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  VILLE DE LA CIOTAT - Compagnie des Messageries Maritimes

 

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Auteur Sujet :

VILLE DE LA CIOTAT - Compagnie des Messageries Maritimes

n°1461
Ar Brav
Posté le 24-11-2007 à 07:25:26  profilanswer
 

Bonjour à tous,    
     
VILLE DE LA CIOTAT Croiseur auxiliaire de type Australien (1915 - 1915)        
         
Chantier :        
         
La Ciotat    
Mis à flot : 10.04.1892          
En service : 21.06.1915        
Retiré : 24.12.1915          
Caractéristiques : 10 790 t ; 6 639 tjb ; 4 200 tpl ; 7 500 cv ; 152,5 x 15,26 m ; 175 nds ; une machine alternative à triple expansion chauffée par 12 chaudières à charbon ; double cheminée ; 172 passagers en 1ère classe, 71 en seconde, 109 en 3ème, 239 couchettes en entrepont  
Armement : VIII de 140 + 10 Crv.
 
Observations :        
         
1892 : paquebot des Messageries Maritimes, mis sur cale sous le nom de MAURICIEN, puis rebaptisé avant son lancement le 10 avril 1892 à La Ciotat. Quatrième de sa série, sistership de l'ARMAND BEHIC, et peu différent de l'AUSTRALIEN et du POLYNESIEN
1892 - 1903 : affecté à la ligne d' Australie  
1912 - 1914 : dessert les lignes d'Extrême Orient et le Levant  
1914 : réquisitionné par les services postaux
21.06.1915 : réquisitionné à Saigon, transport de soldats russes
24.12.1915 : torpillé au large de la Crète, 105 milles dans le SW du Cap Matapan par le U 34 (KL Klaus Rücker) alors qu'il revenait d'un voyage au Japon (Cdt Jules Levêque), 81 disparus.  
 
Les victimes du naufrage parmi l'équipage du VILLE DE LA CIOTAT, le 24 décembre 1915 :  
 
Joseph ARAMENDI 2nd maître
Augustin ALLEGRE matelot
Ange DIANI matelot
Jean Marie HAMON matelot
Pierre LHUILIER matelot
Mathieu MATERNATI matelot
Ferdinand ANTONETTI novice
Louis FABRE 1er maître d'hôtel
Edouard DUBUT 2ème maître d'hôtel  
Charles CONSTANT chef de cuisine
Martin CHAILLAN 3ème cuisinier
Emile DELORME pâtissier
Harène TRABELSI glacier
Ane TEMPERE femme de chambre
Paul BARET garçon
Charles DAYEU garçon
Léon GAUDIN garçon
Charles MALAN garçon
Paul CAZALS 1er chauffeur
Nicolas FAMULARO 1er chauffeur
Armand NICOLAS 1er chauffeur
Joseph FABRESSE 1er maître d'hôtel
Mohamed SAID chauffeur arabe
Abdour KAID chauffeur arabe
Ahmet SALED chauffeur arabe
Abdallad ABO chauffeur arabe
Mabarrack AHMED chauffeur arabe
Amadi SAID chauffeur arabe
Abduraman GAREB chauffeur arabe
Sef MOHAMED chauffeur arabe
Egahl AONET chauffeur arabe
Abdo SALAM chauffeur arabe
Caid MOHAMED chauffeur arabe
Sanghor ALI chauffeur arabe
Mohamed ABDALLAH chauffeur arabe
Said ALI chauffeur arabe
Mohamed NASSEU chauffeur arabe
Ali DIRIA chauffeur arabe
Idris MOHAMED chauffeur arabe
Tabet SALEH chauffeur arabe
Ismael SAID chauffeur arabe
Abdul ABOURAD chauffeur arabe
Oursama SEF chauffeur arabe
Ah FONG boy chinois
Lec FUONG boy chinois
Ah TCHOUNG boy chinois
 
35 passagers sont également portés disparus.  
   
Cordialement,    
Franck


Message édité par Ar Brav le 24-11-2007 à 07:29:28

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1495
Terraillon​ Marc
Posté le 24-11-2007 à 16:14:05  profilanswer
 

Bonjour
 
Voici une image du Ville de la Ciotat de la Compagnie des Messageries Maritimes
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/VilledelaCiotat_MM_61a.JPG
 
 
A bientot  :hello:


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°19133
dbu55
Posté le 04-08-2009 à 19:13:27  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Un autre Marin disparu sur le VILLE DE LA CIOTAT :
 
CAVASSE Louis Joseph né le 01/03/1885 à Saint-Raphaël (Var), Matelot Chauffeur - Décédé le 24/12/1915 (30 Ans) à bord du VILLE DE LA CIOTAT - Disparu en mer
 
Cordialement
Dominique


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°22172
dbu55
Posté le 23-11-2009 à 23:46:51  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Un article paru dans le Morbihannais N°7 du vendredi 31 décembre 1915 :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4098/Villi%20de%20la%20Ciotat%20Article1.jpg
 
Cordialement
Dominique


Message édité par dbu55 le 23-11-2009 à 23:48:37

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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°26059
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 15-06-2010 à 16:29:59  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ● Société centrale de sauvetage des naufragés ― Annales du sauvetage maritime, 4e Fasc. de 1903, Oct.-Nov.-Déc., p. 411 et 412.
 
 
                                               « Extrait d’un rapport de M. le lieutenant de vaisseau FIASHI, commandant le paquebot
                                                                Ville de la Ciotat  de la Compagnie des Messageries Maritimes.
 
                                                                                                22 novembre 1903.

 
   Dans la matinée du 9 septembre, un jeune matelot, nommé VALLABELLA, occupé sur la lisse du navire à des travaux de propreté, perdit l’équilibre et tomba à la mer d'une hauteur: d’environ 6 mètres après avoir, dans sa chute, heurté le bord du wharf.  
   A demi évanoui par la souffrance et ne sachant pas nager, VALLABELLA se serait infailliblement noyé si le deuxième lieutenant du bord, M. LUCIANI (Jean), n’écoutant que son courage et sans prendre le temps de se dévêtir, ne s’était précipité à la mer après lui.  
   Les nombreux curieux qui se trouvaient à ce moment sur le wharf admirèrent le courage et le dévouement dont fit preuve en cette circonstance M. LUCIANI, et je sais que le fait fut porté aussitôt à la connaissance de M. le Président de la Société de sauvetage de la colonie de New South Wales. Je viens de mon côté, Monsieur le Directeur, vous prier d’intercéder auprès du Conseil d'Administration pour que cet officier obtienne la récompense qu’il a si bien méritée.  
 
   Le Commandant de la Ville de la Ciotat,  
 
   FIASCHI.  
 
   (Transmis par MM. les Administrateurs de la
Compagnie des Messageries Maritimes.) »
   _____________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°26612
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 07-07-2010 à 23:31:29  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   ■ Officiers de marine disparus avec le paquebot Ville-de-la-Ciotat :
 
   ― COUSTOLLE Jean Paul Jules Étienne, né le 8 mai 1891 à Saint-Georges-d’Oléron (Charente-Inférieure – aujourd’hui Charente-Maritime –) et y domicilié, mort le 24 décembre 1915, « disparu avec le paquebot Ville-de-la-Ciotat », Enseigne de vaisseau de 1re classe, 5e Dépôt des équipages de la flotte (Rapatriés) (Jug. Trib. Marseille, 9 oct. 1917, transcrit à Marseille, le 21 déc. 1917).
 
   ― MOEVUS Louis Pierre, né le 6 novembre 1891 à Toulon (Var) et y domicilié, 1, rue Saint-Vincent, mort le 24 décembre 1915, « disparu en mer avec la Ville-de-la-Ciotat », Enseigne de vaisseau de 1re classe (– d° –).
 
   Citation : « Lors du torpillage par un sous-marin ennemi du paquebot à bord duquel il était embarqué comme passager, a participé avec bravoure et sang-froid à l’organisation du sauvetage du personnel et a été englouti avec l’embarcation qu’il commandait. » (Janv. 1916)   _____________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 26-09-2010 à 23:54:27
n°33690
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 21-01-2012 à 00:24:35  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   
   Annales du sauvetage maritime (Société centrale de sauvetage des naufragés), 3e et 4e  Trim. 1916, p. 158 – « Morts pour la Patrie » (Quatrième liste) –.    
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/DIANI%20Francois..jpg  
 
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
   

n°33704
martinez r​enaud
fortes creantur fortibus
Posté le 22-01-2012 à 11:11:04  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Je profite de la remontée de ce fil pour vous faire part de ma perplexité. En effet, sur le monument aux Morts de St Laurent de la Salanque figure le nom de CAZALS Paul, qui est bien sur la liste des disparus. Cependant, riensur MDH ni le registre de St Laurent.  
Bizarre, non ?
Amicalement
Renaud


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Gloire aux 53ème et 253ème RI
n°34630
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 11-06-2012 à 00:03:02  profilanswer
 


   Bonjour Renaud,
   Bonjour à tous,
 
   Paul CAZALS appartenait à l’équipage de la Ville-de-la-Ciotat ; il était à bord 1er chauffeur. De même que le Corse François – ou Ange ? – DIANI, qui était à bord simple matelot.
 
   V. ici la liste des membres de l’équipage disparus avec le bâtiment —> http://www.messageries-maritimes.org/vciotat.htm  
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°34631
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 11-06-2012 à 00:11:47  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
                                         Passagers militaires disparus avec le paquebot Ville-de-la-Ciotat, le 24 décembre 1915
 
 
                                                                                    (Liste non exhaustive : 3 noms) (*)
 
 
   ― ALISIO Joseph Albert, né le 22 mars 1879 (Italie), Soldat de 1re classe, 9e Régiment d’infanterie coloniale, Matricule n° 4/15.447, classe 1899, n° 1.917 au recrutement d’Oran (Acte établi à Marseille, le 21 nov. 1917).
 
   ― BOYAUD Armand, né le 21 janvier 1891 à La Chapelle-sous-Brancion (Saône-et-Loire), Soldat de 2e classe, Section de secrétaires d'état-major coloniaux du Tonkin, Matricule n° 4/20.720, classe 1910, n° 692 au recrutement de Mâcon (Acte établi à Marseille, le 21 nov. 1917).
 
   ― GODARD Raymond Raphaël Auguste, né le 25 juillet 1887 à Arcueil-Cachan (Seine – aujourd’hui communes distinctes du Val-de-Marne –), Soldat de 2e classe, 11e Régiment d’infanterie coloniale, Matricule n° 03.080, classe 1907, n° 1 au recrutement de Saigon (Jug. Trib. Marseille, 13 nov. 1917, transcrit à Marseille, le 14 janv. 1918).
 
   ____________________________________________________________________________________________________________________
 
   (*) Dernière adjonction : ALISIO Joseph Albert, 9e Régiment d’infanterie coloniale.    
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°34632
martinez r​enaud
fortes creantur fortibus
Posté le 11-06-2012 à 09:09:43  profilanswer
 

Bonjour Daniel, bonjour à tous,
Merci pour cette confirmation
Malheureusement, cela ne règle pas mon problème
Amicalement
Renaud


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Gloire aux 53ème et 253ème RI
n°36487
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 06-03-2013 à 09:02:08  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   • Arrêté du 20 octobre 1919 (Marine) portant inscriptions au tableau spécial pour chevalier de la Légion d’honneur (J.O. 7 déc. 1919, p. 14.088).                                      
                                       
                                       
                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/VILLE-DE-LA-CIOTAT%20-%20J.O.%207-XII-1919..jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°37784
olivier 12
Posté le 16-07-2013 à 09:15:18  profilanswer
 

Bonjour à tous,

Quelques compléments sur le VILLE DE LA CIOTAT

 
http://imageshack.us/a/img833/9190/5f3k.jpg
 
Rapport du capitaine

VILLE DE LA CIOTAT, des Messageries Maritimes, de retour de Chine et du Japon, a quitté Port Saïd pour Marseille le 22 Décembre à 14h00 avec 137 passagers et 161 hommes d’équipage.  
Service de veille spécial à la passerelle et dans la mâture. Deux hommes nuit et jour à la pièce.  
A 10h10 le 24 Décembre, la vigie signale un remous sur tribord. Deux minutes plus tard, il dit ne plus rien voir tandis que je fais route sur cet endroit plus calme de surface qu’ailleurs en disant à l’officier de quart : « S’il y a un sous-marin, nous lui passons dessus. » C’est alors qu’une secousse formidable ébranle le navire à hauteur de la cale 3. Tout vole en éclat et une immense gerbe d’eau s’élève à hauteur des cheminées. La baleinière de bâbord est brisée sur place. Fais stopper la machine, mis aux postes d’abandon, envoyé signal TSF demandant du secours avec position et numéro. L’entrée d’eau est si forte que le poste principal est inutilisable et l’appel est lancé avec le poste TRSF de secours.
Je m’assure de la prompte mise à l’eau de tous les moyens de sauvetage, ce qui ne se fait pas sans accrocs, le navire ayant pris 8 à 12 ° de gite sur bâbord et gardé une vitesse telle que plusieurs embarcations se brisent ou se renversent sous l’effet de l’eau et de leur charge.
Le temps étant compté, il fallait à tout prix larguer canots et radeaux, les faire s’écarter et se jeter à la mer pour les rejoindre, sous peine d’être englouti avec le navire. Munis ou non de ceintures de sauvetage, tous se jetèrent à l’eau.
J’ai sauté à la dernière minute dans la dernière embarcation quittant le bord sur tribord arrière. L’eau arrivait au pont promenade et le temps de nous éloigner de quelques mètres, VILLE DE LA CIOTAT plongea de l’arrière, étrave en l’air, et s’engloutit dans un bruit formidable. Le mât de misaine frappa l’eau à quelques mètres de notre canot, mais nous fûmes assez heureux pour ne pas être entraînés dans le gouffre. La poste et les papiers sont perdus. Le navire a disparu à 10h25 exactement et gardé de la vitesse jusqu’au dernier moment.
J’ai passé une partie de mon monde sur un radeau et, aussi vite que possible, suis allé sauver à la ronde, aidé avec toute la bonne volonté possible par tous les autres canots. Au ralliement, avons constaté la disparition de la chaloupe n° 2 et de tous les malheureux qui la montaient. Elle a été prise sous les vergues de la mâture, orientées à bâbord.
Le sous-marin était près de nous. Un naufragé est monté à bord et le commandant lui a demandé en bon français le nom du navire, si nous transportions des troupes et pourquoi nous avions un canon sur l’arrière. Une fumée était en vue et le sous-marin a remis le naufragé dans un canot. Le commandant lui a dit : « Voilà un vapeur anglais qui va vous sauver ». Mais ce vapeur a disparu, ce qui laisse croire que c’était un convoyeur ou un ravitailleur. C’est alors qu’a stoppé près de nous le vapeur anglais MEROE, de la Moss Cie de Liverpool, qui nous a recueillis, manœuvrant à la rencontre des canots et radeaux. Nous avons été reçus avec la plus grande cordialité et ils se sont privés de beaucoup de choses pour nous nourrir jusqu’à Malte.
 
Je ne puis que maudire les scélérats coupables de la catastrophe et adresser aux malheureuses victimes l’hommage de mon sincère et attristé souvenir.
 
Position du naufrage 34°33N  19°17 E Paris
 
Je remercie très chaleureusement le capitaine Bates, son état-major et son équipage.
 
Commentaire :
 
On constate dans ce rapport une certaine confusion au sujet des vapeurs anglais qui apparaissent ou disparaissent… Certains capitaines semblaient penser que les sous-marins étaient toujours accompagnés de ravitailleurs, convoyeurs, éclaireurs, navires pièges …etc ce qui était en réalité une fiction.
 
Surtout, on note que le capitaine Lévèque déclare benoitement que son navire avait conservé une grande vitesse jusqu’au naufrage final. Il ne semble pas se poser de question sur la cause !
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/XENTyN.jpg
http://imageshack.us/a/img38/9374/8bt2.jpg
 
http://imageshack.us/a/img547/8096/en0w.jpg
 
Rapport du Maréchal des Logis DEVAU, chef de section
 
Le 24 Décembre vers 10h00, le courrier fut torpillé sans avertissement. Le sauvetage s’effectua dans des conditions défavorables en raison du mauvais état du matériel et du manque de sang froid de l’équipage.
Les soldats placés sous mes ordres, bien que dispersés dans divers endroits du navire, ont spontanément pris part à la mise à l’eau des embarcations et au sauvetage des femmes, des enfants et des malades.  
C’est ainsi que Vallegra, chargé de service à l’infirmerie, est allé chercher le malade alité Boyaud, l’a enveloppé dans une couverture et l’a porté jusque dans un canot.
Il est à noter que malgré les avertissements et les pressentiments des passagers, le navire n’était pas paré et que les canots étaient sur leurs berceaux au moment de l’explosion de la torpille. Celle-ci a défoncé le flanc du navire qui a coulé en 15 minutes.
Nous avons à déplorer la perte du soldat Godard qui a fait de vains efforts pour sauver son enfant, des soldats Boyaud, Alisio et Roquet et d’un Annamite embarqué à Suez.
 
Rapport du lieutenant de réserve d’infanterie coloniale SUSINI, rapatrié du Tonkin
 
Embarquées à Haïphong sur l’ORENOQUE, les troupes rapatriées en France ont été transbordées sur le paquebot VILLE DE LA CIOTAT, des Messageries Maritimes, à Saïgon. Quitté ce port de 2 Décembre 1915 à 23h00. Arrivé à Port Saïd le 21 Décembre. Un canon de 47 mm est embarqué et placé à l’arrière. Il y avait à Port Saïd 5 navires de guerre français, 2 paquebots hollandais, 1 danois et 1 grec.  
 
L’un des Hollandais est parti le 22/12 à 10h00 pour une destination inconnue. VILLE DE LA CIOTAT a appareillé à 14h00 pour Marseille.
 
Le 24 Décembre à 10h10, la vigie signale un sillage sur tribord. L’officier de quart prévient aussitôt le commandant. Au bout d’un moment, la vigie a dit qu’elle ne voyait plus rien. Au même instant, le navire a été ébranlé, une forte détonation a retenti et une trombe d’eau s’est élevée et est retombée sur l’arrière, arrachant une embarcation qui fut réduite en miettes. Il était 10h15.
 
J’affirme qu’il n’y a pas eu de panique chez l’équipage et les passagers européens. En revanche, les volontaires cingalais embarqués à Colombo et les Arabes de la chaufferie se sont rués sur les embarcations pour les mettre à l’eau. Nous eûmes toutes les peines du monde à leur faire lâcher prise et comprendre qu’il fallait agir méthodiquement. Enfin, les embarcations, après de multiples incidents, furent amenées et s’éloignèrent.  
A 10h30, VILLE DE LA CIOTAT disparut dans les flots, entraînant avec lui une embarcation contenant 50 personnes environ. Elle était commandée par l’Enseigne de Vaisseau Moevus qui avait été un modèle de calme, de bravoure et de sang froid. Cette embarcation n’avait pas eu le temps de s’éloigner. Prise par une vergue du mât de misaine, elle fut entraînée dans le gouffre.
 
La conduite des officiers du bord fut merveilleuse et celle de certains passagers, pas moins.  
Je n’en dirai pas autant du commandant Lévèque.
Des renseignements m’ont été donnés par des personnes dignes de foi comme Monsieur Dumas, directeur de mines en Annam, Monsieur Rougin, ingénieur des mines, soldat mobilisé, ou le docteur Imbert, des Messageries Maritimes. J’ai aussi eu des conversations avec des officiers et des hommes d’équipage.
 
1) Quand le navire a été torpillé, le commandant n’a pas donné l’ordre de stopper et de battre en arrière, ce qui aurait évité qu’une embarcation, amenée trop vite, ait été brisée par les lames en raison de la vitesse.
2) Les embarcations, bien que découvertes, n’étaient pas débordées mais étaient restées sur leurs chantiers
3) Un seul exercice avait été fait en Mer Rouge et beaucoup de passagers ignoraient l’emplacement de leur poste d’abandon
4) Le commandant, qui aurait du quitter le bord en dernier, était déjà parti quand l’EV Moevus et le 2e capitaine ont affalé le canot n°2 de bâbord.
 
Sauvés deux heures plus tard par le vapeur MEROE, nous sommes arrivés le 26 à midi à Malte. Nous avons quitté Malte sur le vapeur CRISPIN qui nous a débarqués à Marseille le 31 Décembre à 10h00.
 
Je signale la brillante conduite du commandant du MEROE qui n’a pas craint de nous secourir malgré la présence du sous-marin autrichien qui s’éloignait à petite vitesse.
 
Enquête complémentaire
 
Signalons que deux autres passagers, Monsieur Paquet et Madame Paradis, ainsi qu’une demoiselle Bouchard, sœur du passager disparu Bouchard, écrivirent des lettres de récriminations à l’égard du commandant Lévèque, ce qui déclencha un complément d’enquête.
 
 Voici les conclusions de ce complément d’enquête qui n’est tendre ni pour les plaignants, ni pour le capitaine du VILLE DE LA CIOTAT.
 
Nous avons recueilli les témoignages de Mademoiselle Bouchard, Mr Dumas, Mme Paradis et Mr Paquet, ainsi que ceux du capitaine, du second, du médecin du bord, du lieutenant d’infanterie coloniale Susini, du capitaine d’armes et du second maître du paquebot.
 
Mademoiselle Bouchard nous fait grief de n’avoir pas interrogé les passagers. Outre que dès l’arrivée à Marseille ceux-ci se sont dispersés, il appartenait à ceux qui avaient des plaintes à formuler de s’adresser à l’autorité maritime. Les déclarations des passagers ci-dessus ne sont en l’occurrence d’aucun secours dans la recherche de la vérité. Leur champ de vue se limite à leur environnement immédiat, leurs souvenirs sont d’ordre personnel, leurs jugements et leurs impressions, quand ils en émettent, sont faussés par leur inexpérience des choses de la mer et par leur émoi.
 
Les dires de Mr Paquet et de Mme Paradis procèdent de tous ces vices. Ceux de Monsieur Dumas sont inexacts et leur exagération les rend suspects. En dehors du flou de sa mémoire et de son inaptitude naturelle à sereinement apprécier, il y a chez Mr Dumas un désir évident de nuire au capitaine avec lequel il avait eu un différent au cours de la croisière, différent qu’il a eu le tort de ne pas oublier.
Le capitaine n’est certes pas irréprochable, encore ne faut-il pas le charger d’accusations imaginaires et invraisemblables.
 
Mlle Bouchard signale que les passagers n’ont pas voulu, à bord du MEROE, signer le rapport du capitaine. Cela ne fait que souligner la maladresse du capitaine qui s’est exposé gratuitement à un refus d’approbation de ses faits et gestes, hors de la formalité légale d’affirmation de son rapport devant l’autorité consulaire. Ce fut une démarche insolite et maladroite.
 
Mlle Bouchard tient de Mr Dumas que les embarcations étaient en mauvais état et pas prêtes à être mises à l’eau. Mais Monsieur Dumas s’est grossièrement trompé. Les embarcations étaient en parfait état d’entretien et d’armement. Celles qui ont été brisées l’ont été par des fausses manœuvres, par le poids de leurs occupants, ou par le choc contre la coque du paquebot en raison de la vitesse conservée. Même les plus solides et les plus neuves n’eussent point résisté à pareil traitement. Leur disposition sous les bossoirs  (système perfectionné à simple rabattement) était irréprochable. Monsieur Dumas compare avec les bossoirs de l’ERNEST SIMONS, mais n’a pas compris que ces derniers étaient des bossoirs tournants que l’on tourne à l’avance en dehors. La différence est toute à l’avantage du VILLE DE LA CIOTAT où d’ailleurs la mise à l’eau n’a été que trop rapide.
 
Aux dires de Mlle Bouchard, Mme Paradis aurait affirmé que de nombreux passagers auraient pu être sauvés si on leur avait porté secours. Mme Paradis est restée muette sur ce point lors de son interrogatoire. D’ailleurs, elle eut bien été la seule à formuler pareil grief car il est bien établi que tous les canots se sont employés à sauver les naufragés qui avaient sauté à la mer.
 
Mlle Bouchard a appris par « une enquête personnelle » que les cordages (sans doute veut-elle parler des garants d’embarcation) « étaient goudronnés ce qui prouve qu’ils n’avaient pas été manœuvrés la veille ».
Cette ultime critique prouve plus encore que les précédentes que les déductions de profanes confinent à l’absurdité. Un filin ne se goudronne ni ne se dégoudronne d’un jour à l’autre, d’autant plus que celui employé pour les garants est parfaitement lisse et non goudronné. Il est non réglementaire, et il serait même contraire à sa bonne conservation de le faire manœuvrer chaque jour.
 
Enfin, l’examen de la plainte du lieutenant Susini montre qu’elle n’est pas fondée. Il était sur bâbord avant et ne peut avoir vu ce qui se passait à tribord arrière. Il lui est impossible d’affirmer que le capitaine a quitté le bord avant son second ou l’enseigne Moevus. S’il lance cette accusation, c’est parce que le lieutenant Susini cherche à satisfaire une rancune personnelle causée par une observation un peu vive du capitaine alors qu’il se promenait sur le pont des 1ère classes en compagnie d’un passager de 2e classe. Il n’avait pas une grande sympathie pour le capitaine qui avait refusé de donner une fête dans le salon de musique, et qui aurait par ailleurs tenu des propos déplacés sur la guerre, sur les soldats du midi…etc…etc.
On a l’impression très nette que le lieutenant Susini a voulu prendre part dans les petites difficultés qui parsèment parfois la vie du bord. Il n’a pas saisi l’importance des accusations qu’il porte contre le capitaine, étant complètement incapable de juger sa conduite au point de vue marine.
 
En conclusion, cette nouvelle enquête ne fait que confirmer les deux reproches formulés par la première.
 
1) Entre le Japon et Port Saïd, il n’a été effectué qu’un seul exercice d’abandon, en Mer Rouge, ce qui est une infraction au décret de Septembre 1908.
2) Surtout, il est établi et démontré que la vitesse conservée est la principale, sinon unique cause de la mort des 76 victimes.
 
Deux officiers ont leur responsabilité engagée :
- Le capitaine qui n’a pas donné, ou renouvelé l’ordre de stopper et de battre en arrière
- L’officier mécanicien de quart qui a commis une faute grave en n’exécutant pas, ou qu’imparfaitement l’ordre, car il est certain que dès l’explosion, il a déserté la machine avec ses hommes. Le mécanicien Allais a bien reçu l’ordre de stopper et s’est contenté (dit-il) de fermer le registre avant d’évacuer précipitamment la machine qui était encore éclairée et où l’eau n’avait pas pénétré. Or celle-ci n’aurait pas continué à tourner pendant douze minutes si le registre avait été réellement complètement fermé. Le mécanicien Allais a manqué de calme et de sang froid.
 
Nous proposons :
 
- De relever pour trois mois le capitaine Lévèque de la faculté de commander
- D’infliger une suspension de six mois au mécanicien Allais.
 
A côté de ces erreurs, fautes ou négligences, nous signalons la conduite digne d’éloges et de récompense
 
- Du radiotélégraphiste Bougault
- De l’élève officier Larivière
- Du 2e capitaine Le Flahec Auguste Joseph, CLC, inscrit à Lannion n° 31
- De l’EV Moevus, passager
 
Monsieur Le Flahec, pour stopper désordre et panique, est intervenu de la manière la plus énergique au milieu d’un groupe de nombreux passagers et chauffeurs arabes qui avaient envahi la chaloupe n°2 ; Il n’a pas hésité à les menacer de son revolver. Il a procédé avec ordre et méthode à la mise à l’eau du canot et à l’embarquement des personnes. Puis il  a continué à démêler et couper les saisines des radeaux, aidé par Monsieur Moevus. Ils se sont jetés à l’eau au tout dernier moment, mais seul Monsieur Le Flahec est revenu à la surface. Il mérite d’être récompensé, et Monsieur Moevus d’être honoré.
 
Le sous-marin attaquant
 
N’était bien sûr pas autrichien. C’était l’U 34 du KL Klaus Rücker. Klaus Rücker est décédé le 13 Janvier 1974 près de Hambourg.
 
Le navire sauveteur
 
Voici deux clichés de ce navire de 3550 t appartenant à la Moss Line. Il sera à son tour coulé par le sous-marin U 63 du KK Otto Schultze le 29 Octobre 1916 à 70 milles du cap Trafalgar à la position 36°00 N et 07°35 W, au cours d’une traversée Alexandrie – Liverpool. Il n’y aura pas de victimes.  
 
http://imageshack.us/a/img802/5738/w2oy.jpg
 
http://imageshack.us/a/img203/8097/nw6o.jpg
 
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 04-06-2017 à 19:59:24

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olivier
n°37786
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 16-07-2013 à 15:56:26  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
                                                               Journal officiel du  11 mars 1916, p. 1.945.
 
 
                                                   http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/VILLE-DE-LA-CIOTAT%20-%20Recompenses%20-%20MEROE..jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°37787
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 16-07-2013 à 17:05:16  profilanswer
 


   Re.
 
 
                                                   L’Ouest-Éclair, n° 6.044, Vendredi 31 décembre 1915, p. 2.
 
 
                                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/VILLE-DE-LA-CIOTAT%20-%20Victimes%20-%20L.O.E.%2031-XII-1915%20-%20I..jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46745
Bobrah
Popote de l'aviation Salonique
Posté le 04-06-2017 à 19:21:08  profilanswer
 

Bonjour,
 
On peut trouver une description de 1902 (notamment les pages 15 et 16) du Ville de Ciotat dans le début du livre : "Cinq semaines en Egypte : Alexandrie, Le Caire, Thèbes, Assouan, notes de voyage" (1903) ; http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103568n/f1.item
 
Dans le livre le vapeur rejoignait Alexandrie depuis Marseille au début de l'année 1902. L'auteur du livre y raconte sa traversée et donne par moment la localisation du bâtiment ou bien le nom du steamer hollandais Konigin Wihelmina dépassé en mer.


Message édité par Bobrah le 04-06-2017 à 19:25:54
n°46747
olivier 12
Posté le 04-06-2017 à 20:09:22  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une CP du VILLE DE LA CIOTAT
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/b2e0T0.jpg
 
Cdlt


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olivier
n°47268
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 12-09-2017 à 15:29:56  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                                                                               Le sous-marin allemand U-34
 
 
                                                                                                                         
                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/U34Sousmarinallemand..jpg  
 
 
                                      — Günter KROSCHEL & August-Ludwig EVERS : « Die Deutsche Flotte. 1848~1945. », Verlag Lohse-Eissing, Wilhelmshaven, 1986.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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