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  LE CALVADOS - Compagnie Générale Transatlantique

 

24 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

LE CALVADOS - Compagnie Générale Transatlantique

n°10382
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 05:42:13  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Voici la fiche du navire Le Calvados en anglais :
 
http://perso.orange.fr/MT06/Le%20Calvados.JPG
 
A bientot  :hello:

Message cité 1 fois
Message édité par Ar Brav le 14-11-2008 à 05:44:44

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10383
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 05:43:07  profilanswer
 

Terraillon Marc a écrit :

Bonsoir
 
Un site sur un témoignage :
 
http://genealia.com/temoignages/te [...] ouch1.html
 
A bientot



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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10384
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 05:43:52  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
BERTHET PIERRE LOUIS AUGUSTE né le 25 janvier 1888 à Orléans (Loiret).  
Mort lors du torpillage du CALVADOS, le 4 novembre 1915.  
Médecin Militaire, Médecin-aide-Major de 1ère classe au 8ème Régiment de Tirailleurs indigènes. Chevalier de la Légion d’honneur. Croix de guerre.  
JO 8 novembre : Médecin-aide-major, brave et dévoué, d’une belle tenue au feu. Est mort glorieusement pour la France, le 4 novembre 1915, en Méditerranée, au cours du torpillage du Calvados.  
 
Cordialement,
Franck


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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10385
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 06:08:59  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je replace ici le message posté par Yves le 13-11-2008 à 22:22:09 dans le sujet :
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] t_73_3.htm
 
(L'intitulé du sujet étant impropre et ne pouvant être modifié que par son auteur)
 
Bien cordialement,
Franck

 
Bonsoir à tous
 
Ci-dessous une lettre qui m'a été transmise récemment dans laquelle le Capitaine Barré du 8e Tirailleurs Tunisiens relate les derniers instants du Calvados à travers la terrible expérience qu'il a lui-même vécue.
 
 
 Alger, le 6 novembre 1915.  
 
 Ma chère maman,  
 
Je te donne la primeur d'impressions inédites, tragiques et mémorables. Je ferai cette lettre assez détaillée mais je n'en ferai pas d'autre et je te demanderai de raconter à ceux que cela intéresse toute mon odyssée. Tu pourras même communiquer cette lettre à oncles, tantes, cousins, cousines. On se la passera de mains en mains si on le veut. Mais je n'aurai pas le temps d'en faire plusieurs et cela d'autant moins que j'ai de nombreux rapports à rédiger. J'aime donc mieux faire une lettre un peu longue que 5 ou 6 lettres courtes. Mon télégramme envoyé ce matin a dû vous apprendre en même temps que les journaux que le Calvados a été coulé par un sous-marin allemand. Mais la curiosité doit te faire désirer de plus amples détails.  
 
J'ai quitté le front si précipitamment que je n'ai pas eu le temps de vous expliquer qu'un de nos bataillons actuellement au Maroc n'avait pas encore combattu en France et sollicitait instamment l'honneur d'y venir. Le Général Joffre désigna alors mon bataillon (comme étant arrivé le premier en France en août 1914) pour l'aller remplacer. C'est ainsi que nous partîmes brusquement, enlevés en autos, que nous passâmes à Achères sans nous y arrêter, à Marly, à Saint-Germain en Laye, à Versailles, à Juvisy, pour arriver à Marseille après 55 heures consécutives de chemin de fer.  
 
Le 2 novembre, départ de Marseille vers 17 heures sur le Calvados : 800 hommes + 17 officiers + l'équipage. Le 3, mer un peu dure, mais rien d'anormal.  
Le 4.... Oh! j'ai oublié la date du tamponnement du Bourget. Mais je crois que jamais je n'oublierai la date du 4 novembre 1915 qui fera pendant, par le côté tragique de ses souvenirs, à celle du 31 août 1914.  
Le 4, vers 3 heures de l'après-midi, j'étais sur la passerelle du navire avec le commandant du Calvados et quelques camarades.  
Déjà à l'horizon, on apercevait la côte d'Afrique et nous calculions que vers 5 heures et demie ou six heures nous serions à Oran, lorsque tout à coup, le bruit sourd de quelques coups de canon assez lointains se fit entendre. Et en scrutant l'horizon, nous aperçûmes dans la direction de l'ouest à 7 ou 8 milles, un vapeur qui donnait très fortement de la bande. Et à la jumelle, on pouvait découvrir, à quelques centaines de mètres du vapeur quelque chose ressemblant à un capot de sous-marin naviguant en surface. Aucun doute n'était plus possible : la lueur des coups était visible : un sous-marin coulait un vapeur à coups de canon.
 
Il n'y avait pas à hésiter: nous n'avions pas de canons, il fallait fuir le plus vite possible et gagner la côte au plus tôt. Mostaganem et Arzew étant plus proches de nous que ne l'était Oran, et ces deux directions nous éloignant d'ailleurs du sous-marin, le commandant mit la barre sur Mostaganem.  
Mais déjà le sous-marin avait abandonné sa première proie et se précipitait sur nous... Et nous ne filions que 11 nœuds tandis que lui marchait au moins à 18. Pourtant il était encore à 4 ou 5 milles de nous, et nous pouvions encore espérer nous rapprocher de la côte, lorsqu'un sifflement bien connu suivi d'une brusque détonation nous apprit qu'il commençait à nous canonner. Nous étions bien encadrés. Les coups tombaient devant nous, derrière, à droite, à gauche mais très près. Une quinzaine d'obus tombèrent aussi, sans nous toucher. Mais soudain l'un d'eux arriva sur le bateau, touchant quelques hommes, ce qui est normal et peu inquiétant, mais touchant aussi la machine, ce qui était la pire des malchances.  
Un long jet de vapeur s'élança sur le pont, faisant un bruit infernal. Jusque-là, les hommes avaient été calmes et on avait pu les tenir, et leur distribuer avec beaucoup d'ordre les ceintures de sauvetage. Mais le bruit étourdissant de ce jet de vapeur, l'arrêt forcé du bateau, et l'arrivée à allure fantastique du sous-marin jetèrent la panique.
 
Vainement , les officiers essayèrent de rétablir l'ordre pour l'opération de la mise des embarcations à la mer . D'ailleurs , elle ne pouvait contenir que 250 hommes au grand maximum et nous étions plus de 800. Je vis pourtant 2 canots s'éloigner, chargés à couler. Et le sous-marin se rapprochait toujours... Je pus sauter dans une barque au moment où elle allait descendre, mais à peine  l'opération de la descente commençait-elle que ... Crac ! l'un des câbles cassait et la chaloupe restait suspendue dans le vide. Je me trouvais donc précipité instantanément de 7 m de haut et tombait à la mer.  
Ah! ma chère maman, tu m'as reproché bien souvent autrefois mon amour des bains froids et les abus que j'en faisais.... Mais c'est pourtant à mon habitude de l'eau froide, des plongeons, et des immersions que j'ai dû de rester assez calme pour réfléchir dans de pareilles circonstances...  
Quand je revins à la surface, je m'aperçus que mes vêtements me gênaient horriblement pour nager. M'accrochant à un câble qui pendait du bateau, et aidé d'un camarade, je pus alors enlever mes souliers, mes leggings, arracher ma vareuse à coups de couteau, et ceint de ma ceinture de liège je contournais le bateau à la recherche d'une autre embarcation. Mais hélas, les deux premières était parties à force de rames et il n'y en avait pas d'autres. Un radeau restait sur le pont, qui me tenta. M'accrochant à une échelle de corde, j'essayais de remonter. Mais je n'avais pu me débarrasser de ma culotte, et, trempée, elle était d'un poids fantastique. Je ne pus me hisser.  
 
Puis à ce moment-là, j'aperçus à 150 m deux barres verticales émergeant de l'eau et filant à toute allure. Je connais les périscopes des sous-marins et je compris qu'il arrivait et allait  torpiller le Calvados à bout portant. C'était le moment de fuir le plus loin possible du bateau. Je me lançai à la nage dans la direction opposée. Sur le pont, plus de 400 hommes étaient rivés, par la crainte de l'eau, l'horreur de la mer, malgré les ceintures de sauvetage, 400 hommes hébétés, qui attendaient la mort. Les autres, accrochés à des épaves de toutes sortes, planches, caisses, etc., cherchaient à s'éloigner. Sur le pont, un groupe cherchait à mettre les 2 radeaux à la mer.
 
Tandis que je nageais, un jeune homme en qui je reconnus le restaurateur du bord, se trouva sur mon chemin. Il nageait appuyé sur une planche :  
— Venez-vous avec moi? "me dit-il." Ma planche peut servir à deux. A deux on se tire d'affaire plus facilement".  
À notre droite, un groupe de 200 à 300 naufragés se soutenait sur l'eau et un radeau qui venait d'être mis à l'eau semblait prendre cette direction.  
— Venez par là, lui dis-je, nous tâcherons de monter sur le radeau."
— Par là, jamais de la vie" me répondit-il. "Tout le monde s'y porte et sans raison d'ailleurs. Si nous y allions, 10 hommes tenteraient de s'accrocher à notre planche qui coulerait et nous serions tous noyés. D'ailleurs, ajoutait-il en me montrant un browning, je brûle la cervelle au premier qui approche. Croyez-moi, dans une heure ou deux , on viendra à notre secours. Marchons vers la côte. Nous rencontrerons les premiers les embarcations et seront les premiers secourus". La théorie semblait admissible et je me rendis à ces raisons.  
 
Pendant ce temps bien entendu, le sous-marin avait envoyé sa torpille à 150 m. Une détonation formidable fantastique s'était produite à 150 m de nous. Des hommes avaient été projetés en l'air, la dernière chaloupe retournée, et quand la fumée se dissipa une plaie béante apparut au flanc du Calvados. Il tint pourtant encore quelques minutes, L'arrière s'inclina lentement enfonçant petit à petit, puis brusquement, le navire se dressa tout droit, absolument vertical, l'avant en l'air, les 400 hommes qui s'y trouvaient apparurent 2 secondes, effroyablement précipités et le Calvados enfonça comme une flèche dans sa course à l'abîme. La mer se referma. Et ce fut tout. Il ne resta plus que 4 ou 500 hommes accrochés à des épaves, et gémissant, hurlants, râlant.  
 
Pendant ce temps le sous-marin naviguait en surface.... Une fois sa torpille lancée, il avait émergé et les officiers allemands et leurs hommes, sur le pont, examinaient leur œuvre, le sous-marin évoluant lentement au milieu des naufragés. Et les tirailleurs, à quelques mètres d'eux les priaient, les suppliaient, les imploraient. Ah! comme ils connaissaient mal leurs assassins! Ceux-ci prenaient des clichés photographiques... ! et quand toutes les vues photographiques furent prises, le sous-marin s'en fut, sans doute à la recherche d'une autre proie .  
 
Cependant, je commençais à être transi, à grelotter, mes dents s'entrechoquaient, des crampes me prenaient par tout le corps, à tout instant. Une mousse blanche apparaissait aux lèvres de mon compagnon d'infortune  Et le soleil baissait. Là-bas, dans le lointain, tons les naufragés suivaient la même direction, en poussant cette longue plainte sinistre, ce râle lugubre, qui ne devait cesser qu'à l'aube, lorsque presque toutes les vies furent éteintes... Dans la direction du gros des naufragés, j'apercevais le radeau, et sa vision me hantais. A mon tour, j'exposai ma théorie au restaurateur;  
— Venez au radeau, lui dis-je, là au moins, nous n'aurons de l'eau que jusqu'aux cuisses et nous pourrons attendre le secours plus longtemps...Dans une demi-heure, il fera nuit. Et le secours a les plus grandes chances de ne plus arriver cette nuit. Nous n'avions pas la T.S.F. à bord et nous n'avons pu prévenir. Demain seulement, on s'inquiétera de ne pas nous avoir vu arriver ce soir et on nous recherchera. Et je me sens incapable de tenir toute une nuit, complètement immergé dans cette eau glacée. Et même en admettant que du secours vienne cette nuit, on verra un groupe, un radeau, on ne verra par un isolé. Venez-vous au radeau, oui ou non?"  
— Non!" me répondit-il.  
Alors, je le quittais et tout seul nageais vers le radeau. J'y arrivai tremblant de froid. Mais j'y arrivai. Et quand la nuit fut complète, j'entendis à quelque distance des détonations. C'était peut-être mon compagnon de quelques instants si tragiques, qui, comme tant d'autres, se faisait sauter la cervelle.  
 
Sur le radeau même, construit pour porter trente-cinq personnes, plus de quatre-vingt naufragés s'accrochaient, gesticulaient, hurlaient, se battaient pour avoir une place. Lorsque j'arrivai, les tirailleurs me reconnurent et me hissèrent auprès d'eux... Tout autour du radeau, des isolés flottaient : les vivants hurlaient lamentablement, les cadavres poussés par la houle, soutenus par la ceinture de liège, se balançaient doucement à la surface de la mer.  
Quand la nuit fut complète, tous les isolés voulurent monter sur le radeau. Il en arrivait de tous côtés. Sur une moitié de radeau (l'autre radeau s'était cassé en deux à la mise à l'eau), quinze hommes chevauchaient. Quelqu'un proposa de réunir cette moitié à notre épave. Mais les naufragés n'était plus une troupe : ils étaient devenus un troupeau, ne recevant plus, n'admettant plus aucun ordre. Lorsque les grappes humaines s'accrochèrent au radeau pour y monter, la scène devint indescriptible. Le radeau chavira et tout le monde fut projeté à la mer. Pour remonter il fallait se battre, se débarrasser des étreintes de ceux qui se noyaient et qui vous entraînaient vers le fond. Au moment où j'allais mettre la main au radeau la première fois, une main se posa sur ma tête une autre sur mon épaule et ma tête disparut. Une autre fois je me sentis cruellement mordu à la cuisse.  
 
 Sept fois, le radeau chavira, expédiant tout le monde à la mer. Deux fois, il se retourna complètement et, deux fois, je me trouvais avec deux mille mètres d'eau sous les pieds et un radeau métallique sur la tête. La première fois, je me dégageai avec une facilité relative, en nageant entre deux eaux sous toute la largeur da radeau. Mais la deuxième fois, j'eus quelques secondes d'angoisse. Étais-je étourdi par le choc sur ma tête de la masse du radeau qui venait de se retourner sur moi ?  Avais-je pris la longueur du radeau au lieu de prendre la largeur ? Peut-être. Mais je me sentais aussi empoigné par les étreintes terribles des noyés. Ma tête heurtait le radeau. Je luttais désespérément pour sortir de cette prison horrible, mais j'étais à bout de souffle et j'avalais de longues gorgées d'eau. Enfin, dans un effort suprême que l'instinct de conservation et l'énergie du désespoir me permirent de fournir, je parvins à nager entre deux eaux et ma tête émergea enfin, toute lumineuse (car la mer était phosphorescente) Avec quelle volupté bestiale je respirais ! Cette fois, il me fut beaucoup plus facile de remonter sur le radeau car les manquants étaient nombreux! Petit à petit, le radeau éliminait ceux dont le nombre le gênait, et à partir du moment où il ne se considéra plus comme surchargé, il cessa de jeter tout le monde à la mer.  
 
Nous essayâmes alors de nous diriger vers la côte : la voile fut montée. Mais nous n'avions pas de gouvernail. Les avirons étaient tombés à la mer, et le vent, d'ailleurs très faible, nous emmenait au contraire vers le large....
 
Le jour se leva, aucune plainte ne s'élevait plus; les grappes humaines qui toute la nuit, s'étaient ruées autour du radeau avaient disparu. Seuls quelques cadavres flottaient dont les mains crispées étaient comme soudées aux cordes du radeau. Anxieusement, les regards fouillèrent l'horizon. Deux ou trois vapeurs passèrent dans les quatre premières heures da jour; ils s'éloignèrent puis disparurent. Parfois, un naufragé croyait voir un sous-marin !  
 
Un marin, depuis des heures était fou. Il proposait à ses voisins d'aller "se reposer par quatre mille mètres de fond" disant qu'on y serait bien mieux.  Brusquement, vers huit, neuf ou dix heures ? il se jeta sur un sergent français, le prit à la gorge et l'entraîna avec lui. Tous deux disparurent et ne réapparurent plus. Le vent nous poussait toujours davantage vers le large...  
 
Quelques heures plus tard, un marin déclara qu'il devait y avoir, au centre du radeau, une soute à vivre hermétiquement close, dans laquelle on devait trouver de la viande de conserve et de l'eau douce. Cette nouvelle ranima certains courages défaillants. Le fou, avant de mourir, s'était longuement désaltéré à la mer! Il avait bu dans le creux de sa main des litres d'eau salée! On nous promettait de l'eau douce! Mais il fallait dégager le centre du radeau, faire mettre tout le monde à l'eau autour de l'épave. Et les tirailleurs n'étaient plus qu'un troupeau, n'obéissaient plus. J'employai tous les moyens, la douceur, la persuasion, les supplications, les menaces. Rien n'y fit. Aucun d'eux ne voulait se mettre à l'eau. Finalement, j'usais du moyen suprême : à violents coups de poing, d'abord sur le corps, puis en plein visage, je frappai comme un sourd... : ils obéirent! Hélas! il n'y avait point d'eau! Mais 6 boîtes de conserves qu'on se partagea. Chaque part fut engloutie et on se remit à scruter l'horizon. De temps en temps, on découvrait qu'un vivant était devenu un mort. On le jetait à la mer.  
 
Il pouvait être une heure ou deux de l'après-midi lorsqu'un navire apparut, venant de la côte et filant droit vers nous. Bien qu'il fut au moins à sept ou huit milles et qu'il ne put rien entendre, tout le monde se mit à hurler et à agiter des chemises. Hélas ! au bout d'une demi-heure, il changea de direction. Très très loin, vers Oran, deux ou trois vapeurs étaient en vue, mais si loin, si loin. Et nous étions si petits, si perdus, si invisibles sur cette grande mer. Bientôt le soleil allait se coucher, une deuxième nuit allait commencer, la dernière sans doute. Tous les bateaux passaient trop loin de nous, les uns longeant la côte, les autres suivant la ligne Oran-Marseille. Il aurait fallu pouvoir s'en rapprocher mais nous n'avions pas de rames et le vent nous était défavorable. Une muette résignation se lisait sur presque tous les visages. Les faces pâles aux traits tirés étaient des masques tragiques dont l'impression doit être bien difficile à imaginer et même à reproduire lorsqu'on l'a vue.  
 
Soudain, un navire apparut vers le nord, très loin.  
— Oh ! il ne viendra pas ici dit un officier du "Calvados". Il filera vers l'ouest, sur Oran ou vers l'est sur Alger. "
Pourtant, au bout d'une demi-heure, il semblait s'être rapproché, et bientôt nous le vîmes piquer droit sur nous.  
— Comme il marche lentement !" disait les uns. "Il ne marche même pas, disaient les autres, il est arrêté, la cheminée ne fume pas."  
Cependant, il semblait grossir. Soudain, la cheminée se mit à vomir des nuages de fumée noire. Un espoir délirant emplit les coeurs. "Il nous a vus ! Agitez les chemises, criez tous ensemble, très fort !" Aucun doute n'était possible, le navire n'était plus qu'à deux milles et faisait des signaux, amenait son pavillon. "Le voici ! Il arrive !" Il n'est plus qu'à cinq cents mètres. Déjà il ralentit et l'équipage commence à descendre les chaloupes à la mer. Le voici à cent mètres, il stoppe ! C'est un navire anglais, le "Lady Plymouth", nous sommes sauvés !
 
Mon récit est fini. Il n'a aucune prétention littéraire. Il est la très pure expression de la vérité absolue. Mais il aurait fallu une plume plus autorisée et habile pour pouvoir exprimer les horreurs d'une telle réalité.  
 
... Le capitaine Watson et l'équipage anglais ont été splendides. Ayant aperçu des épaves, ils s'étaient mis à chercher des naufragés. Quand nous sommes arrivés à bord, nous nous sommes comptés. Nous étions quarante trois militaires, dont quatre officiers, et quatre marins. Beaucoup durent être hissés à bord, étant presque dans le coma...  
 
Les Anglais firent royalement les choses et les tirailleurs malades furent déposés dans les couchettes des officiers du bord qui passèrent eux-mêmes la nuit sur le pont. Cette nuit aurait pu être tragique aussi: à deux heures du matin, deux obus tombèrent à cent mètres du "Lady Plymouth". Les voyages en Méditerranée deviennent peu sûrs décidément !
Enfin, à six heures, nous arrivions à Alger. L'Amirauté avait été prévenue par un torpilleur qui avait croisé la veille au soir le "Lady Plymouth" et avec le commandant duquel j'avais parlementé par le porte voix. L'Amirauté nous avait envoyé chercher au port. Des officiers d'état-major nous attendaient. Les chaloupes nous déposèrent au quai ou des automobiles nous prirent et nous emmenèrent directement à l'hôpital. C'est là que je découvris que j'étais couvert de bleus, de plaies, de bosses et de contusions. Mes membres étaient raides, mes articulations douloureuses. Carpentier au lendemain d'un de ses combats de boxe doit être à peu prés dans le même état. Mais les bains chauds et les massages m'ont déjà retapé. J'ai pu dormir la nuit dernière et j'ai eu beaucoup moins de cauchemars que la nuit précédente sur le bateau anglais...  
 
Ce qui m'attriste le plus , dans mes insomnies c'est la mort de tant de bons camarades de presque toute ma compagnie...Je songe même avec émotion à mon cheval, à mon chien que les balles allemandes avaient déjà touché tous deux pourtant. Je songe aussi à tous les souvenirs, à toutes les reliques que je conservais précieusement dans ma cantine, à mes papiers, mes notes, mes lettres de services, à mon journal de route, à des photographies à exemplaire unique, à des lettres, celles de grand-père, la dernière de Lucien (mon frère), la dernière carte d'Henry. Tout cela ne m'avait jamais quitté... Il est vrai que je vis! Et 750 cadavres flottent à vingt milles au large du cap Ivi.  
 
Les médecins, le Directeur du Service de Santé, les innombrables visiteurs, le général Moinier, le Gouverneur Général de l'Algérie, sa femme, le représentant de l'Amiral, etc., etc....... me félicitent. Il parait que je suis le moins touché. Les autres pour la plupart, sont alités, crient toute la nuit, ont des cauchemars constants, se voient en mer sur des tonneaux environnés de cadavres..
 
Et devant moi s'étendent les jardins et les pelouses verdoyantes de l'hôpital d'Alger. Les oiseaux gazouillent au milieu des fleurs. Dans le patio de style mauresque, les jets d'eau murmurent dans des vasques de marbre, les rayons de soleil frôlent les mosaïques.  
Ah! La destinée! La roue qui tourne...  
Mais toutes ces réflexions, pour ne pas dire ses rêveries d'un cerveau qui vient d'être un peu trop violemment secoué, n'ont plus rien à voir avec mon sujet.  
 
J'ai voulu te dire tout de suite, ma chère maman, les choses tragiques que j'ai vues, les heures que j'ai vécues. Je t'ai noté mes impressions pour toi et tout ceux qu'elles peuvent intéresser sous le coup de mon émotion. Demain, déjà, il aurait été trop tard : je me serai résumé en une demi page. Maintenant, je n'écris plus rien. Cette lettre est unique. Je vais tâcher de penser à autre chose. J'ai hâte de respirer un autre air, de sortir d'ici.  
 
Que va-t-on faire de nous? De moi? Quand nous renverra-t-on sur le front?  Je l'ignore, pour l'instant je vous envoie à tous les baisers de l'hôpital Maillot Alger.  
 
Bien qu'il ait fallu pour que je vive, non pas un miracle, mais un ensemble de miracles, je n'ai jamais désespéré."  
 
 Georges Barré
 Capitaine au 8ème Tirailleurs Tunisiens
 

Le Capitaine Georges Barré est retourné sur le front, le 21 Janvier 1916, à la tête du 1er Régiment de Marche de Tirailleurs.

Message cité 1 fois
Message édité par Ar Brav le 14-11-2008 à 06:47:47

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10386
Ar Brav
Posté le 14-11-2008 à 06:30:43  profilanswer
 

Yves D a écrit :

LE CALVADOS        FR  1T (12)
 1,678 Cie. Générale Transatlantique, St. Nazaire      286.9 x 35.6
     C Soc. Cockerill, Hoboken (3) #298
Captured, shelled and sunk by U 38, 4 Nov 1915, 22 miles NW of Cape Ivi (Arzew), voy. Marseille - Oran, troops
Source : Starke Reg. 1890
 
Il faudrait modifier le titre de ce fil et supprimer cette mention de "navire-écurie".
Cdlt
Yves


Message édité par Ar Brav le 14-11-2008 à 06:46:59

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°10628
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 26-11-2008 à 09:00:22  profilanswer
 

Le Capitaine Georges Barré :
 
http://img4.hostingpics.net/pics/226429Georges_Barre.jpg
 
Carrière  
Saint-Maixent en 1910 et Sous-Lieutenant au 670 RI.
Lieutenant au 4° Régiment de Tirailleurs Tunisiens en 1912 ;
Capitaine au 8° Régiment de Tirailleurs Tunisiens en 1914, puis au 1° Régiment de Tirailleurs Algériens en 1916.
A combattu pendant toute la grande guerre avec les Tirailleurs et a servi jusqu'en 1936 en Métropole.
Colonel au 5° Régiment de Tirailleurs Marocains de 1936 à 1938, il est breveté d’Etat-Major et du Centre des Hautes Etudes Militaires, puis est nommé chef de l'E-M. du 19° Corps d’Armée en 1939, puis chef de l'E.-M. du Sud Tunisien.
Promu général de brigade, il prend le commandement de la 7° Division Nord-Africaine, fait campagne en France en 1940 et après avoir été président de la D.F.A. des confins libyques, il est nommé chef de la 19° Région.
Promu Général de Division, il est nommé le 19 Janvier 1942, commandant supérieur des troupes de Tunisie, succédant au Général de Lattre de Tassigny.
Promu Général de Corps d’Armée en  Mars 1943, il est mis en congé d’activité en Juillet 1943 par le Général De Gaulle.
 
Décorations  
    Commandeur de la Légion d’Honneur
    Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945
    Croix de guerre T.O.E.
    Commandeur de l’Empire Britannique
    Officier de la Legion of Merit (USA)


Message édité par Yves D le 26-11-2008 à 09:03:44

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°11054
Ar Brav
Posté le 14-12-2008 à 12:15:33  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
La zone où Le Calvados a coulé :  
 
http://images0.hiboox.com/images/5008/669ce8b6c3764ed2b1e1c4eb48040f9d.jpg
 
Cordialement,
Franck


Message édité par Ar Brav le 14-12-2008 à 12:15:51

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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°11295
Ar Brav
Posté le 19-12-2008 à 11:05:04  profilanswer
 

Rutilius a écrit :


   Bonjour à tous,
 
   Un tirailleur tunisien disparu avec Le Calvados, le 4 novembre 1915 :
 
     - TILI BEN BOUBEKER BEN Abdallah, présumé né en 1892 à Sol Khalta (Tunisie), mort le 4 novembre 1915 " en mer ", lors du " torpillage du Calvados ", soldat de 2e classe au 8e Régiment de marche de tirailleurs, Matricule n° 4636 au Corps, Cl. 1913 (Jug. Trib. Marseille, 21 sept. 1917, transcrit à Marseille, le 31 décembre 1917).
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.



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n°11297
Terraillon​ Marc
Posté le 19-12-2008 à 11:27:32  profilanswer
 

Bonjour  
 
Les corrections sont faites
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°12369
corinne
Posté le 18-01-2009 à 18:43:25  profilanswer
 

bonsoir à tous
 un tirailleur disparu avec le calvados
Amor ben bou menzel ben smin, soldat 8 éme régiment de tirailleurs indigènes présumé né en 1893 à Souk el arba, Tunisie
 
amicalement
 
corinne
 


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corinne
n°12403
corinne
Posté le 19-01-2009 à 10:41:18  profilanswer
 

bonjour à tous
 
un autre tirailleur tunisien disparu avec le Calvados ,le 4 novembre 1915
 
mohamed ben salah ez zegham, soldat 2ème classe , au 8 éme régiment de tirailleurs tunisiens, présumé né en 1891 à Chaouache, en Tunisie
 
amicalement  
 
Corinne


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corinne
n°12453
corinne
Posté le 21-01-2009 à 15:31:54  profilanswer
 

bonjour à tous  
voici de nouveaux noms de tirailleurs tunisiens ,disparus en mer lors du torpillage du calvados, le 4 novembre 1915,
 
Abderrahmane ben molazeni mohamed el djebali , soldat 2eme classe au 8°RTT, présumé né en 1890 à Kebia, Tunisie
Ahmed ben abdel aziz el arfaoui, soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1889, Le riff, tunisie
Ali ben mohamed ziani el iman ,soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1889,à Mansoura, tunisie
Bou zian ben bou haras el hasseni soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1888,à Mansoura, tunisie
Bou zid ben abdallah ben abda soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1888,à (illisible), tunisie
Er rezgui ben lakdar er rezgui ben abes soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1888,à tunis tunisie
Amza ben el aieh ben mansour soldat 2eme classe au 8°RTT, présumé né en 1890 à oulad cedra tunisie
Salah ben merzouk ben mahmoud soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1888,à oued el hadj?  tunisie
Salah ben zemmal ben abdallah soldat 2eme classe au 8°RTT présumé né en 1888 à sened tunisie
 
cordialement
 
Corinne


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corinne
n°12859
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 01-02-2009 à 17:05:36  profilanswer
 

Ci-dessous une information supplémentaire tirée de la Dépèche Algérienne envoyée par Jean de Crescenzo :
 
Le Torpillage du Calvados
 
La  Dépèche  Algérienne a donné les informations suivantes sur ce drame :
 
6 novembre : dans la soirée du 4 novembre, le Calvados de la Compagnie Générale Transatlantique a été attaqué par un sous-marin allemand : les détails manquent encore sur cette attaque
 
13 novembre: le Ministre de la Marine fait ouvrir une enquête sur les conditions de la perte du Calvados et notamment sur le fait que la TSF n'a pas fonctionné.

21 novembre
: les journaux londoniens publient une lettre d'un officier du vapeur Lady Plymouth qui avait recueilli en mer des hommes du Calvados. Voici cette lettre :
 
Nous avons aperçu, écrit cet officier, d'abord un canot du Dahra de La Rochelle, vide mais qui avait été occupé, puis un radeau abandonné, enfin un petit bateau dont nous avons recueilli les passagers et une partie de l'équipage appartenant au transport Calvados de Saint-Nazaire, qui avait été torpillé par un sous-marin inconnu. Non loin de là, nous avons découvert les débris d'un radeau monté par quelques hommes qui s'y accrochaient. L'équipage a fait tout son possible pour sauver le malheureux officier qui se trouvait parmi les naufragés.
 
Cet officier raconta qu'il avait vu trois d'entre eux tombés en mer, s'accrocher au sous-marin espérant être hissés à bord. Un officier allemand chamarré les a repoussé à la mer à coups de pied. Leurs camarades assistaient de loin impuissants à cette scène.
 
Les naufragés ont reçu tous les soins désirables. Cinquante-trois ont été sauvés le lendemain à l'aube. Deux coups de canon ont été tirés sur le vapeur Lady Plymouth qui éteignit ses feux.
 
23 novembre 1915 : Voici les renseignements recueillis lors de l'arrivée du Lady Plymouth à Alger, qui mettent en relief la belle conduite de l'équipage du vapeur anglais et tout spécialement du commandant et du maître d'équipage. Le Lady Plymouth qui venait de Norfolk est commandé par le capitaine J.K.Watson. Il se trouvait le vendredi 5 novembre, en Méditerranée, non loin de l'endroit où avait été coulé le Calvados. Vers 3 heures de l'après-midi, la vigie signalait un premier radeau portant trente-sept hommes. Un quart d'heure après, un second radeau était aperçu sur lequel se trouvait onze naufragés. Le commandant Watson fit stopper et mettre les embarcations à l'eau. En quelques instants, les rescapés étaient à bord et recevaient les soins empressés de l'équipage. La nuit était venue, le vapeur naviguait avec circonspection lorsque vers 9 heures le maître d'équipage, russe d'origine, qui se trouvait à l'avant du navire, signala de stopper car il croyait voir émerger un sous-marin par tribord avant. Le vapeur fit halte et à l'aide de fanaux, l'on aperçu un tirailleur qui était cramponné à une longue planche; le naufragé épuisé sentant du secours qui lui arrivait poussait des cris de détresse et appelait à l'aide. Au même instant, le maître d'équipage n'écoutant que son courage, sans même prendre le temps de se dévêtir, se jeta à l'eau de l'avant du navire où il se trouvait et se porta au secours du militaire qui défaillait. Pendant ce temps, un youyou avait été mis à la mer et recueillait le militaire et son sauveteur. Le tirailleur qui y était resté près de dix heures dans cette position critique était absolument à bout de force, un cordial lui fut aussitôt administré et on lui prodigua les soins que nécessitait son état.
 
A bord du Lady Plymouth, ce fut une véritable émulation entre les marins composant l'équipage et c'est à qui pouvait s'empresser auprès des rescapés. Le capitaine Watson, le premier, mit sa garde-robe à contribution de façon telle qu'il se démunit de tous les vêtements et pièces de linge qu'il possédait. Il ne conserva que la tenue qu'il avait sur lui : aussi lors de son arrivée à Alger, fut-il obligé de renouveler en entier sa garde-robe.
 
À noter que le capitaine Watson avait déjà le 28 mars 1915, dans la mer du Nord, accompli dans des circonstances analogues, un brillant sauvetage, en recueillant à son bord l'équipage du vapeur Aquila également torpillé par un sous-marin allemand.  
 
Autre information :
Le Calvados faisait régulièrement le transport de troupes dans les deux sens entre la métropole et l’Algérie. Le 23 septembre 1914, le Calvados débarque  à Alger 123 prisonniers allemands qui sont acheminés le soir même vers Tizi-Ouzou par train spécial puis vers Fort-National. où ils seront internés.
 
Commentaire personnel

Citation :

Cet officier raconta qu'il avait vu trois d'entre eux tombés en mer, s'accrocher au sous-marin espérant être hissés à bord. Un officier allemand chamarré les a repoussé à la mer à coups de pied. Leurs camarades assistaient de loin impuissants à cette scène.


Il sera sans doute impossible de rétablir la vérité aujourd'hui mais je n'accorde guère de crédit à ce genre d'assertion.  
"Un officier chamarré"... comme si un sous-marin était un salon ! A-t-on jamais vu photo d'équipage d'U-Boot en opération en tenue de cérémonie ?  
"Repoussés à la mer à coups de pied"... ça m'étonne quand même, au delà du pavillon, surtout après le combat, il y a une véritable solidarité entre gens de mer.
 
Cdlt
Yves


Message édité par Yves D le 01-02-2009 à 17:17:07

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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°13125
corinne
Posté le 08-02-2009 à 18:16:30  profilanswer
 

bonsoir à tous
tirailleurs tunisiens disparus avec le CALVADOS
8°RTT
Ahmed ben Tayeb ben Abda, soldat 2ème classe né en 1888 à EL ... Tunisie
ali ben mohamed ben Aazouz ,soldat 2éme classe présumé né en 1882 à Tunis , Tunisie
Allala ben tayeb ,soldat 2ème classe né en 1886 à El harouet Tunisie
Amar ben ali ben youcef el ferchichi,soldat 2ème classe né en .... à.... , Tunisie
Ayral françois baptiste , sous lieutenant , né le 8 juillet 1874 à Oud Toulza, Algérie
Bechir ben younet ben yahur,soldat 2éme classe présumé né en 1893 à .... Tunisie  
Beyzid ben mustapha ,soldat 2éme classe présumé né en 1893 à Bou Saadia, Tunisie
El ayachi ben ferhat ben ammar,soldat 2éme classe présumé né en 1890 à.... Tunisie
El ayachi ben salah benhadj abderrahmane ,soldat 2éme classe présumé né en 1889 à ... Tunisie
EL hadi ben younes ben el hadj mohamed damans,soldat 2éme classe présumé né en 1889 à Cédra ,Tunisie
Kheyar salah ben rabia ben seddik,soldat 2éme classe présumé né en 1890 à Touar amalou? Tunisie
Letayef ben mohahmed  


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corinne
n°13128
corinne
Posté le 08-02-2009 à 18:31:41  profilanswer
 

oups mauvaise manip désolée
8° RTT[u]
Letayef ben mohamed ben m'hammet  ben tlili ,soldat 2éme classe présumé né en 1891 à .... Tunisie
Marcowitch jean baptiste, caporal , né le 17/03/1888 à Tlemcen Oran , Algérie
Mohamed ben tayeb ben salah, caporal présumé né en 1884,à .... Tunisie
Moyse Emile, soldat 2éme classe né le 17/02/1880 à... Alger, Algérie
Rey Leon, soldat 2éme classe né le 19 octobre 1886 à....Algérie
Sghirben ayachiben azzeb ,soldat 2éme classe présumé né en 1884 à Ouled Gacem,Tunisie
Tartavull jean, soldat 2éme classe né le 19/10/1885 à Kouba,Algérie
Triv ben amor el harbaoui,soldat 2éme classe présumé né en 1887 à Maiza? , Tunisie[b]
 
bien amicalement
 
Corinne


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corinne
n°14201
mibelius
croire savoir n'est pas savoir
Posté le 13-03-2009 à 14:20:27  profilanswer
 

Ar Brav a écrit :

Bonsoir,
 
Voici la fiche du navire Le Calvados en anglais :
 
http://perso.orange.fr/MT06/Le Calvados.JPG
 
A bientot  :hello:


 
Puisque le cher forum se penche sur les victimes du torpillage, j'y ajoute le nom de mon grand-oncle paternel, le caporal Joseph ANTOR, du 8e tirailleurs.http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2121/Oncle%20Joseph%20ANTOR%20caporal.jpg
 J'ai déjà une bonne liste de ses malheureux compagnons.
 
Cordialement,
Mireille B


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Mireille
n°15669
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 25-04-2009 à 18:35:01  profilanswer
 

Bonjour,
 
Une autre victime  de ce torpillage :   http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 1275374901
 
Et sa bien curieuse fiche du 8ème Tirailleurs Indigènes          
                  - né à PARIS ou à MUTZIG ? maintenant dans le Bas-Rhin
                  - Michel , Léon , Georges , Antoine , Albert ANDREATTA
                  - recruté à Chalons/Marne et déclaré MPF à Marseille
 
Au revoir.
   Sylvain
 
PS Je suppose qu'au niveau de la dénomination du régiment : 8eR.T.T c'est la même chose que Régiment de Tirailleurs Indigènes;

Message cité 1 fois
Message édité par monte-au-creneau le 25-04-2009 à 18:38:12

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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°15810
valier
Posté le 28-04-2009 à 16:57:48  profilanswer
 

Bonjour,
J'ai 9 naufragés du Calvados, tous du 8° Rgt de Marche de Tirailleurs :
 
Aquilina François né le 13/04/1886 à Philippeville, 2° Classe (Mam de Philippeville)
Ayral François, né le 08/07/1874 dans le dpt d'Alger, Sous-Lieutenant
Calléja Jean né le 05/02/1895 à Boufarik, Caporal (Mam de Boufarik)
Cortés Antoine né le 02/05/1880 à Alger, 2° Classe (Mam de Birkadem)
Ferrer Pascal né le 26/05/1886 à Kouba, 2° Classe (Mam de Kouba)
Grenier Léon Antoine né le 27/05/1885 à Alger - Mustapha, 2° Classe (MaM de Mustapha)
Mallia Michel né le 29/09/1880 à Bône, 2° Classe (Mam de Bône)
Pilato Emile né le 05/03/1885 à Alger, 2° Classe (Mam de Hussein-Dey)
Tocé Julien né le 03/03/1893 à La Calle, Sergent (Mam de La Calle)
 
Bonne soirée
 
Jacques


Message édité par valier le 05-05-2009 à 15:21:32

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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°28425
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 21-11-2010 à 23:08:30  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Pour Bernard, je remonte le sujet.
Cdlt


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°28426
GENEAMAR
Posté le 22-11-2010 à 08:14:28  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
  Parmi les disparus, le C.L.C. CATINCHI Dominique, Q/M : Marseille 528, Commandant "Le CALVADOS", cité à l'ordre de l'Armée navale en octobre 1917 : "Disparu après s'être courageusement dépensé pour tenter de sauver son équipage et ses passagers lors du torpillage de son bâtiment, le 4 novembre 1915. Déjà cité à l'ordre de l'armée en raison des circonstances de sa mort (JO du 31 octobre 1917)."
  Chevalier de la Légion d'Honneur. (ne figure pas en base Léonore ni sur le site SGA Mémoires des Hommes).
  Figure sur le Monuments aux Morts de la commune de CANARI (Haute-Corse) - sources : Mémorial FranceGenWeb
 

 
  http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3261/CATINCHI%20Dominique.jpg
  Photo : Mémorial FranceGenWeb


Message édité par GENEAMAR le 22-11-2010 à 08:20:47

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Cordialement. Malou
n°28427
badon54
Lorrain je le suis et le reste
Posté le 22-11-2010 à 09:30:42  profilanswer
 

monte-au-creneau a écrit :

Bonjour,
Et sa bien curieuse fiche du 8ème Tirailleurs Indigènes          
                  - né à PARIS ou à MUTZIG ? maintenant dans le Bas-Rhin
                  - Michel , Léon , Georges , Antoine , Albert ANDREATTA
                  - recruté à Chalons/Marne et déclaré MPF à Marseille

Bonjour
Il y a bien un Albert Anton (Antoine) ANDREATTA né le 15 mai, déclaré le 18 à Mutzig


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Salutations
Bernard
n°28428
LABARBE Be​rnard
Posté le 22-11-2010 à 10:39:32  profilanswer
 

Bonjour les marins,
 
Ne trouvant pas le sujet CALVADOS j'en avais ouvert un autre, donc voici mon message au bon endroit (merci à Yves D):
 
Une fiche: http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2158054171
Savez-vous si des corps ont été rétrouvés ? Car le soldat Joseph Artigues, se trouve dans le caveau militaire du cimetière de Bordeaux-Nord... Corps restitué, ce qui me donne à penser qu'on a du en retrouver sur le lieu du naufrage.
 
Je vois donc à la lecture du dramatique récit du capitaine Barré que des corps ont certainement été ramenés à terre le lendemain.
On peut ajouter à la liste:
ARTIGUES Joseph Edouard, soldat, né le 26 octobre 1894 à Bordeaux, repose caveau militaire Bordeaux-Nord
 
 
Cordialement,  
Bernard


Message édité par LABARBE Bernard le 22-11-2010 à 12:12:47

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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°28436
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 22-11-2010 à 19:51:36  profilanswer
 


   Bonjour Bernard,
   Bonsoir à tous,
 
   « Savez-vous si des corps ont été retrouvés ? ».  
 
   Parmi environ 180 noms de victimes dont je dispose actuellement, au moins deux exemples :
 
  ― CHENEL Maurice Jules Charles, né le 7 juin 1885 à Kérata (Département de Constantine, Algérie) et domicilié à Tunis (Tunisie), mort le 4 novembre 1915 « en mer – Torpillage du CalvadosCorps déposé l’Hôpital d’Oran », Sous-lieutenant, 8e Régiment de marche de tirailleurs, Matricule n° 0.254, classe 1905/1906, n° 213 au recrutement de Tunis [« Extrait du registre de décès adressé le 5 novembre 1915 à Tunis (Tunisie), son domicile » – Jug. Trib. Marseille, 26 sept. 1917, transcrit à Marseille, le 31 déc. 1917 ].
 
   ― FROTTIER de la MESSELIÈRE Gabriel Marie Pierre Paul, né le 8 octobre 1873 à Plesder (Ille-et-Vilaine) et domicilié à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –), mort le 4 novembre 1915 « en mer [lors du] torpillage du CalvadosCorps déposé l’Hôpital mixte de Philippeville », Chef de bataillon, 8e Régiment de marche de tirailleurs , Matricule n° 61, classe 1893, n° 1.023 au recrutement de Saint-Malo (Jug. Trib. Marseille, 26 sept. 1917, transcrit à Marseille, le 31 déc. 1917).
 
   Citation : « Officier supérieur d’un courage et d’un dévouement remarquables. Est mort glorieusement pour la France, le 6 [sic] novembre 1915, en Méditerranée, au cours du torpillage du Calvados. Chevalier de la Légion d’honneur pour faits de guerre. »
 
   Mais, curieusement, bien que leur corps ait été retrouvé, le décès de ces deux officiers a été déclaré constant par le jugement déclaratif de décès prononcé par le Tribunal civil de Marseille le 26 septembre 1917...                
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.  
 
   P. S. : Il s'agissait bien du 8e Régiment de marche de tirailleurs , dit par commodité 8e Régiment de tirailleurs tunisiens.

n°28437
LABARBE Be​rnard
Posté le 22-11-2010 à 21:05:58  profilanswer
 

Bonsoir Daniel,
Oui c'était ma toute première question mais cela est devenu évident à la lecture (et relecture) de la lettre témoignage du capitaine Barré.  
Merci et cordialement,
Bernard


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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°31649
Valerie Q
Posté le 02-07-2011 à 11:12:41  profilanswer
 

Bonjour à tous
Une autre victime du torpillage du Calvados :  
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3307567282
 
Bien cordialement
Valérie


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22e RIT : http://sites.google.com/site/22emerit
Les "Pommiers" : http://pommiers19141918.canalblog.com/
n°33017
l'amiral
Posté le 30-11-2011 à 16:05:28  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Une question encore, à propos du naufrage du LE CALVADOS le 4 novembre 1915 :
Selon les riches infos mentionnées dans ce forum, (seul) le navire anglais LADY PLYMOUTH aurait recueilli des survivants.
 
Or il me souvient d’avoir lu (quelque part !!) que l’équipage du cargo belge WOLHANDEL, capitaine Vermeirsh,  avait été cité « … pour acte de bravoure lors du naufrage en recueillant plusieurs hommes de ce vapeur français ». Curieux non ?
 
Quelqu’un aurait-il une info ou idée à ce sujet ?
 
D’avance merci et A +
L’amiral.  

n°34220
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 29-03-2012 à 16:17:11  profilanswer
 


  Bonjour à tous,
 
 
   Annales du sauvetage maritime, 1er et 2e Trim. 1916, Discours de M. le Vice-amiral de Jonquières sur les principaux sauvetages récompensés de l’année, p. 30 et 31.
 
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/LE%20CALVADOS%20-2..jpg
                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/LE%20CALVADOS%20-3..jpg
 
 
                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/PAOLI-Jean..gif          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/GUILLEMAIN-Francois..gif
 
 
                       http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/LLUCIA-Gaston..gif (*)    http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CALISTI-Jean..gif
 
 
   (*) Gaston Germain Vincent LLUCIA, né à Oran (Algérie), le 20 décembre 1876.
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 20-08-2012 à 16:47:14
n°34345
Mike010
Posté le 14-04-2012 à 22:14:53  profilanswer
 

D'autres victimes du naufrage du Calvados :
 
BRAHIM BEN ABDALLAH Belgacem - 8e RTT - date de naissance : 1893 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =198618849
 
LAKDAR BEN SALAH BEN Belgacem - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1884 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 4043627002
 
MOHAMED BEN SALAH BEN AHMED ben Belgacem el Hajeri - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1888 en Tunisie (Sidi Amor)
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3169983196
 
SALAH BEN ABIDI BEN Belgacem -  8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1890 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2458939068
 
SALAH BEN OUENNAS BEN Belgacem ben bou Zouïta - 8e de Marche de Tirailleurs - date et lieu de naissance inconnus
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2556031570
 
ALI BEN AHMED Ben Ker - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1879 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3040334307
 
ALI BEN AHMED BEN Ghenia - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1894 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2841900583
 
ALI BEN AHMED BEN HASSINE Nemiri - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1894 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3359647142
 
ALI BEN AHMED SEGHIR Nouali - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1891 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3678446867
 
BELGACEM BEN ALI BEN AHMED ben Amor - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1893 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2560362818
 
BELGACEM BEN ALI BEN AHMED Mellanir - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : 1893 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3014744705


Message édité par Mike010 le 14-04-2012 à 23:09:00
n°34347
Mike010
Posté le 15-04-2012 à 11:14:08  profilanswer
 

Une nouvelle fiche :
 
ABDA BEN BOU REI Ali ben Reddhif - 8e RTT - date de naissance : 1889 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =466515235


Message édité par Mike010 le 15-04-2012 à 12:10:55
n°34348
Mike010
Posté le 15-04-2012 à 12:22:43  profilanswer
 

Ar Brav a écrit :


 
Vainement , les officiers essayèrent de rétablir l'ordre pour l'opération de la mise des embarcations à la mer . D'ailleurs , elle ne pouvait contenir que 250 hommes au grand maximum et nous étions plus de 800. Je vis pourtant 2 canots s'éloigner, chargés à couler.  
 
Georges Barré
Capitaine au 8ème Tirailleurs Tunisiens
 
 


 
Question idiote :
Pourquoi le Calvados n'avait il pas un nombre suffisant de canots de sauvetage?  
Apres la tragedie du Titanic en 1912, n'y a t'il pas eu des prises de conscience? N'y a t'il pas eu des changements de loi ?


Message édité par Mike010 le 15-04-2012 à 14:52:43
n°34353
Yves D
Mobilis in mobile
Posté le 15-04-2012 à 15:54:09  profilanswer
 

Bonjour Mike,
Le Calvados n'avait pas de canots de sauvetage pour 800 personnes pour la raison que ce n'était pas un paquebot mais un cargo donc avec un dimensionnement de moyens de sauvetage adapté à son équipage. A défaut donc d'un nombre de canots important qu'il n'aurait de toute façon pas été possible d'installer sur ce cargo, il est certain par contre que toute cette troupe avait reçu au minimum un gilet de sauvetage par homme et il y avait sans doute aussi des radeaux.
Cdlt
Yves


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www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
n°34356
Mike010
Posté le 15-04-2012 à 18:42:22  profilanswer
 

Merci Yves pour ces eclaircissements !
Quel triste recit que celui du torpillage du Calvados .... :(
Une nouvelle fois merci et bonne soiree.
 
Cdlt
Mike

n°34363
Mike010
Posté le 16-04-2012 à 15:47:59  profilanswer
 

Photo du Calvados + position de l'epave :
 
http://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?154553

n°34882
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 17-08-2012 à 19:42:59  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   • « Historique du 8e Régiment de Marche de Tirailleurs (2e, 4e et 5e  Bataillons du Régiment de tirailleurs indigènes) – Campagne 1914 ~ 1918 », Imprimerie française, Bizerte, sans date, 67 p. (Service historique de la Défense, cote A. 2 g. 2030 ; Gallica —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] d/f1.image ).
 
   « Le 7 novembre, le régiment est très douloureusement frappé par la nouvelle du torpillage, en Méditerranée, du Calvados qui transportait au Maroc le 4° Bataillon sous le commandement du Commandant de la Messelière, nouvellement promu.
   Une centaine d'hommes seulement échappèrent à la mort et purent atteindre la côte oranaise sur des radeaux de fortune, grâce au sang-froid des capitaines du Mesnildot
(1) et Barre (2), qui présidèrent au sauvetage. »
 
   ___________________________________________________________________________
 
   (1) Auguste Albert Joseph du MESNILDOT, né le 29 août 1879 à Valognes (Manche) (Base Léonore, Dossier 19800035/847/97027) ; décédé le 13 février 1962 à … (…). Fils d’Edmond Auguste Bernardin du MESNILDOT (1833 ~ 1910), ancien député et ancien conseiller général de la Manche, et d’Octavie de PIERRE de BERNIS ; marié le 18 février 1918 à Jeanne de LA VILLÉON (Le Gaulois, n° 14.744, Lundi 25 février 1918, p. 2, en rubrique « Renseignements mondains ~ Mariages). Élève de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, 85e promotion, dite « du Tchad » (1900 ~ 1902). Croix de guerre ; chevalier de la légion d’honneur.
 
   Ses cinq frères furent tous mobilisés durant la guerre :
 
   — Pierre Marie Raymond, né le 27 juin 1882 à Valognes (Manche), mort le 22 août 1914, tué à l’ennemi à Ethe (Belgique), Lieutenant, 14e Régiment de hussards, Matricule n° 150, classe1902, n° 291 au recrutement de Cherboug [Jug. Trib. Valognes, 5 sept. 1919, transcrit à  Anneville-en-Saire (Manche), le 10 sept. 1919]. Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume ; croix de guerre.
 
   ● « Guerre 1914-1918. Tableau d’honneur. Morts pour la France. », Paris, 1921, Publications de La Fare, p. 656.  
 
   Citation : « Officier dévoué et très brave. Tué glorieusement, le 22 août 1944, au combat d’Ethe (Belgique), à la tête de sa section de mitrailleuses qu’il avait mise en batterie pour arrêter une attaque de flanc. A été cité. »
 
   — Paul Marie Aimé, né le 19 octobre 1883 à Valognes (Manche) et décédé le 30 novembre 1946 à … (…) ; Lieutenant-pilote sur Farman (10 avril 1916) au 2e Groupe d’aviation, étant venu du 24e Régiment de dragons en qualité d’élève-pilote (1er janvier 1916), Matricule inconnu, classe 1903, n° 236 au recrutement de Cherbourg. Cité à l’ordre de la division en Février 1917 puis à l’ordre du régiment en Avril 1919.  
 
   — Auguste Raoul Edmond, né le 25 mars 1886 à Valognes (Manche) et domicilié à Anneville-en-Saire (Manche), décédé le  28 septembre 1914 à l’Hôpital auxiliaire de Châlons-sur-Marne (Marne) des suites de ses blessures, Caporal brancardier, 225e Régiment d’infanterie, Matricule n° 017.011, classe 1906, n° 236 au recrutement de Cherbourg. Prêtre. Médaille militaire à titre posthume ; croix de guerre.
 
   ● « Guerre 1914-1918. Tableau d’honneur. Morts pour la France. », Paris, 1921, Publications de La Fare, p. 656.
 
   Citation : « Grièvement blessé en pansant un de ses camarades, a, en plusieurs circons-tances, fait preuve de beaucoup de courage et d'un grand dévouement. »  
 
   — Albert Pons Marie, né le 21 septembre 1888 à Anneville-en-Saire (Manche), Lieutenant-observateur, puis pilote (6 juillet 1918) au 2e Groupe d’aviation, étant venu du 10e Régiment d’artillerie de campagne (31 décembre 1915), Matricule inconnu, classe 1908, n° inconnu au recrutement de Cherbourg ; décédé en Août 1921 à l’Hôpital du Val-de-Grâce des suites d’une maladie contractée durant la guerre. Cité à l’ordre de l’armée, le 16 août 1917.
 
   — Hervé, né le 22 juin 1890 à Valognes (Manche) et domicilié à Anneville-en-Saire (Manche), Sous-lieutenant-observateur au 2e Groupe d’aviation, étant venu du 13e Régiment de hussards (7 décembre 1915), Matricule inconnu, classe 1900, n° inconnu au recrutement de Cherbourg. ; décédé le 15 mai 1975 à … (…).
 
   (Source de départ —> http://gw3.geneanet.org/pierfit?la [...] +mesnildot ).
 
 
   (2) Georges BARRÉ (V. ci-dessus).
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 17-08-2012 à 19:48:22
n°35688
Mike010
Posté le 10-12-2012 à 10:34:05  profilanswer
 

Une autre victime :
 
GHARDALLAH BEN MOHAMED BEN Gharsallah - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : présumé 1894 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =140192270

n°35704
Mike010
Posté le 16-12-2012 à 15:30:15  profilanswer
 

Une autre victime :
 
EL MOULDI BEN TELLI ben Abdallah - 8e de Marche de Tirailleurs - date de naissance : présumée 1890 en Tunisie
Fiche MdH :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3843594525

n°37349
olivier 12
Posté le 12-05-2013 à 13:48:46  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici quelques précisions sur le torpillage du cargo LE CALVADOS.
 
Ce navire, de la série LE GARD et LE TARN avait été lancé à Hoboken en 1890. Le 12 Février 1895, il avait abordé et coulé près de Noirmoutier la goélette YVONNE. Refondu à Port de Bouc en 1906, doté de chaudières neuves, il avait été affecté au service postal en Méditerranée.
Dans l’histoire des navires de la Compagnie Générale Transatlantique, il est écrit qu’après l’avoir torpillé, le sous-marin U 38 mitrailla les embarcations de sauvetage et que deux seulement purent atteindre la côte, tandis que le vapeur anglais LADY PLYMOUTH recueillait 55 survivants.
Il y avait à bord du cargo 804 militaires et 55 hommes d’équipage. Le nombre de survivants aurait été de 137.
 
L’enquête fut menée à Oran par le lieutenant de vaisseau Aubry, du centre des flottilles d’Oran. Il a interrogé les rescapés suivants dont les témoignages se trouvent tous aux archives de Vincennes:
 
BARRE Georges  Capitaine au 8e tirailleur
DU MESNILDOT Joseph  Capitaine au 8e tirailleur
PAOLI Jean 2e capitaine de LE CALVADOS
GUILLEMAIN François Lieutenant de LE CALVADOS
LLUCIA Gaston Chef mécanicien de LE CALVADOS
GIUDICELLI  2e mécanicien de LE CALVADOS
BEL GACEM  Lieutenant au 8e tirailleur
JOURDAN  Lieutenant au 8e tirailleur
LE GARREC  1er chauffeur électricien  LE CALVADOS
CALISTI  Matelot électricien  LE CALVADOS
 
Le témoignage du capitaine Barré est tout à fait conforme (sous une forme plus officielle) au récit qu’il a fait dans une lettre envoyée à sa mère.
Les autres récits sont sensiblement identiques.
Voici celui du second capitaine, qui donne un point de vue de marin
 
Témoignage du 2e capitaine Paoli, 35 ans, domicilié 21 quai de la Joliette à Marseille
 
Le 4 Novembre 1915 vers 14h00, LE CALVADOS faisait route sur Oran et se trouvait à 25 milles du cap de l’Aiguille. J’étais à la passerelle en compagnie du commandant et de quelques officiers de l’armée de terre lorsque j’entendis des coups de canon dans l’Ouest. Nous crûmes à un exercice de tir mais, prenant mes jumelles, je vis à 6 milles des gerbes d’eau près d’un grand navire qui prit de la bande. A côté de lui, il y avait un point noir que nous supposâmes être un sous-marin.
 
Ayant 804 hommes de troupe à bord, nous avons essayé de lui échapper en virant de bord et en mettant le cap sur Mostaganem. Le sous-marin comprit la manœuvre, lança trois obus à l’autre navire et se mit à notre poursuite avant même qu’il ait coulé. La poursuite a duré trente minutes et sa vitesse, 20 nœuds, était très supérieure à la notre. Ses premiers coups de canon furent de 300 à 400 m trop courts. Puis deux obus tombèrent très près de l’arrière de LE CALVADOS qui ne portait aucun pavillon. Les 10 obus suivants passèrent au dessus de la passerelle et le dernier tomba sur la cheminée où il coupa le tuyau de vapeur du sifflet. Le capitaine donna l’ordre de capeler les brassières dont nous étions pourvus (environ 900), et de déborder les embarcations.
 
Il fit alors stopper et ordonna la mise à l’eau des moyens de sauvetage, soit 6 canots et 2 radeaux. Le sous-marin s’approcha puis plongea. Les tirailleurs n’écoutant ni les officiers du bord ni leurs officiers, l’évacuation se fit en désordre. Les soldats sautaient dans les embarcations avant qu’elles fussent amenées, provoquant la rupture des bossoirs. Deux seulement purent quitter le bord, chargées à couler bas, et toutes les autres chavirèrent. Le sous-marin, dont on voyait le périscope, s’approcha alors et, de 100 m tira une torpille qui atteignit LE CALVADOS au travers de la cale III où elle explosa. Mais le navire ne coula pas immédiatement.  
J’avais fait jeter à la mer tous les objets en bois qui pouvaient servir au sauvetage et couper les saisines des deux radeaux qui flottèrent quand le navire sombra. Mais l’un d’eux avait été coupé en deux par l’explosion de la torpille.
 
Je pus me maintenir dans un premier temps sur un panneau de cale, puis je fus recueilli par un radeau. Le sous-marin est resté un quart d’heure sur les lieux, évoluant à petite vitesse. La coque était peinte en gris et le kiosque en noir. Il mesurait environ 70 m. Il portait deux canons. Tout l’équipage était sur le pont, autour du kiosque. On aurait dit qu’il nous narguait.
 
C’est 24 heures plus tard que nous avons été recueillis par le vapeur anglais LADY PLYMOUTH. Son capitaine, Monsieur Watson, a eu une conduite au dessus de tout éloge. Il nous a donné les soins les plus assidus et nous a ramenés à Alger.
 
Extraits d’autres témoignages
 
Le chef mécanicien Llucia fit jeter à la mer les parcs à moutons en bois. Il précise que le bruit de la vapeur qui s’échappait du tuyau du sifflet était si fort qu’il empêchait de comprendre les ordres. Il prit place dans le tout dernier canot avec le commandant (qui ne savait pas nager). Mais celui-ci chavira au moment de l’explosion de la torpille. Il put alors s’accrocher à un radeau. Il dit qu’il a bien vu le sous-marin, mais pas son équipage.
 
Le capitaine Du Mesnildot déclare qu’il n’a rien remarqué de particulier concernant le sous-marin, si ce n’est qu’il lui semble avoir entendu rire sur le pont du submersible…
 
Conclusion de l’officier enquêteur
 
Le LV Aubry écrit : « Le sous-marin assista en surface à l’agonie de ses victimes et évolua à petite vitesse au milieu des malheureux qui se noyaient. Les avis sont toutefois très différents au sujet de l’attitude de son équipage. Certains prétendent avoir vu les Allemands rire, tandis que d’autres au contraire disent qu’ils étaient complètement impassibles. Le lieutenant Jourdan dit qu’il a vu un marin prendre des photos. »
 
(Nota : On constate donc qu’il n’existe aucun témoignage d’un mitraillage des embarcations et l’on peut se demander d’où vient l’information donnée par la Compagnie Générale Transatlantique. Il n’est pas impossible que d’aucun ait pris le chavirage et la destruction d’une embarcation par l’explosion de la torpille comme le résultat de coups de canons tirés sur le dit canot).
 
Le sous-marin attaquant
 
C’était donc l’U 38 du KL Max Valentiner. Le vapeur qu’il avait canonné et coulé juste avant de prendre en chasse LE CALVADOS était le Français DAHRA (Récit à venir) Les heures concordent parfaitement.
Le même jour il avait aussi coulé les vapeurs MERCIAN et IONIO à peu de distance.
 
Il est bien connu que Max Valentiner fut un sous-marinier particulièrement agressif, aux méthodes souvent peu orthodoxes, et les alliés songèrent même à le faire traduire devant un tribunal pour crimes de guerre après la capitulation allemande. Le torpillage de LE CALVADOS montre en tous cas qu’il ne s’embarrassait pas de considérations humanitaires.
Il a coulé un total de 143 navires. Né au Danemark en 1883, il est décédé au Danemark le 19 Juin 1949.
 
Récompenses

Citation à l’Ordre de l’Armée avec Croix de Guerre

 
CATINCHI Dominique Capitaine au Long Cours inscrit à Marseille. Commandant de LE CALVADOS
 
Disparu après s’être courageusement dépensé pour tenter de sauver son équipage et ses passagers lors du torpillage de son bâtiment.
 
Dominique Catinchi sera aussi proposé pour le grade de Chevalier de la Légion d’Honneur. Toutefois, j’ignore si cette proposition fut acceptée.
 
Médaille d’Or du Sauvetage
 
Captain WATSON du cargo LADY PLYMOUTH
 
On peut noter qu’en cette même occasion, mais pour un autre sauvetage, le captain Bertam HAYES, du paquebot OLYMPIC (sister-ship du TITANIC) reçut aussi la Médaille d’Or du Sauvetage. Il avait pourtant été l’objet d’une réprimande de l’Amiral de Robeck pour avoir ainsi exposé son navire à une éventuelle attaque de sous-marin…
Bref, en pareille situation, on constate que sauver les naufragés n’était pas plus le souci des Allemands que des Anglais !
 
Suite de l’enquête
 
Dans son rapport, le lieutenant de vaisseau Aubry signale tout de même quelques faits intéressants :
LE CALVADOS, requis par la Marine, était parti de Marseille pour Oran avec 804 soldats du 8e régiment de marche des tirailleurs indigènes (2e, 4e et 5e bataillons). Pour tous moyens de sauvetage il disposait seulement de 6 canots et de 2 radeaux.
Pour l’occasion, on avait embarqué 700 brassières de sauvetage en plus de celles qui étaient déjà à bord.
Le vapeur possédait un poste de radiotélégraphie. Mais, malgré les demandes répétées de la Transat, la Marine n’avait pas embarqué de radiotélégraphiste, arguant du fait que ceux-ci étaient mobilisés et qu’aucun n’était disponible.  
 
A Oran, on avait été averti, le jour même de l’attaque, que le vapeur MERCIAN, attendu dans ce port, avait été coulé par un sous-marin. L’inquiétude était donc grande en ne voyant pas arriver LE CALVADOS.
Des membres des familles des victimes se plaignirent et s’indignèrent vivement de l’incurie de la Marine dans cette affaire et quelques lettres assez incendiaires figurent aux archives. Elles entraînèrent un supplément d’enquête et les conclusions sont données par l’Amiral Lacaze.
 
Note de l’Amiral Lacaze au commandant de Marine Alger (classifiée secret défense)
 
Suite à l’enquête à laquelle j’ai fait procéder sur les circonstances entourant la perte de LE CALVADOS, j’ai le regret de constater que le personnel de la Marine, s’il ne porte pas la responsabilité directe  de ce regrettable évènement de guerre, n’a malheureusement pas montré en cette occasion l’initiative et l’esprit de décision que le Ministre est en droit d’attendre des chefs qui ont l’honneur de détenir l’autorité en temps de guerre.
 
Si le COSMAO avait appareillé dans la journée du 4 Novembre il aurait pu, sinon empêcher la perte du bâtiment, tout au moins sauver de nombreuses et précieuses existences. Ce n’est pas sans raison que l’opinion publique, à Oran, s’est émue de l’inaction de ce bâtiment et reporte sur la Marine une part des responsabilités dans les conséquences du torpillage de LE CALVADOS.  
L’envoi sur les lieux du SAINT JOSEPH, bâtiment de trop faible échantillon et sans vitesse, parti sans ordres définis, ne pouvait donner au Gouverneur d’Oran l’impression d’un commandement agissant avec vigueur et décision.
 
Je vous prie d’infliger un blâme au capitaine de frégate Millault, chef du service de renseignements et commandant du centre des flottilles. Il appartenait à cet officier supérieur de vous tenir au courant de l’attaque du MERCIAN et de la prochaine arrivée de LE CALVADOS et de rappeler à votre attention la disponibilité du COSMAO qu’il ne pouvait ignorer. Sa fonction lui faisait un devoir de connaître l’état de ce bâtiment. Il est d’ailleurs resté en relation constante avec le commandant du COSMAO le jour même du naufrage. La responsabilité du commandant Millault n’est pas douteuse car il a fait preuve d’une négligence et d’un manque de jugement incompatibles avec sa fonction. Je vous prie donc de procéder immédiatement à son remplacement.
 
J’inflige également un blâme au commandant du COSMAO qui a fait preuve d’une inertie et d’un manque d’initiative regrettables.
 
Conclusion
 
Dans les archives, on ne trouve pas trace d'embarcations étant parvenues à la côte ou récupérées par un navire (comme le cargo belge WOLHANDEL,  cité dans un post précédent). Je me demande donc si en fait, tous les rescapés n'ont pas été retrouvés par le LADY PLYMOUTH.
 
Voici un cliché de ce navire alors qu'il était devenu ST QUENTIN en 1927 pour l'armement St Quentin & Co de Newport. Devenu le Japonais TAIZAN MARU en 1941, il fit naufrage le 11 Novembre 1944.
 
http://imageshack.us/a/img694/2359/ladyplymouthstquentin.jpg
 
 
Cdlt


Message édité par olivier 12 le 12-05-2013 à 14:18:10

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olivier
n°37351
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 12-05-2013 à 16:32:53  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   ■ Récompenses officielles accordées après le naufrage du paquebot Calvados.  
 
 
                                                 Journal officiel du 17 janvier 1916, p. 468.
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Faits%20de%20sauvetage%20-%20CALVADOS%20-%20J.O.%2017-I-1916..jpg
 
 
                                                           Prix Henri Durand (de Blois).
 
 
                                                 Journal officiel du 27 février 1917, p. 1.659.
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Faits%20de%20sauvetage%20-%20Introduction%20-%20J.O.%2027-II-1917..jpg  
 
                                                                          [...]
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Faits%20de%20sauvetage%20-%20CALVADOS%20-%20J.O.%2027-II-1917..jpg
 
 
    Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 19 juin 1921 (J.O., 20 juin 1921, p. 7.042), l’officier mécanicien Gaston Germain Vincent LLUCIA, chef mécanicien du paquebot Calvados, fut inscrit en ces termes au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier :
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CALVADOS%20-%20L.O.%20-%20Llucia%20-%20J.O.%2020-VI-1920..jpg  
 
                                              (p. 7.044)
 
 
    Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 9 décembre 1921 (J.O., 12 déc. 1921, p. 13.575), l’officier mécanicien Laurent CHAREUN fut inscrit à titre posthume et en ces termes au tableau spécial pour le grade de chevalier de la Légion d’honneur :
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CALVADOS%20-%20L.O.%20-%20CHAREUN%20-%20J.O.%2012-XII-1921..jpg
 
 
   Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 9 décembre 1921 (J.O., 12 déc. 1921, p. 13.575), les marins dont les noms suivent furent inscrits à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire :  
 
 
                                          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/CALVADOS%20-%20M.M.%20-%20Marins%20-%20J.O.%2012-XII-1921..jpg


Message édité par Rutilius le 12-05-2013 à 17:43:00

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°37395
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 20-05-2013 à 18:57:53  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
                               Journal officiel du 7 novembre 1915 – Partie non officielle –, p. 8.011.
 
 
                                         http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/DAHRA%20&%20CALVADOS%20-%20Communique%20-%20J.O.%207-XI-1915..jpg


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°38379
marpie
Posté le 26-10-2013 à 17:48:43  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Extrait du JO du 3 juillet 1919  (p6826) :
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6916/catinchi.jpg
Bien amicalement
Marpie

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