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  TIBET ― Paquebot ― Cie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet.

 

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Auteur Sujet :

TIBET ― Paquebot ― Cie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet.

n°24639
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 24-03-2010 à 19:21:27  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
   Tibet – Paquebot mixte en acier de 2.703 t, lancé à La Seyne-sur-Mer en 1883 par la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, pour le compte de la Compagnie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet et Cie, dont le siège social était établi à Marseille, aux 4 et 6, place de la Bourse. Longueur, 101,19 m ; largeur, 12,19 m ; vitesse, 12 nœuds ; une cheminée ; deux mâts ; deux hélices (The Ship List). En service jusqu’en 1922.
 
 
   ■ Traversées.  
 
 
   ― 8 au 19 septembre 1914 : Transporte de Dakar à Marseille trois compagnies et la section de mitrailleuses du Bataillon Schneegans, unités qui appartenaient au Régiment de marche de tirailleurs sénégalais.
 
   Ce régiment venait d’être formé le 1er septembre 1914 à Dakar (Ordre général n° 24 du général de division Lasserre, commandant supérieur des troupes du Groupe de l’A.O.F., signé à Dakar, le 31 août 1914), essentiellement à partir de réservistes provenant de toutes les régions de l’Afrique occidentale française (Soudan, Côte-d’Ivoire, Mauritanie, Sénégal, ...). Le 30 septembre 1914, il prendra officiellement le nom de Régiment sénégalais du corps d’armée colonial.
 
   Ses autres unités furent acheminées à Marseille par le Lybia (autres compagnies du Bataillon Schneegans et section de mitrailleuses du Bataillon Sapolin), l’Amiral-Villaret-de-Joyeuse (État-major et Bataillon Chasles) et l’Amiral-Hamelin (Bataillon Sapolin).
 
 
   Journal de marches et opérations du Régiment de marche de tirailleurs sénégalais – du 3 septembre 1914 au 5 novembre 1914 – : S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote 26 N 869/1, p. 2, 4 et 5.
 
   « Le 3 septembre 1914, le colonel Lavenir, commandant militaire du Sénégal, reçoit du général, commandant supérieur des troupes du Groupe de l’A.O.F. le télégramme suivant :
 
   " Après envoi du détachement à diriger demain 4 août [sic] sur Thiès, pourrez vous mettre en route sur Dakar où serait désirable que vous fussiez rendu le 6 au plus tard. Achevez de constituer votre état-major du régiment à Dakar dans limites des disponibilités locales. "
 
   Il reçoit en même temps l’Ordre général n° 24 ci-joint (p. 3).
 
   Le 5 septembre, à 7 heures, le colonel quitte Saint-Louis pour Dakar. Il prend en passant un premier contact avec les officiers du régiment dont les différents éléments s’échelonnent le long de la ligne : Bataillon Chasles à Tivouane, Bataillon Sapolin à Thiès, Bataillon Schneegans à Tiaroye.
   Le 6 septembre, à 9 heures, sont donnés les premiers ordres d’embarquement.
   Le 8 septembre, à 9 heures, le Bataillon Schneegans embarque trois compagnies et  sa section de mitrailleuses sur le Tibet, et sur le Lybia une compagnie à laquelle se joint la section de mitrailleurs du Bataillon Sapolin, seule unité du régiment qui ne comprenne que des Européens.
   L’état-major et le Bataillon Chasles embarquent à 10 heures sur l’Amiral-Villaret-de-Joyeuse qui lève l’ancre à midi 30. Le Bataillon Sapolin doit embarquer ultérieurement.
   Tous les éléments se concentreront à Marseille, où les navires arriveront successivement, chacun utilisant sa vitesse.  
   Le 9 septembre, le Villaret-de-Joyeuse est par 18° 35’ N. et 20° 1’ O., à 247 milles de Dakar.
   Le 10 septembre à midi : 22° 35’ N. et 19° 19’ O. (487 milles).
   Le 11 septembre à midi : 25° 52’ N. et 17° 33’ O.
   Le 12 septembre à midi : 28° 46’ N. et 15° 16’ O.
   Le 13 septembre à midi : 32° N. et 13° 03’ O.
   Le 14 septembre à midi : 35° N. et 9° 25’ O.
   Le 15 septembre à midi : 36° N. et 3° 27’ O.
   Le 16 septembre à midi : 38° 51’ N. et 1° 36’ O.
   Le jeudi 17 septembre, à 5 heures du soir, le Villaret entre en rade de Marseille, où le pilote apprend aux officiers, sans nouvelles depuis le départ, la victoire de la Marne.
   Les opérations de débarquement commencent dans la matinée du 18. Les différents éléments du régiment se concentreront au camp de Carpiagne, à 18 kilomètres de Marseille, au fur et à mesure de leur arrivée.
   De régiment, il n’y a encore en réalité qu’un embryon, constitué d’éléments venus de toutes les régions de l’A.O.F. (Soudan, Côte-d’Ivoire, Mauritanie, Sénégal, etc.), avec une très forte proportion de réservistes, avec des officiers qui, pour la plupart, ne connaissent ni leurs cadres ni leurs hommes, et qui n’ont eux-mêmes jamais servi sous les ordres du colonel. Il est nécessaire que, le plus rapidement possible, cet organisme soit mis au point. Tous les jours, matin et soir, tout le monde, même les comptables, manœuvra d’après les principes du nouveau
Service en Campagne.
   Ces manœuvres doivent avoir lieu malgré l’organisation matérielle qui doit être révisée en même temps. On peut dire que le régiment manque de tout : 75 % de ses fusils, d’après la visite d’un inspecteur d’armes, ont besoin d’être changés. Il n’y a ni une voiture ni un cheval. Les vêtements légers apportés du Sénégal sont inutilisables ; il faut habiller, équiper tout le personnel, y compris les officiers. Les mitrailleuses n’ont qu’une partie de leur matériel ; il n’y a pas d’ateliers téléphoniques, pas d’éclaireurs montés, pas de cyclistes, pas de conducteurs. Les cadres mêmes sont incomplets.
   Le Bataillon Schneegans arrive sur le Tibet et le Lybia le 19 et le 20 septembre. L’Amiral-Hamelin, qui transporte le Bataillon Saportin arrive seulement le 28 septembre.
   Le 30 septembre, le régiment organisé reçoit l’ordre de s’embarquer le lendemain. Il prend officiellement le nom de
Régiment Sénégalais du Corps d’Armée Colonial. Le départ aura lieu par quatre trains transportant respectivement chacuns des trois bataillons et l’état-major du régiment.
   Entre temps, le régiment a reçu une légère modification dans son organisation : il est constitué d’une compagnie hors rang, chargée de l’administration des trois bataillons, qui ne forment plus qu’un corps.
[...] »
   _____________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 22-05-2017 à 22:57:41
n°24813
Terraillon​ Marc
Posté le 03-04-2010 à 22:17:36  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Voici la fiche du navire selon Miramar
 
Single Ship Report for "5616436"IDNo: 5616436 Year: 1883  
Name: TIBET Keel:  
Type: Passenger/cargo Launch Date:  
Flag: FRA Date of completion:  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Tons: 2755 Link: 1840  
DWT: 0 Yard No: 823  
Length overall:  Ship Design:  
LPP:  Country of build: FRA  
Beam:  Builder: Mediterranee  
Material of build: is Location of yard: La Seyne  
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn):    
 
--------------------------------------------------------------------------------
Naval or paramilitary marking :  
A: *  
End: 1922  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Subsequent History:
 
Disposal Data:
BU Genoa 2.3.22

 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 03-04-2010 à 22:18:09

---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°24815
Terraillon​ Marc
Posté le 03-04-2010 à 22:27:49  profilanswer
 

Bonsoir
 
Et une photo du navire (de la part de Daniel)
 
http://www.navires-14-18.com/photos/T/TIBET_FRAISSINET_2w.jpg
 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 03-04-2010 à 22:28:12

---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°34116
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 09-03-2012 à 08:52:49  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   ■ Un passager militaire décédé à bord du paquebot mixte Tibet.
 
   ― SIDAFA Kaba, né à une date et en un lieu inconnus, décédé le 11 juin 1916 « en mer » (Cause inconnue), Tirailleur de 2e classe, 54e Bataillon de tirailleurs sénégalais, Matricule n° 43.803, classe, n° et lieu de recrutement inconnus.
 
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.  

n°46249
olivier 12
Posté le 09-03-2017 à 07:50:50  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
TIBET
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/X0scQj.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/GoYkbv.jpg
 
Rencontre avec un sous-marin le 22 Février 1918. Rapport du capitaine
 
Affréteur : Office français d’affrètement. Transporte 368 tonnes de divers et deux hydravions.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/PywBxF.jpg
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/0xXyIb.jpg
 
En provenance de Bordeaux, quitté la rade du Verdon pour Dakar le matin du 18 Février, incorporé dans un convoi qui s’est dispersé le 20 à 10h00 du matin.
 
Le 21 à midi précise, à 234 milles dans l’Ouest du cap Finisterre, TIBET a été attaqué au canon par un sous-marin. Un premier projectile est venu tomber à une distance d’environ 400 m sur l’avant du travers tribord. Un 2e tombe aussitôt sur l’arrière du travers tribord à moins de 100 m. Le tir est rapide, précis, et un 3e obus tombe sur l’arrière à bâbord. Le navire est parfaitement encadré.
 
Aussitôt la chute du 1er projectile, l’équipage se rend aux postes de combat. La pièce arrière, qui a en permanence son personnel autour d’elle, entre immédiatement en action suivant les indications de l’officier de tir. Deux coups sont tirés avec une hausse à 7000 m. Le but est constitué par une légère fumée aperçue dans le Nord et par l’éclair des coups tirés par le pirate. Dès le début du combat, cinq engins fumigènes Berger à flotteur sur les 15 que nous possédons sont jetés à la mer de distance en distance. Le nuage protecteur qui s’est formé rapidement empêche de voir les points de chute des deux projectiles lancés par la pièce arrière.
Dès le début, l’ordre a été donné à la machine de tourner le plus vite possible et le nombre de tours passe de 52 à 60. La pression se maintient et la vitesse monte à 11 nœuds. Je ne dois point oublier que j’ai pris route au Sud dès que j’ai pu reconnaître la direction d’où partaient les coups, présentant exactement l’arrière à la petite fumée et aux éclairs des coups. Temps très clair, mer houleuse d’WNW, faible brise de Nord.
Le nombre de coups tirés par le sous-marin n’a pas été exactement compté, 7 ou 8, as davantage. Les derniers projectiles sont courts, ce qui m’engage à persévérer et à augmenter la vitesse le plus possible. En dernier lieu, 4 obus à mitraille éclatent à 200 m de hauteur, bon en direction, mais sur l’arrière.
A 12h14, le sous-marin cesse son tir, gêné par le nuage artificiel des fumigènes Berger, peut-être aussi découragé par la distance qui le sépare de TIBET. Sachant qu’un sous-marin persévère toujours dans ses attaques, tout le monde est maintenu aux postes de combat jusqu’à 13h00. Il y a lieu d’être surpris de cet arrêt du tir du sous-marin et deux hypothèses  peuvent être envisagées :
- Immobilisation de son artillerie
- Etat momentané de ses machines, ne lui permettant plus de poursuivre efficacement le TIBET.
En résumé, l’attaque a été soudaine, le combat très court et la silhouette du sous-marin n’a pas été aperçue.
 
Excellente attitude du personnel. L’officier de tir a montré tout son sang froid en faisant preuve d’heureuse initiative par l’utilisation immédiate des engins fumigènes. Les munitions n’ont pas été gaspillées. Le navire n’a pas été atteint et a pu continuer sa route.
 
Signal spécial TSF lancé sur mon ordre au début de l’attaque. Par erreur, la longitude a été signalée par rapport au méridien de Paris, mais a été rectifiée peu après par celle par rapport à Greenwich. Un poste dont l’indicatif est CRP a répété le signal. A 16h30 envoyé « Sauvé », répété par CRP et repris la route.
 
Rapport de l’officier de tir Mr. VEROLLET
 
J’étais sur la passerelle en train de prendre la méridienne quand le premier obus est tombé à 400 m sur tribord avant. Je me suis aussitôt porté à ma pièce et j’ai aperçu une fumée légère, ténue, blanchâtre, sur l’arrière, ainsi que les lueurs de départ des coups. Mais aucune silhouette de visible.  
J’ai aussitôt fait mettre à la mer deux fumigènes Berger, puis j’ai donné la hausse à 7000 m, dérive 94, et tiré deux coups sans voir les points de chute l’horizon étant déjà masqué par la fumée.
Interrompu le feu faute de but visible. Le sous-marin a encore tiré 4 ou 5 coups courts et 4 fusants sur notre arrière, en bonne direction. J’ai alors jeté à la mer trois autres fumigènes sur ordre du commandant.
 
Rapport de l’officier AMBC
 
Il est impossible de formuler une appréciation sur le rôle de l’officier de tir et de l’armement de la pièce de 90 mm du TIBET en ce qui concerne le tir de cette pièce puisque 2 coups seulement ont été tirés dont les points de chute n’ont pu être observés, le but étant masqué par le nuage de fumée des engins Berger.
Je crois devoir signaler que les premiers engins ont été lancés sur ordre de l’officier de tir qui en la circonstance me paraît avoir pris une initiative heureuse qui a grandement contribué à sauver son bâtiment, celui-ci ayant été encadré dès les premiers coups de l’adversaire.
 
Rapport de la commission d’enquête
 
Elle reprend le rapport du capitaine et signale :
 
« Le calcul du point n’était pas terminé et dans sa précipitation le second capitaine a envoyé une longitude fausse
- Par suite d’une erreur de calcul et d’écriture d’une part
- En se rapportant au méridien de Paris au lieu de Greenwich d’autre part.
 
Points très erronés envoyés par le TSF
 
12h30 : 42°50 N 18°20 W
14h25 : 42°35 N 17°00 W
14h43 : 42°38 N 14°36 W  après examen de la carte par le capitaine. Point exact.  
 
Récompenses
 
Citation à l’Ordre du bâtiment
 
MERLIN Elie  Lieutenant de Vaisseau auxiliaire Capitaine
 
Par une manœuvre habile, a déjoué l’attaque au canon d’un sous-marin.
 
VEROLLET Charles  Lieutenant au Long Cours. Officier de tir
 
A déjoué l’attaque au canon d’un sous-marin par une utilisation judicieuse de l’armement de son bâtiment.
 
Le sous-marin attaquant
 
N’est pas identifié.
 
Toutefois, je n’ai trouvé qu’un seul sous-marin opérant sur cette zone éloignée du Cap Finisterre vers cette époque, l’U 43 du Kptlt Waldemar BENDER. Il avait coulé le MAGELLAN pas très loin de cette position le 28 Décembre 1917.  
Puis il n’a plus rien coulé jusqu’à fin Juillet 1918. Etait-il encore au large de l’Espagne le 22 Février 18 ou était-il rentré à sa base ? Avis aux spécialistes…
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 14-03-2017 à 21:39:08

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olivier
n°46289
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 14-03-2017 à 19:32:27  profilanswer
 

Bonjour Olivier
U 43 n'était à la mer début 1918 que du 2.5 au 4.6
Amts
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°46292
Memgam
Posté le 14-03-2017 à 21:11:58  profilanswer
 

Bonjour,
 
Le sous-marin U 43 n'a pas coulé de grand voilier Magellan le 28 décembre 2017, puisqu'il n'en existe pas.
 
C'est le cargo Magellan appartenant à l'armement Bordes qui a été coulé. (voir le sujet Magellan - Compagnie Bordes, initié par Olivier 12).
 
Cordialement.


Message édité par Memgam le 14-03-2017 à 21:16:12

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