Bonjour à tous,
24 avril 1917, près de Portland :
* Edmond TRANIN : " Les rouliers de la mer (1914-1918) ", Payot, Paris, 1928, préface de M. Georges LEYGUE, p. 195 :
" Le 24 avril 1917, le petit trois-mâts goélette, appartenant à MM. LEBORGNE, et commandé par le patron RICHARD, faisait route au jour levant vers Portland, qu'il pensait atteindre vers midi.
Meilleur marcheur, le Saint-Jacques, avec lequel il devait naviguer de conserve, l'avait distancé dans la nuit.
Mis en éveil par un cargo qui, à quelques milles, paraissait arrêté et lâchait précipitamment sa vapeur, le Saint-Antoine-de-Padoue s'approcha en curieux.
A moins de deux milles, masqué par la masse du gros navire, un sous-marin allemand était en train de régler son compte au Saint-Jacques.
Serrant le vent au plus près, la goélette courut au secours du camarade.
A la première décharge, le canon-revolver, dont l'équipage était si fier, se détraqua. Pendant la réparation, le sous-marin, qui se détachait, majestueusement, à 2000 mètres, manoeuvra pour se présenter de pointe, n'offrant ainsi qu'une cible réduite, en lame de couteau.
Semblant néanmoins impressionné par l'audace de ce petit voilier, il plongea promptement, pour ne plus reparaître."
* Ouest-Eclair - éd. de Caen -, n° 6438, 22 juin 1917, p. 4 :
" Un équipage récompensé. - Le capitaine et l'équipage du voilier Saint-Antoine-de-Padoue, à la maison Charles LE BORGNE, ont reçu dimanche les gratifications de 1.000 francs accordées par la Chambre de commerce de Fécamp et l'armateur, pour avoir canonné deux sous-marins allemands et avoir sauvé ainsi sept autres voiliers, dont le Saint-Jacques, de Fécamp, également. Cet exploit a fait l'objet d'un communiqué du Ministère de la Marine.
Voici les noms de ces braves gens : Albert RICHARD, capitaine ; Louis LADIRE, second, de Fécamp ; les canonniers Pierre LEROY, de Granville, et Charles BOUGON, de Fécamp ; les matelots DUPRE, MILLET, DUCHEMIN, HIGNOT, BEAUFOUR et RICHARD, de Fécamp, et LEVIONNAIS, de Saint-Martin-au-Buneaux, et le mousse Charles NOEL, de Saint-Valery-en-Caux.
On sait que dans le même ordre d'idées, un journal parisien a ouvert une souscription pour les marins du commerce qui luttent contre les sous-marins ennemis. M. Charles LE BORGNE a versé 5.000 francs à cette souscription et certains équipages ont reçu des récompenses de 25.000 et même de 30.000 francs."
Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 17-10-2008 à 14:51:12