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  ENSEIGNE HENRY - Contre-torpilleur

 

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Auteur Sujet :

ENSEIGNE HENRY - Contre-torpilleur

n°3168
Ar Brav
Posté le 29-02-2008 à 07:54:22  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
ENSEIGNE HENRY Contre-torpilleur de 450 t type Spahi (1912 – 1928)
 
Chantier :
 
Rochefort  
Commencé : 1910
Mis à flot : 12.05.1911
Terminé : 1912
En service : 04.1912
Retiré : 09.06.1928                            
Caractéristiques :  475 t ; 7 200 cv ; 67 x 6,75 x 3 m ; 4 cheminées ; machines alternatives ; 28 nds ; 75 h.
Symbole de coque : 06.1912 : EH.
Armement : VI de 65 + 3 TLT de 450.
 
Observations :
 
Du nom de l’EV Paul Henry qui fut tué le 30.07.1900 en défendant la citadelle de Pé-Tang
01.05.1912 : armé définitivement, de Rochefort pour Toulon, affecté à la 1ère flottille de torpilleurs de l’Armée navale
06.1912 : 2ème escadrille de contre-torpilleurs de la 1ère Armée navale en Méditerranée
14.03.1913 : désigné torpilleur d’escadre
1914 : Méditerranée
05.1915 : affecté à la division des flottilles de l’Adriatique ; protection des communications, surveillance du canal d’Otrante, aide à l’armée serbe
1916 : mer Egée
1917 : patrouilles de la Méditerranée, basé à Milo ou à Corfou, escortes de convois et lutte anti sous-marine
1918 : mer Noire
03.1919 : défense et évacuation des nationaux en mer d’Azov, soutien aux volontaires russes contre les Bolcheviks
1919 : défense mobile de Tunisie à Bizerte
09.06.1928 : condamné
02.05.1929 : vendu pour démolition à Bizerte à MM. Boccara, Scalabrino & Cie de Tunis.
 
Cordialement,
Franck


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°3183
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 29-02-2008 à 10:26:05  profilanswer
 

En souvenir du courageux EV Henry
 
http://pagesperso-orange.fr/histoiremaritime/Photos/Henry.jpg
 
Et si un jour vous vous intéressez à la personalité brillante de Paul Henry,
 
http://pagesperso-orange.fr/histoiremaritime/Photos/EVHenry.jpg
 
un vieux livre à lire quand ce n'est pas à relire. Une grande page d'humanité.
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 29-02-2008 à 14:44:14

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°6878
GENEAMAR
Posté le 14-07-2008 à 08:07:39  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3261/PEKIN.jpg    HENRY Paul Charles Joseph Martin
 
Né le 11 novembre 1876 à ANGERS (Maine-et-Loire), il entre dans la Marine en 1893. Aspirant de 1ère classe en octobre 1896, il embarque sur la "MELPOMÈNE", École des gabiers à BREST (Cdt Pierre DANIEL), puis en 1897, il passe sur le croiseur "AMIRAL-CHARNER" en Méditerranée et participe aux opérations de CRÈTE. Élève Officier au Bataillon d'Apprentis-fusiliers de LORIENT. Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1898. Il embarque sur le cuirassé "D'ENTRECASTEAUX", Division navale d'Extrême-Orient; bâtiment faisant partie de l'Escadre internationale envoyée en CHINE pour protéger les intérêts européens menacés par la révolte des Boxers.
C'est ainsi qu'HENRY, breveté Fusilier, se porte volontaire pour défendre la cité de PÉ-TANG, au centre de PÉKIN accompagné de 30 marins français et 10 marins italiens. La cité était le refuge de plus de 3 000 catholiques chinois. Henry accomplit sa mission avec le plus grand courage mais fut tué à la tête de ses hommes le 30 juillet 1900.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3261/O%20HENRY%20Paul.jpg
 
Les défenseurs de PÉ-TANG
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3261/PE-TANG%201.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3261/PE-TANG%202.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3261/PE-TANG%203.jpg
 
Joseph JOUANNIC - Guillaume ÉLIAS - Eugène MINGAM - Enseigne Paul HENRY - S-Lieutenant OLIVIERI - François MARREC - Pierre PRIGENT - Antoine QUEFFURUS -
 
Franois M CALLAC - Dominique CAMBIAGGI - Louis CONSTANZA - Joseph DAVID - Ernest DELMAS - Pierre DERRIEN - Guillaume FAY - Georges Albert FRANCK -  
 
? GUEZENNEC - Jean Marie LALÈS - Yves LE COZE - Joseph LE GOFF - Albert LEHOUX - Michel LE QUÉRÉ - Ange LE RAY - Pierre Marie LE SEC'H -
 
Grégoire LOUARN - Jean Louis PEUZIAT - Alexandre REBOURS - Jean RUELLO - Louis Marie SÉNÉCHAL - Jean SOUVE - Henry STÉPHANY - Jules URCOURT -

Message cité 1 fois
Message édité par GENEAMAR le 14-07-2008 à 16:27:22

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Cordialement. Malou
n°6881
GENEAMAR
Posté le 14-07-2008 à 11:51:29  profilanswer
 

[:alain dubois:8]  
 
En décembre 1915, le bâtiment est commandée par le Lieutenant de vaisseau Marcel TRAUB, en Méditerranée. celui-ci se distingue à deux reprises par l'habilité de ses manoeuvres lors des torpillages du "NEA-GENEA" et de l' "ATHOS", qui lui vaudront deux témoignages de satistfaction (en janvier et février 1917.


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Cordialement. Malou
n°10203
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 05-11-2008 à 17:48:46  profilanswer
 

  Bonsoir à tous,
 
   Un marin de l'Enseigne-Henry mort pour la France :
 
     - LE BRAS Jean, François, Marie, né le 13 mai 1898 à Saint-Derrien (Finistère) et y domicilié, " tué à bord de l'Enseigne-Henry par l'explosion d'une bombe flottante et tombé à la mer - Le corps n'a pas été retrouvé -", le 31 décembre 1918, Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 109.936-2 (Jug. Trib. Toulon, 19 janv. 1921, transcrit à Toulon).
 
   Bonne soirée,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 05-11-2008 à 23:52:57
n°10206
dbu55
Posté le 05-11-2008 à 23:19:52  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Deux marins de l'ENSEIGNE HENRY morts pour la France :
 
KERDUFF Joseph Marie né le 21/03/1896 à Lambézellec (Aujourd'hui Brest) (Finistère), Matelot de 2ème Classe Canonnier Breveté, décédé le 6/6/1916 (20 Ans) - Céphalonie (Hôpital) Grèce Maladie - Péritonite    
 
GERME Denis Henri né le 02/05/1897 à ???, Matelot de 2ème Classe Canonnier, décédé le 31/12/1918 (21 Ans) - A bord de l'ENSEIGNE HENRY  Tué par l'explosion d'une bombe flottante qui l'a précipité à la mer  - Pas de ville de naissance ni de Département sur MDH  
 
 
A propos du matelot LE BARS cité par Daniel, j'ai dans mon fichiier un matelot LE BRAS (j'ai vérifié sur MDH, pas de matelot LE BARS Jean François Marie mais un soldat de 2ème classe du 201ème RI, par contre il y a bien un LE BRAS Jean François Marie)  
 
LE BRAS Jean François Marie né le 13/05/1898 à Saint-Derrien (Finistère), Matelot de 2ème Classe Canonnier, décédé le 31/12/1918 (20 Ans) - A bord de l'ENSEIGNE HENRY  Tué par l'explosion d'une bombe flottante et tombé à la mer Corps non retrouvé
 
Cordialement
Dominique  


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Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
n°10208
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 05-11-2008 à 23:51:55  profilanswer
 


   Bonsoir Dominique,
 
  A propos du matelot LE BARS cité par Daniel, j'ai dans mon fichiier un matelot LE BRAS (j'ai vérifié sur MDH, pas de matelot LE BARS Jean François Marie mais un soldat de 2ème classe du 201ème RI, par contre il y a bien un LE BRAS Jean François Marie)
 
   Il s'agit bien du même matelot. J'ai commis un lapsus calami en rédigeant la synthèse de sa fiche M.D.H. ! Je corrige en conséquence.
 
   Donc cette explosion a fait au moins deux victimes ...
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°10668
Ar Brav
Posté le 28-11-2008 à 11:31:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je poste ici le rapport du Cdt de l'Enseigne Henry suite au torpillage de l'Athos et retranscrit par Daniel :
 
Cordialement,
Franck
 

Rutilius a écrit :

   Bonjour à tous,
 
                                                     
                              LES CIRCONSTANCES DU TORPILLAGE DE L'ATHOS.
 
   Rapport de mer du lieutenant de vaisseau Marcel Traub, commandant du torpilleur d’escadre Enseigne-Henry, sur le torpillage de l’Athos (document manuscrit non daté : Cote SS Y 185, p. num. 615 à 618).

 
 
   Le lieutenant de vaisseau Traub (M.-E.-F.), commandant du torpilleur d’escadre Enseigne-Henry, à Monsieur le Capitaine de frégate, commandant la 2e escadrille de torpilleurs.
 
   
    Commandant,
 
   Conformément aux ordres de Monsieur le Capitaine de frégate, commandant la Provence-IV, j’ai appareillé de Milo, le 16 février, à 5 h du matin, sous les ordres du commandant du Mameluck, pour me rendre à La Sude prendre avec lui l’escorte du paquebot Athos.
   Fort frais de N. ¼ N.-E., mer grosse. A 12 h 20, je mouillai en rade de La Sude. Je quittai cette rade le même jour à 15 h, avec le Mameluck, pour aller prendre au large l’escorte de l’Athos. Ce bâtiment devait primitivement rentrer à La Sude vers 11 h du matin ; mais, retardé par le mauvais temps et abandonné pour cette raison par son escorte anglaise, il avait signalé son arrivée vers 16 h au large de l’entrée.
   A 16 h 05, nous prenions l’Athos en escorte à 5 milles environ dans le Nord du cap Dripano et gardions route à 13 noeuds sur le canal de Cerigotto.
   Je pris poste à bâbord de l’Athos, à 700 mètres, relevant sa passerelle à 10° sur l’arrière du travers. Je me tins à cette position jusqu’à la nuit. Je repris ce poste le lendemain matin au petit jour et le conservai jusqu’au moment où l’Athos fut torpillé.
   Dès que nous eûmes franchi le canal de Cerigotto, la mer tomba et, le 17 dans la matinée, il faisait calme ; visibilité bonne.
   Le 17, à 9 h 25, par 35°25 et 19°20 E. Greenwich, nous croisâmes par tribord, à 5 ou 6 milles par le travers, un quatre-mâts goélette dont la nationalité ne put être distinguée. Il me parut être un des voiliers américains que j’avais vus précédemment dans le port du Pirée. Je crois devoir vous signaler cette rencontre, bien que je ne pense pas qu’il y ait lieu d’établir une corrélation entre elle et le torpillage de l’Athos qui se produisit à 40 milles plus loin.
   A 12 h 27, par 35°22 et 18°32 Est Greenwich, je perçus le bruit d’une explosion assez forte et un peu sourde, ressemblant à un coup de canon de petit calibre tiré à quelque distance. J’étais à ce moment à bâbord de ma passerelle, surveillant l’extérieur. Je crus d’abord que le Mameluck avait tiré sur un sous-marin, mais, ayant immédiatement regardé l’Athos, je vis l’eau provenant de la gerbe due à l’explosion de la torpille s’écouler en nappe le long du bord. L’Athos venait d’être torpillé par bâbord arrière, sous les poulaines de l’équipage, à une vingtaine de mètres de l’arrière.
   Je mis immédiatement la barre toute à gauche, différenciai mes machines et pris route à toute vitesse sur le point probable où se trouvait le sous-marin, prêt à mettre en action tous mes moyens offensifs : torpille, grenades et canon. En même temps, je mettais nos embarcations en dehors, prêtes à être amenées pour le sauvetage des naufragés. Je ne vis absolument rien. Après avoir couru pendant quelques minutes sur différents sillages, dus probablement à l’Athos et à l’Enseigne-Henry, j’abandonnai la chasse et commençai les opérations de sauvetage. Il n’y avait alors à l’eau que quelques hommes qui, dès l’explosion, s’étaient jetés à la mer.
   A 12 h 37, j’amenai ma baleinière près d’un petit groupe, à 12 h 40, mon youyou auprès d’un autre. Je donnai ordre à mes embarcations de ramasser tous les survivants, d’ailleurs peu nombreux, qu’elles trouveraient en ces points puis de se diriger sur l’Athos en recueillant au passage tous ceux qu’elles rencontreraient et mis en marche à toute vitesse vers l’Athos. Celui-ci avait couru sur son erre et se trouvait à 1 ou 2 milles du point où il avait été torpillé. Il avait d’abord donné une légère bande à bâbord, puis s’était redressé et s’enfonçait très lentement par l’arrière.  
   A 12 h 40, il commença à se mâter et, à 12 h 41, il s’enfonçait verticalement et disparaissait.
   A 12 h 44, j’amenai mes deux berthons sur le bord de la zone des épaves.
   A 12 h 48, je stoppai au milieu des embarcations et des radeaux et manoeuvrai pour ramasser du bord les gens qui se trouvaient à l’eau, en presque totalité des sénégalais et des chinois. Il n’étaient d’ailleurs pas en très grand nombre et furent très rapidement ramassés directement du bord dans la région où je me trouvais, ou recueillis par les embarcations que je renvoyais au fur et à mesure, une fois déchargées. J’estime que vers 13 h 05, il n’y avait plus personne dans l’eau.
   J’avais complété les armements de quelques embarcations de l’Athos avec le personnel que j’avais disponible, c’est-à-dire le quart de chauffeurs et de mécaniciens non de service, sous la direction du 1er Maître mécanicien. Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe de Verdelhan des Molles, sur la brillante conduite duquel j’aurai à revenir, avait pris place dans un berthon afin de transmettre mes ordres aux embarcations et de les diriger.
   A 13 h 20, je mis en marche et  fis route sur un sillage qui m’avait été signalé. Je tirai trois coups de canon, obus A.
   A 13 h 25, je stoppai de nouveau au milieu des embarcations.
   A 13 h 32, ayant environ 600 personnes à bord (614 après pointage à l’arrivée) et ne pouvant plus en prendre d’autres, je décidai de protéger les opérations du Mameluck qui avait encore quelques radeaux non déchargés près de lui, et remis en marche. Je commençai en même temps à mettre un peu d’ordre à bord et à répartir le personnel entre les postes, appartements, machines, chaufferies et soutes à charbon.
   Je communiquai avec le Mameluck et il fut décidé que nous prendrions chacun la moitié des embarcations à la remorque. Je revins à 13 h 48 près des embarcations, stoppai près d’elles et leur donnai l’ordre de se grouper et de se prendre mutuellement à la remorque. Puis j’allai explorer la zone des épaves jusqu’au point origine et m’assurai qu’il n’y avait aucun survivant oublié.
   A 14 h 07, je pris cinq embarcations à la remorque et mis en route à 3 nœuds ; mais les remorques cassèrent successivement et les points d’attache cédèrent. Il fallut après plusieurs tentatives renoncer à tout remorquage. Le commandant du Mameluck, qui s’était trouvé aux prises avec les mêmes difficultés, m’informa alors que nous restions à garder les embarcations jusqu’à l’arrivée de la Baliste et de la Moqueuse qui avaient annoncé leur ralliement.
   De 14 h 28 à la nuit, je fis des routes diverses à 13 nœuds autour des embarcations.
   A 17 h, les embarcations me signalèrent qu’elles avaient des blessés. J’attendis le coucher du soleil et, à 17 h 45, j’amenai ma baleinière et les recueillis. Puis je donnai ordre aux embarcations, commandées par le second de l’Athos et sept hommes du quartier-maître de l’Enseigne-Henry, de se grouper et d’allumer leurs fanaux afin de faciliter leur repérage. Je pris ensuite la ligne de file derrière le Mameluck.
   Nous restâmes croiser Nord-Sud près des embarcations jusqu’à l’arrivée de la Baliste, vers 20 h 30.
   A 22 h, la Moqueuse rallia. Je lui donnai ordre de m’accoster afin d’opérer le transbordement d’une partie de mon personnel. J’estimai en effet, puisque la Moqueuse était là, qu’il était plus prudent d’évacuer environ 200 hommes. Toutes les apparences semblaient présager un changement de temps, le baromètre baissait légèrement, la brise passait à l’O.-S.-O. et l’horizon était chargé dans l’Ouest. J’étais en outre à 210 milles de La Valette.
   La Moqueuse m’accosta à 22 h 35 et me quitta à 22 h 48, ayant près de 255 survivants.
   Je fis route aussitôt à 15 nœuds 5 sur La Valette où j’arrivai le 18 à 12 h 47.
 
                                                                                  *
                                                                                *   *
 
   De l’enquête forcément un peu sommaire à laquelle j’ai pu procéder, il semble résulter que la torpille, lancée à 1000 ou 1200 mètres, a frappé sous une inclinaison d’environ 45° sur l’arrière du travers. S’il en est bien ainsi, en admettant 35 nœuds comme vitesse de la torpille, celle-ci aurait été lancée à 450 mètres environ sur l’arrière de l’Enseigne-Henry. Son sillage n’a été vu par personne à mon bord. Je n’ai à aucun moment vu le sous-marin. J’ai ouvert le feu, par acquis de conscience, sur un sillage problématique. Je n’ai pas jugé devoir lancer de grenades au hasard, étant donné mon très faible approvisionnement de ces engins ; je n’en possède en effet que quatre, nombre réglementaire, deux simples et deux jumelées. J’ai estimé devoir les garder pour le cas où j’apercevrais, ne fût-ce qu’un instant, le périscope ou un sillage certain.
   Les opérations de mise à l’eau des radeaux et des embarcations paraissent avoir été faites, à bord de l’Athos, avec le plus grand ordre. Tous les survivants que j’avais à mon bord avaient un moral excellent ; ils m’ont donné l’impression qu’il n’y avait pas eu de panique. Je crois devoir cependant signaler qu’une assez grande quantité de radeaux n’ont pas été utilisés ; ils flottaient vides d’occupants.
   Le commandant de l’Athos, le capitaine au long cour Dorise, n’a quitté son bord qu’au moment où le bâtiment sombrait ; il a été atteint à la tête par l’une des cheminées. Il a été sauvé, ainsi que Mr le Contrôleur des services maritimes Maurel, par Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe de Verdelhan des Molles qui, tout habillé et sans ceinture de sauvetage, s’est jeté à l’eau de son berthon pour les aider à atteindre un radeau puis une embarcation. Le commandant de l’Athos, pris de congestion, s’était évanoui dans l’eau ; recueilli à mon bord, il n’a pu être rappelé à la vie et a expiré quelques instants après son arrivée, vers 12 h 55. J’ai conservé son corps et l’ai ramené à La Valette.
   L’Athos avait pu, avant de couler, lancer  un S.O.S. ; j’ai fait le même signal à 12 h 50 et l’ai renouvelé à 14 h 30 en le rectifiant, la première position étant éloignée de 7 milles.
   A 12 h 55, j’ai reçu de l’Asie en clair le signal suivant
: « Devons-nous nous diriger sur les lieux ? », auquel j’ai naturellement répondu : « Non ». Je crois devoir vous signaler ce fait qui semble indiquer que les commandants des bâtiments de commerce n’ont pas encore bien compris les dangers auxquels ils s’exposent en émettant des signaux et en venant au secours de bâtiments torpillés.  
   Je dois également vous informer que, vers 16 h, ma vigie m’a signalé un vapeur en vue vers le N.-O ; ce navire n’avait pas, en admettant qu’il fut muni de T.S.F., appliqué assez largement les règles de déroutement.
 
   J’avais pu recueillir à bord de l’Enseigne-Henry :
 
         - Femmes…………………………………......................... 20
         - Enfants……………………………………......................... 6
         - Femmes de chambre………………………..................2
         - Passagers civils……………………………...................18  
         - Marins de l’Etat permissionnaires……..............22
         - Officiers de l’Athos…………………………..................5
         - Officiers et adjudants…………………….................17
         - Militaires européens……………………….................24
         - Equipage de l’Athos……………………….................35
         - Boys annamites……………………………...................11
         - Tirailleurs sénégalais……………………................132
         - Chinois……………………………………….......................39
         - Blessés………………………………………......................28
                                                                          -----
                                                                         359
         + Transbordés sur la Moqueuse                   255
                                                                        -----
                                                              Total :  614
 
   Mon second, Mr l’Enseigne de vaisseau de 2e classe Hue, m’ayant demandé de faire sortir les couleurs, cette cérémonie fut l’occasion d’une manifestation qui, après les heures dramatiques de la journée, fut émotionnante et non sans grandeur : tous les survivants, debout sur le pont et découverts, saluèrent le pavillon de trois cris de « Vive la France ! » et de trois hourras.
   Je vais en terminant, Commandant, rendre hommage au calme, au sang-froid, à l’entrain et à l’absolu dévouement dont tous, officiers et équipage de l’Enseigne-Henry, ont fait preuve au cours de ces tragiques évènements.
 
   Signé : Marcel Traub.

 
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   Bien amicalement à vous,
   Daniel.



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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10837
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-12-2008 à 10:11:31  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   
   ■ Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment – 4 janv. 1916 / 3 janv. 1919 - : Enseigne-Henry, Cote SS Y 185, p. num. 622 et 623.
 
 
  Note sur la rencontre d’une épave puis d’un sous-marin au cours de la traversée de Bizerte à Milo, du 9 au 12 juin 1917 – Adressée au Chef de division (Hélène).
 
 
   Convoi composé de Argenfels, Amiral-Nielly, Etonian, escortés par Enseigne-Henry seul. Formation en angle de chasse, Enseigne-Henry en avant de 1000 à 1200 mètres.
 
   Le 12 juin à 7 h 15, aperçu 4 ¼ par tribord objet suspect. Fait route pour le reconnaître.
   7 h 40 – Ouvert le feu à 500 m sur l’épave voilier Roland dont l’arrière émerge verticalement de 3 à 4 m. Gouvernail et une partie de la quille visibles. Tiré 16 coups de canon ne produisant aucun effet. Epave peut-être dangereuse. Position : 35° 59’ Nord et 21° 39’ Est.
 
   9 h 27, le même jour –  Ma vigie me signale un bâtiment à 4 ¼ par tribord.
   9 h 29 – L’Argenfelds me demande si j’ai aperçu un bâtiment qui ressemble à un sous-marin.
   Mis à 20 noeuds le cap, d’après les indications de ma vigie, sur le bâtiment signalé, invisible tout d’abord de ma passerelle. Aperçu peu après l’objet suspect ; ressemble à un petit voilier vu de l’avant.
   9 h 34 – Reconnu un sous-marin à grande passerelle au moment où il s’émerge et ouvert le feu ; distance estimée : 7 à 8.000 mètres. Position : 35° 50’ N. et 22° 09 E.
   Dérouté le convoi, croisé sur les lieux jusqu’à 10 h 55 puis rallié convoi.
   
   L’Argenfels m’ayant dit depuis que sa vigie avait vu émerger le sous-marin. Je suppose que celui-ci, en plongée ou en demi-plongée, n’avait pas vu l’Enseigne-Henry et, ayant manqué son attaque à la torpille, manoeuvrait pour attaquer au canon. Il n’a pu apercevoir l’Enseigne-Henry qui se présentait par l’avant et se projetait sur les navires du convoi qu’assez tard. Je ne m’expliquais pas autrement qu’il ait bénévolement manifesté sa présence.  
   Le convoi faisait des zigzags de 20° d’amplitude.
 
   Milo, le 13 juin 1917.
 
   Signé : Marcel TRAUB.

 
                                                                       
   ■ Journal de navigation n° 6/1917 – du 2 juin 1917 au 12 sept. 1917 – (extraits) : Enseigne-Henry, Cote SS Y 185, p. num. 417 et 418.
 
 
                                                                                     Mardi 12 juin 1917.
 
 
    - 6 h 15 – Mis le cap sur objet suspect au S. 18 W. vrai.
 
    - 7 h 15 – Reconnu l’objet suspect être une épave : bâtiment presque    piqué verticalement, l’arrière seul émergeant.
 
    - 7 h 30 – Stoppé.
 
    - 7 h 40 - Manœuvré pour s’approcher de l’épave. Reconnu le voilier Roland, nom écrit sur l’arrière. L. : 36° 59 – G. : 21° 39 gr.
 
    - 7 h 42 – Tiré 16 coups de canon pour essayer de couler l’épave. Pas  réussi.
 
    - 7 h 44 – Mis à 240 t pour regagner convoi.
 
    - 9 h 30 – A 9 h 30, aperçu un sous-marin dans le sud à environ 9000 m [mention marginale : 36° 02 N. – 22° 03 E. ]. Tiré 5 coups de canon à 9 h 34.
 
  9 h 35, le sous-marin disparaît.
 
  Foncé sur les lieux et commencé routes en zigzags avec changement de cap toutes les 2 minutes à l’approche du lieu où le sous-marin a plongé. Recherché sans rien. Plus rien vu.
 
    - 10 h 55 – Fait route pour rejoindre le convoi.

   _____________________________
   
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 31-01-2010 à 13:03:33
n°10853
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-12-2008 à 20:47:35  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
                  L’explosion d’une bombe flottante en mer Noire, le 31 décembre 1918.
 

[ Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment – 4 janv. 1916 / 3 janv. 1919 – : Rapport d’accident du Capitaine de corvette BOURDET (E. A. L.), commandant l’Enseigne-Henry, au Vice-amiral, commandant la 2e escadre, Bord, Constantinople, 2 janv. 1919 (Enseigne-Henry -  Cote SS Y 185, p. num. 643 à 645 – Rapport incomplet et pages inversées). ]

 
    Résumé :
 
   Alors  qu’il escortait de Sébastopol à Constantinople un convoi constitué par le Varna et le Dobwudja ( ?) , le 31 décembre 1918, à 10 h 25, l’Enseigne-Henry rencontra, par 42° 51’ N. et 31° 29’ E., un « objet flottant » par tribord ; il s’en approcha à une quinzaine de mètres afin de l’examiner. L’objet en question avait la forme d’une bouée biconique rouge, légèrement inclinée, d’une hauteur d’environ 80 à 85 cm et d’un diamètre de l’ordre de 35 cm ; il était dépourvu de tout mécanisme apparent. Le jugeant inoffensif, le commandant BOURDET donna l’ordre de s’en emparer. Cueilli à la gaffe, l’objet explosa en retombant sur le pont ; il blessa deux hommes et en projeta trois à la mer, qui se trouvaient à cet instant appuyés à la filière ; leurs corps ne purent être retrouvés. Outre quelques avaries mineures, l’explosion provoqua une large brèche sur une cloison. Après avoir rendu les derniers honneurs aux disparus, l’Enseigne-Henri remit en route à petite vitesse, en raison de voies d’eau.
 
   Appelé au secours, le Bisson arriva à 19 h avec un médecin ; il prit en charge le blessé dont l’état était le plus grave. Il décéda à bord le 1er janvier 1919, dans la matinée.
 
   Le Ruby, dépêché par le Commandant en chef britannique, rejoignit à 21 h l’Enseigne-Henry et le convoya jusqu’à Constantinople, où les deux bâtiments parvinrent le 2 janvier 1919, à 8 h 30.
 
   Les quatre victimes de l’explosion de la bombe flottante furent :
 
     • COLOMB Emile, Louis, Arthur, né le 1er juin [la fiche M.D.H. indique 1920 !] à Sisteron (Basses-Alpes) et y domicilié, décédé le 31 décembre 1918 « à bord de l'Enseigne-Henry par l'explosion d'une bombe flottante et tombé à la mer »,Matelot de 3e classe électricien, Matricule n°73233-5 (Jug. Trib. Toulon, 19 janv. 1921, transcrit à Toulon, le 23).
 
     • GERME Denis, Henri, né le 2 mai 1897 à [lieu de naissance et domicile non précisés], décédé le 31 décembre 1918  « à bord » par « l'explosion d'une bombe flottante qui l'a précipité à la mer », Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n°1606-Boulogne (Jug. Trib. Toulon, 19 janv. 1921, transcrit à Toulon). (*)
 
     • LE BRAS Jean, François, Marie, né le 13 mai 1898 à Saint-Derrien (Finistère) et y domicilié, « tué à bord de l'Enseigne-Henry par l'explosion d'une bombe flottante et tombé à la mer -  Le corps n'a pas été retrouvé – », le 31 décembre 1918, Matelot de 2e classe canonnier, Matricule n° 109.936-2 (Jug. Trib. Toulon, 19 janv. 1921, transcrit à Toulon). (*)
 
     • VIGOUROUX Augustin, né le 26 janvier 1894 à Tartas (Landes) et domicilié à Arcachon (Gironde), décédé le 31 décembre 1918 « à bord du Bisson », à la « suite de blessures causées par l’explosion d’une bombe flottante », Quartier-maître canonnier, Matricule n° 2826-Arcachon (Acte transcrit à Arcachon, le 22 juin 1921) – A s’en tenir au rapport d’accident du capitaine de corvette BOURDET, Augustin VIGOUROUX est décédé non pas le 31 décembre 1918, jour de l’explosion, mais le 1er janvier 1919 au matin. Et, de manière curieuse, sa fiche M.D.H. indique qu’il appartenait au Bisson et se trouvait « en subsistance sur l’Enseigne-Henry » !
 
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(*) Reprise, à des fins de synthèse, d'une contribution précédente.
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   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 

n°11998
olivier 12
Posté le 06-01-2009 à 14:31:07  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Une vue de l'ENSEIGNE HENRY
 
http://img371.imageshack.us/img371/8826/enseignehenrypv1.jpg
 
Cdlt
 
Olivier


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olivier
n°17868
olivier 12
Posté le 20-06-2009 à 11:22:09  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici la transcription des premiers télégrammes informant de l'accident (explosion d'une mine) survenu le 31 Décembre 1918 à l'ENSEIGNE HENRY.
 
Télégramme chiffré reçu 1er Janvier 1919
(par Marine Paris)
"ENSEIGNE HENRY  a rencontré ce matin une mine dérivante par 42°51N et 31°29 E. Voie d'eau à l'avant. Le torpilleur flotte en dérive. ALDEBARAN, BISSON et sous-marin anglais RUBIS vont à son secours avec personnel médical. Disparition de trois hommes et quelques blessés."
 
Télégramme chiffré reçu 2 Janvier 1919
 
"LE BRAS Jean-François Matelot canonnier 2e dépôt
domicilié à SAINT DERRIEN (Finistère)
 
GERME Louis Matelot canonnier
domicilié 24 rue Mont Saint Adrien à BOULOGNE sur MER
 
COLOMB Emile Matelot électricien 5e dépôt
domicilié à SISTERON  (Basses Alpes)
 
tous à bord d'ENSEIGNE HENRY ont disparu le 31 Décembre 1918, tués par l'explosion de la bombe flottante et tombés à la mer.
 
Familles non prévenues
 
VIGOUROUX Augustin quartier-maître canonnier
domicilié rue des Jardins à ARCACHON (Gironde)
 
est décédé à bord du BISSON le 31 Décembre 1918 des suites de ses blessures causées par l'explosion de la bombe.
 
Famille non prévenue"
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 20-06-2009 à 11:22:57

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olivier
n°22605
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 07-12-2009 à 19:04:33  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Le sauvetage d'une partie des survivants du naufrage du Yunnan par le contre-torpilleur Enseigne-Henry, le 7 octobre 1915.
 
 
    I. ― Journal de bord du contre-torpilleur Enseigne-Henry n° 7 / 1915 – alors commandé par le lieutenant de vaisseau Denis Rougier (1er août – 7 oct. 1915) (Extrait ; S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 184, p. num. 259) :      
 
 
                                                                                        « Jeudi 7 octobre 1915.  
 
                                  .......................................................................................................................................................  
 
   5 h 10  –  Stoppé près du port de Géroliména. Pris les hommes du Yunnan (180 hommes).
 
   22 h 23  –  Mouillé en baie de Milo.
»
   
 
   II. ― Journal de navigation du contre-torpilleur Enseigne-Henry n° 19 / 1915 (24 août – 15 oct. 1915) (Extrait ; S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 75, p. num. 1105 à 1107) :    
 
 
                                                                          « 6 octobre [1915] – Appareillage de Milo.
 
                                 .......................................................................................................................................................  
 
   14 h 48  –  Poste d’appareillage.
   
   14 h 55  –  Avancé la montre d’une heure (Heure de l’Europe orientale).              
 
   15 h 58  –  Appareillé avec Caval.
[Cavalier] et Spahi pour aller à l’appel de la Fourche qui demande torpilleurs pour effectuer sauvetage des survivants du Yunnan torpillé au Sud de Matapan.    
   
                                .......................................................................................................................................................
 
                                                                                           7 octobre
[1915]
 
                                .......................................................................................................................................................
 
 
   5 h 00  –  Aperçu deux cargos dans le N. 20 E.
 
   5 h 27  –  Point : 13 milles 5 au N. 85 O. du feu Sud de Cérigo.
 
   5 h 35  –  Les deux cargos sont le Yunnan et l’Anglet. Route autour des cargos. Poste de veille contre les sous-marins.
 
   6 h 27  –  Fait route pour reconnaître objets. Ce sont des épaves, un radeau et un canot.
 
   6 h 50  –  Reprise croisière autour des cargos.
 
   8 h 00  –  Continué à croiser autour du Yunnan.

 
   En marge : « 8 h 30 – E.-H. [Enseigne-Henry] à C. [Carabinier] – Bâtiment anglais fait signal de secours. Attaqué par sous-marin L.= 35°45’ / Gr. = 19° 14’. »  
 
   10 h 30  –  Manœuvré pour prendre un homme à bord d’une barque grecque.
 
   10 h 50  –  Stoppé près du Carabinier.

 
 
   En marge : « 10 h 50 – E.-H. à C.  – Lieutenant du Yunnan (dans voilier grec) prévient seize hommes sont à Matapan. Demande à les faire prendre.
 
   11h 05 –  C. à E.-H. – Allez chercher les hommes à Matapan.
»
 
 
                               .......................................................................................................................................................
 
 
   Midi – Route sur Matapan.
 
   13 h 12 –  Mouillé tribord dans le port Normary. Envoyé le youyou à terre.
 
   13 h 50 –  Appareillage.
 
   14 h 40 –  Stoppé dans le port de Géroliména pour prendre les hommes du Yunnan.
 
   15 h 15 – Appareillage. Route sur Milo. »

 
   ______________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°23917
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 31-01-2010 à 13:08:10  profilanswer
 

.
   Bonjour à tous,
 
 
                                                                                                  Le sauvetage du torpilleur grec Nea-Genea
 
                                                                                                                        (17 janvier 1917)

 
 
   • Torpilleur d’escadre Enseigne-Henry – alors commandé par le lieutenant de vaisseau Marcel Traub –, Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment – 4 janvier 1916 ~ 3 janvier 1919 –, Service historique de la Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 185, p. num. 612 à 614.
 
 
                                                              Le Lieutenant de Vaisseau Traub (M. E. F.),commandant le torpilleur d’escadre Enseigne-Henry,
 
                                                                                                                                    à
 
                                                               Monsieur le Contre-amiral, commandant la 2e division de la 2e escadre, Commandant supérieur.
 
 
   Amiral,
 
   Le mercredi 17 janvier 1917, à 12 h. 28 orientale, me trouvant à 13 milles dans le N. 25 Est du cap Spada, en croisière sur le secteur Ouest, je reçus le télégramme n° 243 de l’Hélène m’ordonnant de me porter au secours du Nea-Genea à 20 milles dans le S. 45 E. de Sapienza.
   Je mis à 18 nœuds, fis prendre toutes les dispositions de remorquage et informai par signaux émis en l’air le Nea-Genea que je serais près de lui vers 19 h.
   A 16 h., je franchissais le canal entre Odo et Cerigo ; je rencontrai à partir de ce moment une brise de S.S.-E. déjà fraîche et de la mer.
   A 18 h. 15, j’atteignis le point indiqué et fis route au Nord ; la nuit était déjà faite. A 18 h. 42, j’aperçus le Néa-Genea, à qui j’avais signalé d’allumer un feu pour faciliter la prise de contact, et à 19 h. 05, je stoppai près de lui. Il était alors à environ 5 milles dans l’Est de Pétra Karavi. Mer d’environ 4 m. ; le Néa-Genea, en  travers, roulant bord sur bord ; je passai sous le vent à lui et lui filai ma remorque sur une bouée. Le premier essai fut infructueux, le Nea-Genea ne l’ayant pas aperçu ; le second réussit après que j’eus pris la précaution de compléter mon dispositif d’une boîte de phosphure.
   A 20 h., remorque prise et tournée, j’étais en route, tournant pour 5,5 nœuds et marchant 2 nœuds sur le gouv.
   Le commandant du Nea-Genea m’ayant exprimé le désir d’aller à Navarin, je gouvernai de façon à faire route au Sud sur le gouv., afin de m’élever, avant toute autre chose, le plus possible au vent. La brise était toujours au S.S-.E., augmentant de force ; la mer grossissait. Je demandai l’envoi d’un remorqueur.
   A 20 h. 53, le Richelieu me rallia ; je lui donnai l’ordre de rester près de moi.
   Le 18, à 1 h 15, étant à 20 milles dans le S. 45 E. de Sapienza, estimant m’être suffisamment éloigné de la côte, et ayant pris confiance dans la solidité de ma remorque qui avait résisté jusque là, je vins sur la droite par abattées successives jusqu’au N. 70 Ouest pour doubler Sapienza.
   A 1 h. 52, dans un grain violent, la remorque cassa sur l’étrave du Nea-Genea ; mer de 6 m. environ, brise toujours au S.S.-E.
   Je donnai ordre au Richelieu de prendre le Nea-Genea à la remorque et à la disposer à nouveau ; mes opérations ne furent terminées qu’à 3 h. 45. J’étais moi-même tombé en travers ; j’avais en effet, pour rentrer ma remorque, dû stopper la machine tribord et mettre l’autre en avant à petite vitesse ; dans ces conditions, malgré la barre toute, je ne gouvernai plus.
   A 4 h. 52, la mer ayant un peu molli au cours d’un orage d’une extrême violence, le Richelieu réussit à donner la remorque au Nea-Genea. Je lui signalai de s’élever le plus possible au vent pour doubler Sapienza.
   Le Nea-Genea était en grand danger ; la brise était toujours au S.S.-E., malgré une légère tendance à tourner au S.S.-O. ; il risquait, en cas de nouvelle rupture de la remorque, de dériver de nouveau sur la côte ; il était urgent de lui faire doubler aussitôt que possible Sapienza ; ce cap franchi, étant donné le vent régnant, il était hors de danger.
   Je signalai à nouveau la situation au Commandant en chef et renouvelai ma demande d’envoi d’un remorqueur. J’estimais en effet que seul un bâtiment disposé à cet effet, muni de remorques à l’abri de toute rupture, pourrait tirer le Nea-Genea de sa position critique et j’espérais, malgré les nouvelles ruptures de remorque que je prévoyais et les pertes de temps qui s’ensuivraient, pouvoir empêcher le torpilleur d’aller à la côte jusqu’au moment où le remorqueur demandé arriverait.
   A 7 h. 10, je fus rallié par la Gracieuse, mais le bâtiment, étant donné l’état du temps, et malgré l’entrain et l’allant de son commandant, ne pouvait m’être d’aucun secours ; il ne pouvait que remplir une mission de protection.
   A 8 h., le convoi se trouvait à 7 milles dans le S. 13 E. de Petra Karavi, route au S. 75 Ouest.
   Depuis 6 h., la brise jouait et tendait à passer dans le quadrant S.-O. ; à 8 h. 30, elle s’établissait à l’O. ¼ S.-O. en forçant ; les grains augmentaient de violence et de fréquence ; mer de 6 m. en moyenne, atteignant souvent 7 mètres.
   A 9 h., je renonçai à faire route sur Navarin et donnai l’ordre au Richelieu de faire demi-tour et de conduire le torpilleur au mouillage de Koroni. Je ne me dissimulais pas les dangers de ce demi-tour qui pouvait entraîner à nouveau une rupture de la remorque, mais il me parut que cette solution constituerait, pour le Nea-Genea, la seule chance de salut, et je me résolus à en courir les risques. J’étais en effet convaincu que les remorques casseraient toutes au bout d’un temps plus ou moins long et la situation du Nea-Genea, après que nous aurions doublé Sapienza, eût été, avec la brise et la mer  désormais fixées à l’O. ¼ S.-O., presque désespérée.
   A 10 h., à 6,5 milles dans le S. 12 Ouest de Petra Karavi, le demi-tour terminé et le convoi en route, la remorque cassa de nouveau sur l’étrave du Néa-Genea. Elle fut presque immédiatement reprise par le Richelieu ; mais, par mesure de sécurité, elle fut doublée, et les opérations ne furent terminées qu’à 12 h. 15.
   A 16 h. 35, le Nea-Genea était mouillé à Koroni.
   Je décidai de passer la nuit à ce mouillage et d’appareiller au jour pour Kalamata, si les avaries du torpilleur m’en démontraient la nécessité. La garde du mouillage fut assurée par la Gracieuse, à qui j’ordonnai de patrouiller au large.
   Le 19 au matin, je rappelai la Gracieuse et lui donnai l’ordre de se rendre à Kalamata préparer l’accostage et le ravitaillement en eau du Nea-Genea. Mais, la Savoie-III m’ayant rallié avec 50 tonnes d’eau, et le torpilleur ne souffrant que d’une perte totale de son approvisionnement d’eau douce, je donnai contre-ordre à la Gracieuse et décidai de rester à Koroni, protégé par la Marie-Rose, qui m’avait rallié au jour et que j’envoyai patrouiller au large.
   A 9 h., je renvoyai la Gracieuse et le Richelieu. Toute la journée du 19 fut employée à épuiser l’eau qui avait envahi les chaufferies du Nea-Genea et à lui donner 30 tonnes d’eau douce. Les chaudières furent remises en état pendant la nuit.
   Je fixai l’appareillage à 6 h du matin le 20, mais des incidents successifs dans l’allumage des feux du Nea-Genea m’amenèrent à le retarder par la suite.
   Le 20, à 9 h. 42, nous levâmes l’ancre pour Argostoli, comme nous en avions reçu l’ordre. J’avais, en prévision de nouvelles avaries, conservé la Marie-Rose que j’avais envoyée en avant, vers Sapienza, et gardé la Savoie-III près de moi.  
   A 10 h. 10, le Nea-Genea était de nouveau stoppé.
   A 10 h. 17, je donnai ordre à la Savoie-III de prendre le Nea-Genea à la remorque.
   A 11 h. 16, nous étions en marche à 5 n, le Nea-Genea tournant avec une turbine pour alléger le remorqueur.
   A 21 h. 40, le Nea-Genea dut stopper définitivement.
   A 22 h. 05, le Richelieu, que j’avais demandé à la Mauritanie, me rallia, et je renvoyai la Marie-Rose sur sa croisière.
   L’état de la mer, petite houle d’Ouest, favorisa les opérations de remorquage durant toute la nuit, malgré des orages extrêmement violents. A partir de Sapienza, je fis route pour passer dans l’Est de Zante, où je comptais trouver un abri contre la mer et un mouillage en cas de besoin.
   Le 21, à 9 h. du matin, étant à 4 n 5 dans le S. 60 Ouest du cap Trepito, la Savoie-III stoppa pour rafraîchir les portages de la remorque ; à la remise en marche, la chaîne que le Nea-Genea avait frappée sur le bout de la remorque en fil d’acier se rompît ; celle-ci n’avait en effet que 120 mètres, ce qui était tout à fait insuffisant, et le torpilleur avait dû filer 75 mètres de chaîne.  
   Je fis prendre immédiatement la remorque par le Richelieu et remis en route à 9 h. 50. La brise s’étant levée, assez fraîche du N.-E., et le Richelieu étant moins puissant que la Savoie, notre vitesse tomba de 5 à 4 nœuds.
   A 17 h. 45, le convoi passait les barrages d’Argostoli et, à 18 h 30, le Nea-Genea était mouillé.
 
   Je crois en terminant, Amiral, devoir vous signaler la ténacité, l’énergie et les remarquables qualités manœuvrières dont a fait preuve le commandant du Richelieu au cours de ces évènements. C’est en grande partie à lui, au fait qu’il a réussi à donner et reprendre la remorque du Nea-Genea à plusieurs reprises, dans une mer très grosse, que je dois d’avoir pu  ramener à bon port le bâtiment dont le sauvetage m’avait été confié.
 
   A bord, Argostoli, le 22 janvier 1917, le lieutenant de vaisseau, commandant,  
 
  Signé : Marcel Traub.


Message édité par Rutilius le 15-09-2017 à 12:05:53

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°26692
Gastolli
Posté le 14-07-2010 à 21:53:02  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
the damage to Enseigne-Henry on 31.12.1918 is shortly described in british files also:
 
Report from the British C-in-C Vice-Adm. Seymour, Mediterranean Station, HMS „Superb“, No. Z.1/50323, dated 01.01.1919
 
...
 
point 12.
Floating mines are still to be found in the Black Sea. The french destroyer ENSEIGNE HENRY struck one yesterday, 31st December, in Latitude 42°50‘N. Longitude 31°35‘E., sustaining damage and casualties, but remained afloat.

 
to be found in file ADM 137/1733, The National Archives, Kew, London
 
 :hello:  
Oliver

n°28218
Yannick2
Posté le 07-11-2010 à 22:34:09  profilanswer
 

Auguste Stagnol était menuisier à Trégourez (Finistère). C'était le meilleur des hommes. Il a servi sur l'Enseigne Henry. Le texte qui suit est la retranscription d'un souvenir qu'il m'a confié, au début des années 80.
 
Tu vois, me dit Auguste Stagnol, dans la cuisine de son penn-ti de Trégourez, on parle de la guerre 14-18, mais c’est 14-19 qu’il faudrait dire : moi, jusqu’en 19, j’ai été dans les Dardanelles. J’étais dans la marine, sur l’Enseigne Henry…
Notre mission, c’était de canonner les moulins à vent. On n’a jamais compris pourquoi.
On longeait les rives. Les gens savaient ce qu’on faisait, alors avant qu’on arrive, ils quittaient leur bicoque en emportant le peu qu’ils avaient sur leurs ânes.
Les artilleurs pointaient, on se bouchait les oreilles avec les mains quand le coup partait, et tout de suite après, le moulin s’écroulait.
Les artilleurs, eux, pour se protéger les oreilles, ils se les bouchaient avec du coton. Une fois, un d’entre eux, ça s’est infecté en-dessous, et quand on a voulu lui retirer le coton, les tympans sont venus avec. Le type hurlait.
On a continué comme ça à démolir les moulins, jour après jour.
Un soir, j’étais accoudé au bastingage en regardant vaguement le rivage.
Le commandant est venu s’appuyer à côté de moi et il m’a dit :
-« Vous savez, jeune homme, ce que nous faisons là n’est pas humain »
 


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Yannick
n°28254
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 09-11-2010 à 19:17:15  profilanswer
 


   Bonsoir Yannick,
   Bonsoir à tous,
 
   « Un soir, j’étais accoudé au bastingage en regardant vaguement le rivage. Le commandant est venu s’appuyer à côté de moi et il m’a dit :  " Vous savez, jeune homme, ce que nous faisons là n’est pas humain." »  
 
   Ce commandant que ses scrupules honorent était très vraisemblablement le capitaine de corvette Edmond Alexandre Laurent BOURDET (V. « Officier parmi tant d’autres... », p. 48), qui commandait le contre-torpilleur Enseigne-Henry début 1919.
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°39450
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 22-03-2014 à 19:09:12  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
                                                                        Récompenses consécutives au sauvetage des survivants du paquebot Athos.
 
 
 
   ■ Propositions de récompenses formulées par le lieutenant de vaisseau Marcel Traub, commandant l'Enseigne-Henry.
 
 
   Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment – 4 janv. 1916 ~ 3 janv. 1919 –, Service historique de la Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 185, p. num. 618 à 620.
 
 
                                                              Le Lieutenant de Vaisseau Traub (M. E. F.), commandant le torpilleur d’escadre Enseigne-Henry,
 
                                                                                                                                    à
 
                                                                       Monsieur le Capitaine de Frégate, Commandant la 2e escadrille de torpilleurs d’escadre
 
 
   Propositions de récompenses pour le sauvetage des survivants de l’Athos.
 
 
   Commandant,
 
   Comme suite à mon rapport de mer en date de ce jour, je vous adresse les propositions de récompenses suivantes que je vous demande, si vous le jugez convenable et les approuvez, d’appuyer de votre haute autorité.
 
                                                                  1° – Propositions pour une médaille de sauvetage et un témoignage de satisfaction.
 
   • M. l’Enseigne de Vaisseau de 2e classe de Verdelhan des Molles : S’est jeté à la mer tout habillé et sans ceinture de sauvetage du berthon qu’il occupait pour porter secours au commandant de l’Athos, évanoui dans l’eau, et au contrôleur Maurel, et leur a permis d’atteindre un radeau et une embarcation situés dans les environs.
 
   • Le Bret Albert Louis, 2.581 – Dinan, Gabier breveté, patron du youyou : S’est jeté à l’eau sans ceinture de sauvetage et tout habillé, pour porter secours à un homme qui allait couler, et a réussi à le sauver.
 
                                                                                          2° – Propositions pour un témoignage de satisfaction.
 
   • Mr l’Enseigne de Vaisseau de 1re classe Hue, officier en second : A fait preuve du plus grand sang-froid, du plus absolu dévouement et d’un remarquable savoir-faire, tant dans les opérations de sauvetage que dans l’installation des survivants à bord.
 
   • Le 1er Maître mécanicien Le Besnerois Henri, 4.604 – Brest : A sauté dans une embarcation de l’Athos où régnait quelque désordre ; y a rétabli l’ordre et y est ensuite resté jusqu’à la nuit, aidant à la direction du sauvetage et à l’organisation du remorquage puis du groupement des embarcations.
 
                                                                  3° – Propositions pour un témoignage de satisfaction et 60 points supplémentaires.
 
   • Mazé Michel, Le Conquet – 897, Quartier-maître chauffeur.
 
   • Le Garrec Théophile Marie, 91.770 – 2, --------- d ° --------.
 
   • Guédon Henri Louis Eugène, 36.101 – 1, Canonnier breveté.
 
   • Pévérello Maurice Élie, Marseille – 7.071 m., ------- d ° ------.
 
   • Couriard Pierre Marie, 14.428 – Saint-Brieuc, Soutier aide de chauffe.
 
   • Garrel Gabriel, 53.717 – 5, Matelot breveté, Cuisinier.
 
   • Biscarrat Louis Paul, 56.871 – 5, Torpilleur breveté.
 
   • Robaglia Antonin Jean, 1.791 – Ajaccio, Matelot sans spécialité.
 
   Ont armé les embarcations de l’Athos et y sont restés jusqu’à 20 h 30, heure à laquelle ils ont été recueillis par la Baliste.
 
   Guédon mérite une mention toute particulière pour le sang-froid et l’intelligence dont il a fait preuve comme patron d’une embarcation de l’Athos.
 
   De même Garrel, qui, après avoir armé le youyou de l'Enseigne-Henry, a demandé à aller relever dans une des embarcations de l’Athos, un de ses camarades de santé délicate, Robaglia, qui s’était jeté à la mer pour aider au sauvetage.
 
   • Dubernet Jean, 60.081 – 5, Matelot mécanicien : S’est jeté par deux fois à l’eau du bord pour porter des amarres et des radeaux et permettre de les accoster.
 
   • Le Luherne Joseph Adolphe, 2.208 – Vannes, Quartier-maître infirmier : A soigné les blessés avec un dévouement absolu et une grande compétence ; a passé toute la journée et toute la nuit à les panser et les installer aussi bien que possible.
 
   Il ne m’est pas possible, Commandant, de vous citer tous les actes méritoires accomplis par l’équipage de l’Enseigne-Henry au cours de ces événements, mais je puis vous assurer que mes hommes ont été à la hauteur de leur triste et lourde tâche et qu’ils ont, par leur admirable conduite, contribué à affermir dans l’esprit de ceux qu’ils ont sauvé, la haute réputation de courage, d’énergie, de dévouement et de savoir-faire de la Marine française.
 
   A Bord, Malte, le 19 février 1917.
 
   Signé : Marcel Traub.

 
 
   ■ Citations à l'ordre de l'armée.
 
 
                                                                                                     Journal officiel du 17 avril 1917, p. 3.042.
 
   
                                                                                            http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ATHOS%20-%20Citations.%20-%20J.O.%2017-IV-1917%20-%20I..jpg                                              
                                                                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ATHOS%20-%20Citations%20-%20ENSEIGNE-HENRI%20-%20II..jpg
 
 
   ■ Témoignage officiel de satisfaction.
 
 
                                                                                                     Journal officiel du 17 avril 1917, p. 3.042.
 
                                             
                                                                                            http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ATHOS%20-%20T.O.S.%20-%20J.O.%2017-IV-1917.jpg
 
 
   ■ Récompenses pour actes de courage et de dévouement attribuées par la Société centrale de sauvetage des naufragés.  
 
 
   Société centrale de sauvetage des naufragés Annales du sauvetage maritime, 1er et 2e trim. 1918 : Contre-amiral Hallez, « Rapport sur les principaux sauvetages accomplis dans l’année », p. 38 et 39.
 
 
                                                                                http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/ATHOS%20-%20A.S.M.%20-%20I-1918%20-%20I..jpg
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°39487
Jean-M
Posté le 29-03-2014 à 13:29:07  profilanswer
 

913fbb242e
 

GENEAMAR a écrit :

... extrait du "post" du 14/07/2008 à 08:07 ...
Joseph JOUANNIC - Guillaume ÉLIAS - Eugène MINGAM - Enseigne Paul HENRY - S-Lieutenant OLIVIERI - François MARREC - Pierre PRIGENT - Antoine QUEFFURUS -
Franois M CALLAC - Dominique CAMBIAGGI - Louis CONSTANZA - Joseph DAVID - Ernest DELMAS - Pierre DERRIEN - Guillaume FAY - Georges Albert FRANCK -  
? GUEZENNEC - Jean Marie LALÈS - Yves LE COZE - Joseph LE GOFF - Albert LEHOUX - Michel LE QUÉRÉ - Ange LE RAY - Pierre Marie LE SEC'H -
Grégoire LOUARN - Jean Louis PEUZIAT - Alexandre REBOURS - Jean RUELLO - Louis Marie SÉNÉCHAL - Jean SOUVE - Henry STÉPHANY - Jules URCOURT -



 
Juste pour GENEAMAR, le prénom du chauffeur auxiliaire GUÉZENNEC est Clet-Yves, il était originaire de Cléden-Cap Sizun.
 
Pour information je suis en train de remettre en forme (au format EPUB non protégé) le livre de l'oncle de l'Enseigne de Vaisseau Paul HENRY, monsieur Léon HENRY,  
"Le siège du Pé-T'ang dans Pékin en 1900 - Le commandant Paul Henry et ses 30 marins".
Ce livre a été édité par l'imprimerie P. NICOLAS de Niort et a été distribué par la librairie française du Pé-T'ang. Ce livre (scan de pas très bonne qualité) est consultable sur le site Galica de la Bibliothèque Nationale de France mais très difficilement lisible.
Les personnes intéressées peuvent me contacter...


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Jean-Michel GUERVILLE (ex Marine Nationale 056906663)
n°39490
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 29-03-2014 à 15:12:14  profilanswer
 


   Bonjour Jean-Michel, et bienvenue,
 
 
   Références de l'ouvrage en question :
 
   — Léon HENRY : « Le siège du Pé-t'ang dans Pékin en 1900. Le commandant Paul Henry et ses trente marins », Librairie française du Pé-t'ang, Pékin, sans date, in-8, VI. et 414 p.
 
      —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] %20.langFR


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°47292
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 13-09-2017 à 22:37:28  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
    René BAZIN, de l'Académie française : « L’enseigne de vaisseau Paul Henry, défenseur de la Mission de Pékin », éd. A. Mame & Fils, Tours, 1932, 29,8 x 20,8 cm, 287 p. [Livre remis aux élèves méritants lors des distributions des prix de fin d’année scolaire.].
 
 
   
                  http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/EnseigneHENRY1.jpg           http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/EnseigneHENRY2.jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°47298
olivier 12
Posté le 15-09-2017 à 08:35:10  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Deux autres vues de ENSEIGNE  HENRY
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/924/49Shtb.jpg
 
http://imagizer.imageshack.us/v2/xq90/922/mYRboZ.jpg
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 15-09-2017 à 08:37:21

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olivier
n°47299
NIALA
Posté le 15-09-2017 à 09:08:34  profilanswer
 

Les lettres noires (première photo) permettent de dater le cliché en le 15 juin et le 1er juillet 1912; les lettres blanches (2é photo ) cliché postérieur au 1er juillet 1912.
Source: Les marques particulières des navires de guerre français par Jean Guiglini.
 
Cordialement
 
Alain
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Message édité par NIALA le 15-09-2017 à 09:09:10

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Cordialement
 

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