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  AMIRAL DE KERSAINT - Compagnie des Chargeurs Réunis

 

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Auteur Sujet :

AMIRAL DE KERSAINT - Compagnie des Chargeurs Réunis

n°1638
Ar Brav
Posté le 30-11-2007 à 08:47:27  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
AMIRAL DE KERSAINT Navire auxiliaire (     – 1917)          
           
Chantier :  
     
Ateliers & Chantiers de la Loire    
Mis à flot : 1903  
En service : N.C.
Retiré : 14.09.1917  
Caractéristiques : 5 570 t ; 389,5 x 49,8 x 26,3 pieds ; 2 900 cv ; 12 nds ; machine à triple expansion.  
 
Observations :  
         
Cargo des Chargeurs Réunis    
14.09.1917 : chargé de vrac, lors d’une traversée Oran – Marseille, il rencontre le sous-marin U 64 (KL Robert Wilhelm Moraht)  à 5 milles du Cap Tortosa, près de la côte espagnole. A la vue du sous-marin en surface, il n’attend pas d’être attaqué et ouvre le feu au canon, mais, gêné par une flottille de bateaux de pêche espagnols entre lui et l’ennemi, son tir ne permet pas d’être efficace. Les Allemands profitent de leur avantage et lui assène plusieurs coups directs, et après un violent combat, la perte de 8 hommes, navire en flammes et en train de couler, l’ordre d’abandon est donné. Le commandant du cargo est fait prisonnier, une partie de l’équipage a pu s’échapper avec le second capitaine et plusieurs blessés. Le navire sombre à environ 5 milles de la côte.
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 30-11-2007 à 08:49:18

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°1670
Yves D
Posté le 01-12-2007 à 19:55:29  profilanswer
 

http://pagesperso-orange.fr/histoiremaritime/Photos/KLMoraht
 
 Kplt. Robert Moraht Commandant U-64 a été décoré de l'ordre Pour le Mérite le 12 Novembre 1917. Durant la guerre il a coulé 45 navires de commerce pour 129600 tonnes plus le cuirassé Danton (18300 tonnes)
 
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et d'autres thèmes d'histoire maritime.
n°3766
Terraillon​ Marc
Posté le 23-03-2008 à 22:17:05  profilanswer
 

Bonjour  
 
La fiche est en ligne
 
http://www.pages14-18.com/pagesDoc [...] ateaux.htm
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
http://navires-14-18.monsite.orange.fr/index.jhtml
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°7750
Rutilius
V. infra.
Posté le 03-08-2008 à 16:40:37  profilanswer
 

Citation :

" ...et après un violent combat, la perte de 8 hommes, ..."


   Bonjour Franck,  
   Bonjour à tous,  
   
   Pertes : Huit hommes tués durant le combat, et deux autres ayant succombé des suites de leurs blessures (René La Bruyère, chronique " Les événements maritimes ", in Revue politique et parlementaire, T. 93, n° 275, IO oct. 1917, p. 127).  
   
   Bonne journée,  
   Daniel.  


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Bien à vous,
 
Rutilius.
n°8045
Geneamar
Posté le 14-08-2008 à 07:29:12  profilanswer
 

http://www.yelims.com/IPB/Smiley-IPB-217.gif     M.P.F.
 
Marins disparus en mer lors de la perte du bâtiment le 14 septembre 1917. --- Jugement déclaratif de décès rendu le 31 octobre 1918 à Le HAVRE (Seine-Maritime).
 
- REQUIN Noël Louis Léon Joseph, né le 23 décembre 1898 à SAILLY-sur-la-LYS (Pas-de-Calais), Apprenti-Marin.
 
- TALLEC Jean Louis François, né le 25 février 1889 à RIEC-sur-BELON (Finistère), Matelot de 3ème classe Fusilier auxiliaire.


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Cordialement. Malou
n°9048
Rutilius
V. infra.
Posté le 22-09-2008 à 00:23:04  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Lu dans Ouest-Eclair - éd. de Caen - n° 5609, 15 déc. 1917, p. 4 :  
 
   " RECOMPENSES A DES EQUIPAGES. - Un témoignage officiel de satisfaction est accordé au vapeur Amiral-de-Kersain, Compagnie des Chargeurs Réunis. " [...]
 
   Bien à vous,
   Daniel.


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Bien à vous,
 
Rutilius.
n°9070
latb14-18
Posté le 22-09-2008 à 14:35:04  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Tout d'abord, merci pour ces détails concernant le batiment; je m'y interesse par rapport à l'apprenti marin Requin Noël, originaire de Sailly sur la Lys (village du Pays de l'Alloeu sur lequel je fais des recherches).
 
Geneamar, avais vous un jugement déclaratif concernant cette personne, en effet, je serais très interessé! :ouch:  
 
Bonne journée à vous    Loïc


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latb1418.free.fr
n°9071
Geneamar
Posté le 22-09-2008 à 14:58:31  profilanswer
 

Bonjour Loïc, bonjour à tous...
 
   :whistle: Il me semble que ce que vous me demandez est déjà indiqué ci-dessus... Je répète : Jugement déclaratif de décès rendu le 31 octobre 1918 au HAVRE (Seine-Maritime)...

 
  Cordialement  :hello:


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Cordialement. Malou
n°9073
latb14-18
Posté le 22-09-2008 à 15:23:55  profilanswer
 

Rebonjour,
 
Désolé, j'ai du mal comprendre; je pensais qu'il sagissait d'un document! (comme un acte de deces)!
 
Si je trouve quelque chose d'autresur ce batiment, je le poste sur ce fil.
 
bien à vous   Loïc


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latb1418.free.fr
n°9074
Geneamar
Posté le 22-09-2008 à 15:50:59  profilanswer
 

Loïc...
 
  Le jugement déclaratif de décès est bien un document judiciaire rendu par un Tribunal et constatant la "disparition" et le décès d'une personne, en l'occurence d'un équipage... En général ces documents sont conservés aux Archives Départementales. Ce document est ensuite transmis selon dans les communes de naissance, d'habitation etc.. Le document en question a été transcrit le 27 novembre 1918 au HAVRE (Seine-Maritime), Service de l'État-Civil (si j'en crois le site M.D.H.).
 
  . J'ajoute enfin qu'il est plus que probable que l'acte de naissance de l'intéressé, dont vous pouvez demander copie (puisque plus de cent ans), supporte les mentions marginales de décès.

 
  bonne recherche. Malou


Message édité par Geneamar le 23-09-2008 à 10:19:05

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Cordialement. Malou
n°9094
latb14-18
Posté le 23-09-2008 à 09:48:35  profilanswer
 

Merci Malou,
 
Bien que je consulte pas mal les états civils.... la notion de "jugement déclaratif de décès" restait flou pour moi;  son parcour, la démarche des différents protagonistes... il n'y à plus qu'a!!!
 
 
bien à vous  Loïc


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latb1418.free.fr
n°9096
Geneamar
Posté le 23-09-2008 à 10:32:27  profilanswer
 

Bonjour Loïc, bonjour à tous, ...
 
  Pour les familles des personnes disparus dont les corps n'ont pas été retrouvés, c'est le cas ici, il est nécassaire pour elles d'obtenir un tel jugement afin de pouvoir accomplir des actes de la vie courante, ne serait-ce qu'être déclarée veuve, obtenir une pension, se remarier, gérer le foyer, etc...
 
  Le préambule d'un tel jugement vous est montré en page 2 par "mounette" à la page  "torpillage de la Provence II.--- Plus bas même page quelques lignes concernant une victime savoir Nom prénom date et lieu de naissance, filiation...  
 
  Bien cordialement. Malou


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Cordialement. Malou
n°9100
Rutilius
V. infra.
Posté le 23-09-2008 à 13:24:42  profilanswer
 

  Bonjour Loïc,
   Bonjour Malou,
   Bonjour à tous,
 
   Brèves indications sur les règles spéciales alors en vigueur concernant la disparition des militaires et des marins, règles qui dérogeaient pour partie aux dispositions des articles 88 et suivants du Code civil relatives à l'absence.
 
   Jusqu'à la fin de l'année 1915, il semble que les requêtes en déclaration d'absence étaient directement déposées par le ministère public auprés du tribunal territorialement compétent, en vertu du droit d'action qu'il tirait du principe général posé, d'une part, par un avis du Conseil d'Etat du 12 brumaire an XI, et, d'autre part, par un décret du 18 juin 1811, qui l'autorisaient à agir d'office en matière de rectification d'actes d'état civil, dans toute les circonstances mettant en cause l'ordre public (G. LE POITTEVIN : " Dictionnaire-formulaire des parquets et de la police judiciaire ", Librairie nouvelle de droit et de jurisprudence Arthur Rousseau, Paris, 1884, T. I., V° Absence, p. 9). Puis est apparemment intervenue une loi spéciale, la loi du 3 décembre 1915, dont je ne dispose malheureusement pas du texte.  
 
  Enfin, après le conflit, fut adoptée la loi du 25 juin 1919 relative aux militaires, marins et civils disparus pendant les hostilités (J.O., 27 juin 1919 ; Bull. des lois, n° 252, p. 1799), dont l'article 1er était ainsi libéllé : " Lorsqu'un militaire ou un marin aura, dans la période comprise entre le 2 août 1914 et la date indiquée par le décret fixant la fin des hostilités, cessé de paraître à son corps et au lieu de son domicile ou de sa résidence, et si son décès n'aura pas été régulièrement constaté, toutes personnes interéssées pourront se pourvoir devant le tribunal de son domicile pour faire déclarer son absence. Ce droit appartiendra également au ministère public. / Il en sera de même au cas de disparition de toute autre personne dans la même période par suite de faits de guerre."
 
   Bien à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 23-09-2008 à 13:25:18
n°9168
Rutilius
V. infra.
Posté le 25-09-2008 à 22:29:02  profilanswer
 

   Bonsoir à tous,  
 
   Le récit de l'engagement par le Commandant Emile VEDEL (" Quatre années de guerre sous-marine ", Plon-Nourrit et Cie, Paris, 1919, p. 254 et 255) :
 
  " Le 14, le s.s. français Amiral de Kersaint, commandé par le capitaine au long cours LE NORMAND, allait d'Oran à Marseille en suivant les côtes d'Espagne. A 5 h. 15 du matin, comme il venait de doubler le cap Tortosa (dans le sud de Barcelone), un sous-marin fut découvert, entre le navire et la terre, au milieu de nombreuses barques de pêche. Bien qu'en plein dans les eaux territoriales espagnoles, il n'en ouvrit pas moins le feu sur l'Amiral de Kersaint, qui vint en grand sur la droite de manière à utiliser son 90 arrière, et riposta immédiatement. Au quatrième coup, une avarie de culasse oblige à cesser le tir. L'armement se rend au 65 de l'avant, pour aider les servants de cette pièce, mais le quartier-maître chef et ses deux aides canonniers sont tués dans le parcours. Le commandant vient au sud pour mieux découvrir l'ennemi, et le  combat continu, très violent de part et d'autre. De 7 h. 50 à 8 heures, le sous-marin rompt l'engagement, en se dissimulant derrière les pêcheurs. Les obus ne réussissant pas, il va essayer autre chose, et, quand son parc du pont est réapprovisionné, se rapproche pour envoyer des projectiles incendiaires et des shrapnells. Le feu ne tarde pas à se déclarer à bord de l'Amiral de Kersaint, qui, criblé de trous par où l'eau entre, commence à donner une forte bande. Il n'est que temps de songer à l'évacuation. Mais elle est rendue très difficile par le tir de l'adversaire, en même temps que par le mauvais état des garants et bosses des embarcations, que des éclats ont coupés ou enflammés. Les survivants - sur 63 hommes d'équipage, il y en avait 26 hors de combat et 3 qui moururent avant d'avoir gagné la terre - parviennent à embarquer dans quatre canots coulant bas d'eau, et sont recueillis par les Espagnols. Auparavant, le sous-marin avait fait accoster l'embarcation portant le commandant, qu'il retint prisonnier. "
 
   Bien à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 25-09-2008 à 22:29:31
n°10388
ROBIN
Posté le 14-11-2008 à 12:44:36  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous.
 
Bravo pour votre site très riche en informations.
J'ai une retranscription du rapport établi à la suite du combat et du naufrage qui s'en est suivi par le 2ème Lieutenant, nommé GAROCHE.
Malheureusement, j'ai ce document en pdf et n'ai pas réussi à le joindre.
Le document qui m'a servi de base pour cette retranscrition fidèle est une phocopie d'un double dactilographié à en-tête des Chargeurs Réunis, mais de piètre qualité.
Je vais essayer de le scanner mais sans garantie de résultat.  
 
@+

n°10389
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 14:07:28  profilanswer
 

ROBIN a écrit :

Bonjour à toutes et à tous.
 
Bravo pour votre site très riche en informations.
J'ai une retranscription du rapport établi à la suite du combat et du naufrage qui s'en est suivi par le 2ème Lieutenant, nommé GAROCHE.
Malheureusement, j'ai ce document en pdf et n'ai pas réussi à le joindre.
Le document qui m'a servi de base pour cette retranscrition fidèle est une phocopie d'un double dactilographié à en-tête des Chargeurs Réunis, mais de piètre qualité.
Je vais essayer de le scanner mais sans garantie de résultat.  
 
@+


 
Bonjour Robin,
 
Soyez le bienvenu à bord, et merci pour votre offre. Vous pouvez toujours transmettre votre document en PDF, nous le transformerons sous Word pour pouvoir le mettre en ligne si le scan n'est pas concluant.
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10390
ROBIN
Posté le 14-11-2008 à 14:28:09  profilanswer
 

Re-bonjour,
 
Voilà le texte que j'ai retranscrit:
 
 
SAN-CARLOS de la Rapita, le 15/9/17
 
 
 
 
 
Je soussigné GAROCHE, 2ème Lieutenant du vapeur « Amiral de KERSAINT » de la Compagnie des Chargeurs Réunis au Havre en l’absence du Commandant prisonnier, RECHER 2ème Capitaine décédé des suites de ses blessures, MARTINEAU 1er Lieutenant grièvement blessé déclare ce qui suit :
 
Le navire est parti d’Oran le 12 Septembre à 5 heures du soir avec un chargement de vin et de céréales, à destination de Marseille pour l’intendance militaire et diverses marchandises chargées au Havre, Bordeaux, à destination de l’Indochine. Les routes indiquées par la Marine ont été continuellement suivies.
 
Le 14 Septembre à 6h15 du matin, venant de passer E.O du phare de Buda, pointe de Tortosa à 2 milles ½ environ faisant route au N.O. par beau temps, mer houleuse, un sous-marin est sorti d’une anse voisine la pointe de Tortosa et a immédiatement ouvert le feu contre le navire. Le combat a commencé immédiatement.
 
Au 3ème coup de canon de l’adversaire les antennes de T.S.F. ont été détruites mais le signal de détresse avait été envoyé plusieurs fois.
 
Au 4ème coup de la pièce de 90 m/m AR la partie arrière de la culasse a éclaté en rendant ce canon inutilisable. Le Commandant a fait route ensuite à toute vitesse entre le Sud et l’Ouest pour permettre le tir de la pièce de 65 m/m AV à environ 120° de l’avant. Vers 9h45 après avoir tiré 180 coups la partie AR du canon s’est en partie détachée et le tir n’a pu être continué. Pendant tout le combat le sous-marin a cherché à se tenir parmi les barques de pêche, nous mettant ainsi dans l’impossibilité de tirer. Vers 9h15, un obus a tué l’homme de barre et démoli la commande du servo-moteur. Gouverné ensuite directement au servo-moteur jusqu’à l’évacuation du bâtiment.
 
De 8h30 à 9h le sous-marin a cessé son tir, je ne sais pour quelle cause. Vers 9h45 il s’est rapproché et a tiré des obus incendiaires  et des shrappnells sur tout le château. Le navire a pris feu, la chaufferie a été envahie par l’eau et le charbon, la machine par la vapeur, pendant qu’il prenait rapidement la gîte sur tribord avec la coque et les superstructures criblées d’obus. J’évalue à environ 300 le nombre de coups de canons tirés par le sous-marin. A ce moment le Commandant a donné l’ordre d’amener les embarcations et d’évacuer le navire qui était à 5 milles environ de terre et environ 8 milles dans le Sud du phare de Buda. L’opération a été rendue très difficile par le feu de l’adversaire très meurtrier à ce moment et le mauvais état des garants et des bosses en partie coupées  par les éclats d’obus ou en feu.
 
Quant aux embarcations, toutes avaient été trouées et celles de babord à part une n’ont pu être amenées par suite de la gîte du navire. Vers 10h15, j’ai sauté dans une embarcation complètement remplie d’eau et où se trouvaient déjà une dizaine d’hommes dont quelques blessés. Après s’être éloigné un peu du bord le sous-marin nous a accosté comme le canot coulait il a pris 6 hommes à son bord et a demandé le nom du navire, s’il y avait de l’argent à bord et si le Commandant était dans le canot. Il lui a été répondu négativement. Il s’est ensuite dirigé vers le navire qui coulait rapidement le côté babord étant horizontal et a accosté une autre embarcation contenant le Commandant qui a quitté le bord le dernier, le 2ème Capitaine mourant et l’élève-officier BERTIN. Le Commandant a été gardé prisonnier et deux hommes de l’équipage ont été débarqués dans le canot ; 5 hommes sont donc restés à bord du sous-marin ; il s’est ensuite éloigné vers le large ; 4 canots tous coulants bas d’eau et portant ces survivants étaient en vue. Vers 11h45 le vapeur « SAN ANTONIO » de Barcelonne a recueilli 25 hommes dont le 2ème Capitaine mort depuis peu, provenant de trois embarcations et ensuite pris la remorque de la barque de pêche « SANTA MARIA » d’Alfaques qui portait 25 autres survivants de la 4ème embarcation. A 5 heures du soir tout le monde a été débarqué du port des Alfaques et les blessés immédiatement soignés à San Carlos de la Rapita. L’appel des survivants a été fait. Il en résulte que huit hommes ont été tués et ont coulé avec le navire ; le deuxième Capitaine décédé dans une embarcation, un mousse décédé à terre, ce qui porte le nombre de morts à 10.
 
Je tiens à signaler le chaleureux accueil que nous avons reçu de la population de Sans Carlos de la Rapita et en particulier de Monsieur et Madame CARVALLO, Français, où les blessés ont été soignés, ainsi que Monsieur Paul DREYFUS, leur fondé de pouvoirs.
 
J’ai remis à Monsieur le Vice-Consul de France à Tarragone les noms des morts et des survivants ainsi que les noms des hommes de l’équipage qui ont vaillamment fait leur devoir.
 
Je prends toute réserve en ce qui concerne le chargement et me réserve le droit d’amplifier si besoin est mon rapport que je certifie exact et sincère.
 
 
Le 2ème Lieutenant,
Signé : François GAROCHE

 
Pour information, ce document avait été à l'époque transmis à la famille par les Chargeurs Réunis car le second capitaine était le frère de mon grand'père.
 
Bonne lecture.

n°10393
ROBIN
Posté le 14-11-2008 à 16:03:57  profilanswer
 

Re-bonjour,
 
Une précision concernant le Commandant LENORMAND, il se prénommait René et a ensuite continué à naviguer pour les Chargeurs Réunis. Il commandait en 1928 le HOEDIC, et était par ailleurs domicilié au Havre.
 
@+

n°10394
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 18:06:04  profilanswer
 

Re, Robin,
 
Un grand merci pour ce témoignage qui montre bien une fois de plus, que l'armement de nos cargos ne faisait pas le poids face à celui des sous-marins. Votre grand oncle avait peu de chances dans ce combat inégal.
 
Bien cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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