Bonjour à tous,
Le naufrage du trois-mâts Maguy (6 au 11 janvier 1924).
● L’Ouest-Éclair – éd. de Nantes –, n° 8.159, Mercredi 16 janvier 1924, p. 6, en rubrique « Nouvelles maritimes – Marine de commerce – Événements de mer » :
« Le naufrage du "Maguy"
CHERBOURG, 15 janvier. ― Dans la matinée d’hier, le vapeur suédois Borden, allant en Suède, est venu en rade de Cherbourg, pour déposer sur le bateau pilote, les vingt hommes d’équipage du trois-mâts français Maguy du port de Bordeaux, appartenant à MM. Gillet et fils de Lyon, commandé par le capitaine au long-cours Cheneau, de Nantes. Le capitaine et ses hommes se sont rendus à l’inscription maritime où ils ont fait le récit suivant.
Partis de Santa-Fé pour Anvers, le Maguy fut assailli dans la nuit du 6 au 7 janvier par un cyclone qui en quelques minutes a déchiré les voiles et fait au navire, qui jusque-là s’était parfaitement comporté, des avaries telles que le pont fut recouvert par la mer et que le bateau fit eau. On constata la présence de plus d’un mètre d’eau dans la cale et le Maguy se mit à piquer du nez.
Voyant que la situation devenait critique, le capitaine lança un S.O.S. pour réclamer du secours. Cet appel fut reçu par le Borden, qui se trouvait alors à plus de 100 milles du navire avarié et qui partit à sa recherche.
Le 10 janvier, seulement, le Borden trouva le Maguy dont l’équipage faisait des efforts surhumains pour pomper l’eau des cales. Bien que la situation parut désespérée, le capitaine et l’équipage voulurent encore, pendant toute une nuit, tenter l’impossible. Le 11 seulement, ils durent s’avouer vaincus et évacuer le navire dont le pont arrivait à fleur d’eau. En deux bordées, l’équipage gagna le Borden et le capitaine Cheneau quitta le dernier son navire prêt à sombrer.
Le Borden fit alors route sur Cherbourg, où il arriva mardi matin [15 janvier 1924]. Il déposa l’équipage et reprit aussitôt sa route. Par bonheur, le naufrage n’a causé aucune perte d’hommes.
Voici les noms des rescapés du naufrage du Maguy :
Capitaine Cheneau, de Nantes ; second Bouin, de Nantes ; lieutenant Gravel, de Quiberon ; matelots Frapin, du Croisic ; Palvadeau et Devineaux, de Noirmoutier ; Lafontaine, de Saint-Malo ; Drillon et Cosquer, d’Audierne ; Beunec, de Quiberon ; Morvan, de Sainte-Marie, près Quimper ; Leroux, de Quiberon ; Olivier, de Quiberon ; Marzin, de Brest ; Guillot, de Binic ; Pehanno, d’Auray ; Barbé, de Nantes ; Biha, de Quiberon ; Huitoren, de Nantes. »
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Bien amicalement à vous,
Daniel.