FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  GERMAINE — Cargo — Armement Fernand Bouët, Caen.

 

Il y a 43 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

GERMAINE — Cargo — Armement Fernand Bouët, Caen.

n°38609
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 23-11-2013 à 19:37:39  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
   Germaine — Cargo — Armement Fernand Bouët, Caen.
 
 
 
                                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/GERMAINE%20-%20Armement%20Fernand%20Bouet,%20Caen..jpg
 
                                                                                                                 Source : Épaves du Ponant
 
 
   Germaine – Cargo en acier de 1.428 t. jb. Caractéristiques : 75 x 10,4 x 4,4 m ; machine à triple expansion ; puissance, 177 nhp ; vitesse, 10 nd. Construit en 1909 par la Sunderland Shipbuilding C°. Ltd., de Sunderland (North East England, Royaume-Uni) pour le compte de l’armement Fernand Bouët, de Caen (Calvados). N° de chantier, 254.
 
   The Wreck Site —> http://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?77502
   
 
   Torpillé le 10 mars 1918 par le sous-marin U-110 (Korvettenkapitän Carl Albrecht KROLL) à 2 milles dans le N.N.-W. de Pentire Head (Cornouaille, Royaume-Uni), par 50° 37’ N. et 04° 58’ W., alors qu’il allait de Swansea (Pays de Galles, Royaume-Uni) à Rouen avec un chargement de charbon.
 
   uboat.net —> http://uboat.net/wwi/ships_hit/7050.html
 
 
   Le témoignage officiel de satisfaction suivant fut accordé à l’équipage par le Ministre de la Marine :
 
 
                                                                                                      Journal officiel du 30 mai 1918, p. 4.708.
 
                                                                                            http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/GERMAINE%20-%20T.O.S.%20-%20J.O.%2030-V-1918..jpg


Message édité par Rutilius le 02-03-2017 à 11:31:44

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°38610
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 23-11-2013 à 19:40:13  profilanswer
 


 
   ■ Commandants du cargo Germaine.
 
   Début 1914, le cargo Germaine était commandé par François Eugène CRABOT, capitaine au cabotage, inscrit à Auray, n° 378 (Déc. du 15 janv. 1914 adressant des félicitations pour la bonne tenue des postes d’équipage, J.O., 20 janv. 1914, p. 641).    
 
    Début 1917, il avait pour commandant Alexandre LENEUVEU, capitaine au cabotage, inscrit à Granville, n° 226, et pour chef mécanicien Henri Louis Arsène BLACHER, inscrit à Caen, n° 274 (Déc. du 21 janv. 1917 établissant la Liste des capitaines ou patrons de navires de commerce, des armateurs et officiers mécaniciens qui ont obtenu des félicitations pour la bonne tenue des postes d’équipage et le bon entretien des machines, chaudières, etc. : J.O., 25 janv. 1917, p. 741).
 
   Henri BLACHER exerçait déjà cette fonction en Décembre 1914 (Déc. du 31 déc. 1914 établissant la Liste des armateurs, capitaines ou patrons des navires de commerce ou de pêche qui ont obtenu des félicitations pour la bonne tenue des postes d’équipage et le bon entretien des machines, chaudières, etc. : J.O., 7 janv. 1915, p. 112).
 


---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°42815
IM Louis J​ean
Posté le 31-07-2015 à 10:37:03  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Témoignage de satisfaction du ministre de la marine donné au capitaine au cabotage Joseph Durand :
 
http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k76013006.f2&l=6&r=2786,3412,238,527
source Le Journal du 7 mai 1918 sur Gallica
 
La date du journal est postérieure au torpillage mais le témoignage de satisfaction peut venir récompenser un acte antérieur, à moins qu'il ne s'agisse d'une autre Germaine de l'armement Bouët.
 
Cordialement
Étienne


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°46157
olivier 12
Posté le 02-03-2017 à 08:36:37  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
GERMAINE
 
Armateur Fernand BOUET
Affréteur : Marine de guerre
Effectue une traversée Cardiff – Cherbourg, en convoi, avec charbon, coke et 1560 tonnes de divers.
835 tx JB
24 hommes d’équipage
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/4aBiJf.jpg
 
Rencontre avec un sous-marin le 20 Février 1918. Rapport du capitaine
 
Quitté Cardiff le 16 Février1918 à destination de Cherbourg. Escales à Falmouth, Plymouth et Portland et reçu les instructions de navigation actuelles. Quitté Portland le 19 Février à 23h35, n° 2 tribord du convoi de 5 navires escortés par deux chalutiers anglais armés.
A 01h10 le navire se trouvait à 2 milles dans l’EW du feu de Portland Bill. Sur l’avant se trouvait le Norvégien START et sur la gauche l’Anglais BAYERSHER, n° 1 et le Français PLUTON, n° 2. Tous feux éteints selon les consignes.
 
A 02h20, le QM Le Halio, faisant partie de la bordée de quart à la pièce arrière signale à l’officier de quart passerelle un bateau dans le sillage de BAYERSHER à 700 m environ et la silhouette est reconnue comme étant celle d’un sous-marin faisant même cap que le convoi.
Prévenu, j’ai constaté la présence de ce sous-marin ennemi. La vitesse était de 7 nœuds. Fait immédiatement le branlebas de combat et mis en route à toute vitesse en venant de 90° sur la droite pour présenter le moins de surface possible à une torpille. Fait aussitôt ouvrir le feu avec la pièce arrière. Un seul coup a suffi à effrayer le sous-marin qui a disparu aussitôt. Craignant pour les navires avoisinants et ne voyant plus rien, j’ai fait cesser le feu.
Position 50°24 N et 02°20 W. Signalé par TSF sa présence à Portland qui a répondu « Bien compris ».
Le danger écarté, j’ai repris mon poste dans le convoi et le reste de la traversée s’est effectué dans de bonnes conditions. Arrivé à Cherbourg le 21 Février à 07h20.
 
Je signale le calme et le sang froid de mon équipage qui a été le plus complet. Chacun a pu remplir, à mon entière satisfaction, les fonctions assignées en présence de l’ennemi.
 
Rapport de l’officier AMBC
 
Le QM canonnier Le Halio a vu à 700 m par le travers bâbord une silhouette suspecte et a prévenu le capitaine. Ayant reconnu avec certitude un sous-marin, le capitaine a donné l’ordre de commencer le feu. Un seul coup a été tiré et le sous-marin a disparu.
Tir dirigé par l’officier de tir, Monsieur Jambon, second capitaine. Feu ouvert avec une hausse de 1400 m, bon en direction mais trop long.
Veille correctement organisée. Personnel rapidement à son poste.
 
Le sous-marin long d’au moins 60 m a du émerger par hasard au milieu du convoi. Le QM Le Halio a très bien vu le grossissement de cette silhouette montant au dessus du niveau de la mer. Le sous-marin a du être surpris par le coup de canon et, voyant soudain plusieurs silhouettes de bâtiments autour de lui, il a replongé le plus vite possible sans s’attarder à aucune riposte.
 
Voici la silhouette du sous-marin.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/qq4hZ4.jpg
 
Conclusions de la commission d’enquête
 
La commission fait observer que le capitaine et le second capitaine auraient du manœuvrer immédiatement. Le capitaine donne pour excuse que le retard n’a été que de quelques secondes pour s’assurer que la silhouette était bien celle d’un sous-marin, et non celle d’un torpilleur anglais comme il en a souvent vu apparaître au cours de ses dernières traversées aux abords de la côte anglaise.
La commission estime que le capitaine a fait preuve de sang froid et de décision et que les ordres qu’il a donnés pour parer l’attaque sont conformes aux prescriptions générales. Ses ordres ont été promptement exécutés. La commission estime qu’il y a lieu de lui conserver la faculté de commander.
 
Le sous-marin attaquant
 
N’est pas identifié. Mais il s’agit très certainement de l’UB 33 de l’Oblt z/s Fritz GREGOR qui patrouillait sur cette zone et avait coulé la veille COMMANDANT BARATIER.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 02-03-2017 à 08:41:07

---------------
olivier
n°46214
olivier 12
Posté le 06-03-2017 à 11:07:20  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Naufrage du 10 Mars 1918
 
Navire équipé d’un canon de 90 mm modèle 1877 sur affut modèle 1916
2 Verdier et 8 Berger non utilisés.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/921/RafLuG.jpg
 
Cette liste d'équipage semble plus précise au point de vue orthographe de certains noms que celle de Février 1918.
 
Rapport du capitaine
 
Quitté Swansea le 10 Mars 1918 à 04h00 avec un complet chargement de 1670 tonnes de charbon pour Rouen. Débarqué le pilote à 04h20 par le travers du feu des Mumbles et suivi la route donnée par les instructions de l’Amirauté britannique. Temps clair. Mer belle. Suivi la côte le plus près possible. Contourné les baies et les pointes en zigzaguant. Toute la bordée de veille à son poste avec vigie haute, canonnier à la pièce avant, canonnier à la pièce arrière, canonnier, capitaine et maître d’équipage à la passerelle.
 
Rien d’anormal lorsqu’à 10h15 le TSF reçoit un télégramme annonçant la présence d’un sous-marin à 2 milles dans le N45W de Trevose Head. Avisé l’équipage et donné l’ordre de faire une veille attentive et de se tenir prêt à toute éventualité.
 
Soudain, à 11h36, l’homme de vigie signale à 45° sur l’arrière du travers tribord le sillage d’une torpille venant en direction du navire à 700 m de distance. Je me rends aussitôt à l’évidence et fais manœuvrer à gauche toute, à seule fin de présenter le moins de surface possible à cette torpille, et fais donner la vitesse maximum au navire.
A 11h37, la torpille frappe par le travers de la cale 4 à tribord. Donné l’ordre de stopper, manœuvre effectuée immédiatement. Vérifié la position qui est transmise immédiatement au TSF (2 milles dans le Nord de Pentire Head, côte de Cornouailles).
 
Voyant l’arrière du navire s’enfoncer, donné l’ordre de disposer les embarcations de sauvetage, manœuvre exécutée dans de très bonnes conditions. Chacun a pu rejoindre le poste qui lui était désigné. La torpille avait provoqué une déchirure des tôles sur 4 m de longueur à la flottaison et la cale 4 était entièrement envahie. Voyant la position critique du navire et n’ayant plus aucun espoir de sauvetage, après m’être assuré que le personnel était au complet dans les embarcations, embarqué le dernier et donné l’ordre de s’éloigner du bord.
Les documents confidentiels, mercantiles tables n° 8 et 9, ont coulé avec le navire sous enveloppe cachetée et enfermée dans une caissette plombée.
 
Il y avait sur les lieux deux contre-torpilleurs anglais, deux dirigeables, deux hydravions et deux vedettes qui accompagnaient un convoi de navires marchant à contre-bord. Avons été recueillis aussitôt par l’une de ces vedettes qui est restée sur les lieux jusqu’à la disparition complète du navire et nous a déposés à Padstowe.
 
Rapport certifié devant Monsieur Emile FEER, Consul de France à Southampton, le 12 Mars 1918.
 
Rapport de la commission d’enquête
 
Elle reprend tous le déroulement des faits et souligne :
 
- Ordre et sang froid de l’équipage
- Le radiotélégraphiste est un tout jeune homme qui n’a pas hésité à descendre sous le pont pour mettre en marche le moteur de secours et a envoyé le signal de détresse avec le plus grand calme
- Le capitaine s’est assuré que tout le monde était sauf et a embarqué le dernier dans le canot.
- Il s’est écoulé 30 minutes entre le torpillage et le moment où le navire a coulé.
- La torpille était tellement en surface que l’on a eu l’impression pendant un moment que c’était le sous-marin lui-même.
- La secousse a été très violente, une énorme gerbe d’eau est retombée, mélangée à du charbon et du bois, la plateforme du canon arrière a sauté et le canonnier a failli être projeté à la mer.
- Le bâtiment a tout de suite pris de la gite et s’est enfoncé par l’arrière.
- L’absence de cloisons étanches dans le bâtiment rendait la situation très grave.  
- Aucune infraction aux instructions de route depuis le départ de Swansea.
 
Récompenses
 
Lettre de félicitations du Ministre
 
DURAND Joseph Pierre  Capitaine au Cabotage  Capitaine
 
Pour le sang froid et l’esprit de discipline dont il a fait preuve ainsi que pour la bonne organisation du sauvetage du personnel à l’occasion du torpillage de son navire
 
JAMBON François Auguste  Capitaine au Cabotage  2e capitaine
 
Pour le zèle, le dévouement, l’esprit militaire avec lesquels il a assuré à bord du vapeur GERMAINE le bon ordre et la discipline, ainsi que la parfaite organisation du service de l’artillerie dont il était l’officier de tir, et du service de veille, et aussi pour le sang froid dont il a fait preuve lors du torpillage de GERMAINE.
 
Citation à l’Ordre du Régiment
 
MOREAU Théodore  Radiotélégraphiste
 
Pour le sang froid et le courageux dévouement dont il a fait preuve lors du torpillage de son bâtiment en assurant son service dans des circonstances particulièrement difficiles
 
Témoignage Officiel de Satisfaction
 
Vapeur GERMAINE
 
Pour le sang froid et la discipline dont chacun a fait preuve lors du torpillage.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était le grand croiseur sous-marin U 110 du Kptlt Carl Albrecht  KROLL. Correction : type mittel U - Voir post d'Yves ci-dessous-
Voici ce sous-marin photographié  Heligoland
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/xHyZgb.jpg
 
Et un superbe portrait de son commandant (source uboat.net) réalisé par Hans Erich Godbersen (1884-1930).
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/ZzmYox.jpg
 
Cinq jours plus tard, le 15 Mars,  U 110 sera sévèrement endommagé au Nord de l’Irlande par une attaque des HMS MICHAEL et MORESBY. Il parviendra à faire surface mais finira par couler par 55°49 N et 08°06 W, emportant avec lui 32 de ses 41 hommes d’équipage. Le commandant Kroll  sera pas au nombre des rescapés.
On ne peut d'ailleurs que constater qu'en attaquant GERMAINE alors que ce vapeur croisait un convoi puissamment escorté par des moyens navals et aériens, ce commandant n'hésitait pas à prendre des risques...
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 14-03-2017 à 19:53:40

---------------
olivier
n°46290
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 14-03-2017 à 19:35:31  profilanswer
 

Olivier,
U 110était un Mittel U sous-type U93, pas un U Kreuzer :)
Amts


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière

Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  GERMAINE — Cargo — Armement Fernand Bouët, Caen.