Bonsoir à tous,
bonsoir Guy,
Merci de venir vous joindre à nous sur ce sujet qui risque de devenir une sous-rubrique à lui tout seul...
Toute honte bue, je n'ai pas suivi l'emploi de la voie ferrée dans l'Artillerie pendant le conflit.
Côté Sapeur, la "culture VF" est avant tout stratégique et logistique. Le 5° RG est exclusivement(1) orienté vers la voie normale (1,435). Ses missions sont doubles : mise en valeur des territoires et colonies hors de nos frontières d'une part et transport logique sur les arrières, actions de freinage en 1er échelon et maintien d'itinéraire en 2ème échelon d'autre part. Cette spécificité explique entre-autre l'appartenance du 5° RG à la réserve ministérielle aux premiers jours du conflit.
Par la suite, le tonnage de la logistique a totalement saturé les capacités du COMLOG et il ne rentrait pas dans les missions du 5 d'exploiter le fret. La 3e Direction a donc pris en charge sa propre logistique. La 4e Direction, elle, a continué de se focaliser sur sa mission première : l'ouverture, le rétablissement et le maintien d'itinéraire logistique. Au 5° RG, l'infra jusqu'à la rupture de charge, structures incluses, aux régiments d'Artillerie, le reste du chemin en quelque sorte.
Si le 5° a réalisé la majeur partie des 7500 kms de voie ferrée construite pendant le conflit, il n'est pas rare de voir les Cies de Cbt (DI ou CA) construire ou entretenir de la voie étroite en travaux annexes sans jamais les exploiter.
Côté exploitation : Le 5° RG exploitait bien avant le conflit, la voie Paris-Orléans (le 15 plus tard la voie Toul-Belfort entre les deux guerres). Tout y était militaire, du guichetier au chef de gare, du chauffeur de locomotive aux agents d'exploitation. Deux raisons à cela ; la nécessité pour les personnels du 5° de pouvoir rouler en Métropole et l'intérêt des Sociétés privées délégataires de services publics chargées de la mise en œuvre d'un réseau ferré de pouvoir disposer de personnel qualifié dans les colonies (2).
A partir de 1920, les Cies du 5 rejoignent leur affectation d'origine. Les autres sont réparties en bataillon dont un bataillon au Maroc, un au Levant, un à l'Armée du Rhin, les autres restant en portion centrale. Je n'ai pas retrouver dans les archives de la 4° Direction d'osmose (ou d'étude d') Artillerie-Génie concernant le 70° R.A.L.G.P. Par contre, les 63° et 68° R.A, dés la fin 1919, sont regroupés.
Le 63° RA est absorbé par le 68° RA. Ce dernier passe au Génie tout en gardant son appellation. Il devient par la suite le 68° RG(3).
Le Post précédent prend maintenant sa place. Formation des brigades. Le 68° RG devient 15° RG, héritier des traditions du 68e RA (d'où les inscriptions au Drapeau - Champagne 1915, La Somme 1916-1918-) et la présence de la Péchot sur l'insigne de poitrine. Ce 15° RG est initialement formé à 3 bataillons voie de 60, puis par modification de structure, n'en conserve que deux. Après la dissolution de l'Armée du Rhin, le bataillon VF rejoint le 15 qui dispose alors de 2 Btns de voie de 60 et un Btn voie normale.
Et pour finir l'histoire, à partir de 1930, tous les "petits trains" de la ligne Maginot et les voies adjacentes sont exploitées par les sapeurs du 15° RG.
Question que je n'ai pu élucider à ce jour : Qui construisait les épis ? dont ceux de Rethondes par exemple (les voies de raccordement, je me doute).
Question qui m'interpelle : vous ne me parlez pas du 63° RA. Mes informations seraient-elles érronées ?
J'espère que mon Co-modo ne m'exilera pas pour cette entorse au règlement ...
Cordialement,
Louis.
(1) Une exception toutefois. A partir de 1911, avec la première guerre du Rif au Maroc, les Allemands ayant commencé le réseau en voie de 60, la Cie 26/5 basée à Hussen Dey reprend le réseau à son compte et poursuit sur le même écartement.
(2) Ironie de l'Histoire ? en 1941, Weygand souligne l'importance du réseau ferré Africain. Darlan pousse le dossier au Mal Pétain. Ainsi va naître la Société Méditerranée-Niger par Décret puis Loi du 22 mars 1941. La dite société sera "militarisée" en 1943 (y avait pas de mal à le faire !!!) et deviendra le 180° BG, un retour aux sources en quelque sorte. Mais ceci est une autre histoire.
(3) Ce n'est pas une première. En 1894, la mission d'ouverture d'itinéraire incombe totalement au Génie. Les 1er et 2° Régiments d'Artilleurs Pontonniers sont dissous et sont créés les 6° et 7° RG.
Message édité par le begue le 27-11-2008 à 03:26:57