Bonsoir Franck,
Bonsoir à tous,
26.03.1915 : Bombarde Gaza.
En fait :
27 mars 1915 : 45 minutes de tirs d'artillerie pour protéger l'équipage d'une baleinière prise sous le feu des Turcs, alors qu'il contrôlait la cargaison de boutres mouillés devant Gaza.
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■ Croiseur D’Entrecasteaux : Journal de bord n° 4 / 1915 – Lundi 15 mars 1915 - Jeudi 1er avril 1915 – : S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 176, p. num. 139 et 140.
« En mer
Samedi 27 mars 1915
Quart de 8 h à 11 h
[…]
10 h 55 - Commencé le feu sur des groupes ennemis.
Quart de 11 h à 15 h
11 h 05 - + Retour de la baleinière avec un mort et un blessé, les matelots Pichon (décédé) et Pelletier (blessé).
11 h 10 - Hissé la baleinière.
11 h 15 - Appareillé.
11 h 30 - Continué le feu sur les mêmes groupes.
Dîner des tribordais.
11 h 40 - Cessé le feu. »
Mentions marginales
« P.V. – Service Timonerie.
Objets brisés pendant le tir de combat effectué le 27 mars, et ressortissant du service timonerie :
- Carafes pour toilette en cristal………………………………………………… 4
- Carafes en verre pour maîtres…………………………………………………. 2
- Vases de nuit en porcelaine…………………………………………………….. 2
- Globes en opale pour photophores……………………………………………. 2
- Verres de toilette en cristal……………………………………………………... 2
- - d ° - en verre………………………………………………………. 2
- Bols à barbe………………………………………………………………………........ 3
L’officier de quart.
P.V. – Service Charpentage.
Objets brisés pendant le tir effectué le 27 mars 1915.
- 7 grenades extinctives d’incendie.
L’officier de quart.
Dépenses de munitions du 27 mars 1915.
- 28 douilles chargées pour combat pour canon de 14, mod. 1893.
- 28 obus en fonte, poudre noire, pour 14.
- 176 cartouches de 47 m/m, mod. 85, à obus en fonte.
- 56 cartouches de 47 m/m, mod. 85, à obus en acier.
N.B. : 3 cartouches de 47 ayant donné lieu à des ratés persistants ont été jetées à la mer.
L’officier de quart. »
■ Croiseur D'Entrecasteaux : Registre historique de la correspondance intéressant le person-nel et le matériel du bâtiment, note n° 102 : S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 177, p. num. 184 et 185.
n° 102 Bord, en mer, 27 mars 1915.
Le Capitaine de vaisseau Ravoux
à Monsieur le Contre-amiral, commandant la 2ème Division de la 3ème Escadre
Objet : Reconnaissance devant Gaza.
Amiral,
J’ai l’honneur de vous adresser le présent rapport concernant la reconnaissance effectuée conformément à vos ordres devant Gaza dans la matinée d’aujourd’hui, 27 mars 1915.
Venant d’El Arish, nous remontions la côte à petite distance quand nous avons aperçu devant le port de Gaza plusieurs boutres que l’on était en train de décharger.
A 10 h 12, nous avons mouillé à 1300 mètres environ de l’appontement et la baleinière a été aussitôt armée pour aller effectuer la visite de ces petits bâtiments.
Une inspection attentive de la côte et du petit village situé près de la plage, faite au préalable, n’avait rien révélé d’anormal.
La baleinière commandée par Mr Belgodère, enseigne de vaisseau, a poussé du bord à 11 h 23 et s’est dirigée aussitôt vers le boutre le plus rapproché, mouillé à environ 300 mètres de la plage. Ce boutre ne contenait plus rien ; de même pour le 2ème et le 3ème ; le chargement de ces petits bâtiments avait dû consister en planches dont une grande quantité se trouvait déposée sur la plage.
Au moment où la baleinière allait se diriger vers le 4ème boutre, une fusillade nourrie, dirigée sur elle, éclata tout à coup.
Le d’Entrecasteaux y répondit immédiatement, d’abord avec les 47, puis avec les 2 pièces de 14 du pont supérieur, les 47 arrosant plus particulièrement les parties boisées de la côte, les 14 prenant comme objectifs les maisons du village, la fusillade semblant provenir autant des unes que des autres.
Pendant ce temps, la baleinière, conformément aux ordres reçus, s’efforçait d’effectuer son retour à bord, après que Mr Belgodère, qui avait tout d’abord pris l’heureuse précaution de faire coucher ses hommes dans l’embarcation, se fût rendu compte que le feu de l’ennemi avait diminué puis nettement arrêté par le tir intensif du d’Entrecasteaux.
Malgré la rapidité du secours apporté à la baleinière et dès le début du tir de l’ennemi, deux hommes avaient été frappés : les matelots canonniers Pichon et Peltier ; le premier, atteint par une balle qui lui avait traversé le cou, est mort en arrivant à bord, après avoir encore eu la force de crier : « J’étouffe. Vive la France ! » ; le second a reçu à l’épaule gauche une blessure très grave qui ne paraît toutefois pas devoir mettre sa vie en danger.
L’armement de la baleinière était le suivant :
– Mr Belgodère, enseigne de 1re classe ;
– Goaziou Jean Marie, n° 8535-Morlaix, quartier-maître de manœuvre, patron ;
– Conan, n° 40.985-Paimpol, gabier breveté (réserviste) ;
– Limousin Joseph Georges, n° 26.544-3, canonnier breveté ;
– Pichon Jean Louis, n° 104.216-2, - d° - ;
– Peltier Aristide, n° 15.583-4, - d° - ;
– Uguen Ollivier, n° 103.859-2, matelot fusilier ;
– Barret Gilbert Henri, n° 45.276-5, matelot timonier (réserviste) ;
– Simonetti Pascal, n° 58.616-5, matelot sans spécialité.
Je crois devoir signaler à votre attention la conduite parfaite de tous, officier et marins, le calme, le sang-froid, le courage dont ils ont fait preuve en la circonstance ; en particulier, le matelot canonnier Peltier qui, malgré sa grave blessure, n’a abandonné son aviron que quand il y a été contraint par l’épuisement provenant d’une abondante perte de sang.
Leur inscription à l’ordre du jour de l’armée navale me paraîtrait être pour eux une première récompense en même temps qu’un encouragement pour l’équipage tout entier du d’Entrecasteaux.
Et si vous partagez cette manière de voir, Amiral, je soumettrais à votre bienveillant examen les propositions suivantes en faveur du personnel de la baleinière :
– Mr Belgodère : proposition extraordinaire pour la grade de chevalier de la Légion d’honneur ;
– Peltier : inscription au tableau spécial pour la médaille militaire.
Pour le reste du personnel, c’est-à-dire pour le quartier-maître de manœuvre Goaziou ; le matelot gabier réserviste Conan, le matelot canonnier Limousin, le matelot fusilier Uguen et le matelot sans spécialité Simonetti, un nombre de points exceptionnels indiqué dans l’état joint.
Pour le matelot timonier réserviste Barret, dont le nombre de points actuels est suffisant pour lui assurer le grade de quartier-maître lors de la prochaine promotion dans les équipages, un témoignage officiel de satisfaction.
A signaler que le 4ème boutre, celui qui n’avait pu être visité, a été coulé par le feu du 47.
Les munitions dépensées ont été les suivantes :
– 14 c/m ……….24 coups en fonte, poudre noire ;
– 47……………..180 cartouches en fonte, poudre noire ;
62 cartouches en acier.
Signé : Ravoux.
■ Croiseur D’Entrecasteaux : Registre historique de la correspondance intéressant le person-nel et le matériel du bâtiment, note n° 121 : S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 177, p. num. 195 et 196.
n° 121 Bord, Port Saïd, le 9 juin 1915.
Le Capitaine de vaisseau Ravoux
à Monsieur le Contre-amiral, commandant la 2ème Division de la 3ème Escadre
Objet : Demande de témoignage de satisfaction pour le matelot timonier Barret.
Je reçois aujourd’hui les ordres n° 30 et n° 31 de la 1ère Armée navale accordant des récompenses au personnel de l’armement de la baleinière du d’Entrecasteaux pour la brillante conduite sous le feu des Turcs dans une reconnaissance devant Gaza.
Je crois devoir vous signaler qu’une omission me paraît avoir été commise en la personne du matelot timonier Barret dont le nom ne figure dans aucun des 2 ordres précités.
Le matelot timonier Barret (Gilbert Henri) qui se trouvait dans la baleinière a eu, comme ses camarades, une conduite très courageuse et il était compris dans la liste des marins pour lesquels je demandais une récompense dans la lettre n° 102 du 2 février 1915 [lire : 27 mars 1915] ; j’avais même demandé pour lui spécialement un témoignage officiel de satisfaction en raison du fait que son nombre de points du moment était suffisant pour lui assurer son grade de quartier-maître, l’attribution de points exceptionnels ne pouvant pas, comme à ses camarades de la baleinière, lui être d’une utilité quelconque.
Je vous serais très reconnaissant si vous vouliez bien appuyer la présente demande auprès de l’autorité supérieure en vue de faire obtenir au matelot timonier Barret un témoignage de satisfaction du commandant en chef en addition à l’ordre n° 31 de la 1ère Armée navale.
Signé : Ravoux.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.