Bonsoir Olivier
Bonsoir à tous,
... en été 1909, le président Armand Fallières vient visiter le paquebot en escale au Havre. Officiels et état-major du navire l'attendent sur le quai. Mon G.P. y était alors embarqué comme officier mécanicien, et c'est donc le seul que j'ai pu identifier sur la photo...
Le 17 juillet 1909, le président Armand Fallières se trouvait au Havre pour l'inauguration du quai d'escale. Et le paquebot La Lorraine, en partance pour les Etats-Unis, fut, le même jour, le premier bâtiment à utiliser le nouvel ouvrage portuaire.
● Le Temps, n° 17.552, Dimanche 18 juillet 1909, p.1 et 2 :
« LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU HAVRE
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Le Havre, 17 juillet.
Le ciel est sombre, de gros nuages noirs courent au gré de la bise de mer qui nous cingle le visage, il y a quelque chose d’humide et de froid dans l’air, mais si impalpable qu’on ne peut réellement soutenir qu’il pleuve. Il « crachine », selon l’expression locale, les parapluies ne sont pas ouverts, et à travers les larges artères de leur ville, très artistement pavoisées, les Havrais se rendent à la gare pour saluer et acclamer le président de la République. […]
L’arrivée du président
A dix heures quatorze, en avance d’une minute sur l’horaire, le train présidentiel entre en gare, tandis que tonnent les canons du fort de Sainte-Adresse. Le président, en habit ; la poitrine barrée par le grand-cordon de la Légion d’honneur, descend le premier. Il est suivi de MM. Barthou, ministre de l’Instruction publique ; Ramondou, secrétaire général de la présidence ; Mollard, directeur du protocole ; Marc Varenne, chef du secrétariat particulier ; les commandant Laugier, Schlumberger et Guise, officiers d’ordonnance ; MM. Pallain, gouverneur de la Banque de France ; le capitaine de corvette F. Heaton Ellis, attaché naval à l’ambassade d’Angleterre ; MM. Chapsal, directeur des affaires commerciales, Charguéraud, directeur de la navigation, etc.
Le ministre de la Marine, qui devait accompagner le président, a été obligé d’y renoncer en raison des débats parlementaires.
Sur le quai même de la gare commencent les présentations officielles. Les personnalités présentes sont le préfet de la Seine-Inférieure, accompagné du sous-préfet du Havre, le maire du Havre et le conseil municipal, les sénateurs et députés, le conseil général de la Seine-Inférieure, le préfet maritime du 1er arrondissement, les deux vice-amiraux commandant en chef l’escadre du Nord et l’escadre de la Méditerranée, la chambre de commerce et les autorités de la ville du Havre, le général commandant le 3e corps d’armée. […]
A 10 h. 40, les présentations sont terminées et le président se dirige vers le landau attelé à la daumont et conduit par quatre artilleurs qui l’attend devant le perron de la gare. Dès que M. Fallières apparaît, la musique joue la Marseillaise, les troupes massées dans la cour de la gare présentent les armes et une immense clameur de « Vive le président ! Vive Fallières ! » s’élève poussée par la foule massée aux alentours de la gare.
Le cortège se forme aussitôt pour se rendre au quai d’escale. Le préfet, le maire et M. Ramondou montent dans la voiture du président. La seconde est celle du ministre de l’Instruction publique et la troisième celle du ministre des Travaux publics.
Nous suivons au grand trot le boulevard de Strasbourg décoré de nombreux trophées de drapeaux puis la rue de Paris où les fenêtres disparaissent sous les décorations de tout genre. Tous les dix mètres, des guirlandes de fleurs du plus heureux effet traversent la rue et de distance en distance, se dressent des pylônes portant les initiales du président de la République.
Inauguration du quai d’escale
Le cortège traverse l’île Saint-François pour gagner le quai d’escale par les quais Bostrom et de Malakoff. Sur tout le parcours, le président est vivement acclamé. Le cortège s’arrête devant une tribune dans laquelle prennent place le président et les personnages officiels. Face à cette tribune est amarrée la Lorraine qui va partir tout à l’heure pour l’Amérique et qui inaugure aujourd’hui le quai d’escale.
Le président de la chambre de commerce prend la parole. […]
Le président de la République répond au président de la chambre de commerce par le discours que voici : […]
A midi moins dix, le président quitte l’estrade officielle et se rend à bord de la Lorraine, accompagné par MM. Halfon, vice-président, de Latoude et Boire, administrateurs, Dal Piaz, secrétaire général de la Compagnie Transatlantique. La Lorraine est commandée par le commandant Tournier. Elle a à son bord cent passagers de première, deux cent soixante passagers de seconde et cinq cents passagers de troisième classe. La coupée du navire disparaît sous les drapeaux tricolores qui encadrent un portique en verdure sur lequel apparaissent les mots de « Vive le président ! ».
M. Fallières est conduit dans l’une des cabines de luxe où M. Halfon, au nom de la Compagnie transatlantique, lui dit combien il est heureux de lui souhaiter la bienvenue à bord de la Lorraine et rappelle que ce paquebot, la Savoie et la Provence ont marqué des progrès considérables dans l’organisation des lignes transatlantiques, progrès exigeant des sacrifices constants. Aussi tout en se félicitant des travaux en vue de l’amélioration du port du Havre, demande-t-il encore les encouragements des pouvoirs publics.
Le président de la République répond :
Notre fête maritime n’eût pas été complète si le président n’était pas monté à bord de votre beau paquebot en partance pour l’Amérique.
Vous avez fait tout à l’heure, monsieur le vice-président, allusion à de nouveaux travaux destinés à favoriser l’accès au port du Havre.
Ce qui a été fait dans le passé vous répond de ce que l’avenir vous promet. Quoiqu’il ne m’appartienne pas de prendre d’engagements, je puis vous assurer avec les membres du gouvernement qui m’accompagnent de toute notre bonne volonté. Je suis ravi d’avoir vu votre beau bâtiment qui réunit tous les enchantements d’une féerique ville flottante, et ceux qui partent pourront dire à leur arrivée en Amérique que le président de la République a été heureux de leur souhaiter un excellent voyage.
La marée commençant à baisser, il est temps que la Lorraine démarre, et à midi le président de la République et les personnes qui l’accompagnent redescendent à terre tandis que le transatlantique largue ses amarres et évolue pour quitter le quai.
Le président ne s’éloigne qu’à midi un quart, au moment où la Lorraine met le cap sur l’Amérique.»
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Message édité par Rutilius le 22-06-2010 à 13:57:41