Bonsoir à tous,
■ Les circonstances de la capture de l’UB-16, le 5 avril 1916.
● Torpilleur Trombe, Journal de bord n° - /1916 – 5 nov. 1915 / 11 avr. 1916 –, S.G.A. « Mémoire des hommes », cote SS Y 601, p. num. 442 : « Journal de navigation ».
« Le mercredi 5 avril 1916.
Beau temps, petite brise du N.-O., mer petite houle. Continué d’exercer la surveillance.
4 h 25 – Mis au poste de combat au signal de la fusée d’alarme ; fait route sur les lieux.
4 h 35 – Deuxième fusée d’alarme.
4 h 40 – Troisième fusée d’alarme.
5 h – Le 301 nous communique à la voix.
5 h 10 – Fait un signal au 301.
5 h 15 – Communiqué à la voix avec 301.
5 h 25 – Fait rompre du poste de combat ; continué à croiser.
8 h – Mis au poste de combat Fait plusieurs signaux du code international aux vapeurs ... pour leur indiquer la route.
8 h 25 – Fait rompre.
9 h 15 – Fait un signal au 315. Le 315 nous communique à la voix.
9 h 40 – Un patrouilleur anglais nous signale un sous-marin en vue (guidon B. + boule). Fait route sur les lieux ; mis au poste de combat.
9 h 55 – Lancé la première grenade.
10 h 10 – Lancé la deuxième grenade.
10 h 17 – Lancé la troisième grenade.
10 h 20 – Le sous-marin ... monte à la surface ; tiré sur lui sept coups de 47 m/m ; opéré le sauvetage des hommes du sous-marin. Donné des ordres au chalutier Noëlla pour le prendre à la remorque. Fait route sur le mouillage.
11 h – Fait un signal au 308, puis au 307.
11 h 15 – Communiqué avec le sémaphore de la Hève.
11 h 27 – Débarqué les officiers et les hommes d’équipage prisonniers au quai des Etats-Unis.
11 h 55 – Amarré dans le bassin de la Citadelle. Fait du charbon. Expédié les permis-sionnaires. »
● Torpilleur Trombe, Journal de bord n° - /1916 – 5 nov. 1915 / 11 avr. 1916 –, S.G.A. « Mémoire des hommes », cote SS Y 601, p. num. 442 et 443 : « Observations du commandant ».
« Le mercredi 5 avril à 4 h 25, étant d’escorte des dériveurs dans le N.O.de la bouée à sifflet, nous recevons le T.S.F. en clair suivant du chalutier Saint-André : « Sous-marin en rade ». Les deux bordées sont mises au poste de combat et nous nous dirigeons vers la rade le plus vite possible. Je n’hésitais pas à quitter les dériveurs anglais à ce moment, ces derniers n’ayant pas leurs filets à l’eau. Arrivé suer rade, j’y rencontrais les cinq torpilleurs de service et ne voyant rien de particulier, et la rade étant suffisamment surveillée par ces petits bâtiments, je retournai prendre mon poste de surveillance près des dériveurs anglais qui ne devaient pas tarder à tendre leurs filets. A 6 heures, les filets étant à l’eau, nous croisons au nord de la petite escadrille pour en dérouter tous les navires allant au Havre ; à 9 h, il n’y a plus en vue qu’une goélette allant à Fécamp ; nous continuons à croiser pour assurer la surveillance des filets. A 9 h 45, nous apercevons la fumée d’une bouée à phosphure du filet d’un dériveur en même temps que nous entendons deux explosions ressemblant à un coup de canon de petit calibre et venant de ce dériveur qui hisse en même temps le guidon B. supérieur à une boule. Nous partons à toute vitesse, nous élongeons le filet et, vers le milieu, nous lançons une grenade Guiraud qui explose, mais nous ne remarquons rien de particulier après cette explosion. Les tubes étant pointés, les canonniers à leurs pièces, je vire de bord et, passant à toucher la bouée à phosphure, je fis lancer la deuxième grenade. L’explosion de cette deuxième ne ressemble pas à celle de la première, qui était plus large et moins haute. Aussitôt après, nous remarquons un bouillonnement ressemblant assez à celui que produit une torpille qui est au fond mais en beaucoup lus large, puis les bouées du filet sont entraînées et plongent de temps en temps. Nous virons de bord le plus vite possible en renversant une machine et je fais route directement sur les bouées. Au moment où nous y arrivons, j’aperçois distinctement une masse vert pâle au dessus de laquelle nous passons. Je donne l’ordre de lancer ma troisième grenade, puis nous continuons sur notre erre ; il est 10 h 17. A 10 h 20, au moment où nous virions de bord pour revenir, étant à environ 500 mètres, le sous-marin émerge ; je fais ouvrir le feu à la pièce de tribord, en me rapprochant le plus vite possible ; nous tirons sept obus. Les hommes sortent avec rapidité de l’intérieur du sous-marin en levant les bras et criant : « Camarades ». Je fais cesser le feu à environ 200 mètres – les hommes du sous-marin ne montrant aucune velléité de se servir de leur canon – et m’approche à le toucher, pour prendre le personnel à mon bord. Mais la mer nous faisait rouler de telle façon que je m’écartais de 50 mètres, le canon toujours chargé et braqué dessus, les hommes armés de mousquetons prêts à tirer, les torpilles prêtes à lancer. Je fis mettre nos embarcations à la mer pour prendre l’équipage à mon bord ; du reste, trois d’entre eux vinrent à la nage. Sur ces entrefaites, trois dériveurs anglais, qui s’étaient tenus jusqu’à environ 200 à 300 mètres, arrivèrent et aidèrent au transbordement. A 10 h 55, tout l’équipage était transbordé, six hommes et les deux officiers à bord de la Trombe, le reste sur les chalutiers Peu auparavant, vers 10 h 45, le chalutier français réquisitionné Noëlla arrivait. Il y avait une demi-heure que le sous-marin avait émergé et je n’avais remarqué aucun changement dans sa flottabilité. Je donnais l’ordre au Noëlla de le prendre à la remorque, et ayant signalé par T.S.F. la situation à Bléville, je ralliais le Havre avec mes prisonniers. Dans le bassin de la Citadelle, je donnais l’ordre au commandant de la Girafe de sortir et de se mettre à la disposition du chef du service extérieur. (Position estimée, 7 milles ¼ dans le N. 50 O. de la Hève) »
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Bien amicaleemnt à vous,
Daniel.