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  MOUCHE Goélette Société des Carrières de l'Ouest

 

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Auteur Sujet :

MOUCHE Goélette Société des Carrières de l'Ouest

n°46293
olivier 12
Posté le 14-03-2017 à 21:52:29  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
MOUCHE
 
Goélette de la Société des Carrières de l’Ouest. PARIS.
90 tpl   61 tx JN
Construite en 1886 au chantier Gautier de Saint Malo pour l’armateur PROVOST, de Régneville
Non affrété. Non armé
Effectue une traversée sur lest Cherbourg – Swansea.
 
Liste d’équipage
 
BLANDIN Albert Capitaine  Saint Malo  560
ALLAIRE Eugène Matelot Granville 1645
MARTIN Camille Matelot Granville 3272
GADY Charles Mousse Cherbourg
 
Naufrage du 26 Février 1918. Rapport du capitaine
 
Quitté Cherbourg le 20 Février à destination de Swansea. Le remorqueur MARSOUIN, de la Direction du port nous a pris en remorque jusqu’au barrage, ainsi qu’un dundee anglais qui faisait partie du convoi. Fait route suivant les instructions et aperçu le feu de Portland à 01h30 le 21. Vent de NW et mer grosse. Le vent et le courant nous drossant à terre, viré de bord et couru une bordée au Sud. Puis revenu au Nord et atterri par le travers de Lyme Bay
Tiré une nouvelle bordée vers le Sud.  
Le 22 le vent souffle par rafales et la mer devient très grosse. Après plusieurs tentatives pour virer de bord vent debout, me suis résigné à virer vent arrière et refait route au plus près, cap au NNW. Violents coups de roulis et le navire fatigue beaucoup. A 06h30 arrivé par le travers de Salterton et mouillé pour attendre du beau temps.
Appareillé le 24 au matin par jolie brise d’WNW. Couru une bordée à terre jusqu’à l’entrée d’Exmouth. Viré de bord à 14h00 et couru une bordée au Sud. A 00h30 le 25, je m’apprêtais à virer de bord quand le vent se met à souffler en furie. La drisse de trinquette casse te je fais haler bas. Une demi-heure plus tard, ce sont les écoutes du petit foc et du grand foc qui cassent. Nous essayons de haler bas, mais ne ramassons que des lambeaux. La mer étant démontée, je prends la cape sous la misaine. Dans l’après midi le vent mollit et je fais passer une drisse à la trinquette et ré-enverguer un foc. Dans la nuit du 25 au 26, faible brise de Nord.
 
Le 26 au matin, viré de bord pour venir à terre et à 06h45, alors que je remplissais le journal de bord, j’entends une détonation. L’homme de barre me prévient qu’un obus est tombé à 20 m. Position 49°40 N  04°40 W. Les coups se succèdent et, n’ayant pas de canon, je fais déborder le canot pour toute éventualité. Nous y embarquons des vivres et tout le nécessaire et attendons. Le sous-marin tire toujours, tout en se tenant à distance. Au 11e coup il coupe la drisse de grand voile, puis la drisse de mât. Voyant qu’il n’y a plus de possibilité de manœuvrer, je fais embarquer l’équipage dans le canot en commençant par le mousse. J’y embarque en dernier, et nous nous écartons au moment où un obus tombe près du canot et nous asperge. Nous restons un quart d’heure près du bateau qui finit par se coucher sur le côté tribord. Le vent fraîchit et je fais hisser la voile du canot et fait route ENE.
Le sous-marin a tiré 15 coups avant l’abandon et 30 coups après à la vitesse de 3 coups à la minute. Trois coups seulement ont porté dans la coque et deux dans la voilure.
 
A 11h30, j’aperçois une fumée. C’est le patrouilleur anglais n° 113,  BROMELIA, de Grimsby, qui allait à la recherche d’un vapeur qui avait été torpillé le matin à 07h00 par le même sous-marin probablement. Nous y avons reçu le meilleur accueil et il nous a débarqués à Devonport le 27 Février à 08h00 du matin. Je me suis rendu au consulat de France pour y déposer mon rapport. Nous n’avons pu sauver que quelques morceaux d’effets du naufrage.

Description du sous-marin

 
80 m de long. Ni numéro ni lettre.
Avant droit. Pont plat.
Kiosque rectangulaire assez élevé. Pas vu d’appareil quelconque
2 canons, sans doute de 105 mm. Celui de l’avant à mi-distance du kiosque, celui de l’arrière plus près de l’arrière
Couleur uniforme gris sale
Après que la goélette eut été coulée, aperçu une vingtaine d’hommes sur l’avant du kiosque.

Rapport de la commission d’enquête

 
Elle reprend le déroulement des faits et souligne :
 
Le voilier n’étant pas armé, le capitaine n’avait d’autres mesures à prendre que de sauver son équipage, ce qu’il a réussi. L’embarcation était bien pourvue en ceintures de sauvetage et vivres. Mise à l’eau 7 minutes après le premier coup de canon.
 
L’attaque du sous-marin a été remarquable par l’imprécision de son tir et on peut se demander  s’il a bien tiré 45 à 50 coups de canon, ou s’il n’a pas voulu se livrer à un exercice de tir contre une goélette inoffensive et isolée. Cette impression est confirmée par la présence autour de la pièce avant du submersible d’une vingtaine d’hommes, soit la presque totalité de l’équipage, ce qui est inusuel.
 
Le capitaine de MOUCHE est très peu documenté sur les caractéristiques des sous-marins et ne donne pas de précisions sur celui qu’il a rencontré. Il a seulement été frappé par la longueur du bâtiment et la taille de son canon.
 
Bonne attitude de l’équipage du voilier. Comme le capitaine, cet équipage a regretté d’être contraint de subir cette situation imposée en raison du manque d’artillerie.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’U 55 du Kptlt Wilhelm WERNER
 
Voici une photo de l’U 55, en mer,  à couple de l’U 102. L’U 102 devait disparaître le 30 Septembre 1918 avec tout son équipage (42 hommes) après avoir heurté une mine dans l’Est des Orcades. Son épave a été localisée en 2006. U 55 survivra à la guerre.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/a336Wt.jpg
 
Cdlt


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olivier
n°46294
Memgam
Posté le 15-03-2017 à 09:00:27  profilanswer
 

Bonjour,
 
Mouche, goélette, construite en 1886 par Gauthier à Saint-Malo,
65 tjb, 46 tjn, 20,3 x 6,4 x 2,54 m,  
 
En 1912, indicatif KJBM, immatriculée à Saint-Malo, armateur Mademoiselle J. Thomazeau, capitaine Brouard.
En 1914, immatriculé à Régneville, armateur E. Provost, capitaine Brouard (source Lacroix).
 
Source : Registre n° 74, Bureau Veritas 1912.
Louis Lacroix, Les écraseurs de crabes sur les derniers voiliers caboteurs, Aux portes du large, 1947.
René Richard et Jacques Roignant, Les navires des ports de la Bretagne provinciale coulés par faits de guerre 1914-1918,Volume 1, Association Bretagne 14-18, 2010.
 
Cordialement.


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