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Auteur Sujet :

KLEBER - Croiseur

n°34262
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 06-04-2012 à 17:35:21  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 
   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Autre marin tué au combat devant Scala-Nova (Fin mai 1915).
 
 
   — CARRÈRE Jean Gabriel, né le 22 décembre 1892 à Bayonne Anglet (Basses-Pyrénées – aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques –), maison Herret, quartier de Brindos, mort le 31 mai 1915, « tué à l’ennemi lors du combat de Scala-Nova », Matelot de 2e classe chauffeur, Matricule n° 56.165–5 [ou 36.165–5] (Acte transcrit à Anglet, le 13 oct. 1915).  
 
   [Erreur quant au lieu de naissance de ce marin sur la fiche M.P.L.F. établie à son nom. Et sans doute erreur sur la même fiche quant à son numéro de matricule.]  
 
   —> http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =559727780
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 15-06-2013 à 23:34:24
n°35662
annyvonne
Posté le 07-12-2012 à 16:10:21  profilanswer
 

Bonjour
 
Mon grand-père Jean-Louis Frances  (né 10 02 1889 à Kernilis) était à bord du KLEBER au moment du naufrage .Il  a été sauvé, rejoind le port de brest "à la nage", est-ce possible? (dixit la famiile) Sinon, avez-vous d'autres renseignements ou photos le concernant?
Merci d'avance  
Annyvonne

n°35669
Memgam
Posté le 08-12-2012 à 10:13:24  profilanswer
 

Bonjour,
 
Il n'est pas possible, compte tenu du lieu du naufrage, de la configuration, des courants, des conditions de température (qui déterminent la durée de survie) qu'un marin du Kléber ait pu en échapper et regagner le port de Brest en nageant. Par contre, il est tout à fait possible qu'il se soit retrouvé à l'eau et eut à nager un certain temps vers un radeau ou une embarcation avant d'être recueilli.En effet, la houle et le vent n'ont pas permis aux navires sauveteurs d'accoster directement le Kléber et l'équipage a embarqué dans les embacations diverses, sur les radeaux et a sauté à l'eau. Il y eut tout de même 38 victimes et 530 rescapés.
 
Source : Bruno Janin, Paul Marec, Mémoires englouties, Plongées, Histoires sur les épaves du Finistère, Aseb édition, tome I, 1994.
 
Cordialement.

n°35678
annyvonne
Posté le 09-12-2012 à 14:21:13  profilanswer
 

Merci beaucoup d'avoir répondu à ma question, je vais pouvoir  apporter des précisions à ma famille.
 
Je suis toujours en quête de photos
 
Cordialement  
 
Annyvonne

n°35985
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 14-01-2013 à 23:55:54  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ L'aumônier catholique destiné au croiseur cuirassé Kléber le 13 mai 1916.
 
 
   — DUCURON Jean Julien Austinde, né le 28 avril 1863 à Maumusson-Laguian (Gers) et décédé le ... à ... (...). Fils de Brana Bernard Sernin DUCURON et de Marguerite Félicie Nathalie SAINT-GUILHEM.
 
   • « La preuve par le sang. Livre d'or du clergé et des congrégations (1914~1922 », Bonne Presse, Paris, 1925, Tome I., p. 685.
 
                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Abbe%20DUCURON..png
 
 
   Commissionné en qualité d’aumônier titulaire de la Flotte le 10 octobre 1895. En service depuis cette date jusqu’au 17 mai 1904.  
 
   Du 5 juillet au 16 novembre 1915, agréé en qualité d'aumônier temporaire de la Flotte ; destiné au transport-hôpital Bien-Hoa (L'Ouest-Éclair ‒ éd. de Caen ‒, n° 5.805, Jeudi 8 juillet 1915, p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes  »).
 
   Alors en retraite, rappelé au service du 13 mai 1916 au 1er novembre 1919 en qualité d'aumônier temporaire de la Flotte ; le 13 mai 1916, destiné au croiseur cuirassé Kléber (L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 6.212, Mardi 16 mai 1916, p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes  »).
 
   Chevalier de la Légion d’honneur au titre du Ministère de la Marine (Arr. du 12 juill. 1918, J.O. du 13 juill. 1913). Alors domicilié à Auch (Gers), rue Victor Hugo.
 
   (Base Léonore, Dossier 19800035/728/82754 —> http://www.culture.gouv.fr/LH/LH22 [...] 229763.htm)
   ___________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 14-01-2013 à 23:56:16
n°36617
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 17-03-2013 à 17:24:42  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Au nombre des navires qui se portèrent au secours des naufragés du Kléber, le 28 juin 1917, figurait le modeste sloop langoustier La France, patron Ludovic FERREC, inscrit à Camaret, n° 7.679. Il réussit à sauver 70 hommes de l’équipage du croiseur cuirassé, dont 30 furent ramené par lui à Brest. D'où cette récompense.
 
 
                                                  Journal officiel du 20 mai 1919, p. 5.198.
 
 
   « Par décision du 10 mars 1919, prise sur l’avis de la section permanente du Conseil supérieur de la marine, le ministre de la marine a accordé des prix Henri Durand (de Blois) aux sauveteurs ci-après désignés :
 
                                                                            [...]
 
 
                                       http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/KLEBER%20-%20Sauvetage%20-%20J.O.%2020-V-1919..jpg


---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°37626
Jean RIOTT​E
Posté le 15-06-2013 à 21:52:58  profilanswer
 

Bonsoir à tou(te)s,
Je me permets d'apporter un rectificatif au message de Rutilius du 6/04/2012 à 17h 35 à propos du matelot CARRERE Jean Gabriel, mort au combat de SCALA NOVA à bord du KLEBER:
Ce matelot est né à ANGLET (Basses-Pyrénées), maison Herret, Quartier de Brindos et non à Bayonne comme indiqué.
Sans changement pour tout le reste.
Cordialement,
Jean RIOTTE

n°37627
Jean RIOTT​E
Posté le 15-06-2013 à 22:19:54  profilanswer
 

Re-,
Le combat de SCALA NOVA livré par le coiseur cuirassé KLEBER
Domicilié à Anglet (Pyrénées-Atlantiques, anciennement Basses-Pyrénées) et travaillant sur les MPF de ma commune, je recherche des renseignements sur le combat de Scala Nova au cours duquel le matelot CARRERE, Jean Gabriel, dont le nom figure sur le MAM puisque natif d'Anglet (voir message précédent). J'ai déjà vu le message de Olivier 12 du 3/03/2009 sur les souvenirs de l'EV THOREUX. Auriez-vous des renseignements supplémentaires ou d'autres témoignages au sujet de ce combat? En outre je cherche à savoir si le matelot CARRERE a été cité, et si oui, dans quels termes? Ainsi que le lieu de son inhumation?
D'avance merci.
Cordialement,
Jean RIOTTE

n°37630
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 15-06-2013 à 23:55:56  profilanswer
 


   Bonsoir Jean,
 
 
   Correction effectuée. Néanmoins, l'erreur a été initialement commise par le rédacteur de la fiche M.P.L.F. établie au nom de cet Angloy...
 
   Le matelot de 2e classe chauffeur Jean Gabriel CARRÈRE fut cité en ces termes à l'ordre de l'armée (J.O., 1er aout 1915, p. 5.287) :
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CARRERE%20Jean%20-%20Citation%20-%20J.O.%201-VIII-1915..jpg
 
 
   Eu égard aux circonstances, il est probable que son corps fut immergé. Mais, dans la mesure où les documents de bord du Kléber ont disparu avec ce bâtiment, il est matériellement impossible de le certifier.


---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°37631
Jean RIOTT​E
Posté le 16-06-2013 à 00:19:41  profilanswer
 

Bonsoir Daniel,
Merci pour ces renseignements complémentaires
Effectivement les erreurs proviennent très vraisemblablement des rédacteurs de la fiche MDH.
Bien cordialement,
Jean RIOTTE

n°37632
Memgam
Posté le 16-06-2013 à 09:49:52  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Même si le Kléber a coulé en emportant avec lui ses documents, il doit rester plusieurs traces des événement de son échouement. En effet, des rapports de l'affaire ont dû être transmis au sein de l'escadre et dans les état-majors, d'autre part, les bords versent annuellement des documents aux Archives (le journal de navigation du Kléber à partir de 1916 est sur le site sgamémoiredeshommes)  et enfin il reste des éléments matricule personnel du marin. Né à Anglet, il devait relever du 4ème dêpot, c'est à dire de Rochefort et c'est probablement vers ce SHD qu'il faut se tourner.
 
Cordialement.


Message édité par Memgam le 16-06-2013 à 09:52:27
n°37634
Jean RIOTT​E
Posté le 16-06-2013 à 13:37:57  profilanswer
 

Bonjour,
Merci pour cette direction de recherche (Rochefort - 4ème dépôt).
A propos, combien et où y avait-il des dépôts?
Cordialement,
Jean RIOTTE

n°37635
Memgam
Posté le 16-06-2013 à 14:20:40  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Les dépôts correspondaient aux cinq régions maritimes (trois actuellement), 1er à Cherbourg, 2ème à Brest, 3 ème à Lorient, 4 ème à Rochefort, 5éme à Toulon. Le dépôt recevait les nouveaux matelots auxquels on donnait une première formation militaire et le personnel non affecté, entre deux embarquements ou des séjours à terre. Les flux de personnels y étaient permanents, avec des séjours plus ou moins longs.
 
Cordialement.

n°37636
Jean RIOTT​E
Posté le 16-06-2013 à 17:56:34  profilanswer
 

Re-,
Encore merci.
Cordialement,
Jean RIOTTE, "pousse-caillou"!

n°38209
DELAMBILY
Posté le 05-10-2013 à 15:39:15  profilanswer
 

Salut à Tous,
 
Petite intrusion dans cet excellent forum, à l'attention de M Jean RIOTTE.
 
D'après la fiche MPLF, le matricule du matelot Jean Gabriel CARRERE correspond à un marin immatriculé à Toulon (le chiffre 5 de fin, correspond à la région maritime).
S'adresser au Service Historique de la Défense, passage de la Corderie, BP 45, 83800 TOULON CEDEX 9.
 
Pour plus d'informations, il existe en principe, aux Archives départementales des Pyrénées Atlantiques, à Pau, les registres de la matricule de la conscription (série R), l'année du registre correspond à celui des vingt ans du conscrit ; en l'occurrence 1912 pour J.G. CARRERE.    
 
Cordialement,
 
André DELAMBILY, documentaliste de l'amicale des anciens du Gustave Zédé

n°38213
Jean RIOTT​E
Posté le 05-10-2013 à 22:34:09  profilanswer
 

Bonsoir André,
... et bienvenue sur notre Forum.
Merci beaucoup pour ces informations complémentaires.
Cordialement,
Jean RIOTTE

n°38497
nimegue196​0
Posté le 10-11-2013 à 14:50:04  profilanswer
 

Chricou a écrit :

Bonsoir
 
je vous ai piqué sans vergogne quelques infos.
Alors en échange cette photo qui pourrait vous intéresser.
 
Christian
 :hello:  :hello:  :hello:  
http://images.mesdiscussions.net/p [...] Kleber.jpg


 
Bonjour, nouveau ici je viens de voir des infos concernant le kleber et son equipage car je fais de la généalogie et mon grand père était sur le navire lors du naufrage, pour illustrer ma généalogie puis je utiliser la photo des rescapés du kleber, peut etre avec avec une meilleur définition, avec lindication des sources cela est important, mon grand père Eugène Marie GUEGOU à survécu, mais je n'ai pas de photos de lui jeune, il ne figure pas sur la photo mais sa donne une idee de l'uniforme et c'est tres parlant.
 
Cordialement
Nimegue

n°38498
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 10-11-2013 à 15:30:26  profilanswer
 


   Bonjour Nimègue, et bienvenue,
 
 
   S’agissait-il d’Eugène Marie GUÉGOU, maître chauffeur, inscrit à Tréguier, n° 4.584, inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire par un arrêté du Ministre de la Marine en date de Janvier 1916 (J.O., 27 janv. 1916, p. 749) ?


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°38677
nimegue196​0
Posté le 30-11-2013 à 23:00:22  profilanswer
 

Bonsoir
oui

n°38678
nimegue196​0
Posté le 30-11-2013 à 23:09:09  profilanswer
 

Vous semblez connaitre ce marin, avez d'autres renseignements ou sommes nous cousin ??

n°40328
Memgam
Posté le 29-07-2014 à 21:31:04  profilanswer
 

Bonjour,  
 
A noter que l'épave de Kléber a fait l'objet de campagnes de récupérations sous-marines.
 
Source (citée par JPC en début de sujet) : Bruno Jonin, Paul Marec, Mémoires englouties, Plongées-Histoires sur les épaves du Finistère, ASEB Edition, Tome 1. 1994, pages 150-151 (schéma) et page 153.
 
Cordialement.
 
 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser15.pnghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser24.png

n°42052
olivier 12
Posté le 12-05-2015 à 10:29:04  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
KLEBER
 
Rapport du CF Lagorio au VA Préfet Maritime du 2e arrondissement
 
Traversée Dakar – Agadir
 
Suivant les ordres du CA commandant la 6e Division Légère quitté Dakar le 16 Juin à 17h00 avec mission d’escorter PHRYGIE portant 1150 hommes de troupes jusqu’à la côte marocaine, puis de rallier Brest. KLEBER emmenait 5 passagers sur ordre du GG de l’AOF et 65 tonnes de matériel (fûts et caisses vides).
Traversée sans incident jusqu’à Agadir. Stoppé le 22 à 07h25 dans la baie où PHRYGIE va mouiller sous la conduite d’un chalutier. PHRYGIE avait une pièce de machine à visiter. Informé le Ministre de la Marine de notre passage et de la relâche de PHRYGIE, ainsi que le chef de la Division Navale du Maroc.

Traversée Agadir – Brest

 
Remis en route le 22 à 07h45 et suivi la côte marocaine pendant le jour. La nuit venue, fait route à 15 nœuds pour couper la route Gibraltar-Canaries et Gibraltar-Saint Vincent avant le matin. Parcouru 360 milles à 15 nœuds, puis ralenti à 13 nœuds et contourné le cap Saint Vincent à 250 milles. Passé à 270 milles de Razzo et à 300 milles de Finisterre. Incliné ensuite au NE pour garder Finisterre à 300 milles et arriver au 46e de latitude le 25.
 
En compulsant les avis de guerre on pouvait grouper les sous-marins ennemis au Nord d’Ouessant et près de l’île d’Yeu. Monté à 15 nœuds le 25 à 23h00 en restant sous le 47e pour le couper entre 6 et 4° de longitude. Demandé l’autorisation d’entrée le 26 à 21h00 pour ne pas donner l’alerte aux sous-marins. Atterri à 23h30 sur la lueur de Penmarch et passé à 11 milles au large de la chaussée de Sein, à l’Ouest des fonds de 100 m, à 03h40. Gouverné sur le feu des Pierres Noires.
 
L’officier de quart avait ordre de venir au N70E quand le prolongement du chenal de sécurité couperait notre route et il me prévint à 04h25 que nous étions à 0,25 milles du changement de route. Le courant donnant une dérive Nord, venu au N80E. On ne voyait ni l’alignement Minou-Portzic, ni celui du chenal de sécurité, ni La Vandrée, ni la Parquette. Les points les plus visibles étaient du côté des Pierres Noires et de Saint Mathieu. Allure 15 nœuds.
 
A 04h50, stoppé pour prendre le pilote local, puis remis en route à 12 nœuds. Le pilote me dit qu’il n’y avait rien à signaler et me demanda si nous allions suivre l’alignement Portzic-Petit Minou. « Non, lui dis-je, nous allons suivre le chenal de sécurité. »
 
A 05h00, on me signale une mine flottante sur l’avant bâbord et je la reconnus à 300 m. Nous étions à pleine marche à 12 nœuds et je ne pouvais songer à stopper à temps pour canonner la mine qui devait dériver du Four au jusant, puis y retourner pendant le flot. Mis la barre toute à droite et machine parée à manœuvrer.
 
Explosion d’une mine sous le KLEBER
 
Le KLEBER commençait son abattée quand il toucha sur tribord une mine immergée à 1/3 de mille de l’alignement Minou-Portzic, phare de Kermorvan par le Bozmen Ouest.
Explosion à hauteur de l’arrière des cuisines, probablement dans la chaufferie 1 et la soute à charbon transversale qui la sépare des soutes à munitions.
 
Stoppé, mis la barre à zéro et lancé appel TSF. Les Perruisses ne fonctionnaient plus et les ordres furent donnés par porte-voix. La commande électrique de la barre ne fonctionnait pas non plus.
 
(Nota : Perruisses. — Les signaux étaient transmis aux machines au moyen de deux Perruisses. Un appareil analogue permettait de transmettre les indications voulues au servomoteur, dans le cas où l'on gouvernait d’ailleurs que de la passerelle ; ce dernier appareil était muni, sur la passerelle, d'un combinateur automatique qui allumait, suivant la position de la clef, le nombre de lampes nécessaires à la transmission de chaque ordre. Ce combinateur n'était pas très commode comme manipulation et donnait de fortes secousses à ceux qui le manœuvraient. D'une façon générale, le Perruisse était un médiocre transmetteur d'ordres. Outre l’installation compliquée des fils, avec ses chances d'avaries et la quantité relativement considérable d'énergie absorbée pour son fonctionnement, cet appareil avait le grave inconvénient de dépendre du bon état de la canalisation électrique et du bon fonctionnement des dynamos. Quand survenait un arrêt quelconque, par exemple dans le cas d'entraînement d'eau aux dynamos, on se trouvait privé à la fois de lumière et de moyens de communication.)
 
Le poste TSF ne put transmettre le message et il fallut utiliser le poste de secours. Dans les fonds, extinction totale, tous les plombs ayant sauté. On tenta de lancer la dynamo arrière, mais des courts circuits se produisaient constamment et il n’y eut aucun résultat. On utilisa des éclairages de fortune.
 
Appelé aux postes d’abandon. Les machines, lancées en arrière étalèrent le bateau. L’officier en second m’informa que la situation dans les fonds semblait moins grave qu’on aurait pu le craindre. Donné l’ordre de mettre en action tous les moyen d’épuisement. Mais la machine m’informa que la pression tombait rapidement. La sécurité m’informa que le thirion de 600 tonnes (nota : pompe d’assèchement à vapeur) ne tournait pas. Son local était envahi. L’officier en second revint me dire que la situation s’aggravait, que la chaufferie n° 2 était envahie et que l’eau envahissait rapidement l’avant. Les chaufferies arrière donnèrent 14 kg de pression pendant un moment et l’on put manœuvrer la barre avec le servomoteur. La barre à bras continua à être utilisée. Mais seules tribord et centrale manœuvraient, bâbord refusant de se déplacer.
 
Tenté de venir à droite pour diriger le bâtiment vers Le Conquet, et l’échouer sans perdre de vue la mine flottante. Mais dès le premier déplacement, je sentis que le navire prenait de la pointe sur l’avant et de la gite sur tribord. Renversé la machine et le navire partit doucement en arrière et parut soulagé. L’arrière venait dans le vent et le navire dérivait au SSO s’éloignant du Conquet. Demandé secours d’urgence par TSF et hissé les signaux du code international de détresse. La situation ne me semblait pas encore désespérée. Le bâtiment restait droit, s’enfonçant doucement de l’avant. Battu quelques tours en arrière pour maintenir KLEBER dans sa position à cause de la mine voisine et pour ne pas fatiguer les cloisons. L’équipage débordait les embarcations à bras en raison de la faiblesse ou de l’absence de pression aux treuils.
 
A 05h30, vu une canonnière arrivant du SW et donné l’ordre de disposer une aussière et d’amener un canot pour nous diriger en arrière vers Le Conquet. Deux torpilleurs, un chalutier et un autre bâtiment étaient aussi en vue. L’INCONSTANT manœuvra hardiment à plusieurs reprises pour prendre la remorque, mais le lance amarre fut manqué plusieurs fois.
 
La situation empira rapidement et l’avant s’enfonça. Il fallut procéder immédiatement à l’évacuation des blessés, des malades et des passagers sous la direction du Lieutenant de Vaisseau Collos et du Médecin de 2e classe Collin qui les firent embarquer dans la chaloupe et les envoyèrent à l’un des bâtiments de secours. Je donnai l’ordre d’amener les embarcations. Malheureusement le vapeur 2 et le canot 1 restèrent suspendus par l’arrière. Le vapeur 1, très difficile à sortir, eut son braguet avant (nota : cordage de secours) engagé et ne put être amené. Enfin, le canot white situé à bâbord, côté opposé à la gite qui s’accentuait, ne put tourner sur ses bossoirs. Le navire s’enfonçant rapidement et l’eau approchant du haut de l’étrave, donné l’ordre par estafette de faire monter tout le monde sur le pont, de sonner le signal d’évacuation final et de lancer les radeaux à la mer. Le pilote, resté seul avec moi sur la passerelle descendit alors. L’eau arriva sous la passerelle inférieure. J’entendis un bruit de voix et descendit quelques marches pour faire partir des gens que je croyais attardés. Je vis à l’extrême arrière, déjà très haut, deux hommes auxquels je criai de se jeter à l’eau. Il pouvait être 06h00.
 
L’eau me saisit et KLEBER coula sous moi. Je fus pris dans les remous, au milieu de fûts en tôles qui remontaient du fond avec violence et ne vis plus rien. Quand je pus me rendre compte de la situation, KLEBER ne montrait plus que son arrière chaviré. Des embarcations s’activaient autour du personnel soutenu par les ceintures de sauvetage. Beaucoup de monde s’était réfugié sur les radeaux. Ceux de L’INCONSTANT et des autres navires furent d’un grand secours. Une explosion retentit à l’arrière et je crus tout d’abord à une mine. Mais d’après les explications qui m’ont été données et l’impression générale des voisins de l’explosion, c’est une de nos grenades Guiraud (nota : grenades anti sous-marins) dont l’amorçage aurait fonctionné. Ces grenades étaient disposées sur la plage arrière, munies de leur amorçage et de leurs chevilles de sureté solidement saisies. Elles étaient destinées à être envoyées  à l’eau derrière le bâtiment, sur une glissière, en cas de passage au dessus d’un sous-marin.
 
J’ai été recueilli par la baleinière de L’INCONSTANT après avoir été soutenu dans l’eau par mon maître d’hôtel, Pierre, et par le maître d’hôtel des officiers, Battany, tous deux réfugiés sur un petit radeau.
Le commandant de L’INCONSTANT, Mr Le Poitevin, l’officier en second, Mr de la Fournière, les officiers et l’équipage ont prodigué à chacun de ceux qu’ils ont recueillis les soins les plus attentifs et réconfortants.
 
Je ne puis terminer sans exprimer toute ma douleur sur la disparition de Monsieur le Lieutenant de Vaisseau Aurillac, officier en second, de Monsieur le Lieutenant de Vaisseau Collos, officier canonnier, de Mr Le Mécanicien de 2e classe Bléas et d’une quarantaine de gradés et de matelots dont je n’ai pas la liste définitive. J’espère que la liste actuelle diminuera.  
Officiers, gradés et matelots sont morts dans l’accomplissement de leur devoir. Honneur à eux !
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/673/lQcIUt.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 12-05-2015 à 10:32:38

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olivier
n°42061
olivier 12
Posté le 13-05-2015 à 11:22:12  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Rapport du LV Poitevin, Commandant L’INCONSTANT  au CV Chef de la Division des Flottilles et Patrouilles de l’Océan
 
Le 27 Juin 1917 à 05h30 L’INCONSTANT se trouvait par 48°09,5 N et 07°08,5 W Paris, route à L’Ouest et prenait des dispositions pour mettre ses appareils de dragage à l’eau quand un croiseur type KLEBER fut aperçu près des Pierres Noires, faisant route sur le goulet. Le croiseur, ayant dépassé les Pierres Noires, fut aperçu entouré de flammes et d’une fumée très noire. Sans aucun doute, il venait de heurter une mine.
 
Les appareils de dragage furent aussitôt remis à leurs postes de mer et à 06h00 L’INCONSTANT faisait route en direction du croiseur, augmentant progressivement l’allure des machines à 270 tours (15 nœuds) que je ne jugeais pas prudent de dépasser sans risque d’avarie. Nous étions à environ 8,5 milles du point où le KLEBER avait été atteint par la mine. On le vit peu après venir cap au Nord, puis au NW, faisant encore route en avant, dans le but semblait-il de s’échouer sur un haut fond voisin. Au bout d’un moment, je remarquai que KLEBER marchait en arrière et je manœuvrai en conséquence. Pendant le rapprochement, pris toutes les dispositions pour coopérer le plus efficacement possible au sauvetage du personnel.
 
Ayant rallié le bâtiment je lui signalai à bras « Nous nous mettons à vos ordres ». Je reçus la réponse suivante : "Avons une mine par tribord. Prenez la remorque derrière". KLEBER était légèrement enfoncé de l’avant avec une légère gite sur tribord. Il ne semblait pas en danger immédiat. Allongé notre aussière de remorque et manœuvré pour la passer au KLEBER. Ce dernier avait dû stopper, ne gouvernant plus et le vent régnant lui faisant gagner le large.
Essayé de prendre la remorque par tribord arrière avec un cap au NE, afin d’être prêt à le faire gouverner vers la terre dès la remorque prise. Rapproché l’arrière de L’INCONSTANT à 20 m de l’arrière du KLEBER. Malheureusement, l’arrière de ce dernier était déjà déjaugé et très haut et il fut impossible de lancer un lance-amarre avec succès. La remorque ne put être prise. Nous dérivions très rapidement et notre arrière se trouva très vite par son milieu tribord, cap perpendiculaire au sien. Essayé aussitôt de redresser pour rapprocher à nouveau l’arrière. KLEBER a amené une baleinière pour nous passer sa remorque.
A 06h45, j’étais près de la baleinière, prêt à prendre son aussière. Mais la situation a très rapidement empiré, et le commandant de KLEBER a ordonné l’évacuation générale de son bâtiment. Je n’ai donc pas pris la remorque et, constatant que la gite sur tribord avait augmenté, j’ai manœuvré pour me rapprocher le plus possible parallèlement à lui-même le long de son flanc bâbord pour ne pas être menacé en cas de chavirement.
 
Tous nos radeaux de sauvetage, nos bouées de sauvetage, et tous les objets flottants furent jetés à la mer tandis qu’étaient amenés baleinière, youyou et les deux berthons. Les premiers hommes de KLEBER qui se sont jetés à la mer ont atteint L’INCONSTANT à la nage. Dérivant très vite sur le KLEBER, j’ai du m’écarter tandis que nos embarcations ramenaient les hommes déjà à l’eau. KLEBER a en même temps amené ses embarcations, mais son vapeur bâbord a été pris par l’avant dans la cale.
 
A 07h05, 2 torpilleurs et 2 chalutiers du Front de Mer ont rallié. A 07h10, KLEBER s’est enfoncé par l’avant et a chaviré sur tribord. Il y a eu un temps d’arrêt quand l’avant a touché le fond. Après une explosion, l’arrière a disparu à son tour en se renversant complètement. Le bâtiment m’a paru s’être cassé en deux et a disparu en 2 minutes. Quelques hommes qui étaient encore à bord ont été entraînés  par le bâtiment et ont glissé le long de sa coque. J’ai vu le commandant disparaître sur la passerelle de son bateau. Dans le chavirement, les mâts et l’antenne TSF sont tombés sur des radeaux et sur l’embarcation qui étaient chargés de personnel. La chaloupe fut complètement démolie. J’ai du faire arrière pour ne pas être aspiré par les remous. Le commandant fut aperçu se soutenant sur l’un de nos radeaux. Je l’ai envoyé prendre par notre baleinière.
Nos embarcations ont recueilli le plus de monde possible, les transportant sur les patrouilleurs les plus proches. Un canot du KLEBER nous a accostés, puis avec le patron et le brigadier titulaire qui étaient seuls restés à son bord aidés par du personnel de L’INCONSTANT est retourné au sauvetage. Les hommes ne l’ont quitté qu’à l’arrivée à Brest.
 
A 07h25, aucun naufragé n’apparaissant plus sur l’eau, nos embarcations ont rallié le bord ainsi qu’un canot et une baleinière du KLEBER. Un chalutier du Front de Mer nous a signalé qu’il avait ordre de rester sur les lieux. J’ai pris les 11 naufragés qu’il avait à son bord et lui ai signalé qu’une mine avait été aperçue en surface sur l’alignement phare de Trézien par Bozmen Ouest.
 
A 07h35, hissé nos embarcations et pris en remorque le canot et la baleinière du KLEBER. Miss en route à petite vitesse vers Brest.
 
Attitude en tous points remarquable du personnel de L’INCONSTANT. J’ai été secondé d’une façon digne de tous éloges par l’EV1 de la Fournière, mon officier en second. Grâce à sa présence constante et à l’ascendant qu’il a sur les hommes, le calme fut parfait et les ordres exécutés avec une célérité remarquable. Je serais heureux qu’il soit cité à l’Ordre de la Division car il le mérite en tous points.
 
Je signale tout particulièrement le personnel qui a armé les embarcations et surtout les berthons qui, malgré une mer très dure pour eux, ont largement et puissamment contribué au sauvetage.  
Le berthon 1, armé par le breveté Stéphan Pierre, a ramené un homme du KLEBER malheureusement atteint de congestion, qui n’a pu être ranimé.
Le berthon 2 était armé par le SM de manœuvre Le Meur et le gabier breveté Labbé.
Le youyou était armé par le  QM élève chef de quart Ruffié et l’électricien breveté François Lepage. Il a ramené de nombreux naufragés.
 
Je serais heureux d’une Citation à l’Ordre de la Division pour
- LE MEUR  Sd maître de manœuvre
- STEPHAN Pierre  Gabier breveté
- LABBE Pierre  Gabier breveté
- LEPAGE François Electricien breveté
 
Je serais aussi heureux que soient l’objet de concession de 40 points exceptionnels
 
- MICHELET Jean  QM élève chef de quart
- LE TACOU François  QM de manœuvre
- COULOIGNIER Joseph  QM canonnier
- LE SAOUT Jean  Fourrier breveté
- BIGER Pierre  Canonnier breveté
qui armaient la baleinière de L’INCONSTANT
 
- TREBEDEN (Patron) Gabier breveté
- JEZEQUEL  QM mécanicien
- URVOAS  QM chauffeur
- LE POAC  Matelot mécanicien
- LE LAY  Matelot sans spécialité
- QUERARD  Fusilier breveté
qui armaient le canot du KLEBER  
 
Enfin, je demande d’accorder 60 points exceptionnels au matelot infirmier LE DEU qui a tenté tout son possible pendant 3 heures pour ramener à la vie le naufragé du KLEBER.  
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 13-05-2015 à 11:27:15

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olivier
n°43532
Memgam
Posté le 14-12-2015 à 15:29:26  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Une des ancres du Kléber,  
 
Source : Catherine Le Guen, Epaves : record de naufrages en 14-18, Le Télégramme du jeudi 31 juillet 2014, photo Katell Henri.
 
Cordialement.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser123.jpg

n°44189
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 27-02-2016 à 20:25:24  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
                        Commandant de BALINCOURT : « Les flottes de combat en 1914 », éd. Augustin Challamel, Librairie maritime et coloniale, Paris, c.a. 1914, 792 p.
 
 
                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/KLEBERNotice..jpg
 
                                                    (p. 413)
 
 
 
          Commandant de BALINCOURT : « Album illustré des flottes de combat. Avec 370 photographies de bâtiments. », Berger-Levrault & Cie, Paris-Nancy, 1907, p. 180.
 
 
                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/KLEBER1907.jpg
 
 
 
                                                                                                        Le croiseur cuirassé Kléber en 1907
 
 
                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/KLEBERV.1..jpg  
 
                                                                                 Library of Congress ~ Prints and Photographs Division ~ Washington, D.C.  
                                                                                                 Detroit Publishing Company – Réf. 22445 – P. & P.


Message édité par Rutilius le 12-09-2017 à 08:06:21

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°45037
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 30-07-2016 à 19:08:51  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/KLEBERCroiseurcuirasseV.2..jpg
 
                                                                                                                     Collection particulière
 
                                                                                     Nota : Version coloriée de la carte postale mise en ligne par Olivier.


Message édité par Rutilius le 12-09-2017 à 08:00:43

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°45088
jpg35
Posté le 29-08-2016 à 22:35:36  profilanswer
 

Bonsoir,  
 
Mon grand-père faisait à priori partie de l'équipage rescapé du Kléber lorsqu'il a coulé. Je souhaiterais en avoir la confirmation avec une liste officielle de l'équipage. En effet, j'ai une simple photo d'un marin avec son bonnet identifié Kléber mais je ne sais pas de façon certaine qu'il s'agit de mon grand-père. Il est décédé en 1929 et s'appelait Alain Glévéau. Merci pour votre aide.  
 
Jean-Pierre Glévéau


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JPG35
n°47554
dom mab
ardennais et fier de l'étre
Posté le 08-11-2017 à 09:09:05  profilanswer
 

Chricou a écrit :

Bonsoir
 
je vous ai piqué sans vergogne quelques infos.
Alors en échange cette photo qui pourrait vous intéresser.
 
Christian
 :hello:  :hello:  :hello:  
http://images.mesdiscussions.net/p [...] Kleber.jpg


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