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  NIÉMEN ― Cargo mixte ― Armement Maurel frères.

 

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Auteur Sujet :

NIÉMEN ― Cargo mixte ― Armement Maurel frères.

n°15665
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 25-04-2009 à 17:47:28  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   Niémen – Armement Maurel frères, Bordeaux. – Cargo mixte armé de 1888 tjb, lancé en 1909 à Dunkerque. Torpillé par un sous-marin à 122 milles dans le N.-W. du cap Ortegal. Quatre disparus [Source : J-P. C., Liste chronologique des pertes de la Marine marchande (1914-1918) ; Miramar Ship Index, I.D. n° 5607880].    
 
 
   I. – Engagements des 24 et 25 mars 1917.
 
 
                             Le Temps, n° 20.393, Lundi 7 mai 1917, p. 2, en rubrique « Sur mer ».
 
 
                                                      « Vapeur contre sous-marin
 
   Le vapeur Niémen est rentré à Bordeaux avec des avaries. Il vient du Sénégal, et c’est à son voyage d’aller qu’il les a subies. Il a été attaqué par un sous-marin.
   Parti de Bordeaux le 22 mars, il rencontra le sous-marin le 24. Après qu’un coup de canon eut retenti sur son arrière, une torpille lancée de près et venant de tribord, passa à deux mètres du gouvernail. Le 25 au matin, le navire avait repris sa direction normale vers l’ouest, un instant abandonnée pour fuir l’agresseur, quand un nouveau coup de canon retentit ; le Niémen répond, mais les projectiles se font nombreux, l’un d’eux pénètre à tribord pour ressortir à bâbord ; un autre fracasse un canot, un autre traverse le fumoir et éclate dans la cabine de radiotélégraphie, blessant le radiotélégraphiste qui n’en continue pas moins à lancer ses appels.
   Enfin, après un vrai combat, quatre obus bien placés imposent silence au sous-marin qui s’éloigne, forcé d’abandonner le Niémen que l’énergique défense de son personnel et la fermeté et l’habileté de son capitaine ont sauvé des attaques du pirate. »

 
 
                                                    Journal officiel du 9 mai 1917, p. 3.690.
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/NIEMEN%20-%20T.O.S.%20-%20J.O.%209-V-1917..jpg
 
 
                             Le Temps, n° 20.403, Jeudi 17 mai 1917, p. 2, en rubrique « Sur mer ».
 
 
   « CITATIONS. ― Sont cités à l’ordre de l’armée : […]    
 
   Nicolas, radiotélégraphiste, engagé volontaire à dix-huit ans, le 31 août 1914, réformé : son navire étant attaqué par un sous-marin, a été blessé à son poste par un obus qui a éclaté dans la cabine de T.S.F.
 
   [Le radiotélégraphiste Nicolas a été blessé au cours du combat du Niémen avec un sous-marin allemand, dont Le Temps a raconté les péripéties il y a trois jours.] »
 
 
                                                    Journal officiel du 9 mai 1917, p. 3.690.
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/NICOLAS%20M.%20-%20NIEMEN%20-%20Citation%20-%20J.O.%209-V-1917..jpg [...]
 
 
   II. – Torpillage du 17 septembre 1917.
 
 
                   Le Temps, n° 20.537, Vendredi 28 septembre 1917, p. 2, en rubrique « Sur mer ».
 
 
                                                            « Vapeur français coulé
 
   Le vapeur français Niémen, de 1888 tonnes, a été torpillé dans l’Adriatique, à la date du 17 septembre.
   Un patrouilleur a recueilli les rescapés et l’équipage.
   Quatre personnes ont disparu. Les familles sont prévenues. »

 
 
   ■ Au nombre des disparus.
 
 
   ― D’ARCIMOLES Marie Joseph Auguste Raoul, né le 5 octobre 1869 à Autoire (Lot) et domicilié à Brest (Finistère),  mort le 17 septembre 1917, « disparu en mer sur le Niémen lors du torpillage de ce bâtiment », Capitaine de frégate (Jug. Trib. Bordeaux, 21 déc. 1918, transcrit à Bordeaux le même jour).
 
   _________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 26-05-2014 à 12:28:13
n°15666
Terraillon​ Marc
Posté le 25-04-2009 à 18:11:47  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
Voici la fiche du navire selon MIRAMAR
 
Single Ship Report for "5607880"
IDNo: 5607880 Year: 1909  
Name: NIEMEN Launch Date:  
Type: Passenger/cargo Date of completion: 5.09  
Flag: FRA Keel:  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Tons: 1888 Link: 1726  
DWT:  Yard No: 61  
Length overall:  Ship Design:  
LPP: 76.8 Country of build: FRA  
Beam: 11.1 Builder: France  
Material of build:  Location of yard: Dunkirk  
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn): 1T-  
 
--------------------------------------------------------------------------------
Owner as Completed: Maurel Freres, Bordeaux  
Naval or paramilitary marking :  
A: *  
End: 1917  
 
--------------------------------------------------------------------------------
 
Subsequent History:
 
Disposal Data:
sm/t 122nm NW Cape Ortegal 17.9.17
 
 
A bientot  :hello:


Message édité par Terraillon Marc le 25-04-2009 à 18:19:52

---------------
Cordialement
Marc TERRAILLON
n°20206
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 31-08-2009 à 11:28:20  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,    
 
 
                                            L’Ouest-Éclair – éd. de Caen – n° 7.150, Dimanche 2 mars 1919, p. 3, en rubrique « Nouvelles maritimes ».
 
 
                                                                                                            « Le dundee Commandant-Danican            
 
   LORIENT, 26 février. ― Nous avons tout dernièrement relaté le naufrage du dundee Commandant-Danican [Lire : Commandant-Danycan] qui, allant à Bordeaux, chargé de pommes de terre, sombra en quelques minutes dans l’estuaire de la Gironde, par suite d’un accident de navigation. Nous sommes heureux d’apprendre aujourd’hui que ce navire a pu, grâce à de sérieux et durs efforts, être renfloué et qu’il se trouve actuellement au chantier de carénage de Lormont, aux fins de réparations utiles.
   Le Commandant-Danican, réquisitionné pendant la guerre, échappa plusieurs fois et comme par miracle aux torpilles des écumeurs boches. On se souvient qu’il recueillit en mer quarante-sept survivants du vapeur Niémen (de la Compagnie Maurel frères de Bordeaux), torpillé, dont bon nombre de Bordelais ainsi sauvés lui gardent, à juste titre, le plus reconnaissant souvenir.  
 Au vaillant dundee qui, incessamment, fera route sur Lorient, nous souhaitons pour l’avenir toute la chance qu’il mérite, ainsi qu’à son propriétaire, M. J. Danican de l’Espine, de Loc-Malo-Port-Louis.
»


Message édité par Rutilius le 14-05-2017 à 14:00:42

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°20230
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 31-08-2009 à 22:44:10  profilanswer
 

NIÉMEN         FR  1T
 1,888 Maurel Frères, Bordeaux        251.9 x 36.4
     C Atel. & Chant. de France, Dunkerque  (5) #61
Torp. and sunk by U 54, 17 Sep 1917, 122 miles NW of Cape Ortegal, voy. Rufisque - Bordeaux
(Starke Reg. 1909)
Cdlt
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°32985
IM Louis J​ean
Posté le 29-11-2011 à 09:13:34  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
 
Extrait du JMO de la batterie Gérard
 
<<
7 septembre 1914
Embarquement à bord du Niémen. Départ à 18h00
.../...
10 septembre
Arrivée à Freetown
.../...
12 septembre
Départ de Freetown
.../...
18 septembre
Arrivée à Lagos
.../...
20 septembre
Départ de Lagos
.../...
22 septembre
Arrivé à 7h30 à l'embouchure de la rivière Cross. Arrivée à Vieux Calabar à 17h30
.../...
25 au 28 septembre
Séjour en mer à l'embouchure de la rivière Cameroun.
.../...
29 septembre
Le "Niémen" remonte la rivière Cameroun jusqu'à Douala. >>
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


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<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°33977
olivier 12
Posté le 20-02-2012 à 10:55:43  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Avant son torpillage de Septembre 1917, le NIEMEN avait rencontré un sous-marin.
 
Attaque du 25 Mars 1917.
 
Rapport du capitaine
 
Quitté Bordeaux le 22 Mars 1917 à 17h00. Descendu la rivière et mouillé au Verdon à 22h00.  
Appareillé le 23 à 00h00 en convoi constitué comme suit :
- GARD n° 1
- NIEMEN n° 2
- DROME n° 3
- MONTREAL n° 4
 
Le 24 au soir, coup de canon sur notre arrière. Appelé aux postes de veille et de combat. GARD et DROME éteignent leurs feux de poupe. Augmenté la vitesse et éteint notre feu arrière.  
A 21h15, par une nuit très noire, une torpille venant de tribord et lancée tout proche passe à 2 mètres de notre gouvernail.
Vitesse maximum, soupapes calées. Venu en grand sur bâbord jusqu’au sud. Parcouru 15 milles au sud, puis repris route normale à l’ouest. Rien n’apparaît.
 
Le 25 Mars à 05h30 retentit un coup de canon venant du nord et un obus tombe tout près du navire. Mis cap au sud et forcé la vapeur en gardant le sous-marin sur bâbord arrière. Il tire avec ses deux canons et les obus nous entourent.
Nous ripostons immédiatement. Lancé appel TSF reçu par La Corogne et un navire de guerre.
 
Un obus tombe sur le pont avant tribord et éclate dans la cale perçant une tôle au dessus de la flottaison.
Un autre éclate sur une embarcation débordée et la déchire en deux endroits, tandis que les éclats frappent la coque.
Un troisième tombe dans la cabine TSF, la bouleverse complètement, et blesse le radiotélégraphiste Nicolas, qui envoyait les appels.
 
Les canonniers ripostent et je fais ralentir pour économiser les obus.
A 10h30, après cinq heures de canonnade, quatre obus bien pointés par le quartier maître canonnier Le Groignec font taire le sous-marin qui se retire en direction du NW.
Continué la route au sud jusqu’à 14h00, puis revenu au SW.
 
A 15h00, rencontré un navire français escorté de 3 patrouilleurs. Mis ceux-ci au courant des évènements.
Avons tirés 78 obus et le sous-marin entre 250 et 300. Ordre parfait à bord pendant l’attaque.
 
A 20h00, passé lé feu de Villano à 22 milles. Après le forcement de la vapeur, fuites aux chaudières. Revenu à une allure normale. Reste de la traversée sans incident.
 
Rapport de la Commission d’enquête
 
Le NIEMEN (armateur MAUREL frères) qui avait du se séparer de son convoi suite à une attaque à la torpille dans la nuit du 24 au 25 Mars 1917 a été attaqué au canon le 25 Mars par un sous-marin contre lequel il a combattu pendant cinq heures. Trois obus sont tombés à bord. L’un d’eux a explosé dans le poste TSF, blessant le radiotélégraphiste. Vers 10h30, le tir du NIEMEN a suffisamment encadré le sous-marin pour le décider à abandonner la poursuite.
 
La commission propose les récompenses suivantes :

Inscription au tableau de la Légion d’Honneur

 
BERNARD Pierre CLC  EV1 auxiliaire  Capitaine inscrit à Bordeaux n° 622
 
S’est brillamment défendu pendant cinq heures contre un sous-marin qu’il a contraint à cesser la poursuite. (Déjà Croix de Guerre)
 
Citation à l’Ordre de l’Armée
 
NICOLAS Maurice  Radiotélégraphiste. Engagé  volontaire.  18 ans
 
Son navire étant attaqué par un sous-marin, a été blessé à son poste par un obus qui a éclaté dans la cabine TSF.
 
Citation à l’Ordre de la Division
 
SAMIC Gabriel CLC  2e capitaine inscrit à Bordeaux n° 755
 
Belle attitude sous le feu pendant l’attaque de son bâtiment par un sous-marin ennemi.
 
LE GROIGNEC Pierre  Quartier maître canonnier  Lorient
 
A fait preuve de réelles qualités militaires comme chef de pièce et a réussi à faire plonger le sous-marin qui attaquait son navire.
 
Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre
 
Vapeur NIEMEN  pour le sang froid et l’énergie dont son équipage a fait preuve  lors de l’attaque par un sous-marin le 25 Mars 1917.
 
Le sous-marin attaquant
 
N’est pas identifié.
 
Toutefois, il ne peut s’agir que de l’U 46 de l’OL Leo HILLEBRANDT.
A 21h00 le 24, il avait lancé une torpille qui provoqua la perte du MONTREAL. (Voir fiche de ce navire) http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1.htm#bas.
A 21h15, il aura donc lancé une autre torpille qui aura manqué NIEMEN qui faisait partie du même convoi, puis l’aura suivi jusqu’au matin, malgré la nuit noire.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 14-05-2017 à 08:08:49

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olivier
n°33986
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 21-02-2012 à 09:35:28  profilanswer
 

Bonjour Olivier, bonjour à tous,
 
U 46 confirmé. J'ai son KTB sous les yeux dans lequel Hillebrandt mentionne le tir de torpille au soir du 24 puis la poursuite de Niemen qui a mis cap au sud pendant une heure avant de reprendre le cap à l'ouest en zigzag. Il donne même le nom de Niemen dont il a capté le message de détresse. Il mentionne également que le combat d'artillerie a pris fin pour ne pas gaspiller inutilement ses munitions.  
 
C'est à l'évidence, l'obstination de Niemen à rendre coup pour coup qui a amené le sous-marin à rompre le combat.
 
Amts
Yves


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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°35641
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 05-12-2012 à 16:29:21  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Les engagements des 24 et 25 mars 1917 avec le sous-marin allemand U-46 (complément).
 
 
   Le bâtiment rencontré par le Niémen après l'engagement avec le sous-marin allemand U-46 (Oberleutnant zur See Leo HILLEBRANDT), lors de la journée du 25 mars 1917, était le Saint-André, de la Compagnie générale transatlantique, qui allait du Sénégal à Bordeaux. Il était convoyé par les patrouilleurs auxiliaires Dauphin, Sole et Sardine, ainsi que par leur chef d’escorte, le patrouilleur Congre – alors commandé par l’enseigne de vaisseau de 2e classe Bosch – ; ces navires l’avaient rejoint le 22 mars précédent en rade de Cascaes (Portugal).  
 
   Le lendemain au petit matin, par 44° 37’ N. et 5° 35’ O., le Congre recueillit 17 des survivants du naufrage du paquebot mixte Montréal, dont le commandant, le premier et le second lieutenant, le médecin du bord et une femme de chambre. Ce bâtiment venait d'être torpillé dans la nuit par le même U-46, à 77 milles dans le N.-E. du cap Ortegal.
 
 
   ● Patrouilleur Congre, Journal de navigation n° 1 / 1917 - 23 févr. ~ 28 mars 1917 – : Service historique de Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 122, p. num. 256.
 
     
                                                                                                 « De Lisbonne à Bordeaux, le 25 mars 1917.
 
   ...........................................................................................................................................................................................................................................................
     
   12 h. 00 –  Latitude : 43° 48’ N. ~ 9° 01’ W. Greenwich.
       
   13 h. 10  –  Saint-André signale le point.
 
   13 h. 50  –  Croisé un grand vapeur battant pavillon français. Sole l’arraisonne ; il ne répond pas. Cap sur ce vapeur ; signal D.V.  
 
   14 h. 15  –  Reconnu Niémen, de Bordeaux. Arraisonné à la voix, il indique qu’il a été attaqué deux fois par sous-marin. T.S.F. démolie, ainsi que deux embarcations. Pas de blessés. Nous prie de le signaler à Bordeaux.
 
   15 h. 15  –  Rencontré Téméraire recherchant Niémen. Je rends compte à Téméraire de mon arraisonnement du Niémen.
»


Message édité par Rutilius le 14-05-2017 à 13:11:22

---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°35752
Gastolli
Posté le 22-12-2012 à 11:31:48  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
 
I'm not sure if I have translated that right: Was NIÉMEN together with SAINT-ANDRÉ and those 4 patrouilleurs when attacked by U 46 or not?
 
U 46 reported NIÉMEN in an group of 4 steamers, missing the third steamer with torpedo, sinking the forth steamer with torpedo (= MONTRÉAL), than missing the third steamer `= NIÉMEN) again and than enganging NIÉMEN with her gun.
 
Oliver
 
o.k., find the answer in MONTRÉAL thread: steamers GARD, DRÔME, NIÉMEN, MONTRÉAL...  :)


Message édité par Gastolli le 22-12-2012 à 11:45:34
n°37936
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 31-08-2013 à 18:47:24  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Le dernier commandant du cargo mixte Niémen.
   
 
   — BERNARD Pierre André, né le ... à ... (...) et décédé le ... à ... (...). Capitaine de la marine marchande de 2e classe – brevet conféré par une décision du Ministre de la Marine en date du 4 décembre 1894 (J.O. 6 déc. 1894, p. 5.949) –, inscrit à Bordeaux, n° 622 ; enseigne de vaisseau auxiliaire de 1re classe.
 
   Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 6 mai 1917 (J.O. 9 mai 1917, p. 3.690), inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier dans les termes suivants :  
                                     
                                                                                    http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/NIEMEN%20-%20L.O.%20-%20J.O.%209-V-1917..jpg


Message édité par Rutilius le 26-05-2014 à 12:34:45

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46586
olivier 12
Posté le 14-05-2017 à 08:17:16  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Naufrage du 17 Septembre 1917
 
Télégramme Préfet maritime Lorient à marine Paris. 19 Septembre 12h15
 
Vapeur français NIEMEN a été torpillé le 17 Septembre à 14h20 par 45°50 N et 08°10 W. 4 tués et 5 blessés dont une dame. 44 survivants ont été recueillis par thonier armé DANYCAN, conduits à Lorient et reçus au 3e dépôt. Blessés envoyés à l’hôpital.
 
Télégramme Préfet Maritime Lorient à BM Saint Nazaire, Nantes, Rochefort et La Rochelle. 19 Septembre 12h15
 
DANYCAN rentré à Lorient avec 44 naufragés du vapeur français NIEMEN torpillé le 17 à 14h20 par 45°50 et 08°10. 4 tués et 3 blessés. Intéressés prévenus.
 
Même télégramme envoyé à Amirauté Londres, Devonport, Queenstown, Cherbourg et Dunkerque.
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/JUkfC4.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/8q6UC7.jpg
 
Rapport du capitaine
 
Quitté Dakar le 5 Septembre 1917 à 15h00 avec complet chargement d’arachides et des passagers. Doublé les Almadies à 17h00 et fait route au Nord en suivant les instructions de Marine Dakar. Le 9 Septembre, diminué la vitesse pour passer de nuit Cap Juby, doublé à 23h00. Suivi la côte jusqu’au cap Ghyr, puis repris la route NNW et resté sur le méridien 13°30.
 
Beau temps avec faible brise. Doublé Finisterre à grande distance et suivi le 45e parallèle puis mis le cap sur le Sud de l’embouchure de la Gironde.
 
Le 17 Septembre à 14h30, par 45°50 N et 08°10 W, une torpille venant du Nord frappe le navire par le travers de la machine bâbord. Une explosion formidable s’en suit, brisant tout sur un rayon d’une dizaine de mètres. Une embarcation de sauvetage disparaît. L’autre peut être mise à la mer bien qu’elle soit endommagée.
Les passagers se trouvaient malheureusement du côté de l’explosion et 2 furent tués sur le coup : Monsieur d’ARCIMOLES, Capitaine de Frégate, et Monsieur PEYRI, agent des Affaires Indigènes. Les passagers prennent immédiatement place dans les deux embarcations qui restaient et étaient prêtes à être amenées à proximité du pont promenade. L’équipage s’était aussitôt rendu à son poste et les embarcations s’éloignèrent très vivement du navire.
 
Au moment de l’explosion, je consultais la carte et je me rendis sur la passerelle pour m’assurer que tout se passait normalement. Je descendis dans ma cabine pour détruire les documents secrets.
Le navire s’enfonçait par l’arrière, incliné sur bâbord, et l’eau était déjà au spardeck. Je me rendis à mon embarcation et rencontrai une passagère blessée en divers endroits qui cherchait à se sauver. Le QM infirmier COAT était près d’elle et je mis une ceinture de sauvetage à cette dame, aidé par le QM. Elle descendit l’échelle, une embarcation s’approcha et nous y prîmes place tous les trois. Le navire s’enfonça alors par l’arrière, se mit tout droit et disparût.
 
Un quart d’heure plus tard, le sous-marin s’approcha, demanda le nom du navire, et nous indiqua qu’un pêcheur se trouvait dans l’Est, puis s’éloigna. Nous nous éloignâmes dans la direction indiquée et trouvâmes effectivement le bateau de pêche français DANYCAN Lorient n° 1616. Il nous ramena à Lorient.
 
La veille du torpillage, nous avions rencontré un groupe de 3 chalutiers d’un genre spécial. A 11h00 du matin, un autre groupe de ces chalutiers armés escortait un vapeur de 4000 à 5000 tonnes qui remorquait une vedette. Toute la nuit et le jour du torpillage, ces navires échangèrent des signaux radiotélégraphiques.
 
Je signale de façon élogieuse la conduite du QM infirmier passager qui n’a pas hésité à secourir une malheureuse passagère alors que les embarcations s’éloignaient.
 
Nous avons 4 disparus :
- D’Arcimoles
- Peyri
- Blayan
- Ouade Fadaga
Trois noirs de l’équipage disent avoir vu le corps du CF d’Arcimoles flotter dans l’eau avec un trou à la tempe et une large plaie à la nuque, laissant apercevoir la cervelle, de même que le corps de Monsieur Peyri, décapité.
 
Et 3 blessés
- Bellile
- Bize  
- Madame Peyri
 
Sur le DANYCAN, le docteur Bellile, quoique le plus sérieusement blessé, a prodigué des soins aux malades, aidé par le QM infirmier Coat dont les soins inlassables ont rendu service à tout le monde. Je remercie aussi l’équipage du DANYCAN pour son dévouement à notre égard.
 
Notes de l’officier enquêteur
 
NIEMEN 1888 tx  Armateur Maurel frères de Bordeaux
 
- Barre mise toute à droite dès qu’on a vu le sillage de la torpille
- Les fils de l’antenne TSF se sont embrouillés et la dynamo principale a stoppé.
- Essayé poste de secours qui n’a pas fonctionné. Pas envoyé de SOS
- Navire armé d’un canon de 90 mm modèle 77 sur affut à pivot
 
Un officier du sous-marin a demandé en anglais :
- Quel est ce navire ?
- R. Vapeur français NIEMEN
- Non, pas français…anglais ?
- R. Si, si français…Niemen
Le commandant du sous-marin a alors exploré l’horizon avec ses jumelles et a dit en français :
- Voilà un pêcheur français (en montrant la voile du DANYCAN à l’horizon). Allez le retrouver si vous pouvez.
Puis le sous-marin s’est éloigné en demi-plongée et a disparu dans le soleil. La seule embarcation possédant une voile a pris les autres à la remorque. Mais le convoi n’avançait pas. Le canot a alors largué les autres et est allé chercher le dundee, le thonier armé DANYCAN de Lorient, possédant un canon de 47 mm, qui était séparé de son convoi depuis deux jours. Il a recueilli tous les naufragés vers 18h00 et les a conduits à Lorient après les avoir réconfortés.
 
Description du sous-marin
 
Longueur de 50 m environ
Kiosque avec garde-corps sur le dessus.
1 canon paraissant de 120 sur l’avant du kiosque fixé à demeure sur affût à crinoline
Pas de garde contre filets
Mât de 3 ou 4 m dépassant le kiosque portant une antenne allant de l’étrave à l’étambot
Pas de tubes lance-torpilles extérieurs
Peinture fraîche gris clair
Le commandant paraissant une trentaine d’années, grand, châtain blond, portant moustache et bouc. Casquette à écusson et veste de cuir.
Sur l’arrière du kiosque 7 à 8 hommes sur l’échelle d’accès, tous paraissant très jeunes, vêtus de jerseys de couleur foncée, de cuir ou de cirés. Quelques uns avaient des bottes. Vêtements en bon état, mais sales.
 
Sous-marin du type U 19 ou U 20 du tableau de Juin 1917.
 
Rapport de la commission d’enquête
 
Il reprend tout le déroulement des faits en précisant que c’est l’officier de quart qui a aperçu le sillage de la torpille. Les passagers, à ce moment-là rassemblés à bâbord,  ont aussi vu le sillage et, se trouvant juste au dessus du point d’impact, deux ont disparu, probablement tués sur le coup. Trois ont été blessés. L’eau, en envahissant machine et chaufferie, a rejeté sur le pont les chauffeurs, mais le 3e mécanicien n’a pas reparu de même qu’un chauffeur indigène.
 
La commission conclut que le capitaine de NIEMEN s’est conformé aux instructions reçues et qu’il ne peut être rendu responsable de la perte de son bâtiment. Lui et son équipage ont fait tout leur devoir.
 
Lettre manuscrite du Docteur DELLILE au Médecin chef de l’hôpital maritime de Lorient
 
Je signale à la bienveillante attention de l’Autorité supérieure la conduite courageuse du quartier maître infirmier Coat, rapatrié du DUPLEIX, au cours de la catastrophe du NIEMEN.  
Après le torpillage du vapeur par un sous-marin, il est d’abord monté spontanément sur la passerelle supérieure où il a joué un rôle essentiel dans la mise à l’eau des embarcations. Ceci fait, au moment où le bâtiment commençait à s’enfoncer, il a volontairement risqué sa vie pour sauver une jeune femme grièvement blessée, dont le mari venait d’être tué à ses côtés, et complètement désemparée ayant perdu toute notion de ce qui se passait. Il l’a descendue par une échelle de corde suspendue à une certaine distance du bord, se retenant d’une main aux échelons et embrassant avec le bras resté libre le corps de la femme. La soutenant ainsi jusqu’à l’arrivée d’une embarcation, il a en compagnie du commandant quitté le dernier le bord. L’embarcation qui les a recueillis venait à peine de s’éloigner que le NIEMEN coulait par l’arrière.
 
Sur le voilier qui a ramené les rescapés à Lorient, il a parfaitement exécuté avec le plus grand dévouement toutes les indications que je lui donnais pour soigner les blessés et m’a ainsi intelligemment suppléé dans toutes les manœuvres que mes blessures me mettaient dans l’impossibilité de faire moi-même.
 
Ce quartier maître, qui servait sous mes ordres sur le DUPLEIX, est au point de vue professionnel parfait à tous égards et d’une conduite exemplaire. Ses dernières notes semestrielles sont 19 et 19 et il lui a été concédé 40 points complémentaires. C’est dire dans quelle estime il était tenu de son commandant et de son médecin major.
 
Sa conduite après le torpillage me paraît devoir mériter la Médaille Militaire comportant Croix de Guerre avec palme.
 
Note du VA FAVEREAU, Préfet Maritime de Lorient au Ministre de la Marine.
 
J’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint le dossier de l’enquête sur la perte du vapeur français NIEMEN ainsi que deux lettres, l’une du capitaine de ce navire et l’autre du Médecin de 1ère classe Dellile.
Les propositions de la commission d’enquête étaient déjà arrêtées quand me sont parvenues ces deux lettres.
 
Elles concernent le quartier maître infirmier COAT. Madame Peyri, affolée par la mort de son mari tué à ses côtés et blessée elle-même, doit son salut au dévouement de ce quartier maître. Cramponné à une échelle de corde, Coat a pu soutenir Madame Peyri sans connaissance jusqu’à l’arrivée d’une embarcation et n’a quitté le bord avec le commandant qu’au moment où le navire coulait.
Le médecin de 1ère classe Dellile cite la belle conduite de son subordonné et il ressort de l’enquête et de la lettre du capitaine de NIEMEN que le Docteur Dellile a lui aussi fait preuve de courage et de dévouement. Blessé, il a refusé tout secours pour laisser aux autres blessés la possibilité de recevoir les soins du quartier maître infirmier Coat, qu’il dirigeait malgré ses blessures.
 
Je vous demande pour le quartier maître infirmier Coat une inscription au tableau spécial de la Médaille Militaire, et pour le Docteur Dellile une citation à l’Ordre de l’Armée.
 
Récompenses
 
Citation à l’Ordre de la Division
 
BELLILE Pierre  Médecin de 1ère classe de la Marine
 
Blessé lors du torpillage de son bâtiment, a prodigué des secours aux autres blessés avant de se laisser panser lui-même. (Déjà cité à l’Ordre du Corps d’Armée en 1915).  
 
Citation à l’Ordre de la Division et proposition extraordinaire pour la Médaille Militaire
 
COAT Clément  QM infirmier  
 
A fait preuve d’un dévouement et d’une énergie remarquable lors du torpillage de son bâtiment.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était donc l’U 64 du Kptlt Robert MORATH (qui avait coulé AMIRAL DE KERSAINT quelques jours auparavant).
 
A noter que dans tout le dossier le navire sauveteur est appelé DANYCAN.
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 14-05-2017 à 13:03:48

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olivier

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  NIÉMEN ― Cargo mixte ― Armement Maurel frères.