Bonjour,
A la lecture du gros livre du colonel Le Henaff "Les chemins de fer français et la guerre"-Chapelot-1922, il semble bien que tous les travaux de doublement et de création de nouvelles lignes de chemin de fer au Nord et au Sud de la Somme, entrepris dès 1915 mais surtout en 1917 et 1918, avaient pour but d'augmenter les capacités de transport, notamment dans l'hypothèse d'une neutralisation du noeud de voies ferrées rayonnant autour d'Amiens.Ce "noeud" est particulièrement vital pour le ravitaillement et la logistique des Armées britanniques de Picardie et dans le Nord de la France.
L'offensive à buts décisifs de Ludendorff du 21 mars 1918 visait avant tout à séparer les Armées françaises et anglaises en deux tronçons et son objectif initial principal était la prise d'Amiens et l'arrivée des Armées allemandes sur le littoral de la Manche au niveau de l'embouchure de la Somme.Si cette offensive n'a pas atteint ses buts stratégiques, elle a toutefois coupé de nombreuses voies ferrées, notamment à Montdidier, et a neutralisé en partie le trafic ferroviaire au niveau d'Amiens, désormais sous le feu de l'artillerie à longue portée allemande jusqu'à l'offensive franco-anglaise du 8 août 1918 qui a enfin dégagé Amiens.
La ligne que vous étudiez, déjà objet de travaux de 1915 à 1917, est devenue vitale en 1918, je vous joins quelques paragraphes et une carte du livre précité qui demeure, malgré sa complexité, un document à lire pour comprendre l'importance du chemin de fer dans la logistique des Armées alliées (et ce malgré l'essort du transport par camions chez les alliés, l'utilisation du chemin de fer étant encore plus vitale pour la logistique de l'Armée allemande beaucoup moins motorisée que les Armées alliées).

Cordialement,
Guy François.
Message édité par ALVF le 01-10-2010 à 14:26:58