Bonjour à tous,
VENDEE, rencontres avec des sous-marins
Rapport du capitaine
13 Octobre 1917
14h40 Parti de Londres
16h30 Arraisonné à Southend. Mouillé sur rade
14 Octobre
08h45 Appareillé de la rade
16h30 Doublé Dungeeness
20h50 Doublé Beachy Head
Ciel couvert et temps pluvieux. Visibilité limitée. Grains fréquents de NW
15 Octobre
07h40 Mouillé à St Helen's Road (nota : face à Portsmouth)
16h30 Appareillé
19h30 Nuit noire. Doublé pointe Dunnose (nota : Est île de Wight)
21h20 L'officier de quart, Monsieur Le Hecho, 2e capitaine, capitaine au cabotage, aperçoit la masse noire d'un sous-marin à 500 m sur bâbord. C'est un sous-marin d'environ 60 m de longueur, en surface, dont le kiosque et le périscope sont bien visibles et dont voici la silhouette
Mis la barre toute à droite pour présenter l'arrière, appelé aux postes de combat et éteint le fanal de poupe et tous les feux.
A 300 m, le sous-marin lance une torpille qui est vue par le commandant, le second capitaine et le matelot Nicolas, de quart sur la passerelle. Elle passe sous le navire sans le toucher. Puis le sous-marin plonge.
Navigué en zigzags.
22h50 Mis le cap sur Cherbourg.
16 Octobre
07h10 Arrivé à Cherbourg
17 Octobre
09h00 Quitté Cherbourg en convoi avec un cargo anglais et deux convoyeurs, MONTE D'ORO et MERLE, ayant embarqué un pilote de la Flotte.
18 Octobre
01h25 Dans le N22W de l'île de Batz, le maître d'équipage Allain, de veille sur l'aileron bâbord, aperçoit un sous-marin à faible distance. Mis la barre toute à droite et appelé aux postes de combat.
Un coup de canon est tiré en direction du sous-marin avec une hausse à 1500 m. Mais l'obscurité ne permet pas de voir le point de chute du projectile. Le feu doit être stoppé, l'autre navire du convoi et le convoyeur MERLE entrant dans le champ de tir.
01h40 Repris notre route. MERLE s'est porté vers le sous-marin qui est à ce moment éclairé par le feu des Sept Iles et fait route au NE.
11h30 Mouillé à Roscanvel
19h00 Quitté Roscanvel en convoi
19 Octobre
07h00 Mouillé à Quiberon. Débarqué le pilote de la Flotte et pris le pilote de Loire pour Saint Nazaire.
Le sous-marin rencontré sur la côte anglaise a manqué son but grâce à la bonne veille et à la promptitude de la manœuvre. Il attendait que nous soyons en travers pour lancer sa torpille.
Je signale aussi le 1er maître pilote de la Flotte Mangin qui a surveillé très attentivement la route lors de la deuxième rencontre et s'est porté à la pièce arrière pour diriger le tir.
Conclusions de la Commission d'enquête
VENDEE est un petit cargo de faible machine, ne dépassant pas 7 nœuds par grosse mer et vent fort. Il est armé de deux canons de 90 mm.
Veille bien assurée. Décision de commandement rapide et judicieuse. Attitude ferme et disciplinée de l'équipage.
Note de l'officier AMBC
Veille : Très satisfaisante. Veilleurs bien répartis et secteurs de veille bien délimités. Vu les courtes étapes de ce vapeur, les relèves de quart sont supprimées et sept postes de veille sont établis.
Organisation du combat : Rôle correct. Personnel bien entraîné. Le commandant et le second capitaine apportent le plus grand soin à la préparation militaire de leur bâtiment. Très bien aidés par un chef de section très sérieux, le second maître timonier-canonnier Le Page.(nota : cet officier marinier trouvera la mort lors du naufrage de VENDEE le 15 Juillet 1918 au large de Cordouan)
Tirs effectués : Pas de tir à la première rencontre. Tir avec hausse de 1500 m lors de la 2e rencontre, interrompu par la présence du patrouilleur dans le champ de tir.
Récompense
Témoignage Officiel de Satisfaction pour le vapeur VENDEE et son équipage
Lors de deux rencontres avec des sous-marins les 15 et 18 Octobre 1917, le commandant a manœuvré avec décision et intelligence. Tout l'équipage a fait preuve d'un sang froid parfait et d'un excellent esprit de discipline. Les dispositions prises en vue de ces évènements (veille, entraînement au tir, rôle de combat) sont particulièrement exactes.
Les sous-marins attaquants
En ce qui concerne la 1ère rencontre, on pourrait penser à l'UC 62, de l'OL Max SCHMITZ, qui ce jour-là avait semble-t-il mouillé des mines dans le secteur, ou encore à l'UC 77 de l'OL Rheinard von RABENAU, qui était aussi dans la zone.
En ce qui concerne la 2e rencontre, ce ne peut être UC 48, qu'avait rencontré la goélette GERMAINE le 13 Octobre dans ces parages, puisqu'il serait rentré le 18 Octobre à sa base. De nombreux sous-marins opérant en Manche, il est difficile d'en désigner un, sauf à lire leurs KTB.
Cdlt
Message édité par olivier 12 le 09-06-2011 à 10:17:42
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olivier