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  Évasions de marins retenus prisonniers.

 

Forum Pages du bibliophile : Xavier_76 Soldats de la Grande Guerre : sadjyk, 3 utilisateurs anonymes et 22 utilisateurs inconnus

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Évasions de marins retenus prisonniers.

n°16294
Rutilius
Posté le 09-05-2009 à 21:01:05  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   Quelle est la part de vérité dans ce récit ?
 
   ■ Le Temps, n° 20.858, Jeudi 15 août 1918, p. 3, en rubrique « Autour de la bataille » :
 
                                                                                                    « Une odyssée de marins
                                                                                                                 _______
 
   Les évasions de marins sont rares. C’est que peu de nos matelots sont faits prisonniers au cours de cette guerre.
   Le
Journal officiel vient cependant de publier les citations à l’ordre de l’armée de quatre de ces braves : Della-Santa, Rouault, Olivieri et Cochet appartenant aux équipages des sous-marins Foucault et Monge, et qui, faits prisonniers, ont réussi à s’évader de Galicie à force de courage et d’endurance, après avoir parcouru des centaines de kilomètres en pays ennemi.
   D’autres marins, comme le 2e maître mécanicien Bodros et le quartier-maître torpilleur Beverraggi, de l’équipage du sous-marin Saphir, ont pu s’échapper de camps plus lointains encore que ceux de Bohême et de Galicie, car ils étaient internés en Asie-Mineure.
   Le Saphir, après avoir franchi les Dardanelles, le 15 janvier 1915, coule dans la mer de Marmara à la suite d’un accident. Les hommes qui nagent vers la côte sont reçus à coups de fusils par les Turcs. Deux barques viennent enfin au secours des naufragés, et treize hommes sur vingt-sept sont sauvés. Les deux officiers ont disparu. Les survivants, interrogés par Liman von Sanders, sont dirigés à Fium Kara Hissar, et quelques mois après au camp de Sivas, en Asie-Mineure. Les Turcs de ces régions n’ont aucune notion des nationalités et alliances ; seules les haines religieuses leur sont accessibles, au gré des prédicateurs musulmans, qui tantôt les excitent contre les Anglais, tantôt contre les Arméniens ou les Russes. La population souffre terriblement de la guerre et ne mange pas mieux que les prisonniers.
   Au début d’avril 1918, six des prisonniers du Saphir et du Mariotte, qui se trouvaient dans le même camp, sont envoyés à Trébizonde en compagnie d’un certain nombre de soldats coloniaux français. Sur rade, se trouvait un grand pétrolier belge monté par un équipage russe que surveillait une équipe de treize soldats géorgiens sous les ordres de deux officiers turcs. Le pétrolier portait une mission russe qui devait aller à Batoum pour des négociations russo-turques.
   Les prisonniers français décident de tenter l’évasion. Ils arrivent à faire connaissance du chef de la mission russe et lui demandent de les emmener ; celui-ci s’y refuse mais leur fait comprendre que s’ils arrivent à se faufiler à son bord, il fermerait les yeux. Les prisonniers enivrent les factionnaires et réussissent à embarquer. Le Soviet des matelots russes décide en séance de protéger les évadés par la force si c’est nécessaire. Le capitaine du pétrolier admis à délibérer ne demande qu’à exécuter les ordres du Soviet. On cache les français dans une chaudière et pendant trois jours les Turcs font la veille autour du navire sans obtenir le droit d’y monter perquisitionner. Le navire part pour sa destination ; alors les soldats turcs reçoivent avis du Soviet que l’on se rend à Novorossisk et non à Batoum ; les officiers turcs veulent en informer les autorités de leur pays par T.S.F., mais le Soviet leur fait couper le courant ; en même temps, les pièces du bord sont tenues prêtes à repousser toute attaque des canonnières turques. Arrivés à Novorossisk, cinq des évadés réussissent à gagner Mourmansk, d’où ils furent embarqués pour le France.
   L’évasion de plusieurs quartiers-maîtres du sous-marin Curie faits prisonniers à Pola, en décembre 1914, n’est pas moins intéressante. Les hommes du Curie sont conduits à Grætz puis quelques temps après au camp de Deutschgabel, en Bohême. Le régime alimentaire insuffisant au début de 1915 devient de plus en plus mauvais. Quelques prisonniers aux équipages du Monge et du Fresnel, ainsi que deux russes, dont le petit-fils de Tolstoï, essayent de s’évader, mais ils sont repris au bout de quinze jours. En juillet 1917, dix marins français du Curie, du Fresnel, du Foucault et du Monge sont envoyés à Siedhiezka, en Galicie, pour des travaux des champs. Les habitants simples et naïfs se laissent dominer par leurs prisonniers ; ceux-ci font ce qu’ils veulent, changent de patron quand ce dernier leur déplaît. Un soldat autrichien surveille le village, mais est obligé de travailler lui-même pour manger.
   Le 18 mai 1918, Coulomb et Melle du Curie, Cochet du Monge et Kerriou du Foucault s’évadent. Ils se dirigent droit cap à l’est, marchant la nuit, se cachant le jour ; leur sac de 25 kilos et quelques jours de pluie les fatiguent beaucoup ; les forêts sont très dures à traverser. Chaque fois qu’ils voient une paysanne isolée, Kerriou, qui parle bien le polonais, quitte son sac, se détache du groupe et va l’interroger. Le 1er juin, ils traversent les réseaux de fil de fer et les tranchées de l’ancien front gardé par des sentinelles tous les 200 mètres. Le 2 juin, ils franchissent la frontière également gardée et arrivent en Ukraine. Transformés en blessés russes grâce à quelques infirmières russes parlant français, les quatre évadés arrivent à Moscou d’où eux aussi ont pu facilement rejoindre Mourmansk.
   C’est ainsi que deux groupes de nos vaillants marins ont réussi grâce à leur belle énergie à s’évader de captivité. ― Richard Arapu. »

                                                                                                       _________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 
 
 

n°16369
Ar Brav
Posté le 11-05-2009 à 19:07:07  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
Bonjour à tous,
 
Je remonte votre sujet avant qu'il ne tombe à fond de cale.
A titre personnel et donc sans preuve aucune, ni sources concordantes pour l'instant, ceci me semble plutôt rocambolesque. De la Turquie à Mourmansk en plein bazard bolchevique, pourquoi pas après tout, en tous les cas c'est bien intéressant.
 
Bien amicalement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°16370
Rutilius
Posté le 11-05-2009 à 21:11:15  profilanswer
 


   Bonsoir Franck,
   Bonsoir à tous,
 
   Pour vérifier ces dires journalistiques, il conviendrait d'abord de retrouver les citations dont auraient fait l'objet Della-Santa, Rouault, Olivieri et Cochet, dans les termes exacts où elles auraient été publiées au Journal officiel. A défaut de pouvoir consulter en ligne cette illustre publication – ceci n'est possible, sur le site Légifrance, qu'à partir de l'année 1945 ou 1946  –, je n'ai d'autre alternative que de me rendre dans une salle de lecture détenant une collection comprenant les volumes de l'année 1917...
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 11-05-2009 à 21:11:38
n°16380
Ar Brav
Posté le 12-05-2009 à 06:35:37  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
Bonjour à tous,
 
J'ai parcouru à nouveau L’odyssée technique et humaine du sous-marin en France, Tome III-2, à l’épreuve de la Grande Guerre, de Gérard Garier, Marines Editions, 2002.  
Il n'est pas fait mention des aventures relatées dans l'article de presse, il est vrai que ce n'est pas l'objet de l'ouvrage.  
Seuls sont mentionnés pages 145 et 146 les noms "du second-maître mécanicien Bodros Jean et du quartier-maitre torpilleur Beverracci Quilicus, de l'équipage du Saphir, évadés des camps de prisonniers de l'Asie Mineure" lors de leur interrogatoire au retour de captivité.
Il est indiqué qu'ils ont bien été interrogés également "devant les autorités turques, représentées par Liman von Sanders, qui questionne lui-même le second-maitre Bodros après l'avoir menacé de son revolver. Les prisonniers sont ensuite dirigés sur Fium Kara Hissar, où ils sont employés à casser des cailloux dans des conditions très dures, avec une nourriture abjecte."
 
L'aventure du Saphir est racontée par le Bulletin de la Guerre sous-marine n° 459 du 14 novembre 1918.
Un autre récit émouvant de ce drame, a été publié dans Cols Bleus n° 1362 du 25 janvier 1975. Il s'agit d'un extrait d'une conférence donnée à Toulon le 10 janvier 1969 par M. Francis Gutton ancien rescapé, membre de l'équipage du Saphir.

 
Concernant les citations, je ne suis pas encore allé voir sur Net.Marine
 
Bien amicalement,
Franck


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n°16381
Ar Brav
Posté le 12-05-2009 à 07:46:54  profilanswer
 

Re,
 
Tiré du site :
 
http://www.netmarine.net/tradi/marins14-18/index.htm
 
Della-Santa : pas trouvé
 
Rouault :
 
ROUAULT Guillaume - Second-maître de manœuvre -  ; Date : 09/1916 ; Quartier/Matricule : Dinan, 8.281 ; Unité : FOUCAULT (sous-marin).
 
Etant embarqué sur un sous-marin, s'est trouvé au cours d'une action de guerre, dans une situation désespérée, a pu s'en tirer grâce à son sang-froid et à son énergie ; fait prisonnier, a réussi à s'évader à force de courage et d'endurance, après avoir parcouru 350 kilomètres en pays ennemi.
 
Olivieri :
 
OLIVIERI Marius, Jules, Victor - Quartier-maître torpilleur -  ; Date : 09/1916 ; Quartier/Matricule : Marseille, 6.427 ; Unité : FOUCAULT (sous-marin).
 
Etant embarqué sur un sous-marin, s'est trouvé au cours d'une action de guerre, dans une situation désespérée, a pu s'en tirer grâce à son sang-froid et à son énergie ; fait prisonnier, a réussi à s'évader à force de courage et d'endurance, après avoir parcouru 350 kilomètres en pays ennemi.
 
Cochet :
 
COCHET - Matelot cuisinier -  ; Date : 1915 ; Unité : MONGE (sous-marin).
 
Etant embarqué sur un sous-marin, s'est trouvé au cours d'une action de guerre, dans une situation désespérée, a pu s'en tirer grâce à son sang-froid et à son énergie ; fait prisonnier, a réussi à s'évader à force de courage et d'endurance, après avoir parcouru 350 kilomètres en pays ennemi.
 
Bodros :
 
BODROS Jean - Second-maître mécanicien -  ; Date : 01/1915 ; Quartier/Matricule : Morlaix, 3.448 ; Unité : SAPHIR (sous-marin).
 
A entrepris avec héroïsme une opération des plus périlleuse qui a entraîné la perte du sous-marin, le 15 janvier 1915.
 
Beverraggi :
 
BEVERRANI Quilliénis - Matelot torpilleur -  ; Date : 01/1915 ; Quartier/Matricule : 51.383-5 ; Unité : SAPHIR (sous-marin).
 
A entrepris avec héroïsme une opération des plus périlleuse qui a entraîné la perte du sous-marin, le 15 janvier 1915.
 
Coulomb :
 
COULOMB Clément - Quartier-maître torpilleur -  ; Date : 12/1914 ; Quartier/Matricule : Cette, 2.311 ; Unité : CURIE (sous-marin).
 
A fait preuve du plus grand héroïsme en pénétrant au fond d'un port ennemi malgré la multiplicité des moyens de défense, a lutté avec la plus grande énergie pour échapper à l'ennemi, et a coulé le bâtiment pour éviter qu'il ne tombe entre ses mains.
 
Melle : pas trouvé
 
Kerriou :
 
KERRIOU Jean - Canonnier breveté -  ; Date : 09/1916 ; Quartier/Matricule : 100.562-2 ; Unité : FOUCAULT (sous-marin).
 
Son sous-marin ayant été atteint par des bombes d'avions, le 15 septembre 1916, a montré le plus grand calme etle plus grand sang-froid dans l'exécution des ordres de ses supérieurs.
 
C'est déjà un (petit) début,  :)  
 
Amicalement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 12-05-2009 à 07:55:35

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