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  MOINA Trois-mâts caboteur

 

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MOINA Trois-mâts caboteur

n°26670
olivier 12
Posté le 12-07-2010 à 11:46:49  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
MOINA
 
Trois-mâts de 126 tx JB
Ne figure pas sur la liste des voiliers caboteurs de 1914 chez Lacroix (Il pourrait s’agir d’un ancien terre-neuvier reconverti)
 
Armateur : PUECH & Fils  Cette
Affréteur :  MIRANT           Cette
 
Capitaine : PELLARD, Maître au cabotage inscrit à Lannion n° 154
Equipage : 8 hommes en tout (7 + capitaine) fournis par le 5e dépôt ou en sursis d’appel.
 
La perte de MOINA
 
Tout d’abord ce télégramme annonçant à Marine Paris le naufrage du voilier, avec un nom erroné (MONA). A signaler que le nom est parfois orthographié MOÏNA.
 
http://img822.imageshack.us/img822/5633/moina9.jpg
 
Enquête menée par le Capitaine de Corvette OLLIVIER, commandant du COSMAO, à Tanger le 7 Septembre 1917.
Le CC Ollivier semble commettre une erreur en plaçant le naufrage le 5 Septembre à 18h00 (date figurant aussi sur la première page du dossier). D’après le KTB du sous-marin et le télégramme c'est le 6 Septembre.
Quitte Tanger pour Dunkerque le 4 Septembre à 18h00.
 
Le 6 Septembre 1917 à 17h00 MOINA se trouve par 36°32 N et 07°15 W, faisant route au NqNW, au plus près tribord amures, à 5 nds. Mer grosse, bonne brise de Nord et fort courant portant au sud.
Bonne visibilité.
 
Un sous-marin est aperçu, d’abord pris pour un  voilier, faisant route en surface à 2 ou 3 nds, à 6 milles par le travers bâbord. Dès qu’il est reconnu, envoyé vent debout pour virer de bord et prendre la fuite. Mais, tandis que l’on est masqué, un coup de canon à blanc est tiré. Mis en panne et fait embarquer l’équipage dans la baleinière. Seul le capitaine reste à bord.
Le sous-marin s’approche et tire un 2e coup à obus sur l’avant, puis deux autres coups qui tombent à 400 puis 200 m, ceci pour accélérer l’évacuation. Le capitaine descend dans la baleinière avec les papiers.
 
Le sous-marin s’approche du canot et le commandant ordonne en français d’accoster. Le capitaine Pellard montre les papiers (livre de bord et patente de santé) à un lieutenant qui les remet au commandant. Celui-ci les garde. Le canot est alors pris en remorque et le sous-marin fait le tour du voilier. Il tire 3 coups d’affilée en 20 secondes. Les trois obus tombent sur la muraille du voilier, par le travers du grand panneau, projetant beaucoup de débris, mais pas de fumée.
 
Le lieutenant du sous-marin fait alors monter à son bord trois hommes du MOINA (Marie, Damour et Loyer) ainsi que le capitaine Pellard et le maître d’équipage Taschot. L’officier fait un signe à son commandant qui lui indique « Tout va bien ». Il demande au capitaine Pellard de le suivre et descend avec lui à l’intérieur du sous-marin. Il ouvre la porte de la cambuse et fait charger par un matelot allemand deux sacs avec tout ce qu’ils peuvent contenir de provisions : lard, jambon, conserves, pommes de terre, liqueurs (mais pas d’autres liquides). Puis il dit aux marins du voilier en montrant les sacs : « Vite… vite ! » Les sacs sont embarqués dans le canot où le lieutenant prend aussi place muni d’une musette volumineuse contenant deux bombes cylindriques de 12 à 15 cm de diamètre, et accompagné de deux matelots allemands.
Ils entrent dans le poste équipage et on ne voit pas ce qu’ils font, mais deux minutes plus tard, ils ressortent et remontent dans le canot en disant : « Vite…vite ! » L’embarcation s’écarte, déposent les Allemands sur le sous-marin et reprend les Français. Le commandant fait signe de déborder.
 
Les bombes explosent et le MOINA coule tandis que la nuit tombe. Le sous-marin s’éloigne en surface vers le SW.
 
Le canot établit sa voilure et le capitaine tente de louvoyer pour gagner Cadix. Mais, gêné par le mauvais temps, il laisse porter sur Tanger où les naufragés arrivent le 7 Septembre à 13h30, en bonne santé mais fatigués et mouillés. Ils sont pris en charge par le consulat.

Description du sous-marin

 
75 à 80 m de long ( du même style que nos sous-marins français vus à Tanger)
Kiosque très élevé, 2,50 m, long de 3 m et situé un peu sur l’avant du milieu.
Antenne TSF passant par dessus le kiosque à 2 fils, écartés par une vergue sur un mât de 4 à 5 m qui pourrait être le périscope.
Canon de 100 mm fixe sur l’avant du kiosque.
Pièce métallique sur l’avant de l’étrave
Peinture gris clair toute fraîche
 
Commandant : taille moyenne, châtain, 30 ans environ. Casquette noire à écusson et veste avec pattes d’épaule. Parle un mauvais français.
 
Lieutenant : 26 ans. Grand, moustache blonde. Casquette à écusson, jersey et pantalon de toile bleu. Parle très bien le français.
 
Equipage : jerseys et pantalons bleus.
 
Il semblerait que le commandant n’ait été soucieux que de savoir si le voilier était armé, car il n’a prêté aucune attention à la provision d’essence  que transportait le MOINA et n’a posé aucune question au capitaine.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’UB 49 du KL Kurt Von Mellenthin, dont voici la photo et la silhouette.
La position donnée par le KTB est 36°01 N 07°11 W
(Voir tout ce qui concerne ce sous-marin à la fiche " UB 49 sous-marin allemand " )
 
http://img571.imageshack.us/img571/1433/ub49moina.jpg
 
http://img18.imageshack.us/img18/5448/ub49.jpg
 
Commentaires
 
La fourniture de provisions aux naufragés est chose assez rare pour qu’elle soit notée.
On ne peut aussi s’empêcher de penser que si le capitaine Pellard était parvenu, avec difficultés à cause du vent et des courants contraires, à atteindre Cadix, il aurait sans doute retrouvé le sous-marin qui venait de le couler…ce qui aurait été unique dans l’histoire de la guerre sous-marine.
Enfin, le 6 Septembre, l’UB 49 n’avait sans doute pas encore d’avarie sur son circuit de combustible puisque les futs d’essence ne l’ont pas intéressé.
 
On note aussi que dans les rapports, les capitaine parlent souvent de « mer grosse ». Dans l’échelle de Beaufort, ce terme correspond à une sérieuse tempête, un ouragan avec des creux bien prononcés. Dans la réalité, avec une bonne brise, il s’agit dans la plupart des cas d’une mer  agitée à forte, voire forte à très forte dans les plus grosses rafales.
Le seul fait que le sous-marin prenne le canot en remorque montre bien que la mer n'était pas "grosse".
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 12-07-2010 à 11:53:16

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olivier
n°26674
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 12-07-2010 à 22:05:09  profilanswer
 

Bonsoir Olivier, bonsoir à tous.
 
Cette photo de l'UB 49 date du mois de juillet 1917 alors que le sous-marin avait été transféré du chantier Blohm & Voss de Hambourg à Kiel pour sa période d'essais et de formation en Baltique. Il existe plusieurs photos prises certaines le 19.7, d'autres le 25. Par contre pourquoi est-il à ce stade sous pavillon autrichien ?
En effet, le destin des 2 capitaines a manqué un rendez-vous avec l'histoire dans le port de Cadix !  :)  
Voir la fiche perso du KL von Mellenthin : http://www.histomar.net/GSM/htm/vonMel.htm
 
http://img10.hostingpics.net/pics/983333UB49.jpg
 
Amts
Yves


Message édité par Yves D le 12-07-2010 à 23:28:12

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

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