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  EMILIE GALLINE - Trois-mâts barque

 

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EMILIE GALLINE - Trois-mâts barque

n°12758
Ar Brav
Posté le 30-01-2009 à 11:51:25  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
EMILIE GALLINE Trois-mâts barque (1899-1917)
 
Coque en acier, 1 944 tjb, 1 698 tjn.  
Lancé le 10 mars 1899 par les Chantiers de la Loire, à Nantes, pour la Société des Voiliers Français, du Havre.
 
Ce joli navire, qui ne portait que 2 500 tonnes en lourd, aurait battu plusieurs records de vitesse : il aurait fait notamment Anvers-Chili en 59 jours et San Francisco-Newcastle (Australie) en 31 jours. Ces étonnantes traversées ne pouvant être contrôlées faute de détails suffisants sont mentionnées sous toutes réserves.
Le 24 janvier 1901, l'EMILIE GALLINE fut jetée à la côte par un cyclone qui balaya la rade de Thio (Nouvelle-Calédonie). Le trois-mâts ne fut renfloué que le 3 avril par le remorqueur australien CHAMPION qui le remorqua à Sydney pour y être réparé.
 
L'EMILIE GALLINE partit de Taltal le 1er mai 1917 à destination du Havre, sous les ordres du capitaine Jules Frostin. Son chargement était composé de nitrates du Chili.
Le 13 août 1917, le navire venait d'entrer en Manche, comptant 104 jours de mer. A 11 heures du matin, il se trouvait à environ 25 milles au S-S-W de Start Point, lorsqu'un sous-marin fut aperçu par bâbord à une distance de 9 000 mètres environ. C'était l'UC-79, commandé par le lieutenant de vaisseau Haecker, qui ouvrit le feu immédiatement. Le capitaine Frostin décida l'abandon de l'EMILIE GALLINE. Au cours de l'évacuation, le matelot Rault fut projeté à la mer ; celui-ci, accroché au navire qui prenait de l'erre avant, ne put être secouru par les embarcations et fut abandonné. Lorsque les baleinières se trouvèrent à 800 mètres du trois-mâts, le sous-marin cessa le feu et mit le cap sur elles. Après avoir embarqué l'équipage d'une des embarcations sur l'UC-79, cinq marins allemands s'en servirent pour aller piller le voilier et y déposer trois bombes qui explosèrent après leur retour à bord du sous-marin.
L'EMILIE GALLINE sombra vers 13 h. 45. La baleinière du second fut recueillie à 16 heures par un chalutier qui débarqua les rescapés à 2 heures le lendemain à Plymouth. Celle du capitaine fut retrouvée par un destroyer anglais qui déposa ses occupants à Plymouth le 14 août, à 17 heures.
 
Sources :
La fin des Cap-Horniers, par Henri Picard, Editions Edita, 1976  
Remerciements :  
M. Christian Labellie, de Pléneuf, pour ces extraits de l'ouvrage
 
 
Tout renseignement complémentaire (photo, docs, etc.) sera le bienvenu, merci par avance
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 30-01-2009 à 18:31:42

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°12769
Ar Brav
Posté le 30-01-2009 à 18:30:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
La position estimée de l'Emilie Galline le 13 août 1917, à 25 M dans le SSW de Start Point lorsqu'il aperçut le sous-marin UC-79 du KL Erich Haecker :
 
http://images1.hiboox.com/images/0509/7722b6947fc1e08a5bd18ac5cbd46118.jpg
 
Cordialement,
Franck


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n°12794
Ar Brav
Posté le 31-01-2009 à 11:55:16  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un complément :
 
Au cours de l'évacuation, le matelot Rault fut projeté à la mer ; celui-ci, accroché au navire qui prenait de l'erre avant, ne put être secouru par les embarcations et fut abandonné.
 
Le marin Eugène RAULT qui a perdu la vie lors de l'attaque de ce navire était né à Erquy (22) le 21.11.1875. Il est bien inscrit sur le Monument Aux Morts d'Erquy.
 
Merci à Christian pour l'information concernant ce marin disparu.
 
Cordialement,
Franck


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n°13410
Joe R
Posté le 14-02-2009 à 18:06:17  profilanswer
 

One of four photos of EMILIE GALLINE
http://www.pictureaustralia.org/ap [...] ode=search
 
http://i687.photobucket.com/albums/vv240/jxxxxx/B46045.jpg

n°13424
olivier 12
Posté le 15-02-2009 à 10:48:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
EMILIE GALLINE
 
Voici quelques renseignements complémentaires concernant l’EMILIE GALLINE.
 
Composition de l’équipage
 
FROSTIN Jules   Capitaine   Saint Brieuc
MORELLEC René 2e capitaine Paimpol
GUERIN François  Lieutenant  Binic
KERHOAS Olivier  Mécanicien  Brest
MANOIR Ange  Cuisinier  Binic
LE BRAS Gustave  Matelot  Morlaix
BERTHOU François Matelot  Brest
PERCELAY Jean  Matelot  Audierne
RIVOALLAND Jean  Matelot  Binic
MONTROSE Emile  Matelot Saint Denis de la Réunion
DUPERIER Ernest  Matelot  Bordeaux
PERROT Gabriel  Matelot  Binic
GUIRIEC Henri  Matelot  Quimper
COSQUER Daniel  Matelot  Audierne
NICOL Louis  Mousse  Lannion
 
Disparu lors du naufrage  
 
RAULT Jean  Matelot  Saint Brieuc
 
Il manque trois marins à cette liste car l’équipage de l’EMILIE GALLINE comportait 19 hommes.
 
Rapport du capitaine
 
Le capitaine Frostin rapporte les faits tels qu’ils sont exposés dans le post de Franck. Il explique toutefois pourquoi le voyage fut si long depuis Taltal :
 
Quitté Taltal le 1er Mai au matin avec 3500 tonnes de salpêtre et 19 hommes d’équipage pour Le Havre.
 
18 Mai  Tempête de N au NNW. La mer, très grosse couvre le pont. Roulis très violent. Cette mer démontée dure jusqu’au 21 Mai et occasionne une grande fatigue au navire.
 
28 Mai  Doublé le cap Horn par 51°20’ sud avec une très violente tempête de nord. La mer couvre constamment le navire.
 
4 Juin  Véritable ouragan de SW au SSW  qui dure jusqu’au 6. Mer énorme couvrant le pont qui ne désemplit plus. Fatigue du navire par suite de la surcharge continuelle d’eau. Très violent roulis qui m’entraine à faire toute réserve sur des avaries dues à ce mauvais temps continuel, et qui pourrait être découvertes, soit au navire, soit à la cargaison.
 
21 Juin Pris les alizés de SW par 19°30 S et 26°00 W.
 
26 Juin Par 05°30 S arrêt subit des alizés et calme plat. La ligne est franchie le 30 Juin, mais le navire ne retrouve des alizés de NE que le 11 Juillet. (Il sera resté plus de deux semaines dans la zone des calmes équatoriaux.)
 
Le 13 Août à 11h00 l’homme de bossoir aperçoit le sous-marin qui ouvre le feu à 7000 m et poursuit un tir continu, les obus tombant tout autour du navire. Celui-ci n’étant pas armé, le capitaine fait déborder les embarcations. C’est alors que le matelot Rault tranche la bosse de l’embarcation Td et, emporté par son élan en voulant la retenir, tombe à la mer. Le capitaine crie à l’armement du canot d’aller le récupérer lorsqu’un obus tombe à quelques mètres de cette baleinière. Les cinq hommes qui ont pris place à bord s’éloignent. Le voilier, qui après avoir stoppé a repris de la vitesse entraine avec lui le matelot Rault accroché à un filin. Aucun des canots ne peut le rattraper, bien qu’on lui ait crié de larguer le bout et de se laisser dériver. Plus tard, malgré les recherches effectuées, il ne put être retrouvé.
 
Le voilier fut coulé par trois bombes que les marins allemands avaient apportées avec le canot du capitaine. Pendant ce temps, celui-ci et ses hommes étaient restés prisonniers sur le sous-marin (environ deux heures) Les trois détonations furent entendues depuis le sous-marin. Le navire se coucha lentement sur bâbord et disparut.
 
La baleinière du capitaine fut retrouvée par le destroyer anglais SPITFIRE et celle du second par le chalutier CASTORIA.
 
Le capitaine fait une description assez précise du sous-marin : kiosque à deux étages, toile de passerelle au sommet, canon probablement de 88 mm sur l’avant du kiosque et obus de couleur rouge, filière pare-mines, installation TSF.
Il en fait un dessin.
 
http://img7.imageshack.us/img7/5272/emiliegalline1ml0.jpg
 
La commission d’enquête reprend les faits dans les mêmes termes, précisant même que le sous-marin continua son tir jusqu’à ce que les hommes soient dans les baleinières, avant de s’en approcher pour les reconnaître. Les marins de celle du capitaine durent monter sur le sous-marin sous la menace de revolvers. Il est même précisé que les marins allemands riaient en voyant les hommes inondés par les paquets de mer  qui balayaient le pont du sous-marin… !
 
Pourtant, les conclusions de la commission d’enquête sont particulièrement sévères à l’encontre du capitaine Frostin et méritent d’être reprises dans leur intégralité .
 
« Après étude des faits, la commission émet les remarques suivantes :
 
Tout d’abord, il y a lieu de s’étonner que le 1er Mai 1917, l’agent consulaire de Taltal n’ait donné aucune instruction, si générale soit-elle, au voilier en partance pour Le Havre.
 
En ce qui concerne le capitaine, la commission relève les fautes suivantes :
 
A son arrivée en Manche, ayant reconnu Bishop Rock, n’a pas eu l’initiative de serrer la côte au plus près. Ayant croisé un destroyer anglais, s’est contenté de hisser son pavillon national. Il ne lui est pas venu à l’idée de lui demander des instructions.
Manque de perspicacité
 
Lorsqu’il a aperçu le sous-marin sur Bd, à une distance de 4 milles ce qui ne le rendait pas encore très dangereux (sic), n’a pas cherché à virer lof pour lof et à fuir grand largue vers l’WNW sur Falmouth.
Selon ses propres dires, son voilier est un fin marcheur, pouvant atteindre 9 nœuds. Il aurait toujours été temps de mettre en panne si le sous-marin, le gagnant de vitesse l’avait alors obligé à évacuer.
Manque d’initiative
 
Ayant pris la décision d’abandonner le navire aux premiers coups de canon, n’a pas fait cette manœuvre correctement de façon à empanner le navire en masquant l’un des phares. Il en est résulté que le voilier ayant abattu après être venu vent debout, il a repris de l’erre en avant. La conséquence fut la perte du matelot Rault, les baleinières n’ayant pu gagner de vitesse le voilier. La distance à laquelle se trouvait le sous-marin n’est pas une excuse à cette manœuvre précipitée.
Manque de sang-froid
 
En conséquence, la commission estime qu’il n’y a pas lieu de maintenir au capitaine Frostin sa faculté de commander. »
 
Ces marins, qui doublaient le cap Horn dans des conditions terribles, manquaient donc tout à la fois de perspicacité, d’initiative et de sang-froid. Cela laisse songeur !
Il est vrai que l’on manœuvre beaucoup mieux dans un bureau que lorsque les obus pleuvent autour de vous…
Mais cela dépend aussi beaucoup des commissions d’enquête. Dans d’autres cas, elles ont estimé que le capitaine avait bien agi en cherchant à sauver la vie de son équipage. Le capitaine Frostin n’a pas eu de chance !
 
Voici la position du naufrage donnée par le capitaine Frostin
 
http://img7.imageshack.us/img7/3225/emiliegalline2xr8.jpg
 
et un autre cliché le l'EMILIE GALLINE (lien de Joe)
 
http://img132.imageshack.us/img132/2304/emiliegallineazw8.jpg
 
PS : Les trois marins manquants sur la liste d'équipage sont les matelots
 
- PEROCLE
- ALBRIN
- KARL JONSON
 
Ils ont signé la déposition du capitaine. Pas de renseignement sur leur quartier d'inscription. La liste précédente était celle donnée par le consul pour le rapatriement en France.
On peut donc supposer que ces trois marins étaient britanniques et sont restés en Angleterre.  
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 29-03-2010 à 17:05:01

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olivier
n°20301
elpe
sanzache
Posté le 04-09-2009 à 18:38:25  profilanswer
 

Bonjour à tous et merci pour les renseignements déjà apportés sur le site.
 
Voici quelques nouvelles informations sur l'Emilie Galline et son dernier voyage au Chili, à Taltal.
 
Le nom du 3-mâts barque est celui de l'épouse de Charles Dollfus (1828/1907), Emilie Galline (1821/1920).
Le “3 mâts-barque” est un 3 mâts dont le mât arrière (le mât d’artimon) ne porte pas des voiles carrées comme les 2 autres (mât de misaine à l’avant, grand mât au milieu), mais 1 brigantine+ flèche.
L“ Emilie GALLINE”  était un trois mâts barque (1899-1917), immatriculé au port du Havre (port d’attache), tandis que l’armateur était la Société des Voiliers Français , société de Paris (60 rue de la Victoire , Paris 9°).
La “société des voiliers français” (= “Compagnie Molinos”) a son siège social à Paris, et participe au transport du nickel; sa flotte du nickel est composée des "3 mâts- barque" Emilie Galline, Emma Laurens, Général Foy,  Geneviève Molinos, Jeanne Cordier, Maréchal Suchet, Marguerite Dolfus, Marguerite Molinos, Marie Molinos, Marthe Roux.
 
Ce voilier  s’est échoué à Thio, Nouvelle Calédonie, le 22 janvier 1901 lors d’un ouragan; échoué à 100 mètres du rivage, sur la barre (cf “Les voiliers du nickel” (ed Sutton 2003), page 94):
“Dans les jours suivant son échouage, le journal "La France Australe"  relate l’évènement et prétend que la seule possibilité de le remettre à flot est le creusement d’un chenal de 300 à 400 mètres de long.. Le bateau sera renfloué , après s’être allégé de 3 vergues et de 525 tonnes de nickel, par le remorqueur le Champion."
 
A été commandé sans interruption de 1906 à 1915 ou 1916 par Ludovic ARNAUTIZON (en avril 1917, époque du décès de JB Pédron,  il était commandant du “Jeanne Cordonnier”).
Récit du capitaine au long cours Arnautizon dans le livre de Théophile BRIANT: il évoque l’épopée de l’Emilie Galline, et " ses 2500 mètres carrés de toile à mettre au vent, 55 mètres de la quille à la pomme du mât. Un vrai clipper..."
 
En 1916, pour son dernier voyage aller vers le Chili, afin d'en rapporter des nitrates, il était commandé par Jean-Baptiste PÉDRON, (né en 1880 à St Quay Portrieux) qui décèdera à 36 ans, le 15 avril 1917, dans la baie de Taltal.
Du 6/2/1915 au 21/2/1916: JB Pédron était second sur le 3 mâts “Geneviève Molinos” (société des Voiliers Français), pour un voyage en Califormie et au Chili; embarque à Bordeaux, débarque au Havre
Du 29/2/1916 au 13 avril 1917,  jusqu’à son décès, est capitaine sur le 3 mâts “Emilie Galline” (il succède alors au capitaine Ludovic Arnautizon: cf livre de th. Briant): port d’embarquement Calais, débarquement...Taltal où il est mort.
 
Quelles sont les circonstances de son décès? Le livre de bord a t-il été récupéré?
L'équipage du bâteau était donc différent au retour avec, pour le moins, un changement de capitaine: Jules Frostin sera donc le capitaine pour le retour qui se fera 15 jours après le décès du capitaine Pédron.
 
Quel était l'équipage de l'aller?
 
 


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jpe
n°20378
elpe
sanzache
Posté le 07-09-2009 à 19:42:50  profilanswer
 

voici la photo du capitaine Jean-Baptiste PÉDRON, et son affectation sur l'Emilie Galline dans le rôle d'armement du port de Calais en 1916http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/jb%20pedron%20cap%20EG.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/Pedron%20jean%20bapt.jpg


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jpe
n°20461
Ar Brav
Posté le 11-09-2009 à 08:44:05  profilanswer
 

Bonjour Elpe,
Bonjour à tous,
 
Soyez le bienvenu à bord, et un très grand merci pour ces précieux compléments.  :)  
Je dois avouer n'être pas très compétent s'agissant des voiliers en général, c'est plutôt l'"affaire" de notre ami Olivier qui, j'en suis certain, ne manquera pas de réagir à vos messages.
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°20501
yep
Posté le 12-09-2009 à 19:16:56  profilanswer
 

Bonjour,
Je m'intéresse également à la carrière du capitaine au long-cours Jean-Baptiste Pédron (1880-1917) et sur "EMILIE GALLINE" qui fut son dernier commandement connu. En croisant cette passionnante discussion sur "EMILIE GALLINE" avec une autre discussion en cours sur "MARGUERITE DOLLFUS" (cf. Ollivier 12), l’épopée du capitaine Jules Frostin durant cette période de guerre 1916-1917 me parait digne d'intérêt.
Salarié de la « Société des Voiliers Français » à l’instar de Jean-Baptiste Pédron, et alors capitaine du 3 mats barque "MARGUERITE DOLLFUS", le capitaine Frostin aura vu son navire coulé le 7 décembre 1916 en Manche par un sous-marin allemand avant d’être recueilli au Conquet (Finistère). L’équipage du "MARGUERITE DOLLFUS" était alors composé de 20 hommes. Le 13 août 1917, soit huit mois plus tard, il revit donc la même mésaventure mais cette fois-ci en tant que capitaine de "EMILIE GALLINE", alors en provenance du Chili que le navire avait quitté le 1er mai 1917.
Les capitaines Pédron et Frostin partageaient des origines briochines et devaient donc bien se connaître ? Après avoir perdu le MARGUERITE DOLLFUS, Jules Frostin aurait donc embarqué entre mi-décembre 1916 et mi-février 1917 sur "EMILIE GALLINE", dont Jean-Baptiste Pédron était alors capitaine. Mais alors où a eu lieu cet embarquement et quel poste avait été dévolu à Jules Frostin ? Connait-on la carrière du capitaine Frostin ?
Par ailleurs ces faits récents ne figurent pas dans le rapport du capitaine Frostin établi pour la commission d’enquête, voir dans le comte-rendu de cette commission qui n'aurait donc pas eu connaissance des circonstances du coulage du "MARGUERITE DOLLFUS" ?
Bien cordialement,
yann-erwan

n°20571
elpe
sanzache
Posté le 14-09-2009 à 19:15:46  profilanswer
 

Bonjour à tous.
 
Voici quelques informations supplémentaires sur la carrière de Jean-Baptiste PÉDRON:
 
 13 février 1907( Paimpol): diplôme d’officier de la Marine Marchande (Marine Nationale)
D’août 1906 à février 1907 il est probablement resté à terre, dans une école (Paimpol?)
- sur le “Anne Marie”, de Binic, pour du pilotage,embarque au Portrieux  comme matelot, du 9/2 au 15/7/1907
- sur le “maréchal Davout”, de Nantes, pour le long cours, il embarque à Anvers comme lieutenant le 16/7/1907; et débarque à Cherbourg le 6/8/1907
sur ce même bateau, mais de Cherbourg ,il embarque dans cette ville,  également comme lieutenant, le 7/8/07 et débarque à Hull le 31/8/1907
Puis une année sans embarquement, semble t-il
- 1908: “second capitaine” à bord du  “Théodore” (3 mâts), de Nantes(succède au second capitaine Rehel marie ange, de Dinan); le capitaine étant  Eugène ROBERT, de St Malo; lieutenant , il embarque à Belle ile le 3/10/1908 et débarque à Anvers le 4/7/1910
 
Porté au capitanat au long cours le 3 août 1912; à cette époque “ demeure à St Quay Kertugal” (cf archives de la marine)
- 1910/1/1911: commandant du 3 mâts “Bidart” de la compagnie Bayonnaise de navigation (cf registre du bureau Véritas (société de classification des navires); un courrier de son frère joseph évoque la présence du Bidart à Cherbourg en 1910; en 1911 la Sté Bayonnaise est dissoute et les navires repris par la Sté Normande
  après la vente du Bidart ,JB Pédron change de compagnie
- sur le 3 mâts“Vincennes” (Société anonyme des Longs Courriers Français), comme second, du 15/4/1912 au 28/4/1913 :embarque à DK (115) , débarque au Havre
 29/4/13 au 20/6/14 : embarque au Havre (216), débarque à Liverpool
 31/7/14 au 4/8/14, embarque et débarque au Havre: toujours second à bord du 3 mâts “Vincennes” , pour le long cours(société des Longs Courriers Français), capitaine Yves Menguy (de St Servan)
- 6/2/1915 au 21/2/1916: second sur le 3 mâts “Geneviève Molinos” (société des Voiliers Français), pour un voyage en Califormie et au Chili; embarque à Bordeaux (86), débarque au Havre (41)
- 29/2/1916 au 13 avril 1917,  jusqu’à son décès, est capitaine sur le 3 mâts “Emilie Galline” (il succède alors au capitaine Ludovic Arnantizon: cf livre de th. Briant): port d’embarquement Calais(16), débarquement...Taltal où il est mort
 
il aura éffectué 174 mois de services , dont 44 pour l’Etat  
Inscrit au quartier de Binic sous le n° 112 de la Matricule (1912/1917); n°152 (1904/1912)
                          Portrieux n° 4559 (1899/1904) et n° 2317 (1895/1898)
 
 
 
(NB: son frère, Joseph PÉDRON 1887/1966: à Brest sera pilote d’escadre (2è escadre à Brest), puis pilote major  d’escadre; deviendra commandant de la marine de guerre (“ la Royale”), et commandera le cuirassier  “Amiral Mouchez”; pendant la seconde guerre mondiale il sera directeur du port de Brest, son supérieur étant, semble t-il, l’amiral Darlan ; en 1939/40 il refusera  de faire sortir le “Clémenceau”, contrairement aux ordres des allemands, et sera alors placé en garde à vue à St Quay -Portrieux, dans sa maison, pour le reste de la guerre)


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jpe
n°20586
elpe
sanzache
Posté le 14-09-2009 à 22:06:50  profilanswer
 

Jean-Baptiste PÉDRON
né à StQuay portrieux le 12 août 1880;  
Extrait du régistre des  actes de la ville de Taltal (Chili): “Acte de décès de  PÉDRON Jean Baptiste, capitaine au long cours à bord du vapeur ” Émilie Galline” , décédé le 15 avril 1917 à huit heures du matin au lieu dit “Bahia”. Pour extrait conforme: Taltal le premier juin 1917.  Traduction conforme à l’original, le chef du bureau des traducteurs du ministère des affaires étrangères (signé Godlenski), le 17 août 1917. Acte transcrit le 29 avril 1918 à S Quay, Théophile THOMAS maire.”
 
Il est curieux que le voilier soit devenu le "vapeur", mais il y avait d'autres erreurs dans le texte traduit.
 
fils de Jean Baptiste PÉDRON,30 ans, marin,( décédé à St Quay le 30 novembre 1912) , et de Marie Françoise MALENFANT son épouse, 28 ans, (décédée à St Quay  le 12 janvier 1912)
 (frère de Louis, Joseph et Eugène PÉDRON)  
 
 
Le portrait (joint plus haut) a été réalisé par le photographe Davies, à Portland dans l’Orégon (USA); non daté
 
 


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jpe
n°20716
olivier 12
Posté le 20-09-2009 à 09:41:57  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Yep,
 
Jean-Baptiste Pédron avait embarqué le 29 Février 1916 à Calais sur EMILIE GALLINE.  
Avant de partir pour le Chili, il était allé prendre une cargaison de charbon à Cardiff. Ces chargements de charbon pour le Chili étaient une pratique régulière à cette époque, car ce charbon servait à la chauffe permettant d'extraire le salpêtre de sa gangue dans les usines chiliennes. Le fret était donc souvent charbon à l'aller et nitrate au retour.
 
En Avril 1916, se trouvait à Cardiff le trois-mâts ASNIERES. Il était commandé par le CLC Ybert et armé par tout son équipage rescapé du VILLE DU HAVRE qui venait d'être coulé par un sous-marin. ASNIERES s'était échoué en Décembre 1914 alors qu'il tentait de mouiller par gros mauvais temps sur rade de Falmouth. Déchargé et renfloué, on avait constaté de graves avaries : grand mât embouti sur lui-même de 1,50 m entre le faux-pont et la  carlingue, barrots, épontilles et tôles de fond faussés. Il était donc en réparations pour 5 mois dans le Hills dry-dock.
Dans ses mémoires, le capitaine Ybert écrit :
 
"Dans les 5 mois que je restais, je rencontrais un grand nombre de camarades et fis de nombreuses connaissances parmi les capitaines. Comme grands voiliers, je vis GENEVIEVE MOLINOS, capitaine Le Huédé de l'île de Batz, et un autre navire de la même compagnie (nota: il s'agit d'EMILIE GALLINE) que commandait Pédron de Saint Quay Portrieux."
 
S'il était donc à Cardiff en Avril 16, on peut supposer, soit qu'il eût une très longue attente sur les rades du Chili, soit que le décès du capitaine Pédron à Taltal en Avril 17 est survenu lors d'un 2e voyage consécutif sur le Chili.
 
Sa fiche matriculaire est au SHD marine de Brest réf 4P3 196.
Il y est porté né le 12 Août 1880 à Saint Quay Portrieux
Brevet de capitaine au long cours en date du 29 Mars 1912
Décédé à Taltal le 15 Avril 1917.
 
Source : mémoires du capitaine Ybert (communiquées par Edith Ybert)
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 20-09-2009 à 09:43:40

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olivier
n°24726
olivier 12
Posté le 29-03-2010 à 17:08:48  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une superbe vue du port de Nouméa avant la Grande Guerre (extraite d'une plaque de verre)
Le trois-mâts barque à quai, sur l'avant du vapeur,  est l'EMILIE GALLINE
 
http://img262.imageshack.us/img262/9809/noumaavant1914.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 29-03-2010 à 17:09:43

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olivier
n°25007
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 14-04-2010 à 23:24:14  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   Émilie GALLINE (1829 – 1901), épouse de Charles DOLLFUS (Mulhouse, 23 oct. 1828 – Paris XVIIe, 28 juin 1907), était la mère d’Hélène DOLLFUS, qui épousera à Mulhouse, le 8 janvier 1872, Paul Barthélémy MIRABAUD (Versailles, 29 janv. 1848 – Paris, 12 mai 1908), l’un des fondateurs de la Compagnie des chargeurs réunis, dont il deviendra ultérieurement président.
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°25012
Memgam
Posté le 15-04-2010 à 09:16:06  profilanswer
 

C'est sous les ordres du capitaine Tattevin, depuis le neuvage, qu'Emilie Galline s'est échoué à Thio sous un cyclone le 24 janvier 1901. L'épouse du capitaine était à bord, ce qui n'était pas rare pour les voiliers escalant en Nouvelle-Calédonie.
Emilie Galline est aussi connue pour une étonnante rencontre en 1904. Celle d'un iceberg, portant un voilier à phares carrés complétement à sec.
En 1909, en plein été austral, très au Sud du Cap Horn, entre 58 et 60° de latitude sud, le trois-mâts Emilie Galline, capitaine Arnaudtizon, pris dans le blizzard, échappe de peu à un iceberg, engage, sa cargaison de charbon ayant ripée, perd un homme, le timonier a les mains gelées. En 45 jours, le navire n'a parcouru que 14 milles. Son parcours d'Hambourg à San Francisco aura pris 183 jours, soit près du double des bonnes traversées.
 
Source :
Louis Lacroix : Les derniers cap-horniers français aux voyages de nickel, de salpêtre et du Pacifique, les premiers pétroliers à voile, Imprimerie S. Pacteau, 1940.
Alan Villiers & Henri Picard : The bounty ship of France, the story of the french cap Horn sailing ships, Patrick Stephens 1972.
Jean Randier : Grands voiliers français 1880-1930, Editions des quatre Seigneurs, 1974.
Henri Picard : La fin des cap-horniers, les dernières aventures des long-courriers français, Edita-Vilo, 1976.
Théophile Briant : Les derniers marins cap-horniers, Fernand Lanore, 1978.
Oliver E. Allen : Les grands voiliers, Time-Life, 1980.
Patrick Ahern : Full sail beyond the three capes, the french bounty ships in Australia 1898-1925, Patrick Ahern, 2008.

n°36712
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 21-03-2013 à 22:09:51  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 20 mars 1922 (J.O., 2 avr. 1922, p. 3.653), le matelot Jean RAULT – né le 21 novembre 1875 à Erquy (Côtes-d’Armor) et inscrit à Saint-Brieuc, n° 2.397 – fut, à titre posthume, inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants :
 
 
                                            http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/EMILIE-GALLINE%20-%20M.M.%20-%20J.O.%202-IV-1922..jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°40264
blackbird
Posté le 19-07-2014 à 21:32:09  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Je m'appel Sebastien j'ai 36 ans et j'habite à quelque kilomètre de l'un des  points de passage de l'Emilie Galline. Mon intérêt pour ce bateau viens d'une conversation avec mon père (lui même en ayant eu une peu de temps auparavant avec sont beau père, mon grand père). La chaîne dont je fait parti évoque le fait que mon arrière grand père JEAN-LOUIS Berthelo aurai embarqué comme mousse sur Emilie Galline en 1912 au port de Binic. il avait 16 ans à cette époque. J'aimerai donc savoir si quelqu'un a des documents pouvant corroborer ces dires.


Message édité par blackbird le 19-07-2014 à 21:49:21
n°40266
Memgam
Posté le 19-07-2014 à 22:28:50  profilanswer
 

Bonjour,  
 
A l'attention de blackbird
 
Il y a lieu de porter votre recherche aux archives départementales de Seine Maritime à Rouen qui conserve les archives de l'Inscription maritime du quartier du Havre et d'y rechercher le rôle d'armement de l'Emilie Galline, dans les registres de l'année 1912.
Si Jean-Louis Berthelo est bien de Binic et inscrit en 1912, à 16 ans, sa matricule (qui décrit les étapes de sa carrière maritime), doit être disponible au Service Historique de la Défense, section Marine, au port de commerce de Brest, également dans les archives de l'Inscription maritime du quartier de Binic).
 
Cordialement


Message édité par Memgam le 19-07-2014 à 22:30:30
n°40267
blackbird
Posté le 19-07-2014 à 23:06:44  profilanswer
 

Merci

n°40664
elpe
sanzache
Posté le 08-10-2014 à 16:12:32  profilanswer
 

A l'intention  de blackbird
 
Il est peu probable que le grand voilier Emilie Galline ait pu accoster à Binic, port qui assèche, le mer se retirant très loin dans cette partie de la baie de St Brieuc; les embarquements se faisaient dans les grands ports en eau profonde (Nantes, Le Havre, Cherbourg,...).
Bien amicalement.


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jpe
n°40688
yep
Posté le 10-10-2014 à 11:47:08  profilanswer
 

A l'intention de blackbird
 
Il semblerait bien qu'aucun Jean Louis Berthelo ne soit né à Binic à cette période. On trouve toutefois un Jean Louis Berthelo né le 8 août 1896 à Lantic, commune limitrophe de Binic. Il est le fils de Jean Louis Berthelo et de Marie Jeanne Lamy. Peut-être s'agit-il là de votre arrière grand-père ?
Cordialement,

n°42032
elpe
sanzache
Posté le 10-05-2015 à 08:37:28  profilanswer
 

Voici quelques précisions sur le dernier voyage de l'Emilie Galline, telles qu'elles sont notées sur le rôle d'équipage (AD Rouen, rôle 207, cote 6 P 6/781).
Jean-Baptiste Pédron a été nommé capitaine de ce 3 mâts le 28 février 1916, pour une destination finale à Santa Rosalia (Sud Californie, Mexique;pour y prendre une cargaison de cuivre?)
Ce jour là manque à l'appel Jean-Marie Coïc, cuisinier: il sera retrouvé noyé dans le port de Calais le 22 mars 1916.
Le navire a fait une escale à Cardiff car le 23 mai 1916 le matelot Yves Marie  Guiffaut y a été débarqué pour être hospitalisé. Rene Morellec , second, embarque à Cardiff également, le 19 mai 1916.
Equipage de l'aller:
 Pédron JB, sera débarqué à Taltal le 13 avril 1917: malade  (il décèdera deux jours plus tard, mais ce n'est pas noté dans le rôle)
 Guérin François Marie,
 Kerhoas Ollivier,
 Persellé Henri,
Montrose Pierre Emile
Nical Louis Marie
Cosquer Daniel,
Guirriec Henri,
Duperrier Ernest,
Perrot Gabriel,
Rault Eugène,(noyé lors du voyage retour, après rencontre du sous-marin allemand)
Le Bris Emile, sera débarqué à Taltal le 8 avril 1917: malade
Poittevin Marcel Gaston: décédé à bord le 28 septembre 1916
Fureau Louis: débarqué à Taltal le 8 avril 1917: malade
Manoir Ange Marie
Le Quellec Fortuné, lieutenant, débarqué à Taltal le 8 avril 1917: malade
Berthou François Marie
Le Bris Gustave
Guiffant Yves Marie (déjà cité), débarqué à Cardiff
Rivoalland Jean-François  
Morellec René (déjà cité), second, embarqué à Cardiff
 
Pour le voyage du retour vers la France... et le coulage par un sous-marin allemand, il faut ajouter:
Frostin Jules, embarqué à Taltal comme capitaine, le jour du débarquement de JB Pédron, le 13 avril
Mac Milan, anglais
Jonson Karl, russe
Takza Albin, russe
Manifestement les candidats au retour ne se bousculaient pas.  
Que de morts dans ces équipages de marins!
 
Dans le document il n'y a pas la page des tampons d'escales.
 


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jpe
n°45619
elpe
sanzache
Posté le 10-12-2016 à 11:37:32  profilanswer
 

Le "bilan" du dernier voyage de l'Emilie Galline (EG) fait état de 4 décès, d'un changement de capitaine à Taltal (suite au décès de JB Pédron sur place), d'un coulage par un sous-marin allemand au retour, de deux avis du Conseil d'Etat et d'un arrêt de la Cour de Cassation!
Reprenons ce voyage en détail.
 
L’important Rôle des équipages sur le dernier voyage sera retrouvé aux AD76 à Rouen. Malheureusement il est amputé des tampons des escales et des feuillets intermédiaires des incidents de parcours (accidents, décès…).
On y apprend que la destination est Santa Rosalia (Californie Mexicaine), qu’il y a eu une escale à Cardiff (débarquement d’un marin, embarquement d’un autre, le second de l’EG), et qu’il y a eu un décès à Calais (le cuisinier) avant le départ.
Par une belge j’apprends que le navire a quitté Calais le 24 février (ce qui est confirmé par la dernière carte des époux Pédron -jean-baptiste et son épouse Alice née Eouzan- postée de Calais le 23), remorqué à travers les champs de mines par le Grand Remorqueur (navire belge) jusqu’au large de Cherbourg (cf  livre de bord du commandant Louis Royon, qui sera peintre de la marine et fera un tableau de l’EG en remorque ce jour là).
 
Le navire arrive ensuite à Cardiff, pour y faire le plein de charbon (très probablement), qu’il quitte le 20 mai 1916, avec les risques inérants à la cargaison de charbon.
Long voyage vers Santa Rosalia, via le Cap Horn ; décès en cours de route d’un « matelot léger » de 17 ans. Le document sur la cause de décès manque dans ce rôle des équipages.
 
La Canal de Panama a été ouvert en août 1914 mais ne sera jamais utilisé par les grands voiliers pendant la grande guerre ; le trajet vers Santa Rosalia aurait pourtant été beaucoup plus court et plus facile, en évitant le redoutable passage du Cap Horn.
 
A Santa Rosalia, située en Californie mexicaine,  il y avait une mine de cuivre ; le chargement de charbon lui était probablement destiné.
 
Longue station, probablement, à Santa Rosalia puisqu’il ne repart que le 5 janvier, sur ordre de l’armateur et sur lest (= à vide), à destination de Taltal au Chili. (cf l’arrêt de la Cour de Cassation)
 
Dès le 8 avril il est à Taltal puisque 3 marins y débarquent pour maladie ; le 13 le capitaine Pédron y est également débarqué pour le même motif mais lui décède le 15.
 
En France l’attribution d’une pension à la veuve donnera lieu au préalable à une longue procédure auprès du Conseil d’Etat (cf les 4 tampons du CE sur la feuille d’attributation de la pension); les documents du CE sur cette période et sur cette affaire sont lacunaires ou entreposés à Fontainebleau dans une salle dangereuse ; ils ne sont pas consultables…Aucun document retrouvé aux archives départementales 22 dans celles du Conseil de Préfecture (ancêtre des tribunaux administratifs) à St Brieuc, aux archives du tribunal administratif de Rennes, aux archives du Ministère des affaires étrangères à Nantes...Les archives de l'ENIM ont été versées depuis peu dans le même local que celles du Conseil d'Etat à Fontainebleau, et sont comme elles non consultables (il est cependant curieux que l'on puisse archiver dans cette salle- qui alors ne présenterait pas de danger d'éboulement- mais que l'on ne puisse plus ensuite faire sortir un document de cette même salle).
Il y avait donc un problème administratif pour attribuer cette pension à la veuve.
L’enquête sur place à Taltal, au Chili, ne permet pas de conclure :
- aucune archive hospitalière consultable puisque ces archives sont détruites tous les 10 ans.
- aucune archive policière : la police locale n’est devenue nationale qu’en 1927 et aucune archive n’a été conservée sur place ; peut-être y en a t-il à Antofagasta ?
- aucune archive des autorités martimes
- rien à la mairie de plus que l’acte de décès
- aucune archive paroissiale, les documents et l’église ayant brûlé sur place en 2007.
Le documents locaux de cette époque font état d’une entreprise allemande sur place (oficina alemana, pour traiter les nitrates, avec son propre quai au port) ; les allemands étaient au courant des faits et gestes des français qui venaient sur place chercher des nitrates (à cette époque, du salpêtre servant en France à la fabrication des explosifs) ; nous étions en guerre.
Où a t-il été enterré ?
L’acte de décès de Taltal nous indique que le lieu du décès est la baie (« bahia »), mais l’acte de succession précise que c’est à l’hôpital qu’il est décédé ; cet acte de décès précise que l’inhumation s’est faite au cimetière général.
Le cimetière qui a disparu à Taltal, par les alluvions, c’est l’autre, le petit cimetière ; dans le cimetière général un registre est tenu… mais seulement à partir de 1920. La mémoire locale attribue l’emplacement des tombes des français à un long mur d’alvéoles où plusieurs tombes sont anonymes ; aucune plaque n’est française, plusieurs portent un X.
Et pourtant à cette époque nous avions une représentation française (une agence consulaire) ; les anglais ont, eux, un carré avec des tombes bien identifiées…
 
Le capitaine est remplacé par un autre capitaine au long cours français, le capitaine Jules Frostin, arrivé sur place dans les temps à Taltal, curieusement après avoir été nommé capitaine de l’EG … le 28 février (d’après sa fiche Matricule, consultable à Brest), alors que l’EG était en mer avec JB Pédron comme capitaine ; seconde curiosité le même Jules Frostin, alors capitaine d’un autre 3-mâts de la même compagnie des Voiliers Français, le Marguerite Dollfus, a été coulé en Manche par un sous-marin allemand le 7 décembre 1916 ; il se retrouve donc à Taltal 5 mois après.
Les autres trois marins manquants sont remplacés par des étrangers embauchés sur place (un anglais et deux russes).
 
Après avoir chargé le navire de ses 3500 tonnes de salpêtre le 3-mâts Emilie Galline quitte Taltal pour aller au Havre ; pourquoi se rendre au Havre alors que la Manche est infestée de sous-marins allemands et que Frostin est bien placé pour le savoir?
 
Après avoir essuyé des tempêtes et même un ouragan, puis des calmes équatoriaux, le navire arrive dans la Manche en août 1917 et rencontre un sous-marin allemand le 13 août! L’EG sera coulé ce jour, après que l’équipage ait pris place dans les baleinières. Lors des manœuvres d’abandon du navire un marin tombe à la mer et se noie. Les autres marins seront récupérés et rejoindront la France.
 
Le capitaine sera sanctionné (trois mois d’interdiction de commander un navire) par la commission d’enquête sur le naufrage pour n’avoir pas fui devant le sous-marin… Fuir pour se retrouver dans les champs de mines qui bordaient les côtes anglaises et françaises ?
 
Autre conséquence : l’armateur ayant signé avec l’Etat français (le ministère des finances) une assurance contre les risques liés à la guerre, réclame son dû après le naufrage ; le ministère des finances refusant de tenir ses engagements une procédure judiciaire est engagée qui se terminera par un arrêt de la Cour de Cassation (Cass Civ 29/11/1922 ;Min. des finances C. Soc. des voiliers français) qui confirme la condamnation du Ministère des Finances.
Mais en 1921 presque tous les grands voiliers ont été abandonnés (plusieurs dans la canal de la Martinière près de Nantes) faute de rentabilité, de frêt, d’équipage (incidence de la nouvelle loi des 8 heures), de la concurrence des vapeurs majorée par l’ouverture du Canal de Panama en 1914… La Société des Voiliers Français existaient-elle encore en 1922 ??
Le commerce des nitrates, pouvant cette fois et comme avant la guerre, servir comme engrais, avec le Chili devient négligeable pour disparaître en quelques années.
 
Pendant la guerre 14-13 le tiers des grands voiliers a disparu, beaucoup ayant été coulés.
Seul un grand voilier français cap-hornier de cette époque est encore sur l’eau en 2016 : le Laënnec, racheté par les finlandais en 1930 , encore actuellement en Finlande sous le nom « Suomen Joutsen ».
JPE


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jpe
n°45620
elpe
sanzache
Posté le 10-12-2016 à 11:50:18  profilanswer
 

Réponse du Conseil d'Etat (12 mai 2015) à un courrier
 
« Concernant le premier dossier demandé portant le numéro 131542, la section des finances était en charge des affaires de pensions pour cette période, malheureusement les fonds sont soit, encore inconnus (car pas encore identifiés dans les fonds du Conseil d'Etat qui restent encore à traiter aux Archives nationales) soit lacunaires pour cette période concernant ce sujet.
Concernant le deuxième dossier portant le numéro 66212, je ne peux rien chercher, ni demander car les fonds se trouvent bloqués et inaccessibles à Fontainebleau pour des raisons de sécurité, les bâtiments abritant nos archives menaçant toujours de s'effondrer.
Je suis désolée de ne pas pouvoir satisfaire un minimum cette demande."


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jpe
n°45621
elpe
sanzache
Posté le 10-12-2016 à 12:18:58  profilanswer
 

ERREUR: désolé...
 
je me suis trompé sur la date de départ de Calais pour le dernier voyage de l'Emilie Galline.
Le voilier a été armé le 28 février 1916 (cf rôle des équipages), et a quitté Calais seulement le 24 avril 1916 (cf carte postale du couple Pédron datée du 23 avril, et livre de bord de Louis Royon alors commandant du Grand Remorqueur (navire belge ayant quitté la Belgique devant l'invasion allemande, et s'étant mis alors au service des français à Calais).


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jpe
n°45622
elpe
sanzache
Posté le 10-12-2016 à 12:29:32  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/arretcourdecassation29nov1922.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/arretcourdecassation29nov1922.jpg


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jpe
n°45623
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 10-12-2016 à 13:26:01  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
    Sur le contentieux relatif à l’interprétation de la police d’assurance du 3 février 1917, V. également :
 
      — Cour d’appel de Paris, 19 octobre 1921, L’État c/ Société des voiliers français : Recueil Dalloz 1922, II., p. 72.
 
          —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] .item.zoom
 
    La société anonyme dite « Société des voiliers français », dont le siège social était alors établi à Paris, au 60, rue de la Victoire (IXe Arr.), a été dissoute le 12 février 1924 (Archives commerciales de France, n° 28, Samedi 5 avr. 1924, p. 596).


Message édité par Rutilius le 10-12-2016 à 13:27:10

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°45624
elpe
sanzache
Posté le 10-12-2016 à 15:09:11  profilanswer
 

Bonjour et merci de la réponse et du nouveau document juridique.
Y a t-il des archives consultables (où?) de cette Société des Voiliers Français?
Merci
PS: mon jeune frère Jean-Yves qui participait à ces discussions sous le pseudo YEP (Yann Erwann Pédron) est décédé brutalement le 8 avril dernier. C'était lui qui avait retrouvé l'arrêt de la Cour de cassation.


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jpe
n°46287
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 14-03-2017 à 14:42:10  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                                                                                   Jean-Baptiste PÉDRON
 
 
                                                                                                             http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/Pedron%20jean%20bapt.jpg
                                                       
                                                                                                  (Archives de la famille Pédron ~ Droits réservés)
 
 
   Né le 12 août 1880 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –) (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1880, f° 22, acte n° 42) et décédé le 15 avril 1917 à Taltal (Chili) au lieu-dit « Bahia ». Brevet de capitaine au long-cours délivré le 29 mars 1912. Successivement inscrit aux quartiers maritimes de Saint-Quay-Portrieux, n° 2.317 (1895~1898), de Binic, f° 2.280, n° 4.559 (10 oct. 1898), de Saint-Quay-Portrieux, n° 4.559 (1899~1904), et de Binic n° 112 (1904~1912). Classe 1900, n° 801 au recrutement de Saint-Brieuc.
 
 
    Fils de Jean-Baptiste PÉDRON, né le 4 novembre 1849 à Saint-Quay-Portrieux (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1849, f° 22, acte n° 42) et y décédé, le 30 novembre 1912, et de Marie Françoise MALENFANT, née le 19 septembre 1851 à Saint-Quay-Portrieux (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1851, f° 37, acte n° 71) et y décédée, le 12 janvier 1912 ; époux ayant contracté mariage à Saint-Quay-Portrieux, le 6 janvier 1879 (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1879, f° 2, acte n° 1). Dont cinq enfants.
 
 
    Petit-fils de :
 
   – Jacques Marie PÉDRON, né le 6 février 1814 à Étables-sur-Mer (Registre des actes de naissance de la commune d’Étables-sur-Mer, Année 1814, f° 8, acte n° 14) et décédé le 23 juillet 1869 à Saint-Quay-Portrieux, laboureur ; et de Eugénie CHARBONNIER, née le 9 août 1813 à Bréhat (Registre des actes de naissance de la commune de Bréhat, Année 1813, f° 8, acte n° 13) et décédée le 10 août 1901 à Saint-Quay-Portrieux (Registre des actes de décès de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1901, f° 29, acte n° 55), « ménagère », son épouse.
 
   – Jean Hilaire MALENFANT, né le 8 mars 1812 à Saint-Quay-Portrieux (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1812, acte n° 16) et décédé le 22 janvier 1857 à l’Hôpital militaire de Cayenne (Guyane), étant alors matelot de 3e classe à bord de la goélette de l’État Ville-d’Enet (Registre des actes de décès de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1858, f° 32, acte n° 60 – Transcription) ; et de Marie Mathurine Laurence Louise BRISBAR, née le 28 juin 1809 à Saint-Quay-Portrieux (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1809, f° 12, acte n° 22), « ménagère » [filandière en 1834] et décédée le ... à ... (...) ; époux ayant contracté mariage à Saint-Quay-Portrieux, le 5 décembre 1834 (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1834, f° 12, acte n° 11).
 
 
    Arrière-petit-fils de :
 
   – Jean François PÉDRON, né vers 1791, laboureur, et d’Anne Marie MICHEL, née vers 1793, fileuse, son épouse.
 
   – François René CHARBONNIER, né le 2 mai 1791 à Plouguenast (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –), préposé des douanes, et de Marie Pétronille LE MEUR, née le 23 octobre 1778 à Bréhat, filandière ; époux ayant contracté mariage à Bréhat, le 29 octobre 1811 (Registre des actes de mariage de la commune de Bréhat, Année 1811, acte n° 13).
 
   – Catherine MALENFANT, née vers 1787, fileuse.
 
   – Louis Marc BRISBARD, né le 12 juillet 1782 à Saint-Germain-de-la-Mer (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –), préposé des douanes (*), et d’Anne Marie THOUÉMENT, née le 4 août 1786 à Saint-Quay-Portrieux, « ménagère » [fileuse en 1808] ; époux ayant contracté mariage à Saint-Quay-Portrieux, le 4 juillet 1808 (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1808, f° 3, acte n° 4).
 
   (*) Fils de Louis BRISBARD, « employé dans les fermes du Roy à Saint-Germain », et de Mathurine DAGORNE, son épouse (Registre des actes de baptême et de mariage de la paroisse de Saint-Germain, Année 1782, non folioté – Image 322).
 
 
    Époux d’Alice Évangeline Marie ÉOUZAN, avec laquelle il avait contracté mariage à Saint-Quay-Portrieux, le 27 juillet 1910 (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Quay-Portrieux, Année 1880, f° 22, acte n° 42 – Mention marginale).


Message édité par Rutilius le 14-03-2017 à 14:46:48

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46311
elpe
sanzache
Posté le 18-03-2017 à 08:30:05  profilanswer
 

Bonjour à tous,
A titre d'information:conférence sur l'Emilie Galline à Larmor-Plage (56), salle de fêtes près de la mairie, le mardi 21 mars 2017 à 18h, par Jean-Pierre Elie, petit-fils du capitaine Jean-Baptiste Pédron :"La fin des grands voiliers cap-horniers de commerce, et le dernier voyage de l'Emilie Galline"
Bien cordialement
 


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jpe
n°46316
elpe
sanzache
Posté le 18-03-2017 à 12:45:11  profilanswer
 

elpe a écrit :

Bonjour à tous,
A titre d'information:conférence sur l'Emilie Galline à Larmor-Plage (56), salle de fêtes près de la mairie, le mardi 21 mars 2017 à 18h, par Jean-Pierre Elie, petit-fils du capitaine Jean-Baptiste Pédron :"La fin des grands voiliers cap-horniers de commerce, et le dernier voyage de l'Emilie Galline"
Bien cordialement
 


http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/Affiche21.03.17v2.ai.jpg


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jpe
n°46401
elpe
sanzache
Posté le 30-03-2017 à 16:43:29  profilanswer
 

elpe a écrit :

ERREUR: désolé...
 
je me suis trompé sur la date de départ de Calais pour le dernier voyage de l'Emilie Galline.
Le voilier a été armé le 28 février 1916 (cf rôle des équipages), et a quitté Calais seulement le 24 avril 1916 (cf carte postale du couple Pédron datée du 23 avril, et livre de bord de Louis Royon alors commandant du Grand Remorqueur (navire belge ayant quitté la Belgique devant l'invasion allemande, et s'étant mis alors au service des français à Calais).


 
Voici le carnet de bord de Louis Royon, alors capitaine du Grand Remorqueur (c'est son nom), remorqueur belge qui, le 24 avril 1916, a tracté l'Emilie Galline à travers les champs de mines jusqu'au large de Cherbourg; j'ajoute la carte postale des époux Pédronhttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/19160428.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5967/19160423PedronJeanBaptisteetAlicederniertexteavantdeces02.jpg


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jpe

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  EMILIE GALLINE - Trois-mâts barque