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Auteur Sujet :

MOUSQUET - Contre-torpilleur

n°12358
Rutilius
Posté le 18-01-2009 à 17:38:57  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 
   Bonsoir à tous,
 
                                                           LES VICTIMES DE LA PERTE DU MOUSQUET, SURVENUE
                                                             LE 28 OCTOBRE 1914, DANS LA BAIE DE PENANG (*)
 
                                                                                  (LISTE PARTIELLE)
 
                                                       (Trib. Lorient, 22 févr. 1916, transcrit à Lorient, le 8 mars 1916)

 
 
     ― ALBERTINI Auguste, né le 21 octobre 1891 à Nessa (Corse) et y domicilié, mort « à bord du Mousquet, disparu avec son bâtiment », Matelot de 2e classe radiotélégraphiste, Matricule n° 46.576–5.
 
     ― ANFRAY Maurice Eugène, né le 5 janvier 1892 au Havre (Seine-Inférieure) et y domicilié, 54, rue Wilson, mort « à bord du Mousquet, disparu en mer englouti avec son bâtiment », Second maître mécanicien, Matricule n° 50.704–5.
 
     ― BARBARROUX Auguste Gaston, né le 12 juillet 1895 à Brignolles (Var) et domicilié au Luc (Var), mort « au combat de Penang, disparu avec son bâtiment », Matelot de 2e classe électricien, Matricule n° 52.944–5.
 
     ― BARETGE Alexis, né le 24 mars 1894 à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) et domicilié à Bagès (Pyrénées-Orientales), mort « dans la baie de Penang, disparu en mer », Matelot de 2e classe chauffeur, Matricule n° 4.771–5.
 
     ― BOURCIER Arthur Valentin Adrien, né le 10 avril 1872 à Poët (Hautes-Alpes) et domicilié à Toulon (Var), « disparu en mer sur le Mousquet », Mécanicien de 1re classe, Brest.
 
     ― BUNEL Louis Edouard Alexandre, né le 12 juillet 1892 à Sassetot-le-Mauconduit (Seine-Inférieure) et y domicilié, mort « à Penang (Indo-Chine), disparu en mer le 28 octobre lors de la perte du Mousquet, coulé par le croiseur Emden », Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 7.304 – Fécamp.
 
     ― CORRE Olivier François Marie, né le 9 juillet 1896 à Loperhet (Finistère) et y domicilié, « disparu en mer lors de l’engagement du Mousquet contre le croiseur allemand Emden », Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 99.183–2.
 
     ― DUCHÊNE Auguste Joseph, né le 12 avril 1882 à Saint-Georges-du-Bois (Charente-Inférieure) et domicilié à Rochefort (Charente-Inférieure), « disparu lors de la perte du Mousquet », Quartier-maître mécanicien, Matricule n° 213 – Rochefort.
 
     ― ESSELET Alice, né le 17 mars 1893 à Saint-Palais (Gironde) et domicilié à Saint-Caprais-de-Blaye (Gironde), mort « à bord du Mousquet, disparu avec son bâtiment », Quartier-maître torpilleur, Matricule n° 51.359.      
 
     ― GALLOU François
, né le 14 avril 1890 à Trégarantec (Finistère) et domicilié à Lambézellec (Finistère), « disparu à la suite du combat du Mousquet contre le croiseur allemand Emden », Matelot de 1re classe chauffeur, Matricule n° 93.348–2.
 
     ― HAMON Joseph Marie, né le 1er novembre 1894 à Plouay (Morbihan) et y domicilié, décédé le 29 octobre 1914 « à bord de l’Emden, tué à l’ennemi », Matelot de 3e classe clairon, Matricule n° 25.802–3.  
 
     ― HEURTEAUX Yves, né le 13 octobre 1890 à Bréhat (Côtes-du-Nord) et y domicilié, mort « à Poulo-Penang », lors du « combat contre l’Emden », Quartier-maître canonnier, Matricule n° 9.328 – Paimpol.
 
     ― HOUZE Fernand Louis, né le 15 avril 1891 à Valenciennes (Nord) et domicilié à Sebourg (Nord), mort « à bord du Mousquet, disparu en mer avec son bâtiment », Apprenti-marin, Matricule n° 32.949–1.
     
     ― LEFÈVRE Edmond Louis, né le 12 juin 1890 à Rouen (Seine-Inférieure) et y domicilié, mort « à bord du Mousquet, disparu avec son bâtiment », Second maître mécanicien, Matricule n° 48.690–5.
 
     ― LE GALL Jean François, né le 4 novembre 1881 à Plougastel-Daoulas (Finistère) et y domicilié, « disparu lors du combat du torpilleur Mousquet avec le navire allemand Emden », Quartier-maître chauffeur, Matricule n° 10.493 – Brest.
 
     ― LE GOFFIC Victor Marie, né le 22 juillet 1893 à Bégard (Côtes-du-Nord) et domicilié à Pédernec (Côtes-du-Nord), « disparu en mer au cours d’un engagement du Mousquet contre le croiseur allemand Emden », Matelot de 3e classe chauffeur breveté, Matricule n° 99.630–2.
 
     ― LEVANT Louis Joseph, né le 19 avril 1894 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et y domicilié, « disparu en mer lors du combat avec l’Emden », Quartier-maître mécanicien, Matricule n° 23.891 – Brest.
 
     ― MARBOEUF Emile Edmond, né le 13 septembre 1885 à Rochefort (Charente-Inférieure) et y domicilié, mort « à Penang, disparu lors de la perte du Mousquet », Second maître mécanicien, Matricule n° 250 – Rochefort.
 
     ― MOURGUES Auguste Emmanuel François, né le 15 janvier 1885 à Saint-Julien (Var) et domicilié à Toulon (Var), « disparu à bord du Mousquet », Second maître fourrier, Matricule n° 14.001 – Toulon.    
 
     ― PERROT Jean Baptiste, né le 10 mars 1892 à Etables (Côtes-du-Nord) et y domicilié, « disparu avec son bâtiment lors du combat avec l’Emden », Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 8.164 – Binic.
 
     ― PIETRI Jean Baptiste, né le 10 mars 1891 à Méria (Corse) et y domicilié, « disparu en mer étant embarqué sur le torpilleur Mousquet, coulé par un croiseur ennemi », Quartier-maître électricien [opérateur T.S.F.], Matricule n° 4.250 – Bastia.
   
     ― RAMOND Marc Alphonse Louis, né le 18 février 1893 à Boisse-Penchot (Aveyron) et  domicilié à Bordeaux (Gironde), mort « à bord du Mousquet, disparu en mer avec son bâtiment », Matelot de 2e classe, Matricule n° 51.321–5.
   
     ― RAULT Pierre Marie, né le 21 août 1899 à Erquy (Côtes-du-Nord) et y domicilié, mort « à Penang, disparu avec son bâtiment », Matelot gabier, Matricule n° 34.204 – Saint-Brieuc.
 
     ― RIBAN Adolphe, né le 18 mars 1895 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère) et y domicilié, « disparu en mer lors de l’engagement du Mousquet contre le croiseur allemand Emden », Matelot de 2e classe timonier, Matricule n° 96.903–2.  
 
     ― ROCHETEAU Albert Louis Étienne, né le 21 octobre 1893 à Légé (Loire-Inférieure) et y domicilié, mort « à Penang, disparu en mer lors du combat avec l’Emden », Matelot de 2e classe boulanger-coq, Matricule n° 27.307–3.
 
     ― SALDUCCI Charles, né le 19 avril 1892 à Corbara (Corse) et y domicilié, « mort le 28 octobre 1914 à bord du Mousquet : décédé des suites de ses blessures reçues à bord du Mousquet coulé à Penang », Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 49.702–5.      
 
     ― STEPHAN Hervé Alain Marie, né le 25 décembre 1891 à Sizun (Finistère) et y domicilié, décédé « fin Octobre ou commencement Novembre 1914 à bord du croiseur allemand Emden, suite de blessures reçues pendant l’engagement du Mousquet contre l’Emden », Matelot de 2e classe manœuvrier signaleur, Matricule n° 101.134–2.
     
                                                                                                    *
                                                                                                  *   *
 
   (*) Essai de synthèse à partir des contributions précédentes.
   ______________________________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 08-10-2010 à 00:57:37
n°12391
Rutilius
Posté le 19-01-2009 à 00:06:08  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Autre élément d'explication possible de la relative impéritie qui a conduit à la disparition du Mousquet : l'ignorance dans laquelle le commandant des Torpilleurs de Saigon, le capitaine de frégate Victor CASTAGNÉ, était - volontairement ou non - tenu par sa hiérarchie militaire et par l'Harbour Master de Penang :
 
 
                                                Note au commandant du d’Iberville, datée du 21 octobre 1914
 
 
   ( in Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment- 30 juin 1912 – 14 sept. 1915 - , correspondance n° 23 : Pistolet, Cote SS Y 412, p. num. 604 et 605).
 
    A Commandant d’Iberville,
 
   Je vous rend compte de ce qui s’est passé pendant votre absence. Dès votre départ, est arrivé un télégramme officiel à votre adresse étant en langage chiffré et, n’ayant pas le code, je n’ai pu l’interpréter.
   Je profite de l’occasion pour vous adresser la réclamation suivante, que je vous ai déjà faite verbalement et que je vous prie de transmettre au Vice-amiral, commandant en chef de la flotte alliée. Les deux torpilleurs placés sous mes ordres et moi sommes incapables de communiquer avec qui que ce soit des bâtiments de la flotte alliée autrement qu’en clair, ce qui nous est interdit.
   Je suis certainement le seul officier supérieur commandant à la mer ne pouvant interpréter un signal. Constamment seuls … à Diamont Point, nous recevons des quantités de signaux que se passent les bâtiments ; interprétés par nous, ils peuvent nous favoriser notre mission, nous éviter une erreur grossière si nous tombons inopinément la nuit sur un navire que nous ne savons pas dans notre secteur, et qui ne devrait pas y être sans que nous en soyons prévenus. Enfin, ils peuvent peut-être nous permettre d’éviter un désastre. Je proteste donc énergiquement contre cette situation.
   Le 18 au soir, nous avons reçus par T.S.F. des signaux d’une forme inconnue, répétés régulièrement toute la nuit. Le 19 au soir, les mêmes signaux s’étant renouvelés et paraissant très proches, j’ai fait prendre les dispositions nécessaires pour être prêt à toute éventualité. J’en ai informé le Harbour Master dès que cet officier est arrivé à son bureau, vers 10 heures du matin, et, à ma profonde stupéfaction, j’ai appris que c’était un Japonais sur rade qui avait reçu l’autorisation de Singapore d’appeler toute la nuit un de ses bâtiments de guerre. Présent sur rade, chargé soi disant de la défense de Penang, j’étais le seul à ne pas avoir été averti et mes équipages avaient passé une nuit blanche pour rien. A ma vive réclamation, M. le Harbour Master m’a répondu qu’accablé de travail, il avait oublié de me prévenir ! Je serais très heureux si vous vouliez bien lui répéter ce que je lui ai dit de vive voix, à savoir que la première fois qu’il manquera à mon égard, quand je serai sur rade, à ce que j’estime être un strict devoir, j’adresserai immédiatement une réclamation officielle contre lui.
   L’avarie de chaudière de la Fronde a été beaucoup moins grave que je ne le craignais d’abord. Je vous adresse, ci-joint, toutes les pièces officielles concernant cette question ; l’essai à chaud aura lieu, je pense, vendredi ou samedi, et si, comme tout le fait présumer, il ne se produit rien d’anormal, ce bâtiment sera immédiatement prêt pour toute mission.
   J’ai eu le 20 au soir communication du télégramme annonçant votre départ de Singapour.
   Je suis en croisière au large de Penang pour 4 jours.
 
   Penang, 21 oct. 1914,

 
   Signé : Victor CASTAGNÉ.
 
                                                                                                   *
                                                                                                 *   *
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 10-12-2009 à 16:17:46
n°13025
VMS
Posté le 06-02-2009 à 22:13:17  profilanswer
 

Messieurs, Bonsoir et félicitations pour votre savoir !
Ne connaissant rien des questions dont vous débattez, pouvez-vous me dire où trouver l'histoire du Mousquet en 1904 et le début de carrière d'un de ses officiers, René Dupuy (qui sera tué en 1917 comme officier d'infanterie).
Merci de votre aide.


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VMS
n°13028
Terraillon​ Marc
Posté le 06-02-2009 à 23:20:37  profilanswer
 

Bonsoir
 
En 1904 le MOUSQUET est embarqué à bord du croiseur DASSAS avec le contre torpilleur FRONDE à destination de l'Extrème Orient
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
 
A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
n°13106
olivier 12
Posté le 08-02-2009 à 14:31:30  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Les notes mises en ligne par Daniel apportent un éclairage intéressant sur les raisons qui ont entrainé la perte du MOUSQUET, notamment sur les difficultés de transmissions.
 
Voici quelques éléments nouveaux sur l’affaire de Penang.
 
Tout d’abord des précisions sur les victimes qui permettront peut-être de mettre à jour la liste du personnel embarqué sur le MOUSQUET.
 
Ce rapport, fait par un médecin de 2e classe nommé Solcard est le résultat soit de oui-dire, soit de constatations personnelles.
 
«  Les 36 hommes recueillis par l’EMDEN comptaient seize blessés se décomposant comme suit :
 
Carissan  Enseigne de vaisseau   Arrachement du pied gauche et blessures ouvertes au bras droit
 
Stéphan  Matelot timonier  Arrachement des deux pieds
 
Barbaroux  Matelot électricien  Plaie à  l’abdomen
 
Salducci  Matelot timonier   Arrachement des parties molles des cuisses
 
Hamon  matelot clairon  Fracture ouverte du bras droit
 
Sansfourche  Quartier maître mécanicien  Plaie de la région lombaire
 
Cabel  Quartier maître chauffeur  Plaie pénétrante de l’épaule gauche
 
Pégé Matelot timonier  Plaie perforante de la jambe droite
 
Calloch  Matelot canonnier  Plaie du pied gauche
 
Le Gall Quartier maître mécanicien Plaie au dos et à la cuisse gauche
 
plus six quartiers maîtres chauffeurs ou chauffeurs plus légèrement blessés.
 
Les premiers à recevoir des soins à bord de l’EMDEN furent Stéphan, Barbaroux et Salducci.
 
Le 20 à 04h00 du matin, l’EMDEN organisa le transfert des blessés à bord du vapeur anglais NEWBURN.
 
Le matelot clairon Hamon mourut sur le NEWBURN et son corps fut conservé à bord. A leur arrivée à Sabang, les blessés furent transportés d’urgence à l’hôpital où ils reçurent les soins du médecin militaire Blankenberg et de deux autres médecins civils venus généreusement à son aide.
 
L’enseigne Carissan, atteint de gangrène septisémique succomba en dépit d’une amputation très large tentée pour le sauver.
Cabel fut dirigé sur un hôpital de Sumatra pour radiographie.
Les autres  blessés furent soignés sur place avec une sollicitude infinie. A mon arrivée à Sabang, je les ai trouvé dans un petit hôpital clair, merveilleusement propre, pansés avec les plus grands soins et presque complètement guéris.
 
Le bilan précédent nous donne un total de cinq morts, les trois premiers immergés par le commandant de l’EMDEN avec les honneurs militaires ( Stéphan, Barbaroux et –probablement- Salducci )
 
L’EV Carissan et Hamon ont eu droit à Sabang  à de somptueuses funérailles qui ont donné lieu à de nombreuses manifestations de sympathie. Leurs tombes, très simples, sont couvertes de fleurs, l’une près de l’autre. Une pierre blanche située entre elles attend une inscription.
 
Le médecin Blankenberg m’a rassuré en ce qui concerne Cabel. »
 
A ces renseignements, il faut ajouter une note du 14 Août 1931 du service historique de la Marine qui précise :
 
« Le SH n’a retrouvé aucune trace d’inhumation de marins du MOUSQUET à Penang. Un seul survivant du MOUSQUET, le matelot annamite Huong, a été recueilli par un pêcheur de Penang. Aucun corps des 45 disparus n’a été retrouvé.
 
Sur les 36 survivants recueillis par l’EMDEN, deux moururent et furent immergés en présence de leurs camarades prisonniers avec tous les honneurs. Un troisième (Salducci ?) mourut peu avant le transbordement sur le NEWBURN et fut immergé ultérieurement. Hamon  mourut sur le NEWBURN et Carissan à Sabang. Ces deux derniers ont été inhumés à Sabang.
 
Le médecin de 2e classe Solcard, embarqué sur le d’IBERVILLE a fait un rapport dans ce sens à son commandant. »
 
Enfin, voici la liste des points exceptionnels accordés aux survivants du MOUSQUET
 
100 points
 
Cabel  Quartier maître chauffeur
Pégé  Matelot timonier
 
75 points
 
Chapalain   Quartier maitre chauffeur
Sansfourche   Quartier maître mécanicien
Le Gall              Quartier maître mécanicien
Cozic     Matelot chauffeur
Goeio    Quartier maître timonier
Calloch    Matelot canonnier
 
50 points
 
Evinnec  Sd maître timonier
Galia  Quartier maître torpilleur
Cloarec Quartier maître électricien
Merrien  Matelot charpentier
André  Matelot gabier
Savelli  Matelot canonnier
Layet  Matelot électricien
Le Scaon Matelot électricien
Bigay  Matelot électricien
Le Bihan Matelot électricien
Garnung Matelot mécanicien
Farges  Matelot mécanicien
Taupin  Matelot mécanicien
Le Port Matelot mécanicien
Kerdoncuff      Matelot mécanicien
Valognes Matelot chauffeur
 
Cdlt
 
Olivier
 
(à suivre pour un nouveau récit du raid de l’EMDEN sur Penang…)


Message édité par olivier 12 le 09-02-2009 à 09:03:13

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olivier
n°13130
Rutilius
Posté le 08-02-2009 à 19:23:59  profilanswer
 


   Bonsoir Olivier,
   Bonsoir à tous,
 
  Un troisième (Salducci ?) mourut peu avant le transbordement sur le NEWBURN et fut immergé ultérieurement.
 
   La fiche M.P.L.F. de ce matelot indique de façon quelque peu contradictoire : « mort le 28 octobre 1914 à bord du Mousquet : décédé des suites de ses blessures reçues à bord du Mousquet, coulé à Penang » (V. ci-dessus). Elle ne permet donc pas de statuer définitivement sur le lieu de son décès.
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 26-03-2009 à 13:56:56
n°13142
olivier 12
Posté le 08-02-2009 à 21:47:12  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Raid de l’EMDEN sur Penang rapporté  par le correspondant du New York Times.
 
 Ce journaliste n’était pas témoin de l’affaire. Il reprend le récit que lui aurait fait un témoin oculaire, officier  dont il ne donne pas la nationalité, mais probablement pas officier de marine, qui se trouvait sur le PISTOLET. On notera toutefois que le journaliste introduit dans le récit des éléments dont il n’a eu connaissance que bien après les faits, ce qui en fausse la spontanéité. En particulier, il identifie tout de suite l’EMDEN, alors que personne ne l’avait reconnu au début du combat. Il se met presque dans la peau de von Muller pour expliquer ses manœuvres…
 
Récit
 
«  Le commandant du PISTOLET avait invité le capitaine T. et moi-même à venir jouer une partie de bridge et de whist à bord. Le navire était à quai au dock du gouvernement, en deçà du port intérieur. La partie était très intéressante et le temps passa sans qu’on s’en aperçut. Elle se termina à 01h00 du matin, et comme le retour à la maison à cette heure très matinale nous aurait obligé à parcourir à cheval une lieue en courant certains risques, le commandant nous invita à dormir à bord. Nous étions loin de nous attendre à ce que notre décision allait nous valoir.
 
A 05h25, au point du jour, je fus réveillé par un bruit assourdissant, suivi de deux autres à intervalles rapprochés. J’enfilai des vêtements par dessus mon pyjama et montai sur le pont. Juste devant nous, à l’entrée du port intérieur, flottait le croiseur russe JEMTCHUG et marchant sur lui à toute vitesse arrivait le croiseur allemand EMDEN. Ses canons crachaient des nuages de fumée au travers desquels fulguraient les lueurs des coups tirés. Il était à  moins d’un demi mille. Au bout d’un temps interminable, le JEMTCHUG commença à répondre avec ses petits canons. L’EMDEN obliqua un peu dans le chenal ; à moins de 500m, prenant le JEMTCHUG de flanc, il crachait littéralement du feu.
 
Le croiseur russe était complètement pris par surprise et fut terriblement mis à mal avant d’avoir pu se rendre compte de ce qui se passait. D’autant plus que son commandant passait sa nuit à terre et qu’il n’y avait semble-t-il personne à bord capable d’agir énergiquement. Les hommes finirent quand même par mettre en action les canons légers. Ils bombardèrent l’EMDEN de shrapnells, mais en raison du mauvais pointage qui prévaut – le fait est notoire – dans la marine du Tsar, ils ne réussirent qu’à arroser copieusement tous les navires marchands se trouvant à portée.
 
Entre temps, l’EMDEN, entré dans le port intérieur, se trouvait parmi les navires de commerce. Il aperçut les contre-torpilleurs français. Son commandant eût soudain l’intuition qu’à moins de sortir avant qu’ils n’entrassent en action, son sort était clair. A si courte distance, moins de 450 yards, leurs torpilles auraient été mortelles pour lui. Il fit donc demi-tour et se dirigea à nouveau sur le JEMTCHUG.  
 
Les deux navires se crachèrent réciproquement la mitraille à bout portant. Puis l’EMDEN doubla le Russe à moins de 150 yards et en profita pour le torpiller vers le milieu. La torpille entra dans les soutes à munitions. Une formidable détonation retentit auprès de laquelle la canonnade qui l’avait précédée était peu de chose. Une colonne dense de fumée noire s’éleva et le JEMTCHUG coula en dix secondes, tandis que l’EMDEN s’en écartait pour se mettre en sécurité.  
 
Pendant ce temps, le contre-torpilleur français FRONDE, qui était amarré juste sur notre arrière, largua son aussière et partit pour prendre part au combat, avec seulement une mitrailleuse. Il tira à la mitrailleuse sur l’EMDEN, mais comme la clarté était encore très faible, sans résultat.
 
A peine était-il sorti, que l’EMDEN aperçut le contre-torpilleur MOUSQUET qui avait entendu la canonnade et arrivait à toute vitesse. L’EMDEN ouvrit immédiatement le feu, forçant son ennemi à virer de bord pour s’échapper. Mais il était trop tard. Après un combat de 20 mn, le MOUSQUET fut atteint par trois obus simultanément et coula très rapidement. Le croiseur allemand avait fait une seconde victime.
 
C’est ici que la bravoure chevaleresque de von Muller, bien des fois mise en évidence pendant la brève mais brillante carrière de son navire, se manifesta à nouveau. Craignant la sortie des bâtiments français, chaque moment était précieux pour lui. Cependant, sans en tenir compte, il stoppa et amena ses embarcations. Il repêcha alors les survivants du MOUSQUET avant de reprendre sa route.
Ici, les Anglais disent de lui avec admiration qu’il a joué loyalement.  
 
Pendant ce temps des embarcations de toutes sortes s’étaient dirigées vers le lieu où flottait naguère le croiseur russe. La mer était couverte de débris de toutes sortes auxquels s’accrochaient des survivants. Ces derniers avaient une apparence lamentable lorsqu’ils furent débarqués sur la jetée Victoria où le bâtiment de la garnison de Sikhs fut transformé en hôpital temporaire. Même avec sang-froid, on ne pouvait supporter qu’avec peine le spectacle de ces corps déchiquetés et sanglants. C’est une vision que je n’oublierai jamais.
 
Trente minutes après le premier coup de canon, le PISTOLET avait appareillé et s’était dirigé, de concert avec le FRONDE, sur le lieu du naufrage du JEMTCHUG. Mais cela prit du temps car il n’y avait pas de pression aux chaudières. Sur les lieux, je ressentis toute l’horreur qui se dégage d’un combat naval. Mer couverte de débris, têtes qui émergent et montent et descendent comme des bouchons sur l’eau, hommes s’agrippant aux épaves et aux bouées qu’on leur lançait. Nous hissâmes les blessés à bord au moyen d’embarcations ou de cordes. Certains étaient littéralement déchiquetés. Il nous semblait vivre un cauchemar. Chacun tentait d’alléger les souffrances des victimes. Mon partenaire de bridge, le docteur du PISTOLET, demanda mon concours et je fis ce que je pus pour donner des soins, mais avec des moyens rudimentaires. Bien vite, mes vêtements furent couverts de sang. »  
 
Le journaliste ajoute :
 
«  Les Français et les Russes n’étaient pas prêts au combat. Il est certain que l’EMDEN aurait pu être torpillé une douzaine de fois s’ils s’étaient un tant soit peu préparés. »
 
Cet article, paru dans le New York Times, indisposa bien sûr fortement l’Etat-Major de la Marine.
Si le Russe avait effectivement commis de graves erreurs et fait preuve d’une extraordinaire négligence, le journaliste allait un peu vite en besogne dans son jugement sur l’action ou l’inaction des Français.
Néanmoins, le commandant du d’IBERVILLE fut, dans un premier temps, relevé de son commandement.
Lui et les commandants du FRONDE et du PISTOLET passèrent devant une commission d’enquête à Saïgon.
 
Le résultat de l’enquête ne se trouve pas aux archives, mais il semble qu’ils furent blanchis de l’accusation d’inaction.
Dans une note, on peut lire que le correspondant du New York Times aurait été bien inspiré de mieux se renseigner sur le déroulement des évènements. Il ne semble pas avoir compris qu’un navire au port met bas les feux, faute de quoi une consommation astronomique de charbon le met rapidement dans l’impossibilité de remplir toute mission.  
Les rapports déjà cités dans ce sujet montrent d’ailleurs que le MOUSQUET naviguait parfois à l’extrême limite de sa capacité en combustible ce qui constituait une faute, tout bâtiment de guerre devant garder une autonomie suffisante pour ses missions.
Il semble aussi ignorer qu’une chaudière ne monte pas en pression en quelques secondes, mais qu’il faut un minimum de deux heures pour obtenir une pression de vapeur suffisante.
Un torpilleur en patrouille, un à 15 mn d’appareillage et le 3e à deux heures étaient donc des dispositions à priori correctes.
 
En bref, le journaliste semble avoir une grande admiration pour les Allemands et une assez piètre opinion des Russes. Son article, qui se veut le récit d’un témoin oculaire est en fait très elliptique et manque de rigueur tant dans le déroulement des faits que dans leur interprétation.
 
Il est néanmoins très intéressant à comparer avec celui de Paul Chack et avec le journal de bord de von Muller.
 
NB pour Daniel : j'ai suggéré Salducci comme étant le 3e marin décédé sur l'EMDEN car il fut l'un des premier à recevoir des soins, donc sans doute à avoir été gravement atteint. Mais je n'ai aucune certitude.
 
Cdlt
 
Olivier


Message édité par olivier 12 le 30-01-2011 à 23:53:29

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olivier
n°13168
Rutilius
Posté le 09-02-2009 à 15:33:49  profilanswer
 


   Bonjour Olivier,
 
   ... j'ai suggéré Salducci comme étant le 3e marin décédé sur l'EMDEN car il fut l'un des premier à recevoir des soins, donc sans doute à avoir été gravement atteint. Mais je n'ai aucune certitude.
 
   En dépit de la rédaction ambiguë de la fiche M.P.L.F. concernant ce marin et des maigres informations dont on dispose sur son sort, je partage votre intime conviction.
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°14558
urfold
Posté le 26-03-2009 à 13:41:20  profilanswer
 

voici une photo des rescapés  du "Mousquet" mon grand père est le 6eme en partant de la gauche il s'agit de "charle Merien"

n°14560
urfold
Posté le 26-03-2009 à 13:44:55  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/rescapés mousquet(ch 6eme à partir gauche (barbu).JPG1..jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/rescapés mousquet(ch 6eme à partir gauche (barbu).JPG1..jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/rescapés mousquet(ch 6eme à partir gauche (barbu).JPG1..jpg
 
pardon mauvaise "manip"

n°14563
urfold
Posté le 26-03-2009 à 13:50:03  profilanswer
 

l'epave de l'EMDENhttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/emdenepavega60.jpg

n°14564
urfold
Posté le 26-03-2009 à 14:02:09  profilanswer
 

je remets la photo des survivants car je l'ai dupliquée plusieurs fois et elle me parait trop petite http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/rescapés mousquet(ch 6eme à partir gauche (barbu).JPG3..jpg

n°14599
urfold
Posté le 26-03-2009 à 22:09:47  profilanswer
 

je tente un gros plan pour pouvoir lire  le tableau . Charles Merien est le barbu tout à gauche http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5261/pepe.jpg

n°14604
Ar Brav
Posté le 27-03-2009 à 11:55:18  profilanswer
 

Bonjour Urfold,
 
Merci beaucoup pour vos contributions,
 
Bien cordialement,
Franck


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n°16008
GENEAMAR
Posté le 02-05-2009 à 08:35:59  profilanswer
 

Bonjour à tous...
 
De la TAILLE Marie Alexandre Georges
 
Né le 18 février 1879 - Décédé.
Entre dans la Marine en 1896, Aspirant le 5 octobre 1899; port TOULON. Au 1er janvier 1901, sur le croiseur "DESCARTES", Escadre d'Extrême-Orient (Cdt Marie LESPINASSE DE SAUNE). Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1901. Au 1er janvier 1903, Officier à la disposition du Ministre des Affaires étrangères; en mission à FOU-TCHÉOU. Lieutenant de vaisseau le 19 septembre 1909. Le 4 mars 1910, affecté à la Réserve spéciale à TOULON, Officier en Second du groupe "unique". Chevalier de la Légion d'Honneur. Au 1er janvier 1914 (nomination du 13 juillet 1911), Commandant le torpilleur "MOUSQUET" et le groupe des torpilleurs en réserve à SAÏGON. Au 1er janvier 1918, port TOULON.


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Cordialement. Malou
n°16016
Ar Brav
Posté le 02-05-2009 à 10:57:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Quelqu’un a-t-il la position en φ et G où le Mousquet a sombré ? J’ai beau chercher (sans doute mal), je ne trouve pas.
Merci par avance,
 
Bien cordialement,
Franck


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n°19818
dbu55
Posté le 20-08-2009 à 20:01:18  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
D'autres marins du MOUSQUET, morts pour la France :
 
DAVID Albert Louis Marie né le 16/05/1889 à Ploërmel (Morbihan), Quartier Maître Manœuvrier - Décédé le 28/10/1914 (25 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
DUDY Jean Marie né le 05/05/1887 à Argol (Finistère), Quartier Maître Fourrier - Décédé le 28/10/1914 (27 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
GEORGES René Pierre né le 18/10/1893 à Dommartin-le-Franc ou Dommartin-le-Saint-Père (Haute-Marne), Matelot de 2ème Classe Fusilier - Décédé le 28/10/1914 (20 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
HOUZE Fernand Louis né le 15/04/1891 à Valenciennes (Nord), Apprenti marin  - Décédé le 28/10/1914 (23 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
JAOUEN Jean Pierre né le 26/08/1885 à Plogastel-Saint-Germain (Finistère), Quartier Maître Fusilier - Décédé le 28/10/1914 (29 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
LE CLEUZIAT Henri Baptiste né le 16/11/1880 à Pouldouran (Côtes-d'Armor (Côtes-Du-Nord en 1914)), Quartier Maître Chauffeur - Décédé le 28/10/1914 (33 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
ROBIN Yves Marie né le 19/05/1891 à Pordic (Côtes-d'Armor (Côtes-Du-Nord en 1914)), Matelot de 2ème Classe Canonnier - Décédé le 28/10/1914 (23 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
ROUÉ Yves né le 26/09/1887 à Tréflez (Finistère), Quartier Maître Infirmier - Décédé le 28/10/1914 (27 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
SIZUN Jean Yves Marie né le 19/04/1873 à Saint-Ségal (Finistère), Second Maître Canonnier - Décédé le 28/10/1914 (41 Ans) - Disparu en mer à Bord du MOUSQUET
 
Cordialement
Dominique


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°20257
bidasse
Posté le 02-09-2009 à 00:33:41  profilanswer
 

Bonjour,
Je me présente,Jean-Pierre Lelong, petit fils du matelot fusiller Louis Auffret présent à bord du Mousquet qui à été coulé le 28 Octobre 1914
Je tiens de mon grand-père une photo de tous les survivants du Mousquet photo prise à l'hopital de Sabang.Je posséde aussi un journal
"le courrier Saigonnais du 21 Novembre 1914 qui relate l'agonie du Mousquet avec la liste des survivants, les morts, et les disparus, qui sont les morts non recueillis,Etat major, Equipage, et Annamites
J'ai fais don de l'original de ce journal au Musée de la Marine ( chateau de Vincennes)
Pour me contacter pepierre77@hotmail.fr  
Cordialement
Jean-Pierre


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Bidasse
n°20321
historianj​ohn
research penang
Posté le 04-09-2009 à 23:55:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,
je suis un nouveau contributeur à ce forum, je fais une recherche sur l'histoire et le patrimoine de Penang, et ceci inclut la célèbre histoire de la bataille de Penang en Octobre 1914. Votre forum m'a donné de nombreux éléments intérressants sur le naufrage du Mousquet.  
Personne n'a parlé des plongeurs qui ont, fin 1969 début 1970, exploré l'épave du Mousquet. Ces plongeurs étaient membres de la  "Associated salvage Sdn. Bhd. Le directeur, Mr H.R. Leishman. Xtrait du journal "STRAITS ECHO" du mercredi 28 janvier 1970 page 2:  
" deux ancres ont été retrouvées dans l'épave. une ancre a été donnée au musée de Penang". cette ancre est toujours là en 2009.
la seconde ancre a été donnée à l'ambassade de France à Kuaka Lumpur. Les plongeurs ont également retrouvé des squelettes et des ossements.  Ce même article de 1970  mentionne le fait qu'un bateau français "doit venir dans quelques mois pour ramener les ossements en France pour leur donner une sépulture digne".  
je n'ai pas été capable de suivre cette histoire jusqu'à son terme. l'embassade de France à Kuala Lumpur n'a aucune information sur cette affaire....
j'ai étudié les documents des archives du Chateau de Vincennes à Paris mais je n'ai rien trouvé. les fonctionnaires des archives de la marine nationale m'ont dit être intérressés pardes recherches supplémentaires. Meci de ma donner tout information que vous auriez à ce sujet. ou sont allés ces ossements? les familles ont elles été informées? j'ai en ma
cordialement


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john Robertson
n°20323
historianj​ohn
research penang
Posté le 04-09-2009 à 23:57:57  profilanswer
 

suite et fin du précédent message:
l'original du journal de 1970 se trouve aux archives de Londres. j'ai la copie d'l'article en question.
cordialement


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john Robertson
n°20375
bidasse
Posté le 07-09-2009 à 14:58:54  profilanswer
 

Bonjour à tous,
En 1969, l'aménagement du détroit de Malacca pour la navigation des pétroliers à fort tirant d'eau nécessitait le découpage et l'enlèvement de l'épave du Mousquet. Les restes des marins enfermés dans l'épave furent remis à la France le 20 octobre 1970 par le gouvernement malais et transférés par l'aviso-escorteur Amiral Charner en Nouvelle-Calédonie.
Ils reposent désormais dans une tombe érigée sur l'ilot Brun de la base navale de Nouméa, à l'extrémité de la pointe Chaleix.
cordialement


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Bidasse
n°20499
historianj​ohn
research penang
Posté le 12-09-2009 à 17:35:23  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci Bidasse de ces précieuses informations. J'ai encore deux questions:
 
- existe-t-il une photo de cette tombe en Nouvelle Calédonie?  
- la deuxième ancre, est-elle également la ?
 
cordialement
 
John Robertson


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john Robertson
n°20510
bidasse
Posté le 12-09-2009 à 22:21:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Oui il existe des photos et également l'histoire d'une sépulture militaire française à Sumatra de Jean Rocher, que j'ai découvert il y a peu de temps sur le site (www.persee.fr) qui donne beaucoup de détails sur cette belle histoire
cordialement
Jean-Pierre


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Bidasse
n°20520
olivier 12
Posté le 13-09-2009 à 11:02:35  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci Jean-Pierre pour ces informations. De fait, très intéressant article de Jean Rocher à lire sur www.persee.fr.
 
Voici la tombe de l'enseigne Carissan avant et après sa restauration. Il, semblerait que la dépouille du clairon Hamon ait été récupérée (sans doute par sa famille) après 1929, car la pierre tombale avait été re-gravée avec un seul nom puis retournée.
 
http://img14.imageshack.us/img14/7415/tombecarissansabang.jpg
 
Cdlt


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olivier
n°20749
bidasse
Posté le 20-09-2009 à 23:05:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Un petit résumé de ce combat du "Mousquet et de l'Emden" sur
Combat de Penang-Wikipédia
J'espére apporter encore un petit + à cette belle histoire.
cordialement
Jean-Pierre


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Bidasse
n°20750
alain13
Posté le 21-09-2009 à 08:35:02  profilanswer
 


Bonjour,
 
Je viens de relire ce sujet sur le Mousquet qui est fort intéressant.
Mais comment se fait-il que sur la photo montrant l'embarquement sur le Sydney des blessés de l'Emden on aperçoive des matelots coiffés de bachis à pompons ???
 
Cordialement,
Alain

n°20754
olivier 12
Posté le 21-09-2009 à 12:25:42  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Tous les clichés sur le combat des îles Keeling sont extraits de "l'Illustration".
Effectivement, certains marins semblent porter des canotiers avec un ruban et d'autres des bachis à pompons. Je n'ai pas d'explication plausible.
Quel était l'uniforme réglementaire des Anglais? y avait  t-il d'autres nationalités de l'empire britannique dont les marins portaient ce genre de couvre-chef? Restait-il des prisonniers français sur l'Emden? ou bien a-t-on mis une photo d'un autre navire?  
Peut-être un spécialiste des uniformes pourra t-il nous éclairer...
 
Cdlt


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olivier
n°21981
marcel cle​ment
Posté le 15-11-2009 à 22:29:30  profilanswer
 

olivier 12 a écrit :

Bonjour à tous,
 
Merci Jean-Pierre pour ces informations. De fait, très intéressant article de Jean Rocher à lire sur www.persee.fr.
 
Voici la tombe de l'enseigne Carissan avant et après sa restauration. Il, semblerait que la dépouille du clairon Hamon ait été récupérée (sans doute par sa famille) après 1929, car la pierre tombale avait été re-gravée avec un seul nom puis retournée.
 
http://img14.imageshack.us/img14/7 [...] sabang.jpg
 
Cdlt


 
Bonsoir à tous,
 
Un petit complément trouvé sur Ebay ce soir.
 
Amicalement à la Royale,
 
Alain MC
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2990/2lcahhc.jpg


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Amicalement,
Alain MC
n°21987
Ar Brav
Posté le 16-11-2009 à 06:19:17  profilanswer
 

Bonjour Alain,
 
Merci pour votre complément  :)  
 
Amicalement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°22212
bidasse
Posté le 25-11-2009 à 15:10:44  profilanswer
 

Je vous fais parvenir la copie du journal "Le courrier Saïgonnais" ainsi que le passage du livre de Claude Farrère et Paul Chack "Combats et batailles sur mer".
Vous remarquerez les fautes sur les noms de famille.
Amicalement, Jean-Pierre.
       
""LE  COURRIER  SAIGONNAIS""
 
                                           du
 
                     
                      Samedi 21 Novembre 1914
 
Bureau et Dépôt à Paris : 13 Faubourg Montmartre                                                N°  3881
 
 
 
                                        Pour l’Honneur et pour la Patrie
 
             Une belle page écrite dans l’histoire de la Marine de France
                               
                                               Le 28 Octobre 1914
 
                                                          en mer
 
                                Par le sang généreux de nos marins Français
 
                                                et Annamites d’Indochine  
 
 
 
                                 L’AGONIE DU « MOUSQUET »
 
 
 
          Il faudrait, pour les écrire en tête de page qui devrait être elle-même écrite ici par le commentateur poignant du « carnet de notes » du Capitaine de Frégate SEMENOFF, les titres que trouvèrent l’âme et l’imagination du marin de lettres TESTU de BALINCOURT,  sur le chemin du sacrifice.
 
             L’agonie d’un cuirassé ; le prix du sang. Non pas que « le glorieux petit MOUSQUET » ainsi que l’appelèrent nos amis les Anglais, put se comparer à l’énorme SOUVAROFF,  ni que le drame expéditif du  
28 Octobre 1914, dans les eaux des « straits » ait eu la tragique ampleur des anéantissements effroyables du 28 Mai 1905, au milieu du détroit de Corée
 
              Mais, en France, mais en Indochine surtout, nous avons quelques droits et nous avons un devoir de recueillir, avec la fierté et la piété que de pareilles actions inspirent aux heures ou la patrie leur doit la défense de son droit, l’inviolabilité de son honneur, le pur éclat de sa gloire, les suprêmes exemples de bravoure, de noblesse et d’abnégation que viennent de donner nos officiers et marins Français avec nos matelots Annamites du contre torpilleur « MOUSQUET »
 
 
 
 
                En saluant, hier soir, de tout l’émoi fraternel et de tout le respect attendri de notre colonie, la mission que remplissait et achevait le d’IBERVILLE, son équipage, ses officiers et son commandant, Le Capitaine de Frégate AUDEMARD, qui nous ramenaient vingt huit des trente et un survivants du « MOUSQUET », nous exprimons bien l’attachement affectueux que l’Indochine entière aura pour ses braves épargnés, et la fidélité certaine du souvenir dont toute l’Indochine honorera les autres d’entre eux qui succombèrent au champ d’honneur.
 
 
                 Ce soir, nous publions un autre hommage, plus simple et combien plus grand ! Nous réunissons dans les lignes qui vont suivre,aussi scrupuleusement que nous le permettent des impressions obtenu es ce matin, les témoignages apportés, par les survivants eux même, dans un récit  « collectif » pourrait-on dire, du combat ou le « MOUSQUET », écrasé par des forces qui ne lui permettaient aucune résistance, illustra les couleurs de la France, une fois de plus, en montrant à l’ennemi, comment on sait, chez nous, mourir et ne pas se rendre.  
 
 
                C’est a l’accueil bienveillant du Commandant du d’IBERVILLE que nous devons un résumé possible et, en même temps, exact de ces témoignages. Il ne saurait faire de doutes que le chef qui nous a consenti les facilités de publier des souvenirs dans la Marine est si constamment, en d’autres temps, la gardienne silencieuse, a eu la pensé juste qu’il était bon de ne point dissimuler de tels exemples du devoir accompli, car ils ont une force consolente pour les ainés, enseignante pour les jeunes et ennoblissante pour tous.
 
 
                 Laissons la place des lors, non pas a un texte officiel dont l’opinion publique ne sera la destinataire que plus tard, mais aux notes qu’ils nous à été possible de rassembler à bord du d’IBERVILLE ou les marins allaient et venaient, aussi noircis par les corvées de retour que l’écusson du bord ou sont les deux mots emblématiques « HONNEUR et PATRIE », tandis que ces mots et les hommes qui avaient failli mourir pour eux se détachaient, les uns et les autres , avec un saisissant relief, dans la lumière d’un radieux et glorieux lendemain.
 
 
 
                                                                                               J. F.
 
 
 
 
                                           «  MOUSQUET »
 
Torpilleur :
 
                   Longueur       59 m
                   Largeur            6 m 36
                   Tirant d’eau     3 m 15
                   Déplacement     310 à 350 t  
 
                         Coulé le 28 Octobre 1914
 
                                              à
 
                                       Poulo Pinang
 
      Au large de la Malaisie par le Croiseur Allemand
 
                                       «L’ EMDEN »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                 Le combat du 28 Octobre 1914
 
 
 
             UNE AUBE AU LARGE DE PENANG
 
       Le second maître de timonerie EVIREC, faisait fonctions d’officier de quart sur la passerelle du  MOUSQUET,  le 26 Octobre dernier, à 6 heures 20 du matin, Il avait auprès de lui le timonier STEPHAN et un homme de barre.  
 
           Le MOUSQUET accomplissait alors le service de surveillance dont il était chargé.
Il faisait route au sud-ouest, à raison de cinq nœuds et demi, et se trouvait à 14 milles du nord du « Swimming Club » de Pénang.
 
           A la chaufferie se trouvait alors de garde le quartier maître chauffeur GABEL,  le matelot chauffeur DANIC et le matelot annamite DIEU. Le quartier maître chauffeur LE GALL entretenait la chaudière.
 
            Le mécanicien principal BOURSIER passait le service au 1er maître PROVOST.
Etaient de service à la machine, le quartier maître mécanicien DUCHENE, remplaçant le chef de quart, le quartier maître LEVANT, les ouvriers ROYER, KARDONEUF, et GARNUNG .
 
            Le second maître de timonerie aperçut un navire de guerre qui sortait de Pénang . Il alla prévenir le commandant, le lieutenant de Vaisseau M. THEROINNE qui vint aussitôt sur la passerelle et crut reconnaître le croiseur YARMOUTH, de la Marine Anglaise. Il fit mettre le cap à 120 tours, sur le pseudo bâtiment allié.  
 
             Le croiseur stoppa et se remit en marche à une vive allure. Puis il ralentit et mit le cap également sur le MOUSQUET. Ce dernier hissa ses couleurs. Il était 6 heures 45
 
             Le commandant avait résolu de laisser le croiseur faire lui-même la demande des signaux de reconnaissance.
 
 
                                                       L’ENGAGEMENT  
 
         A 7 heures moins une minute, le bâtiment hissa le pavillon Allemand. Au moment même ou l’Emden se relevait ainsi, ses canons ouvraient le feu. La distance qui le séparait du MOUSQUET était de deux milles et demi. Ses obus dépassant le but, et n’ayant servi qu’à régler le tir, allèrent tomber au-delà du contre torpilleur. Le commandant THEROINNE fit appeler aux postes de combat. Il fit exécuter par T.S.F.  un signe convenu de concentration
 
              Le second maître de timonerie alla prévenir les officiers, pendant que le quartier maître COZIC avertissait l’équipage.
 
              M. BOURSIER fit aussitôt pousser les feux. Venaient de descendre a la  chaufferie le quartier maître CHAPALAIN, les matelots BARETJE et VALOGNE,le quartier maître et les matelots annamites TRONG et TRI.
 
              Les dispositions de combats furent prises avec rapidité. Les hommes étaient à peine à leurs postes qu’une première salve tomba sur le MOUSQUET. Des sections furent aussitôt mises hors de combat. Un projectile blessa grièvement le mécanicien HOUZE  et le timonier breveté PEGE. Des éclats d’obus traversèrent une chaudière et un projectile vint tuer les deux télégraphistes à leurs poste T.S.F. MM ALBERTINI et PIETRI.
 
              Les enseignes de Vaisseau MM CARISSAN et de TORCY, montèrent sur la passerelle précédés  par le quartier maître de timonerie COZIC qui pris la barre pendant que le timonier STEPHAN descendait aux signaux.
   
              Le second maître  fourrier MOURGUES qui montait a la passerelle a ce moment fut blessé gravement au flanc par un éclat d’obus.
 
              Le commandant THEROINNE donna l’ordre d’augmenter la vitesse.
M. BOURSIER et le premier maître mécanicien descendirent aux machines pour faire exécuter cet ordre. Le quartier maître GALIA, aidé par le gabier ANDRE, le matelot électricien BIGAY  et le matelot canonnier SAVELLI enlevèrent la saisine de la torpille.
 
              Le quartier maître canonnier HEURTAUX, le matelot PERROT, le mécanicien LEFORT ouvrirent le feu à tribord.
 
              Une deuxième salve de l’EMDEN atteignit le poste d’équipage ou elle fit une voie d’eau.
 
              Un éclat d’obus vint frapper sur la passerelle M. de TORCY qui tomba à l’endroit même ou il se trouvait. D’autres éclats de projectiles défonçaient les chaudières. La vapeur s’échappait par les portes des soutes à charbon. Les machines stoppèrent.
 
 
                                             MORT DE M.  BOURSIER
 
          M. BOURSIER constatant que sa présence était inutile, remonta sur le pont.
Au moment où il mettait le pied sur le cailleboti, un éclat de tôle lui coupa le corps en deux.
 
 
                Le premier maître mécanicien et le personnel des machines vinrent également sur le pont,à l’exception du quartier maître LEVANT qui se coucha sur le plancher des machines et du matelot ROYER qui s’abrita derrière les bâtis.
 
 
               Le personnel des chaufferies, brûle par la vapeur, monta sur le pont. MM. LE GALL et BRETJE y furent tués par des éclats de projectiles, ainsi que le chauffeur COFFIC, qui se trouvait prés de la cuisine.
 
 
                                     « ET SURTOUT VISEZ BIEN »
 
 
          Le quartier maître HEURTAUX fut tué au moment ou il venait de crier : « et surtout visez bien »  
 
 
                Le canonnier PERROT fut tué au même moment, et le clairon HAMON qui servait des munitions à la pièce, reçut la blessure dont il devait mourir le lendemain.  
Le quartier maître DUCHENE fut blessé gravement à la jambe.
 
 
                                                        LE MOUSQUET
                             
               S’ENFONSE DANS L’EAU PAR L’AVANT
 
 
            Le contre torpilleur commença à s’enfoncer  par l’avant. L’Emden se  porta sur son arrière.
 
                   
                   L’enseigne de Vaisseau CARISSAN quitta la passerelle pour aller à l’arrière et il eut a ce moment, la jambe horriblement blessée, la cuisse déchiquetée.
 
 
                   L’enseigne de Vaisseau de TORCY qui s’était relevé en compagnie du second maître FOURRIER blessé aussi, quitta la passerelle.
 
 
                    Des éclats d’obus blessèrent le quartier maître torpilleur ESSEL et le Quartier maître mécanicien SANFOURCHE.
 
 
                     On tenta d’amener l’un des bretons qui glissant, tomba sur le second maître LEFEVRE. Ce dernier disparu.
 
                      Le MOUSQUET ayant tout son avant plongé dans l’eau, l’EMDEN  interrompit le feu.
 
 
                      Le commandant THEROINNE, avant de mourir, tenta de sauver le plus grand nombre possible de marins.
 
 
                       Le commandant, a ce moment là seulement, descendit de la passerelle et se mit à passer des bouées de sauvetage et des caillebotis aux blessés.
 
 
                        Lui-même avait au moins une blessure à la tête ; deux filet de sang, venant du dessous de sa casquette, couraient de sa tempe à sa joue.
 
 
                       Le quartier maître CHAPALAIN, sortant de  la chaufferie cria :
 
 
                                               « LE BATEAU COULE »
 
 
               Les hommes qui se trouvaient encore en état de le faire sautèrent à la mer.
 
 
                      L’EMDEN ouvrit le feu de nouveau. COZIC fut blessé au bas de la passerelle où prés de lui, STEPHAN venait d’être très gravement atteint.
 
 
                       Le second maître torpilleur MARBOEUF qui, plonge dans l’eau, se retenait au liston, fut décapité par un obus.
 
 
                        Le commandant THEROINNE revint à l’avant et passa deux bouées, l’une à STEPHAN l’autre à COZIC.
 
 
                                              LA FIN
 
 
                Le contre torpilleur glissa sur son avant, et coula définitivement.
 
 
                        Les survivants se tenaient sur l’eau au moyen de bouées, de caillebotis et de barils.
 
 
                            LA DISPARITION DU COMMANDANT
 
 
              Après avoir nager sans trop de difficultés, le commandant fut aperçu par le canonnier CALLOCH qui alla vers lui et le soutint avec un coffre à pavillons auquel il était agrippé.
 
 
                     Mais un annamite, nommé TRI, qui se maintenait du côté opposé du coffre eut le malheureux geste de lâcher cette épave. Alors le coffre chavira. Le lieutenant de Vaisseau THEROINNE et le matelot CALLOCH disparurent tous les deux.
Mais ce dernier seul revint à la surface. On ne revit plus le commandant.
 
 
                    L’enseigne de Vaisseau CARISSAN demandant alors du secours, fut saisi par le même CALLOCH qui alla le déposer sur le coffre à pavillons retourné, parvenant à l’y maintenir jusqu'à l’arrivée d’une embarcation de l’EMDEN.
 
 
                                                      LES SECOURS !
 
 
            Le croiseur mit deux embarcations à la mer et ces dernières, commençant par les survivants qui surnageaient le plus loin les  recueillit tous, à l’exception d’un annamite nommé HUONG. Ce dernier épouvanté à l’idée de tomber entre les mains des
Allemand, préféra s’éloigner sur un baril flottant. Une des barques de l’EMDEN allait pourtant le rejoindre quand, par un coup de sirène, le croiseur rappela tout  son monde.
Nos torpilleurs commençaient à être en vue.
 
 
                  A bord de l’EMDEN des ennemis non pas seulement courtois mais chevaleresques, des marins du MOUSQUET mort à bord du croiseur Allemand reçoivent de ce dernier, pour linceul, nos couleurs Françaises.
 
 
                   A bord de l’EMDEN les survivants non blessés furent parqués sur le pont durant le jour et la nuit dans la batterie aux chaînes.
 
 
                    Les blessés furent installés aussitôt dans l’infirmerie du bord où l’un des médecins Allemands pansa les moins gravement atteints, pendant qu’un autre médecin se préparait à faire les opérations graves.
 
 
                    Au dire de PROVOST, l’EMDEN avait repris sa route à raison de 18 à 20 nœuds et, d’après EVIREC, il alla d’abord à l’ouest puis au nord. Lavitesse ne fut diminuée qu’au bout de 24 heures.
                       Héroïque ordre de l’officier CARISSAN :
 
 
                             « OPEREZ MOI LE DERNIER »
 
 
              Les blessés les plus graves furent opérés les premiers. L’enseigne de Vaisseau CARISSAN voulut être opéré le dernier.
 
 
                      Les matelots Allemands donnèrent des vêtements, en très mauvais état aux prisonniers, sans doute mais ils n’avaient rien de mieux.
 
 
                      Un officier de réserve qui parlait Français interrogea nos marins. Il déclara que l’EMDEN avait aperçu le d’IBERVILLE, mais ne l’avait pas canonné pour ne pas atteindre les cargos neutres qui se trouvaient à côté. Par contre, ni la FRONDE,  ni le PISTOLET, ni les torpilleurs ne furent aperçus par le croiseur.
 
 
                      Dans la nuit du 28 au 29,  BARBAROUX et STEPHAN moururent des suites de leurs blessures à bord de l’EMDEN. Il y eut, pour leur immersion, de la part des officiers et de l’équipage du croiseur, une émouvante démonstration. Tout l’équipage prit la tenue n°1. Un détachement en armes rendit les honneurs militaires, et tous les officiers en tenue, parmi lesquels était le prince de HOHENZOLLERN, neveu du KAISER, se trouvèrent groupés autour du commandant de l’EMDEN, qui avait fait ensevelir les deux dépouilles mortelles dans deux pavillons aux couleurs de la France.  
Le commandant récita les prières des morts. Puis il prononça une allocution en Allemand, qu’il termina par ces mots prononcés en Français :
 
                     « Nous prions pour ces braves, qui sont morts de blessures  
                                           reçues dans un combat glorieux »
 
 
                         LA RENCONTRE DU « NEWBURN »
 
 
          Dans la nuit du 29 au 30 l’EMDEN rencontra, vers 4 heures du matin, un cargo anglais auquel il remit les blessés, a l’exception de l’un de ces derniers, SALDUCCI, qui mourut lui aussi, le soir du 29 à bord du croiseur.
 
 
                Ce fut le Prince de HOHENZOLLERN qui voulut aller lui-même installer les blessés à bord du NEWBURN.
 
 
                En raison de l’état grave de l’enseigne de Vaisseau CARISSAN, le commandant de l’EMDEN enjoignit au NEWBURN qui allait à SINGAPOUR de se rendre directement à SABANG. Le clairon HAMON mourut vers 6 heures du soir.
Le NEWBURN arriva à SABANG à 9 heures.
 
 
     Le lieutenant de Vaisseau commandant le SERDANG, de la Marine HOLLANDAISE
Vint a bord se rendre compte de l’état des transbordes et prescrire les mesures nécessaires.
 
 
          Les survivants non blessés furent dirigés sur les casernes de SABANG, les blessés furent conduits à l’hôpital militaire. Aux uns et aux autres, des leur debarquement, tous les meilleurs soins désirables furent donnés, en literie, en toilette,en vétements, en aliments.
 
 
            L’hospitalité Hollandaise  à été chaleureuse. Honneurs funebres imposants à nos morts.
 
 
             Les marins Français casernés à SABANG furent habilles de neuf et reçurent des uniformes de marins Hollandais fort élégants. On leur prodigua toute les  marques possible de sympathie. Ils reçurent même une solde.
 
 
               Les blessés furent partagés entre les soins dévoués à l’envie des trois médecins de SABANG : le médecin de l’hôpital, le médecin des casernes et un médecin civil.
 
 
                Des funérailles imposantes furent faites à l’enseigne de Vaisseau CARISSAN,
Mort trois heures après son débarquement, et au clairon HAMON. Toute la garnison fut sous les armes et rendit les honneurs.
 
 
                 Un Général Hollandais, en tournée d’inspection, le Gouverneur de SABANG et le commandant du SABANG  prononcèrent des discours, exaltant la bravoure des combattants et honorant nos morts.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                     
                    TOUS CEUX DU  «  MOUSQUET »
 
 
                          Les survivants, les morts… et les disparus
 
                                              Qui sont les morts non recueillis.
 
 
                                                             ETAT  MAJOR
 
 
M. THERONNE                       Lieutenant de Vaisseau
                                              Commandant le « MOUSQUET »                            Disparu
 
M. CARISSAN                          Enseigne de Vaisseau                                Mort à SABANG
 
M. VILLEDIEU DE TORCY   Enseigne de Vaisseau                                          Disparu
 
M. BOURSIER                           Mécanicien Principal                                          Disparu
                                                           De 2ème classe
 
 
                                                               EQUIPAGE
 
 
M. PROVOST                          Premier Maître Mécanicien                         Survivant
 
M. AFFRAY                             Second Maître Mécanicien                           Disparu
 
M. LEFEVRE                          Second Maître Mécanicien                           Disparu
 
M. MOURGUES                     Second Maître Fourrier                                Disparu
 
M. MARBOEUF                     Second Maître Torpilleur                             Disparu
 
M. SIZUN                                Second Maître Canonnier                             Disparu  
 
M. EVINEC                             Second Maître de Timonerie                        Survivant
 
M. GALIA                               Quartier Maître Torpilleur                           Survivant
 
M. CLOAREC                        Quartier Maître Electricien                          Survivant  
 
M. DUDY                                Quartier Maître Fourrier                              Disparu
 
M. COZIC                               Quartier Maître de Timonerie                      Survivant
 
M. ESSELET                          Quartier Maître Torpilleur                           Disparu
 
M. ROUE                              Quartier Maître Infirmier                              Disparu
 
M. DAVID                            Quartier Maître de Manœuvre                      Disparu
 
M. JAOUEN                         Quartier Maître  Fusiller                                Disparu
 
M. HEURTAUX                   Quartier Maître Canonnier                           Disparu
 
M. PIETRI                            Quartier Maître de Télégraphie sans fil       Disparu
 
M. DUCHENE                      Quartier Maître Mécanicien                          Disparu
 
M. LE RALLE                      Quartier Maître Mécanicien                          Blessé survivant
 
M. LEVENT                          Quartier Maître Mécanicien                          Disparu
 
M. SANFOURCHE              Quartier Maître Mécanicien                           Blessé survivant
 
M. CLEUZIAT                     Quartier Maître Chauffeur                             Disparu
 
M. CATE                               Quartier Maître Chauffeur                            Blessé survivant
 
M. CHAPALAIN                  Quartier Maître Chauffeur                            Survivant  
 
M. LE GALL                         Quartier Maître Chauffeur                            Survivant
 
M. ROYER                            Maître Mécanicien                                           Disparu
 
M. KERDONEUFF               Maître Mécanicien                                          Survivant
 
M. GARNUNG                      Maître Mécanicien                                           Disparu  
 
M. HOUZE                            Maître Mécanicien                                           Disparu
 
M. LEFORT                          Maître Mécanicien                                           Survivant
 
M. FARGES                          Maître Mécanicien                                           Survivant
 
M. TAUPIN                          Maître Mécanicien                                            Blessé survivant
 
M. BARETJE                       Matelot Chauffeur                                            Disparu
 
M. GALLOU                        Matelot Chauffeur                                            Disparu
 
M. VALOGNES                   Matelot Chauffeur                                            Survivant
 
M. DANIC                            Matelot Chauffeur                                             Survivant  
 
M. GOFFIC                          Matelot Chauffeur                                            Disparu
 
M. RIBAN                            Matelot Timonier                                          Disparu
 
M. PEGE                              Matelot Timonier                                          Blessé survivant
 
M. STEPHAN                      Matelot Timonier                                          Mort sur l’Emden
 
M. RAMOND                      Matelot Torpilleur                                         Disparu  
 
M. BIGAY                            Matelot Electricien                                        Survivant
 
M. LAYET                            Matelot Electricien                                       Survivant
 
M. BARBAROUX                Matelot Electricien                                       Mort sur l’Emden
 
M. LE SCAON                      Matelot Electricien                                      Survivant
 
M. ANDRE                            Matelot  Gabier                                           Survivant
 
M. LE ROLL                         Matelot  Gabier                                            Disparu
 
M. HAMON                           Matelot Clairon                                      Mort sur le Newburn
 
M. LEBIHAN                        Matelot de Télégraphie sans fil                 Survivant
 
M.  ALBERTINI                   Matelot de Télégraphie sans fil                 Disparu
 
M. ROCHETEAU                 Matelot Boulanger Cuisinier                     Disparu
 
M. AUFFRET                        MATELOT Fusilier                                   Survivant
 
M. LE CORRE                      Matelot Canonnier                                     Disparu
 
M. JOVIA                              Matelot Canonnier                                      Disparu
 
M. PERROT                          Matelot Canonnier                                      Disparu
 
M. SAVELLI                         Matelot Canonnier                                      Survivant
 
M. SALDUCCI                      Matelot Canonnier                                      Mort sur l’Emden
 
M. CALLOCH                      Matelot Canonnier                                       Blessé survivant
 
M. ROBIN                             Matelot Canonnier                                       Disparu
 
M. GEORGES                       Matelot Fusilier                                           Disparu
 
M. BUNEL                             Matelot Canonnier                                      Disparu
 
M. MERIEN                          Matelot Charpentier                                    Survivant
 
                                                        ANNAMITES    
 
M. CU                                      Matelot Mécanicien Asiatique                     Disparu
 
M. PHI                                     Matelot Mécanicien Asiatique                     Disparu
 
M. CO                                      Matelot Chauffeur Annamite                      Disparu
 
M. PHUOC                              Matelot Chauffeur Annamite                      Blessé survivant
 
M. DUOC                                 Matelot Chauffeur Annamite                      Disparu
 
M. DIEU                                  Matelot Chauffeur Annamite                       Blessé survivant
 
M. TRI                                     Matelot Chauffeur Annamite                       Blessé survivant
 
M. TRONG                             Quartier Maître Chauffeur                           Blessé survivant
 
M. HUONG                             Matelot Chauffeur Annamite                       Blessé survivant
 
M. NGOC                                Matelot Boulanger Cuisinier                         Survivant
 
M. TAM                                   Matelot Boulanger Cuisinier                         Disparu
 
M. MOUSTIC                          Maître d’Hôtel Annamite                             Disparu
 
M. TU                                       Maître d’Hôtel Annamite                              Disparu
 
M. POULO CONDOR            Maître d’Hôtel Annamite                              Disparu


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Bidasse
n°23020
olivier 12
Posté le 18-12-2009 à 16:25:16  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici la retranscription intégrale du rapport manuscrit qui a servi à Farrère et Chack pour écrire leur relation du combat EMDEN – MOUSQUET. (Conservé aux archives de Vincennes)
Il reprend la plupart des faits signalés dans le post au-dessus, mais de façon plus officielle et sans aucun effet de style. La signature de l’officier qui a établi ce rapport est malheureusement très difficilement lisible. Le nom ressemble à DAVENOU ou DAVEROU ou encore DAVERON.
J’avais pensé de prime abord au capitaine de vaisseau DAVELUY qui commandait le croiseur cuirassé DUPLEIX, de la division navale d’Extrême Orient. Mais je ne vois pas pourquoi il aurait été chargé de l’enquête… :??:  
 
Récit
 
Le MOUSQUET fait route au S30W quand un croiseur est aperçu au large. A 06h30, le croiseur vient lentement sur le MOUSQUET qui hisse ses couleurs. Le commandant THEROINNE décide qu’on laissera le croiseur faire la demande des signaux de reconnaissance. Il est convaincu que le bâtiment de guerre devant lui est un bâtiment allié.
 
A 06h59, l’EMDEN hisse ses couleurs et ouvre aussitôt le feu.
 
Il est à environ 2,5 milles du MOUSQUET et les premiers coups passent par dessus le torpilleur.
En voyant la salve partie de l’EMDEN, le commandant THEROINNE fait appeler aux postes de combat et donne l’ordre à la TSF de faire le signal de concentration.
Le sd maître timonier se rend à l’arrière pour prévenir les officiers et le QM COZIC au poste équipage. Mr BOURCIER fait immédiatement pousser les feux de la chaufferie arrière où descendent les QM CHAPALAIN et TRONG et les matelots BARETGE, VALOGNE et TRI.
L’équipage se rend immédiatement à son poste de combat de jour. Le sd maître torpilleur ouvre la soupape de conservation de la torpille arrière et se rend au tube avant.
 
Les hommes ont à peine pris leurs postes qu’une salve tombe à bord du MOUSQUET.
 
Les sections du 47 avant sont mises hors de combat. Un projectile tombe dans la cuisine blessant grièvement le matelot HOUZE et le timonier PEGE. Les éclats traversent la chaudière arrière qui avait 4 kg de pression et un autre projectile le poste TSF, tuant les deux télégraphistes ALBERTINI et PIETRI.
Messieurs CARISSAN et de TORCY montent à la passerelle avec le QM COZIC qui prend la barre et le timonier STEPHAN qui descend aux signaux.  Le sd maître MOURGUES, blessé au flanc par un éclat, monte aussi à la passerelle. L’officier en second met aux postes de combat aux tubes. Le commandant donne à la voix l’ordre d’augmenter la vitesse. Mr BOURCIER et le sd maître mécanicien descendent à la machine pour faire exécuter cet ordre.
Le QM torpilleur GALIA et les matelots ANDRE, BIGAY et SAVELLI ont enlevé la saisine de la torpille arrière, jeté à la mer les bouteilles et essayé d’enlever la tente.
Le QM HEURTAUX et les matelots LEFORT et PERROT ont armé le 47 tribord et ouvert le feu.
 
Une deuxième salve arrive à bord
 
Un coup tombe dans le poste équipage et crée une voie d’eau. Des éclats arrivent sur la passerelle, blessant grièvement le second, Mr de TORCY, qui tombe.
Un projectile démoli le ventilateur de la chaufferie avant. Des éclats traversent la chaudière et la vapeur sort par la porte de la soute à charbon. Les machines stoppent.
Monsieur BOURCIER, voyant sa présence désormais inutile dans les machines, remonte sur le pont. Au moment où il pose le pied sur le caillebotis, un éclat de tôle le coupe en deux. Le sd maître mécanicien et le personnel machine remonte sur le pont, à l’exception du QM LEVANT et du maître mécanicien ROYER qui restent derrière les bâtis. Le personnel de la chaufferie, brûlé par la vapeur, remonte sur le pont.
Le QM LE GALL et les matelots BARETGE et LE GOFFIC sont tués par des éclats. L’armement du tube arrière est mis hors de combat. Le QM HEURTAUX est tué au moment où il vient de dire « Et surtout, visez bien ». Le matelot PERROT, chef de pièce du 47 est tué et le clairon HAMON, qui passait les munitions à la pièce est mortellement blessé. Le QM DUCHENE est grièvement blessé à la jambe.  
Le torpilleur s’enfonce par l’avant. L’EMDEN arrive sur son arrière.
 
Mr CARISSAN, qui descend de la passerelle pour se porter à l’arrière, est grièvement blessé à la jambe. Mr de TORCY, qui s’est relevé, et le sd maître fourrier MOURGUES quittent la passerelle.
Des éclats du tube avant blessent les QM ESSELET et SANSFOURCHE.
On tente d’amener l’un des canots bretons, mais l’embarcation tombe sur le sd maître mécanicien LEFEBVRE qui disparaît.
 
Le bâtiment ayant tout son avant dans l’eau, l’EMDEN interrompt le feu.
 
Le commandant THEROINNE descend de la passerelle et passe des bouées de sauvetage et des ceintures aux blessés. A ce moment là, il paraît légèrement blessé à la tête. Un filet de sang sort de sa casquette et coule sur son visage.
Le QM CHAPALAIN qui, à sa sortie de la chaufferie s’est rendu sur l’arrière, crie « Le bateau coule ! »
Des hommes, le fuyant, sautent à la mer.
 
L’EMDEN ouvre à nouveau le feu.
 
Le QM COZIC et le canonnier STEPHAN sont blessés au bas de la passerelle. Le sd maître torpilleur MARBOEUF, qui se tenait dans l’eau accroché au liston, a la tête emportée.  
Le commandant, ayant quitté l’avant, passe des bouées à STEPHAN et COZIC.
Le contre-torpilleur glisse sur son avant et s’enfonce définitivement. Les survivants se tiennent sur l’eau au moyens de bouées de sauvetage, de caillebotis, de bouts de bois de barils.
Le commandant THEROINNE, qui paraît nager aisément au début, est trouvé évanoui par le matelot CALLOCH qui le soutient sur un caisson à pavillons. Mais le matelot annamite TRI qui se tient à l’autre bout du caisson ayant abandonné cette épave, le caisson pivote et le commandant et le matelot CALLOCH coulent. Le commandant ne reparaît pas.  
L’officier en second, grièvement blessé, demande du secours. Le matelot CALLOCH prend de son côté Mr. CARISSAN et le dépose sur le caisson à pavillons.
 
L’EMDEN s’approche des survivants et met deux canots à la mer
 
Il recueille tout ce qui flotte, à l’exception du matelot annamite HUONG qui, pris de peur, s’éloigne sur un morceau de caillebotis. Une embarcation s’apprête à aller le recueillir lorsque l’EMDEN ordonne le retour de tout le monde à son bord.
Aussitôt à bord du croiseur allemand, tous les hommes du MOUSQUET sont envoyés à l’infirmerie où un médecin prend ceux qui sont blessés légèrement, tandis qu’un autre médecin prend toutes les dispositions pour faire les opérations graves.
 
L’EMDEN met en route à une vitesse estimée à 18/20 nds par le PM PROVOST et fait route à l’ouest puis au nord selon le sd maître timonier EVINNEC. Au bout de 24 heures, la vitesse diminue.
 
Les médecins ont opéré les blessés graves. Mr CARISSAN a demandé à être opéré le dernier. Ceux qui n’ont rien sont parqués sur le pont dans la journée et dans la batterie aux chaînes la nuit. Les matelots allemands leur donnent quelques effets.
L’EMDEN ne paraît pas avoir souffert de ses deux combats. Aucun homme de son équipage n’est à l’infirmerie.
Un officier de réserve embarqué sur le croiseur allemand demande au PM PROVOST le nombre d’hommes disparus. Il dit qu’il a vu le d’IBERVILLE à Penang, mais que l’EMDEN n’a pas tiré à cause de la présence de deux cargos. Il n’a pas vu les torpilleurs et plusieurs matelots allemands demandent à nos marins où sont le FRONDE et le PISTOLET.
 
Dans la nuit du 28 au 29, BARBAROUX et STEPHAN meurent à l’infirmerie. Ils sont immergés le 29 à 09h00.  
Tous les officiers de l’EMDEN et une partie de l’équipage en tenue n°1 assistent à la cérémonie. Un détachement en armes rend les honneurs militaires. Les corps sont enveloppés dans le pavillon français. Le commandant de l’EMDEN prononce quelques mots en allemand, puis en français : « Nous prions pour ces braves, morts des blessures contractées dans un combat honorable ».
 
Le 29 au soir, les survivants sont informés qu’ils seront transbordés sur un cargo que l’on croisera le 30. A 04h00 du matin, le cargo NEWBURN est arraisonné. Sa destination est Singapour. Mais, en raison de l’état de Mr CARISSAN, le commandant allemand ordonne au capitaine anglais de se rendre à Sabang. Tous les survivants sont transbordés sur le NEWBURN, à l’exception du matelot SALDUCCI qui meurt dans la nuit du 29 au 30.
Le  Prince de Hohenzollern, neveu de l’Empereur, installe lui-même les blessés sur le cargo .
 
Sabang
 
Le clairon HAMON meurt le 30 vers 18h00. Le NEWBURN arrive à Sabang à 21h00.  
Le lieutenant de vaisseau hollandais commandant le SERDANG vient à bord pour se rendre compte de la situation et prend toutes les mesures nécessaires. Trois médecins font évacuer les blessés vers l’hôpital. Les indemnes sont dirigés vers la caserne où on leur donne souper, des lits et les moyens de faire leur toilette. Le lendemain, ils sont conduits sur le SERDANG où on les habille avec des uniformes hollandais.
 
Trois heures après son arrivée à l’hôpital, Mr CARISSAN meurt. Ses obsèques et ceux du clairon HAMON ont lieu le lendemain 31 à 17h00 devant des détachements en armes qui rendent les honneurs militaires, le général commandant la place et le commandant du SERDANG.
 
Les survivants du MOUSQUET n’ont qu’à se louer de la façon dont il ont été traités pendant leur séjour à Sabang. Ils ont même reçu une solde.
 
Résumé
 
Le MOUSQUET, surpris, a reçu une telle pluie de mitraille qu’il a été dans l’impossibilité de se mettre en état de répondre aux coups de l’EMDEN.  
A bord du MOUSQUET, tout le monde a fait son devoir.
Le commandant THEROINNE et ses officiers ont tenté d’utiliser tous les moyens à leur disposition, mais ces moyens d’attaque ont été successivement et rapidement mis hors d’état de combattre. Ne pouvant plus rien faire avec son bâtiment, le commandant s’est occupé jusqu’au dernier moment de sauver son personnel.
Parmi les survivants, certains ont eu une attitude digne d’être signalée .
(L’auteur du rapport note alors les actions de CALLOCH et COZIC, ainsi que l’attitude de l’enseigne CARISSAN.)
 
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 18-12-2009 à 17:13:31

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olivier
n°23030
Memgam
Posté le 18-12-2009 à 22:56:51  profilanswer
 

"L'enquête sur l'affaire de Penang a été confiée au commandant de la marine à Saïgon qui a délégué sur les lieux le capitaine de frégate de réserve Le Coispellier, esprit pondéré et consciencieux. Malheureusement, on ne crut pas devoir me soumettre les conclusions de cette enquête dont je n'eus connaissance que,longtemps après....J'aurais pu, si j'avais été consulté, rectifier certaines erreurs et surtout incriminer l'attitude et la conduite du commandant du Pistolet qui sortit indemne de cette affaire dont on fit retomber tout le poids sur le commandant du d'Iberville, alors que, à mon avis, ce n'était pas lui qui était répréhensible. "Ces lignes sont de l'amiral Daveluy, Réminiscences, Economica, 1991, page 636.

n°23065
olivier 12
Posté le 20-12-2009 à 15:34:06  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Il semble donc que, même s'il n'a pas été chargé de l'enquête, le Capitaine de Vaisseau Daveluy (futur Amiral) ait suivi de très près l'affaire de Penang.
 
Le récit ci-dessus pourrait bien être de lui car la signature peut être interprétée comme représentant son nom.
Surtout le manuscrit, justement, ne se présente pas comme les rapports d'enquêtes habituels. Il est rédigé d'une seule traite, sur une dizaine de feuilles, avec seulement une signature difficile à déchiffrer à la fin.
 
Je pense qu'il a été communiqué à Farrère et Chack qui, dans leur ouvrage, en reprennent certaines phrases pratiquement mot pour mot.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 20-12-2009 à 15:54:28

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olivier
n°24883
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 07-04-2010 à 23:45:59  profilanswer
 

Bonsoir à tous
 
En marge de l'affaire du Mousquet, deux sites concernant l'Emden et notamment l'odyssée du retour de ses rescapés qui a fait l'objet d'un Thema récemment sur Arte :
 
http://www.stratisc.org/pub_LabrousseMROC_15.html
http://www.fregatte-emden.de/ditun [...] 70d01.html
 
Voir aussi: von Muller's report ou la fin du croiseur
http://www.gwpda.org/naval/emden.htm (in english)
 
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 07-04-2010 à 23:57:27

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°26627
jp jaouen
Posté le 09-07-2010 à 16:14:33  profilanswer
 

je suis le petit fils de jean pierre Jaouen,quartier maitre fusille marin disparu avec le Mousquet.Je remercie tous les contributeurs de ce forum pour les précieuses informations données.
Un descendant des survivants aurait-il des renseignements  supplémentaires oraux ou écrits sur mon grand père?


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jp jaouen
n°27045
olivier 12
Posté le 09-08-2010 à 11:11:34  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Pour compléter le sujet, trois clichés ou dessin du croiseur australien de 2e classe SYDNEY, qui coula l'EMDEN aux îles Keeling.
 
http://a.imageshack.us/img826/9017/sydneyz.jpg
 
http://a.imageshack.us/img840/7083/sydney2.jpg
 
http://a.imageshack.us/img840/1116/sydney3.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 09-08-2010 à 11:25:25

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olivier
n°27046
Memgam
Posté le 09-08-2010 à 16:29:20  profilanswer
 

Croiseur léger Sydney de la classe Chatham, 6 unités, Chatham, Dublin, Southampton, Sydney, Melbourne, Brisbane.
Sydney, chantier London & Glasgow Co, sur cale le 11/02/1911, lancé le 29/08/1912, en service en 06/1913, démoli en 1929-1930.
Déplacement : 5400 t, 6000 tpc, 139,6 x 14,9 x 4,9 m, turbines à vapeur, 25 000 cv, 25 n
Armement, 8 x 152 mm, 4 x 47 mm, 2 TLT 533 mm,
Equipage : 475  
Son mât principal a été conservé comme mémorial à Sydney
Source : Conway's, all the world's fighting ships 1906-1921, Conway, 1985.

n°29752
olivier 12
Posté le 31-01-2011 à 18:42:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici quelques photos du cimetière hollandais de Sabang et de la tombe de l'enseigne Carissan, prises le 24 Janvier 2011. (Clichés Hugues Lamy - cruiseindo)
 
http://img153.imageshack.us/img153/3203/mousquetcimetireholland.jpg
 
(Makam Belanda = cimetière hollandais)
 
http://img138.imageshack.us/img138/3203/mousquetcimetireholland.jpg
 
Kawasan Wisata = site touristique
Kuburan Belanda = cimetière hollandais
Merbabu est le nom du cimetière, situé dans le NE de la petite agglomération de Sabang
Kherkof est un terme javanais désignant spécifiquement les cimetières hollandais.
 
http://img130.imageshack.us/img130/4273/mousquettombecarissan1.jpg
 
http://img689.imageshack.us/img689/5653/mousquettombecarissan2.jpg
 
http://img517.imageshack.us/img517/4573/mousquettombecarissan3.jpg
 
L'île de Pulau Weh où se trouve le port de Sabang est réputée pour ses magnifiques plages de sable blanc, pour la plongée sous-marine et pour son parc naturel de Iboith (ou Iboih), situé à une vingtaine de km de Sabang.
Le cimetière hollandais et la tombe de Carissan seront signalés comme points d'intérêt touristique sur le site "cruiseindo" destiné aux opérateurs de croisières envoyant des paquebots dans ce port.
 
http://www.cruiseindo.info/index.p [...] &Itemid=83
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 01-02-2011 à 09:29:30

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olivier
n°30598
Rutilius
Posté le 31-03-2011 à 16:13:58  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Un portrait en pied du lieutenant de vaisseau Félix Alexandre Jules THÉROINNE provenant des archives familiales de Poye :
 
 
 
                                                                    http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/THEROINNE-Felix-Alexandre..gif
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°31886
poye
Posté le 29-07-2011 à 15:32:39  profilanswer
 

Bonjour
 
Un petit complément sur le Mousquet issu des archives familialles  
En novembre 1970 aprés un article paru dans Col Bleu : Une entreprise Malaise avait retrouvé des restes de marins dans l'épave récupérée du Mousquet.Ces restes avaient été remis à l'aviso escorteur Amiral Charner qui devait les rappatrier en France pour inhumation .
Suite à cet article mon GP (cousin du Lieutenant Théroinne) a envoyé des courriers auprés de la Marine Nationale et autres pour savoir le lieu d'inhumation et c'est en Juin 1977 qu'il a eu la réponse :les restes des marins du Mousquet morts pour la France sont Inhumés sur la Base Chaleix Ilot Brun à Nouméa depuis le 6 aout 1971 en Présence de l'Amiral STORELLI.
Pour les personnes interessées j'ai les copies des articles ainsi que les courriers  
 
Bien amicalement
Odile

n°32588
historianj​ohn
research penang
Posté le 03-11-2011 à 01:20:49  profilanswer
 

Urfold,
 
 J'aimerais pouvoir utiliser votre photo des survivants du Mousquet postée sur le forum dans un livre. Je suis éditeur. Est-ce que vous pourriez m'y autoriser? Je vous ferai parvenir avec plaisir un exemplaire gratuit du livre.
 
 Un historien passioné. John.


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john Robertson
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