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  MIQUELON — Transport auxiliaire.

 

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MIQUELON — Transport auxiliaire.

n°46947
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-07-2017 à 09:25:03  profilanswer
 

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   Bonjour à tous,
 
 
   Miquelon – Transport auxiliaire. Ex-cargo morutier de la société « La Morue française et Sécheries de Fécamp ». En 1913, mis par cette dernière à la disposition de l’administration du territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon pour être momentanément affecté à l’exécution du service postal entre Saint-Pierre et le Canada.
   
   Ce cargo fut administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre du 3 août 1915 au 9 septembre 1917, ayant été vraisemblablement réquisitionné comme transport.
 
   [Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720 et 755.].  
 
   Du 22 décembre 1915 au 27 février 1916, il prit part à l’évacuation d’Albanie et à l’occupation de Corfou (Circulaire du 17 décembre 1931 relative à l’attribution de la Médaille commémorative serbe aux personnels militaires et civils de la marine, Annexe I., 1re partie, §. B. : J.O. 20 déc. 1931, p. 12.904 et 12.905).
 
 
                                                                                                                            **********
 
   Le 5 octobre 1917, au large de Marseille, le Miquelon fut abordé et coulé par le paquebot mixte Balkan, de la Compagnie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet & Cie. Il était alors la propriété de l’armement Levée, Blachère et ses fils, du Havre. Tout l'équipage fut fort heureusement recueilli par l’abordeur et débarqué à Marseille.
 
 
                                                                                                                Circonstances du naufrage
 
 
   Dans la soirée du 5 octobre 1917, le cargo Miquelon, alors commandé par le capitaine Clopet, était parti de Marseille avec un chargement à destination d’Alger et faisait route dans le chenal de sécurité, déterminé par l’alignement du Château d’If et du saut de Marot. Il naviguait avec ses feux de côté vert et rouge allumés et clairs, son capitaine n’ayant pas cru devoir allumer le feu blanc réglementaire de misaine, marque caractéristique des navires à vapeur (*).
 
   Faisant route opposée dans le même chenal, s’avançait le paquebot mixte Balkan, allant de Bastia à Marseille. Ce bâtiment portait allumés et clairs tous ses feux de navigation, et notamment son feu blanc de misaine, nettement visible à distance, puisque les vigies du Miquelon dirent ultérieurement l’avoir distingué.
 
   Vers 20 heures, l’officier de quart du Balkan aperçut brusquement par tribord, à environ 300 mètres, un feu rouge qui n’était autre que celui du Miquelon. N’ayant vu les feux d’aucun autre navire sortant du port de Marseille depuis que le bâtiment s’était engagé dans le chenal, et ne croyant pas y trouver des navires le traversant, il pensa être en présence d’un voilier qu’il dépassait, trompé par l’absence de feu blanc de tête. Il fit alors mettre la barre haute pour venir à bâbord, puis, s’apercevant immédiatement de sa méprise, ordonna de mettre la barre toute pour venir à tribord et de battre machine arrière. Mais la collision était inévitable. Abordé par le Balkan perpendiculairement à bâbord, au droit de sa passerelle, le Miquelon fut coupé en deux et coula immédiatement.  
 
   La collision fut facilitée, sinon aggravée, par la circonstance que le capitaine du Miquelon, après avoir aperçu à 300 mètres le feu vert du Balkan, crut que ce dernier faisait une embardée dans sa direction, du fait de sa manœuvre initiale sur bâbord. Bien que le règlement lui interdisât de changer sa route, il fit alors une manœuvre sur tribord, qui eut pour effet de découvrir davantage le flanc bâbord du navire, celui où se produisit l’abordage.
 
   Le capitaine Clopet et l’armateur du Miquelon furent donc déclarés civilement responsables envers la Compagnie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet & Cie des conséquences dommageables de l’abordage.
 
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   (*) Décret du 21 février 1897 portant publication du Règlement ayant pour objet de prévenir les abordages en mer (J.O. 25 févr. 1897, p. 1.184 et s.).
 
      —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6451686f/f4.item  
 
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                                                                                                                                Sources
 
 
    Tribunal de commerce de Marseille, 29 janvier 1919, Fraissinet et Cie c/ Capitaine Clopet ~ Levée, Blachère et ses fils c/ Fraissinet et Cie  (Journal de jurisprudence commerciale et maritime, T. 96, I., p. 159 à 165). Décision confirmée par Cour d’appel d’Aix, 20 juin 1920.
 
    Cour de cassation, Chambre civile, 2 mai 1924, Capitaine Clopet et Levée c/ Fraissinet et Cie (Dalloz hebdomadaire 1924, p. 414) – Rejet du pourvoi dirigé contre l’arrêt de la Cour d’appel d’Aix.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46951
Memgam
Posté le 04-07-2017 à 10:13:51  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Probablement Miquelon, ex Dragon Vert.
 
Source: Jack Daussy, Les chalutiers morutiers fécampois, L. Durand & Fils, 1991.
 
Cordialement.

n°46959
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-07-2017 à 15:59:59  profilanswer
 

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   Bonjour à tous,
 
 
   Le chalutier à vapeur Dragon-Vert fut lancé à La Rochelle le 3 mai 1927 pour le compte de la Compagnie des Dragons (Angibeau).
 
 
                                                         L’Ouest-Éclair – éd. de Caen –, n° 9.320, Samedi 30 avril 1927, p. 8, en rubrique « Nouvelles maritimes ».
 
 
   « UN NOUVEAU CHALUTIER. — La Rochelle, 29 avril. — M. Angibeau, armateur, nous invite à assister, mardi prochain, 3 mai 1927, à 16 h. 45, au chantier de construction de La Rochelle, à la bénédiction et au lancement du chalutier à vapeur Dragon Vert, chalutier à vapeur, construit en bois, jauge brute 195 tonneaux, 25 mètres de long, largeur 6 m., tirant d’eau 4 m., appartenant à la Compagnie des Dragons.
 
  Nous faisons les vœux les plus sincères pour que le nouveau chalutier remplisse une longue carrière et apporte à son aimable armateur et à l’équipage les plus larges profits.
»
 
 
   Ultérieurement acquis par la société dite « La Morue française » et renommé Miquelon, ce bâtiment naviguait en 1935 et 1936 sous les couleurs de la Compagnie générale de grande pêche, société venue aux droits de la précédente, le 8 avril 1935.
 
   [Jack DAUSSY : « Les chalutiers morutiers fécampois », Imprimerie L. Durand & Fils, Fécamp, 1991, p. 199.]


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46962
Memgam
Posté le 04-07-2017 à 17:44:57  profilanswer
 

Bonjour,  
 
A l'attention de Rutilius,
 
Il doit y avoir un problème de chronologie.
 
Le Miquelon ex Dragon Vert coulé en 1917 ne peut avoir été lancé en 1927, n'est-ce-pas ?
 
Cordialement.

n°46967
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-07-2017 à 21:03:52  profilanswer
 

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   Bonsoir Memgam,
   Bonsoir à tous,
 
 
   Il m’est avis que deux bâtiments furent successivement dénommés Miquelon :
 
 
   — Un cargo construit en 1911, très probablement employé avant guerre comme « chasseur » sur les bancs de Terre-neuve par la « La Morue française et sécheries de Fécamp », sans doute réquisitionné comme transport par la Marine depuis l’été 1915 jusqu’à la fin de l’été 1917 – expressément qualifié de « vapeur » et non de « chalutier » par la circulaire du 25 avril 1922 précitée –, et perdu par abordage le 5 octobre 1917 au large de Marseille, étant vraisemblablement immatriculé au Havre à cette date.
 
   Selon la notice publiée à son propos par The Wreck Site, ce navire aurait été antérieurement dénommé Michel-Marcel, son propriétaire d’alors étant inconnu.
 
   —> http://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?95629
 
   Et, à s’en tenir à la photographie de mauvaise qualité illustrant la notice en question, ce premier Miquelon avait bien l’apparence d’un cargo et non celle d’un chalutier.
 
 
   — Un chalutier à vapeur en bois de 195 tx jb, ex-Dragon-Vert lancé à La Rochelle le 3 mai 1927 pour le compte de la Compagnie des Dragons (Angibeau), propriété en 1935 de la Compagnie générale de grande pêche et immatriculé à La Rochelle LR 2801– ces dernières précisions étant données par Jack Daussy.  
 
   En 1937, ce bâtiment demeurait armé par la Compagnie générale de grande pêche, ce que révèle ce jugement prononcé le 3 janvier 1938 par le Tribunal de commerce de Fécamp dans un contentieux indemnitaire consécutif à une assistance qui lui fut apportée, le 15 août 1937 en mer du Nord, par le chalutier Notre-Dame-d’Espérance, de l’armement Delpierre fils et Cie :
 
   —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] rk=64378;0


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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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