FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  DEUX-JEANNE ― Dundee de pêche groisillon.

 

1 utilisateur anonyme et 20 utilisateurs inconnus

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

DEUX-JEANNE ― Dundee de pêche groisillon.

n°14372
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 18-03-2009 à 23:20:36  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
   Deux-Jeanne ― Dundee de pêche groisillon.
 
 
                                          L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 5.577, 10 novembre 1917, p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes – La guerre sous-marine ».
 
 
   « A 300 milles d’Ouessant, le 16 septembre [1917] dernier, le dundee de Groix Deux-Jeanne s’étant porté au secours d’un autre bateau de pêche canonné par un sous-marin, fut attaqué à son tour. Il riposta de telle sorte que l’ennemi renonça à la lutte.
   Onze jours plus tard, le même dundee pêchait le thon en compagnie de deux petits voiliers grésillons, Liberté et Peuples-Frères, lorsqu’apparut un sous-marin. Celui-ci ayant ouvert le feu, les bateaux pêcheurs soutinrent courageusement le combat et ne furent coulés qu’après avoir obligé l’ennemi à une forte consommation de projectiles.
   Tous trois ont obtenu un témoignage de satisfaction du ministre de la Marine, qui a accordé d’autre part la croix de guerre à huit marins de leurs équipages. Le quartier-maître réserviste Baron, patron du Deux-Jeanne, est inscrit au tableau pour la médaille militaire. »


Message édité par Rutilius le 13-05-2017 à 13:21:53

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°14375
Ar Brav
Posté le 19-03-2009 à 08:45:13  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
Bonjour à tous,
 
Le dundee Deux Jeanne de 50 tx environ a été coulé au canon le 27.09.1917 à environ 30 milles dans le SW d'Ouessant par 48°05N et 005°45W par le sous-marin U-90 (KL Walter Remy).
Les deux autres voiliers de Groix, Liberté et Peuples-Frères, également.
 
Bien cordialement,
Franck  


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°14377
Ar Brav
Posté le 19-03-2009 à 09:07:46  profilanswer
 

Re,
 
En septembre, 9 dundees groisillons furent coulés, par la marine allemande, à la bombe et au canon, après que leurs équipages eurent abandonné le bord. Il n'y eut heureusement pas de morts. 14 bateaux de Port-Louis essentiellement des dundees sont également coulés par des sous-marins : Fleur d'espérance - Etoile polaire - Eugène et Lucie - Le frère des 5 sœurs - Jeune Albert - Reine Hortense - Ami de Dieu - Thérèse et Marthe - Bayard sans peur - Maurice Barrès - Angélus - Jeanne Geneviève
 
Tiré du site :
http://enguerrand.gourong.free.fr/ [...] 141804.htm
 
Euh, Daniel, on dit groisillon et non grésillon. Un coup à se faire lyncher sur l'ile, çà. Mais nous on dit les Grecs, bonjour à eux s'ils nous lisent (vu de ma fenêtre, temps superbe sur l'ile aujourd'hui).  :hello:  
 
Amicalement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°14380
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 19-03-2009 à 10:56:15  profilanswer
 


   Bonjour Franck,
 
   Euh, Daniel, on dit groisillon et non grésillon. Un coup à se faire lyncher sur l'ile, çà.
 
   Selon Le Petit Robert 2 - Dictionnaire universel des noms propres, éd. de 1986 -, les habitants de l'Ile de Groix sont aussi bien dénommés Groisillons que Grésillons. Comme j'ai pour habitude, en présence de deux mots d'égale signification, de retenir, pour en éviter la disparition, le plus rare ou le moins usité, j'ai donc opté pour " grésillons ".
 
   Mais puisqu'il est question que j'aille prochainement me faire voir chez les Grecs, je vais en revenir au qualificatif admis par la majorité de ces îliens, dont je sais la fiereté et la pugnacité pour en connaître d'aucun...
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 
   

n°14382
alain13
Posté le 19-03-2009 à 12:05:05  profilanswer
 


d'aucun...!!!
 
Amicalement,
Alain

n°14396
Ar Brav
Posté le 19-03-2009 à 15:29:53  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je recopie ici la liste des bateaux de Groix donnée par Klaus le 09-03-2009 dans ses messages de ce sujet :
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1741_1.htm
 
"Union Républicaine", numéro de Peche: G. 650, built 1897 at Les Sables d'Olonne, 39 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers
"Liberté", numéro de Peche: G. 938, built 1908 at Belle Ile, 49 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers
"Deux Jeanne", numéro de Peche: G. 1174, built 1914 at Paimpol, 44 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers.  
"Peuples Frères", numéro de Peche: G. 612, built 1897 at Les Sables d'Olonne, 41 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers
"Gloire", numéro de Peche: G. 1038, built 1910 at Belle Ile, 55 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers
"Jeune Mathilde", numéro de Peche: G. 1187, built 1914 at Belle Ile, 47 GRT according to Dominique Duviard, Groix, L'Ile des Thoniers
 
And the other boats of Groix lost by war causes:
 
"Quatre Frères" G. 932, built 1908 at Paimpol, 53 GRT, 1917 by submarine
"Océanien" G. 853, built 1908 at Belle Ile, 60 GRT, 1916 by submarine
"Marsouin" G. 992, built 1909 at Belle Ile, 55 GRT, 1918 by submarine
"Versailles" G. 1063, built 1910 at Camaret, 49 GRT, 1917 by submarine
"Étoile Polaire" G. 1072, built 1911 at Les Sables d'Olonne, 51 GRT, 1917 by submarine
"Kerdurand" G. 1176, built 1914 at Paimpol, 56 GRT, 1917 by submarine
"Dupleix" G. 1183, built 1914 at Paimpol, 44 GRT, 1916 by mine
 
At last a list of boats of Groix listed as requisitioned:
 
"Tourville" G. 572, built 1895 at Les Sables d'Olonne, 41 GRT, in 1917
"Gaulois" G. 576, built 1896 at Les Sables d'Olonne, 32 GRT, in 1917
"Thétis" G. 630, built 1897 at Les Sables d'Olonne, 36 GRT, in 1917
"Guillaume Tell" G. 631, built 1897 at Les Sables d'Olonne, 36 GRT, in 1917
"Germaine" G. 632, built 1897 at Les Sables d'Olonne, 36 GRT, in 1917
"Saint Jean" G. 659, built 1898 at Les Sables d'Olonne, 59 GRT, in 1917
"Sirène" G. 673, built 1898 at Les Sables d'Olonne, 42 GRT, in 1917
"Arche d'Alliance" G. 678, built 1898 at Les Sables d'Olonne, 37 GRT, in 1917
"Vasco da Gama" G. 864, built 1907 at Belle Ile, 53 GRT, in 1917
"Melpomène" G. 867, built 1907 at Paimpol, 53 GRT, in 1917
"Esmeralda" G. 880, built 1907 at Belle Ile, 50 GRT, in 1917
 
Cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22681
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 09-12-2009 à 14:36:51  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
   
   Selon Michel Perrin (« Les mille et vingt armateurs de l'Île de Groix », Les Cahiers de l'Île de Groix, n° 5/2006, Déc. 2006, Association « La Mouette », p.102 et 184), ce dundee groisillon aurait été dénommé Les-Deux-Jeanne et non pas Deux-Jeanne.
 
   A sa mise à flot, en 1914, en étaient quirataires :
 
   ― Pour 6/16e, Ange Marie BARON, époux de Jeanne Marie BARON, domiciliés à Kêr-Clavézic ;
 
   ― Pour 5/16e, Alexandre ÉTESSE, armateur et entrepreneur de maçonnerie, domicilié au Bourg de Groix ;
 
   ― Pour 3/16e, Jean-Marie KERSAHO, débitant, époux de Désirée BARON, domiciliés à Port-Tudy ;
 
   ― Pour 2/16e, Pierre Joseph Marie BARON, armateur, époux d’Anna YVON, domiciliés à Kêrloret (op. cit., p. 102).
 
   Lors de l'ouverture de la procédure d’indemnisation de la perte de ce bâtiment, en juin 1920, en était propriétaire Marie-Françoise LE NÉVÉ, veuve d’Alexandre ÉTRESSE, domiciliée au Bourg de Groix (op. cit., p. 184). Sa valeur barre en main fut alors estimée à 23.965 fr. de 1914 et à 120.215 fr. de 1920 (ibid.), mais l’indemnité allouée par la commission d'indemnisation fut singulièrement moindre : 156.750 fr. au total pour le dundee Deux-Jeanne et le dundee Quatre-Frères, canonné, puis détruit par une charge explosive, le 16 septembre 1917 (ibid.).


Message édité par Rutilius le 29-05-2017 à 18:42:24

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°22685
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 09-12-2009 à 16:16:34  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
                                   L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 6.546 du Mercredi 10 octobre 1917, p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes – La guerre sous-marine ».
 
 
                                                                                                                    « Voiliers et sous-marin.
 
   Deux petits voiliers, Quatre-Frères et Deux-Jeanne, ce dernier armé, étaient partis le 9 septembre des Sables-d'Olonne pour la pêche au thon. Toute une semaine, ils restèrent ensemble, puis le temps étant devenu brumeux, ils se perdirent de vue. Le 16 au matin, les hommes du Deux-Jeanne entendirent le canon dans la direction où devaient se trouver leurs camarades, à une dizaine de milles. Le patron ordonna de se préparer au combat et fit route vers le lieu de l'action. Une demi-heure plus tard, on aperçut la mâture du Quatre-Frères qui s'abîmait dans les flots. Le sous-marin ennemi se tenait non de loin de là et ouvrit le feu sur le Deux-Jeanne, qui approchait toujours. Celui-ci répondit en tirant lentement, car la houle masquait le but par moments. Après une heure de combat, le sous-marin renonça à la lutte et disparut. »


Message édité par Rutilius le 13-05-2017 à 09:55:55

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°27154
olivier 12
Posté le 19-08-2010 à 16:27:05  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
DEUX JEANNE – LIBERTE – PEUPLES FRERES
 
Dundee de Groix pratiquant la pêche au thon.
 
DEUX JEANNE  (écrit sans LES et sans S à JEANNE dans tout le dossier)
 
Dundee de 50 tx construit en 1914 à Paimpol.  Propriétaires : Veuve ETESSE, de Kersaho, Veuve Barin, de Groix, et Baron, de Groix.
 
Equipage
 
BARON Pierre  Patron
LE FLOCH François  Matelot
BERNIER Louis  Matelot
NERO  Tudy  Matelot
NOEL  Pierre  Novice  tous de Groix
 
LIBERTE
 
Dundee de 49 tx construit en 1908 à Belle Ile.  Propriétaire : Henri CALLOCH
 
Equipage
 
STEPHAN  Armand  Patron
GALLEN  Charles  Matelot
STEPHAN  Gildas   Matelot
POEDRAS  Jean    Mousse   tous de Groix, sauf le mousse, d’Auray.
 
PEUPLES FRERES
 
Dundee de 41 tx construit en 1897 aux Sables d’Olonne. Propriétaire  Pierre TRINFANT
 
Equipage
 
BURGAUD Alphonse  Patron
BREVELLEC Jules  Matelot
JEGOUZO  Louis   Matelot
LE FLOCH  Martin  Matelot
LE BORIS  Pierre  Mousse   tous de Lorient sauf le patron inscrit à Noirmoutier.
 
La perte des dundees  27 Septembre 1917
 
Le 27 Septembre 1917 les voiliers se trouvent ensemble à 30 milles dans l’ouest d’Ar Men et pêchent dans la formation suivante :
 
http://a.imageshack.us/img375/6697/deuxjeanne.jpg
 
Ils sont très proches, dans un cercle d’environ 300 m de diamètre.
Horizon clair, mais grosse houle de SW.
 
Un sous-marin est aperçu à 09h00 à 1500 m et ouvre aussitôt  le feu. Il tire environ 150 coups de canons et de nombreux éclats touchent la voilure, le gréement et la coque. Les dundees, qui sont équipés d’un canon américain de 57 mm placé dans l’axe, entre les deux panneaux, ripostent. Ils tirent environ 80 à 90 coups, Mais les hommes ne savent pas trop se servir des canons et, de plus, sont terriblement gênés par la houle.
Le sous-marin s’approche et, comprenant que toute résistance est inutile, les équipages évacuent les voiliers et embarquent dans les youyous.  
Ils doivent accoster le sous-marin qui fait monter à son bord les trois patrons ainsi que l’équipage de DEUX JEANNE dont le youyou est à moitié plein d’eau.  
L’ayant vidé, deux Allemands utilisent ce youyou pour aller poser des bombes sur les trois dundees. Mais ceux-ci étaient déjà désemparés et presque coulés. Personne n’est blessé.
 
Les équipages sont ensuite répartis dans deux youyous qui font route, à la rame, vers la terre. Le premier arrive à Ouessant à 10h00 et le second à midi le lendemain.
 
En embarquant sur le sous-marin, les trois patrons voient un 2e sous-marin s’approcher (du type UC 52 selon ce qu’ils disent après avoir vu la photo de ce sous-marin). Les Allemands communiquent entre eux par signaux à bras et au porte-voix, puis ce 2e sous-marin poursuit sa route.
 
Le commandant du sous-marin demande au patron Baron :
 
« - Pourquoi n’avez-vous pas hissé votre pavillon ? Et pourquoi avez-vous combattu ? »
 
« - Mais vous-même n’aviez pas hissé le votre ! Nous n’avons fait que nous défendre. » répond Baron.
 
Le commandant, qui parle bien français et anglais, demande alors :
 
« - Connaissez-vous l’UNION REPUBLICAINE , de Groix, dont le patron est Yvon ? »
 
« - Oui. »
 
« - Eh bien, je l’ai coulé hier. »
 
Il demande encore la destination et ce qu’ils pêchaient, puis ce qu’ils pensent de la guerre. Il ajoute : «- Tout cela est de la faute des Anglais. D’ailleurs, si vous aviez été anglais, on vous aurait tous tués… » Mais en fait, les Français ne sont pas molestés et sont même bien traités. On leur donne à boire et on leur offre des cigarettes.
 
Les trois patrons descendent alors à l’intérieur du sous-marin. Il y a une coursive centrale. D’un côté se trouvent la chambre du commandant et le carré des officiers, sans portes. Baron est logé dans le poste équipage avant où il y a des couchettes et où se trouvent deux tubes lance-torpilles. Il y a deux torpilles par tube, dont une est engagée. Un palan différentiel permet de les manœuvrer.
Stephan et Burgaud sont logés dans le poste équipage arrière où se trouvent aussi deux tubes lance-torpilles.
 
Il y a environ 20 hommes sur ce sous-marin, y compris le commandant et l’ingénieur mécanicien.
Ils sont vêtus de vêtements en caoutchouc noir et portent des bottes. Les officiers montent souvent à la passerelle vêtus de gros jerseys de laine blancs.
Pendant leur séjour à bord, plusieurs marins allemands qui parlaient français ont essayé d’engager la conversation avec eux et leur ont demandé ce qu’ils pensaient de la guerre. Mais les patrons ont répondu qu’ils n’en pensaient rien et ne s’occupaient que de la pêche.
Il y avait pourtant un jeune télégraphiste qui parlait le français encore mieux que le commandant et qui a été assez prolixe avec le patron Baron. Il lui a dit que le sous-marin patrouillait 40 jours entre Ouessant et Gibraltar, puis rentrait en Allemagne en passant par le nord de l’Angleterre. Il mettait 10 jours pour ce retour. Actuellement, c’était son premier voyage et il était déjà parti depuis 12 jours.  Baron ajoute dans sa déposition : «  Je ne sais pas s’il se vantait, mais ce télégraphiste m’a dit qu’il y avait une quinzaine de sous-marins en croisière dans l’Atlantique, et certains plus gros que le sien. »
 
Le petit déjeuner était servi à 07h00. Il comportait café, pain noir (exécrable), fromage de Hollande et confiture (non sucrée).
Le déjeuner, servi à midi, était le seul repas chaud de la journée. Il comportait pommes de terre cuites à l’eau avec du lard (en petite quantité). Par deux fois on a varié le menu avec du thon (volé sur UNION REPUBLICAINE). Allemands et Français ont eu la même nourriture.
Le soir à 18h00, un 3e repas, identique au petit déjeuner, était servi.
 
Il n’y a rien eu de particulier à signaler les 28 et 29 Septembre.
 
Mais le 30, un gros vapeur anglais a été coulé. Il s’agissait du DRAKE. Baron, qui était dans le compartiment avant, a vu une torpille être lancée du tube tribord. Elle a apparemment manqué son but.
Le télégraphiste lui a dit que ce vapeur de 8000 tonnes (?) zig-zaguait et que c’est la raison pour laquelle le commandant renonçait à lancer une 2e torpille et avait décidé de le canonner. Il a fallu au moins une bonne centaine de coups pour le couler.
Un marin japonais, sans doute pris de panique, s’est sauvé à la nage et est arrivé jusqu’au sous-marin. Le commandant l’a recueilli et l’a logé dans le poste arrière. (Nota : il semble donc bien que ce marin japonais provenait du DRAKE et non du HERON, puisqu’il a été vu par les Français. Il sera plus tard remis aux embarcations du NEUILLY)
Le reste de l’équipage, des Anglais, est venu accoster le sous-marin dans trois baleinières. Le commandant anglais a été retenu prisonnier à bord et Baron a constaté que le commandant allemand parlait très bien anglais avec lui.
 
Les trois patrons des dundee ont alors été libérés et mis dans les baleinières avec les Anglais. Le sous-marin a aussitôt fait route sur un autre vapeur qu’il a commencé à canonner (nota : probablement le HERON). Mais on n’a pu voir ce qui est advenu de lui.
 
Les naufragés ont été recueillis le 30 à 21h00 par le vapeur anglais CRONSTADT qui les a déposé à Gibraltar.
 
Les Français ont été gardés huit jours à Gibraltar, sans trop savoir pourquoi. Puis on les a mis dans un train pour Hendaye. Là, ils ont eu les pires difficultés pour se faire délivrer un billet pour Bayonne, n’ayant plus un sou en poche. C’est finalement le Commissaire Militaire espagnol qui leur a remis un titre de transport pour Bayonne où ils sont arrivés le 15 Octobre au soir.
 
Description du sous-marin
 
 Très grand sous-marin de 90 à 100 m de long , ressemblant à la série U 52- U 62.
Avant légèrement surélevé.
Grand blockhaus à deux étages, l’étage supérieur étant surmonté d’une passerelle.
Deux canons d’environ 120 mm sur l’avant et l’arrière du blockhaus. Caisson étanche formant parc à munitions le long du blockhaus, mais les munitions pour la pièces arrière semblent être passées par le panneau arrière.
Pas de garde en fil d’acier. Pas de coupe-filet en dents de scie.
Antenne à double fil.
Dispositif visible sur l’arrière, peut-être pour mouillage de mines.
 
Les patrons sont incapables de bien décrire l’intérieur du sous-marin et les moteurs. Ils n’ont vu qu’une pompe et les tubes lance-torpilles. Il y avait six torpilles pour les quatre tubes. Deux avaient déjà du être tirées.
 
Voici le dessin du sous-marin fait par les patrons des dundee. On note la ressemblance avec l'U 89 (fiche A.D.BORDES)
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/GcrKad.jpg
 
Conclusions de l’officier enquêteur
 
Les trois dundee se sont défendus de leur mieux et ont été très courageux. Mais ils étaient parfaitement ignorants dans l’emploi de leur armement, surtout par grosse houle.
Il serait à souhaiter que nul patron ou capitaine ne puisse prendre la mer sans avoir été mis au courant de la façon de se servir des armes qui lui sont confiées. (Judicieuse remarque … :) )
 
Récompenses
 
Le 5 Novembre 1917, 6 Croix de Guerre  sont décernées à BARON, STEPHAN, BURGAUD, ainsi que LE FLOCH, GALLEN et BREVELLEC (sans doute les servants des canons).
Un témoignage officiel de satisfaction est en outre décerné à l’ensemble du personnel des trois thoniers pour avoir résisté courageusement à coups de canons au sous-marin qui les attaquait.
 
Le  sous-marin attaquant
 
C’était l’U 90 du KL Walter REMY, que nous avons déjà rencontré à propos du grand trois-mâts NEUILLY qu’il coula le 1er Octobre et de l’UNION REPUBLICAINE coulé le 25 Septembre, ainsi que de JEANNETTE.
 
On peut voir la photo du cdt REMY à la fiche NEUILLY et lire l'histoire de cette patrouille.
On peut légitimement penser que le télégraphiste qui s’est confié au patron Baron est Arnold FISCHDICK qui écrivit plus tard un ouvrage sur la guerre sous-marine. Peut-être retrouve t-on trace de cette affaire dans son livre.
 
Le récit fait par les trois patrons est en tous cas fort intéressant. On se rend compte en particulier que l’Allemagne avait réellement des difficultés pour assurer un bon approvisionnement, même de ses sous-mariniers.
 
Enfin, il serait intéressant de savoir quel était le 2e sous-marin présent sur les lieux et qui a communiqué avec l'U 90 … ;)  
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 28-04-2017 à 08:54:52

---------------
olivier
n°27160
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 19-08-2010 à 19:02:40  profilanswer
 

Bonsoir Olivier
J'ai ce qu'il faut pour te répondre (KTB et livre de A.Fischdick). Ce sera fait dans la soirée.
Amts
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°27162
Memgam
Posté le 19-08-2010 à 21:24:37  profilanswer
 

Dominique Duviard (1940-1983), comme cité ci-dessus par kvgm,a écrit "Groix, l'île des thoniers, chronique maritime d'une île bretonne" Editions des quatre seigneurs, 1978, dans laquelle il consacre un chapitre à la grande guerre. Pour les dundees de l'île, l'arrêt de la pêche est d'abord total, et les bâtiments mis sur des vasières du côté de Lorient. Le 1er août 1915, le dundee Chanzy recueille une embarcation de naufragés du vapeur Ranza (2320 tx, torpillé par le U 28, LV baron von Forstner). Les destructions par les sous-marins commenceront avec l'Océanien, le 24 septembre 1916 par l'UB 37, EV Hans Valentiner. Ce sera ensuite l'hécatombe de 1917, et notamment la perte du Deux Jeanne ci-dessus rapportée. Les dundees seront armés en 1918 et Dominique Duviard rapporte de façon détaillée la perte de l'Etoile Polaire, début septembre 1918, à partir du dossier du SHD. Au final ce seront 13 dundees qui seront perdus par fait de guerre, sur les 283 existants.

n°27163
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 19-08-2010 à 22:11:08  profilanswer
 

Re-bonsoir Olivier
Voila, je viens de regarder le KTB (je vais t'en envoyer une copie pour la journée du 27 septembre), l'affaire des 3 dundee fait une page entière. Le sous-marin avec lequel Remy est entré en contact était UC 69
Dans le récapitulatif des navires coulés durant cette patrouille, Walter Remy mentionne que pour couler les 3 dundee il a du utiliser 119 obus et une charge de sabordage. Ces 3 dundee sont catalogués bateau-piège par U 90 (U-Bootsfalle) La position du sous-marin lors de cet engagement était 48.05N 05.45W.
Deux Jeanne est correctement orthographié dans le KTB, c'est à dire sans s à la fin.
Dans le récit de Fischdick, cet épisode est succinctement évoqué, je vais scanner la page concernée pour te l'envoyer.
Amts
Yves
 
correction UC69


Message édité par Yves D le 20-08-2010 à 07:47:48

---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°27164
olivier 12
Posté le 19-08-2010 à 22:53:13  profilanswer
 

Bonsoir Yves,  
 
Voilà des confirmations intéressantes.
 
Tout colle avec le récit des patrons des voiliers qui, inconsciemment et même en tirant un peu n'importe comment, ont offert une belle résistance au point que Walter Remy, impressionné, les a pris pour des bateaux-pièges. Mais il ne leur en a pas tenu rigueur et les a quand même bien traités.
 
La confrontation des rapports vus des deux côtés est toujours passionnante.
J'attends le récit de Fischdick.  
 
Quant au 2e sous-marin, c'était bien un UC ( déjà rencontré à propos de Kerdurand et quelques autres...)
 
Cdlt


---------------
olivier
n°27175
olivier 12
Posté le 20-08-2010 à 13:24:11  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une photo du cargo KRONSTAD (donné comme russe dans la liste Miramar)
Peut-être était-il affrété par les Anglais?  
Malgré l'orthographe différente de celle du rapport, c'est probablement lui qui a récupéré les patrons des trois thoniers et les naufragés anglais du DRAKE et les a conduits à Gibraltar.(A vérifier)
 
http://a.imageshack.us/img90/7991/kronstad01.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 20-08-2010 à 13:26:54

---------------
olivier
n°27420
olivier 12
Posté le 08-09-2010 à 16:02:48  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un petit complément sur ce sujet  
 
KTB U 90  27 Septembre 1917
 
09h10
Grosse houle. Ciel couvert. Bonne visibilité.
3 voiliers en vue.
 
09h54
Ouvert le feu à 5000 m. Les voiliers ripostent avec chacun une pièce d’artillerie de 75 mm, sans hisser de pavillons. Les voiliers sont très proches, à 500 m les uns des autres et, de plus, les coups sont mal tirés. L’un des voiliers est évacué à 4000 m.
 
10h58
Après quelques salves bien ajustées, les équipages des autres voiliers embarquent dans les youyous. Approché à 2000 m et placé un tir irréprochable sur chaque voilier.  
Tiré en tout 119 coups.
 
11h12
Mer calme. Pas de vent. Ciel dégagé. Bonne visibilité.
Accosté les youyous. Embarqué les patrons plus un équipage, ainsi que le canon américain de 57 mm du DEUX JEANNE.
 
12h48
Coulé avec une cartouche explosive le cotre de pêche français DEUX JEANNE, 70 tx JB, de Groix.
 
13h08
Aperçu sous-marin faisant route à l’est. Changé de cap et venu au SE.
 
13h18
Coulé avec une cartouche explosive cotre de pêche français LIBERTE, 75 tx JB, de Groix, lui aussi armé d’un canon de 57 mm.
 
13h30
Communiqué avec UC 69 par signaux à bras et porte-voix.
 
14h45
Coulé avec une charge explosive cotre de pêche français PEUPLES FRERES, 60 tx JB, de Groix.
Position des trois épaves : 48°05 N  05°45 W  (32 milles d’Ouessant)
En faisant passer le canon de PEUPLES FRERES sur le sous-marin, les bouts ont lâché et le canon a coulé.
 
14h50
Gardé les patrons à bord dans le but de les interroger.
Aucun trafic à l’approche d’Ouessant.
Je voudrais d’abord me rapprocher des Scilly, mais sur cette mer lisse et avec l’emploi de nouveaux bateaux (nota : Walter Remy veut sans doute parler des bateaux-pièges) ce n’est pas conseillé. Je préfère pour U 90 faire route au SW.
 
16h30
Mer calme. Pas de vent. Bonne visibilité.
Aperçu dirigeable type Perceval au sud d’Ouessant, en direction de la baie d’Audierne.
 
Commentaires
 
On constate, à la lecture du KTB, que les patrons des trois voiliers n’ont pas rapporté aux autorités maritimes que le sous-marin s’était emparé du canon de DEUX JEANNE et avait tenté d’embarquer celui de PEUPLES FRERES, qui était heureusement tombé à la mer au cours de la manoeuvre.
 
Il est certain qu’on leur aurait sans doute reproché d’avoir abandonné leurs navires sans détruire l’armement, tombé ainsi aux mains de l’ennemi….
Mais sans doute pensèrent-ils que cela ne se saurait jamais !
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 28-04-2017 à 08:59:03

---------------
olivier
n°27440
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 09-09-2010 à 09:04:20  profilanswer
 

Il ya parfois des "oublis" que l'on découvre des dizaines d'années plus tard...  :lol:  
C'est l'un des plaisirs de la recherche historique !
Cdlt
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°37986
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 05-09-2013 à 15:36:49  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                                                                                         Récompenses
 
 
                                                                                Récompenses consécutives à l’engagement du 16 septembre 1917
 
 
                                                                                                  Journal officiel du 13 novembre 1917, p. 9.064.
 
 
                                                                                             http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/DEUX-JEANNE%20-%20J.O.%2013-XI-1917%20-%20I..jpg
 
 
                                                                                 Récompenses consécutives à l’engagement du 27 septembre 1917
 
 
                                                                                                  Journal officiel du 13 novembre 1917, p. 9.064.
 
 
                                                                                             http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/DEUX-JEANNE%20-%20J.O.%2013-XI-1917%20-%20II..jpg
 
   


Message édité par Rutilius le 13-05-2017 à 10:05:19

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46565
olivier 12
Posté le 13-05-2017 à 08:20:52  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
DEUX JEANNE    
 
Rencontre avec un sous-marin le 16 Septembre 1917
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/kgOnQg.jpg
 
Rapport de mer du capitaine de DEUX JEANNE, Joseph Baron. (QM de manœuvre en sursis)
 
Monsieur l’Administrateur, Je viens porter à votre connaissance que le 9 Septembre au matin
Le dundee QUATRE FRERES, n° 932 de Groix, a quitté le port des Sables d’Olonne nous accompagnant pour la pêche au thon. Pendant 7 jours il nous a suivis et le 16 Septembre à 07h00 du matin dans le N70W d’Ouessant, à 290 ou 300 milles environ (point estimé) ce dundee était à 10 milles au vent à nous par le travers quand il a été canonné et coulé par un sous-marin ennemi. Nous courions tribord amures vent de SW, petite brise, mer peu houleuse, vitesse 5 nœuds. Dès  que nous avons entendu les coups de canon, nous avons mis au poste de combat et pris l’allure au plus près pour nous rapprocher du feu. Mais il était impossible de voir le sous-marin. A 08h00 nous avons distingué une petite masse noire qui se dirigeait sur nous. Il y avait de la houle et on ne le voyait pas très bien. Nous avons préféré attendre un moment avant d’ouvrir le feu afin d’être plus sûr de notre but. A 08h30, c’est lui qui a tiré 3 obus à quelques minutes d’intervalle, qui sont tombé à 50 m de nous environ. L’ennemi se trouvant à 5000 ou 6000 m de nous, nous avons ouvert le feu et avons combattu jusqu’à 09h30. Soit nous l’avons coulé, soit il a plongé de lui-même. Il y avait un quart d’heure qu’il ne tirait plus quand il a disparu et nous tirions toujours jusqu’à complète disparition. A 09h45, nous avons viré de bord pour être bâbord amures au plus près et avons croisé dans les parages du combat jusqu’au soir. Nous n’avons rien trouvé, ni de QUATRE FRERES ni du sous-marin et avons couru au Sud toute la nuit, puis sur la terre au matin.
 
Rapport de la commission d’enquête
 
Elle reprend tout le déroulement des faits et ajoute :
 
DEUX JEANNE était alors armé d’un canon de 57 mm américain (qui sera plus tard remplacé par un 65 mm)
Attitude excellente des 6 hommes d’équipage et du mousse. Le mousse lui-même, un enfant de 14 ans, n’a pas voulu se mettre à l’abri.
 
Tir lent à cause de la houle, mais le pointeur de DEUX JEANNE a eu le sentiment de bien encadrer son adversaire. Après une heure de combat, le sous-marin cesse le feu puis disparaît sans que l’on puisse affirmer qu’il a été touché. DEUX JEANNE reste maîtresse du champ de bataille et ce vaillant petit bâtiment croise jusqu’à la nuit pout tenter de retrouver les naufragés de QUATRE FRERES.
 
Tiré 28 coups de canon à la vitesse d’un coup toutes les 3 minutes. Le sous-marin avait environ 50 m de long et est toujours resté à 5000 m. Il ressemblait aux sous-marins du type UC 18 à UC 48 du tableau de Juin 1917.
 
Le sous-marin n’a sans doute pas été coulé, mais cette action du capitaine de DEUX JEANNE devrait être largement publiée parmi les pêcheurs. Elle fait ressortir l’efficacité de l’armement quand il est mis dans des mains résolues et l’avantage qu’il y a pour les pêcheurs non armés à ne pas s’écarter de ceux qui le sont.
 
On a su par la suite que l’équipage de QUATRE FRERES avait été recueilli et débarqué en Angleterre.  
 
Le patron BARON et son équipage ont fait preuve de résolution et de courage en recherchant le combat avec un ennemi supérieur et en le forçant à abandonner la lutte.
 
Récompenses
 
Inscription au tableau spécial de la Médaille Militaire
 
BARON Joseph  Capitaine
 
A fait preuve d’énergie et d’un courage remarquable en luttant contre un sous-marin plus fortement armé qu’il a forcé à abandonner la lutte (Croix de Guerre)
 
Citation à l’Ordre de l’Armée
 
LE FLOCH François  Quartier maître fusilier en sursis
 
Pour l énergie et les qualités de pointeur dont il a fait preuve en forçant un sous-marin à plonger.
 
TOS du Ministre
 
Dundee DEUX JEANNE
 
Pour la belle attitude de son équipage lors de la lutte contre un sous-marin qu’il a forcé à plonger le 16 Septembre 1917.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’UC 31 du Kptlt Kurt SIEWERT
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 13-05-2017 à 08:23:37

---------------
olivier

Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  DEUX-JEANNE ― Dundee de pêche groisillon.