Bonjour à tous,
DJURJURA Navire auxiliaire (1915 - 1915)
Chantier :
Wigham Richardson, Low Walker, Newcastle on Tyne, Grande-Bretagne.
Commencé : 1887
Mis à flot : 21.12.1887
Terminé : 1888
En service : 01.10.1898 (MM)
En service : 24.02.1915 (MN)
Retiré : 14.12.1915 (MN)
Retiré : 14.12.1915 (MM)
Caractéristiques : 1 589 t ; 1 896 tjb ; 908 tjn ; 1 200 tpl ; 89,02 (ht) 85,77 (pp) x 10,32 x 5,19 m ; 1 800 cv ; 1 machine alternative à triple expansion à 3 cylindres construite par Wigham Richardson ; 2 chaudières à 12 brûleurs timbrées à 10,5 kg/cm² ; 1 hélice ; 15 nœuds aux essais à 70 tr/mn, 14 nœuds croisière ; coque acier ; 7 compartiments ; 3 ponts ; 2 mâts ; 1 cheminée ; 3 cales ; capacité soutes à charbon 334 t ; équipage 82 h ; passagers 128, 48 en 1ères, 40 en 2èmes, 40 en 3èmes classes.
Armement : N. C.
Observations :
Paquebot mixte italien Rosario construit en 1887 à Newcastle pour le compte de la Compagnie Fratelli Lavarello, Soc. di Nav. Italiana Fratelli Lavarello fu Gio. Batt. Numéro de chantier 219
1891 : acheté par La Veloce Navigazione Italiana a Vapore sous le même pavillon et conserve son nom
21.09.1898 : il est acheté par la Compagnie de Navigation Mixte qui le renomme Djurjura
01.10.1898 : il entre pour la première fois en service sur la ligne Marseille-Alger.
Il relie Port-Vendres à Alger en 24h
1901 : ses chaudières sont remplacées par quatre nouvelles, construites et installées par JB Prudhon à Marseille
27.05.1902 : dans un épais brouillard, il s’échoue près de Sperona en Sardaigne, mais il s’en sort avec peu de dégâts
09.1902 : il s’échoue à nouveau sans trop de dommages près du Cap Spendes
06.09.1912 : le Djurjura file paisiblement ses 15 nœuds entre Marseille et Philippeville. A 6 heures du matin, on vient prévenir le Capitaine Gout.
- Commandant, il y a le feu dans la cale arrière...
Avoir le feu à bord, surtout en mer, c'est la hantise de tout capitaine, et lorsqu'il se déclare, c'est le cauchemar. Le Djurjura transporte à son bord 163 passagers plus son équipage de 80 hommes, et il transporte dans ses cales une cargaison un peu hétéroclite de marchandises diverses au milieu desquelles se trouvent 40 barils de poudre et 250 barils de carbure de calcium. Un mauvais assortiment si le feu venait à s'y mettre, la poudre ne faisant généralement pas bon ménage avec le feu, et le carbure, de son côté, n'appréciant pas spécialement l'eau.
Or, c'est là-dedans, dans la cale arrière, que le feu vient de se déclarer...
Vers midi, les passagers, à qui on a pu jusqu'ici cacher la situation, comprennent en voyant de la fumée sortir des manches à air et du panneau de cale, qu'il se passe quelque chose d'anormal et un bref mouvement de panique s'empare de quelques personnes.
Une seule solution : panneaux de cales et manches à air hermétiquement clos, laisser l'incendie couver en le surveillant, prêts à toutes éventualités, et continuer sa route, sans perdre un instant, vers Philippeville. C'est ce qui est décidé.
Le calme profond et l'attitude sereine du commandant et de l'ensemble de l'équipage parviennent à rassurer les passagers apeurés. C'est sans le moindre affolement que tout le monde s'installe dans l'attente et que, toutes les dispositions d'évacuation prises, le navire poursuit sa route. Le temps paraît long. Le pont arrière s'échauffe de plus en plus et le pire peut arriver à tout instant.
Enfin, à 17 heures 30, le paquebot est en vue des côtes d'Afrique et à 19 heures, il accoste à Philippeville où, sans perdre une minute, les passagers débarquent en bon ordre, rapidement suivis par leurs bagages et les sacs postaux que l'on a fait préparer pour un rapide déchargement. Ce n'est qu'alors que l'on peut s'occuper de l'incendie.
Grâce à trois pompes amenées en vitesse sur les quais, le feu est attaqué de façon méthodique au milieu d'une épaisse fumé noire et, au bout de quatre heures, il sera enfin maîtrisé, sans explosion des barils de poudre ni de ceux de carbure.
Mais entretemps, par mesure de prudence, le navire a été remorqué dans l'avant port afin de pouvoir, le cas échéant, être échoué sur la plage si l'eau déversée à bord lui occasionnait une trop forte gîte.
Le Djurjura s'en sortira avec pas mal de dégâts ; mais il sera sauvé et aucun accident corporel ne sera à déplorer.
Le lendemain, les passagers voudront adresser au Commandant Gout une lettre de remerciement et de félicitation pour la remarquable attitude de l'équipage au cours de l'angoissante traversée, mais il refusa modestement, expliquant que tous, dans cette circonstance, n'avaient strictement fait que leur devoir (Pierre Gallocher *).
24.02.1915 : le Djurjura est réquisitionné à Marseille
03-04.1915 : il figure à l’effectif des transports de la 1ère division du Corps Expéditionnaire français aux Dardanelles, dans le 4ème groupe composé de :
Italie (EV Vassal, chef de groupe)
Djurjura
Pélion
Yunnan
Sergei
07.1915 : il est affecté au service du Corps expéditionnaire français dans le groupe des courriers et transports divers
14.12.1915 : il coule au large de Malte après une collision avec le navire britannique SS Empress of Britain.
* Source :
Histoire de la Compagnie de Navigation Mixte, Bernard Bernadac, Editions Payan, 1985
Cordialement,
Franck
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.