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  ATHOS - Compagnie des Messageries Maritimes

 

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Auteur Sujet :

ATHOS - Compagnie des Messageries Maritimes

n°1587
Ar Brav
Posté le 27-11-2007 à 08:16:15  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
ATHOS Transport postal (1915 - 1917)        
       
Chantier :  
         
Ateliers & Chantiers de France, Dunkerque      
Mis à flot : 25.07.1914        
En service : 11.1915        
Retiré : 11.02.1917        
Caractéristiques : 18 570 t ; 13 000 tjb ; 161,7 m ; 2 machines alternatives chauffées par 9 chaudières au charbon ; double cheminée ; 112 passagers en premières, 96 en secondes, 90 en troisièmes, de 390 à 1 000 rationnaires.  
         
Observations :        
 
Avec PORTHOS paquebots mixtes des Messageries Maritimes construits en application de la convention du 11 juillet 1911 pour la ligne Dunkerque, Le Havre, Marseille, Port Saïd, Suez, Colombo, Saigon, Tourane, Haïphong
25.07.1914 : lancé par les Chantiers de France à Dunkerque puis remorqué à Saint Nazaire pour y être terminé, Dunkerque étant bombardé
28.11.1915 : réquisitionné pour les services postaux, premier départ pour l’Extrême Orient
17.02.1917 : revenant de Chine escorté par les contre torpilleurs ENSEIGNE HENRY et MAMELUCK reçoit à 200 milles dans l'ESE de Malte une torpille tirée par le sous-marin U 65 (KL Hermann von Fischel) sur bâbord à hauteur de la cloison étanche de séparation de la cambuse et des machines. Coule en 14 minutes. 754 victimes dont 12 membres d’équipage sur 1950 personnes à bord parmi lesquelles un important contingent de troupes sénégalaises et de travailleurs chinois. Le nom de trois victimes seront ensuite porté par des navires de la compagnie : COMMANDANT DORISE, COMMISSAIRE RAMEL et MECANICIEN DONZEL.  
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 27-11-2007 à 12:24:15

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1589
Yves D
Posté le 27-11-2007 à 09:36:37  profilanswer
 

Bonjour Franck, bonjour à tous
 
Dans le Starke-Schelle 1914 on trouve ceci :
.  ATHOS      FR  2T (15)
12,644 Messageries Maritimes, Marseille     513.4 x 61.8
      P Atel. & Chant. de France, Dunkerque  (5/15) #93
towed to Saint Nazaire for completion, after Dunkerque came under fire of long range German field batteries
Torp. and sunk by U 65, 17 Feb 1917, 200 miles SE of Malta, voy. Yokohama - Marseille, passengers, mail & general cargo
 
 
Tu as raison, plus on cherche, plus on trouve et ça c'est passionnant !


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et d'autres thèmes d'histoire maritime.
n°1590
Ar Brav
Posté le 27-11-2007 à 09:51:50  profilanswer
 

Bonjour Yves,
 
Effectivement, "revenant de Chine escorté par les contre torpilleurs ENSEIGNE HENRY et MAMELUCK reçoit à 180 miles au SO de Malte" et " 200 miles SE of Malta, voy. Yokohama - Marseille", çà fait pas pareil !
Cà agrandit le champ d'investigation, alors que croire ? Bon, revenant de Chine ou de Yokohama, c'est moins grave, il a pu faire escale entre temps (comme tu le sais, dépassé Rennes, pour moi, c'est déjà l'Extrême Orient), mais l'erreur de position, c'est plus embêtant.
 
J'ai ai encore d'autres sous le coude, mais j'aimerais bien régler ceux déjà répertoriés, quitte à revenir ensuite à ceux qui ne le sont pas encore. J'avais mon programme pour aujourd'hui avec des bateaux bien précis, pataflac ! J'avance pas de l'avant de l'arrière avec ma liste.
Mais la découverte, je suis bien d'accord, est toujours passionnante  :)  
 
Amicalement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 27-11-2007 à 10:46:47

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1591
Yves D
Posté le 27-11-2007 à 10:00:41  profilanswer
 

Sauf à aller à Vincennes voir le dossier de l'Athos où on doit bien trouver une position plus précise, il ne me resterait que le KTB de l'U 65. Seulement celui là je ne l'ai pas... et je ne peux pas toujours solliciter les mêmes  ;)  
Je continue à fouiller et bien sûr je fais partager ce que je trouve. Et puis tu sais aussi bien que moi que pour pouvoir ensuite aller de l'avant, on doit parfois battre un peu en arrière ne serait-ce que pour pouvoir déborder du quai  :sol:  
 
Amts
Yves


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n°1592
Yves D
Posté le 27-11-2007 à 10:48:22  profilanswer
 

On fait toujours bien de persévérer :  
En cherchant plus profondément dans Spindler, j'ai lu qu'il indique bien 200 m. SE et j'ai noté que la position de ce torpillage était "plottée" sur une carte annexe. Chance, j'ai copie de cette carte. S'agissant d'une carte de l'ensemble de la Méd. sur un format A3, c'est fatalement assez imprécis mais au moins ça lève le doute.
En quelques coups de règle Cras et compas à pointes sèches, j'ai déterminé une position approx. 35.30N 18.45E. Vérification faite, cela nous met en gros à 200 milles dans le 100 de Malte à ceci près que c'est ESE plutôt que SE.
Toujours selon Spindler, il y avait à bord un millier de chinois "ouvriers de munitions" (chinesischen Munitionsarbeitern)
Je mets tout ça en perspective sur une carte pour voir si tout est cohérent mais à priori, ça tient la route.
 
Amts
Yves


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n°1593
Yves D
Posté le 27-11-2007 à 11:12:22  profilanswer
 

http://pagesperso-orange.fr/histoiremaritime/Photos/mapAthos
 
Un croquis grossièrement levé mais je crois qu'ul n'y a plus aucun doute à avoir.
Amts
Yves


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n°1594
Ar Brav
Posté le 27-11-2007 à 12:39:18  profilanswer
 

Re, Yves,
 
J'ai corrigé sur la fiche. De mon côté, j'ai cherché davantage de précisions sur la position des 2 contre-torpilleurs d'escorte, mais rien de très précis, si ce n'est la confirmation de protection de convois dans le secteur à cette époque. Il est d'ailleurs écrit que c'est l'un des 2 cités, le MAMELUCK aidé du LANSQUENET, qui a détruit le UC 38 au cap Ducato le 14.12.1917.
 
Amicalement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1596
Terraillon​ Marc
Posté le 27-11-2007 à 21:05:16  profilanswer
 

Bonsoir
 
Voici une vue du paquebot ATHOS de la compagnie des Messageries Maritimes
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Athos_MM_61a.JPG
 
 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 27-11-2007 à 21:11:59

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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°2220
Yves D
Posté le 07-01-2008 à 12:20:19  profilanswer
 

Je viens de recevoir un complément d'information par email concernant la perte de l'Athos.  
 
Lors du naufrage il y eu un 3ème navire le Torpilleur Balise qui, dans la soirée recueilli 230 survivants.
Le navire mit 14 minutes pour sombrer.

 
Cette information nous vient de Bertrand Valton
Cdlt
Yves


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n°3107
Ar Brav
Posté le 25-02-2008 à 13:04:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un complément d'infos :
 
Sur les 754 disparus, 12 font partie de l’équipage :
 
Cités à l’ordre de l’Armée et décorés de la Légion d’Honneur :
 
†Eugène DORISE, commandant
†Joseph POUBERT, lieutenant
†Jean SANTI, lieutenant
†RAMEL, commissaire
†DONZEL, chef mécanicien
 
Cités à l’ordre de l’Armée et décorés de la Médaille Militaire :
 
†Charles CIPRIANI, premier chauffeur
†Louis ICARD, chauffeur
†Gabriel VALTON, chauffeur
 
†BRUGGIAMOSCA, matelot
†Charles CERVONI, matelot
†Johannès PEYSSON, garçon
†DECOMBA, novice
 
Cités à l’ordre de l’Armée et décorés de la Légion d’Honneur :
 
Edmond ROSOOR, second capitaine
Auguste MIGNARD, chef mécanicien
Emile BRUN, second mécanicien
Auguste HOLSTEIN, second mécanicien
 
Cités à l’ordre de la Brigade :
 
BERENGER, capitaine d’armes
Auguste BRUN, patron dépêches (ou patron de pêche ?)
 
Témoignage officiel de satisfaction et médaille de sauvetage d’argent :
 
Toussaint CABROL, second mécanicien
 
Témoignage officiel de satisfaction et médaille de sauvetage de bronze :
 
Yves COURVIL, matelot
Toussaint GIORGI, matelot
Auguste WALLYN, matelot
Eugène ATUA, matelot
Barnabé LAMOUR, matelot
Emmanuel NICOLAS, matelot
Vincent OLIVA, matelot
Maxime POGGIOLI, matelot
Thomas PAOLI, matelot
Yves PRIGENT, matelot
Laurent REBOUL, matelot
Xavier TASSO, matelot
Théophile HANDSCHOWERKER, matelot
Louis HUET, chef de bordée
Jean NAPOLEONI, chef de bordée
Julien ARRIGHI, novice
Jacques VILUTINI, chauffeurs
Pierre BORIC, chauffeur
Marc BOCOGNANO, chauffeur
Sylvestre COMITI, chauffeur
 
Médaille de sauvetage de bronze :
 
Julien BARGEOT, matelot
Thomas GRILLASCA, chauffeur
 
Témoignage officiel de satisfaction :
 
Sahat HORET, aide-cuisinier
Jules PICHON, matelot
Vincent SEVIN, premier maître d’hôtel
Paul GUIRAUD, capitaine au long cours passager.
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 25-02-2008 à 13:06:26

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°5175
Terraillon​ Marc
Posté le 03-05-2008 à 21:22:45  profilanswer
 

Bonsoir
 
La fiche du navire est en ligne :
 
http://www.pages14-18.com/pagesDoc [...] ateaux.htm
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°9215
alain13
Posté le 27-09-2008 à 11:45:18  profilanswer
 


 
Bonjour à tous,
 
J'ai fait hier un passage aux archives des Messageries Maritimes, à la recherche de détails sur le combat CRIMEE/sous-marin du 19 Fèvrier 1917.
J'ai pu également consulter les archives de L'ATHOS pour lequel je savais qu'il y avait quelques incertitudes sur le lieu de torpillage, dans le but d'y trouver ses coordonnées.
Bien que le rapport du commandant en second soit cité dans le dossier "torpillage", je n'ai pu  le retrouver et aucun document ( y compris les divers messages en provenance de Malte ) ne précise ce lieu.
A l'occasion, il se trouve que le nombre de 12 pour les membres de l'équipage victimes du torpillage sur 754, et tant soit peu réducteur car  
faisaient également partie de l'équipage ... 29 chauffeurs chinois, 36 chauffeurs arabes, 55 boys annamites et quelques autres qui étaient sans doute compris dans les 754 !!!
Je pense d'ailleurs, au vu du nombre de correspondances qui l'atteste, que le souci de la compagnies ait été de définir, dans un but d'indemnisation ou pas, la liste exacte des passagers de l'ATHOS, ce qui vu le contexte n'a pas du être facile.
Ci-après la liste des victimes, état-major, équipage et passagers militaires.
J'ai également les passagers civils dont 543 travailleurs chinois, si quelq'un est intéressé ...
 
Cordialement,
Alain
 
http://img146.imageshack.us/img146/5369/athos01hp8.jpg
http://img146.imageshack.us/img146/athos01hp8.jpg/1/w582.png
 
http://img146.imageshack.us/img146/5829/athos02vc7.jpg
http://img146.imageshack.us/img146/athos02vc7.jpg/1/w582.png
 
 
http://img146.imageshack.us/img146/6152/telathos01my4.jpg
http://img146.imageshack.us/img146/telathos01my4.jpg/1/w601.png
 
 
http://img220.imageshack.us/img220/5833/telathos02zb9.jpg
http://img220.imageshack.us/img220/telathos02zb9.jpg/1/w2552.png

n°9216
Ar Brav
Posté le 27-09-2008 à 12:40:01  profilanswer
 

Bonjour Alain,
 
Merci beaucoup pour ces documents, c'est inespéré.
 
A l'occasion, il se trouve que le nombre de 12 pour les membres de l'équipage victimes du torpillage sur 754, et tant soit peu réducteur car  
faisaient également partie de l'équipage ... 29 chauffeurs chinois, 36 chauffeurs arabes, 55 boys annamites et quelques autres qui étaient sans doute compris dans les 754 !!!

 
Au cours de mes recherches, j'ai souvent remarqué que le personnel dit "indigène" est peu mentionné, voire occulté. Je vous avoue en ressentir une certaine gêne, pour ne pas dire plus. Cette foultitude de soutiers, garçons et autres souvent considérés comme quantité négligeable traduit bien l'esprit de l'époque, qui a perduré je dois dire quelques années...
A décharge, il faut noter tout de même les difficultés d'identifications, nombre de ces personnels étant embarqué au gré des escales, avec des états civils parfois complexes. Et comme en cas de perte rapide, les papiers du bord coulent avec le bateau...
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°9247
Ar Brav
Posté le 29-09-2008 à 06:31:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
CROSSOUARD ETIENNE MARIE  né le 15 juin 1860 à La Chapelle Glain (Loire Inférieure).  
Mort le 17 février 1917 au torpillage de l’Athos. Médecin principal de 1ère classe Armée d’orient.  
 
Cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°9302
alain13
Posté le 30-09-2008 à 08:41:59  profilanswer
 


 
Bonjour à tous,
 
Pour les soldats BIETTE ETIENNE MARIE et NEYRAT JEAN du 11ème régiment d'infanterie coloniale, condamnés militaires ( pourquoi et à quoi ?), la plus grosse condamnation a été de les envoyer sur l'ATHOS pour les ramener en France... ( soldats faisant l'objet de la mention "Mort pour la France" ).
 
Cordialement,
Alain

n°10634
Rutilius
V. infra.
Posté le 27-11-2008 à 01:18:10  profilanswer
 

   Bonjour à tous,
 
   L'Athos a été torpillé le 17 février 1917, à 12 h 27, par 35° 22' N et 18° 32' E Grennwich, alors qu'il faisait route au S 86 W, à une vitesse de 13 à 13,5 noeuds ; il a disparu à 12 h 41.  
 
   A suivre...    
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 29-11-2008 à 08:45:49
n°10635
Yves D
Posté le 27-11-2008 à 08:29:26  profilanswer
 

Bonjour à tous
La position du navire lors de l'attaque.
 
http://ns1.hostingpics.net/pics/515197mapAthos.jpg
 
Cdlt
Yves


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et d'autres thèmes d'histoire maritime.
n°10667
Rutilius
V. infra.
Posté le 28-11-2008 à 10:43:52  profilanswer
 

   Bonjour à tous,
 
                                                     
                              LES CIRCONSTANCES DU TORPILLAGE DE L'ATHOS.
 
   Rapport de mer du lieutenant de vaisseau Marcel Traub, commandant du torpilleur d’escadre Enseigne-Henry, sur le torpillage de l’Athos (document manuscrit non daté, in Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment : cote SS Y 185, p. num. 615 à 618).

 
 
   Le lieutenant de vaisseau Traub (M.-E.-F.), commandant du torpilleur d’escadre Enseigne-Henry, à Monsieur le Capitaine de frégate, commandant la 2e escadrille de torpilleurs.
 
   
    Commandant,
 
   Conformément aux ordres de Monsieur le Capitaine de frégate, commandant la Provence-IV, j’ai appareillé de Milo, le 16 février, à 5 h du matin, sous les ordres du commandant du Mameluck, pour me rendre à La Sude prendre avec lui l’escorte du paquebot Athos.
   Fort frais de N. ¼ N.-E., mer grosse. A 12 h 20, je mouillai en rade de La Sude. Je quittai cette rade le même jour à 15 h, avec le Mameluck, pour aller prendre au large l’escorte de l’Athos. Ce bâtiment devait primitivement rentrer à La Sude vers 11 h du matin ; mais, retardé par le mauvais temps et abandonné pour cette raison par son escorte anglaise, il avait signalé son arrivée vers 16 h au large de l’entrée.
   A 16 h 05, nous prenions l’Athos en escorte à 5 milles environ dans le Nord du cap Dripano et gardions route à 13 noeuds sur le canal de Cerigotto.
   Je pris poste à bâbord de l’Athos, à 700 mètres, relevant sa passerelle à 10° sur l’arrière du travers. Je me tins à cette position jusqu’à la nuit. Je repris ce poste le lendemain matin au petit jour et le conservai jusqu’au moment où l’Athos fut torpillé.
   Dès que nous eûmes franchi le canal de Cerigotto, la mer tomba et, le 17 dans la matinée, il faisait calme ; visibilité bonne.
   Le 17, à 9 h 25, par 35°25 et 19°20 E. Greenwich, nous croisâmes par tribord, à 5 ou 6 milles par le travers, un quatre-mâts goélette dont la nationalité ne put être distinguée. Il me parut être un des voiliers américains que j’avais vus précédemment dans le port du Pirée. Je crois devoir vous signaler cette rencontre, bien que je ne pense pas qu’il y ait lieu d’établir une corrélation entre elle et le torpillage de l’Athos qui se produisit à 40 milles plus loin.
   A 12 h 27, par 35°22 et 18°32 Est Greenwich, je perçus le bruit d’une explosion assez forte et un peu sourde, ressemblant à un coup de canon de petit calibre tiré à quelque distance. J’étais à ce moment à bâbord de ma passerelle, surveillant l’extérieur. Je crus d’abord que le Mameluck avait tiré sur un sous-marin, mais, ayant immédiatement regardé l’Athos, je vis l’eau provenant de la gerbe due à l’explosion de la torpille s’écouler en nappe le long du bord. L’Athos venait d’être torpillé par bâbord arrière, sous les poulaines de l’équipage, à une vingtaine de mètres de l’arrière.
   Je mis immédiatement la barre toute à gauche, différenciai mes machines et pris route à toute vitesse sur le point probable où se trouvait le sous-marin, prêt à mettre en action tous mes moyens offensifs : torpille, grenades et canon. En même temps, je mettais nos embarcations en dehors, prêtes à être amenées pour le sauvetage des naufragés. Je ne vis absolument rien. Après avoir couru pendant quelques minutes sur différents sillages, dus probablement à l’Athos et à l’Enseigne-Henry, j’abandonnai la chasse et commençai les opérations de sauvetage. Il n’y avait alors à l’eau que quelques hommes qui, dès l’explosion, s’étaient jetés à la mer.
   A 12 h 37, j’amenai ma baleinière près d’un petit groupe, à 12 h 40, mon youyou auprès d’un autre. Je donnai ordre à mes embarcations de ramasser tous les survivants, d’ailleurs peu nombreux, qu’elles trouveraient en ces points puis de se diriger sur l’Athos en recueillant au passage tous ceux qu’elles rencontreraient et mis en marche à toute vitesse vers l’Athos. Celui-ci avait couru sur son erre et se trouvait à 1 ou 2 milles du point où il avait été torpillé. Il avait d’abord donné une légère bande à bâbord, puis s’était redressé et s’enfonçait très lentement par l’arrière.  
   A 12 h 40, il commença à se mâter et, à 12 h 41, il s’enfonçait verticalement et disparaissait.
   A 12 h 44, j’amenai mes deux berthons sur le bord de la zone des épaves.
   A 12 h 48, je stoppai au milieu des embarcations et des radeaux et manoeuvrai pour ramasser du bord les gens qui se trouvaient à l’eau, en presque totalité des sénégalais et des chinois. Il n’étaient d’ailleurs pas en très grand nombre et furent très rapidement ramassés directement du bord dans la région où je me trouvais, ou recueillis par les embarcations que je renvoyais au fur et à mesure, une fois déchargées. J’estime que vers 13 h 05, il n’y avait plus personne dans l’eau.
   J’avais complété les armements de quelques embarcations de l’Athos avec le personnel que j’avais disponible, c’est-à-dire le quart de chauffeurs et de mécaniciens non de service, sous la direction du 1er Maître mécanicien. Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe de Verdelhan des Molles, sur la brillante conduite duquel j’aurai à revenir, avait pris place dans un berthon afin de transmettre mes ordres aux embarcations et de les diriger.
   A 13 h 20, je mis en marche et  fis route sur un sillage qui m’avait été signalé. Je tirai trois coups de canon, obus A.
   A 13 h 25, je stoppai de nouveau au milieu des embarcations.
   A 13 h 32, ayant environ 600 personnes à bord (614 après pointage à l’arrivée) et ne pouvant plus en prendre d’autres, je décidai de protéger les opérations du Mameluck qui avait encore quelques radeaux non déchargés près de lui, et remis en marche. Je commençai en même temps à mettre un peu d’ordre à bord et à répartir le personnel entre les postes, appartements, machines, chaufferies et soutes à charbon.
   Je communiquai avec le Mameluck et il fut décidé que nous prendrions chacun la moitié des embarcations à la remorque. Je revins à 13 h 48 près des embarcations, stoppai près d’elles et leur donnai l’ordre de se grouper et de se prendre mutuellement à la remorque. Puis j’allai explorer la zone des épaves jusqu’au point origine et m’assurai qu’il n’y avait aucun survivant oublié.
   A 14 h 07, je pris cinq embarcations à la remorque et mis en route à 3 nœuds ; mais les remorques cassèrent successivement et les points d’attache cédèrent. Il fallut après plusieurs tentatives renoncer à tout remorquage. Le commandant du Mameluck, qui s’était trouvé aux prises avec les mêmes difficultés, m’informa alors que nous restions à garder les embarcations jusqu’à l’arrivée de la Baliste et de la Moqueuse qui avaient annoncé leur ralliement.
   De 14 h 28 à la nuit, je fis des routes diverses à 13 nœuds autour des embarcations.
   A 17 h, les embarcations me signalèrent qu’elles avaient des blessés. J’attendis le coucher du soleil et, à 17 h 45, j’amenai ma baleinière et les recueillis. Puis je donnai ordre aux embarcations, commandées par le second de l’Athos et sept hommes du quartier-maître de l’Enseigne-Henry, de se grouper et d’allumer leurs fanaux afin de faciliter leur repérage. Je pris ensuite la ligne de file derrière le Mameluck.
   Nous restâmes croiser Nord-Sud près des embarcations jusqu’à l’arrivée de la Baliste, vers 20 h 30.
   A 22 h, la Moqueuse rallia. Je lui donnai ordre de m’accoster afin d’opérer le transbordement d’une partie de mon personnel. J’estimai en effet, puisque la Moqueuse était là, qu’il était plus prudent d’évacuer environ 200 hommes. Toutes les apparences semblaient présager un changement de temps, le baromètre baissait légèrement, la brise passait à l’O.-S.-O. et l’horizon était chargé dans l’Ouest. J’étais en outre à 210 milles de La Valette.
   La Moqueuse m’accosta à 22 h 35 et me quitta à 22 h 48, ayant près de 255 survivants.
   Je fis route aussitôt à 15 nœuds 5 sur La Valette où j’arrivai le 18 à 12 h 47.
 
                                                                                  *
                                                                                *   *
 
   De l’enquête forcément un peu sommaire à laquelle j’ai pu procéder, il semble résulter que la torpille, lancée à 1000 ou 1200 mètres, a frappé sous une inclinaison d’environ 45° sur l’arrière du travers. S’il en est bien ainsi, en admettant 35 nœuds comme vitesse de la torpille, celle-ci aurait été lancée à 450 mètres environ sur l’arrière de l’Enseigne-Henry. Son sillage n’a été vu par personne à mon bord. Je n’ai à aucun moment vu le sous-marin. J’ai ouvert le feu, par acquis de conscience, sur un sillage problématique. Je n’ai pas jugé devoir lancer de grenades au hasard, étant donné mon très faible approvisionnement de ces engins ; je n’en possède en effet que quatre, nombre réglementaire, deux simples et deux jumelées. J’ai estimé devoir les garder pour le cas où j’apercevrais, ne fût-ce qu’un instant, le périscope ou un sillage certain.
   Les opérations de mise à l’eau des radeaux et des embarcations paraissent avoir été faites, à bord de l’Athos, avec le plus grand ordre. Tous les survivants que j’avais à mon bord avaient un moral excellent ; ils m’ont donné l’impression qu’il n’y avait pas eu de panique. Je crois devoir cependant signaler qu’une assez grande quantité de radeaux n’ont pas été utilisés ; ils flottaient vides d’occupants.
   Le commandant de l’Athos, le capitaine au long cour Dorise, n’a quitté son bord qu’au moment où le bâtiment sombrait ; il a été atteint à la tête par l’une des cheminées. Il a été sauvé, ainsi que Mr le Contrôleur des services maritimes Maurel, par Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe de Verdelhan des Molles qui, tout habillé et sans ceinture de sauvetage, s’est jeté à l’eau de son berthon pour les aider à atteindre un radeau puis une embarcation. Le commandant de l’Athos, pris de congestion, s’était évanoui dans l’eau ; recueilli à mon bord, il n’a pu être rappelé à la vie et a expiré quelques instants après son arrivée, vers 12 h 55. J’ai conservé son corps et l’ai ramené à La Valette.
   L’Athos avait pu, avant de couler, lancer  un S.O.S. ; j’ai fait le même signal à 12 h 50 et l’ai renouvelé à 14 h 30 en le rectifiant, la première position étant éloignée de 7 milles.
   A 12 h 55, j’ai reçu de l’Asie en clair le signal suivant
: « Devons-nous nous diriger sur les lieux ? », auquel j’ai naturellement répondu : « Non ». Je crois devoir vous signaler ce fait qui semble indiquer que les commandants des bâtiments de commerce n’ont pas encore bien compris les dangers auxquels ils s’exposent en émettant des signaux et en venant au secours de bâtiments torpillés.  
   Je dois également vous informer que, vers 16 h, ma vigie m’a signalé un vapeur en vue vers le N.-O ; ce navire n’avait pas, en admettant qu’il fut muni de T.S.F., appliqué assez largement les règles de déroutement.
 
   J’avais pu recueillir à bord de l’Enseigne-Henry :
 
         - Femmes…………………………………......................... 20
         - Enfants……………………………………......................... 6
         - Femmes de chambre………………………..................2
         - Passagers civils……………………………...................18  
         - Marins de l’Etat permissionnaires……..............22
         - Officiers de l’Athos…………………………..................5
         - Officiers et adjudants…………………….................17
         - Militaires européens……………………….................24
         - Equipage de l’Athos……………………….................35
         - Boys annamites……………………………...................11
         - Tirailleurs sénégalais……………………................132
         - Chinois……………………………………….......................39
         - Blessés………………………………………......................28
                                                                          -----
                                                                         359
         + Transbordés sur la Moqueuse                   255
                                                                        -----
                                                              Total :  614
 
   Mon second, Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe Hue, m’ayant demandé de faire sortir les couleurs, cette cérémonie fut l’occasion d’une manifestation qui, après les heures dramatiques de la journée, fut émotionnante et non sans grandeur : tous les survivants, debout sur le pont et découverts, saluèrent le pavillon de trois cris de « Vive la France ! » et de trois hourras.
   Je vais en terminant, Commandant, rendre hommage au calme, au sang-froid, à l’entrain et à l’absolu dévouement dont tous, officiers et équipage de l’Enseigne-Henry, ont fait preuve au cours de ces tragiques évènements.
 
   Signé : Marcel Traub.

 
   ---------------------------------------------------------------
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

Message cité 1 fois
Message édité par Rutilius le 28-11-2008 à 18:47:29
n°10669
Ar Brav
Posté le 28-11-2008 à 11:34:35  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
Un grand merci pour cette retranscription du rapport du lieutenant de vaisseau Traub, commandant du torpilleur d’escadre Enseigne-Henry. J'en ai profité pour placer également une copie dans le sujet de ce dernier.
 
Amicalement,  :hello:  
Franck


---------------
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10676
Rutilius
V. infra.
Posté le 28-11-2008 à 19:43:36  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
   Lu dans Le Temps n° 20374 du 18 avril 1917, p. 3 (*):
 
   " MARINE. -
 
   CITATIONS. - Le
Journal officiel publie les citations à l'ordre de l'armée faites à la suite du torpillage de l'Athos. Sont cités :
 
   Le capitaine au long cours Dorise, qui commandait le vapeur, resté le dernier à son poste ; le chef mécanicien Mignard ; les seconds mécaniciens Brun et Holstein, qui secondaient le commandant et ne se sont jetés à l'eau qu'à la dernière minute.
 
   Les capitaine au long cours Santi, 1er lieutenant, et Poubert, 2e lieutenant ; le commissaire Ramel ; le mécanicien de 1re classe Donzel ; les chauffeurs Cipriani, Valton et Icard, morts en accomplissant leur devoir.
 
   Le chef de bataillon Colonna d'Istria, commandant le 77e bataillon de tirailleurs sénégalais, mort en dirigeant le sauvetage ; le 77e bataillon de tirailleurs sénégalais et ses officiers ; Roy, capitaine ; Jeannot, Constant et Delaunay, sous-lieutenants, morts à leurs postes ; le capitaine Silvestre et l'adjudant Poagetoux, de l'infanterie coloniale ; le sergent Mougeot, qui s'est noyé pour sauver trois prisonniers allemands dont il avait la garde ; le contrôleur des services maritimes postaux Maurel et l'agent de la Compagnie générale radiotélégraphique Maccary.
[...] "
 
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
(*) Ont été corrigées les coquilles qui affectaient l'écriture de quelques noms propres.
------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 29-11-2008 à 10:00:36
n°10679
Rutilius
V. infra.
Posté le 28-11-2008 à 22:49:29  profilanswer
 

  Bonsoir à tous,  
 
   Lu dans Ouest-Eclair - éd. de Caen -, n° 6369, du 9 avril 1917, p. 4 (*):  
 
   " NOUVELLES MARITIMES. - [...]
 
   RECOMPENSES. - Le sous-secrétaire d'Etat de la Marine marchande a accordé les récompenses suivantes au personnel du paquebot l'Athos, qui s'est distingué lors du torpillage de ce bâtiment par un sous-marin ennemi le 17 février, savoir :
 
   1° - Une médaille de sauvetage en argent de 1re cl. à M. le docteur Alibert, médecin du bord.
 
   2° - Des médailles de sauvetage en argent de 2e cl. à MM. Guiraud et Belliard, tous deux capitaines au long cours, passagers à bord de l'Athos ; Cabrol, mécan. breveté de 1re cl., 2e mécanicien ; Sevin, premier maître d'hôtel ; Horet, aide de cuisine ; Pichon, matelot timonier.
 
   3° - Des médailles de sauvetage en bronze à MM. Nicolas, matelot ; Napoleoni et Huet, chefs de bordée ; Wallyn, Negroni, matelots ; Courvil, callier à bagages ; Arrighi, novice ; Giorhi, timonier ; Grillasca et Bocognano, chauffeurs ; Mahec, Reboul, Atua, Handschowerker, Poggioli, Prigent, Dessoules, matelots ; Comiti, Boric, chauffeurs ; Bargeot, Oliva, matelots ; Paoli, chauffeur ; Lamour, matelot ; Constanza, deuxième cambusier ;Tasso, matelot ; Vilutini, chauffeur ; Darrozin, q. m. canonn. ; Veran, canonn. breveté ; Calloch, fusilier auxiliaire."

 
----------------------------------------------------------------------------------------------------
(*) Ont été corrigées les coquilles qui affectaient l'écriture de quelques noms propres.  
----------------------------------------------------------------------------------------------------  
 
   Bien amicalement à vous,  
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 29-11-2008 à 08:35:31
n°10681
Rutilius
V. infra.
Posté le 29-11-2008 à 09:50:54  profilanswer
 

   Bonjour à tous,
 
  " CITATIONS. - Le Journal officiel publie les citations à l'ordre de l'armée faites à la suite du torpillage de l'Athos. Sont cités : [...] ; le sergent Mougeot, qui s'est noyé pour sauver trois prisonniers allemands dont il avait la garde ;  [...] "
 
   A ce propos, découvert dans La Croix n° 10434 du 13 mars 1917, p. 2 :
 
   " SUR L'ATHOS. - Deux prisonniers de guerre allemands sauvés par un sous-officier français. (*)
 
   En janvier dernier, les autorités françaises de Saïgon faisaient embarquer pour la France, à bord de l'Athos, deux Allemands, arrêtés au début des hostilités : Alfred Wendt, né en 1880 à Berlin, deuxième capitaine du navire Kalia, de la Compagnie chinoise de Tchang-Haï, et Edmond Engels, né en 1871 à Francfort-sur-l'Oder, mécanicien de la marine du commerce.
   On sait que l'Athos, le 17 février, fut torpillé par un sous-marin allemand.
   Au moment du torpillage, les prisonniers étaient enfermés dans une cabine des bas étages du navire. Ils se crurent perdus. Mais soudain la porte de la cabine s'ouvrit. C'était le sous-officier français chargé de leur garde, qui venait les délivrer. Il n'avait pas hésité à descendre du pont pour accomplir ce qu'il pensait être son devoir.
   Les deux Allemands purent se sauver à la nage.
   Cependant, le sous-officier français, au lieu de prendre place dans une chaloupe, voulut aider au sauvetage des femmes et des enfants. Il y aida jusqu'à l'épuisement de ses foces. La mer l'engloutit...
   Le 24 février, les deux Allemands étaient débarqués à Marseille et remis aux mains du lieutenant R..., officier de surveillance du Dock-Pinède. Ils ont témoigné devant cet officier de l'héroïsme du sous-officier français et de leur reconnaissance envers lui, et ils ont voulu signer une déclaration écrite, dont voici la traduction :
 
 
                                        DEPOT DES PRISONNIERS DE GUERRE, MARSEILLE.
 
  Déclaration de deux prisonniers de guerre allemands, sauvés du naufrage de l'Athos, par le dévouement d'un sous-officier français.
 
   Nous, sousignés, prisonniers de guerre venant de Saïgon, avons été conduits à bord du vapeur Athos par un sous-officier français, chef d'escorte.
   Au premier instant de la catastrophe, ce gradé ouvrit aussitôt la porte de notre cabine, nous donnant ainsi la faculté de nous soustraire à une mort certaine.
   Malheureusement, le sous-officier dut payer de sa vie.
   C'est une autre escorte qui nous accompagna à Marseille.
 
   Marseille, le 26 février 1917.
 
   Signé : A. WENDT, off. de marine, vapeur Kallio ; E. ENGELS, mécanicien." (**)
 
   -------------------------------------------------------------------------
   (*) Le troisième prisonnier, qui portait le nom de THYSEN , a disparu lors du naufrage.
   (**) Vapeur Kalia ou vapeur Kallio ?
   -------------------------------------------------------------------------
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 29-11-2008 à 10:01:11
n°10682
Rutilius
V. infra.
Posté le 29-11-2008 à 10:18:28  profilanswer
 

   Re,
 
     - MOUGEOT Arthur, Alexandre, né le 3 février 1886 à Luzy (Meuse), décédé le 17 février 1917, "disparu sur le navire Athos, torpillé en Méditerranée le 17 février 1917 ", Sergent à la Section de secrétaires d'Etat-major coloniaux (Jug. Trib. Marseille, 29 janv. 1919, transcrit à Marseille le même jour).


Message édité par Rutilius le 29-11-2008 à 13:50:33

---------------
Bien à vous,
 
Rutilius.
n°10688
Rutilius
V. infra.
Posté le 29-11-2008 à 14:06:26  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Quelques précisions concernant le Révérend HADEN, passager de 3e classe disparu lors du naufrage de l'Athos (La Croix, n° 10421, 25 février 1917, p. 2 ) :
 
   " Un missionnaire américain victime du torpillage. -
 
   Le consul des Etats-Unis à Malte télégraphie que M. Robert A. HADEN, missionnaire presbytérien américain à Fou-Tchéou, a péri lors de la destruction par un sous-marin du vapeur Athos.
   D'après le rapport consulaire, le Révérend HADEN s'est noyé en retournant au navire pour porter secours à d'autres personnes."

 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°10702
alain13
Posté le 29-11-2008 à 21:14:11  profilanswer
 


Bonsoir à tous,
 
En complément, la liste des passagers civils victimes du naufrage où l'on retrouve certaines personnes citées par Daniel.
Là encore, on s'aperçoit que la 4ème classe, qui  devait se trouver au fin fond du navire, ne donnait pas beaucoup de chance à ses occupants en pareille situation. C'est là que se trouvaient pas moins de 600 travailleurs et coolies chinois tous disparus pendant le naufrage.
 
Cordialement,
Alain
 
http://img98.imageshack.us/img98/483/athos1gd6.jpg
http://img98.imageshack.us/img98/athos1gd6.jpg/1/w575.png
 
http://img246.imageshack.us/img246/6882/athos2go7.jpg
http://img246.imageshack.us/img246/athos2go7.jpg/1/w582.png
 

n°11548
olivier 12
Posté le 24-12-2008 à 08:56:14  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
L'ATHOS dessiné par Sandy Hook
 
http://img385.imageshack.us/img385/2811/athosnn9.jpg
 
Cdlt
 
Olivier


---------------
olivier
n°11701
PhilipV
Posté le 29-12-2008 à 16:52:37  profilanswer
 

Cher Alain,
 
Voulez-vous dire qu'une liste existe des 543 travailleurs chinois noyés suite au naufrage de l'Athos??  
J'ai donné une intervention sur le Athos à la conférence et commémoration internationale sur les ouvriers chinois en Europe pendant la première guerre mondiale (images sur www.youtube.com  mots-clés: "weihai" et "poperinge" ) .   Les  900  ouvriers à bord de l'athos étaient recrutés en Chine méridionale par des agents français,  puis ammenés à Hong Kong où ils sont partis pour la France. Ce n'est qu'après le naufrage que le gouvernement chinois s'en est rendu compte que quiconque pouvait emmener 900 des ces citoyens sans laisser la moindre trace.   Après le naufrage, les diplomates chinois à Paris on mis tout en oeuvre pour faire la liste des 543 morts en méditerannée le 17 Février 1917, mais sans trouver aucun nom.
Le musée In Flanders Fields à Ypres (Belgique) possède l'envelope d'une lettre de la Chine à un certain Wang Guozhang, ouvrier chinois en France, mais mort déjà le jour où elle est était envoyé de la Chine.  
 
 
Cordialement
Dr Philip Vanhaelemeersch
(du comité preparatoire de la commémoration et  l'exposition internationale sur les ouvrier chinois en europe, qui ouvre à Ypres avril 2010).
 
 
 

alain13 a écrit :


 
Bonjour à tous,
 
J'ai fait hier un passage aux archives des Messageries Maritimes, à la recherche de détails sur le combat CRIMEE/sous-marin du 19 Fèvrier 1917.
J'ai pu également consulter les archives de L'ATHOS pour lequel je savais qu'il y avait quelques incertitudes sur le lieu de torpillage, dans le but d'y trouver ses coordonnées.
Bien que le rapport du commandant en second soit cité dans le dossier "torpillage", je n'ai pu  le retrouver et aucun document ( y compris les divers messages en provenance de Malte ) ne précise ce lieu.
A l'occasion, il se trouve que le nombre de 12 pour les membres de l'équipage victimes du torpillage sur 754, et tant soit peu réducteur car  
faisaient également partie de l'équipage ... 29 chauffeurs chinois, 36 chauffeurs arabes, 55 boys annamites et quelques autres qui étaient sans doute compris dans les 754 !!!
Je pense d'ailleurs, au vu du nombre de correspondances qui l'atteste, que le souci de la compagnies ait été de définir, dans un but d'indemnisation ou pas, la liste exacte des passagers de l'ATHOS, ce qui vu le contexte n'a pas du être facile.
Ci-après la liste des victimes, état-major, équipage et passagers militaires.
J'ai également les passagers civils dont 543 travailleurs chinois, si quelq'un est intéressé ...
 
Cordialement,
Alain
 
http://img146.imageshack.us/img146/5369/athos01hp8.jpg
http://img146.imageshack.us/img146 [...] 1/w582.png
 
http://img146.imageshack.us/img146/5829/athos02vc7.jpg
http://img146.imageshack.us/img146 [...] 1/w582.png
 
 
http://img146.imageshack.us/img146 [...] s01my4.jpg
http://img146.imageshack.us/img146 [...] 1/w601.png
 
 
http://img220.imageshack.us/img220 [...] s02zb9.jpg
http://img220.imageshack.us/img220 [...] /w2552.png


n°11712
Terraillon​ Marc
Posté le 30-12-2008 à 07:29:31  profilanswer
 

Bonjour Alain, bonjour à tous,
 
Je suis interessé par la liste complète
 
Merci d'avance
Cordialement


---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°11802
alain13
Posté le 02-01-2009 à 10:46:49  profilanswer
 


Bonjour Philip, bonjour Marc,
Bonjour à tous,
 
Malheureusement la liste des passagers civils, qui indique que 543 travailleurs chinois ont été victimes du naufrage, ne donne pas plus de détails.
Il en est d'ailleurs de même pour les 67 coolies chinois ainsi que pour les membres de l'équipage "indigènes" qui sur certains documents "officiels" de la CMM n'ont même pas l'air d'avoir existé (141 personnes ce qui n'est pas rien ).
Dans la mesure où ces documents sont des courriers ou messages entre les représentants de la compagnie à Malte et le siège à Marseille, établis juste après la naufrage, et en l'absence du  journal de bord du dernier voyage de l'Athos, il existe peut-être des documents établis  ultérieurement par la compagnie ?? A voir...
 
Bien cordialement,
Alain

n°12032
Rutilius
V. infra.
Posté le 07-01-2009 à 18:17:34  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,
 
   Un tirailleur " sénégalais " disparu avec l'Athos :
 
     - YABINGA, né à une date inconnue à Kougou (Haute-Volta - désormais Burkina-Faso -), Soldat de 2e classe au 77e Bataillon sénégalais, Matricule n° 23.754, Cl. inconnue, Recrutement de Onahigouya (Jug. Trib. Marseille, 18 juin. 1919, transcrit à Marseille, le 8 oct. 1919).
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


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