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  POLKERRIS ― Cargo ― S. A. Polkerris (Paul Mottard), Le Havre.

 

michev, ALVF La Grande Guerre en photos : jpbte63, dominique rhety, 2 utilisateurs anonymes et 50 utilisateurs inconnus

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POLKERRIS ― Cargo ― S. A. Polkerris (Paul Mottard), Le Havre.

n°36799
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 28-03-2013 à 12:44:18  profilanswer
 

.  
   Bonjour à tous,
   
 
   Polkerris. – Cargo de 943 tx jb, de 572 tx jn et de 1.200 tx pl ; caractéristiques : 65,5 x 9,8 x ... m ; machine à triple expansion. Lancé en Mai 1889 sous le nom d’Adolf par le chantier Rostocker A.G. für Schiff Und Maschinenbau, de Rostock (Allemagne), pour le compte de la Flensburger Dampfer Compagnie, Ozean Dampfer A.G. (Schuldt H.), de Flensburg (Allemagne). Capturé le 5 août 1914 par l’État britannique et renommé Adolphus. Après avoir été renommé Polkerris, mis en vente le 17 février 1916 aux enchères publiques par l’Amirauté britannique au Baltic de Londres (Bourse des céréales). Acquis pour le prix de 26.000 £ par la Société anonyme Polkerris (Paul Mottard), du Havre.    
 
 
   ■ Historique partiel.
 
 
   — 17 février 1916 : Acquis pour le prix de 26.000 £ par la Société anonyme Polkerris (Paul Mottard), du Havre.
 
 
                                                                                         Journal officiel du 28 janvier 1916, p. 807.
 
 
                                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/POLKERRIS%20-%20J.O.%2028-I-1916..jpg
 
 
                                                                Le Temps, n° 19.950, Samedi 19 février 1916, p. 2, en rubrique « Sur mer ».
 
 
                                                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/POLKERRIS%20-%20L.T.%20-%2019-II-1916..jpg
 
 
                                                                          Le Sémaphore algérien,  n° 828, Samedi 19 février 1916, p. 2.
 
 
                                                                                http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/POLKERRIS%20-%20L.S.A.%20-%2019-II-1916..jpg
 
 
   — 4 mars 1918 : Torpillé par le sous-marin allemand UB-80 (Kapitänleutnant Max Viebeg), à 10 milles dans le Sud-Est de la pointe de Portland Bill (Dorset, Royaume-Uni), par 50° 30' N. et 2° 43' 30'' W., alors qu’il allait de Penarth (Pays de Galles, Royaume-Uni) à Rouen avec un chargement de charbon.
 
 
   ▪ The Wreck Site —>  http://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?137106
   ▪ uboat.net —>  http://uboat.net/wwi/ships_hit/4840.html


Message édité par Rutilius le 06-04-2017 à 21:48:53

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°36809
kgvm
Posté le 28-03-2013 à 18:08:31  profilanswer
 

Le cargo était déja renommé "Polkerris" sous pavillon britannique, voire les deux annonces!
Le noms avec POL.... sont typiques pour les bateaux allemands saisis par les anglais.

n°39805
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 08-05-2014 à 15:07:42  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   ■ Marins disparus le 4 mars 1918 avec le cargo Polkerris. [2]
 
 
   Jugement rendu par le Tribunal civil du Havre le 5 septembre 1919 et transcrit au Havre le 2 octobre 1919 (Registre des actes de décès de la ville du Havre, Année 1919, f° 63, p. 6.550, acte n° 3.275).
 
   « Attendu qu’il est établi par les pièces et documents versés au dossier que le vapeur Polkerris armé au Havre, qui était parti de Penarth le deux mars mil neuf cent dix-huit à destination de Rouen, a été, le quatre dudit mois,  torpillé par un sous-marin ennemi alors qu’il se trouvait par 50° 30’ de latitude Nord et 2° 43’ 30’’ de longitude Ouest, et que, lors de ce torpillage, les nommés Morvan et Pollet ont disparu ;
 
   Attendu que, depuis cette époque, ces deux marins n’ont pas reparu ni donné de leurs nouvelles ; que leur décès est donc certain ; ... »
 
 
   Par la même décision, tous deux furent déclarés « Morts pour la France ».
 
 
   — MORVAN Jean Louis Adolphe, né le 26 décembre 1869 à l’Île Tudy (Finistère) et y domicilié. Chauffeur, inscrit à Saint-Nazaire, n° 1.610.
 
   Fils de Briec MORVAN et de Louise JAFFRET. Célibataire.
   
   — POLLET Édouard François Joseph, né le 15 décembre 1898 à Fort-Mardyck (Nord) et y domicilié. Matelot, inscrit à Dunkerque, n° 5.509.
 
   Fils de François POLLET et d’Élise Clémentine HARS. Célibataire.  
 
 
    Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 20 mars 1922 (art. 2 ; J.O., 2 avr. 1922, p. 3.653), ces deux marins furent inscrits à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants :  
 
 
                                                                                   http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/POLKERRIS%20-%20J.O.%20-%202-IV-1922..jpg
 
                                                                                      (p. 3.658)


Message édité par Rutilius le 08-05-2014 à 15:08:18

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46398
olivier 12
Posté le 30-03-2017 à 14:52:27  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
POLKERRIS
 
Affréteur : CALVROY. Paris
Effectue une traversée Penarth – Rouen avec 1135 tonnes de charbon
2 appareils Verdier  et 9 Berger (non utilisés)
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/JA4eLW.jpg
 
Naufrage du 4 Mars 1918. Rapport du capitaine
 
Quitté Penarth le 2 Mars 1918 avec un complet chargement de charbon pour Rouen. A 10h00, débarqué le pilote sur rade de Barry Docks et fait route en suivant les instructions reçues. Forte brise d’Est. Mer grosse.  
Le 3 Mars, arrivé à Falmouth et mouillé à 05h45. Reçu de nouvelles instructions pour aller à Plymouth où j’ai mouillé à midi. A 14h00, reçu instruction d’aller à St Helens (Ile de Wight) pour prendre le convoi du havre.
Appareillé à 16h30 et doublé Start Point à 19h20 à 1 mille. Fait des routes diverses et aperçu le feu de Portland le 4 à 00h30. Prévenu mon second, qui était de quart, que je descendais dans ma cabine et de me prévenir aux approches du phare pour le contourner.
A 01h10, un choc ébranle le navire par bâbord avant. Monté immédiatement sur la passerelle et fait stopper au moyen du télégraphe de la machine. Fait usage du sifflet à coups répétés pour attirer l’attention des navires et patrouilleurs dans les parages. Ayant constaté que le navire était gravement atteint et ne pourrait être sauvé, descendu de la passerelle pour pourvoir à l’organisation du sauvetage de l’équipage.
 
L’homme qui se trouvait au garant de la baleinière tribord, dépassé par le poids, n’a pu retenir le retour, d’où apiquage et coulage par l’avant de cette embarcation. Je lui enjoignais de prendre plus de monde avec lui et, surtout, d’embarquer le mousse ce qui a été fait. J’ai ordonné au reste de l’équipage de passer avec moi à tribord pour mettre le youyou à la mer. Nous n’avons pu exécuter ce travail vu l’apiquage prononcé du navire par l’avant. Pris la décision de couper les garants et ordonné au personnel resté sur le pont de monter dans le youyou. Celui-ci n’était pas armé et ne possédait que deux avirons.
A ce moment, le navire s’est englouti et je me suis trouvé à l’eau avec mon maître d’équipage et le matelot Pluinet. Le chef mécanicien et le chauffeur Coazempis, qui étaient restés sur le pont, ont été projetés à la mer. Je les ai recueillis aussitôt, attirant leur attention par mes cris, pour savoir dans la nuit noire où ils étaient. J’ai hélé la baleinière bâbord pour savoir ce qu’elle contenait comme hommes. Elle n’a pas répondu et je n’ai entendu aucun cri ni plainte dans l’eau. Je me suis dirigé avec des moyens de sauvetage de fortune vers la côte et j’ai été recueilli vers 09h20 par le patrouilleur anglais SALVINI à bord duquel j’ai reçu les soins les plus amicaux et dévoués. Il m’a débarqué à Weymouth.
Du moment du torpillage à la disparition complète du navire, il s’est écoulé 6 à 7 minutes. A Weymouth, j’ai appris par le commandant de ma Marine que l’embarcation bâbord avait atterri au petit port de Beer et qu’elle contenait 15 hommes. J’ai constaté qu’il y avait deux manquants. Nous avons été réunis le 5 Mars à Southampton et j’ai appris que c’était le 1er chauffeur Jean MORVAN et le matelot Edouard POLLET.
Le chauffeur Morvan était de quart au moment du torpillage et a stoppé la machine sur mon ordre et a fermé la porte de la cloison étanche entre machine et tunnel. Il est monté sur le pont avec le chef mécanicien, muni de sa ceinture de sauvetage qu’il gardait toujours avec lui étant de quart. J’étais loin de penser à la perte de cet homme.
Le matelot Pollet, qui était couché, a quitté le poste équipage avec ses camarades de quart, sans doute à demi éveillé. Les panneaux de la cale 1 avaient sauté sous la violence de l’explosion et le pont bâbord était crevé. Je présume, et c’est aussi l’avis de ses camarades, qu’il a voulu passer par-dessus le panneau, ou par-dessus la cassure, et qu’il s’est trouvé englouti.
Je regrette amèrement la perte de ces deux hommes qui m’étaient dévoués et avaient déjà passé 15 mois à bord.
 
Position au moment du torpillage : 50°30 N  02°43 W
 
Interrogatoire du second capitaine BOURHIS Guillaume
 
- Quand vous avez quitté la passerelle, le capitaine y était-il arrivé ?
Non. J’ai cru bien faire en allant moi-même le prévenir.
 
- Etes-vous resté sur les lieux du sinistre avec l’embarcation bâbord que vous commandiez ?
Non. J’avais 15 hommes alors que le canot était prévu pour 11. Le vent et le courant ont été cause d’une dérive considérable. Je me suis efforcé de rester bout à la lame.
 
- Quelles dispositions avez-vous prises pour garder le contact avec le capitaine ?
Malgré mes efforts, je ne pouvais gagner au vent. Ce n’est qu’après que j’ai pensé aux Costons.
 
- Quand avez-vous allumé pour la première fois un feu Coston ?
Une demi-heure après avoir quitté le bord.
 
- Etait-ce pour retrouver l’embarcation de votre capitaine ou pour vous faire recueillir par un bateau dans les parages ?
C’était pour attirer l’attention d’un vapeur que j’apercevais.
 
- Aviez-vous des instructions de votre capitaine sur les dispositions à prendre en cas d’abandon pour garder le contact entre les embarcations ?
Non. Mais je savais qu’il fallait garder le contact et je n’ai pu réussir.
 
- Saviez-vous, avant de quitter le bord, ce qui était arrivé à l’embarcation tribord ?
Non. Je ne l’ai su que longtemps après.
 
Interrogatoire du canonnier REBOURS Alphonse
 
- Quand vous avez quitté votre poste à la passerelle, le capitaine avait-il donné l’ordre d’évacuation ?
Je ne m’en souviens pas.
 
- Saviez-vous comment cet ordre devait être donné ?
Oui. Par des coups de sifflet.
 
- Quel était votre poste d’évacuation ?
L’embarcation tribord.
 
- Quand vous avez commencé à amener l’embarcation, l’ordre d’abandon avait-il été donné ?
Je ne m’en souviens pas. Je me suis tout de suite mis au garant.
 
- Avez-vous cru pouvoir mettre à l’eau, seul, l’embarcation tribord ?
Oui. Je pensais pouvoir le faire en y mettant le temps.
 
Conclusions de la commission d’enquête
 
Elle constate :
- Feux de route voilés et toutes les lumières masquées.
- Pas de zigzags. Le capitaine déclare qu’il avait l’habitude d’en faire le jour, mais jamais la nuit. La commission lui reproche vivement cette manière de faire contraire aux instructions.
- Rôles de veille régulièrement établis, mais le canonnier était placé à la passerelle, et non à sa pièce. Le capitaine explique qu’ayant l’homme sous la main, il est plus sûr d’une veille effective.
- Canonniers munis de bonnes jumelles fournies par l’AMBC.
- Pas de TSF
- Rôles d’évacuation bien établis et affichés dans les postes. Exercices bien effectués.
- Embarcations bien armées sur leurs portemanteaux.
- Il est regrettable que le navire n’ai pas été muni d’un radeau.
- Papiers du bord et documents confidentiels non mis dans une enveloppe lestée. Le capitaine reconnait cette négligence mais affirme que tous les papiers, enfermés dans un tiroir fermé à clé, sont partis au fond.
- La commission reproche au capitaine de ne pas s’être assuré du nombre d’hommes embarqués dans le canot bâbord.
 
La commission demande que des observations très sévères soient faites  
- Au 2e capitaine Bourhis pour avoir quitté son poste sur la passerelle pour aller prévenir le capitaine, au lieu d’envoyer un homme. Avait déjà commis cette faute lors du naufrage de LUTECE. Après l’abandon, n’a fait aucun effort pour garder le contact avec le capitaine. N’a allumé les feux Coston qu’une demi-heure plus tard et uniquement pour attirer l’attention d’un vapeur.
- Que le canonnier Rebours soit remis au service général. A profité du moment où la passerelle était sans chef  pour quitter son poste de veille et tenter de mettre à l’eau, seul, l’embarcation tribord. A échoué, comme c’était à prévoir et a été la cause de la perte de ce moyen de sauvetage. Le canonnier Rebours invoque l’ébranlement que lui a causé le choc sur la tête de la gerbe d’eau et du charbon. Mais il a fait preuve d’un manque de sang froid et d’une indiscipline qui le rendent dangereux dans un poste de veille sur un bâtiment de commerce.
 
Récompenses – Punitions
 
Citation à l’Ordre de la Brigade
 
KEROUERTS Henri  Chef mécanicien
 
Pour l’exécution rapide des ordres reçus de la passerelle et son dévouement pour le sauvetage d’un homme de l’équipage tombé à la mer
 
Annulation de son sursis d’appel
 
BOURHIS Guillaume  Second capitaine
 
A, pour la seconde fois, fait preuve d’un défaut d’énergie et de sang froid incompatible avec ses fonctions dans les circonstances actuelles.
 
Remise au Service général
 
REBOURS Alphonse  Canonnier
 
Pour son manque de sang froid qui a causé la perte d’une embarcation lors du torpillage de son bâtiment.
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était l’UB 80 du Kptlt Max VIEBEG.
 
Max Viebeg avait obtenu la Croix pour le Mérite le 31 Janvier précédent. Il commandera l’UB 80 jusqu’en Novembre 1918. En Janvier 1920 il quittera la marine et se retirera à java comme planteur de thé.
 
Cdlt

Message cité 1 fois
Message édité par olivier 12 le 30-03-2017 à 22:04:18

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olivier
n°46402
Gastolli
Posté le 30-03-2017 à 20:37:09  profilanswer
 

olivier 12 a écrit :

Position au moment du torpillage : 50°50 N  02°43 W


 
Bonsoir Olivier,
nothing to add here, but position should be 50°30'N - ...
 
50°50'N would have been on the mainland :-)
 
 
Oliver

n°46403
olivier 12
Posté le 30-03-2017 à 22:09:55  profilanswer
 

Bonsoir à tous, Bonsoir Oliver,
 
Effectivement, c'est une erreur de lecture de chiffres mal écrits. Merci de le signaler. Le corrige...
 
Voici des sous-marins de type UB  
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/b7e7WF.jpg
 
Cdlt


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olivier

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