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  AILLY Chalutier patrouilleur

 

Forum Pages d'Histoire : zephyr joyeux, 3 utilisateurs anonymes et 34 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

AILLY Chalutier patrouilleur

n°10222
olivier 12
Posté le 07-11-2008 à 09:35:40  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Le 16 Mai 1918, le chalutier AILLY, commandé par le premier-maitre timonier Le Roux, remorquait deux voiliers sur les côtes de Sardaigne lorsqu'il fut attaqué par le sous-marin UC 35 qui le canonna à grande distance. Larguant ses remorques pour manoeuvrer plus facilement, il riposta et son premier projectile atteignit l'avant du sous-marin. Ce coup heureux au but dénote la sureté de coup d'oeil du canonnier qui sut apprécier la distance sans télémètre.
Les coups suivants se succédèrent et le kiosque du sous-marin fut démoli et son canon emporté. Un dernier obus frappa le sous-marin à la flottaison; il apiqua et s'enfonça dans la mer, emportant la quasi totalité de son équipage.
On ne put sauver que cinq hommes, au nombre desquels se trouvait (d'après l'Illustration) le commandant du sous-marin l'Oberleutnant z/s Hans Paul Korsch, ainsi qu'un marin espagnol fait prisonnier au cours d'un précédent torpillage.
Toutefois, la dbase d'Yves donne l'OL Korsch décédé le 16/05/18. A vérifier  ;) ...
 
L'AILLY rentra à Toulon. Les marins allemands furent internés au fort Lamalgue. L'espagnol, blessé, fut hospitalisé à Saint Mandrier.
 
L'amiral Lacaze a remis la croix de guerre à l'équipage de l'AILLY. Les premiers-maitres Le Roux et Caron et le quartier-maitre fusilier Tanguy, chef de la pièce de 75 avant, ont été cités à l'ordre de l'armée.
 
Voici le remise des décorations à l'équipage.
 
http://img89.imageshack.us/img89/6792/aillychalutier1uw1.jpg
 
de la droite vers la gauche : le premier-maitre Le Roux, commandant du chalutier, le premier-maitre Caron, second.
Autour du canon avant :
QM Tanguy, chef de pièce, canonnier Le Du, pointeur, fusilier Ramone, chargeur, chauffeur Bergerie, pourvoyeur.
 
http://img89.imageshack.us/img89/9303/aillychalutier2hd9.jpg
 
Cdlt
 
Olivier
 
 


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olivier
n°10226
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 07-11-2008 à 13:15:58  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
   Commandant Émile VEDEL : « Quatre années de guerre sous-marine », éd. Plon-Nourrit, Paris, 1919, p. 287 à 289.
 
 
   « [...] Un récit de victoire, cette fois. Il s'agit de celle que le chalutier Ailly a remportée sur l'UC-35. Je laisse la parole au premier maître Le Roux, son commandant :
 
   " Appareillé de Carloforte (côte S.-O. de Sardaigne) le 15 mai 1918, à 4 heures du soir, avec les voiliers Gloria et Roi-René à la remorque. Calme plat. Le lendemain 16, à 6 heures du matin, le premier maître Caron, de quart sur la passerelle, aperçoit par tribord devant, à l'horizon, un point qui grossit à vue d'oeil. Ca ressemble à un grand voilier, mais il se méfie, croyant voir un peu de fumée. Il me fait prévenir. Au moment où je monte, j'entends rappeler aux postes de combat, et, en même temps, un coup de canon. L'obus tombe à bâbord de nous, assez près. C'était un sous-marin maquillé. Coupé la remorque, et ouvert le feu à 8.000 mètres, en manoeuvrant de façon à préserver l'avant. Le premier coup me paraît long. Je dis : - 7.000 mètres ! - Le but est couvert. Très bon feu continu. Le sous-marin ne cesse pas de nous présenter son travers. Belle cible, car il est grand.
   Aux trois premiers coups du sous-marin, nous sommes encadrés. Venu brusquement de trois quarts sur la gauche pour dérouter son tir ; il envoie encore trois coups, puis vire de bord et me représente son travers de l'autre bord. A ce moment, j'aperçois une grosse fumée sortant de son travers. Il ne tire plus, il pique de l'avant. A peine trente seconde après, il se redresse verticalement, les hélices en l'air, et disparaît. Sa position était : latitude 39° 50 N., longitude 7° 42 E. Il est 6 h. 25, le feu a été ouvert à 6 h. 17. Nous avons tiré trente-deux coups, le dernier à 5.000 mètres, la pièce de 47 arrière n'a jamais été dans le champ de tir.
   Nous continuons la route sur l'endroit où l'ennemi a disparu, prêts à lancer des grenades, quand la vigie me signale des hommes sur l'eau. L'un d'eux passe le long du bord, et est ramassé au moyen d'une couronne de sauvetage sur laquelle est frappé un bout. Il nous dit qu'il est marin espagnol, et que le sous-marin est coulé. Près du remous se trouvent une quinzaine d'hommes ; je ne lance plus de grenades, sachant que le sous-marin a sombré. Armé le youyou, qui ramasse deux hommes. Je manoeuvre pour les autres, et nous en ramassons cinq, les autres ayant coulé.
   Aussitôt à bord, ils sont mis à nu et fouillés par le premier maître Caron. Un est grièvement blessé par des éclats d'obus, le deuxième mécanicien le panse. Je reste sur les lieux encore une demi-heure, et ne trouvant plus rien, je fais route sur les voiliers. J'accoste Gloria et j'y dépose le blessé et le marin espagnol, faute de place à mon bord. Les prisonniers questionnés me disent que le sous-marin est l'UC-35. J'ai envoyé un S.O.S. au début du combat, n'étant qu'à 45 milles de Carloforte, et croyant que les deux vedettes rapides qui s'y trouvent seraient venues à notre rencontre. Commandant, en cette belle circonstance, j'ai l'honneur de vous signaler la brillante conduite de mon merveilleux équipage, qui, presque tous, sont sous mes ordres depuis deux ans et demi. Cet équipage a toujours été un modèle de conduite et d'entrain. Quel plaisir que de commander de tels hommes ! Ils sont titulaires de cinq témoignages de satisfaction depuis que je suis à bord."

 
   Inutile, je crois, de faire ressortir la belle allure de ce combat, où la maîtrise du commandant de l' Ailly a été si bien secondée par la promptitude et l'excellent entraînement de son équipage. [...] »


Message édité par Rutilius le 06-08-2017 à 22:35:54

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°10228
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 07-11-2008 à 14:41:46  profilanswer
 

Bonjour à tous
Selon Spindler "Der handelskrieg mit U-Booten", HP Korsch a trouvé la mort avec son bâtiment. Les rescapés de l'UC 35 sont un quartier-maître radiotélégraphiste dont le nom n'est pas cité et un matelot mécanicien du nom de Sücker qui devait décéder le 5.11.1918 dans un camp de prisonniers en GB. Dans cet ouvage, il n'est pas indiqué s'il y en eut davantage mais on le sait aujourd'hui, il y en eut plusieurs autres comme l'indique le Cdt Le Roux. Il est précisé également qu'un projectile fit exploser les obus qui venaient d'être montés sur le pont, ce qui perfora les ballasts avant et détruisit en partie le kiosque ainsi que le circuit d'air HP. Avec de telles avaries, le sous-marin ne pouvait que couler sans pouvoir revenir en surface et cela confirme ce que l'équipage de l'Ailly a observé (sous-marin apiquant par l'avant, arrière et hélices hors de l'eau).
La liste officielle des victimes (Verlustliste) fait état de 25 morts à bord de l'UC 35.
Cdlt
Yves
 
http://img2.hostingpics.net/pics/940658verlustliste.jpg


Message édité par Yves D le 07-11-2008 à 14:47:17

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°10273
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 10-11-2008 à 10:06:28  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Je viens de retrouver un détail concernant la présence à bord de l'UC 35 d'un marin espagnol.
En fait ils étaient deux. Le 15 mai, HP Korsch avait coulé le petit vapeur espagnol Villa de Soller. Alors qu'il évacuait son navire, le Capitaine espagnol Pedro s'était gravement blessé. Par compassion, Korsch le recueillit à son bord avec un marin du nom de Redondo pour s'occuper de lui. Lorsque le sous-marin fut coulé, seul Redondo put s'échapper. Le Capitaine Pedro lui, perdit sa vie parce que Korsch avait voulu la sauver !
Cdlt
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°10286
Creese
Posté le 10-11-2008 à 18:48:34  profilanswer
 

Hello, AILLY built by J. Duthie Corry Sbdg Co., Aberdeen (yard# 302) as RIVERDALE (launched 27.04.1907). Greetings, Kris.

n°10465
Ar Brav
Posté le 17-11-2008 à 19:18:36  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je remonte ce sujet pour mise à jour,
 
Cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10521
Creese
Posté le 20-11-2008 à 08:13:49  profilanswer
 

Bonjour, this is what I got from Andy at warsailors:
 
Riverdale: (A.129) (1907- 1951)
O.N. 123385: 204g 46n 115.3 x 21.6 x 12.2 feet
70 nhp T.3-cyl by W. V. V. Lidgerwood & Co Ltd Glasgow
27.04.1907: Launched by John Duthie Torry Shipbuilding Co Ltd Aberdeen (Yd.No.302) for Bookless Bros Steam Trawling Co Ltd Aberdeen as “Riverdale” A.129. 05.1907: Completed. 1907: Registered at Aberdeen A.129. 1914: Owned by Bourdin & Denis Dieppe France. 1914: Renamed “AILLY”. 1914: Registered at Dieppe France. Pre1930: Owned by Nouvelle Soc Dieppoise de Chalutiers Dieppe (G Denis manager). 1931: L.G. Lesueur becomes manager. 1951: Scrapped.
Other engine spec from Lloyds = 11.5" x 20" + 30" - 23"  
 
Greetings, Kris.

n°10608
Ar Brav
Posté le 25-11-2008 à 07:15:17  profilanswer
 

Creese a écrit :

Bonjour, this is what I got from Andy at warsailors:
 
Riverdale: (A.129) (1907- 1951)
O.N. 123385: 204g 46n 115.3 x 21.6 x 12.2 feet
70 nhp T.3-cyl by W. V. V. Lidgerwood & Co Ltd Glasgow
27.04.1907: Launched by John Duthie Torry Shipbuilding Co Ltd Aberdeen (Yd.No.302) for Bookless Bros Steam Trawling Co Ltd Aberdeen as “Riverdale” A.129. 05.1907: Completed. 1907: Registered at Aberdeen A.129. 1914: Owned by Bourdin & Denis Dieppe France. 1914: Renamed “AILLY”. 1914: Registered at Dieppe France. Pre1930: Owned by Nouvelle Soc Dieppoise de Chalutiers Dieppe (G Denis manager). 1931: L.G. Lesueur becomes manager. 1951: Scrapped.
Other engine spec from Lloyds = 11.5" x 20" + 30" - 23"  
 
Greetings, Kris.


 
Bonjour Kris,
 
Un grand merci pour ces infos, nous y voyons plus clair à présent,
 
Bien cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°23904
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 30-01-2010 à 23:19:17  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
                                                                                Le Temps, n° 20.775, Vendredi 24 mai 1918, p. 2, en rubrique « Marine ».
 
 
   « LE CHALUTIER "AILLY" RÉCOMPENSÉ. ― Nous avons annoncé l’exploit du chalutier Ailly, qui, remorquant deux voiliers, fut attaqué par un sous-marin plus puissamment armé que lui, abandonna ses remorques pour courir sus à l’ennemi et le coula au canon. Le ministre de la Marine a accordé pour ce haut fait des Croix de guerre qui ont été remises solennellement hier à Toulon par l’amiral Lacaze, préfet maritime.
   Le premier maître timonier Le Roux, commandant, le premier maître de manœuvre Caron, chef de quart, le quartier-maître fusilier Tanguy chef de la pièce avant de l’Ailly, ont reçu la Croix de guerre. Sont, en outre, cité à l’ordre de l’armée le canonnier breveté Ledu, le gabier breveté Mosali et le second maître mécanicien Villedary ; le personnel de la machine et tout l’équipage du chalutier.
»


Message édité par Rutilius le 06-08-2017 à 22:40:11

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°29249
markab
Posté le 02-01-2011 à 17:28:18  profilanswer
 

Bonjour
 
Un extrait du LLoyd Register de 1930
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/8335/AILLY_1.jpg
 
 
A bientot  :hello:


Message édité par markab le 02-01-2011 à 17:29:13

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Cordialement / Best regards
Marc.
n°34769
alain13
Posté le 19-07-2012 à 16:19:48  profilanswer
 

Bonjour,
 
Une photo de l'équipage de L'Ailly au grand complet.
 
 
 
http://img4.hostingpics.net/pics/604701859697ailly.jpg
 
On reconnait à droite le premier-maître Le Roux et le premier-maître Caron respectivement commandant et second de l'Ailly.
 
Cordialement,
alain


Message édité par alain13 le 25-02-2016 à 21:37:56
n°34770
Memgam
Posté le 19-07-2012 à 18:23:32  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Chalutier Ailly (du nom du cap à proximité de Dieppe), ex Riverdale, construit en 1907 par les chantiers, J. Duthie, Torry S/B. C° à Aberdeen.
204 tjb, 34,90 x 6,60 x 3,64 m, 140 t, machine à triple expansion 430 cv, 11 noeuds.
En 1930, appartient à la Nouvelle Société Dieppoise de Chalutiers.
Réquisitionné du 03/02/1915 au 28/03/1919.
Réquisitionné en 1939-1940.
Perdu comme dragueur auxiliaire à La Rochelle en janvier 1943.
 
Source : Registre 1930 du Bureau Veritas.
LV Jean-Marie Roche, Dictionnaire de la flotte de guerre française de 1671 à nos jours, Rezotel Maury 2005.
 
Cordialement.

n°34786
kgvm
Posté le 24-07-2012 à 10:48:13  profilanswer
 

"Perdu comme dragueur auxiliaire"??
Pas requisitionné par la Kriegsmarine. Très probablement perdu comme chalutier civil.
Cordialement
Klaus Günther

n°38648
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 26-11-2013 à 22:42:34  profilanswer
 

kgvm a écrit :

"Perdu comme dragueur auxiliaire"??
Pas requisitionné par la Kriegsmarine. Très probablement perdu comme chalutier civil.
Cordialement
Klaus Günther


Bonjour,
Chalutier Ailly, réquisitionné comme dragueur auxiliaire AD60 en 1939-40, saute sur une mine le 13/1/1943, aucun survivant. Au moment du naufrage, en provenance de Dieppe, il était armé à la pêche, armement Toublanc. Perdu corps et biens au large de La Rochelle, 15 disparus.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1757/ChalutierAilly.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1757/ChalutierAilly2.jpg
Cdlt
BB


Message édité par bruno17 le 26-11-2013 à 23:06:02

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Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°40017
Memgam
Posté le 08-06-2014 à 12:25:45  profilanswer
 

Bonjour,
 
Le commandant Le Roux est né le 11 juillet 1877 en pays Pagan. Il entre aux mousses en 1892 dont l'école est alors sur le vaisseau Austerlitz. En 1893, il est immatriculé au port de Toulon et entre à l'école des timoniers à bord de la frégate cuirassée La Couronne. En 1916, à 39 ans, il prend le commandement du chalutier Ailly, il est alors premier-maître et a déjà des actions d'éclat à son actif :
-22 décembre 1916, TOS pour le sauvetage de deux goélette espagnoles échouées sur la jetée de Port-Vendres.
-10 mars 1917, sauvetage et remorquage du vapeur Aboukir abandonné par son équipage.
-17 juillet 1917, TOS pour la lutte contre l'incendie de l'établissement de dynamite de Paulilles.
-10 octobre 1917, TOS pour le sauvetage du vapeur grec Embericos, torpillé le 3 octobre
- 28 octobre 1917, TOS pour le remorquage du 4 mâts Yvonne de Port Mahon à Marseille.
- 5 avril 1918, sauvetage de l'équipage du vapeur Liberia torpillé (cf sujet dans le forum).
-28 avril 1918, sauvetage de l'équipage du vapeur Kingston, torpillé à Carloporte.
- 16 mai 1918, destruction du sous-marin allemand UC 35.
- 30 juin 1918, sauvetage de l'équipage du 4 mâts Monte Cristo torpillé, (sujet dans le forum).
A la suite de l'action contre l'UC 35, le 4 juin, Le Roux est promu officier de 2 ème classe des équipages et décoré de la Médaille militaire.
Il fera ensuite carrière dans le corps des directions de port.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1920.
Il est officier de 1 ère classe des équipages le 19 mars 1923.
Il est officier principal des équipages le 15 octobre 1932.
Il quitte le service en 1935 avec la croix d'officier de la Légion d'honneur, mais décède le 4 décembre 1935 à Lanester.
 
Source : Le vrai Le Roux, Jacques Tupet, Marine n° 172, juillet 1996, pages 23-24.
 
Il existe un certain nombre de versions humoristiques de l'engagement avec le sous-marin.
 
 * Les  trois voiliers du commandant Leroux.
Le récit se passe en Manche, avec l'accent breton, le chalutier est devenu "le remorqueur de 600 qu'avait un nom de Zoiseau, le "Hippopautame" qu'il s'appelait". Il y a un troisième voilier qui disparait : "P.V. de Perte : un voalier a disparu sans raison valable et malgré bonne surveillance. Il n'y a pas lieu a imputation". C'est l'incendie d'un second voilier qui permet de repérer le sous-marin "Patron, qu'il a crié, vot béluga, il émerche deux quarts bâbord".  Quinze survivants sont comptés :"Avec des boutts, la gaffe et une chatte on en a repêchés douze, juste ce qu'il fallait m'a dit Job pour qu'ils ne nous foutent pas la tatouille car douze qu'on est à bord, ç'aurait pas été prudent". Au rapport, "le chef d'état-major était pas content par rapport à la perte et il a marmonné : "Coulé un sous-marin, coulé un sous-marin, tous les mêmes, c'est vite dit : avez-vous vu la tache d'huile ? ça, on pouvait pas dire, honnêtement, j'avais pas vu la tache d'huile et je suis rentré à bord me concerter avec Job et lui dire que si on n'avait pas vu de tache d'huile, on n'avait pas coulé de sous-marins. Tout rouch' qu'il est devenu et avalé sa chique : "de tache d'huile y avait pas mais les douze rationnaires qui sont en bas et qui foutent la cambuse à cul, c'est-y pas des preuves ça ?" Alors, une idée à lui, on leur a capelé des effets d'habillement et rassemblé en douce devant la Peu Meu.  
Tellement bien alignés qu'ils étaient qu'on a bien vu que c'étaient pas des marins français et acceptés comme pièces à conviction."
 
Illustrations de R.Bussemey, Cols bleus n° 1343 du 7 septembre 1974, pages 8 à 10.
 
 * Les trois voiliers du commandant Le Roux, bien connue dans tous les carrés, cette légende qui fait partie des traditions est peut-être véridique. Elle doit être lue avec l'accent breton.
Des petites variantes avec le texte précédent.
 
Illustrations de Max Moulin, Marine n° 167, d'avril 1995, pages 34 à 36.
 
* Trois ou quatre voiliers ? Le Guen ou Le Roux ?
Cette version se passe en Atlantique, de Brest à Casa. "je commandais un genre de remorqueur avec un nom de poisson, Pluvier qu'il s'appelait".
Il y a quatre voiliers, deux sous-marins. Ils recueillent 13 hommes. "Alors, pour être à égalité, on a rebalancé à l'eau le treizième, avec une grenade à main sur la figure, mais ça je l'ai pas mis sur le rapport, parce que ça n'aurait pas fait très bien".
 
Illustrations de Max Moulin, Marine n° 170 de janvier 1996, pages 30-31.
 
Cordialement.
 
dessin de R. Bussemey
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser%20260.png


Message édité par Memgam le 08-06-2014 à 16:44:35
n°40067
Memgam
Posté le 12-06-2014 à 08:34:34  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Le 18 février 1915, le chalutier Ailly se porte au secours du cargo Dinorah ex autrichien, prise de guerre du 16 août 1914, (sujet dans le forum), dans la nuit, alors qu'il vient d'être torpillé à 20 milles dans le nord-ouest du Havre, par l'U 16, et le convoie jusqu'à Dieppe.
 
Source : Albert Chatelle, La base navale du Havre, Editions Medicis, 1949.
 
"La première croisière. L'U16, lieutenant de vaisseau Hansen, 9 au 21 février 1915.
 
…"Le 16, dans l'après-midi, au nord de Barfleur, il poursuivit un navire sans pavillon. Le vapeur stoppa et, après sommation, son équipage l'évacua. C'était le français Ville de Lille, 997 tx, qui fut coulé par l'ouverture des prises d'eau et une charge explosive. Les embarcations de sauvetages furent approvisionnées par le sous-marin qui les conduisit, à la remorque, jusqu'au voisinage de la côte.
Le 17, dans la baie de Seine, tempête, avaries de moteur.
Le 18 au matin, entre Fécamp et Dieppe, attaque en surface contre un bâtiment inconnu sans marque. Torpille au but. C'était le français Dinorah, 4 208 tx, qui ne coula pas et put être remorqué dans un port…
 
Source : Arno Spindler, La guerre sous-marine, II, de février à septembre 1915, Payot, 1934, page 28.
 
voir également le sujet Ville de Lille dans le forum.
 
Cordialement


Message édité par Memgam le 12-06-2014 à 08:37:51
n°44167
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 25-02-2016 à 19:31:30  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Ailly – Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier du port de Dieppe.
 
   Le patrouilleur auxiliaire Ailly fut administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre :
 
     – du 3 février 1915 au 12 janvier 1916 ;
     – du 1er mars 1916 au 18 août 1918 ;
     – du 5 octobre au 9 décembre 1918.
 
   [Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720.].


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°44584
Memgam
Posté le 16-04-2016 à 10:59:13  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Source : Gérard Bignot, La pêche autrefois à Dieppe : marins-pêcheurs et chalutiers dieppois durant la guerre 1914-1918, Les amys du vieux Dieppe, année 1999, fascicule CVII, pages 11 à 35.
 
Cordialement.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/Numeriser490.jpg

n°47053
olivier 12
Posté le 27-07-2017 à 09:38:49  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
AILLY – UC 35
 
Combat du 16 Mai 1918
 
Le rapport du capitaine est conforme à celui déjà mis sur le forum en 2008. Nous ne reviendrons donc pas dessus.
 
Voici le ROI RENE, l'un des deux voiliers que remorquait l'AILLY
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/923/906rV9.jpg
 
Lettre du 1er maitre de timonerie LE ROUX au Commandant  WACKERNIC. 25 Mai 1918
 
Commandant,
 
Je viens de recevoir votre belle lettre que j’ai lue à mon équipage. Si vous les aviez vus ! Ils étaient heureux car cette victoire est aussi la votre. Vous nous avez formés et entraînés. Une de nos premières pensées a été pour vous : Que le Commandant WACKERNIC va être heureux lui aussi.
 
Le boche a très mal manœuvré et j’en ai profité. Il nous a toujours présenté son travers. J’avais deux grands voiliers à la remorque : GLORIA, 2000 t, et ROI RENE, 1100 t. Un coup de hache et route dessus. Il tire le premier et son coup est long. Je commence à 8000 m : long. 7000 m, le but est couvert. Feu continu. Il continue son tiret à son 3e coup, nous sommes encadrés. Je viens brusquement à gauche de trois quarts pour le dérouter. Bonne précaution car les trois coups suivants tombent par le travers tribord. A son 6e coup, il vire de bord et ne tire plus. Mais il me représente son travers. Vraiment, je croyais qu’il se moquait de nous. A notre 12e coup, je vois nettement une grosse explosion par son travers et une minute après il piquait du nez et disparaissait dans une position verticale, hélices en l’air. Cessé le feu à 5000 m et continué à faire route dessus pour lui donner le coup de grâce avec les grenades.
 
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Arrivé sur les lieux, je repêche un homme. Stupéfaction ! C’est un Espagnol du vapeur VILLE DE SOLLER. Il m’indique que le sous-marin a coulé et que l’équipage est plus loin sur l’eau. J’en prends cinq, mais ils devaient être une quinzaine. Les autres boivent la tasse, histoire de goûter la belle bleue… D’après l’Espagnol, il a reçu à notre 4e coup de canon un obus sur l’avant qui lui a causé de graves avaries. Et notre 12e coup est arrivé dans son kiosque et a explosé en bas.
 
A l’arrivée à Toulon, on nous a comblés d’honneurs. Le préfet Maritime est venu à bord et nous a décorés de la Croix de Guerre. Mon chef de pièce était le brave TANGUY, que l’on voulait dernièrement m’enlever pour en faire un pilier de dépôt.
 
Enfin, bonne journée et travail bien fait comme vous dites. Je voudrais que mon rapport de mer tombe sous vos yeux car j’ai pensé aux chers disparus de SALAMBO.
Je termine, Commandant, en vous remerciant, de la part de mes lions et de moi.
 
Signé LEROUX
 
Lettre du CF BANAL, commandant la 4e escadrille des patrouilles de Méditerranée au Ministre
 
J’ai l’honneur de vous transmettre le rapport de mer du commandant de l’AILLY sur son engagement avec un sous-marin le 16 Mi 1918. Dès l’arrivée du chalutier à Port Vendres, j’ai pu recueillir à bord un certain nombre de renseignements et je signale les points suivants :
 
- Le sous-marin se tenait à l’affût maquillé en voilier, peut-être prévenu du départ des voiliers d’après les dires des prisonniers. Son maquillage a disparu brusquement.
- AILLY était bien paré. Au 1er coup de canon, la remorque a été coupée à la hache et AILLY a répondu moins de 20 secondes après.
- La maîtrise du commandant de l’AILLY apparaît dans les faits suivants : ayant apprécié au 1er coup, il a commandé 1000 m plus près. Son 2e coup étant court et bon en direction, une gerbe d’eau couvrant le but, il a fait un tir continu et a essayé une hausse intermédiaire dès qu’il l’a sentie longue. Puis il est revenu sur la bonne hausse courte qui lui a donné le but. Le tir du sous-marin a été excellent disent les hommes de l’AILLY, et lorsqu’AILLY a reçu des coups courts très bons en direction, il a fait un crochet judicieux qui l’a sans doute sauvé.
- 15 hommes étaient à la mer et 5 seulement ont pu être sauvés, bien qu’il fit très beau et qu’AILLY soit arrivé sur les lieux moins de 20 minutes après son engloutissement. Les hommes se tenaient par groupe et n’avaient pas de ceintures de sauvetage. Ils ont coulé peu à peu par manque de résistance ou parce qu’il ne savaient pas suffisamment nager.
- Sur le lieu de l’engloutissement, AILLY n’a constaté ni nappe de mazout, ni dégagement de bulles d’air. A peine un mince filet huileux, très léger et peu visible, d’un mètre de large sur 300 m de long. Sans la présence des naufragés, personne à bord n’aurait cru qu’un sous-marin avait été coulé à cet endroit.
 
Conclusion
 
AILLY bien préparé, bien en main, a fait preuve de virtuosité, et tout ce qu’il y avait à faire pour le plus rapidement possible surmonter un ennemi plus puissant que lui, dont le tir était excellent.
 
Le commandant de l’AILLY, le 1er Maître timonier LE ROUX Victor, exerce son commandement depuis deux ans et demi d’une manière exceptionnellement brillante, déployant à chaque occasion des qualités de chef et de marin qui ont étonné les officiers qui l’ont vu à l’œuvre.   Il juge sainement les situations, prend des décisions rapides, les exécute avec une extrême habileté technique et commande admirablement des hommes qui lui sont attachés. C’ »est à lui que revient l’honneur de cette belle journée.
 
J’exprime le vœu, conforme à son désir, que le commandement de l’AILLY lui soit réservé, comme élément très important de l’efficacité de la 4e escadrille.
 
Récompenses
 
Citation à l’Ordre du Corps d’Armée
 
LEROUX Victor Marie  1er maître de timonerie  Lorient 1432
 
Commandant de chalutier modèle, magnifique d’ardeur et de bravoure. A su communiquer à son équipage l’esprit qui l’animait. Attaqué pendant qu’il remorquait deux voiliers, par un sous-marin plus puissamment armé que l’AILLY, n’a pas hésité à filer ses remorques pour courir sus à l’ennemi et l’a coulé au canon après un court et brillant combat.
 
CARON René Raymond Victor  1er maître de manœuvre temporaire. Chef de quart
 
Par sa vigilance, sa manœuvre habile et son sang froid a permis à l’AILLY son immédiate et foudroyante riposte.
 
TANGUY Yves Marie  Binic 8827 QM fusilier chef de pièce
 
A toujours fait preuve de qualités militaires hors ligne, et dont le coup d’œil et le sang froid parfait sous le feu ont assuré la destruction du sous-marin ennemi.
 
LE DU Pierre Joseph  97749.2 Canonnier breveté. Chargeur de la pièce de 75 mm
RAMONE Aimé Bienvenu Port Vendres 1206  Fusilier auxiliaire
BERGERIE Raymond  51303.5 Chauffeur breveté
 
Par leur sang froid et leur bravoure sous le feu, ont assuré le fonctionnement rapide et précis de la pièce de 75 qui a détruit le sous-marin.
 
MOZALI Joseph  Gabier breveté  Ajaccio 1819
 
A déjà donné des preuves de dévouement héroïque lors de l’incendie de l’ABOUKIR en essayant de réparer la drosse à côté d’un parc à munitions qui sautait. Attitude toujours magnifique au moment du danger.
 
VILLEDARY Edmond Emile  Sd maître mécanicien Fusilier marin. Chef de section pièce AR
 
S’est montré plein de courage et de sang froid pendant le combat. S’est prodigué avec le plus grand dévouement pour recueillir et soigner les naufragés.
 
Citation à l’Ordre de la Brigade
 
GOUIMOUX   Sd maître mécanicien   Toulon 14277
MONSAURET  Arthur Louis Matelot mécanicien  36994.1
LACLABERE Jean Chauffeur breveté  Bayonne 5182
PERTHOULOUX Michel Marie Chauffeur breveté  99615.2
NAESOUARN   Chauffeur breveté
 
Dans le combat entre l’AILLY et un sous-marin ennemi, ont permis par leur calme et leur vaillante activité de faire donner le maximum de vitesse à leur bâtiment qui courait sus à l’ennemi.
 
BERTHET  QM timonier
GIORICO Ciro Antoine Gabier breveté  Bastia 794
LE VERGEOIS Eugène Alexandre Boulanger Coq  46546.1
BON André Edouard  Matelot TSF   41289.1
LACROIX   Matelot TSF
SERENE Jean Lucien Matelot sans spécialité 57542.5
MARTIN François Xavier Matelot sans spécialité Fécamp 9699
LESCROEZ Pierre François Matelot sans spécialité La Hougue 1887
PIERROTTI Dominique Matelot sans spécialité 430 C.5
FRERE Joseph Maurice Matelot sans spécialité Dieppe 670
 
Pour leur belle attitude et leur ardeur dans un combat entre l’AILLY et un sous-marin ennemi, qui s’est terminé par la destruction du sous-marin.
 
(Voir aussi le torpillage du PAX par l'UC 35, 5 jours auparavant, alors qu'il était escorté entre autres par l'AILLY)
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 27-07-2017 à 09:42:33

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