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  SALANGANE — Goélette — Armement Yves Pouhaër, Paimpol.

 

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SALANGANE — Goélette — Armement Yves Pouhaër, Paimpol.

n°46621
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 20-05-2017 à 00:27:54  profilanswer
 

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   Bonjour à tous,
 
 
   Salangane – Goélette de 125 tx jb construite en 1911 par le chantier Émile Bonne, de Kérity ; armement Yves Pouhaër, de Paimpol.  
 
   Arraisonnée et coulée le 14 novembre 1916, vers 9 h. 30, par le sous-marin allemand UC-16 (Oberleutnant zur See Egon von WERNER) à 12 milles [ou 18 milles] dans l’O.S.-O. du phare d’Ar-Men, alors qu’elle allait de Swansea (Pays de Galles, Royaume-Uni) à La Rochelle avec un chargement de charbon. 6 hommes d’équipage, recueillis par le trois-mâts goélette Adèle, de Dunkerque, qui les débarque près de l’Île de Sein qu’ils gagnent avec le canot du bord, recueilli avec eux ; de là, conduits le 15 novembre 1916 à Brest par le Torpilleur 267.
 
   Selon une note adressée le 12 avril 1917 au Ministre des Affaires étrangères par la Légation de Suisse à Paris (Cf. J.O. 17 avr. 1917, p. 3.046), une procédure de prise concernant ce bâtiment fut ouverte par les autorités allemandes devant le Tribunal des prises de Hambourg.


Message édité par Rutilius le 21-05-2017 à 13:03:58

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°46623
Memgam
Posté le 20-05-2017 à 09:37:56  profilanswer
 

Bonjour,
 
Salangane, goélette, construite en 1911 chez Bonne à Kérity.
125 tjb, 93 tjn, 185 tpl, 27,88 x 7,38 x 3,05 m.
 
En 1912, immatriculée à Paimpol, armateur Yves Pouhaër, capitaine Thomas.
 
Source : Registre n° 84, Bureau Veritas 1912.
 
Rapport de mer du capitaine Thomas, commandant la goélette Salangane de Paimpol
 
Le Salangane était armée de six hommes d'équipage et appartenait à messieurs Pouhaër et Thomas demeurant à Paimpol.
 
"Déclare être parti de Swansea à destination de La Rochelle le 9 novembre (1916), à 6 heures du matin avec 180 tonnes de charbon. A 8 heures toutes voiles dehors établies, le canot embarqué et muni des agrès et vivres nécessaires en cas de rencontre de navires ennemis, j'ai fait route. Du 9 au 10 novembre, je n'ai eu constamment que du temps contrariant et de la brume. Ayant fait route pour passer à grande distance d'Ouessant j'ai vu ce dernier feu à 3 heures du matin et l'ai relevé dans l'E. N. E. du compas à une distance d'environ 25 milles. A 6 heures du matin, le 13, le vent a pris au S. E. et le temps s'est éclairci et j'ai donc commencé à louvoyer pour atteindre Penmarch.
Le 14 novembre, à 9 heures du matin, j'ai vu, venant de l'ouest à grande distance et à toute vitesse, un sous-marin qui faisait route sur nous. Aussitôt j'ai appellé tout l'équipage et fait disposer le canot pour le mettre à la mer en cas que ce serait un ennemi. A peine les caliornes crochées sur le canot le sous-marins nous a envoyé un obus qui a passé à environ 50 mètres sur bâbord et tombé à l'avant à 30 mètres. Aussitôt j'ai fait mettre la barre dessous et l'hunier sur le mât, débarque le canot qui malheureusement s'est crevé sur la lisse en affalant la caliorne de l'arrière. J'ai fait prendre le nécessaire pour réparer l'avarie et comme il était déjà muni des agrès et vivres nécessaire ; j'ai dû quitter le bord en ayant été prévenu par un coup de canon. Le sous-marin a fait aussitôt route sur notre embarcation et nous a fait accoster le long de son bord. Le commandant m'a fait lui remettre les papiers du bord et nous a dit d'embarquer tous à bord du sous-marin. Ayant fait aussitôt embarquer dans le canot 9 hommes de son bord dont un officier muni de bombes. Ces derniers ont fait route sur le navire et ont passé environ 20 minutes à bord. Pendant qu'une partie d'entre-eux disposait des bombes dans le grand panneau, les autres ont descendu dans la chambre et ont pris plusieurs matériels, entre autre, le baromètre, le chronomètre, instrumen,t loch, comme vivres : pain, pomme de terre, rhum, vin. Enfin de retour à bord, ils nous ont fait embarquer dans notre embarcation qui était bientôt à moitié remplie d'eau. On l'a vidée au plus vite, disposé la voile et les avirons et fait route sur terre.
Lui a pris la direction du nord. Le navire a sauté et coulé pendant que l'on disposait le canot à faire route sur terre. A peine nous a-t-il quitté que j'ai vu une goélette faisant vent arrière, c'était l'Adèle de Dunkerque. Comme on lui croisait la route en peu de temps il a aperçu les signaux que nous lui faisions au moyens de mouchoirs amarrés à la gaffe et sonnant une corne de brume dont j'avais muni le canot. Il a fait aussitôt route sur nous et arrivé à proximité de notre embarcation il a mis en panne. Nous avons donc embarqué à son bord et embarqué aussi le canot qui avait besoin de réparations. Nous étions à peu près dans le S. W. de l'île de Sein à une heure du soir. Le temps était beau et la mer belle ; j'ai jugé prudent de débarquer le canot de retour et de rallier l'île de Sein afin de ne pas garder deux équipages à bord du même navire. J'ai donc mis le canot à la mer et fait route sur Sein où j'ai débarqué avec mon équipage à 3 heures du soir. Ayant fait aussitôt ma déclaration au syndic et déposé chez ce dernier tous les agrès et vivres qui se trouvaient dans le canot, j'ai fait mettre l'embarcation en sécurité en la montant sur une cale.
Le sous-marin avait les marques suivantes : VP avant ID arrière, marquées sur une échelle saisie le long de son bord. Le commandant du sous-marin m'a remis aussi un billet que j'ai laissé au syndic de l'île de Sein à l'appui du rapport. C'est mon rapport sincère et véritable dans tout son contenu, la véracité pouvant être attestée par mon équipage. Je me réserve le droit aussi de donner de plus amples détails si le besoin l'exige.
Fait à Brest, le 16 novembre 1916, Le capitaine, Thomas."
 
Source : René Richard et Jacques Roignant, Les navires des ports de la Bretagne provinciale coulés par faits de guerre 914-1918, Association Bretagne 14-18, 2010.
 
"UC16, du 6 au 19 novembre 1916.
…Furent coulés conformément au Règlement sur les prises :
 
…Le 13, le voilier français Marie-Thérèse, 156 tx.
Le 14, les voiliers français Salangane, 125 tx, Nominoé, 327 tx, et Notre-Dame de Bon Secours, 81 tx.
Le 16, le voilier français Lélia, 29 tx…"
 
Source : Arno Spindler, La guerre sous-marine, III.- d'octobre 1915 à janvier 1917, Payot, 1935, pages 403-404.
 
Etat des voiliers caboteurs de plus de 75 tx de port en lourd en 1914.
 
Paimpol
 
…Salangane, goélette, 190 t, 1910, Paimpol, Y. Pouhaër…
 
Source : Louis Lacroix, Les écraseurs de crabes sur les derniers voiliers caboteurs, Aux Portes du Large, 1946.
 
Cordialement.


Message édité par Memgam le 20-05-2017 à 09:39:36
n°46624
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 20-05-2017 à 10:44:43  profilanswer
 

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   Bonjour à tous,
 
 
                                                                                         La Dépêche de Brest, n° 11.431, Jeudi 18 novembre 1916, p. 2.
 
 
                                                                                                           NOUVEAUX EXPLOITS DES PIRATES
 
                                                                                                                              Voiliers torpillés

 
   Les pirates continuent leur guerre sous-marine, et de nombreux navires ont encore été leur proie.
   C’est d’abord le trois-mâts goélette Nominoé, de Saint-Malo, qui, mardi dernier, vers onze heures, apercevait au large un sous-marin ennemi. [...]
 
   Un autre voilier français, le Salangan, a également été torpillé le même jour, vers 9 h. 30. Les naufragés, au nombre de six, qui avaient pris place dans les embarcations du bord, s’étaient à peine éloignés  que leur bateau était torpillé et disparaissait sous les flots.
   Tandis que le pirate s’enfuyait, les malheureux s’efforçaient de regagner la côte. Ils furent, fort heureusement, sauvés par une barque de pêche, qui les ramena à l’Île de Sein.
   Ces deux équipages ont été  conduits à Brest par le Torpilleur 267.
   Des bateaux de pêche ont été également coulés par des sous-marins allemands.


Message édité par Rutilius le 20-05-2017 à 10:46:48

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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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