FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  SEEADLER Corsaire allemand

 

Il y a 54 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

SEEADLER Corsaire allemand

n°17610
olivier 12
Posté le 12-06-2009 à 12:36:19  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
SEEADLER
 
Voici une note très intéressante, établie par les services de renseignements de la Marine, publiée le 2 Mai 1917 par l’Etat-Major Général.
 
Elle concerne le corsaire allemand SEEADLER.
 
Note de renseignements
 
« Cette note a pour but de récapituler tout ce que nous savons à propos du corsaire allemand SEEADLER.
Ce corsaire est l’ancien trois-mâts PASS OF BALMAHA, 1498 tx, construit à Glasgow en 1888. Coque en acier.
Il a été pourvu d’un moteur Diesel à 4 cylindres lui donnant une vitesse d’environ 11 nds par beau temps calme. Avec forte brise, il pourrait atteindre 16 nds.
Il est armé de deux canons de 105 mm, l’un à tribord, l’autre à bâbord avant. Deux mitrailleuses de l’armée peuvent être fixées en différents endroits et sont d’ordinaire sur le gaillard et la dunette. Un télémètre sur le gaillard.
Il posséderait des torpilles, mais le fait n’est pas certain.
Fusils Mauser à chargeurs, grenades à main, appareils fumigènes fabriqués à la fabrique de couleurs de Hoechst.
Il est doté d’un dispositif qui lui permet de relever les émissions TSF.
 
Plusieurs points permettent de reconnaître le SEEADLER.
 
Le filet placé sous le beaupré est spécialement grand.
Il y a quatre focs. Le petit foc est très petit par rapport au faux foc.
Les seules voiles d’étai sont une pouillousse et un foc d’artimon.
La hauteur du mât de misaine est égale à celle du grand mât. Le mât d’artimon est plus court d’environ trois mètres.
Chaque perroquet volant a une hauteur double de celle du perroquet fixe correspondant.
La voile barrée n’est jamais enverguée.
L’artimon est toujours ferlé et il n’y a pas de gui.
Les haubans d’artimon partent du pont et les galhaubans de la dunette.
L’antenne TSF consiste en un fil de cuivre enrobé dans un filin qui va de la tête du mât de misaine à la tête du grand mât. On voit ce même filin descendre en suivant les galhaubans des mâts de grand et de petit cacatois.
Les embarcations automobiles sont énormes et très apparentes. Les hélices sont masquées par des planchettes. Les bossoirs de ces embarcations sont très robustes. Le dôme du compas étalon, porté par une petite passerelle, est visible au dessus de la lisse des embarcations automobiles.
Sur le roof de l’équipage se trouvent trois embarcations ordinaires. Ce roof porte la cheminée de la cuisine qui est spécialement haute (6m environ) et une cheminée grosse et courte (60 cm) qui est l’échappement du moteur. Cet échappement ainsi placé peut donner l’illusion d’être la cheminée de la chaudière auxiliaire qu’il traverse en effet de bas en haut. Quand le moteur fonctionne, les gazd’échappementsont visiblessur la voile, quand on est au vent du voilier.
Au milieu de la dunette se trouve une chambre de veille en teck verni. Derrière cette chambre de veille, on remarque une grande claire-voie de salon, et sur l’avant, une autre claire-voie pointue avec de chaque bord un grand hublot d’environ 60 cm de diamètre. A l’arrière de la dunette se trouve l’appareil à gouverner qui possède une seule roue à bras.
 
On doit également tenir compte des remarques suivantes

Il existe en réserve à bord du SEEADLER un gui et une corne probablement destinés à être mis en place pour changer la physionomie du voilier. Il faut admettre que de trois-mâts carré, le SEEADLER peut être transformé en trois-mâts barque.
 
On aperçoit toujours un homme de veille sur les vergues du grand cacatois. Quand un navire est proche, la vigie simule un travail de réparation du grand cacatois.
 
Ne pas se laisser tromper par l’apparence pacifique que les Allemands essaient de donner au SEEADLER en jouant la comédie suivante :
Quand il est à moyenne distance d’un navire dont la qualité n’a pas encore été reconnue, le maître d’hôtel s’affuble de vêtements féminins et arpente la dunette à l’abri d’une ombrelle tandis que le commandant, le comte von Lückner, endosse un vêtement civil et se coiffe d’une casquette de voyage et se promène à côté de la fausse passagère sans s’inquiéter de la manœuvre qui est confiée à l’officier de quart.
 
Lorsqu’un navire est en vue, les manches à air en toile sont amenées.
 
Les pavillons norvégiens peints sur la coque grise sont parfois barbouillés de peinture, et ainsi dissimulés.
 
Navires armés
 
D’après un exercice fait en prenant le voilier LA ROCHEFOUCAULD comme objectif représentant un vapeur armé, la tactique d’attaque est la suivante :
 
- Approcher le plus près possible sans laisser reconnaître son caractère. Emploi d’un pavillon neutre. Les officiers et les hommes dissimulent leurs uniformes sous de vieux vêtements civils.
- Par un tir très violent de fusils, pistolets, mitrailleuses, empêcher l’armement du canon du vapeur d’approcher de sa pièce
- Par un tir rapide du canon, détruire le poste TSF , mettre le canon hors service et, si le navire essaie de fuir, tirer sur la passerelle.
 
Croisière du SEEADLER
 
Depuis son départ d’Allemagne jusqu’au 21 Mars sa croisière est la suivante :
 
12/1916 Départ de Gestemünde avec éclairage par sous-marin en mer du Nord. Remonté vers l’Irlande.
 
09/01/17 GLADYS ROYAL Cardiff-Montevideo avec 5000 t de charbon coulé par 35°N 25°W
 
10/01/17 LUNDY ISLAND  Maurice-Nantes avec 4500 t de sucre coulé par 35°N 22°W
 
21/01/17 CHARLES GOUNOD Dunkerque-Queenstown avec 3050 t de maïs coulé par 07°N 28°W
 
28/01/17 PERSEE Halifax-Nantes avec 4000 t de morues coulé par 03°N 28°W
 
03/02/17 ANTONIN Iquique-France avec 4000 t de nitrate et 50 t de peaux salées coulé par 07°N 35°W
 
09/02/17 BUENOS AYRES Antofagasta-Gibraltar avec 3000 t de salpêtre coulé par 05°N 32°W
 
19/02/17 PENMORE Buenos Ayres-Fayal avec 3850t de blé coulé par 08°N 35°W
 
26/02/17 BRITISH YEOMAN Montevideo-Bordeaux avec 3000t de blé coulé par 04°30N 31°W
 
27/02/17 LA ROCHEFOUCAULD Iquique-Rochefort avec 3050 t de nitrate coulé par 05°N 31°30W
 
05/03/17 DUPLEIX Tocopilla-Queenstown avec 3000t de salpêtre coulé par 01°10N 28°12W
 
11/03/17 HORNGARTH Montevideo-Plymouth avec blé coulé par 02°20S 26°W
 
21/03/17 CAMBRONNE capturé par 20°10 S et 25°50 W. Tous les prisonniers (300 environ) ont été transférés sur ce navire et conduits à Rio de Janeiro. La cargaison de salpêtre du CAMBRONNE a été avariée en jetant dans les cales des dizaines de tonnes d’eau. Les mâts ont été sciés à un mètre au dessus du chouque, en deux endroits différents, sur un tiers de l’épaisseur. Les dromes ont été coupées, les volants dévergués et jetés à la mer ainsi que toutes les voiles en soute. »
 
Voici le dessin qui accompagne cette note
 
http://img91.imageshack.us/img91/130/seeadler2.jpg
 
Je replace à la suite de cette note tous les renseignements déjà fournis sur le SEEADLER à la fiche CHARLES GOUNOD.
 
 
Le SEEADLER (aigle des mers) dissimulé sous le nom de NORGE, était en fait un trois-mâts franc américain, le PASS OF BALMAHA, que les Allemands avaient capturé au début de la guerre.
C’était d’ailleurs au moment où les Anglais l’avaient arraisonné et le conduisait au port de Kirkwall, dans les Orcades, pour en vérifier la cargaison (du coton destiné à Arkangelsk).  
Il avait été transformé en croiseur auxiliaire à Geestermünde. On l’avait doté d’un moteur diesel de mille chevaux, lui donnant une vitesse de dix nœuds et l’on avait embarqué pour deux années d’approvisionnements.
 On l'avait armé avec deux canons de 105 sur Td et Bd avant, deux mitrailleuses installées d'ordinaire sur la dunette et le gaillard, mais que l'on pouvait déplacer, de nombreux fusils Mauser et des pistolet "parabellum". Des pavois à charnières basculaient pour dévoiler les canons. Il y avait aussi des grenades à mains et des mines fumigènes.
L’entrepont était aménagé pour recevoir 400 prisonniers. 64 hommes constituaient l’équipage. Déguisé en bâtiment de commerce neutre, il ne fallait aucune fausse note susceptible d’éveiller le doute chez l’adversaire. C’est pourquoi un marin allemand, que ses camarades avaient surnommé Jeannette, se promenait sur le pont à la vue de tout le monde, travesti en femme et portant une  ombrelle, quand on approchait d'un adversaire, tandis que les hommes armés, tapis derrière les bastingages, étaient parés pour l’abordage.  
Si l’ennemi avait des velléités de résistance, des mégaphones annonçaient le torpillage imminent, alors que le SEEADLER n’avait ni tube lance-torpilles, ni torpilles.
 
Voici le SEEADLER (tableau de Willy Stöwer, 1925)
 
http://img267.imageshack.us/img267/6017/seeadler1vi6.jpg
 
Et voici le commandant Felix von Lückner
 
http://img267.imageshack.us/img267/254/comtevonlucknergh0.jpg
 
Von Lückner fut un marin tout à fait atypique. Formé sur les grands voiliers du début du siècle, notamment sur l’Anglais  Pinmore qu’il coula, la mort dans l’âme,  le 19 Février 1917, il se résolut à mener une guerre « propre ».  
Il avait confié à son second et ami privilégié, Friedrich Lüdemann, après avoir coulé le cargo LUNDY ISLAND :
« Je crois que je suis en train de réussir notre pari : faire la guerre sans nous salir les mains »
Comme Lüdemann lui faisait remarquer que beaucoup d’Allemands souffraient de cette guerre, au moins autant que leurs adversaires, il avait répondu :
« Retenez bien ceci Lüdemann : nous n’avons pas su défendre autrement que par les armes notre bonheur sur cette terre. Un peuple qui cautionne ses chefs est aussi coupable qu’eux des horreurs qu’ils dispensent. Sur ce navire, nous ne sommes plus en train de faire la guerre, mais d’essayer de reconstruire l’avenir ».
 
Ce corsaire avait quelque chose de visionnaire dans son appréhension de l’avenir et de l'Histoire.
 
Sur le SEEADLER, équipage et prisonniers vécurent en bonne harmonie. La liberté de déplacement était totale, sauf lorsqu'une nouvelle victime approchait. Beaucoup de marins avaient retrouvé des camarades prisonniers comme eux. Les officiers pouvaient se réunir dans leurs cabines ou le logement commun qui leur était affecté.
Les officiers anglais, en particulier, discutaient facilement avec les Allemands tandis que les marins fréquentaient volontiers les bordées allemandes qui étaient au repos. Le soir, on jouait ensemble de la musique...
Enfin, les marins qui travaillèrent sur le SEEADLER (car il fallait assurer le fonctionnement d'un navire transportant à la fin de l'odyssée plus de 300 hommes) furent rémunérés sur la base des salaires versés par leur compagnie.
 
Voici un cliché montrant corsaires et prisonniers en bonne harmonie sur le pont du SEEADLER
 
http://img267.imageshack.us/img267/9803/seeadler2qb0.jpg
 
Plus tard, le SEEADLER s’échoua sur un atoll perdu du Pacifique et von Lückner fut prisonnier des Néo-Zélandais. Libéré mi-Mars 1919, il rentra dans sa ville de Halle et put même revoir son père, âgé de 95 ans, qui mourut quelques semaines plus tard.
Toujours fidèle à sa patrie, il s’occupa alors de l’instruction des cadets de la nouvelle marine et navigua sur le voilier école NIOBE.  
Nommé capitaine de corvette en 1922, il démissionna pourtant et, s’étant marié avec une jeune suédoise, il se rendit aux Etats-Unis où il demeura plusieurs années.
En 1933, il s’opposa ouvertement, par des conférences publiques, au national socialisme. Sa tête fut mise à prix . La gestapo le considéra comme un traitre et sa condamnation à mort fut proclamée par le führer en 1939. Il s’installa alors aux Etats-Unis puis, en 1950 et définitivement, à Malmö, en Suède. Il est décédé le 13 Avril 1966.  
 
Cdlt
 
Olivier


Message édité par olivier 12 le 12-06-2009 à 15:49:09

---------------
olivier
n°17643
alain13
Posté le 13-06-2009 à 21:37:02  profilanswer
 


Bonjour à tous,
Lorsque cette note relative au signalement du SEEADLER a été publiée, il avait franchi depuis longtemps le cap Horn.
Elle devait sans doute faire suite aux témoignages des marins libérés et embarqués sur le Cambronne.
Le SEEADLER, lors de sa descente dans l'atlantique et se faisant passer pour un navire norvégien, avait d'ailleurs été controlé par un croiseur anglais, l'AVENGE, qui n'y avait vu que du feu.
Le navire était d'ailleurs truffé de portes et de trappes secrètes. Pour accéder dans les fonds où se trouvait le logis de l'équipage il fallait accéder par des trappes situées dans les armoires à cirés. Des armes étaient cachées dans les gréments.
Au cas où il aurait été déclaré suspect et envoyé vers un port de visite avec un équipage de prise, le salon qui aurait abrité l'état major ennemi avait un plancher indépendant métallique actionné par une presse hydraulique.
" Un bouton pressé fait descendre le salon, avec sofas, tables et chaises, dans la soute où les officiers anglais se trouvent en face de quinze bonnes baïonnettes."
Mais cette alternative ne s'est jamais produite.
Lorsque la note en question a été publiée, le SEEADLER avait déjà rempli l'essentiel de son tableau de chasse. Après avoir capturé les voiliers américains, A.B. JOHNSON, SLATE et MANILA, il vint mourir en s'échouant sur les récifs de l'île de Mopélia, dans l'archipel de la Socièté.
 
Cordialement,
Alain

n°18868
olivier 12
Posté le 21-07-2009 à 11:24:52  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un petit complément sur le SEEADLER
 
 
La perte du SEEADLER
 
Après avoir sillonné le Pacifique, von Lückner arriva le 1er Août 1917 devant un petit atoll du Pacifique qu’il nomme Mopélia (en fait Mopihaa) situé dans l’ouest de Bora-Bora, aux îles sous le vent. L’atoll a un diamètre de 8 km et la passe d’entrée n’était pas praticable pour le SEEADLER. Mais Lückner voulait procéder à un nettoyage de sa coque, et surtout trouver des vivres frais pour combattre le scorbut qui menaçait son équipage.
 
Voici le plan de l’atoll dessiné par lui-même.
 
http://img523.imageshack.us/img523/8774/atollmopelia.jpg
 
Les profondeurs étant tout de suite importantes, il dut mouiller ses ancres à proximité du platier par des fonds de 30 m environ. Mais le lendemain matin, une houle subite et très importante, peut-être due à un tsunami consécutif à un tremblement de terre sous-marin, souleva le voilier et le déposa sur le platier. Un incendie éclata à bord et il devint très rapidement perte totale.
 
Voici la position du SEEADLER lors de son naufrage.  
 
http://img523.imageshack.us/img523/1815/ancragemopelia.jpg
 
L’équipage installa un camp à terre, ayant toutefois pu récupérer les deux embarcations de sauvetage. Quelques Polynésiens et Français se trouvaient dans l’île. C’étaient des Tahitiens venus de Papeete ; deux fois par an, ils venaient sur l’île pour charger un navire de coprah et de tortues. Outre les marins allemands, il y avait également les équipages américains de la goélette A.B. JOHNSON, de San Francisco, capitaine Petersen, capturé le 14 Juin précédent, K.C. SLADE, capitaine Smith, prise quelques jours plus tard et MANILA, capitaine Southard, capturé le 8 Juillet.
Les Allemands se montrant amicaux avec les autochtones, les relations furent plutôt bonnes. Un véritable village prit naissance dans cette île paradisiaque. Mais les prisonniers, bien que libres de circuler dans l’île, étaient étroitement surveillés par les hommes du lieutenant Kling, plus rigoureux semble-t-il que son commandant.
 
Le 25 Août, von Lückner quitta l’île dans l’une des embarcations de sauvetage gréée et armée du mieux possible pour entreprendre une longue traversée jusqu’aux îles Fidji. Il avait renoncé à se rendre à Tahiti qu’il savait bien défendue depuis les exploits de Destremau contre l’Amiral von Spee. Il emmenait avec lui les officiers Lüdemann, Kircheiss et Krause, le maître Parmien et le timonier Erdman. Il laissait le camp de Mopélia sous les ordres du lieutenant Kling.
 
Voici le départ de l’embarcation, portant le pavillon de guerre allemand. Elle avait été baptisée KRONPRINZESSIN CECILIE.  
 
http://img523.imageshack.us/img523/8919/canotlckner.jpg
 
Leur odyssée est digne de celle du capitaine Bligh, du BOUNTY, en 1789. Le 28 Août ils atteignirent l’île d’Atiu, britannique, se faisant passer pour des Hollandais. Lückner parlait avec le lieutenant Kircheiss en bas-allemand, langue que le résident anglais confondit avec la langue batave. Le 31 Août, ils firent escale dans l’île d’Aitutaki. Le résident anglais était beaucoup plus méfiant ; bien que n’ayant pas été identifiés tout de suite, il préférèrent appareiller dès le lendemain. Le 13 Septembre, il atteignirent l’île de Niué. Il n’y avait pas d’Anglais et la population autochtone se montra très accueillante. Vingt deux jours après le départ de Mopélia, ayant affronté de dures tempêtes, il firent escale sur un ilot du nord des Tonga, anciennes possessions allemandes. Enfin, il atteignirent Wakaya, dans l’est de Suva aux Fidji. Mais les Anglais, qui les avaient identifiés depuis leur passage à Aitutaki, les arrêtèrent. Bien que fortement armés, les Allemands renoncèrent à engager un combat contre le jeune policier et ses quatre auxiliaires polynésiens venus, avec beaucoup d’imprudence et d'inconscience, les faire prisonniers.
 
Ils seront internés en Nouvelle Zélande. Voici Lückner prisonnier près d’Auckland. Il tenta d'ailleurs plusieurs évasions, mais fut repris et ne rentra qu'en 1919 en Allemagne.
 
http://img216.imageshack.us/img216/3112/luckner.jpg
 
Pendant ce temps, à Mopélia, Kling avait décidé de quitter l’île avec le deuxième canot. Or le 5 Septembre se présenta la goélette LUTECE, 157 tx, capitaine tahitien Porotu. C’était un ancien voilier allemand nommé FORTUNA, et capturé semble-t-il au début de la guerre. Elle arrivait de Papeete, via Bora-Bora, pour reprendre les Tahitiens de Mopélia. C’était inespéré pour les Allemands qui eurent vite fait de s’en emparer. Le soir même Kling quittait l’île avec tous les marins du SEEADLER, laissant le camp de Mopelia sous la responsabilité du capitaine américain Southard. Il mit le cap sur la côte chilienne avec l’intention de doubler le cap Horn puis de rentrer en Allemagne. Mais le 4 Octobre, de nuit, ils firent naufrage sur la côte nord de l’île de Pâques. Un vapeur les ramena au Chili en Novembre 17. Considérés comme civils, ils ne furent d’ailleurs pas internés, mais ne purent rentrer en Allemagne qu’en Juillet 1920.
 
A Mopélia, Français et Américains vécurent alors libres. Ils construisirent une petite embarcation et les capitaines Southard et Porotu tentèrent avec quelques hommes de gagner Maupiti pour donner l’alerte. Mais ce fut un échec et ils durent revenir dans l’île. On avait inscrit un appel à l’aide, à la peinture verte, sur un grand morceau d’étoffe, encore conservé aujourd’hui et que voici.
 
http://img190.imageshack.us/img190/522/mopelia1917.jpg
 
Finalement, le 6 Octobre à 07h00 du matin, un petit voilier se présenta devant la passe de Mopélia. C’était le TIARE TAPORO, envoyé par l’armateur du LUTECE, inquiet de n’avoir plus de nouvelles de sa goélette. Quelques jours plus tard, Tahitiens, Français et Américains débarquaient à Papeete.
 
Plus tard, début Novembre, une expédition revint à Mopélia à bord du navire australien HMAS ENCOUNTER afin de voir si le SEEADLER pouvait être remis à flots ou s'il fallait le détruire. Mais c’était une épave irrécupérable. Seule la figure de proue fut récupérée et se trouve aujourd’hui dans un musée australien. La voici.
 
http://img190.imageshack.us/img190/814/seeadler.jpg
 
Sources : "Luckner" de Gérard Jaeger. Ed  Glénat
                Picture Australia
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 04-01-2010 à 13:17:23

---------------
olivier
n°21509
Ar Brav
Posté le 25-10-2009 à 09:10:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un article paru dans le Journal d'information des Archives départementales de Loire-Atlantique (n°15) concernant Von Lückner et le Seeadler intitulé "Le dernier corsaire".
 
Merci à Henri Pérocheau (Henri P.) pour cet envoi.  
 
Quand les archives des douanes racontent l'épopée du dernier corsaire.
 
Dans l'inconscient collectif, corsaires et pirates renvoient bien souvent à des images d'abordages hollywoodiens, d'aventures rocambolesques ou de magnifiques voiliers voguant sur les mers du sud des XVIIe et XVIIIe siècle.
Et pourtant... tandis qu'il consulte patiemment les archives, le chercheur a parfois la surprise de découvrir, enfoui tel un trésor au milieu des pièces administratives, le témoignage de véritables épopées corsaires vécues à une époque pas si lointaine.
Ainsi le fonds des douanes de Nantes conserve-t-il des dossiers qui font référence à celui que l'on nomme parfois « le dernier corsaire » : Félix Graf von Luckner (1881 - 1966). Cet officier de marine allemand, qui connut son heure de gloire durant la guerre 1914 - 1918, suscite encore aujourd'hui la passion, certains se lançant même sur ses traces et allant jusqu'à mener une véritable chasse au trésor à l'autre bout du monde...

 
Von Luckner ou l'histoire du matelot Filax devenu corsaire pour le compte de l'Allemagne.
 
Von Luckner est né à Dresde, en Allemagne, dans une famille de notables (son arrière-grand-père, Nicolas Luckner, fut maréchal de France ; Rouget de l'Isle lui dédia même La Marseillaise). En 1894, âgé de treize ans, il fugue et s'embarque à Hambourg comme mousse. Celui qui se fait appeler « Filax » parcourt un temps le monde, exerçant tantôt le métier de marin, tantôt différentes activités terrestres où il semble s'exercer sans relâche à la ruse et à l'escroquerie, non sans connaître par ailleurs bon nombre de déboires... En 1911, après avoir regagné son pays et repris contact avec une famille qui le croyait mort et enterré, il parvient finalement à réaliser son rêve en devenant officier de la Marine impériale allemande.
 
En 1916, la guerre fait rage et les Allemands subissent de plein fouet le blocus continental. Que faire alors d'un fringant capitaine ? La Marine propose au comte von Luckner le commandement d'un voilier anglais capturé au début de la guerre. Ce trois-mâts en acier construit en 1888 à Glasgow, le Pass of Balmaha, officiellement transformé en navire école, est en fait armé de mitrailleuses et de canons escamotables, aménagé pour la course et doté d'un moteur ! Afin de tromper l'ennemi, il prendra l'identité d'un bateau norvégien, la Maletta, usurpée grâce à de faux papiers. On embarque des civils norvégiens ; pour faire plus vrai, un matelot travesti jouera même le rôle de la femme du capitaine que la tradition norvégienne autorise à monter à bord. On charge une cargaison de bois. Fin novembre 1916, le comte est prêt. Lui et ses hommes appareillent et le Seeadler (le nom secret dont von Luckner a baptisé le navire et qui signifie Aigle des Mers) commence sa carrière de corsaire !
 
http://images3.hiboox.com/images/4309/843088ffa62dfd19e37d405fdd9cec0a.jpg
 
Le commandant, comte von Lückner
 
Une tactique empruntée à la guerre de course.
 
Le corsaire est un marin à bord d'un navire civil armé, qui a été autorisé, par son gouvernement et uniquement en temps de guerre, grâce à un document appelé « lettre de marque » ou « lettre de course », à attaquer les navires marchands ennemis. Il ne doit pas être confondus avec le pirate qui pille sans distinction navires et côtes y compris en temps de paix.
Or, la « course » a été abolie en 1856 par le traité de Paris signé par l'Allemagne. Von Luckner n'est donc pas un vrai corsaire (il ne possède pas de lettre de course) mais il est souvent désigné comme tel car les tactiques qu'il emploie ne sont pas sans rappeler celles de la guerre de course. Avec le Seeadler, il a arraisonné seize bateaux : deux seulement n'ont pas été coulés une fois leur caisse et leur cargaison pillées. Leurs équipages ont été épargnés mais uniquement après s'être engagés à ne plus combattre l'Allemagne.
 
(à suivre)
 
 
 
 
 


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°21511
Ar Brav
Posté le 25-10-2009 à 09:56:35  profilanswer
 

(suite)
 
L'histoire au cœur des archives des douanes.
 
Les dossiers de navires clos ont été constitués par l'administration des douanes : ils se composent de pièces relatives à la francisation des bateaux (acte administratif qui confère à un navire le droit de porter pavillon français avec les privilèges qui s'y attachent), à leur construction, aux modifications éventuelles apportées à leur forme, à leurs dimensions et aux droits de congés accordés (autorisations délivrées par les douanes de quitter un port).
Douze navires ont été attaqués dans l'Atlantique par von Luckner en 1917, dont cinq battaient pavillon français ; dans les dossiers des douanes versés aux Archives départementales se trouvent les dossiers de trois d'entre aux : le Dupleix, le La Rochefoucauld et le Charles Gounod.  
 
Les extraits des rapports de mer constituent des témoignages de première main de l'action de von Luckner. On peut grâce à eux retracer avec exactitude son mode opératoire qui se reproduit de manière immuable.  
Ainsi le capitaine du Charles Gounod, Henri Rault, décrit-il l'approche du Seeadler : « J'aperçus un trois-mâts, pavillons norvégiens peints sur la coque, faisant route au Sud et laissant porter pour me passer sous le vent. Après avoir distingué le numéro, je hissais mon pavillon et le numéro du navire, aussitôt les pavillons peints sur la coque disparurent, le pavillon de guerre allemand fut hissé ainsi que le signal I.D. « ordre de mettre en panne », appuyé d'une décharge de mitrailleuses dans la voilure. Le navire allemand loffait et, toutes voiles masquées, se rapprochait de nous et virait de bord. Il avait un moteur ».  
 
http://images3.hiboox.com/images/4309/67dac4aebb160599ffca51e52bba98aa.jpg
 
Une représentation du Seeadler.
 
Le capitaine du Dupleix, L. Charrier, poursuit « A 9 heures, un officier allemand accompagné d'hommes armés monte à bord, saisit les papiers, fait hisser le pavillon allemand à la corne, puis nous ordonne d'avoir à abandonner le Dupleix dans le plus bref délai, ce dernier devant être coulé immédiatement et son équipage interné à bord du navire allemand ». Puis c'est l'abandon du navire, que décrit avec émotion le capitaine du navire La Rochefoucauld, J. Le Gloahec : « A 10 H, l'officier me donna l'ordre de quitter mon navire, minutes pénibles. Je me rendis à bord où je rencontrai plusieurs capitaines ayant subi le même sort. Le pillage du navire terminé, il fut criblé de mitraille 33 coups de canon, mitrailleuses et fusils, ce n'est que 2 H. après ce bombardement qu'il disparut dans les flots ».  
 
Von Luckner a souvent été décrit comme un gentleman ayant pris grand soin de ses prisonniers mais on lit pourtant : « Malgré que je fus malade et marchant avec difficulté, j'ai été traité sans le moindre égard » (L. Charrier) ou encore : « La nourriture et l'eau laissèrent souvent à désirer tant au point de vue de la qualité que de la quantité », (Henri Rault). « Tous les marins » (283) poursuit le capitaine du Dupleix « ont été transféré du Seeadler au Cambronne dont la mâture avait été avariée à dessein par les Allemands façon à lui faire passer le plus longtemps possible pour se rendre à Rio de Janeiro, lieu désigné pour notre nouvelle destination ».
 
http://images3.hiboox.com/images/4309/4ec98fd8041eb54b2740dff7cd59d025.jpg
 
La course du Seeadler en 1917.
 
(à suivre)
 
 
 
 


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°21514
Ar Brav
Posté le 25-10-2009 à 10:22:08  profilanswer
 

(suite et fin de l'article)
 
Une fin digne d'un roman d'aventure.
 
Les prisonniers à bord du Cambronne sont débarqués le 30 mars 1917 à Rio de Janeiro : la nouvelle se répand et le Seeadler démasqué est rapidement repéré mais von Luckner et son équipage parviennent encore à couler trois navires américains dans le Pacifique où ils se sont réfugiés. C'est une barrière de corail qui brise brutalement la coque et les espoirs du Seeadler. Laissant derrière lui son équipage sur l'atoll quasi-désertique de Mopelia, von Luckner repartira malgré tout avec quelques hommes à bord d'une chaloupe rescapée mais il est finalement capturé en septembre 1917. Evadé plusieurs fois, il poursuit après guerre sa carrière d'officier et ne décède qu'en 1966.
 
http://images3.hiboox.com/images/4309/0cc79bbdda619c0a8d422426605a6a21.jpg
 
La course du Seeadler en 1917.  
 
Triste fin pour le beau Seeadler mais von Luckner a su tirer partie de ses exploits, plus romantiques que ceux de ses pairs au milieu des charniers européens, en racontant ses tribulations lors de nombreuses conférences et en rédigeant ses mémoires. Ses aventures font encore rêver des milliers de petits Allemands quand d'autres poursuivent encore la recherche de son hypothétique trésor perdu à quelques miles de Bora Bora...
 
http://images3.hiboox.com/images/4309/76aae1c26e7bc7750c1c2a5c0758cb4d.jpg
 
Bibliographie et sources :
 
Le Corsaire de l'Empereur, Chasse-Marée, histoire et ethnologie maritime, n°40, 1989 (PER 326/4)
Seeteufel : Abenteuer aus meinem Leben, Felix von Luckner, Leipzig, K.F. Koehler, 1921
Félix de Luckner, Le dernier corsaire (1914-1918), trad. de l'allemand par Louis Berthain, Paris, Payot, 1927
ADLA, fonds des douanes, 3 P 506, 625, 640

 
Bien cordialement et bon dimanche à tous,
Franck
 
 
 


---------------
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°26957
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 30-07-2010 à 22:23:33  profilanswer
 

Bonjour Olivier, bonjour à tous
Suite au fil sur la goélette Lutèce, j'ai cherché à en savoir plus sur les hommes du Seeadler que j'ai pu identifier dans l'Ehrenrangliste der Kaiserliche Marine.
Outre von Lückner qu'on ne présente pas, j'ai trouvé :
 
Leut. zur See der Reserve Alfred KLING
né le 25.6.1882
Entré KM en 10.1906 rappelé 13.10.1914, affecté à la flottille de Torpilleurs de la Mer du Nord. Sa fiche ne fait pas état de son séjour sur le Seeadler mais je pense que c'est bien lui car il n'y en a pas d'autre à ce nom là.
17.10.1919 Démobilisation
 
Leut. zur See der Reserve Karl KIRCHEISS
né le 17.7.1887
Entré KM en 10.1912  
Retour de l'étranger en 9.1914, affecté à la flottille de Torpilleurs de la Mer du Nord puis sur le Seeadler en 11.1916
finit la guerre prisonnier en GB de 8.1917 jusqu'à la fin
Démobilisé 30.9.1919
 
Marine-Assistenzärzte d.R. (Médecin) Rudolf PIETSCH et non PIESS
né le 21.2.1887
Entré KM 4.1908 - Mobilisé 15.2.1915
Affecté à l'E.M. de la flottille de Torpilleurs de la Mer du Nord puis sur Möwe en 11.15 et sur Seeadler en 3.1916
3.1918 débarque au Chili où il est interné jusqu'à la fin
Décède à Talcahuano (Chili) le 18.6.1919
 
Les deux Lt.z.S. de réserve sont à l'évidence deux officiers de la Marine Marchande et on remarquera également que tous ces hommes se connaissaient de la Division de Torpilleurs de la Mer du Nord. Quelle équipe et quelle extraordinaire aventure ils auront tous vécu !
 
Dans le livre de von Lückner " l'Aigle des mers", tous ces personnages sont cités.
Amts
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°26976
alain13
Posté le 01-08-2010 à 14:52:04  profilanswer
 


Bonjour à tous,
 
Lückner a-t-il écrit plusieurs livres, ou bien "l'Aigle des mers" et "le dernier corsaire" sont-ils un seul et même ouvrage publié sous deux titres différents ?
 
Bien cordialement,
Alain

n°26977
Memgam
Posté le 01-08-2010 à 16:19:42  profilanswer
 

Le "Graf Félix von Luckner" a écrit dans sa langue, en allemand, plusieurs ouvrages dont un seul a été traduit en français en 1927 chez Payot. Vous en trouverez ci-dessous la copie de couverture. Des rééditions ont été faites avec des changements de titres pour diverses raisons, essentiellement commerciales.
 
L'original allemand a pour titre Seeteufel, Abenteuer aus meinen Leben, Koehler, 1921.
 
Luckner est devenu une légende et il a fait l'objet d'articles, de chapitres de livres, voire de biographies.
 
Pierre Boujol, La mort du comte von Luckner, gentilhomme de mer, le dernier corsaire, Cols bleus n° 941 et 942, 30 avril et 7 mai 1966.
 
Alain Dunoyer de Segonzac, Luckner, l'aigle des mers, chasse-marée n° 40, mars 1989.
 
Edmond Tranin, Les rouliers de la mer (1914-1918), Payot, 1928, chapitre VI, troisième quart, le voilier corsaire Seeadler.
 
Oliver E. Allen, Les grands voiliers, éditions Time-Life, 1980, chapitre 5, Le diable des mers, capitaine du Seeadler, un chef d'oeuvre de camouflage guerrier.
 
Gérard Jaëger, Luckner ou le roman vrai d'un corsaire du XX ème siècle, Glénat, 1995.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/sc0001d771.jpg


Message édité par Memgam le 01-08-2010 à 17:46:50
n°26981
alain13
Posté le 01-08-2010 à 20:15:18  profilanswer
 


Bonsoir à tous,
 
Merci pour ces renseignements, et comme "Le Dernier Corsaire" est aussi traduit de l'allemand par Louis Berthain, j'en déduit que le texte doit être le même.
J'ai également lu le châpitre qui lui est consacré dans "Les Rouliers de la Mer".... très intéressant tout çà.
 
Bien cordialement,
Alain

n°27274
Louis31
Posté le 24-08-2010 à 12:35:18  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je viens de m'inscrire sur le forum.
J'ai decouvert par hasard hier que le Seeadler a fait naufrage à Mopelia où mon frère est en escale avec un voilier pour encore deux ou trois jours.
Savez-vous s'il reste sur place des choses à voir et si la position exacte de l'épave est connue?
Merci
 
Louis Mesnier
lmesnier@cls.fr

n°27275
olivier 12
Posté le 24-08-2010 à 12:52:01  profilanswer
 

Bonjour Louis,
 
L'épave est à la position indiquée sur le plan, juste près de la passe d'entrée. Mais elle a du être recouverte par le corail et on ne doit plus trouver grand chose maintenant.
 
Mopélia est habité et il y a quelques cases sur pilotis dans la partie nord de l'atoll. Mais rien ne subsiste du passage du SEEADLER ou du LUTECE. C'est quand même un atoll éloigné de tout et il faut plusieurs heures d'hélicoptère pour venir de Papeete si l'on doit procéder à une évacuation de malade...
 
En revanche, si votre frère peut prendre quelques belles photos de l'île telle qu'elle est aujourd'hui, et les mettre plus tard sur le forum, elles seront les bienvenues pour compléter l'histoire du corsaire.
(voir aussi la fiche LUTECE) http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _1.htm#bas
 
Cordialement


Message édité par olivier 12 le 24-08-2010 à 12:56:27

---------------
olivier
n°27276
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 24-08-2010 à 14:52:35  profilanswer
 

Bonjour Olivier,
 
En attendant...
 
http://static.panoramio.com/photos [...] 537522.jpg
 
Cela pourrait être n'importe où mais c'est Mopelia
Amts
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°27277
Louis31
Posté le 24-08-2010 à 15:57:58  profilanswer
 

Bonjour Olivier,
 
Merci pour ces infos.
Mon frère fera certainement des photos comme aà Maupiti et ailleurs et je vous les transmettrai.
 
Cordialement
 

n°27285
alain13
Posté le 24-08-2010 à 20:46:24  profilanswer
 


Bonsoir à tous,
 
Sur Google Earth de belles photos de l'atoll dont l'une montre l'endroit où le Seeadler s'est échoué.
Cette photo est intitulée " Mopélia Riffdurchfart" et a été prise par un certain Ernt Köhnlein, mais en....1992.
 
http://img291.imageshack.us/img291/4192/mopelia.jpg
 
Bonne soirée,
Alain

n°27290
olivier 12
Posté le 25-08-2010 à 00:16:52  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une dernière vue de Mopelia prise à une altitude intermédiaire entre celles d'Yves et d'Alain  :)  
 
http://a.imageshack.us/img682/2946/54mopelia.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 25-08-2010 à 00:17:55

---------------
olivier
n°27298
Memgam
Posté le 25-08-2010 à 17:14:12  profilanswer
 

Un peu moins idyllique à Mopélia.
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/sc0000f002.jpg

n°31381
olivier 12
Posté le 29-05-2011 à 16:24:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici quelques documents complémentaires sur le naufrage du SEEADLER à Mopelia.

Tout d'abord, une photo de von Lückner et de ses 5 compagnons, lors de leur arrestation à Suva (Iles Fidji)
 
http://img4.imageshack.us/img4/9134/lcknersuva.jpg
 
Et le récit du capitaine américain Andrew Petersen, de l'A.B. JOHNSTON, sur les circonstances exactes du naufrage du voilier.
 
"Le 31 Juillet 1917, dans la matinée, nous arrivâmes à Mopelia par calme plat, la mer ne brisant pas sur les récifs.Un canot fut envoyé pour sonder la passe et revint annoncer qu'elle n'était pas praticable. Le commandant nous fit alors appeler (les 3 capitaines américains) et nous demanda s'il y avait danger à ancrer son navire près des récifs.
 
Etrangement surpris par une telle question qui ne pouvait être posée que par un homme peu renseigné sur la navigation, nous n'hésitâmes pas à lui affirmer que nous avions toujours l'habitude de procéder ainsi dans ces parages, et qu'il était d'usage courant de maintenir le navire par des amarres placées sur le récif et d'établir un pont léger faisant communiquer avec la terre.
Le capitaine Kling s'opposa de toutes ses forces à une pareille manœuvre, mais le commandant ne s'en remit qu'à nos informations.
Dès lors, nous étions certains de la perte du navire à la moindre saute de vent. Notre crainte d'être emmenés prisonniers à Hambourg, comme nous l'avait  annoncé à plusieurs reprises le commandant, s'évanouissait donc.
 
Ayant aperçu trois indigènes sur l'atoll, il envoya le canot explorer l'intérieur du lagon. L'après midi, il descendit lui-même avec le docteur faire une partie de chasse sur l'îlot situé à droite de la passe où il y avait beaucoup d'oiseaux. Revenu à bord très heureux de sa promenade, il ordonna de mouiller contre le récif, du côté de cet îlot.
 
Le 1er Août dans la nuit, SEEADLER, mal ancré, dérapa et au petit jour, nous étions à 6 ou 7 milles de terre. Décidé à reprendre son premier mouillage, il revint au même point, mais plaça préalablement une ancre à l'entrée de la passe pour laisser ensuite dériver le bateau qui vint de lui-même se ranger contre le récif.
 
Voici la position exacte du navire.  
 
http://img832.imageshack.us/img832/7014/naufrageseeadler.jpg
 
Cette opération terminée sans incident grâce à l'état de la mer, il descendit dans la matinée à terre avec le docteur et 5 de ses hommes pour explorer le pays.
A son retour, il se déclara enchanté de sa visite, disant que l'île n'était habitée que par trois Tahitiens et un jeune garçon, qu'il y avait de nombreux porcs et poulets, et qu'il s'emparait de l'île devenue, la seule il est vrai, mais la plus charmante colonie allemande. Il était si satisfait qu'il nous invita le lendemain à un pique-nique qu'il organisait au campement des Tahitiens.

Voici les marins allemands en compagnie des Tahitiens de Mopelia
.
 
http://img709.imageshack.us/img709/8750/mopeliaallemandsettahit.jpg
 
Le 2 Août, la nuit s'étant passée sans incident, nous partîmes avec le commandant et tous les officiers, sauf le lieutenant Preiss, désigné pour assurer le service à bord. Cet officier exprima alors ses fortes inquiétudes quant à la sécurité du SEEADLER, et déclara qu'il déclinait toute responsabilité. Le commandant lui répondit qu'ayant pris conseil des Américains, ses craintes n'étaient pas justifiées.
Mais un quart d'heure après, alors que nous arrivions au campement tahitien, un coup de canon partit du voilier. Nous fîmes demi-tour, lorsqu'un deuxième coup fut entendu. Le commandant fit accélérer l'allure. Il était convaincu qu'un navire était en vue et se réjouissait déjà de sa capture. Quelques instants plus tard, son enthousiasme tomba. Poussé par le courant dont la direction avait changé, le SEEADLER se mettait au plein et talonnait avec force.
 
Sans nous adresser de reproches, mais certainement vexé d'avoir ainsi été trompé, il essaya de dégager son navire par des manœuvres complètement incompréhensibles. Le moteur fut mis en marche, ce qui occasionna la mise hors service de l'hélice, brisée par les coraux. N'obtenant aucun résultat, il demanda à nouveau notre avis. Certes, il était possible de sauver le navire et des marins de métier y seraient sans doute parvenus, mais nous nous gardâmes bien de le renseigner. Au contraire, nous lui assurâmes que le bateau étant en fer, il n'y avait, à notre connaissance, aucun moyen de le déséchouer."
 
Commentaire
 
Ce récit recoupe en grande partie celui du lieutenant Karl Kircheiss.
 
Les capacités de marin de von Lückner sont fortement mises en doute par les Américains, et même s'il peut y avoir exagération, il est certain que ses décisions relèvent d'un grand manque de sens marin.
Le mouillage est la situation la plus ambigüe pour un navire, soumis à des forces diverses et en position très instable. Le moindre courant, la moindre saute de vent, peuvent le faire déraper. La plus grande vigilance est donc de rigueur.
 
Il est aberrant qu'un commandant quitte son navire en pareille situation, à fortiori quand il est tout proche de récifs. Dans d'autres situations, on constate que Lückner laissait déjà à ses officiers le soin de manoeuvrer son navire, en particulier lors des attaques menées contre d'autres voiliers, préférant pour sa part se déguiser en passager...
 
Mais Lückner n'avait pas eu réellement une formation d'officier de navigation. Mousse ou matelot sur des grands voiliers, il ne prenait aucune décision. Sa formation à l'école navale de Lubeck, si elle en avait fait un officier de marine, n'en avait pas fait un bon manœuvrier. C'était surtout un véritable aventurier, hors du commun et, il faut le reconnaître, ayant d'autres mérites et qualités.
 
Il a certainement trahi la vérité dans son récit du naufrage en affirmant qu'une vague gigantesque avait balayé le SEEADLER comme un fétu, le jetant sur le récif et  faisant tomber la mâture.  
On sait que la mâture ne fut abattue que le lendemain par le lieutenant Preiss, car elle signalait  très loin la présence du navire. C'est d'ailleurs en faisant exploser de la dynamite pour la faire tomber que Preiss mit le feu aux vapeurs de gasoil qui s'étaient répandues dans la cale, ce qui entraîna l'incendie complet du voilier.
 
Source : "Le Mémorial Polynésien "  Philippe Mazellier Edition Hibiscus Papeete
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 29-11-2011 à 18:17:07

---------------
olivier
n°32865
TIHOTI
Posté le 24-11-2011 à 19:20:15  profilanswer
 

Je reside a Maupiti dont fait partie Mopelia , atoll où je vais 2 fois part an environ .Je connais tres bien l'epave du seeadler sur laquelle je plonge souvent .Son etat est tres degradé mais les machines le canon et beaucoup de debris sont tres visibles car a faible profondeur - 5 m environ en moyenne - J'y ai recupéré des douilles d'obus dont un qui avait encore la poudre dedans sous forme de "spagettis" et qui , après sechages ont brulé sans probleme (!!) j'ai des photos de ces douilles de la " patronenfabrik" de 1909 et 1908 ....pour ceux que ca interesse je peux leur envoyer ces photos...TIHOTI DE MAUPITI

n°32866
TIHOTI
Posté le 24-11-2011 à 20:33:22  profilanswer
 

de Tihoti
j'ai aussi beaucoup de photos de Mopelia , de la passe et de la faune , sachez qu'actuellement vivent environ une vingtaine de personnes ( j'etais a Mopelia debut novembre 2011 ..) faisant la captage de la nacre et le coprah ...

n°32879
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 25-11-2011 à 11:53:17  profilanswer
 

Bonjour Tihoti
Ce serait bien si vous pouviez mettre les photos sur le forum dans ce fil de discussion. D'avance merci.
Cdlt
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°32888
TIHOTI
Posté le 25-11-2011 à 20:41:30  profilanswer
 

je me pose un question , il est mentionné que le " seeadler avait DEUX canons de 105 mm  , sur la carte il n'en apparait qu'un seul ,et malgré mes recherches je n'ai jamais retrouvé le deuxieme , ce qui pourrait amener a penser que ce deuxieme canon serait , c'est une hypothèse , tombé dans le " bleu " , fond sous marin très profond et donc pas accessible pour un plonguer , mauis ce n'est qu'une hypothèse ....Le cabestan , quand a lui est toujours visible sur le platier ....

n°32899
TIHOTI
Posté le 26-11-2011 à 20:34:06  profilanswer
 

suite a des recherches et coups de tel., le deuxieme canon est a Papeete , il avait été récupéré quelques années après le naufrage ..

n°32990
alain13
Posté le 29-11-2011 à 17:43:49  profilanswer
 


Bonjour à tous, bonjour Tihoti,
 
Compte tenu de la faible profondeur, je pensais que l'on aurait pu voir quelque chose sur la photo aérienne.
Peut-être la tâche noire qui est située à l'emplacement de ce qui constituait à une certaine époque un élément immergé de l'épave (cf croquis) ?
 
http://img546.imageshack.us/img546/3742/seedler.jpg
 
Cordialement,
alain

n°32991
olivier 12
Posté le 29-11-2011 à 18:27:49  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Tihoti,
 
Toute photo de Mopélia sera bien évidemment la bienvenue pour compléter cette fiche sur le SEEADLER.
 
Voir aussi la fiche LUTECE où se trouve une autre partie du récit sur l'aventure de ce corsaire à Mopelia.
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _1.htm#bas
 
Cdlt


---------------
olivier
n°32995
Rutilius
Posté le 29-11-2011 à 19:34:07  profilanswer
 


   
   Bonsoir à tous,
 
 
                                                                  L’épave du Seeadler sur la plage de l’atoll de Mopélia
   
 
                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 1 - H 91.108..png  
                                                                                             
                                                                         National Library of Australia – Pictures Australia
                                                          State Library of Victoria – Allan C. Green collection of glass negatives                
                                                                                                Image H.91.108
                                                                                       
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 
 

n°33001
markab
Posté le 29-11-2011 à 21:10:24  profilanswer
 

Bonsoir
 
Sur ce lien, une image ...
 
http://collections14-18.skynetblog [...] -1917.html
 
Mais je continue à chercher
 
A bientot


---------------
Cordialement / Best regards
Marc.
 
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
n°33002
markab
Posté le 29-11-2011 à 21:17:16  profilanswer
 

Bonsoir
 
Un peu plus documenté mais maitrise de l'allemand requise   ;)  
 
http://www.365sterne.de/GrosseLogb [...] ex.html#ub
 
A bientot  :hello:


Message édité par markab le 29-11-2011 à 21:19:28

---------------
Cordialement / Best regards
Marc.
 
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
n°33003
markab
Posté le 29-11-2011 à 21:23:04  profilanswer
 

Bonsoir
 
et je pense que sur ce lien, il y a les photos de la carcasse du navire
 
http://archive.svbeachhouse.com/ph [...] nderwater/
 
A bientot


---------------
Cordialement / Best regards
Marc.
 
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
n°33004
Rutilius
Posté le 29-11-2011 à 21:23:49  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   Suite...
   
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 2 - A 00705.jpg1..jpg      
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                              Australian War Memorial – Image n° A 00705

 
 
 
                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 3 - A 00706.jpg                    http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 4 - A 00707.jpg
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                   Australian War Memorial – Images n°s A 00706 & A 000707

 
 
 
                                       http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 5- A 00993.jpg
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                              Australian War Memorial – Image n° A 00993

 
 
                                       
                               « Men of HMAS Encounter arriving in boats and boarding the wrecked German raider Seeadler»
 
 
                                                                   http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 6- A 00995.jpg
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                              Australian War Memorial – Image n° A 00995

 
 
 
                                   « A sailor standing behind a deck gun surveying the damage to the German raider Seeadler »
 
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 7- A 00708.jpg  
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                              Australian War Memorial – Image n° A 00708

 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 12-01-2012 à 17:58:10
n°33014
Xavier54
Posté le 30-11-2011 à 12:44:23  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci beaucoup pour ces différents articles, photos et témoignages sur le Seeadler. Ce livre est un de mes livres préférés sur la Grande Guerre.
 
Bonne journée,
 
Sincères salutations "POILUS" Nancéennes,
Xavier.

n°33015
Rutilius
Posté le 30-11-2011 à 13:50:52  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   
          Juillet 1938 ~ Melbourne (Australie) ~ Le Comte et la Comtesse Félix Von Luckner sortant de la gare de Spencer Street
   
 
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/SEEADLER - V 9- 044903.jpg  
 
                                                                            National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                              Australian War Memorial – Image n° 044903

   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 
             

n°33019
Rutilius
Posté le 30-11-2011 à 18:36:57  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
                                                                                   Le Pass of Balmaha, futur Seeadler
 
 
   ● Source de ce qui suit : http://smsmoewe.com/smsmforx.htm  
 
 
   « Pass of Balmaha, built by Robert Duncan Company, Glasgow, Scotland in 1888, was a 1,571-ton steel-hulled sailing bark 245 feet in length. The American ship was owned by the Harby Steamship Company and operated by Harriss, Irby and Vose cotton brokers.  
   Under Captain John Lenard, she sailed from New York on June 24, 1915 for Archangel, Russia with a crew of 19 and a cargo of Texas grown cotton in bales. On July 23 she was stopped by the British auxiliary cruiser, Victorian off the northwest coast of Scotland and sent to Kirkwall, Scotland with a British prize crew of a lieutenant and four men. The British suspected the cargo was destined for Germany. While sailing to Kirkwall, Pass of Balmaha was captured by the German submarine U-36 and sailed to Cuxhaven, Germany arriving on August 3rd.  
   She was renamed Walter, equipped with two auxiliary engines, two 105-mm naval cannons, machine guns and a wireless set. On December 21, 1916 she sailed as Seeadler under command of Kapitänleutnant Felix von Luckner to act as a commerce raider. During the next 225 days she captured 15 ships in the Atlantic and Pacific.  
   Luckner had served as Artillery Officer on SMS SeaGull from June through August 1916.  
   On August 2, 1917 while anchored at Mopelia Island, French Society Islands, Seeadler washed onto a coral reef and was destroyed. With a crew of five, Luckner set sail in an 32-foot launch for the Fiji Islands. On arrival at Wakaya Island, the six German sailors were captured and interned as prisoners of war.  
   Back at Mopelia Island, on September 5, 1917, the 58 German crewmen from Seeadler captured the French schooner Lutèce when she arrived at the island. Renamed Fortuna, under command of Lieutenant Alfred Kling, she sailed to Easter Island arriving on October 4th. The ship went aground at Hanga Roa two days later and could not be sailed further. On February 13, 1918 the crew sailed to Talcahuano, Chile arriving March 4, aboard the Chilean schooner Falcon. Here they were housed on the German merchant ship Memphis anchored in the harbor. The Chilean Government interned the crew under the rules of international law intended to prevent belligerents, after having sought refuge in a neutral country, from again taking part in the war. On August 9, 1919 they were released from internment.  
   Easter Island is a Chilean possession. Chile was neutral during the war.  
   Meanwhile on Mopelia Island the captain of the schooner R. C. Slade, Hador Smith, set sail in a small lifeboat on September 19, 1917. With a crew of three, he sailed 980 nautical miles to Pago-Pago, American Samoa, arriving on September 29. A French relief ship, Tiare Taporo, reached Mopelia on October 6 and carried the 41 marooned sailors to Papeete, Tahiti, arriving on October 10.  
   Late in the war the owners of Pass of Balmaha, Harriss, Irby and Vose, investigated if the ship could be recovered. It was determined to be impractical to refloat the ship and so the wreck was not disturbed. »
 
   V. également ici : http://www.bruzelius.info/Nautica/ [...] 1888).html
 
 
   ● Le sister-ship du Pass of Balmaha, le Timandra (Même source).
 
 
  « Timandra was built by Robert Duncan Company, Glasgow, Scotland in 1885. The American owned ship was a 1,579-ton iron-hulled sailing bark 245 feet in length. She was owned by the Timandra Shipping Company, Boston, Massachusetts. She was equipped with wireless.
  Timandra, in Greek mythology the daughter of Tyndareos and Leda, was sister to Helen of Troy.
  Timandra, under command of Captain Richard Lee, with a crew of 17 and his wife, sailed from Sewell's Point in the harbor of Hampton Roads, Virginia, on March 6, 1917 for Campana, Argentina. Her cargo consisted of Pocahontas bituminous coal. The ship has not been sighted since her sailing and no wireless communications have been received. On March 27, 1917 the sailing bark Timandra was declared lost at sea. »  
 
 
 
                                                                                            Le Pass-of-Balmaha
   
 
                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PASS-OF-BALMAHA - V 1 - H 91.250-281..png                                                                                              
                                                                         National Library of Australia – Pictures Australia
                                                          State Library of Victoria – Allan C. Green collection of glass negatives                
                                                                                            Image H.91.250/28
 
 
 
 
                                                                                               Le 28 avril 1901
 
 
                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PASS-OF-BALMAHA----V-3---PR.gif
 
                                                                          National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                 State Library of South Australia – A. D. Edwardes collection              
                                                                                           Image PRG 1373/17/40
 
 
 
                                                                                                     Vers 1905
 
 
                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PASS-OF-BALMAHA - V 2 - 1373-17-35..jpg
 
                                                                          National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                 State Library of South Australia – A. D. Edwardes collection              
                                                                                           Image PRG 1373/17/35
 
 
 
 
                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PASS-OF-BALMAHA----V-4---PR.gif
 
                                                                          National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                 State Library of South Australia – A. D. Edwardes collection              
                                                                                           Image PRG 1373/17/37

 
 
                                                    Le Pass of Balmaha en 1915 après sa capture par la Marine allemande
 
 
                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PASS-OF-BALMAHA---V-5---PRG.gif
 
                                                                          National Library of Australia – Pictures Australia
                                                                 State Library of South Australia – A. D. Edwardes collection              
                                                                                           Image PRG 1373/17/39

   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 30-11-2011 à 19:16:06
n°33025
TIHOTI
Posté le 30-11-2011 à 21:59:28  profilanswer
 

merci a tous pour les photos du " Seeadler " , c'est émouvant pour moi car je connais très bien cette épave pour y aller souvent , en fait elle se situe a droite de la passe en entrant et près du recif , la photo aérienne ne montre pas le bon endroit car on voit le platier , là où il n'y a que quelques centimetres d'eau , le seeadler lui est plus a gauche , dans le bleu , enchassé dans les " oa " terme polynésien qui désigne les failles que l'on voit bien sur la photo .Hélas , la définition du cliché ne permet pas de voir l'épave , mais je dois retourner a Mopélia en avril prochain , après la saison cyclonique qui vient de commencer ici , et là , grâce a des amis plongeurs équipés de matériel de prises de vues sous marine , je pourrais vous fournir des clichés du seeadler sur site .J'ai envoyé quelques photos d'obus récupérés lors de plongées en apnée car l'épave ne se trouve qu'a quelques mètres sous la surface , entre 0 et 10 m en moyenne et donc , hélas , exposée aux chasseurs de trophée en tous genre ...Il n'y a plus de douilles d'obus depuis le passage de deux bateaux américains qui ont litérallement pillé le site et ont emmené des dizaines d'étuis ...Ne reste plus que ceux qui sont pris dans le corail et donc inaccessibles alors que j'en ai qu'un seul personnellement restant soucieux de préserver l'endroit .... J'ai donné a Yves quelques photos de la passe et aussi celles de l'étui récupéré il y a quelques années et où les caractéristiques sont bien visibles .. Donc un peu de patience et vous retrouverait le seeadler presque 1 siecle après son naufrage !  Je reste a votre disposition pour tous renseignements concernant Mopélia et l'épave du " Seeadler " TIHOTI

n°33027
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 30-11-2011 à 23:04:05  profilanswer
 

Bonsoir à tous
Oui j'ai bien reçu les photos et je m'apprètais à demander l'autorisation de les mettre sur le forum. Je considère que le post précédent vaut autorisation et ce sera chose faite demain ds la matinée.
Cdlt
Yves


---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°33033
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 01-12-2011 à 12:07:19  profilanswer
 

Bonjour à tous
Les photos envoyées par Tihoti que je remercie pour son envoi. La passe vers le lagon apparait nettement en bleu profond.
 
http://img11.hostingpics.net/pics/665909DEMAUPITIAMOPELIA098.jpg
 
http://img11.hostingpics.net/pics/417464DEMAUPITIAMOPELIA101.jpg
 
http://img11.hostingpics.net/pics/505647P1020598.jpg
 
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 01-12-2011 à 12:08:49

---------------
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.
n°33035
Memgam
Posté le 01-12-2011 à 20:30:50  profilanswer
 

"Tableau de Gérald Lebrun représentant le Pass of Balmaha tout dessus, battant pavillon britannique, avant sa métamorphose en croiseur auxiliaire allemand. Ce peintre de nationalité anglaise descend d'une famille française de navigateurs et d'artistes, parmi lesquels le célèbre Charles Le Brun attaché à la cour de Louis XIV."
 
"A Papeete, dans l'île de Tahiti, la statue de Bougainville dressée dans un parc public est flanquée de deux canons pointés vers la mer. Ni plaque, ni inscriptions ; ce sont pourtants les canons du Seeadler qu'on a amenés là. En 1936, Luckner est revenu à Tahiti à bord de son yacht personnel, le Seeteufel (diable des mers). Un de ses compatriotes qui l'a reçu à Papeete à cette époque m'a raconté l'émotion du corsaire."
 
Source : Alain Dunoyer de Segonzac, Luckner, l'aigle des mers, chasse-marée n° 40, mars 1989, page 46.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6368/sc00076ed8.jpg


Message édité par Memgam le 01-12-2011 à 20:54:21
n°33042
Memgam
Posté le 02-12-2011 à 17:01:54  profilanswer
 

La statue de Bougainville a été érigée sur le quai le 14 juillet 1909 et déplacée au parc du Roi Albert en 1968. En 2005, celui-ci a été rebaptisé parc Bougainville. La statue est flanquée de deux canons, un  de la Zélée pour sa défense de la ville de Papeete pendant la guerre 1914-1918 (voir le sujet dans le forum) et l'autre venant du Seeadler.
 
Source : www.ville-papeete.pf


Message édité par Memgam le 02-12-2011 à 17:02:12

Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d’Histoire: marine
  marine

  SEEADLER Corsaire allemand