Bonjour à tous,
Pour Paris Est :
« La cantine de la gare de Paris-Est a été installée dès le 4 août 1914 pour secourir les premiers évacués de Toul, puis les évacués de Belgique, par le Commissaire Militaire de la gare de l’Est. Elle a distribué de la nourriture et des vêtements. La dépense a été payée, partie par les premières Sociétés de Bienfaisance qui se fondèrent, partie par l’Intendance. Comme à la gare du Nord, des personnes suspectes se glissèrent parmi les personnes les plus honorables qui prêtèrent leur concours à l’autorité militaire. La cantine fut alors confiée à l’Union des Femmes de France.
Elle fonctionna avec subventions de l’Intendance, comme la cantine de la gare du Nord, pour les militaires n’ayant reçu aucune allocation et à tarif fixé pour les autres. Elle n’avait, en dehors de cette subvention, que des dons particuliers, forcément réduits. La Compagnie de l’Est refusait de laisser quêter en gare.
Le 1er mai 1915, le Commissaire Militaire du Réseau de l’Est autorisa des quêtes restreintes. Le produit de ces quêtes permit à la cantine d’étendre son action bienfaisante. Ses ressources augmentant peu à peu, le 10 octobre 1915, elle fut entièrement gratuite.
Depuis cette date, elle fonctionne d’une façon parfaite, elle s’est développée peu à peu comme la cantine du Nord, et elle comprend maintenant une salle de lecture et de repos, ainsi qu’un dortoir de 150 lits.
Mademoiselle Richard, qui n’a cessé d’être à la tête de cette organisation, s’y est donnée entièrement et de tout cœur. Elle a rendu à la gare de l’Est les services les plus grands. »
« Une cantine militaire placée sous le patronage de l’Union des Femmes de France est installée depuis le 10 septembre 1914 dans les locaux affectés en temps de paix aux bagages en Douane à l’arrivée (salle de livraison, consigne, bureaux des Vérificateurs et des Préposés en Douane) et occupe une superficie de 637 mètres carrés environ.
Cette salle des bagages en Douane est partagée en deux parties : l’une affectée à la cantine, l’autre convertie en dortoir.
Cette cantine, ouverte en permanence, est très fréquentée ; elle distribue des repas gratuits aux militaires et leur cède au prix coûtant le pain, le vin, la bière et autres aliments dont ils désirent se munir pour la route. Actuellement, il est servi journellement environ 300 repas gratuits et à certaines époques ce chiffre a été largement dépassé. J’ajouterai qu’au moment de l’évacuation des différentes régions de l’Est en 1914, et plus récemment de la région de Verdun, cette œuvre a rendu de grands services aux évacués. Les permissionnaires y trouvent également des brochures, des journaux illustrés et aussi de quoi faire leur correspondance. »
Pour Paris Nord :
« La cantine de la gare du Nord a été installée le 23 août 1914 dans le local des bagages en Douane. Installée par la Société de Secours aux Réfugiés et Victimes de la Guerre, elle s’occupa d’abord des réfugiés et militaires sans ressources. Jusqu’au 14 octobre 1914, elle distribua gratuitement des boissons chaudes, des boissons hygiéniques et des repas légers. Ses ressources provenaient de dons et de quêtes en gare.
A partir de cette date, elle fut subventionnée par l’Intendance. Les militaires de passage n’ayant pas touché d’allocations ou ayant touché des allocations insuffisantes pouvaient recevoir, du Commissaire Militaire, soit un bon pour repas complet, tarifié 0,75 F, soit un bon de soupe et sandwich, tarif 0,30 F, soit un café, tarif 0,10 F.
Deux dames qui avaient prêté leur concours à la Société distribuaient gratuitement des sandwiches et de la bière au départ des trains, aux militaires se rendant sur le front.
Ce groupement avait été constitué dans des conditions sérieuses, mais l’œuvre n’a pas pu être par la suite suffisamment surveillée. Des abus se produisirent et des personnes suspectes s’y glissèrent. Pour mettre fin à cette situation, la Société fut dépossédée fin janvier 1915.
Elle fut remplacée alors par la Société de Secours aux Blessés, qui conserva avec elle les deux dames alimentant les militaires au départ des trains. Depuis ce moment la cantine est gratuite.
Elle vit uniquement des quêtes faites en gare et de dons. Admirablement organisée et gérée, elle rend les plus grands services à nos soldats. A la cantine a été adjoint un dortoir de 150 lits et une salle de repos et de lecture, qui font de cet organisme un ensemble complet. »
Quelques éléments datant de début mars 1917 :
BESANÇON : coopérative militaire installée par la Gare Régulatrice de Gray en février 1917 ; personnel militaire (deux hommes du 92e RIT) et quelques dames de la Croix-Rouge ; cantine de la Société Française de Secours aux Blessés.
CORBEIL : société locale dite « Comité de Secours aux Militaires », cantine payante en cours d’organisation.
DIJON-VILLE : cantine cogérée par la municipalité de Dijon et l’Office Central de Secours aux Blessés.
EPINAL : poste de la Croix-Rouge (un administrateur, plusieurs dames de la Croix-Rouge).
GRAY : personnel militaire ; cantine installée en février 1916 par la Gare Régulatrice de Gray.
LURE : Œuvre de la Goutte de Café (une infirmière anglaise, un homme du poste de gare).
NUITS-SUR-RAVIERES : cantine payante gérée par une débitante de Nuits-sur-Ravières.
RAON-L’ETAPE : poste installé par la DCF ; un caporal et 2 COA détachés de Besançon.
SEVEUX : Œuvre de la Goutte de Café (un cantinier, un officier de la Gare Régulatrice, personnel civil) ; installée en mars 1916 par la Gare Régulatrice de Gray.
Source : cote SHD 16 N 2857 (GQG, Santé)
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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.