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■ L’arraisonnement du paquebot hollandais Nieuw-Amsterdam par La Savoie (2 septembre 1914).
Le paquebot de la Compagnie générale transatlantique La Savoie fut armé en croiseur auxiliaire du 7 au 19 août 1914 au Havre, puis du 19 au 24 août 1914 à Cherbourg.
Après avoir effectué des essais d’artillerie à la mer les 24 et 15 août 1914, ce bâtiment sera d’abord affecté à la Ligne de blocus de la Manche sous le commandement du capitaine de frégate Tourrette. Dans ce contexte, le 2 septembre 1914, il arraisonnera et déclarera « prise de guerre » le Nieuw-Amsterdam qu’il conduira en rade de Brest. De même, le 27 octobre 1914, il arraisonnera et déclarera « prise de guerre » le Zelandia qu’il dirigera également sur Brest.
L’arraisonnement du Nieuw-Amsterdam fut matériellement exécuté le 2 septembre 1914 par l’enseigne de vaisseau Vittu de Kerraoual, envoyé à son bord par le commandant de La Savoie. Cet officier procéda à la saisie d’un grand nombre de sacs de farine, en partie destinée à l’alimentation animale, de caissettes de farine de maïs, dite « Maizena Flour », ainsi que d’un lot de caisses de conserves de viande ; il en dressa procès-verbal sur le champ. Le procès-verbal de déchargement des marchandises saisies fut établi le 6 septembre 1914 par le commissaire de la Marine de 1re classe Cornut-Gentille, assisté d’un ingénieur de la Marine interprète. Enfin, le procès-verbal d’enquête fut rédigé par le commissaire en chef de la Marine Hudelist, alors commissaire aux prises du port de Brest.
La décision de saisie arrêtée au nom de l’État français par les capteurs fut contestée devant le Conseil des prises par le capitaine et l’armateur du Nieuw-Amsterdam, ainsi que par les propriétaires, chargeurs et destinataires de la cargaison. Par une décision en date du 19 février 1915 (Affaire du navire hollandais Nieuw-Amsterdam : J.O. du 21 avr. 1915, p. 2.458 ; Rev. gén. dr. int. publ., T. XXII, 1915, Jurisprudence des prises, p. 13 à 16), le conseil déclara « bonne et valable » la prise des farines destinées aux animaux, mais se borna à homologuer des mesures de contrôle afin de réserver à la seule consommation néerlandaise celles de ces moutures destinées à l’alimentation humaine.
Enfin, la décision du Conseil des prises fut elle-même déférée par les intéressés à la censure du Président de la République. Sur le rapport du Conseil d’État, elle fut en partie réformée par le décret du 29 août 1919 « relatif au recours formé par MM. Johan Kopmans et Cie, Mathieu Luchsinger et Cie, et Grippeling et Verkley contre la décision du Conseil des prises du 19 février 1915 dans l’Affaire du navire néerlandais Nieuw-Amsterdam » (JO du 9 oct. 1919, p. 11.142 ; Rev. gén. dr. int. publ., T. XXVII, 1920, Jurisprudence des prises, p. 56 à 60).
Outre la saisie des denrées qui constituaient la cargaison du Nieuw-Amsterdam, furent appréhendés et internés en Bretagne des passagers allemands et autrichiens, qui avaient pris place à son bord, au motif qu’ils devaient être considérés comme réservistes des armées allemande et autrichienne :
● L’Ouest Éclair – éd. de Rennes –, n° 5.514, Dimanche 6 septembre 1914, p. 4, en rubrique « Dernière heure » :
« Des mobilisés allemands à bord d’un navire hollandais
BREST, 5 septembre. ― A bord du transatlantique hollandais New-Amsterdam, capturé par la Savoie, se trouvaient 400 sujets allemands et 250 autrichiens, allant prendre du service dans leur pays. Ils ont été internés au fort du Bouguen et au fort de Crozon.
Le navire hollandais Fortuna, venant des Antilles avec du café, des marchandises et quelques lingots d’argent, a été arrêté par le Friant et conduit à Brest. »
● Le Temps, n° 19.419, Dimanche 6 septembre 1914, p. 4, en rubrique « Dernières nouvelles – La guerre » :
« Brest, 5 septembre.
A bord du transatlantique hollandais New-Amsterdam, capturé par la Savoie, se trouvaient quatre cents sujets allemands et deux cent cinquante Autrichiens, allant prendre du service dans leur pays.
Ils ont été internés au Bouguen et au fort de Crozon.
Le navire hollandais Fortuna, venant des Antilles avec du café, des marchandises et quelques lingots d’argent, a été arrêté par le Friant et conduit à Brest. »
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 19-02-2010 à 22:56:43