je me rapproche du Ciboure et, à 10 h 10, celui-ci coule par l'arrière sans chavirer. Je fais un dernier tour sur les lieux, puis je rejoins le Gafsa.
A 11 h 55, le Capitaine de vaisseau délégué à Malte, que j'ai prévenu du torpillage, m'ordonne par télégramme 1733 de continuer ma route avec le Gafsa sur Argostoli. Je prends position d'escorte à 300 mètres derrière le Gafsa et je lui ordonne de faire des lacets. Arrivé à Argostoli le 7 à 9 heures centrale été. (*) »
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(*) Heure d'été de Méditerranée centrale.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 21-12-2011 à 23:28:34