ACHACHE a écrit :
Bonjour,
Merci, Michel , pour ce complément d'info. -Aurais-tu retrouvé la doc sur le SS Italien dont tu m'avais parlé il y a plusieurs mois ?
Bien à vous,
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Bonjour ACHACHE, bonjour à tous,
Je réponds ci-dessous à cette vieille demande sur l'organisation du Service de Santé italien.
J'ai articulée celle-ci en deux parties séparées mais qui j'espère se suivront pour une bonne compréhension.
La première a trait à l'organisation générale du SSI, limitée volontairement aux échelons qui nous intéressent habituellement sur ce fil, c'est à dire au niveau CA et au niveau DI. Tout le monde comprendra que je ne peux pas monopoliser l'espace et m'étendre sur le haut-commandement ni sur les aspects médicaux ou chirurgicaux ou tel ou tel équipement spécifique. Il s'agit là d'un simple "coup de projecteur" ...
Au vocabulaire et quantités près, on remarquera que le parallèle avec notre organisation est assez flagrant.
La seconde partie est un scan donnant la composition des diverses unités du 2°CAI qui est intervenu en Argonne et en Champagne à partir du printemps 18. Le document est daté de septembre 18 mais on peut facilement faire les transpositions nécessaires sur le mois de mai d'autant que ce sont toujours les 3° & 8°DII qui sont intervenues.
Je crains que compte tenu de la qualité médiocre des supports d'origine (photocopies faites au SHD), la lecture des 3 tableaux s'avère très difficile !
Je me lance:
QUELQUES ELEMENTS SUR LE SERVICE DE SANTE ITALIEN
GUERRE 14-18
A- ORGANISATION du S.I.I. avant la guerre :
-SERVICE DE SANTE de 1ère ligne :
[#0000ff]I- le Service de Santé Divisionnaire :
Chaque DII comprend un Service de Santé régimentaire, une Section de Santé pour l’infanterie, 2 petits hôpitaux de campagne sur cacolets, un Office de Santé.
1-1 Le SS régimentaire est placé sous le commandement d’un capitaine-médecin.
Pour chaque bataillon, il comprend :
-2 médecins (1 officier, 1 aspirant)
-2 aides de santé (aiutanti di sanità), étudiants en médecine de 1ère année,
-16 brancardiers (portaferiti)
Ce personnel dispose de 8 brancards, 1 voiture sanitaire par bataillon, 8 couvertures, 2 paniers sanitaires, 2 outres de 25 litres (pour l’eau)
1-2 La Section de Santé pour l’Infanterie (sezione di sanità). Elle correspond en gros à notre Groupe de brancardiers divisionnaires mais renforcé au plan effectif (195 au lieu de 150).
Elle comprend :
-7 officiers médecins,
-1 aumônier,
-8 aides de santé (dont 2 médecins et 3 pharmaciens)
-17 infirmiers
-195 brancardiers,
Elle dispose de 104 brancards, 2 voitures sanitaires, 8 voitures pour blessés, 8 voitures sanitaires de bataillon (dont 2 de réserve), 2 tentes-abris de 7 X 7m (syst. GOTTSCHALK modèle 1909), 2 paniers sanitaires, 6 outres de 25 litres, 2 autos sanitaires recevant chacune 6 brancards. Elle peut donc constituer, 2 détachements sur cacolets (reparti someggiati) et 1 détachement avec voitures (reparto carreggiato) susceptible de fonctionner séparément.
1-3 Le petit hôpital de campagne sur cacolets (ospedaletto da campo someggiato). Il est
capable de recevoir 50 blessés sur paillasses (da 50 letti). Donc pour chaque DII : 2 X 50 = 100
Il comprend :
-4 officiers médecins,
-1 pharmacien,
-1 aumônier,
-5 aides de santé,
-12 infirmiers,
-13 brancardiers,
et chacun dispose de 2 tentes-abris 9 X 11m (syst. BAUMANN modèle 1909), 2 tentes-abris de 7 X 7m. tout ce matériel est porté par 60 mulets.
1-4 L’Office de Santé (ufficio sanità) : Celui-ci est placé sous les ordres du Chef d’Etat-major de la DII et est commandé par un Major médecin, aidé d’un médecin adjoint. C’est l’organe exécutif, correspondant à notre médecin divisionnaire.
II- Le SERVICE DE SANTE DE CAI (Corps d’Armée Italien) :
Il comprend une direction de Santé (direzione di sanità), 2 hôpitaux de campagne (ospedali da campo), une section de santé pour les E.N.E. (Sez. di sanità per truppe suppletive)
II-1 La direction de Santé de Corps d’Armée a à sa tête un colonel-médecin secondé par un médecin-adjoint. Elle sous la dépendance directe du Chef d’Etat-Major du C.A et est un organe directeur. Le chef du service dirige personnellement le service sanitaire des ENE.
II-2 Les hôpitaux de campagne sont des formations sanitaires mobiles de 100 ou 200 lits dont le matériel est transporté dans 12 véhicules.
II-3 La Section de Santé pour ENE constitue une réserve sur le champ de bataille à employer en soutien des sections de santé des DII quand celles-ci sont complètement engagées.
-SERVICE DE SANTE de 2ème ligne :[/b]
Ce service comprend la direction de santé d’armée, la direction générale du service de santé.
[b][i][#0000ff]III- DIRECTION DE SANTE D’ARMEE :
Elle est confiée à un colonel-médecin, placé sous les ordres de l’Intendant d’Armée. Il s’occupe de toutes les propositions relatives aux remplacements des personnels, aux questions relatives au réapprovisionnement en matériel, aux fixations des emplacements des hôpitaux de campagne, aux règles d’hygiène à observer et à l’assainissement du champ de bataille. C’est lui qui signale au Chef d’E-M de l’Intendance les mesures éventuelles de quarantaines et qui prend les accords nécessaires avec le délégué de la Croix Rouge (ou S.M.O de MALTE) ou avec les directeurs de santé des CA pour les questions des évacuations.
IV-DIRECTION GENERALE DU SS :
Elle est rattachée à l’Intendance Générale qui, près du généralissime, remplit les fonctions de notre Direction de l’Arrière (DA).
Il est à noter que le terme Intendance n’a pas le même sens en Italie et en France. En fait, c’est un organisme qui, adjoint du commandement, a la direction supérieure des services de chaque armée. C’est une sorte d’organe régulateur qui sert de trait d’union entre les armées et le Ministère.
Comme indiqué en préambule, nous n’entrerons pas dans la description des hautes strates (COMMANDO SUPREMO, INTENDENTE GENERALE, CAPO DI STATO DELL’INT. GEN., GENERAL MEDICO ISPETTORE, etc.
MODIFICATIONS APPORTEES AU COURS DE LA GUERRE
Nous nous contenterons de donner simplement un aperçu général des évolutions.
V- MODIFICATIONS:
Après l’entrée en guerre de l’Italie en 1915 et la mobilisation du SS, on s’aperçut vite :
-que toutes les prévisions hospitalières avaient été sous-estimées,
-que le débit des évacuations était inadapté au courant réel des blessés,
-que les services de chirurgie étaient inadaptés aux conditions d’une chirurgie moderne,
Pour accroître la rapidité des évacuations et pallier aux insuffisances numériques des brancardiers, on fit appel à des Compagnies Présidiaires (nos territoriaux). Le nombre des autos sanitaires fixé au temps de paix de 2 pour chaque SS fut porté à 8 ou 10 et renforcé par l’adjonction de 4 motobrancards. Le nombre des trains sanitaires aménagés ou provisioires fut aussi accru, de préférence aux trains-hôpitaux.
Au plan purement médical, on fit appel à des médecins spécialistes et on créa en Italie des Services de Spécialités et au plan amélioration du rendement, on utilisa officiellement du personnel enseignant (2 décrets).
Par ailleurs, on fit un effort tout spécial pour améliorer les conditions d’hygiène et de prophylaxie (envois de médecins militaires en stages de 2 mois à l’Ecole de Santé militaire). L’hygiène corporelle et alimentaire devint essentielle. Par contre, le système de stérilisation de l’eau potable dans l’armée italienne est resté très inférieur à notre système de javellisation automatique aux points d’eau.
A titre d’information, nous donnons une comparaison entre les rations des soldats italiens et français :
ALIMENTS ITALIEN FRANÇAIS
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Pain 750 g 750g
Viande 350 450
Riz & pâtes 150 50
Graisse 15 30
Sucre 50 48
Café 15 20
Vin 0,25l 0,50l
Sel 20g 20g
On créa également des sections de désinfection au niveau Armée et CA.
VI- LES EVACUATIONS :
Le parcours du blessé italien est quasi identique au cheminement du français.
On distingue successivement,:
-poste de secours du bataillon (posto di medicazione)
-poste de secours du régiment,
-la section de santé (sezione di sanità) qui procède au premier triage (smistamento) mais exécute aussi les débridements, les poses d’attelles pour les fractures, ...
A partir de là, on distingue 4 hypothèses et 4 directions possibles :
-les blessés abdominaux dirigés sur une amb. chirurgicale voisine,
-les autres blessés, sur l’hôpital de campagne de CA spécialisé,
-les blessés légers, sur les hôpitaux de campagne de CA,
-le reste des blessés sur les hôpitaux de campagne de l’Intendance.
[/#0000ff]
Ces éléments sont issus d’une étude sur le Service de Santé italien réalisée par le MAM Raoul MERCIER, professeur à l’Ecole de Médecine de TOURS, médecin de l’Etat-major du Commandement Supérieur des FORCES FRANCAISES en Italie.
(boite 893 -18°CA- Centre de Documentation du VDG)
à suivre ...
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Michel PINEAU
Il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Diderot