FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  LABORIEUX - Remorqueur

 

Il y a 35 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

LABORIEUX - Remorqueur

n°15003
GENEAMAR
Posté le 11-04-2009 à 07:13:07  profilanswer
 

bonjour à tous "sesouvenir" a écrit
 
 
sesouvenir
Posté le 10-04-2009 à 16:36:10  
 
Bonjour à tous,  
 
Pour illustrer la retranscription du cahier de souvenirs je cherche tout renseignement sur le "Laborieux".  
 
Ce que j'ai pêché sur internet me laisse perplexe! Dans les récits concernant le torpillage de l'Amiral Charner en 1916 le Laborieux est soit un chalutier soit un remorqueur (y compris sur le fil du forum). J'ai trouvé une référence sur un remorqueur/aviso/transport de l'état "Caudan" (les différentes dénominations sont reprises des cartes postales du site) qui est du même type que le "Buffle" et le "Laborieux" ... http://kaodan.info/?q=node/2.  
 
Pour compliquer (ou éclairer???) le tout le Laborieux est décrit, à la date du 3 décembre 1917 dans le cahier, par le Commandant Trabaud comme << ancien yacht du Préfet Maritime de Brest>> ...  
 
Le laborieux ayant été utilisé au profit du Service de Renseignements de Port-Saïd, au moins en 1917 et 1918, pour la dépose et la récupération d'agents sur les côtes syriennes il n'a vraisemblablement pas eu les honneurs de "l'Illustration"! Toutefois toute iconographie antérieure ou postérieure à la guerre me conviendrait!! Par ailleurs, toujours d'après le cahier, il a participé à l'entrée triomphale dans le port de Beyrouth en compagnie du yacht "Ariane" de 6 torpilleurs d'escadre "Arbalette" (sic) "Pierrier" "Coutelas" "Hache" "Dard" "Cavalier" et des chalutiers "Maroc" "Nord-Caper" "Cordouan" et "Pensée"...cela n'a pas dû passer inaperçu et peut-être des photographies de l'évènement existent-elles?  
 
Cordialement  
dragon.nemo@free.fr


---------------
Cordialement. Malou
n°15004
GENEAMAR
Posté le 11-04-2009 à 07:34:36  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
bonjour Franck (pardon d'entrer dans votre domaine, vu la requête je vais essayer de faire aussi bien)...
 
LABORIEUX Remorqueur (1880 - 1922)
 
Chantier :
 
Saint-Denis, Seine
Commencé : 1880
Mis à flot : 31.08.1880.
Retiré : 09.06.1922
Caractéristiques : 364 t ; 650 cv ; 45,1 x 7,1 x 3,3 m ; en fer ; 1 hélice ; 12,5 nds.
 
Observations :
 
Basé à BREST.
25.10.1884 : Remorque le "TURQUOISE" du chantier Dyle & Bacalan de Bordeaux à Brest.
02.1887 : Escorte le "FAVORITE" de Brest au Havre et relâche à Lezardrieux suite au mauvais temps.
02.08.1887 : Remorque le "CHAMPLAIN" de Brest à Lorient.
1913-1922 : Bâtiment de servitude à Bizerte.
02.08.1914-22.05.1919 : Campagnes de guerre.
14.02.1915 : Remorque de Malte aux Dardanelles le sous-marin "COULOMB".
1923 : À vendre à Bizerte.
 
Sources :    
   
Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, Tome II, 1870-2006, LV Jean-Michel Roche, Imp. Rezotel-Maury Millau, 2005    
http://www.netmarine.net/dico/index.htm


Message édité par GENEAMAR le 11-04-2009 à 07:35:01

---------------
Cordialement. Malou
n°15005
GENEAMAR
Posté le 11-04-2009 à 07:39:47  profilanswer
 

Bonjour à tous...
 
  "... Constituée le 5 février 1915 et placée sous le commandement du vice-amiral Dartige du Fournet, la troisième escadre n’a que quelques mois d’existence lors des évènements du Moussa Dagh. L’entrée en guerre de la Turquie aux côtés de l’Allemagne, a en effet amené les Alliés à focaliser leur action sur le contrôle des Dardanelles et sur la protection du canal de Suez, que l’armée turque attaque le 3 février 1915. L’attaque échoue, mais la menace subsiste. Renforcée, la défense du canal se prolonge par la surveillance qu’exerce la troisième escadre sur les côtes d’Asie mineure et de Syrie, sous domination ottomane.
 
L’escadre est notamment chargée de faire appliquer le blocus auquel sont soumises les côtes turques depuis le 23 août 1915. Au début du mois de septembre 1915, elle se compose de huit bâtiments, répartis en deux divisions. La première, composée du Desaix, du Guichen et de la Foudre, est affectée à la surveillance des côtes d’Asie Mineure. La seconde, qui comprend le Jauréguiberry, l’Amiral Charner et le D’Estrées, est chargée des côtes de Syrie. La Jeanne d’Arc, battant pavillon de l’amiral, garde sa liberté d’action, et le remorqueur Laborieux stationne en baie d’Alexandrette."....
 
  - suivant "découverte / trésors d'archives" - S.H.D.

 


---------------
Cordialement. Malou
n°15011
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 12:36:35  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Pour aider à la compréhension de la situation dans laquelle opérait le Laborieux, un extrait de La guerre navale dans la Méditerranée, CV A. Thomazi, Payot, 1929, où la présence du remorqueur est évoquée.
 
La 3ème Escadre (février-novembre 1915)
 
Quelques escarmouches.
 
Le premier objectif que se propose le chef de l'escadre est la répression rigoureuse de la contrebande de guerre. Dans ce dessin, il répartit la croisière de ses bâtiments entre trois secteurs : de Mersina à l'île Ruad, de l'île Ruad à Sour et de Sour à l'Egypte. Les centres de ces trois secteurs sont Alexandrette pour le premier, Tripoli et Beyrouth pour le second, Caïffa pour le troisième. Celui-ci est considéré comme particulièrement important parce que c'est par là que se fait, au moyen de petits voiliers, le ravitaillement des troupes turques encore assez nombreuses qui se trouvent à Gaza et à Bir Sheba.
 
La défense du canal de Suez est toujours la préoccupation principale des Alliés en Orient. Mais, peu de temps après son arrivée, l'amiral Dartige est déjà convaincu que « le meilleur moyen de dégager l'Égypte serait de couper à Adana, où elle est si accessible, la longue ligne de communication par où les Turcs sont obligés de faire venir artillerie, munitions, matériel de guerre, renforts, etc... » Il y revient à diverses reprises dans ses rapports : « C'est en attaquant la Cilicie, écrit-il, qu'on délivre l'Égypte ». Seulement, il s'agirait d'une opération sérieuse, nécessitant une force expéditionnaire dont il évalue l'importance à un minimum de trois corps d'armée, et comportant deux attaques : l'une principale aux abords d'Alexandrette, l'autre secondaire ayant Beyrouth pour centre et pour objectif la conquête du Liban avec l'appui des Maronites et peut-être des Druses.
Le contre-amiral Darrieus partage cette manière de voir. Pour lui, le fait même d'avoir constitué la troisième escadre rend nécessaire une intervention militaire : car l'apparition de bâtiments alliés devant les ports syriens a fait naître dans la population l'espoir que l'heure de la délivrance allait bientôt sonner. Une opération militaire en Syrie est donc nécessaire, même pour maintenir le prestige de la France.
 
Le ministère de la Guerre, à qui ces vues sont communiquées, reconnaît les avantages que pourraient retirer les Alliés d'une occupation de la Syrie, mais estime que les circonstances ne permettent pas de distraire trois corps d'armée du théâtre principal des hostilités. Si l'on augmentait les effectifs des troupes françaises en Orient, ce devrait être plutôt pour envoyer des renforts aux Dardanelles. « Dans ces conditions, le projet ne paraît pas réalisable au cours de la phase actuelle de la guerre ».
La 3ème Escadre borne donc son activité à des bombardements pour lesquels l'escadrille d'hydravions de Port-Saïd lui apporte son concours, et à la saisie des bâtiments suspects. C'est ainsi que le 27 mars, le D'Entrecasteaux envoie une baleinière visiter des boutres devant Gaza : l'embarcation est accueillie à coups de fusil, un de ses hommes est tué, et un autre blessé. A la suite de cet incident, l'amiral donne l'ordre aux bâtiments de couler les voiliers qui, après quelques coups à blanc, n'auraient pas manœuvré pour se rapprocher d'eux.
Quelques vapeurs appartenant à des sujets ennemis, ou se livrant à un trafic illicite sous pavillon neutre, sont saisis et armés avec des équipages de prise : le Persépolis * battant pavillon persan, l'Indiana et le Virginia qui portaient sans droit les couleurs américaines, sont inscrits sur les listes de la flotte sous les noms de Ninive, Indien et Tunisien. Mais ils ne demeurent pas dans la troisième escadre, et sont affectés, dès leur armement, à la deuxième escadre légère ou à la base de Lemnos. Seule, une goélette à moteur capturée par la Jeanne d'Arc est conservée sous le nom de Belle Alliance, armée avec un effectif mi-français, mi-anglais, et employée au service des renseignements sur la côte de Syrie.
 
La surveillance de nos bâtiments rend de plus en plus difficiles les communications entre les ports ennemis, mais elle ne peut empêcher les Turcs de persécuter nos protégés, ni les Allemands de se conduire en maîtres. Le consul d'Allemagne à Alexandrette affecte même d'arborer son pavillon toutes les fois qu'un croiseur français apparaît. Le 13 mai, le D'Estrées arrive devant la ville et informe le Caïmacan que si le pavillon allemand n'est pas amené dans un délai de deux heures, il sera abattu à coups de canon. Deux heures après, d'un seul obus, le D'Estrées coupe le mât de pavillon.
Mais le 4 juillet l'amiral Dartige, arrivant devant Alexandrette avec la Jeanne d'Arc, constate que le pavillon est de nouveau hissé sur le consulat allemand, l'ancien mât en bois ayant été remplacé par un mât tripode métallique. Quelques obus coupent la drisse et démolissent le consulat, tandis que la population assise dans les cafés suit le bombardement avec curiosité.
Aussi lorsque, le 8 août, le D'Estrées revenu aperçoit le pavillon de nouveau hissé, il suffit d'une sommation pour que le consul se soumette et l'amène de lui-même.
Un incident analogue s'est produit à Caïffa le 31 mai : le consul allemand de cette ville ayant incité des soldats turcs à tirer sur une embarcation parlementaire du Saint-Louis et fait violer la sépulture des soldats français de l'armée d'Egypte, enterrés depuis 1799 au couvent du Mont Carmel, la Jeanne d'Arc, après avoir prévenu les autorités, lance sur le consulat quinze obus qui le détruisent sans toucher une seule maison du voisinage.
 
* En réalité, il ne s'agit pas du Persepolis
 
Cordialement,
Franck
 
(à suivre)


Message édité par Ar Brav le 12-04-2009 à 13:09:49

---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15012
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 12:42:45  profilanswer
 

Re,
 
Le blocus de la côte de Syrie.
 
Le 19 août, le commandant en chef de l'armée navale, en tournée d'inspection dans la Méditerranée orientale, arrive à Port Saïd et s'entretient avec l'amiral Dartige du Fournet de la situation dans le Levant.
Dans son rapport au ministre, il fait ressortir l'insuffisance de l'action française en Asie. A son avis, il est indispensable de couper sans tarder, et d'une manière définitive, toutes les communications maritimes de la Turquie, c'est-à-dire de proclamer le blocus de la côte depuis Samos jusqu'à El Arish. Au Nord de Samos le blocus a déjà été institué, le 2 juin, par l'amiral de Robeck. Si l'amiral de Lapeyrère ne prend pas lui-même une décision analogue, c'est parce que, d'après les instructions qu'il a reçues, une entente préalable avec l'Angleterre est nécessaire. Mais cette entente devrait être faite immédiatement.
L'approbation ne tarde pas, et, dès le 23 août, le commandant en chef peut télégraphier au commandant de la troisième escadre que les côtes d'Asie Mineure et de Syrie, depuis l’île de Samos jusqu'à la frontière égyptienne, seront en état de blocus effectif à partir du 25 à midi. La Foudre est chargée de porter aux autorités ottomanes et aux agents diplomatiques américains, dans les ports de Jaffa, Beyrouth, Djounieh, Alexandrette et Mersina, la notification du blocus, conformément aux règles du droit international.
 
A ce moment, la 3ème Escadre dispose de huit bâtiments : Jeanne d'Arc, Desaix, Guichen, Foudre, Jauréguiberry, Amiral Charner, D'Estrées, et le remorqueur Laborieux que le commandant en chef a mis à ses ordres dans le dessein particulier de garder la rade d'Alexandrette afin que l'ennemi ne puisse pas y mouiller des mines. Son action, au Nord, se relie à celle de nos chalutiers qui sont très actifs et surveillent la côte de près : dans une opération de ce genre, l'Adrien s'échoue le 23 août à Port Giova, dans le golfe de Samos, et ne parvient à se renflouer, sous le feu de l'ennemi, qu'après plusieurs heures d'efforts et avec des pertes sensibles.
 
L'Indien, commandé par le lieutenant de vaisseau Forget, se signale particulièrement par sa hardiesse, modifiant son aspect pour dépister les agents ennemis, débarquant des escouades aux endroits les plus imprévus, luttant à la fois contre les sous-marins et contre les forceurs de blocus ; mais finalement, le 8 septembre, il est torpillé au mouillage de Rhodes par l' U-34 (Cf. sujet Indien).
La longueur des côtes à surveiller est de 650 milles. L'amiral Dartige les divise en quatre secteurs dont les limites sont de cap Khelidonia, le cap Lissan el Kabbeh, Lattakileh, Tripoli et El Arish. Le Desaix, le Guichen et la Foudre sont chargés des deux premiers secteurs, le Jauréguiberry, le Charner et le D'Estrées des deux derniers ; la Jeanne d'Arc, portant le pavillon de l'amiral, conserve l'indépendance de ses mouvements.
 
L'utilisation de ces grands bâtiments pour une pareille tâche n'est pas sans danger. Aucun sous-marin n'a encore paru à cette date dans la zone de la troisième escadre, mais il y a déjà trois mois qu'ont eu lieu aux Dardanelles les premiers torpillages de l' U-21 ; deux autres sont entrés en Méditerranée par l'Ouest ; trois ou quatre plus petits, transportés par chemin de fer en pièces détachées, ont été remontés à Constantinople et l'un de ceux-ci, l' UB-14, a coulé au milieu d'août, près de l'île de Kos, un transport de troupes britanniques. On doit s'attendre que la guerre sous-marine s'étende bientôt à cette région.
Pour rendre le blocus effectif sans courir trop de risques, il faudrait de petits bâtiments ; il faudrait aussi des bases moins éloignées que Port-Saïd. L'amiral Dartige du Fournet réclame au moins une escadrille de contre-torpilleurs, et signale l'intérêt qu'aurait l'occupation de certaines îles, notamment Ruad et Castelorizo, parfaitement placées pour aider à la surveillance de la côte et fournir aux petites unités d'excellents points de ravitaillement.
 
(à suivre)


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15013
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 12:48:08  profilanswer
 

Re,
 
L’occupation de l’ile de Ruad.
 
A Paris, on est peu disposé à prescrire l'occupation d'îles dont la défense éventuelle pourrait accroître dangereusement les obligations déjà lourdes de la marine. On prescrit au commandant de la 3ème Escadre de hisser le pavillon français sur l'île de Ruad, mais sans laisser aucune garnison à terre et en chargeant seulement les bâtiments du blocus de surveiller ce pavillon. L'amiral Dartige objecte que cette surveillance ne saurait être efficace, et que les insulaires se déclarent incapables de défendre le pavillon qui serait sûrement attaqué de la terre ferme. Les notables demandent notre occupation, que l'amiral juge lui-même très utile. Le 31 août, le ministre l'autorise à faire occuper Ruad, sous sa responsabilité.
 
Le 1er septembre, l'amiral Dartige fait mettre à terre, musique en tête, les compagnies de débarquement de la Jeanne d'Arc et du Jauréguiberry, et prend possession de l'île au nom de la France. Le pavillon français, salué de 21 coups de canon par les bâtiments, est hissé sur un petit fortin et sur le phare. Le lieutenant de vaisseau Trabaud, de la Jeanne d'Arc, est nommé gouverneur.
Il a sous ses ordres deux enseignes, un aspirant, un médecin, un interprète et 96 sous-officiers et marins, avec quatre canons de 65 millimètres et deux mitrailleuses. Le Laborieux et le petit remorqueur Cydnus, armé d'un canon de 47, sont en outre affectés à la défense de l'île.
 
Ruad est un rocher que domine un vieux château-fort sarrazin, séparé de la terre ferme par un bras de mer de deux milles de large. Sa population de 4 000 âmes, abandonnée à elle-même depuis le début de la guerre, subsistait difficilement, étant habituée à vivre exclusivement du commerce maritime : car il n'y a aucune culture dans l'île et l'eau même y manque complètement.
C'est toute une organisation à créer. D'abord, le D'Estrées effectue des sondages rapides autour de l'île et balise l'une des passes qui conduisent au mouillage intérieur, afin d'en permettre l'accès aux croiseurs de l'escadre. On constitue un stock de charbon et un dépôt de vivres, on installe des réservoirs pour l'eau de pluie.
Puis le gouverneur s'efforce de faire reprendre la navigation des goélettes indigènes pour que les marins de Ruad puissent de nouveau gagner leur vie. Le gouvernement français garantit un prêt collectif aux commerçants, et les importations reprennent peu à peu.
Le budget de l'île, géré par des notables sous la surveillance du gouverneur figure dans la comptabilité de la Jeanne d'Arc. Le lieutenant de vaisseau Trabaud rend la justice, avec les pouvoirs d'un Consul de France. Une école gratuite et obligatoire, qui compte bientôt 250 élèves, assure un enseignement primaire qui avait manqué jusque-là. Les habitants se mettent à apprendre le français, et l'on prépare l'installation d'une école professionnelle où les gradés du détachement rempliront le rôle d'instructeurs.
Le débarquement des Français dans l'île l'a sauvée de la famine. Il a fourni en même temps à nos bâtiments une base utile et un centre d'observations dont l'importance ne fera que grandir.
 
(à suivre)


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15014
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 13:38:29  profilanswer
 

Re,
 
Les Arméniens du Mont Moïse.
 
Le 12 septembre 1915, le vice-amiral Dartige du Fournet, nommé commandant de l'escadre des Dardanelles, remet provisoirement le commandement de la troisième escadre au contre-amiral Darrieus. C'est le vice-amiral Gauchet qui doit le remplacer, mais celui-ci, avant d'avoir pris ses fonctions, est envoyé à Moudros pour prendre la succession de l'amiral Dartige, nommé le 10 octobre au commandement en chef de l'armée navale. L'intérim du contre-amiral Darrieus se prolonge donc jusqu'au 8 novembre, date à laquelle le vice-amiral Moreau, placé à la tète de la troisième escadre, arrive à Port Saïd.
 
Le blocus continue : il est du reste devenu facile, car le mouvement maritime est à peu près nul. Les bâtiments n'ont guère à canonner, de temps en temps, que des caravanes ou des convois militaires cheminant le long du rivage. Mais la menace des sous-marins se précise : au milieu de septembre, on en signale un sur la côte de Crête. Le contre-amiral Darrieus prescrit aux bâtiments de ne pas marcher moins de 10 nœuds pendant le jour, puis ce minimum est porté à 12 nœuds et les navires en croisière font continuellement des routes sinueuses, en évitant de passer deux jours de suite aux mêmes endroits. La durée de chaque croisière, limitée par la capacité des soutes des bâtiments, en est raccourcie, et l'amiral Darrieus est obligé de modifier les dispositions prises pour la surveillance : la côte de Syrie est partagée en deux zones seulement, que les croiseurs parcourent isolément en procédant par raids, de manière à visiter tous les deux jours environ les points les plus importants.
 
Passant en face du Djebel Moussa (Mont Moïse), au Nord de l'embouchure de l'Oronte, le 5 septembre, le Guichen aperçoit des signaux faits par une troupe d'hommes à terre. Il envoie une embarcation demander de quoi il s'agit, et apprend que 3 000 Arméniens, hommes, femmes et enfants, se sont réfugiés sur cette montagne au début du mois d'août pour échapper aux violences des soldats turcs. Ils ont 700 fusils et tiennent en respect les troupes qui les assiègent, mais leurs communications sont entièrement coupées du côté de la terre et leurs vivres, ainsi que leurs munitions, commencent à s'épuiser. Ils demandent que les navires français transportent à Chypre les non-combattants et fournissent aux hommes valides des fusils, des cartouches et quelques vivres avec quoi ils pourront tenir la montagne pendant six mois au moins.
Mais Chypre, faute de logement, ne peut recevoir un si grand nombre de réfugiés. De Paris, on demande ce que c'est que le Mont Moïse, dont on n'a jamais entendu parler. Les échanges de télégrammes durent plusieurs jours. Enfin, le 12 septembre, l'amiral Darrieus obtient des autorités anglaises de Port-Saïd l'autorisation de conduire les Arméniens à un camp de concentration qui sera établi sur la rive orientale du canal de Suez. Il en est temps, car ils n'ont presque plus de munitions.
 
Malgré une forte houle, le Desaix, le Guichen, l’Amiral Charner, la Foudre et le D'Estrées parviennent, le 12 et le 13 septembre, à embarquer tous les réfugiés au moyen de leurs canots et de radeaux amenés jusqu'à la plage. Les combattants, s'étant repliés de crête en crête, quittent la terre les derniers, tandis que les bâtiments, par leur feu, tiennent les troupes turques en respect.
Le sauvetage de ces malheureux, qui arrivent à Port-Saïd dans un état de misère impressionnant, vaut à nos marins les remerciements émus de toutes les colonies arméniennes d'Orient, mais aussi la demande d'autres interventions qui sont malheureusement impossibles, car on ne saurait où mettre tous ceux qui, par centaines de mille, vaudraient échapper au joug des Turcs. Il donne naissance, d'autre part, à divers projets d'utilisation de volontaires arméniens, soit comme travailleurs, soit comme soldats. Plus d'un an se passera, cependant, avant que l'on puisse en constituer une « Légion d'Orient » à faibles effectifs.
 
Cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15015
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 13:57:43  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Par ailleurs et en complément, le Laborieux est intervenu lors du drame de l'Amiral Charner :
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _260_1.htm
 
Cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15016
Ar Brav
Posté le 11-04-2009 à 14:14:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
A l'intention de Se souvenir, avec le premier moteur de recherche venu, sur le Web, on trouve également des articles où le Laborieux est cité :
 
http://www.servicehistorique.sga.d [...] rmenie.htm
 
Cordialement,
Franck
 


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15020
IM Louis J​ean
Posté le 11-04-2009 à 17:47:52  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
 
Un grand merci à Geneamar d'avoir placé mon appel dans un nouveau fil et répondu!
 
merci à Ar Brav et désolé d'avoir bousculé le planning de mise en ligne, je mesure l'immense tâche que vous avez entreprise et vous en suis reconnaissant.
Pour ce qui est des recherches internet vous avez pu constater dans mon fil que je n'avais pas négligé cette piste, avec certainement moins d'expérience et de compétence! Les résultats restent très partiels, d'où mon appel aux experts du forum. En particulier aucune iconographie.
 
Je complèterai cette fiche avec les extraits du cahier et ce que je pêcherai sur internet ou ailleurs... Il y a encore quelques zones d'ombre, par exemple : selon le cahier le Laborieux était commandé en temps normal par un officier marinier, l'EV Phérivong n'en prenant le commandement  <<seul maître à bord après Dieu>> que lors des missions. Je n'ai pas de culture marine mais ce point me parait curieux.
 
Cordialement
IM louis Jean
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 13-05-2011 à 09:56:36
n°15034
GENEAMAR
Posté le 12-04-2009 à 07:34:05  profilanswer
 

Bonjour à tous...
 
  sesouvenir a écrit : " Il y a encore quelques zones d'ombre, par exemple : selon le cahier le Laborieux était commandé en temps normal par un officier marinier, l'EV Phérivong n'en prenant le commandement  <<seul maître à bord après Dieu>> que lors des missions. Je n'ai pas de culture marine mais ce point me parait curieux. "
 
  Je vais "tenter" de faire simple... De nombreux bâtiments participèrent au conflit, venant de tous les horizons, de la pêche, du Commerce, jusqu'à certains bâtiments de "loisirs" (voiliers, yacht). Certains réquisitionnés, d'autres venus spontanément rejoindre la Flotte... Leur affectation était selon leurs possibilités, armés, transformés pour une fonction, transport, hôpitaux, dragueurs, lutte anti-sous-marine, dragueur, bâtiment de service, etc...,
  Beaucoup d'hommes venus de la pêche, du commerce,  etc servaient sur ces bâtiments, Capitaine au long cours, Patron pilote, patrons pêcheurs, matelots; volontaires, appelés ...
 
  Le remorqueur "LABORIEUX", était un bâtiment de service dont l'importance stratégique n'était pas celle des navires de guerre, et n'exigeait pas la présence d'un Officier de la Marine Nationale en fonction, ou d'un Officier de réserve, pour l'accomplissement de tâches hors des missions de guerre...
  C'est pourquoi, en tant ordinaire, le commandement était confié à un Officier marinier (= Sous-Officier tel Maître, Second Maître...)... Pour des missions de guerre le commandement était confié à un Officier. De le cas du "LABORIEUX", si j'en crois mes archives et votre annotation, c'est l'Enseigne de vaisseau de 2ème classe de réserve (= Aspirant) Marcel Clair PHÉRIVONG qui était affecté à ces missions. Celui-ci n'appartenait apparemmment pas à la Marine Nationale, il avait été promu le 12 février 1917. Il était né le 19 juillet 1891 à Le HAVRE, son port matriculaire et d'attache CHERBOURG...
 
  Pour l'anecdote, et hors sujet, cet Officier commandera l' "AUSTRAL" de la Société des pêches australes des frères BOSSIÈRE. Il arrivera aux KERGUELEN le 12 novembre 1928 pour sa première campagne.

 
  Cordialement Malou.
 
 
 


---------------
Cordialement. Malou
n°15052
Ar Brav
Posté le 12-04-2009 à 17:00:47  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici comment Paul Chack relate le sauvetage de l’unique rescapé de l’Amiral Charner par le Laborieux.
 
L'unique survivant.
 
Sous-marin à un quart par tribord, à 4 000 mètres, crie la vigie du Laborieux.
Venez dessus. Hissez le triangle 1, répond le lieutenant de vaisseau Jacotin.
La scène se passe le dimanche 13 février [1916], à 7 heures du matin, à quelque 75 kilomètres dans l'ouest sud-ouest de Beyrouth. Le Laborieux montre le triangle 1 pour avertir le Paris-II, en vue, de la présence de l'ennemi par tribord. Ce que voyant, Paponnet, lui aussi, fonce joyeusement avec son chalutier. Jacotin a mis sa machine à toute vitesse et rappelé aux postes de combat.
Le sous-marin est à peine émergé. Qu'attend-il pour disparaître ? Il agirait sagement en plongeant tout de suite, car ce matin, il a affaire aux deux navires que la 3e escadre entière appelle les bateaux-pirates, ceux qu'on charge des missions extraordinaires, à terre ou au large... et qui s'en tirent toujours. Et, depuis l'affaire de Solloum, le Paris-II a reçu une pièce de 10 et brûle de s'en servir. Cependant, le sous-marin ne se hâte guère de s'éclipser. Comme tout à l'heure, son pont est au ras de l'eau et il y a un homme dessus. Chose étrange, un pavillon est attaché au périscope. Et le bateau est stoppé. Manoeuvre incompréhensible. Pourtant, sûr et certain, il a vu les deux Français qui chargent, et font cuiller avec leurs étraves dans la houle du sud-ouest. Après tout, c'est peut-être un allié.
Ne chargez pas les pièces, ordonne le commandant du Laborieux. Cinq minutes s'écoulent. Le remorqueur n'est plus qu'à 2 000 mètres du sous-marin toujours stoppé.
Rompez des postes de combat. Disposez la baleinière prête à armer.
Ainsi commande Jacotin, qui vient de reconnaître à la place du sous-marin, une épave avec un homme debout.
Pour rappeler à la vie les gens évanouis, il est d'usage de leur asperger la figure. Pour Cariou, étendu sans connaissance depuis deux heures du matin, c'est la houle, levée avec le jour, qui s'est chargée de ce soin. La tête du naufragé pend hors du radeau et les coups de tangage, qui l'immergent jusqu'au cou, finissent par le réveiller. Le voici debout. Par quel miracle d'énergie ? Comme chaque matin, comme chaque soir, il fait face à l'est. A l'est, où sont les deux patrouilleurs. De même que l'avant-veille, Cariou mâte un aviron, puis se dévêt et arbore ses hardes. Toujours debout, il attend. Ses lèvres remuent sans bruit. Cette fois, on l'a vu.
 
La baleinière du Laborieux a ramené l'homme retombé en faiblesse. Il est étendu sur la couchette du commandant. Quelques gouttes de thé léger, chauffées d'une larme de rhum. Il ouvre les yeux. Tout doucement, Jacotin questionne :
Te voilà paré, mon pauvre vieux. D'où sors-tu ? Quel est ton nom ? Avec une peine infinie, par mots hachés, la réponse arrive :
Cariou... quartier-maître canonnier... de l'Amiral-Charner... coulé à sept heures... mardi matin... quatorze sur le radeau... les autres... morts... tous...
Les yeux se sont refermés. Respiration calme. Dans la chaleur des couvertures entassées, le sommeil est venu. Jacotin va s'éloigner, mais l'homme prostré sursaute :
Commandant, prévenez... ma femme... elle va avoir... un enfant... pour qu'elle n'ait pas... trop de peine...
Tout de suite, mon petit, à quel endroit ?
Port-Clet... par Clohars-Carnoet... près de Lorient.
Entendu, dors vite.
 
Déjà, à huit heures trois, l'amiral Moreau a reçu ce message "Paris-II à amiral Jeanne-d'Arc. Position 33° 48' N., 32° 26' E. Laborieux en vue signale épave avec marin, trouvons également des épaves."
Paponnet avait en effet ramassé des bailles à lavage, un grand flotteur en liège et un collet de sauvetage.
Voici maintenant le sans-fil de Jacotin : "8 h 54. Laborieux à amiral Jeanne-d'Arc. Trouvé environ 35 milles ouest Beyrouth un radeau avec un naufragé de l'Amiral-Charner. Il en portait quatorze, mais treize sont morts."
 
Les nouvelles affluent. Dix-sept minutes plus tard, la tour Eiffel attaque la Jeanne-d'Arc et reproduit un télégramme de Nordeich, le grand poste allemand : "Un sous-marin a torpillé le 8 février dans le sud de Beyrouth un cuirassé qui a coulé en deux minutes."
Berlin a aussi envoyé, mais en chiffres, un solide blâme à l'adresse du commandant du sous-marin en question : pour avoir quitté la route Malte-Port-Saïd où il devait opérer et avoir gaspillé une torpille contre un navire de guerre... Le commandant de l'U-21, capitaine de corvette Hersing, est d'ailleurs persuadé que sa victime est le Suffren. Pas encore, mais c'est partie remise. Le 26 novembre 1916 à la nuit tombante, au large des côtes du Portugal, le Suffren périra, torpillé par grosse mer et temps bouché. Mais pas un homme du Suffren n'en reviendra...
Le navigateur qui, suivant la côte sud de Chypre, se rend du port de Larnaka à celui de Famagouste, bien déchu de son antique et vénitienne splendeur, doit doubler un promontoire bas prolongeant une falaise étrange qui, de loin, a l'aspect d'une forteresse en ruine. Ce promontoire est le cap Greco. Dans la nuit qui suit la découverte du radeau, la Jeanne-d'Arc, toutes lumières masquées, croise à vitesse réduite devant le cap. Visiblement elle attend quelqu'un. Vers une heure du matin se montrent dans le sud des éclats longs et brefs qui semblent répondre au clignotement lumineux du phare de Greco. D'un fanal discret, la Jeanne-d'Arc se fait reconnaître, puis tout s'éteint. Bientôt s'approche une ombre basse qui stoppe près du grand croiseur. C'est le Laborieux et son précieux fardeau.
 
Un quart d'heure plus tard, une baleinière accoste la coupée de la Jeanne-d'Arc. Le médecin d'escadre est allé lui-même chercher Cariou. L'amiral Moreau, son état-major et tous les officiers sont là. Ils saluent l'unique survivant, qui compte bien des amis sur la Jeanne-d'Arc où il était embarqué depuis la mobilisation lorsqu'il l'a quittée, le 16 janvier, pour mettre son sac sur l'Amiral-Charner, vingt-trois jours tout juste avant le torpillage.
Amiral, déclare le médecin, le rescapé est en aussi bon état que possible. Il a fait preuve d'une résistance prodigieuse, surhumaine, mais sa faiblesse est trop grande pour qu'on puisse l'interroger tout de suite.
Puis le docteur transmet la requête qu'avait adressée Cariou à Jacotin. Aussitôt un message s'envole vers Paris. Demain, à Port-Clet, la femme du survivant sera prévenue.
 
Le lendemain matin, 14 février, sur une mer splendide, sous un ciel éblouissant, la Jeanne-d'Arc passe à 9 h 30, par 33°35' N., 31°5' E., à l'endroit supposé où l'Amiral-Charner a péri. Sur la plage arrière, à bâbord, face à la côte de Syrie, sont rangés, en grande tenue, l'état-major et l'équipage du bâtiment. Plus imposant que jamais, l'amiral monte sur la passerelle arrière. Près de lui se tient le père Jaussen, le dominicain à silhouette de patriarche que j'ai montré à l'œuvre au moment où les Turcs descendaient vers l'Egypte. Les clairons sonnent le "garde-à-vous" Aussitôt, le grand pavillon des jours de fête et de bataille et la marque de vice-amiral sont amenés à mi-mât, en berne. D'une voix grave et bien scandée, qui porte loin et remue les entrailles, l'amiral annonce la perte du croiseur cuirassé Amiral-Charner et de 426 braves qui l'armaient. Seul a survécu le quartier-maître canonnier Cariou. L'amiral lit ensuite le message reçu du commandant en chef à quatre heures du matin : "L'armée navale, unie dans un sentiment de douleur et de fierté, envoie ses adieux au vaillant Amiral-Charner glorieusement frappé à son poste d'avant-garde. Vive la France !" "Vive la France !" répond l'équipage de la Jeanne-d'Arc. Le père Jaussen donne l'absoute et, les suprêmes prières dites, fait, sur la grande tombe bleue, un lent signe de croix que ponctuent trois coups de canon, tandis que les clairons sonnent "aux champs" Enfin, lorsque tous les sifflets du bord ont roulé leurs trilles comme pour rendre les honneurs à un amiral de France, on entend soudain la Marseillaise.
Et la Jeanne-d'Arc reprend sa croisière. Pendant trente-six heures encore, toute la 3e escadre cherche sur l'eau. Cariou est bien l'unique survivant.
 
Le 15 février, le capitaine de frégate d'Adhémar de Cransac, sous-chef d'état-major de l'amiral Moreau, a pu interroger le quartier-maître et en obtenir tous les détails que j'ai dits. Lorsque, à la fin de l'entretien, le commandant d'Adhémar a essayé de savoir quelles visions, quelles pensées avaient pu, dans les heures cruelles, hanter le Breton doux et rêveur, Cariou a simplement répondu :
Commandant, j'ai prié tout le temps.
Lorsqu'il regardait vers l'est, appelant un secours invisible qui n'a cessé de venir à lui, les yeux de Cariou cherchaient la Terre sainte toute proche, Bethléem et la croix.
 
Sources :
Histoire Maritime de la Première Guerre Mondiale, Paul Chack et Jean Jacques Antier, France-Empire, 1992, pages 469, 470 et 471.
 
 
Cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15054
Ar Brav
Posté le 12-04-2009 à 17:12:00  profilanswer
 

Bonjour Malou,
Bonjour Sesouvenir,
 
Dans La guerre navale dans la Méditerranée, par le CV A. Thomazi, Payot, 1929, page 181, il est fait mention du maitre de manœuvre Phérivong, commandant le patrouilleur Vénus III en 1916, j'ignore s'il y a une relation quelconque.
 
Bien cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15055
Ar Brav
Posté le 12-04-2009 à 17:17:54  profilanswer
 

Re,
 
Toujours dans le même ouvrage, le Laborieux est signalé comme étant le seul dragueur disponible dans la division de Syrie, début 1917.
Pour info à Sesouvenir, il est fréquent que de petites unités soient reconverties dans d'autres activités pour les besoins du service (chalutiers en patrouilleurs et/ou dragueurs, remorqueurs en dragueurs, etc.).
 
Cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15057
Ar Brav
Posté le 12-04-2009 à 17:51:45  profilanswer
 

Re,
 
En juin 1917, le patrouilleur Laborieux est noté affecté sur les côtes de Syrie, à la Division de Syrie, escadrille de torpilleurs.
 
En ce qui me concerne, le sort final du Laborieux est inconnu, j'ai mis en ligne tout ce que j'ai pu trouver pour l'instant à son sujet. Aucune trace du bateau chez Miramar ou dans le Lloyd's Register après 1930.
En espérant que Klaus passe par là... :)  
 
Bien cordialement,
Franck


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°15059
GENEAMAR
Posté le 12-04-2009 à 18:06:26  profilanswer
 

Ar Brav a écrit :

Bonjour Malou,
Bonjour Sesouvenir,
 
Dans La guerre navale dans la Méditerranée, par le CV A. Thomazi, Payot, 1929, page 181, il est fait mention du maitre de manœuvre Phérivong, commandant le patrouilleur Vénus III en 1916, j'ignore s'il y a une relation quelconque.
 
Bien cordialement,
Franck


 
Bonjour Franck...
 
  Merci pour vos recherches, mais il ne s'agit pas du même personnage, en l'occurence sur le VENUS III, il s'agissait d'Alfred PHERIVONG que l'on retrouve dans l'équipage du "PARIS-II" (combat du 13 décembre 1917).
 
  Bien cordialement Malou  :hello:  


---------------
Cordialement. Malou
n°27965
IM Louis J​ean
Posté le 23-10-2010 à 17:33:30  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Un article de "L'Univers illustré" du 11 septembre 1880 (n° 1329, source Gallica)
 
<< LANCEMENT D'UN NAVIRE, A SAINT-DENIS
 
     Dans notre précédent bulletin, nous avions mentionné le lancement d'un navire en fer, à Saint-Denis, lequel a eu lieu, le 31 août, dans les chantiers de M. Claparède. Cette curieuse opération avait attiré de nombreux parisiens, profitant des invitations envoyées par M. Claparède. Il s'agissait de l'aviso à vapeur le Laborieux dont la machine développera une force de 550 chevaux.
    Ce bâtiment, auquel on travaillait depuis un an, est entièrement construit en fer ; il mesure 45 mètres de longueur, 7 mètres de largeur moyenne ; la ligne de flottaison est à 3 mètres 20. Les cales voisines de celle du Laborieux sont occupées par deux navires en construction dont l'un a été commandé par la compagnie des chemins de fer et des ports de l'île de la Réunion.
    On avait ouvert une large tranchée dans les berges de la Seine, et des traverses étaient disposées de distance en distance. Ces traverses étaient pourvues de galets, sur lesquels l'aviso, au signal donné, dès que l'on eut fait tomber les étais et chassé les cales, a glissé jusqu'au fleuve, à l'aide de chaînes de fer enroulées par deux treuils à vapeur.
    Au moment où le navire entrait dans le fleuve, une dame qui s'était imprudemment approchée du gouvernail, eut les deux jambes fracturées par le choc de la barre. Il n'est pas exact, comme le bruit en avait couru, qu'une autre personne ait été blessée au même moment.
    Ce n'est pas la première fois que l'usine Claparède réalise ce tour de force de lancer dans la Seine un bâtiment d'une telle dimension. Il y a deux ou trois ans, elle avait déjà mis à l'eau avec un plein succès l'Emilia, bâtiment à vapeur construit pour le service de l'Etat.
 
A. Brunet >>
 
Une gravure du lancement :
http://nsm04.casimages.com/img/2010/10/23//101023045554617916975766.jpg
 
Il aurait donc été conçu comme aviso et qualifié de "remorqueur" ultérieurement.
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir
Edité pour resserrer le texte et préciser la dernière phrase


Message édité par IM Louis Jean le 23-10-2010 à 18:56:53

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°30286
IM Louis J​ean
Posté le 12-03-2011 à 09:18:39  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Une gravure extraite d'Armée et marine : revue hebdomadaire illustrée des armées de terre et de mer du 5 juin 1909.
Sans certitude, je pense que le Laborieux -sa poupe plutôt- figure à droite derrière le "canot".
 
http://nsm05.casimages.com/img/2011/03/12//110312092153617917801199.jpg
 
 
Edité pour ajouter un épisode "hors 14-18" mais intéressant la vie du Laborieux :
<<
L'empereur Guillaume décore des marins français. — On se rappelle que les équipages des remorqueurs de l'Etat Haleur et Laborieux, de la direction du port de Brest, participèrent au sauvetage du vapeur allemand Milos, en feu dans les parages d'Ouessant. L'empereur d'Allemagne vient de décerner les décorations suivantes aux sauveteurs de ce navire : ordre de la Couronne de 4e classe, MM. Guillerme et Marchadour, adjudants principaux ; médaille d'honneur, MM. Laurent, Brélivet, Gegou, Jaoen et Rault, mécaniciens vétérans; médaille de l'Aigle-Rouge, MM. Manach, Tromeur, Guemeur et Mailloue, seconds maîtres vétérans ; Pelle, second maître mécanicien vétéran ; médaille de l'ordre de la Couronne, MAL Gourvès, Kerrien, quartiers-maîtres mécaniciens, et Cosset, matelot.
>>
Navigazette du 2 avril 1908
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 12-03-2011 à 09:32:25

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°32292
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 22-09-2011 à 00:39:12  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
   

GENEAMAR a écrit :

JACOTIN Sylvius. Né le 9 février 1862 à RETHEL (Ardennes) - Décédé.
 
   Enseigne de vaisseau de 1ère classe le 5 octobre 1884. Versé dans le cadre de réserve le 15 octobre 1884. Lieutenant de vaisseau de réserve le 10 novembre 1915; port TOULON. Cité à l'ordre de l'Armée navale en avril 1916 : " N'a cessé de faire preuve des plus belles qualités d'entrain, de courage et d'intelligence dans l'exercice de son commandement. A accompli de dangereuses missions sur les côtes de Syrie au cours desquelles il a montré une endurance exceptionnelle. A déjà assuré le sauvetage des survivants du YASAKAMARU coulé par un sous-marin et vient encore, par son intelligente initiative de sauver la vie de l'unique survivant de l'AMIRAL CHARNER.". D'avril à octobre 1916, Commandant le "TUNISIEN", 3ème Escadre, Division de SYRIE.


  Avant d’être destiné au Tunisien, en Avril 1916, le lieutenant de vaisseau de réserve Sylvius Jacotin commandait le remorqueur Laborieux (V. ci-dessus le récit fait par Paul Chack du sauvetage du quartier-maître Cariou).
 
   Sylvius Jacotin était le fils de Pierre Nicolas Jacotin, « fabricant de sucre », et de Marie Madeleine Warnesson, sans profession ; marié à Carmen de Lara, il est décédé à Paris (VIIe Arr.), le 24 octobre 1935.
 
   Il avait été rappelé à l’activité le 2 août 1914 en qualité d’enseigne de vaisseau de réserve. Sa conduite lui vaudra d’être fait chevalier de la Légion d’honneur (Arr. du 15 juill. 1916) et décoré de la Croix de guerre avec palme. (Base Léonore, Dossier  LH/1339/102 ; V. ici —>  http://www.culture.gouv.fr/LH/LH09 [...] 02v001.htm )
 
   Le Temps, n° 19.997, Jeudi 6 avril 1916, p. 3, en rubrique « Marine ».                                      
 
                                       
                                                          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/JACOTIN%20Sylvius%20-%20citation..jpg
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,  
   Daniel.

n°32301
IM Louis J​ean
Posté le 23-09-2011 à 08:44:49  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Rutilius et merci pour ces informations,
 
La remontée de ce fil me fait penser que l'extrait ci-dessous (placé dans le sujet : Douze mois au Service des Renseignements en Syrie) a toute sa place dans le fil du Laborieux.
 
<< Ayant trouvé une confirmation du récit par le biais du texte de la citation je retranscris cet épisode du cahier  
 
<<Commandant une patrouille et surpris par une patrouille ennemie supérieure en nombre, a réussi à l'anéantir toute entière, sans aucune perte de notre côté, grâce à son habileté, son sang-froid et sa bravoure.>>  
Trouvé sur http://www.netmarine.net/tradi/marins14-18/M-P.htm  
 
<< 10 juin 1918  
   En mission, avant-hier, 8 juin, j'ai été surpris par une patrouille ennemie ; nous avons complètement anéanti les Turcs.  
   Je devais, cette nuit-là, reprendre à terre un agent déposé le mois précédent. Le point de rendez-vous était l'embouchure du Nar-Ibrahim quelques miles au nord de Bouard.  
   Le début de la mission s'opéra comme de coutume ; mais, cette fois, plus méfiant, avant de nous éloigner du Laborieux, je m'étais assuré moi-même que tout était bien à son poste ; que mousquetons et révolvers étaient chargés et que la mitrailleuse fonctionnait bien.  
   Il faisait beau temps, le youyou glissait sans bruit sur la mer calme.  
   Nous avions quitté le Laborieux depuis 25 minutes et nous nous trouvions à environ 200 mètres de terre, quand tout à coup, Sejean qui veillait devant, murmura : "une embarcation à tribord".  
   Il ne s'était pas trompé , mais notre youyou ayant de la vitesse, l'embarcation était déjà presque par le travers quand je l'aperçus.  
   Une salve d'une dizaine de coups de fusil ne me laissa aucun doute sur les intentions de ceux qui montaient l'embarcation.  
   Je mis aussitôt la barre à droite pour faire tête à l'ennemi et commanda : "Pasquier, Sejean, parés à la mitrailleuse - nage Milad - scie Davy." - Mon youyou s'évita et ma mitrailleuse se trouva en bonne position pour tirer.  
   Une seconde salve de coups de fusil crépita ; quelques morceaux de bois de notre youyou voltigèrent.  
   Je sentis un coup violent à la jambe droite ; entraîné par l'action je ne m'en inquiétais pas.  
   Pendant ces manoeuvres les deux embarcations s'étaient rapprochées ; je distinguais maintenant la forme de la vedette ennemie.  
   Je me mis debout pour mieux diriger la manoeuvre ; la barre entre les jambes , les jumelles aux yeux , le revolver à la main.- "Envoie dedans!! Le Bouif." Aussitôt tac-tac-tac.  
   "Bien! Une deuxième bande."  
Rien ne bouge plus dans la vedette ennemie.  
   "Encore une bande"  
   Les embarcations sont maintenant à quelques mètres l'une de l'autre. Deux de nos ennemis se jettent à la mer ; une seule tête reparut ; quelques coups de mousquetons font comprendre au nageur qu'il n'a pas à essayer de gagner la terre. L'homme accoste le long du youyou, est hissé à bord, fouillé et, quelques bonnes bourrades et paroles énergiques de Simon lui démontrent qu'il n'a plus qu'à se tenir tranquille.  
  J'attendis quelques minutes, redoutant une surprise ; puis ne voyant toujours rien bouger dans l'embarcation ennemie et entendant des râles et gémissements, je manoeuvrais pour accoster la vedette.  
   Les Libanais rancuniers voulaient laisser "crever" les Turcs dans leur canot. Plus humain, j'accostai avec précaution.  
   Il faisait nuit noire! noire! Je reconnus cependant l'embarcation pour être une jolie vedette à moteur, d'une dizaine de mètres de long. Rien ne bouge toujours à bord.  
   Je pris la vedette à la remorque du youyou et : "nage au large".  
    Davy et mes autres matelots attrapèrent une fameuse corvée pour remorquer cette grande barcasse avec un petit youyou.  
   Enfin, après avoir souqué pendant trois quarts d'heure nous aperçûmes le Laborieux.  
   Le premier-maître du Laborieux voyant deux silhouettes d'embarcation se diriger vers lui nous prit pour des ennemis et se disposait à nous envoyer par le fond. J'eus de grandes difficultés à me faire reconnaître.  
   Aussitôt accostés j'embarquais dans la vedette muni d'un fanal. Onze hommes gisaient sans mouvement dans le fond du bateau. je les fis hisser à bord. Tous étaient morts!! percés de plusieurs balles!!  
   La mitrailleuse est une belle arme et Pasquier tire bien.  
   Je fis aligner les onze cadavres sur le pont  l'un d'eux portait les galons d'enseigne de vaisseau turc, les autres étaient des matelots.  
   Le seul prisonnier que nous avions fut mis en lieu sûr. Quelque peu cuisiné par Simon il raconta que : nous avions été vendus par l'agent que nous venions reprendre, qu'il avait indiqué le jour, l'heure et l'endroit où nous devions venir...  
   Le commandant de la base turque de Beyrouth avait envoyé cette vedette sous les ordres d'un enseigne pour nous surprendre et nous ramener morts ou vifs!  
   Les Turcs sont braves, mais pas très malins. Si cet enseigne nous avait laissé accoster à terre et nous eût pris ensuite par derrière, nous trouvant entre la terre et la vedette je n'en serais probablement pas sorti.  
   Le Laborieux prit la vedette à la remorque. Criblée de balles, elle faisait eau ; nous l'étanchâmes tant bien que mal en enfonçant des cartouches dans les trous de balle. J'y laissai deux hommes pour gouverner et vider l'eau et je fis route sur Rouad. Par TSF je prévins le commandant de notre attaque et du résultat ; ainsi que de l'heure de notre arrivée.  
   Maintenant que l'action est passée je sens que ma jambe me fait mal et me semble lourde ; je regarde ; j'ai une balle dans le devant de la jambe - probablement un ricochet car la blessure ne traverse pas et parait légère. Je confie la route au premier-maître, lui recommandant de veiller à la vedette et vais m'allonger sur un des canapés du carré. après cette nuit agitée je ne tardai pas à m'endormir. 7h du matin - un timonier vint me réveiller, me prévenant que Rouad est en vue, que la vedette est dehors et se dirige sur nous.  
   Nous stoppons ; la vedette accoste. Le Commandant et le père de Martimprey montent à bord.  
   "Eh bien, Phérivong! Que vous est-il arrivé, Je n'ai pas pu déchiffrer entièrement votre télégramme" "Commandant, en allant à terre, j'ai été attaqué par une vedette turque montée par treize hommes."  
   "Que sont devenus les Turcs, Je vois bien la vedette à la remorque, mais les hommes?"  
   "Les voilà!!!" Et je montrai au Commandant les onze corps alignés sur le pont.  
   Le Commandant qui m'aime bien m'embrassa :  
   "Tu es un brave petit."" me dit-il et se tournant vers le père de Martimprey  
   "Cinq contre treize, dans un petit youyou contre une grande vedette! C'est admirable."  
   "j'en ai aussi un de vivant." Je fis venir le prisonnier et le présentai au Commandant.  
   "Bon cela, pour les renseignements ; Père, voilà de la besogne pour vous."  
   Le Commandant, comme Gouverneur de l'île de Rouad, décida d'immerger les corps à cause des habitants de l'île. Je fis amarrer un barreau de grille aux pieds de chacun des morts . Le pavillon en berne. L'équipage réuni, le bonnet à la main, une garde de quatre hommes rendant les honneurs et :  
   "Envoyez"  
   L'enseigne, le premier disparut dans la mer qui fut notre champ de bataille.  
   Les dix matelots le suivirent - - Puis nous rentrâmes à Rouad. >>
 
Je posterai bientôt l'attaque du port de Beyrouth par le Laborieux.
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 24-12-2011 à 13:47:36

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°33392
IM Louis J​ean
Posté le 24-12-2011 à 13:55:17  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Autre chapitre des aventures du Laborieux :
 
<< 8 août 1918
 
Joseph m'avait remis un pli urgent, qu'un coureur envoyé par Naïm Bachos venait d'apporter de Beyrouth. Ce pli étant de la plus haute importance, le père de Martinprey l'ouvrit immédiatement. Il contenait << un sous-marin allemand l'U 58  
est depuis 4 jours en avarie dans le port de Beyrouth. Il a envoyé à Damas des segments de piston pour y être réparés. Le sous-marin est amarré le long de la jetée Est, à 100 mètres du môle. >>
Le Commandant me communiqua cette nouvelle.
<< Je vais y aller, lui dis-je, j'entrerai dans le port avec le Laborieux et j'enverrai le sous-marin par le fond. >>
Devant cette grave responsabilité le Commandant hésita, puis décida de demander l'autorisation à l'Amiral avant de tenter l'expédition. Nous rédigeons un télégramme, je le chiffre immédiatement et nous l'expédions.
La journée se passe, pas de réponse. Je bouillais d'impatience, faisais des plans, consultais des cartes ; je ne tenais plus en place et discutais ferme avec Legouée.
<< Tu vas voir que nous allons encore manquer celui-là >>
Je faisais allusion à une expédition malheureuse des torpilleurs qui avaient opéré contre un sous-marin dans les mêmes conditions.
Je ne dormis pas de la nuit ; à tout instant il me semblait entendre le pas d'un timonier venant m'apporter la réponse de l'Amiral.
 
9 août 1918
 
Dès 6 heures du matin j'étais chez le Commandant ; je plaidais si bien qu'il finit par me dire :
<< Après tout, faites ce que vous voudrez, sortez avec le Laborieux mais je ne vous donne pas l'ordre d'entrer à Beyrouth ; je vous envoie seulement pour surveiller l'entrée du port. >>
<< C'est justement ce que je voulais vous demander. Une fois à la mer je ferai ce que je crois être de mon devoir. Si j'échoue j'endosserai toute la responsabilité vis à vis de l'Amiral. >>
Mon plan, ruminé depuis la veille fut vite adopté.
Je me rendis à la caserne. L'équipage était réuni pour l'appel du matin. M'adressant aux fusiliers : << j'ai besoin de 15 hommes de bonne volonté pour aller en mission. Il y aura de la casse ... qui veut venir avec moi ? >>
De tous côtés : moi, moi lieutenant. Les volontaires ne manquaient pas. J'en choisis seize et leur donnais mes instructions. Je me rendis à la salle d'armes, pris 4 mitrailleuses, ordonnais aux armuriers de les visiter immédiatement et  
aussitôt parées de les envoyer à la Direction du Port avec leurs boîtes de munitions. Je descendis ensuite au port, embarquais dans mon youyou et me fis conduire à bord du Laborieux qui se balançait mollement, amarré sur un coffre.
 
Je mis le 1er maître au courant de mes projets et ensemble nous vîmes les dispositions à prendre. Je donnai des ordres pour que les canons mitrailleuses fussent visités avec soin ; les munitions à portée de main ; la machine prête à être mise en route. les hamacs des hommes après avoir été roulés furent amassés tout autour de la passerelle pour former un abri.
Tout le monde au travail : nous n'avions pas de temps à perdre. Je voulais absolument opérer cette nuit même, et il me fallait 6 heures pour aller de Rouad à Beyrouth.
 
A 17h30 tout était prêt. Naturellement, Davy et son équipe m'accompagnaient. Notre brave aumônier, le père Sarloutte, nous donna sa bénédiction. Le Commandant et mes camarades me serrèrent énergiquement la main ; je sautais dans mon  
youyou et me rendis à bord.
Quelques instants après le Laborieux sortit de Rouad à toute vitesse et se dirigea vers le Sud.
A la mer je pris les dernières dispositions je pris les dernières dispositions : deux mitrailleuses furent placées de chaque côté sur leur chevalet. Je mis ensuite l'équipage au courant de ce que nous allions tenter. Je désignais à chacun  
le poste qu'il devait occuper et ce qu'il devait faire.
On répéta 2 fois le branle-bas de combat. Tout est prêt. Mon équipage est bien en main ; tout le monde est grave mais résolu. Chacun fera bien son devoir. Le cuisinier soigna son dîner ; je fis donner la double à l'équipage ; chacun  
mangea de bon appétit.
 
Vers onze heures je mis le cap sur Beyrouth ou plutôt sur Jounieh pour ne pas donner l'éveil dans le cas où je serais aperçu. Je diminuais de vitesse, me trouvant trop tôt. Enfin, vers 1h30 quand, après plusieurs relèvements de coupures  
de montagne et de mamelons, je crus être certain de ma position, je fis hisser mon plus grand pavillon ... Chacun à son poste de combat ... En avant à toute vitesse, droit sur l'entrée des jetées.
 
Quoique connaissant parfaitement ces parages, je n'étais jamais allé près du port de Beyrouth. Nous en passions toujours à une certaine distance à cause d'une batterie que nous savion exister au dessus de la ville.
 
En pleine nuit noire sans aucun feu pour me guider je me précipitais à onze noeuds dans les passes. J'avais bien un peu d'appréhension.
Si je m'étais trompé et si je donne sur la jetée, au moment où je l'apercevrais il serait probablement trop tard pour l'éviter. Emportés par notre vitesse nous nous briserions sur elle. De plus il y avait un champ de mines que je savais  
être mouillé devant Beyrouth. Mon équipage n'en a pas connaissance ; seul Davy que j'ai mis au courant m'a simplement répondu :
<< Dame, Lieutenant, que voulez-vous qu'on y fasse. >>
Nous approchons. Les yeux rivés aux jumelles, je scrute le noir.
Le Laborieux, bas sur l'eau, en pleine nuit noire ne s'aperçoit pas à plus d'un mille 1/2. Il me faut huit minutes à la vitesse de 11 noeuds, pour parcourir cette distance. Je compte n'être pas aperçu plus de cinq minutes avant d'être  
dans les passes.
 
Ca y est! je suis repéré ! La lueur des coups de fusils partant probablement des deux postes de gardes que je sais exister au bout de chaque jetée m'indique ma route.
Les balles nous sifflent aux oreilles. Je suis placé un peu trop sur bâbord.
<< à droite 10 ... zéro ... comme ça ...>>
A bord silence de mort ; chacun paré, à son poste attend mon commandement. Je distingue maintenant les musoirs ; des salves de coups de fusils en partent sans interruption.
<< En avant les mitrailleuses : hausse 250 mètres ; balayez les môles, mitrailleuses hausse à zéro. Pièces parées à 90 degrés à bâbord ... hausse 0 ... dérive 50. >>
Sur les jetées rien ne bouge plus ; personne ne peut s'y aventurer sous le feu de nos mitrailleuses. Je vais rentrer dans le port ... le sous-marin est-il là ? ...
Tout à coup, au moment où je mets le nez entre les musoirs, un choc violent secoue le Laborieux ... clac ... bzisss ... un fil d'acier était tendu en travers de la passe.
Heureusement que, pris sous l'étrave, il a cassé comme un simple fil à voile. Je n'ose penser à ce qui serait arrivé si, tendu plus haut, ce fil d'acier eut passé par dessus l'avant.
<< Stoppez ... toute à gauche ... en arrière toute ... >>
Nous sommes dans le port.
<< Cessez le feu des mitrailleuses >>
Je regarde la digue le long de laquelle doit être accosté le sous-marin.
Malédiction !!!! l'U 58 n'est plus là ! ...
Je commence à manoeuvrer pour m'éviter puis ressortir.
<< Toute à gauche ... en avant toute , en route ... En arrière toute ... zéro. >>
Les commandements se succèdent, le Laborieux obéit et lentement tourne sur babord. Maintenant les projecteurs m'aveuglent, mais pas un coup de canon.
Beyrouth est défendue par une batteries de grosses pièces placées dans le cimetière, au dessus de la ville, seulement les maisons l'empêchent de tirer dans le port : c'est ce qui me sauve.
Avant de ressortir, je vais jusqu'à toucher le quai à l'endroit où devait être amarré le sous-marin. Aucun doute, il n'est plus là.
<< En avant, le plus vite possible. >>
Je repasse les jetées. Les mitrailleuses, pour nous protéger, arrosent encore copieusement les môles.
Les projecteurs me perdent. A ce moment, comprenant que si je mettais directement le cap sur le large, les projecteurs qui me cherchent en dehors m'auraient vite retrouvé et la batterie du cimetière ne serait pas longue à m'envoyer au  
fond.
Aussitôt sorti, je mets la barre à droite et, en rasant la terre, je contourne la baie des pétroliers, puis la baie Saint-Georges et enfin la baie de Jounieh.
Je suis sauvé, hors de portée des projecteurs.
Je suis furieux d'avoir manqué le sous-marin.
 
J'ai appris par la suite qu'il avait quitté Beyrouth le soir même vers 19 heures ! Si l'on m'avait laissé tenter l'expédition la veille, l'U 58 était coulé, ou le Laborieux y restait !!!
 
Je rentre à Rouad, fier de mon tour de force ; juste deux hommes blessés, légèrement.
Un peu étonné de ne pas trouver le Commandant au débarcadère, je me précipite chez lui. Je fus accueilli très froidement. L'Amiral avait été furieux que nous ayions opéré sans son ordre et avait sévèrement rappelé à l'ordre le commandant  
Masse.
 
Ce coup de main, qu'en mon âme de marin, je considère comme ma plus belle expédition tant au point de vue difficultés à vaincre qu'au point de vue dangers à courir ; ce fait d'être rentré dans un port ennemi et d'avoir su en ressortir  
n'a pas même été l'objet d'un rapport. Aucun de nous n'a été récompensé. Moi, je suis heureux tout de même. J'ai fait mon devoir et j'ai passé une nuit inoubliable -.- >>
 
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 24-12-2011 à 13:57:05

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°34837
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 02-08-2012 à 21:27:19  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   
   LABORIEUX — Remorqueur de l’État — Direction du port de Brest. A partir de Septembre 1915, « aviso » mis à la disposition du Gouverneur de l’île de Rouad, et affecté à la défense de l'île, au blocus de la côte syrienne, ainsi qu’à des missions spéciales de renseignement.  
 
 
   ■ Historique (complément).
 
 
   — 13 juin 1895 : Renfloue l’Iceberg, cargo du port de La Rochelle chargé de poteaux de mine, qui s’était échoué sur la chaussée du Chat, dans les parages de l’île de Sein (Annales du sauvetage maritime – Société centrale de sauvetage des naufragés –, 1895, 3e Fasc., Juill.-Août-Sept., p. 215).  
 
 
   — 22 mai 1899 :  Avec l’assistance du canot de sauvetage du Conquet Mallat-Desmortiers (Patron : Pierre Le Goaster), et après une tentative infructueuse de renflouement, sauve les 12 hommes d’équipage du cargo britannique Grancemuir, bâtiment d‘environ 400 tonneaux, qui, par suite de la brume, s’était perdu sur le plateau rocheux se trouvant au Nord des Fourches, alors qu’il allait à Lorient avec un chargement de charbon (Annales du sauvetage maritime – Société centrale de sauvetage des naufragés –, 1899, 3e Fasc., Juill.-Août-Sept., p. 256 et 257).
 
 
   — 6 ~ 7 décembre 1907 : Avec le remorqueur de l’État Haleur, remorque jusqu’à la rade de Brest le cargo allemand Milos (Capitaine Richsen), de la Deutsche Levante Linies de Hambourg, qui se trouvait en feu à proximité de l’île Bannalec, dans les parages de l’île d’Ouessant. Une partie de l’équipage fut recueillie par le canot de sauvetage d’Argenton Marie-Russe (Sous-patron : Jacques Talarmin), ainsi que par le cargo mixte Douro, de la Compagnie des messageries maritimes.
 
  Pour leurs diligences, les hommes de l'équipage des deux remorqueurs de l’État se virent décerner diverses décorations allemandes par l’empereur Guillaume II.
 
 
  L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes – n° 3.248, Samedi 7 décembre 1907, p. 5, en rubrique « Dépêches maritimes – Marine de commerce ».
 
 
                                                                  « VAPEUR EN FLAMMES. Qu'est devenu l'équipage ?
 
   Brest, 6 décembre. Un vapeur dont on ignore la nationalité est signalé en flammes au large de l’île Molène.
   On ne sait ce qu'est devenu l’équipage ? De nombreuses barques de pêche sont autour du navire en feu. L’autorité maritime envoie du secours.  
 
   Brest, 6 décembre. — La préfecture maritime annonce que le vapeur en feu appartient à une compagnie maritime de Hambourg. Il s’agit du navire  Milos
[sic] chargé de marchandises et n’ayant aucun passager à son bord.  
   Le feu s’est déclaré dès hier soir et, devant l’impossibilité de sauver le bâtiment, l’équipage aurait été dans l’obligation de l’abandonner, après avoir demandé du secours.  
   On ne sait encore ce qu'est devenu cet équipage et de combien d’hommes il se compose. Le Milos a pu être pris en remorque par le vapeur anglais Duros
[sic]. Il est rentré à Brest, accompagné également par un remorqueur de l’État. »
 
 
   L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes – n° 3.249, Dimanche 8 décembre 1907, p. 5, en rubrique « Dépêches maritimes – Marine de commerce ».
 
 
                                                                                        « L’INCENDIE DU MILOS
 
                                  Le vapeur est ramené à Brest tout l’équipage a été sauvé mais le mousse set grièvement brûlé.
 
   Brest, 7 décembre. – Les dépêches qui arrivent de la côte laissaient supposer que le grand vapeur allemand Milos, ne serait bientôt plus qu’une épave.  
   Le feu aurait pris à bord par suite de l’explosion d’une chaudière. Une panique se produisit alors, et une douzaine d’hommes de l’équipage se précipitèrent dans une embarcation et abandonnèrent le navire.  
   Vendredi après-midi, le capitaine Guézennec, du vapeur postal Louise, offrit ses services au capitaine allemand, qui s’était réfugié à l’arrière avec le restant de son équipage ; mais, comme à ce moment, le navire incendié était remorqué par le Douro, les offres du capitaine de la Louise furent déclinées.
   On est sans inquiétude sur le sort des hommes qui sont restés à bord et qui pourront toujours être transbordés à la dernière extrémité. Quant à ceux qui l’avaient quitté, ils ont été recueillis par le vapeur Douro, des Messageries maritimes, qui, venant de Marseille, est arrivé au Havre ayant à bord les douze hommes du Milos.  
 
   La dépêche suivante nous est parvenue dans la soirée :  
 
   Brest, 7 décembre. —  Les deux remorqueurs de l’État Laborieux et Haleur, ont pu réussir à amener le Milos la 3 heures de l'après-midi en grande rade de Brest. On l’aperçoit à droite du Cours d’Ajot. Une légère fumée s’échappe de son avant.  
   Les quelques hommes d’équipage qui étaient restés avec le capitaine, au nombre de 7 ou 8, ont été débarqués hier soir dans la nuit par le canot de sauvetage du Conquet et conduits à l’hospice de cette localité. Presque tous sont plus ou moins légèrement brûlés, sauf le mousse qui est grièvement brûlé et dont les jours paraissent en danger.
»
 
 
   L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes – n° 3.250, Lundi 9 décembre 1907, p. 5, en rubrique « Dépêches maritimes – Marine de commerce ».
 
 
                                                                                        « L’INCENDIE DU MILOS
 
   Brest, 8 décembre. — Grâce l’effort puissant des pompes du remorqueur de l’État Le Laborieux, qui ont noyé les cales du vapeur allemand Milos, on est arrivé à se rendre maître de l’incendie. Le grand vapeur, qui se trouve actuellement sur le banc de Saint-Marc, a subi des dégâts considérables.  
   Le capitaine Richsen, qui le commandait et qui conduisait le navire d’Anvers dans la Méditerranée, a télégraphié hier matin à son armateur, la Cie Deutsche Levante Linies de Hambourg, pour demander des instructions. »
 
                                                                                            « DERNIÈRE HEURE
 
   Brest, 8 décembre. — Le feu a repris à bord du vapeur allemand Milos. Sous la pression de l’eau, les cloisons des machines se sont effondrées. Les flammes gagnent la deuxième cale.  
   Le Laborieux reste sur les lieux pour continuer les secours.
»
 
 
   Annales du sauvetage maritime – Société centrale de sauvetage des naufragés –, 1908, 1er Fasc., Janv.-Févr.-Mars, « Rapports des stations ~ Canots de sauvetage », p. 22 à 24.
 
 
   « ARGENTON (Finistère), 10 décembre 1907.  
   
   Monsieur le Président,  
 
   Le 6 décembre, vers deux heures de l’après-midi, le sous-patron Talarmin était prévenu qu’un navire était en feu dans les parages de l’île Bannalec à quelque distance d’Ouessant.
   En l’absence du patron, Talarmin réunit immédiatement son équipage et prit toutes les dispositions pour se porter au secours du bâtiment en détresse.  
   Le canot de sauvetage d’Argenton qui porte le nom de Marie-Russe se mit en route à trois heures et arriva près du Milos, vapeur de nationalité allemande, vers 4 h. 30. A ce moment, le canot de sauvetage de Molène était déjà sur les lieux.  
   La partie avant du navire ne formait plus qu’un immense brasier Toutes les soupapes, ouvertes, vomissaient la vapeur avec un sifflement strident, à travers lequel on percevait les cris et les appels des hommes restés à bord. Le spectacle était à la fois lugubre et effrayant. Douze hommes affolés par une explosion avaient quitté le navire dans une baleinière du bord ; mais les treize autres, sous la conduite du vaillant capitaine, étaient restés fermes à leur poste malgré le danger, et luttaient courageusement contre l’incendie. La moitié de ces braves dut bientôt abandonner la partie à la suite de brûlures ou de blessures ; et le canot de Molène fut chargé de les conduire au Conquet pour y recevoir les soins que comportait leur état.  
   Pendant ce temps, le feu faisait encore des progrès ; aussi le capitaine du Milos, craignant d’être forcé d’abandonner son navire, fit comprendre par signes à l’équipage de notre canot que sa présence était absolument indispensable pour assurer le salut des huit derniers hommes restant encore à bord et parmi lesquels se trouvaient le capitaine, le second, et le mécanicien.  
   Bien que le vent soufflât en tempête de l’Ouest et que la mer fût affreuse, l’équipage de la Marie-Russe demeura sur les lieux pendant la nuit de vendredi à samedi, restant aussi près du bord que lui permettaient sa sécurité et la chaleur intense qui se dégageait de l’incendie.  
   A 8 heures du soir, le remorqueur de l’État Haleur arriva sur les lieux et fut heureux d’utiliser le secours de notre canot pour établir les remorques. Le lendemain, 7 décembre, à 6 heures du matin, le Laborieux arrivait également ; cette fois encore, la Marie-Musse  aida d'une façon très active à porter les remorques d'un bâtiment à l'autre.  
   Sur les instances du capitaine du Milos et du commandant du Laborieux, la Marie-Russe consentit à accompagner à Brest le navire toujours en feu. Nos hommes étaient du reste très fatigués, car ils n’avaient rien pris depuis la veille et sentaient vivement la nécessité de faire sécher leurs vêtements qui étaient complètement mouillés. A 4 heures du soir, le canot arrivait péniblement à Brest.  
   L’équipage de la Marie-Russe était, comme bien vous pensez, parti d’Argenton sans effets de rechange, sans vivres et sans argent. Il était donc urgent de trouver un gîte et des aliments qui furent accordés très aimablement par l’Administration de la Marine. Il était du reste impossible de songer au retour, la tempête continuait à faire rage et nos hommes durent rester immobilisés à Brest le samedi et le dimanche. Ce n’est que le lundi qu’ils purent prendre la remorque d’un vapeur de la Compagnie Chevillotte qui les conduisit jusqu’au chenal du Four d’où ils arrivèrent à Argenton à 11 heures du soir, très fatigués et après avoir lutté contre une mer affreuse. Dans cette traversée, le canotier Provost fut blessé par un coup de mer qui lui occasionna une luxation d’épaule à la suite de laquelle il fut dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail pendant quinze jours.  
   Jamais depuis la création de la station d’Argenton, la Marie-Russe n’avait eu à supporter un temps pareil et pendant une durée aussi longue. Nos canotiers ont donné dans ces circonstances une preuve de courage, d’énergie et d’endurance qui mérite une récompense. Aussi je le recommande d'une façon toute particulière à la bienveillance de la Société.  
 
   Le Président du Comité local,  
   Marzin, Négociant.  
 
   Armement du canot de sauvetage Marie-Russe : TALARMIN (Jacques), sous-patron ; GUÉNA (Joseph), PROVOST (Yves), PÉRHIRIN (Michel), BRÉNÉOL (Achille), DÉNIEL (Ollivier), FILY (Jean), JAOUEN (François), QUIVORON (Hervé), HÉLIÈS (Alexandre), canotiers ; et GOURMEL (François), auxiliaire.
»  
 
   [Nota : Matelots inscrits au Conquet.]
 
 
   Navigazette, n° 988, Jeudi 2 avril 1908, p. 4, en rubrique « Chronique ~ Marine militaire ».
   
   « L’empereur Guillaume décore des marins français. — On se rappelle que les équipages des remorqueurs de l’État Haleur et Laborieux, de la direction du port de Brest, participèrent au sauvetage du vapeur allemand Milos, en feu dans les parages d’Ouessant. L’empereur d'Allemagne vient de décerner les décorations suivantes aux sauveteurs de ce navire : ordre de la Couronne de 4e classe, MM. Guillerme et Marchadour, adjudants principaux ; médaille d’honneur, MM. Laurent, Brélivet, Gegou, Jaoen et Rault, mécaniciens vétérans ; médaille de l’Aigle-Rouge, MM. Manach, Tromeur, Gueneur et Mailloue, seconds maîtres vétérans ; Pellé, second maître mécanicien vétéran ; médaille de l’ordre de la Couronne, MM. Gourvès, Kerrien, quartiers-maîtres mécaniciens, et Cosset, matelot. »
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 03-08-2012 à 15:19:09
n°34838
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 03-08-2012 à 11:35:40  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   ■ Historique (complément).  
 
 
   — Septembre 1915 : L’amiral Louis DARTIGE du FOURNET, commandant de la troisième escadre, met le Laborieux à la disposition du capitaine de frégate Albert TRABAUD, qu’en accord avec le Ministre de la Marine, il venait de nommer gouverneur de l’île de Rouad.
 
  Devenu « aviso », le Laborieux est alors affecté à la défense de l’île, au blocus de la côte syrienne, ainsi qu’à des missions spéciales de renseignement.  
 
 
   Albert TRABAUD, Capitaine de frégate de réserve : « Un marin gouverneur de l’île de Rouad », in « En patrouille à la mer », préface d’Auguste THOMAZI, Capitaine de vaisseau de réserve, éd. Payot, Collection de mémoires, études et documents pour servir à l’histoire de la guerre mondiale, Paris, 1929, p. 125 à 127.
 
 
   « III. — A Rouad. – L’installation.
 
   Ma dernière nuit à bord
(1) a été occupée par mon déménagement : je suis nommé gouverneur de l’île de Rouad, et ma nomination est approuvée par le ministre. Le Syrien m’est adjoint. Quand l’amiral de Lapeyre, commandant en chef de l’armée navale l’apprit, il dit à l’aide de camps qui lui apportait la traduction du télégramme : " C’est bon ! vous ne me parlez plus de Trabaud que lorsque les Turcs l’auront enlevé "... Il n’entendit plus parler de moi !
   [...]
   Le 31 août sont arrivés sur rade le Jaureguiberry et le D’Estrées : c’est une vraie division qui vient assister à la prise de possession de l’île et en rehausser la cérémonie en leur présence. Les ordres sont rédigés. Le 1er septembre, à 9 heures du matin, je recevrai les amiraux et les commandants en qualité de Gouverneur ; j’aurai pris terre dès 7 h. 30 ; mon détachement est formé de 3 enseignes (2), 1 médecin, 1 officier interprète et 80 hommes. (3) En plus des fusils et des cartouches, mon armement comporte deux canons à tir rapide de 65 mm, à mettre en place plus tard avec l’aide de maçons venus de Port-Saïd, et deux mitrailleuses. [...] »
 
   « IV. — L’organisation.
 
   [...] L’amiral, en outre, a destiné à Rouad le Laborieux, remorqueur à l’élégante silhouette que commande un enseigne de 50 ans !... (4) Il m’a également adjoint le Cydnus (5), petite chaloupe à vapeur que la Jeanne-d’Arc captura au printemps dans le golfe d’Alexandrette. Ainsi équipés, nous nous sentons moins isolés et mieux réunis aux terres alliées...
   [...]  
   La question argent est plus difficile à résoudre. Après de longs pourparlers avec Paris, l’amiral obtient pour moi un prêt de 100.000 francs du Crédit Lyonnais, et je puis remettre au patrons des goélettes en partance pour l’approvisionnement de beaux et bons chèques acceptés avec reconnaissance. Je dois dire, pour l’honneur de ma population, qu’ils furent toujours remboursés au centime. [...] »
   
   « VI. — Le Service des renseignements.
 
   Nous recevions, à Rouad, de fréquentes visites de camarades français et anglais attachés au Service des renseignements ou à l’Intelligence Office, et notre rôle, à ce point de vue, se précisa de plus en plus, et grandit chaque jour.
   Lors de notre débarquement sur l’île, l’amiral m’avait remis, comme je l’ai dit plus haut, soixante pièces de 5 francs, constituant pour l’exercice en cours le budget de mon Service de renseignements. Hélas ! cette somme minime ne pouvait faire long feu, et, dès le premier mois, mes comptes de service secret se chiffraient par 0 en balances égales !...
   Nous avions fait passer sur la côte voisine quelques hommes de bonne volonté qui, à la nuit, à la nage, avaient atteint la terre prochaine, et nous en rapportait quelques informations : Tartous était muni d’un bataillon turc, nous en voyions parfois des sentinelles sur la butte Gambka... Lors de notre débarquement, disait notre informateur, 5.000 Maronites, hommes, femmes et enfants, étaient descendus des hauteurs du Liban vers la plage pour nous rejoindre, dans l’espoir de voir les
" Francs " prendre pied à terre... Les autorités turques n’avaient pas eu de peine à leur faire regagner leurs montagnes.
   Le mois suivant, par suite du changement d’amiral, j’obtenais de l’amiral Moreau, qui avait pris le commandement de la troisième escadre
(6), une somme mensuelle de 400 francs grâce à un pieux mensonge : je lui avais déclaré que, dans l’esprit de son prédécesseur, la somme de 300 francs qui m’avait été allouée était une mensualité dont l’expérience avait montré l’insuffisance...
   Nous donnions à cette époque de grands coups d’épée dans l’eau pour nous créer des relations, et nous n’arrivions qu’à recevoir des tuyaux qui étaient de second ordre, comme les agents employés.
   Mais l’amiral m’envoya bientôt un Libanais de Djounieh, M. Becharra Bouéri, qui venu avec une équipe de ses compatriotes devait nous assurer des relations suivies et intéressantes avec la côte.
   M. Bouéri, lors de la déclaration de guerre de la Turquie, s’était rendu compte que le régime d’Azmi Bey et la toute puissance de Djemal Pacha ne pouvaient qu’être préjudiciable à son Liban. Aussi, quittant maison, parents et enfants, était-il venu à Port-Saïd, avec sa femme et un fils, pour offrir ses services à la Marine française. Engagé par l’amiral comme interprète de première classe, il avait d’abord accompagné le D’Estrées dans ses navigations côtières, puis il était venu à Rouad. Parmi les Libanais engagés comme matelots, il avait choisi une équipe de son pays, hommes solides et résolus qui furent, pour moi, d’excellents agents.
   Le système suivant fut adopté : le Laborieux, ou le chalutier de croisière présent à Rouad, se rendait par les nuits sans lune en face de la côte, et y stoppait à un mille ou deux, suivant la visibilité. Il détachait son youyou que montaient les agents accompagnés de l’officier du Service de renseignements, et, à 300 mètres environ de la côte, les hommes se jetaient à la nage pour prendre, dans un creux de rocher convenu à l’avance entre Bouéri et son frère, la correspondance de ce dernier.
   En outre, un secrétaire du patriarche maronite et un avocat, député de la nation maronite au Vilayet de Beyrouth, se firent nos informateurs. Nous étions ainsi tenus au courant des affaires locales qui, par la lutte entreprise au Sud de la Palestine, prenait une grande importance.

   [...]
   Port-Saïd nous envoyait parfois des gens à mettre à terre : nous fîmes passer un Bédouin qui devait rejoindre la plage de Saint-Jean-d’Acre où nous le recueillerions vingt jours plus tard. Hélas ! au jour dit, la plage était déserte, et le Laborieux nous revenait sans l’agent. [...] »
 
   _____________________________________________________________________________________________________________________
 
 
   (1) De la Jeanne-d’Arc, qui portait alors le pavillon de l’amiral du Fournet.
 
   (2) Dont l’enseigne de vaisseau CASTETS, second du gouverneur Albert TRABAUD.
 
   (3) En outre, le 30 juin 1916, fut nommé aumônier de la Flotte à la Division de Syrie pour être destiné à l’île de Rouad l’abbé Ernest SARLOUTTE, de la congrégation des Lazaristes, né le 6 septembre 1878 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).    
 
   (4) Sylvius JACOTIN, qui sera promu lieutenant de vaisseau de réserve le 10 novembre 1915.
 
   (5) V. ici —> http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2232_1.htm
 
   (6) Vice-amiral Frédéric Paul MOREAU, commandant de la troisième escadre à compter du 8 novembre 1915.
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 25-03-2014 à 10:22:42
n°34839
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 03-08-2012 à 15:29:01  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   ■ Historique (complément).
 
   — 5 juillet 1918 : Alors commandé par le premier maître de timonerie Ronalec, capture à un mille et demi du cap Damour, au Sud de Beyrouth, la goélette turque Mabrouke (Armateur et patron, Hadj Abd el Kader Ibrahim Toussef, de Tripoli).
 
 
   Conseil des prises, ... 1919, Goélette Mabrouke (Recueil des arrêts du Conseil d’État 1919, 1er supplément « Prises maritimes », 2e esp., p. 984 et 985).
 
                   Conseil des prises, Goélette Mabrouke. — Amiral de Sugny, rapporteur ; M. Chardenet, commissaire du gouvernement.    
 
   Le Conseil des prises a rendu la décision suivante entre : D’une part, les capitaine, propriétaire et chargeurs d’une goélette capturée par l’aviso le Laborieux, le 5 juillet 1918, à un mille et demi du cap Damour au Sud de Beyrouth ; et, d’autre part, le ministre de la Marine, agissant au nom de l’État et pour le compte des ayants droit des prises, conformément aux lois et règlements ;  
   Vu la lettre du ministre de la Marine en date du 30 septembre 1918, enregistrée au secrétariat du Conseil des prises, le 3 octobre 1918, sous le n° 186, faisant envoi du dossier relatif à la saisie par l’aviso Laborieux, en surveillance sur les côtes bloquées d’Asie-Mineure, d’une goélette turque dénommée Mabrouke ainsi que de son chargement et demandant que ladite saisie soit déclarée valable, pour le produit net en être attribué au fonds spécial institué par la loi du 15 mars 1916 ;  
   Vu les pièces composant ledit dossier et notamment : 1° – Le procès-verbal de capture dressé, le 5 juillet 1918, par le premier maître de timonerie Ronalec, commandant le Laborieux ; 2° – Le procès-verbal d’interrogatoire de l’équipage ; 3° – Une patente de santé et un reçu des droits de l’administration sanitaire, établis tous deux à Beyrouth ;  
   Vu l’avis inséré au
Journal officiel du 5 octobre 1918, mentionnant que le Conseil des prises venait d’être saisi d’un dossier relatif à la capture de la goélette turque Mabrouke et de son chargement et indiquant que, conformément à la décision d’ordre général du 10 mai 1917, il était accordé aux intéressés un délai de deux mois à compter du 3 octobre 1918, date de l’enregistrement du dossier au secrétariat, pour présenter leurs réclamations ;  
   Vu les conclusions du commissaire du Gouvernement tendant à ce qu’il plaise au Conseil : 1° – Déclarer bonne et valable la capture de la goélette turque Mabrouke et de son chargement effectuée le 5 juillet 1918 par l'aviso français Laborieux ; 2° – Attribuer une somme représentant la valeur de cette goélette et de son chargement aux ayants droit au produit des prises, conformément aux lois et règlements ;  
   Vu le règlement du 25 juillet 1778, remis en vigueur par l’arrêté des consuls du 29 frimaire an VIII ; la déclaration du Congrès de Paris du 16 avril 1856 ; les arrêtés des 6 germinal an VIII et 2 prairial an XI ; les décrets des 9 mai 1859 et 28 nov. 1861 ;  
   Le Conseil, après en avoir délibéré,  
 
   CONSIDÉRANT, d’une part, qu’aux termes des dépositions concordantes du patron et des hommes de l’équipage, la goélette Mabrouke appartenait à Hadj Abd el Kader Ibrahim Toussef, de Tripoli, sujet ottoman, qui en était en même temps patron ; qu’elle faisait le cabotage entre Beyrouth et Caïffa pour le compte du gouvernement ottoman ;  
   Considérant, d’autre part, que parmi les pièces trouvées à bord de la goélette Mabrouke figurent une patente de santé en date du 24 juin 1334 de l’hégire et un reçu des droits sanitaires en date, à Beyrouth, du 3 juillet de la même année ; que ces pièces mentionnent que ladite goélette battait pavillon ottoman ;  
   Considérant que de tout ce qui précède, il résulte que la goélette Mabrouke était de nationalité ottomane, c’est-à-dire ennemie et qu’elle pouvait, par suite, à bon droit, être saisie ainsi que son chargement ;
   Considérant au surplus, qu’au moment de la capture, la goélette naviguait dans la zone de blocus effectivement surveillée par les forces alliées ; qu’à ce titre encore elle était susceptible d’être déclarée de bonne prise ;  
   Considérant enfin qu’aucune réclamation n’a été présentée au sujet de cette capture ;  
 
   Décide : La capture de la goélette Mabrouke et de son chargement, effectuée le 5 juillet 1918 par l’aviso Laborieux, est déclarée bonne et valable pour la valeur nette en être attribuée aux ayants droit au produit des prises, conformément aux lois et règlements.

 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°36923
IM Louis J​ean
Posté le 05-04-2013 à 14:39:02  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 

Rutilius a écrit :

  — 5 juillet 1918 : Alors commandé par le premier maître de timonerie Ronalec, capture à un mille et demi du cap Damour, au Sud de Beyrouth, la goélette turque Mabrouke (Armateur et patron, Hadj Abd el Kader Ibrahim Toussef, de Tripoli).


 
D'après les souvenirs de l'EV Phérivong :
 
<< 27 mars 1918
 
Encore une nuit bien agitée. J'étais en mission à Barja, petit village dans le sud de Bouard. L'expédition s'était déroulée sans incident et nous revenions vers le Laborieux. Tout à coup, Pasquier aperçoit une voile droit devant. Nous venions de quitter la terre depuis cinq minutes et n'en étions guère éloignés de plus de 200 m. Il ventait petite brise de S.O.
 
Désirant éviter les histoires le plus possible comme me l'avait recommandé le Commandant, je mets la barre à droite et nage dans le vent.
 
A ce moment, la goëlette nous aperçut et nous héla en arabe. Je fais semblant de ne pas entendre et "souque garçon".
 
Mais, à ma grande stupéfaction je vois la goëlette loffer, loffer, puis, vent debout nous gagner de vitesse.
 
"Zut, nous sommes foutus, elle a un moteur!"
 
Je réfléchis un instant :
L'attaquer à la mitrailleuse ? C'était attirer l'attention des postes de terre et faire doubler la surveillance autour de ce point. Barja était brûlé.
 
Une idée me traverse l'esprit :
"A l'abordage! nous allons la prendre à l'abordage, et autant que possible, pas de coups de feu. Laissons la goëlette nous accoster et, ensemble nous sauterons à son bord. Vous avez tous vos poignards ? Passez un revolver à votre ceinture, et attention. Je sauterai le premier, toi Séjean tu resteras dans le youyou pour pouvoir nous recueillir à l'occasion."
 
La goëlette approchait.
 
"Qui êtes-vous ?" nous cria t-on en arabe
"Des pêcheurs" répondit Simon dans la même langue.
"Accostez"
"Attention! tous parés" murmurai-je.
 
Un coup de barre ; le youyou accoste la goëlette un peu brutalement. je profite de la secousse. Le poignard entre les dents d'un bond je suis à bord. Davy à côté de moi ; Pasquier et Simon derrière. Aussitôt sur le pont un premier ennemi me tire un coup de feu à bout portant ; je ne fus pas touché ; mon poignard, lui, ne le manqua pas. D'un bon coup en remontant j'étends mon ennemi le ventre ouvert. Un autre se disposait à m’assommer d'un coup de crosse et avait déjà son arme levée, quand Davy imitant mon exemple lui plongea son poignard dans le ventre. Un troisième turc fut assommé et lardé par Simon ; un quatrième demanda grâce.
 
Les marins qui montaient la goëlette, Syriens et amis de la France nous avaient vite reconnus. Loin de défendre les turcs ils criaient vive la France.
 
Les 4 hommes qui nous avaient attaqués étaient un adjudant et 3 soldats turcs qui convoyaient la cargaison de la goëlette.
 
Quelle prise !!!
 
La goëlette que nous venions d'enlever si lestement à l'abordage, transportait de Tripoli à Beyrouth tout le campement d'un capitaine turc qui changeait de résidence.
 
Rien n'y manquait, depuis ses meubles jusqu'à son cheval.
 
En avant le moteur! Le youyou à la remorque, et après nous être fait reconnaître, nous accostons le Laborieux.
 
Le lendemain matin, la goëlette "Mabrouké" rentrait à Rouad à la remorque du Laborieux. Elle avait arboré en tête de mât un grand pavillon Français et au dessous le pavillon turc vaincu.
 
C'est de cette prise que proviennent : d'abord mon pavillon turc, puis le beau tapis vieux persan, le porte-cigarettes en argent ciselé, une des petites tables arabes, une paire de jumelles et un revolver genre browning, perdus par la suite, une paire d'éperons en argent damasquiné qui m'ont été volés. >>
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°38636
IM Louis J​ean
Posté le 25-11-2013 à 09:56:16  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
http://gallica.bnf.fr/iiif/ark:/12148/bpt6k64932075/f1060/384.66091954022926,1072.6818555008215,1948.3719211822659,920.3210180623976/633,299/0/native.jpg
source Bulletin officiel de la Marine sur Gallica
 
Cordialement
Étienne


Message édité par IM Louis Jean le 21-09-2016 à 09:45:29

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°39458
CARRE1
Posté le 24-03-2014 à 18:56:12  profilanswer
 

Mon père, CARRE Pierre Premier maître de manoeuvre a commandé l'aviso LABORIEUX du 26 septembre 1917 au 26 janvier 1918. Il était rattaché à la "Jeanne d'Arc Annexe" (Rouad) commandée par le Capitaine de corvette TRABAUD. Mon père après avoir passé l'examen de Capitaine au Long Cours à Marseille, est revenu à Castellorizo comme Enseigne de Vaisseau de première classe auxiliaire.

n°39460
CARRE1
Posté le 25-03-2014 à 09:31:19  profilanswer
 

Je ne suis pas parvenu à ajouter l'image hier je la joins ci-après.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/15149/Ordre%20de%20commandement.jpg

n°40116
IM Louis J​ean
Posté le 20-06-2014 à 16:20:54  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour monsieur carre,
 
Un grand et sincère merci pour le partage de ces informations et ce document ... que je découvre seulement maintenant hélas.
 
J'espère que vous fréquentez encore ce forum et que vous pourrez lire ce message.
 
Cordialement
Étienne


Message édité par IM Louis Jean le 20-06-2014 à 16:21:34

---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°41853
IM Louis J​ean
Posté le 08-04-2015 à 16:52:30  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
<< Ce jour-là, à 2 h 35 du soir, à 70 milles environ dans le nord-ouest de Port-Saïd, le grand vapeur japonais Yasaka-Maru reçoit une torpille et coule. Prévenu à  
5 h 30, l'amiral Moreau fait signal d'appareiller au Laborieux, remorqueur de Toulon expédié en renfort à l'escadre à défaut de chalutier et dont le métier habituel est de surveiller la rade d'Alexandrette.
 
Le Laborieux est commandé par un extraordinaire va-de-bon-cœur de cinquante-quatre ans nommé Sylvius Jacotin et qui est, en ce 21 décembre 1915, lieutenant de vaisseau depuis un mois, encore que le rustique accoutrement qui habille son grand corps maigre ne puisse permettre de définir son grade. Depuis trente-deux ans qu'il a quitté la marine, il a naturellement perdu l'habitude de l'uniforme et son aspect pittoresque a gagné son navire. Malgré quoi le Laborieux et son  
commandant sont également solides et alertes. Sylvius Jacotin est coutumier des corvées inattendues qu'il accomplit avec un éternel sourire dans sa barbe blanche éployée. A 5 h. 35, il a pris la mer et va chercher dans la nuit.
 
Le lendemain tout Port-Saïd a envahi la jetée démesurée qui garde le port contre les ensablements et que domine un immense de Lesseps en bronze montrant aux navires le chemin des mers lumineuses. Toute la ville sait qu'un Japonais a été torpillé. Toute la ville attend.
 
A 10 heures, le Laborieux est en vue. La veille, à 11 heures  du soir, aidé par la lune claire, mais gêné par la houle, Jacotin a aperçu dans l'ombre un canot bondé de gens qui ont conté leur odyssée. « Le sous-marin est resté invisible. Il a torpillé sans avertissement. Le Yasaka-Maru a coulé en cinquante minutes. Il y a encore neuf canots, tous pleins de naufragés. Il s'agit de retrouver 282 personnes. » Une demi-heure plus tard, c'est fait. Le Laborieux a pris tout le monde à son
bord et ce matin, à le voir chargé à couler bas et remorquant en file interminable les embarcations à présent vides, toute la jetée retentit d'acclamations que répètent bientôt les bâtiments mouillés dans le port. Si le malheur veut qu'un navire de l'escadre avale quelque dragée empoisonnée, les survivants pourront compter sur le Laborieux. >>
source REVUE DES DEUX MONDES juillet-août 1928
 
Cordialement
Étienne


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°41859
Memgam
Posté le 09-04-2015 à 09:47:52  profilanswer
 

Bonjour,  
 
"U38, lieutenant de vaisseau Max Valentiner, du 9 décembre 1915 au 10 janvier 1916.
 
…Le 21, le vapeur japonais Yasaka Maru, 12 500 tx, qui fut pris pour un transport, fut coulé par une torpille lancée en plongée. Un autre vapeur très fortement armé ne put être suffisamment approché en plongée.."
 
Source : Arno Spindler, La guerre sous-marine, III, d'octobre 1915 à janvier 1917, Payot, 1935, page 46.
 
"Yasaka Maru
Nippon Yusen ; 1914 ; Kawasaki Dockyard Co. ; 10 932 tons ;
516.7 x 61.8 x 34.6 ; 1 300 n.h.p. ; triple expansion engine.
The Japanese steamship Yasaka Maru was torpedoed and sunk by a submarine in the Mediterranean on December 21st, 1915."
 
Source : Charles Hocking, Dictionnary of disasters at sea during the age of steam including sailing ships and ships of war lost in action, 1824-1962, Vol. II M to Z,  Lloyd's Register of Shipping, 1969.
 
Cordialement.

n°44086
Memgam
Posté le 13-02-2016 à 21:32:37  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Lors de la première tentative de lancement du cuirassé Danton à Brest, le 22 mai 1909, le bâtiment a d'abord glissé sur cale, puis s'est arrêté, après avoir parcouru 44 mètres.
Les deux grands remorqueurs présents, Laborieux (1880, 650 cv) et Hâleur (1886, 650 cv) ont été attelés au cuirassé pour reprendre le lancement, mais sans succès.
L'IM Louis Jean a publié une photo de cette intervention des remorqueurs, extraite d'Armée et Marine dont la légende indiquait "Les remorqueurs Haleur et Laborieux…"
Sur le cliché ci-dessous, avec un champ plus large, le Laborieux semble être présent à l'arrière plan, en partie masqué par la cheminée et la fumée du petit remorqueur du premier plan.
Il se caractérise par un avant à guibre (courbure vers l'avant depuis la ligne de flottaison et un deuxième mât sur l'arrière que l'on retrouve aussi sur l'aviso-remorqueur Caudan (disposition rare pour un remorqueur).
 
N.B. Le cuirassé Danton sera lancé avec succès le 4 juillet suivant.
 
Source : archives municipales de Brest.
La Dépêche de Brest et de l'Ouest, Ouest-Eclair, des 23 mai et 5 juin 1909.
 
Cordialement.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser325.jpg


Message édité par Memgam le 13-02-2016 à 22:10:43
n°45191
IM Louis J​ean
Posté le 21-09-2016 à 09:56:31  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Extrait d'une lettre manuscrite de Pierre Albessard :
 
<< "...C'est de cette façon que j'ai été nommé au commandement provisoire du "un canon" remorqueur "Laborieux" avec mission d'aller chercher un gros navire allemand, le "Kalymnos", capturé dès le début des hostilités, et de le ramener à Malte pour le remettre aux anglais qui en avaient fait la prise, mais avaient dû le laisser à Sidi Abdallah.
Le 18 Novembre 1914, dans la matinée, j'appareillais fier comme Artaban, avec un bateau, un canon, mes 35 hommes d'équipage.
Dehors, j'ai rencontré un temps abominable, une mer à défoncer tous les "un canon" de l'univers.
Je n'avais qu'une ressource; j'étais à la hauteur de Gozo, l’Îlot NO du groupe Maltais. Je devais rentrer me réfugier à Malte.  
Vous pensez si cela m'ennuyait.
Tous mes camarades ne tarderaient pas à me blaguer sur ma sortie.  
Et c'est effectivement ce qui m'est arrivé, car je ne pouvais plus étaler avec mon petit navire de 55 mètres, et je dus me décider à retourner à La Valette. J'étais furieux de ce contretemps; mais il fallait rentrer et si je vous le dis, si je vous dis également que je m'attendais aux sourires et demandes ironiques de tous, vous pouvez être sûr qu'il n'y avait plus moyen de faire route.
Aussi ai-je été bien accueilli à mon entrée dans le port!
Mon camarade Raffi m'envoya un mot: Commandant du Laborieux, je vous croyais plus hardi!!!!!! avec six points d'exclamation!
Quant au Commandant, il fût stupéfait et me demanda avec angoisse ce qui m'était arrivé. Je le rassurai immédiatement et l'assurai du bon état de mon navire.
Enfin, tout le monde me "chinait" très gentiment, lorsqu'on apprit que des torpilleurs et contre-torpilleurs, sortis le matin, rentraient également.  
Eux, non plus, n'avaient pas pu tenir dehors.  
Personne ne se moqua plus de moi. Au contraire, on commençait à m'approuver; j'avais eu du flair; sens marin très développé, etc...
Le NO souffla en coup de vent pendant deux jours.
Enfin le 20, il y eu une accalmie dont je profitais pour appareiller de nouveau.  
Dans la nuit du 20 au 21, le "Hurricane" se déchaîna à nouveau, et j'attrapai un coup de tabac soigné. Enfin, je réussis à arriver à Bizerte dans la nuit du 21, après, comme vous le voyez, bien des émotions.
Je ne suis pas resté du reste à Bizerte; le "Kalymnos" était à Sidi Abdallah, sur le lac. C'est là que j'ai amarré mon navire et ai pu dormir en toute sécurité.
 
Départ de Sidi Abdallah le 25; j'escorte le "Kalymnos" et suis derrière lui en ligne de file. A peine sommes nous arrivés à la hauteur de Farina à l'entrée ouest du Golfe de Tunis, que la mer se creuse, le vent prend au NO, fraîchit.
Vers dix heures du soir, il ventait à tout démolir.
Le "Kalimnos" étalait, mais mon bateau bien qu'ayant la mer de la hanche fatiguait énormément. Il avait de tels coups de roulis que par moment, on eut crû qu'il allait faire le tour complet. Enfin, j'ai eu pendant toute la nuit une mer démontée, augmentant de force d'heure en heure, rendant la navigation de notre convoi, impossible.
Nous relâchâmes à l'abri des vents de NO dans cette petite baie de Kélibia, d'où je vous ai envoyé une carte.
Deux navires avaient dû déjà s'y réfugier, un vapeur français et le cuirassé "Latouche Tréville".
 
Dans cette même nuit, plusieurs torpilleurs se réfugièrent où ils purent; deux d'entre eux furent en perdition et furent sauvés par des remorqueurs.
Enfin, vous le voyez, j'ai eu de la guigne pour mon premier commandement.
Je n'ai quitté "Kélibia" que le 27 dans l'après-midi.
Le lendemain, en mer, par beau temps, je rencontrais deux vapeurs anglais, j'ai arraisonné l'un deux, j'ai visité l'autre.
Rien de suspect dans leurs papiers. Nous les avons laissé continuer.
Je suis arrivé à Malte le dimanche 29 avec mon convoi en parfait état. J'y ai reçu les félicitations du Capitaine de Vaisseau délégué du Vice Amiral, Commandant en Chef et j'ai été relevé de mon commandement pour être dirigé sur le "Marceau" qui à ma très grande stupéfaction avait quitté son mouillage de La Valette. >>
source pierre-albessard.blogspot par Jean-Paul Fontanon
 
Cordialement
Étienne
 


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°45193
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 21-09-2016 à 22:12:24  profilanswer
 

.  
   Bonsoir à tous,
 
                                                                                                        ALBESSARD Pierre Léon Marie Jules
 
 
   Né le 3 mars 1888 à Mauriac (Cantal) (Registre des actes de naissance de la commune de Mauriac, Année 1888, f° 5, acte n° 17) et y décédé, le 26 août 1980. Classe 1908, n° 1.036 au recrutement d’Aurillac ; inscrit définitif le 3 mars 1910 à Marseille, n° 6.131.    
 
    Fils de :
 
   – Jean Marie Antoine Jules ALBESSARD, né le 5 janvier 1856 à Paris (... Arr.) et y décédé, le 12 juin 1923, avocat près la Cour d’appel de Paris.
 
   – Marie Joséphine Zélina Marguerite PÉRIER, née le 18 mars 1864 à Mauriac et décédée le 13 avril 1954 à Nice (Alpes-Maritimes) (Registre des actes de naissance de la commune de Mauriac, Année 1864, f° 9, acte n° 24).
 
   Époux ayant contracté mariage à Mauriac, le 9 janvier 1883 (Registre des actes de mariage de la commune de Mauriac, Année 1883, f° 3, acte n° 3).
 
 
    Époux de  Marie Ernestine Rosalie Caroline BUISSON, née le 27 juillet 1887 à Saint-Christophe-les-Gorges (Cantal), avec laquelle il avait contracté mariage à Saint-Christophe-les-Gorges, le 20 octobre 1937 (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Christophe-les-Gorges, Année 1887, f° 7, acte n° 22).
 
 
    Frère de Noël Maurice Pierre Firmin Jules ALBESSARD, né le 25 décembre 1892 à Mauriac, mort le 3 juillet 1916 à Hem (Somme), tué à l’ennemi, Lieutenant, 5e Régiment de hussards, matricule n° 749 au corps, classe 1910, n° ... au recrutement d’Aurillac (Acte de décès transcrit à Mauriac, le 17 nov. 1916).  
 
   Admis en Octobre 1911 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr à la suite du concours organisé la même année. 96e Promotion, dite « des Marie-Louise » (1911~1914). Classé 22e sur 290 élèves à l’issue des épreuves dudit concours (J.O. 26 sept. 1911, p. 7.764). Affecté au 1er Régiment de chasseurs (Ibid.). A l’issue des épreuves d’examen de sortie de l’école, reconnu apte au grade de sous-lieutenant, étant classé 68e sur 275 aspirants (J.O. 21 déc. 1913, p. 10.949).  
 
 
                                                                                                                                * * * * *
 
 
   Par décret du 30 août 1914 (J.O. 9 sept. 1914, p. 7.832), nommé au grade d’enseigne de vaisseau de 2e classe dans la réserve de l’armée de mer, en sa qualité de capitaine au long-cours. Attaché au port de Brest.
 
   Par décret du 20 octobre 1914 (J.O. 22 oct. 1914, p. 8.388), promu au grade d’enseigne de vaisseau de 1re classe dans la réserve de l’armée de mer.
 
   En Novembre 1914, nommé au commandement du remorqueur Laborieux.
 
   Étant embarqué sur le cuirassé Marceau, cité à l’ordre de l’armée avec d’autres marins dans les termes suivants (J.O. 10 juill. 1915, p. 4.682) :
 
                                                                                          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ALBESSARDCitation..jpg
 
   Le 27 juillet 1915, étant embarqué sur le cuirassé Courbet, est décoré de la Croix de guerre.
 
   Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 4 novembre 1917 (J.O. 6 nov. 1917, p. 8.859), inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier (rang du 1er novembre 1917) dans les termes suivants :
 
                                                                                          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ALBESSARDL.H..jpg
 
   Par décret du 21 février 1919 (J.O. 22 févr. 1919, p. 1.973), promu au grade de lieutenant de vaisseau dans la réserve de l’armée de mer.
 
 
   V. également —> http://pierre-albessard.blogspot.f [...] -1914.html


Message édité par Rutilius le 30-01-2017 à 00:20:56

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°45212
IM Louis J​ean
Posté le 25-09-2016 à 18:51:31  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
http://gallica.bnf.fr/iiif/ark:/12148/bpt6k5672772/f4/1640.294959644984,3947.4329814951416,806.1803843684716,194.24273753805574/552,133/0/native.jpg
source L'Ouest-Éclair du 21 juin 1916 sur Gallica
 
<< Journal de bord du torpilleur d'escadre Hache
7 avril 1916
 
08h05 : Appareillé pour concourir à une opération devant Tartous avec le Laborieux.
12h08 : Mouillé devant Rouad. 10m de fond.
13h43 : Appareillé. Repris l'opération devant Tartous
16h24 : Mouillé devant Rouad.
16h45 : Embarqué 8 hommes blessés pendant l'opération dont 1 officier, 1 officier-marinier, 1 quartier-maître, 3 matelots français, de la garnison et 2 indigènes de Rouad.
18h28 : Appareillé pour Port-Saïd >>
source SS Y 265 page 141
 
Cordialement
Étienne
 


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°45902
Memgam
Posté le 29-01-2017 à 22:24:04  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Le 15 janvier 1899, le cargo Le Gaulois, capitaine Le Floch, de l'armement Chevillotte frères, lors d'un transit du Havre à Nantes, repère au large de Brest, près des Platresses, un navire présentant une forte gîte sur bâbord et qui est abandonné de son équipage. Le second du Gaulois, capitaine Boju, et deux matelots montent à bord pour passer une remorque qui casse à plusieurs reprises. Vers deux heures de l'après-midi, au large du Trépied, le remorqueur Laborieux, de la direction du port de Brest, commandé par l'adjudant principal Le Roux et ayant à bord le pilote Nicolas, passe une remorque au cargo abandonné qui est le danois Nordpol de la Dampskiibsselkobel et Norden de Copenhague. Malgré une rupture de remorque, le cargo est mouillé en rade de Camaret à quatre heures. Le lendemain, il sera remorqué par le Gaulois à Brest avec la machine partiellement remise en route et la drosse de gouvernail réparée. L'équipage danois, capitaine Arnessen avait été recueilli par le cargo anglais Sporstman et débarqué à Rotterdam, puis ramené à Brest. Déchargé, (cargaison de grains qui avait ripé), redressé, réparé, rechargé, le navire quittera Brest le 22 février 1900.
 
Le sauvetage n'ayant pas été l'objet d'un accord amiable, l'affaire est jugée. Navire abandonné en mer, le tribunal de commerce de Brest appliquera l'article 27, titre 9, livre 4 de l'ordonnance sur la Marine de 1681 et ordonnera donc à la compagnie danoise de verser le tiers de la valeur aux sauveteurs, soit 103 095 francs alors qu'elle contestait l'application de cet article plutôt que le 25, ne proposant que 25 000 francs. Le navire avait fait l'objet d'une saisie conservatoire, levée par une caution de 120 000 francs. Le jugement sera confirmé en appel à Rennes le 13 février 1900.
 
La Marine, selon un accord avec l'armement Chevillotte, reçoit le dixième de la somme, moins les frais, soit 9 915, 76 francs répartis par tiers entre l'école maternelle de la Marine, l'école des pupilles et l'équipage du Laborieux. La somme restante revient aux deux tiers à l'armement Chevillotte et à un tiers à l'équipage du Gaulois, soit 29 747 francs pour les treize hommes d'équipage, au prorata de leurs salaires, soit 4167,48 francs pour le capitaine et le second, 833,59 francs pour le mousse.
 
Source : La Dépêche de Brest, des 17, 18, 19, 20, 21 janvier 1899, et divers numéros de 1899 et 1900 (11 juillet 1899 pour le 1er jugement, 14 avril 1900 pour le 2ème, le 12 mai pour la répartition).
 
Cordialement.


Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  LABORIEUX - Remorqueur