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  Le Pied de Tranchée une exception bien Française ????

 

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Auteur Sujet :

Le Pied de Tranchée une exception bien Française ????

n°4621
marcel cle​ment
Posté le 17-10-2008 à 09:33:39  profilanswer
 

Bonjour à tous, :hello:  
 
LE PIED DE TRANCHEE UNE EXCEPTION FRANÇAISE ?

Ce petit résumé est fait à partir des actes de la :
 
« CONFERENCE CHIRURGICALE INTERALLIEE POUR L’ETUDE DES PLAIES DE GUERRE. 4ème session 11 au 15 mars 1918 »
 
J’espère ainsi introduire un nouveau sujet d’échanges entre nous, avec l’approbation de notre ami Jean RIOTTE  :jap: et la participation active de Laurent PROVOST. :jap:  
 
RESUME :
 
 
Dans les premiers jours de l’année 1914-1915 sont apparus dans les armées des pathologies qui ont de prime abord dérouté les médecins par leur complexité apparente.
 
Des soldats étaient atteints de gonflements des pieds avec des lésions cutanées suivies de mortification plus ou moins étendue des tissus.
 
Il ne s’agissait pas de simples gelures aux pieds mais pour les médecins de l’époque d’une maladie spécifique plus complexe qu’il convenait d’appeler : Le Pied de Tranchée.
 
 
Voici quelques exemples vécus et racontés par nos poilus.:
 
1)                   « Ce matin, j’ai eu la frousse d’avoir des pieds gelés dans ma section : il y avait sur la gadoue une couche de glace qu’on brisait en avançant ; heureusement, les poilus qui avaient passé la nuit dehors s’étaient arrangés pour avoir les jambes émergeantes : ils avaient fabriqué de petits îlots avec des sacs et des débris divers. Je n’ai eu qu’un homme dont les pieds aient été sérieusement atteints, et encore guérissables. »
 
Lettres de Marcel Papillon à ses parents, Marthe, Joseph, Lucien, Marcel Papillon, « Si je reviens comme je l’espère » Lettres du front et de l’arrière 1914-1918, Paris, Grasset, 2004, p. 124-125.
 
2)                57e RIC.
Bataillons de Sénégalais. Chemin des Dames début avril.
- Serait arrivé le 2 avril au front selon Diagne. Effectif le 2 avril : 654 Européens et 2324 indigènes. 233 évacuations pour angelures aux pieds du 1er au 20 avril, et 93 pour affections pulmonaires.
 
 
3)                   .Le 25, nous lançons toute la matinée des bombes et des pétards sur la tranchée adverse et sur les levées de terre fraîche que nous repérons en face de nous. J'ai les pieds complètement glacés. Je ne les sens plus. J'ai l'impression très nette que ma sensibilité s'arrête à hauteur des chevilles. Voilà trois jours et trois nuits que mes pieds végètent dans la boue liquide et il n'y a pas un mètre carré de sols secs où je puisse les sortir de ce bain forcé. Si, pendant le jour, je peux encore remuer mes orteils et agiter dans la boue mes pauvres membres engourdis, en revanche les nuits sont particulièrement douloureuses, car je dors les pieds dans l'eau et leur immobilité totale les anesthésie lentement mais inexorablement.
 
Mémoires de Guerre de Jean PETIT .
http://xn--pass-prsent-futur-de-st [...] index.html
 
 
4)                     Quelques extraits des Carnets de Victorin Bès
20 avril 1916 : « Violent bombardement ce matin à 4 h sur ma compagnie. 25 tués en 1h ! Décidément, les Boches* en veulent à ma tête : un éclat a fendu le rebord de mon casque » « Nous avons du froid et de la neige : quelques évacués pour pieds gelés. De les voir partir ces jours derniers vers l’arrière*, la mine réjouie malgré la gravité de leur mal, d’entendre leur dire ou de leur avoir moi-même dit : « Veinard, t’as le filon ! » cela m’avait donné un noir cafard. Vers minuit, ma résolution était prise : demain j’aurai les pieds gelés (Victorin Bès passe à l’acte, et trempe son pied droit dans l’eau glacée) La douleur se fait atroce, ma volonté faiblit, je souffre trop... je me rechausse. Merde, merde, et mille fois merde. Tant pis, je crèverai d’un obus ou d’une balle, mais je n’ai pas le courage de me faire geler le pied. Si d’un point de vue patriotique, la mutilation volontaire est une lâcheté, moi qui suis un combattant involontaire, j’affirmerai désormais qu’il faut être rudement courageux et solidement trempé de volonté pour accomplir cet acte de désespoir »
 
 
 
LES DIFFERENTES FORMES DU PIED DE TRANCHEE :
 
 
D’après le médecin Major RAYMOND, Professeur agrégé au Val de Grâce, le pied de tranchée évolue en trois formes.
 
Forme n° 1 : La forme légère du pied de Tranchée :
 
C’est la forme la plus fréquente, 85 à 90 % des cas.
Elle se caractérise par tout d’abord un endormissement douloureux du pied (anesthésie), avec des troubles de la marche et un oedème du pied (gonflement).
 
- Endormissement où anesthésie des pieds :
Elle est totale, le malade ne ressent ni la piqûre ni le contact. Elle est profonde, le Docteur Raymond a soigné des blessés des pieds par éclats d’obus qui ne ressentaient aucune douleur à cause de leur Pied de Tranchée.
 
- Douleurs et troubles moteurs: Elles surviennent par crises aigues, augmentées par la chaleur et la position couchée et rendent la marche impossible.
 
- Oédème mou du pied avec des orteils boudinés, et avec des zones très blanches et d’autres rouges violacées.
 
 
 
http://farm4.static.flickr.com/3156/2953916815_9defcfaae1_o.jpg
 
 
 
 
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Forme n ° 2 : La forme sérieuse du pied de Tranchée :
 
Elle se caractérise par l’apparition de phlyctènes (ampoules) et ultérieurement d’eschares  
( partie d’aspect noirâtre ou la peau et les tissus sous jacents sont nécrosés, morts.). Elle représente 13% à 14 % des cas.
 
Phlyctènes : Elles se produisent sur les régions oedémateuses ou peuvent apparaître un ou deux jours après.
Leurs localisations préférées sont les orteils, le dos du pied et plus rarement le talon. Leur volume est variable. Leur contenu est très particulier. Quand on les ouvre, il s’écoule un liquide citrin et dessous on trouve le derme mis à nu. Elles peuvent guérir spontanément dans quelques rares cas.
 
Eschares :
L’eschare noire n’a aucune tendance à la chute spontanée. Si on l’enlève on trouve dessous un tissu ayant l’aspect et la consistance des putrilages que les anciens auteurs décrivait comme étant la pourriture d’hôpital.
Ce putrilage détruit de proche en proche tous les tissus et finalement atteint le squelette et les articulations.
 
 
Phénomènes généraux : Fièvre de 38.5 % à 39.5%, troubles digestifs.
 
 
 
 
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Forme n° 3 : La forme grave du pied de tranchée.
 
1 % des cas en moyenne.
Elle s’observe en particulier chez les indigènes et surtout chez les Africains.
 
Elle se caractérise par l’étendue des lésions qui affecte souvent le type de la gangrène humide et par l’apparition de phénomènes d’infection généralisée qui entraîne souvent la mort des blessés. Quand elle guérit elle laisse des mutilations importantes avec une amputation spontanée des parties atteintes.
 
La forme grave du pied de tranchée s’accompagne souvent de phénomènes généraux très accusés, en particulier chez les indigènes et peut prendre la forme d’une septicémie avec une fièvre à 40°.
 
Les complications qui peuvent surgir sont toutes redoutables : Tétanos, gangrène gazeuse, septicémie généralisée.
 
Le pied de tranchée a une nette tendance à la récidive et nous avons vu des malades qui ont eu plusieurs atteintes au cours de l’hiver.
 
 
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http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/PDT0302.jpg
 
 
 
CAUSES GENERALES DU PIED DE TRANCHEE.

 
L’immense majorité des cas concerne des soldats ayant passé un temps plus ou moins long dans les tranchées.
Il faut 3 ou 4 jours pour que le mal apparaisse et s’observe surtout après 8 à 10 jours.
Les séjours antérieurs sont un facteur de sensibilisation.
Il survient par bouffées, en très peu de temps et presque simultanément un grand nombre de soldats en sont atteints. Surtout au commencement et à la fin de l’hiver ou les pluies sont les plus abondantes. L’âge des soldats joue un rôle et curieusement les plus jeunes sont les plus touchés. Mais c’est surtout le groupe ethnique qui semble être un facteur déterminant. Les Nord-Africains sont moins touchés que les Africains mais sont plus atteints que les Européens.
 
 
- Le froid a été le premier incriminé et joue un rôle mais il y a eu des cas avec des températures positives et même en plein été. Août 1917. Armée des Flandres.
 
- La stase sanguine par la station debout prolongée.
 
- Les bandes molletières ont été  signalées par la compression qu’elles entraînent.
 
- La marche prolongée.
 
Mais la cause essentielle reste l’humidité froide.
 
 
 
MESURES A PRENDRE :
 
Collectives et individuelles.
 
Assainissement des tranchées, création de rigoles d’écoulement, utilisation de pompes pour vider l’eau. Chemins en caillebotis et surtout création d’abris sec et chauffés ou les soldats  pourront changer de chaussettes et graisser leurs pieds et leurs chaussures.
 
 
TRAITEMENTS :
 
Du pansement simple à la cure chirurgicale en fonction des lésions.
L’amputation est parfois nécessaire avec un taux de guérison totale de :
95 % pour les Africains
95 % pour les Nord-Africains
99,6 % pour les Européens.
 
 
Le Pied de Tranchée dans les autres armées alliées.
 
1) ARMEE BELGE :
 
 
Dans les interventions, le Docteur DEPAGE  médecin principal Belge rappelle que l’absence de Pied de Tranchée dans l’armée Belge est dû à l’interdiction des bandes molletières.
Qu’il a signalé déjà et à maintes reprises que pendant la guerre des Balkans il avait pu observer l’influence néfaste de ces bandes molletières qui se rétrécissent en séchant et compromettent la circulation et entraînent la gangrène. Il rappelle sa communication en 1913 à l’académie de Belgique.
Dans le même congrès, le médecin Belge M J VONCKEN fait remarquer dans son exposé que pour toute l’Armée Belge et il n’y a eu que quatre cas de gelures légères et un seul cas de gangrène du gros orteil par gelure et ce malgré les conditions climatiques très rudes et avec des régiments occupant des tranchées proches géographiquement de celles des Français et pendant la même période de l’hiver 1914-1915.
 
Donc pas de maladie du Pied de  Tranchée pour nos amis Belges.
 
Mais dans l’armée Belge :
 
Le port des bandes, molletières est sévèrement défendu. Le soldat Belge porte une petite guêtre de cuir très évasée à sa partie supérieure pour éviter toute constriction de la circulation pas les bandes molletières.
 
Le port de la chaussette de laine est généralisé.
 
 
2) ARMEE ITALIENNE :
 
Le médecin inspecteur L BONOMO, confirme également dans son intervention que les bandes molletières ont été complètement supprimées dans l’armée Italienne et remplacées par des guêtres tricotées. Les Italiens n’ont pas autant de problèmes de Pied de Tranchée que les Français et le lieutenant colonel médecin Castellani confirme : «  Les molletières sont à rejeter et on devrait les faire complètement disparaître de l’habillement du soldat »
 
 
 
DISCUSSION :
 
Malgré la démonstration tout à fait concluante des médecins Belges et Italiens , la conférence chirurgicale interalliée, dans ses conclusions des séances du 11 au 15 mars 1918, ne préconise pas la suppression des bandes molletières mais simplement leur surveillance.
 
Il semble donc bien que les médecins Français aient très largement sous-estimé les conséquences néfastes provoquées par le port des bandes molletières et se sont trompés sur les causes réelles en privilégiant à tort :
- l’humidité froide.
- Les facteurs liés aux groupes ethniques.  
 
C’est donc le port des bandes molletières qui est en réalité la cause principale de tant de souffrances et voila un bien mauvais point pour les toubibs Français de l'époque. :pfff:  
 
Je n’ai pas trouvé le nombre total des soldats ayant souffert de ce problème, ni la répartition par régiments ou par type de soldats. 233 évacuations pour angelures aux pieds du 1er au 20 avril au 53 RIC, donc en 19 jours seulement !
Quelle a été l’ampleur de ce phénomène ?
Qui donc a inventé ces bandes molletières et depuis quand sont elles réglementaires ?
 
A suivre les autres documents de la société de chirurgie et les compte-rendus de l'académie de médecine avec L.P.
 
 
 
Amicalement,
 
Alain MC.


Message édité par marcel clement le 25-10-2008 à 14:57:50
n°4623
Jean RIOTT​E
Posté le 17-10-2008 à 16:08:07  profilanswer
 

Bonjour Alain MC,
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta communication. Je ne pensais pas du tout que le pied-de-tranchée puisse prendre des formes aussi importantes.
En fait lorsque dans des carnets, des journaux, des souvenirs de poilus nous lisons "pieds gelés" je pense qu'il s'agit plutôt du pied-de-tranchée... ce qui n'empêche pas qu'il y ait eu aussi des gelures...
Merci beaucoup.
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 18-10-2008 à 16:26:53
n°4628
rolando
Qui meurt a ses lois de tout..
Posté le 17-10-2008 à 22:05:44  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Impressionnants les dégâts sur les pieds !
Il serait intéressant de savoir pourquoi ces molletières d'étoffe ont été adoptées, et mieux encore le motif officiel (et officieux !) de leur abandon, et à quelle date.
 
Bien cordialement,
Caballero.


---------------
Caballero
n°4629
marcel cle​ment
Posté le 17-10-2008 à 22:36:09  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Les gelures se faisaient encore plus facilement sur un début de Pied de Tranchée qui avait déjà une mauvaise circulation sanguine et donc des tissus plus fragiles et plus sensibles au froid.
Cependant on signale dans cette conférence l'apparition de Pieds de Tranchées en été ...... Le problème majeur était vraiment un problème de mauvaise circulation sanguine provenant de l'effet garrot des bandes molletières.
 
De plus les poilus avaient interdiction de se déchausser pendant leur séjour dans les tranchées et ce parfois pendant plusieurs semaines, ce qui n'arrangeait rien.
Les témoignages sont à cet égard très nombreux.
 
Amicalement,
 
Alain MC
 
 

n°4634
sylvainbre​maud
Posté le 18-10-2008 à 12:15:48  profilanswer
 

Pour info, le problème se répètera en 1943 au Corps Expéditionnaire Français en Italie, avec de nombreux cas chez les tirailleurs dus à des chaussures américaines pas du tout adaptées : l'intendance due faire venir en urgence des chaussures françaises de montagne bien plus adaptées depuis l'Afrique du Nord.

n°4636
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 18-10-2008 à 13:35:56  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous,
 
 
sujet très intéressant,merci pour toute cette documentation écrite et visuelle  :jap:  
 
 
je me permets d'y rajouter une petite participation moi aussi.
c'est issu du Larousse Mensuel Illustré années 1914-1916
 
 
alors si en mars 1915,on était arrivé aux mêmes conclusions que celles énoncées précédemment:
 
http://images2.hiboox.com/images/4208/41b71236ab243bde66510ef1bb3ad5fc.jpg
 
http://images0.hiboox.com/images/4208/10f5e5dfac0dae2422c8ca59a0f8b47f.jpg
 
 
 
 
en novembre 1916,les médecins avaient découvert autre chose à l'origine de ces "pieds de tranchée":
 
http://images0.hiboox.com/images/4208/9d909a7ccf478bb11aa71c7424c2b6f9.jpg
 
http://images2.hiboox.com/images/4208/8c5dbd8a0c2026243ed614e5d6f6a2d7.jpg
 
http://images2.hiboox.com/images/4208/3b0dddced15d8745f56a97ffdc3e130a.jpg
 
 
 
c'est donc une "histoire" de champignons/mycoses ce qui paraît très logique vu le contexte de macération des pieds.
 
 
 
amicalement,
Mireille

n°4637
marcel cle​ment
Posté le 18-10-2008 à 14:31:36  profilanswer
 

Bonjour Mireille et bonjour à tous, :hello:  
 
Merci beaucoup de ces documents.
 
Il y a également plusieurs interventions dans le colloque de 1918, concernant la possibilité d'un germe ou d'un champignon qui serait à l'origine de ce problème de Pied de Tranchée.
Mais il semble que cette possibilité n'ait plus été retenue, en 1918, comme une des causes possibles mais plutôt comme un phénomène connexe. Les Belges et les italiens ont étudiés ces problèmes de mycoses et autres infections cutanées car leurs soldats en souffraient aussi, mais ils n'ont observé aucun cas grave, ni aucun pied de tranchée car les bandes molletières étaient proscrites dans leur armées.  
Dans l'article de 1915 cité par Mireille, le corps de santé se demande pourquoi il y a davantage de gelures aux pieds que pour visage et les mains. A partir de cette date et vers 1916, les médecins vont étudier des phénomènes pour en élucider la cause, mais qui vont s'avérer être des fausses pistes : le Froid Humide et aussi pour certains les champignons et autres infections ou même les facteurs ethniques. En réalité un pied, garrotté par les bandes molletières et avec des chaussures qu'il est interdit d'enlever pendant plusieurs semaines est un pied dans lequel la circulation sanguine se fait très mal. Ce pied est donc fragilisé, avec des tissus mal irrigués et il devient plus sensible au gel, aux champignons etc ..... Si le phénomène de garrot est important et prolongé cela peut entraîner des lésions de gangrène avec pour conséquence les amputations spontanées visibles sur les photos.L' entêtement de certains médecins à poursuivre leurs travaux dans de mauvaises directions a eu des conséquences terribles et même tardives pendant la deuxième guerre comme nous le rappelle Sylvain. Dans le deuxième article rapporté par Mireille, le Docteur Témoin de Bourges, avait parfaitement compris le problème mais les grands patrons, professeurs agrégés de Paris ou de Nancy; les docteurs Raymond et Parisot ont continués à chercher des causes plus complexes qu'un simple phénomène de mauvaise circulation sanguine.
 
Amicalement,
 
Alain MC


Message édité par marcel clement le 18-10-2008 à 17:28:16
n°4638
Jean RIOTT​E
Posté le 18-10-2008 à 16:38:23  profilanswer
 

Bonne après-midi à toutes et à tous,
Merci pour toutes ces précisions apportées à la suite de la contribution de Alain MC.
Retour fracassant de Mireille qui nous revient avec son Larousse Médical qui nous a déjà tant de fois servi!!
Amitiés à toutes et à tous.
Jean RIOTTE.

n°4644
laurent pr​ovost
Posté le 18-10-2008 à 21:45:09  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Cette semaine , de concert avec Marcel, je suis allé faire quelque recherche dans le Bulletin de la société de chirurgie, Parcourir, ces volumes rapidement en ne visualisant que les titres des communications, donne une "respiration" des problèmes qui agitait les chirurgiens de l'époque, après les discussions sur les types de blessures, la gangréne, les plaies du l'abdomen, du thorax..., on trouve 4  séances sur la discussion sur les gelure et leur conséquences dont le pied de tranchée
le 10 février 1915  Algrave fait sa communication, :
Du traitement des gelures par le pansement à l'huile goménolée et de la nécessité de pratiquer l'injection de sérum antitétanique dans le cas des gelures profondes
et la discussion va se poursuivre les :
24 février p 530-539
3 mars p 593-603 9 fig.  
10 mars p 641-648 .
 
Malheureusement, vous aller être obligé d'attendre la semaine prochaine, car mon appareil photo est resté gentiment sur la commode :pfff:  :pfff:  
 
Par contre, je n'ai rien retrouver en 1916, pour 17 je ne puis me prononcer, l'année manque a la collection. De me je n'ai pas trouvé de statistique concernant cette pathologie.
Il me reste à retourner dans la Presse Médicale de ces années et aussi à explorer les Cr de l'académie de médecine... sur gallica


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HistoriX, le site  --  Les Poilus de L'AME
Pannes au fil des ans
n°4646
marcel cle​ment
Posté le 19-10-2008 à 11:13:17  profilanswer
 

Bonjour à tous, :hello:

 

Le PDT chez nos amis canadiens, une photo et deux lettres de 1915 confirmant la nécessité d'enlever les chaussures régulièrement et de veiller à la bonne circulation sanguine en enlevant les " Puttees" les bandes molletières toutes les 12 heures au minimum. Le colonel FORSTER, page de droite, demande que les bandes molletières soient enlevées, roulées et conservés dans la poche pendant tout le séjour dans la tranchée.

 

Amicalement,

 

Alain MC

  


http://data2.collectionscanada.gc.ca/ap/a/a149311.jpg

 


http://data2.collectionscanada.gc.ca/e/e001/e000000266.jpghttp://data2.collectionscanada.gc.ca/e/e001/e000000267.jpg


Message édité par marcel clement le 20-10-2008 à 09:50:47
n°4647
laurent pr​ovost
Posté le 19-10-2008 à 12:50:37  profilanswer
 

Bonjour,
 Extrait du bouquin que je suis en train de lire page 501-502
E Coeurdevay un témoin lucide chez Plon voir bibliophile
 

Citation :

30 janvier 191714 degré au dessous de zéro. Un cuistre d'une salle  bien chauffée s'en est aperçu, et a trouvé que le moyen le plus efficace pour préserver de la "froidure du pied" était de changer de chaussette chaque -jour. Et il prescrit- aujourd'hui 30 janvier- que les  hommes des tranchées, et ceux-là seulement, seront doté de trois paires de chaussette au lieux de  deux. 3 adresser sans délai les demandes aux magasins d'habillement dans la forme ordinaire". Et quand on sait que ces demandes exigent dans la forme ordinaire six semaines à deux mois avant d'être satisfaite, on ne peut s'empêcher, en lisant d'aussi effrontées prescription, à pareille date et pareille bise, de murmurer: "cochons,va!". cela servira, sinon à préserver les poilus gelès, du moins à démontrer dans un discours officiel ou un rapport étincelant que toutes mesures utiles ont été prises. références: voir nottes de service du GQG N°9142/DA du 11 décembre 1916 et 627/DA du 23 janvier .


 
Cdtl


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HistoriX, le site  --  Les Poilus de L'AME
Pannes au fil des ans
n°4648
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 20-10-2008 à 11:48:09  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous,bonjour Alain,bonjour Laurent,
 
c'est encore moi  ;)  
 
alors cette question de l'intérêt des bandes molletières,je me la suis posée il y a déjà un moment (le temps passe  :cry:  ),et j'ai eu des réponses bien intéressantes:
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 4113_1.htm
dans ce sujet,un autre lien amène des témoignages instructifs.
 
 
mais il y a une autre question que je me pose:
durant l'hiver 14-15 qui a vu apparaître de nombreux cas de Pieds de Tranchée,les soldats français ne portaient pas encore de bandes molletières (qui sont apparues au printemps-été 1915 avec le nouvel uniforme bleu-horizon)
mais des guêtres de cuir...comme les Belges.
 
du coup,je pense que ce sont les brodequins qui sont à incriminer:
le cuir mouillé ayant tendance naturellement à se resserrer,le pied était comprimé en plus de baigner dans l'humidité et le froid constant.
la station debout prolongée,ne favorisant pas un bon retour veineux,aggravait les choses.
 
la bande molletière correctement mise a très probablement le même effet que ce que l'on appelle aujourd'hui les "bandes de contention" (l'élastane en moins) que l'on met aux personnes souffrant d'insuffisance veineuse et/ou de varices,
pour lesquelles la position debout et le piétinement sont très pénibles et douloureuses.
elles favorisent le bon retour veineux,d'où diminution/disparition des douleurs.
 
quand on imagine le nombre d'heures pendant lesquelles le soldat restait debout,rien que pour les défilés et parade militaire par exemple,on comprend l'intérêt de ces bandes molletières (notamment,car elles avaient sûrement d'autres utilités).
 
par contre,si elles sont mal mises,trop serrées dans la crainte quelles se déroulent avec la sanction militaire à la clé,évidemment elles compriment la jambe et les artères avec,d'où mauvaise circulation artérielle,avec souffrance des tissus en aval (donc du pied).
 
si on rajoute des champignons là-dessus,on arrive évidemment à ces résultats extrêmement destructeurs.
 
 
néanmoins,je pense personnellement que c'est le froid+l'humidité+compression du pied par le cuir de la chaussure+les champignons+piétinement qui sont à l'origine de ces pieds de tranchée

  • car pour en revenir aux travaux des médecins de Paris et de Nancy,ils ont quand même découvert le champignon en question à chaque prélèvement.
  • ensuite,si on se tient uniquement à l'effet compressif des bandes molletières,on aurait dû avoir de ces Pieds de Tranchée tout le long de l'année,quelque soit le temps et le lieu......et quel que soit la nationalité du soldat,car que portaient les soldats britanniques,australiens et même américains ?....

un lien qui montre différentes silhouettes de soldats (clic sur les photos)
http://www.picardie1418.com/fr/com [...] uettes.htm

  • enfin,je l'ai déjà dit plus haut,comment expliquer ces pieds de tranchée au cours de l'hiver 14-15,à l'époque des guêtres?


cependant,il est certain que l'usage de bandes molletières mal mises,trop serrées,a été un facteur supplémentaire d'aggravation à cette pathologie impressionnante "de guerre".
 
 
 
amicalement,
Mireille
 

n°4649
marcel cle​ment
Posté le 20-10-2008 à 15:46:22  profilanswer
 

Bonsoir Mireille et bonsoir à tous,
 
On ne peut bien sur incriminer qu'une seule cause possible, mais il y a sûrement une cause principale.
 
J'ai commandé :
Le pied des tranchées : Controverses étiologiques
REGNIER Christian ;
Histoire des sciences médicales
0440-8888, 24525
Arodan
2004, vol.38, no3, pp. [315-332] je ne l'ai pas encore reçu et je le mettrai intégralement en ligne. C'est intéressant de voir que même en 2004 les chercheurs se penchent encore sur ce problème si controversé.
 
Quelques éléments de réflexion sur le sujet :
 
 
- En 1918 l'hypothèse du champignon étudié en 1915 et 1916 comme effet causal, est unanimement abandonné dans le colloque international interallié.
 
- Toutes les armées avaient des brodequins, si c'étaient eux la cause tout le monde aurait eu à souffrir du PDT. Ce n'est pas le cas du tout chez les Italiens, les Belges et les Canadiens qui eux ont supprimés les bandes molletières. A la même époque et au même endroit PDT nombreux chez les Français et rien chez les Belges .....
 
- On rencontre des PDT en été dans l'armée des Flandres côté Français : en période sèche et chaude. Donc l'humidité et le froid ne suffissent pas à expliquer le phénomène. Que reste-t-il en plein été si ce n'est l'effet garrot des bandes molletières ? La chaleur augmente encore le gonflement des membres inférieurs car les membres inférieurs ont naturellement tendance à " gonfler " avec la station debout prolongée et les bandes molletières même bien mises au départ mais non desserrées au cours de la journée et gardées telles quelles pendant des jours entiers, finissent par avoir une effet garrot. Les poilus savaient-ils les mettre ? Pour faciliter un bon retour veineux, il aurait fallu les mettre en " Spica" c'est à dire les mettre en les croisants et en biais comme pour une bande velpeau ou pour des bandes biflex élastiques actuelles. Si elles sont posées en " circulaires " l'effet garrot est inévitable.
 
 
 
 
A suivre avec le document sus-indiqué.
 
 
Amicalement,
 
Alain MC
 
Bandage en spica :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/images.jpg


Message édité par marcel clement le 22-10-2008 à 16:29:02
n°4650
laurent pr​ovost
Posté le 20-10-2008 à 20:11:19  profilanswer
 

Bonsoir,
 Juste la traduction du premier document en anglais que nous a posté Marcel
 

Quartier Général le  11 octobre 1915.
 
Ordre de Routine Générale
n° 1194 « Pied glacé » « morsure du gel » -prévention de
 
Comme quelque cas de Pieds gelés ont été rapportés les instructions suivantes sont publiées pour mise en application.
 
Ces états sont causés par la station prolongée dans l'eau froide ou dans la boue liquide des tranchées, et leurs survenues est accélérées par des brodequin serrés, des bandes molletières trop juste, et toute chose qui vient interférer avec la circulation sanguine du pied ou de la jambe.
 
 Précautions régimentaires
 
  Les Officiers en commandement, seront tenus responsable que la strict attention est donnée à toute l'étendue des points suivants:
 
  I – Avant de descendre aux tranchées, les pieds et les jambes seront lavés et séchés. puis massés avec de l'huile de baleine, de la graisse antigelure, ou tout autre graisse animale,  spécialement entre les orteils, des chaussettes sèches enfilées, et toute laçage serré des brodequins et des bandes molletières   évité. Une deuxième de chaussettes sèches sera portée par chaque homme.
 
  II- Au tranchées, si les circonstances le permettent les brodequins et les chaussettes seront enlevé de temps en temps, les pieds séchés, massés et graissés, et des chaussettes sèches enfilés.
 
  III- Des facilités seront données pour les cantonnements de réserve, pour laver et sécher les pieds, échanger les brodequins et chaussette mouillés par des effets secs, et pour sécher et brosser les vêtements.
 Des mesures doivent être prises pour s'assurer que les hommes utilisent ses facilitées.
 
En aucun cas, de l'eau chaude doit être utilisée, ni le pied mis prés d'un feu/
 
Mesures générales de précaution.
 
 Tous les efforts doivent être fait pour une station debout  séchées dans les tranchées.
 Les longues marches avant d'aller aux tranchées doivent être évitées aussi loin que possible.
 Les secteurs contenant des tranchée inondée doivent être relevée aussi souvent que possible.
 
N° 1229 « Pied glacé » « morsure du gel » -prévention de
 
 Paragraphe III des précautions régimentaires des routines générales, ordre N° 1194 est annulé et rédigé comme suit:
  Des facilités seront données pour les cantonnements de réserve  pour laver et sécher les pieds, sécher et brosser les vêtements
Des mesures doivent être prises pour s'assurer que les hommes utilisent ses facilités.

 
Le  deuxième dans la soirée...
cdtl


Message édité par laurent provost le 20-10-2008 à 21:10:03

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n°4651
marcel cle​ment
Posté le 20-10-2008 à 21:19:19  profilanswer
 

Rebonsoir à tous,
 
En complément:
 
QUELQUES REMARQUES SUR LE PIED DE TRANCHEE
PAR LE DOCTEUR M.J VONCKEN
MEDECIN DE BATAILLLON ARMEE BELGE
 
CONFERENCE CHIRURGICALE INTERALLIE
 
1ERE SESSION MARS 1918
 
 
 
« En me basant sur les statistiques établies par le service de Santé de l’armée Belge je n’ai pu relever que quatre fois le diagnostic de gelures légères des pieds et un seul de ces diagnostics porte : amputation du gros orteil pour gangrène .
On peut donc admettre comme inexistante l’affection du pied de tranchée dans l'armée Belge malgré les quatre hivers rudes que nous venons de passer.
 
Considérons les différentes causes invoquées pour expliquer la pathogénie :
1°) L’infection microbienne ou le parasitisme mycélien.
2°) L’action de l’humidité froide.
3°) L’action de la gelée.  
Quelle que soit le mécanisme exact de ces trois facteurs, qu’il y ait une infection toxique, qu’il y ait névrite ou angiite oblitérante, tant artérielle que veineuse, vaso-constriction reflexe due au froid ou à la macération dans les boues humides, nos soldats aurait dus en éprouver les mêmes conséquences. Car dans les tranchées en Yser, les conditions climatiques et telluriques furent identiques à celles de toutes les autres armées.
Bien plus, c’est dans l’armée des Flandres que les troupes Anglaises ont eu le plus de cas ; les troupes Françaises voisines de la mer ont payé également un tribut assez important aux gelures des pieds, spécialement pendant l’hiver 1914-1915. A ce moment nos régiments étaient en ligne, de Nieuport à Dixmude, vivant dans des conditions identiques à celles de nos voisins Français et Anglais. Les mêmes difficultés de relève, les mêmes séjours prolongés dans des tranchées des plus inconfortables, n’ont pas cependant amené chez nous d’incidents imputables au froid. Peut-on expliquer ce fait par une différence dans l’étiologie ? Les trois facteurs envisagés plus haut ont été communs aux trois armées.
 
Deux faits semblent cependant avoir à ce sujet, quelque valeur et peuvent expliquer les différences.
 
1°) Le port de la molletière est sévèrement défendu à l’armée Belge. Le soldat porte une petite guêtre très évasée à sa partie supérieure et qui ne monte que jusqu’au tiers moyen de la jambe.
Mr DEPAGE, lors de la guerre des Balkans a déjà insisté sur les dangers que constitue pour la circulation périphérique, le port des bandes molletières.
 
2°) Le port de la chaussette de laine est généralisé. Il serait à ce propos intéressant de rechercher si les lésions par gelure ne ce sont pas manifestées en plus grand nombre chez les soldats, qui au lieu de chaussettes portaient des bandes de toile ou des carrés de flanelle repliés par les coins.
 
Si le froid et l’immobilité dans les tranchées favorisent la stase sanguine, tout obstacle ajouté au cours du sang telles les bandes molletières prédispose grandement à l’apparition de la gelure, quelque soit la nature de cette affection"
FIN DE CITATION.
 
 
Amicalement,
 
Alain MC


Message édité par marcel clement le 22-10-2008 à 16:26:32
n°4652
Jean RIOTT​E
Posté le 20-10-2008 à 21:33:20  profilanswer
 

Bonsoir Laurent,
Bonsoir à toutes et à tous,
Merci infiniment de cette traduction...
Osons, osons: peut-on espérer avoir le 2nd document?...!!!
Bien amicalement.
Jean RIOTTE.

n°4653
laurent pr​ovost
Posté le 20-10-2008 à 21:40:50  profilanswer
 

et voilà le deuxième

Durant une inspection de la base de repos de la  division à Locre , hier, le 10 courant, un patient du 25 eme bataillon, souffrant de « Pied de tranchées », questionné sur le fait d'enlever ses brodequins  et de changer ses chaussettes pendant la relève aux tranchées, dit qu'il ne l'avait point fait tout le long du séjour aux tranchées bien qu'il eut plusieurs fois l'opportunité de le faire, pensant que cela était contraire aux ordres. J'ai oublié de prendre le nom de cet homme.
Les officiers commandant les ambulances de campagne sont tous informés, que tous les hommes atteint de « pieds de tranchées » doivent être questionné sur ce point et qu'un rapport doit être fait au A.D.M.S. directement. Des mesures ont été prises à tous les niveaux pour que la nécessité de changer de chaussette et ôter les brodequins durant le service aux tranchées, comme il semble qu'il y a une certaine non compréhension de  ce point par des officiers en commandement.
Je voudrais insister sur la recommandation,  dès que les unités montent aux tranchées, N.c. Os ,  les hommes soient informés que leur bandes molletières doivent être enlevées,  roulées et mises dans la poche. Les brodequins lacés lâche, le bas du pantalon enfilé dans le haut des chaussettes, afin de rendre la circulation des pieds, et des talons plus faciles. Ceci, avec le fréquent changement des chaussettes et  déchaussage des brodequins toutes les 12 heures, devait diminuer l'apparition des « pieds de tranchées »
 
 HQ Canadian Corps G.l. Foster colonel
le 11 novembre 1915

 
Ces traductions sont au mieux de mes connaissance, n'étant pas angliciste universitaire :na:
 
Remarques,
Pour les canadiens anglo saxons, Une bonne hygiène des pieds, changement de chaussettes, ET pas de bandes molletières ! valent mieux que deux oou trois paires de chaussettes.
Remarquons l'implication du commandement dans ces recommandations  
 
cdtl


Message édité par laurent provost le 20-10-2008 à 23:00:12

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n°4654
marcel cle​ment
Posté le 20-10-2008 à 22:52:12  profilanswer
 

Re à tous, :hello:  
 
Merci beaucoup Laurent, de ces excellentes traductions et j'ai beaucoup apprécié au passage que ce médecin colonel ait oublié de relever le nom de l'homme qui souffrait de PDT, Chic type ce Doc !!! :bounce:  
 
 
Amicalement,
 
Alain MC.

n°4662
marcel cle​ment
Posté le 22-10-2008 à 15:41:39  profilanswer
 

Bonjour à tous, :hello:  
 
Comme promis voici le document :
 
Amicalement,
 
Alain MC
 
 
Lettre du 29 novembre 1917 de Jean POTTECHER, étudiant en médecine, engagé comme infirmier en avril 1915, tué le 25 juillet 1918 en secourant un blessé :
 
«  Un article du médecin général Vincent prescrit de desserrer les bandes molletières et rappelle une circulaire déjà ancienne recommandant d’éviter la position accroupie qui gêne la circulation de retour, mais on est au contraire forcé de les serrer. Il ne se doute pas ce médecin, de l’ennui que peuvent provoquer les bandes qui se défont, lorsque la cheville disparaît dans la boue. Croit-on que c’est pour le plaisir qu’on reste accroupi jusqu'à ce que les crampes vous fassent pleurer de douleur ?…
Il y a plus de quinze hommes à la compagnie dont les orteils passent à travers les souliers. Pour moi, depuis le 6 novembre, je n’ai eu les pieds séchés que deux fois….
 
 
LE PIED DE TRANCHEES CONTREVERSES ETIOLOGIQUES
REGNIER
HISTOIRE DES SCIENCES MEDICALES
Année 2004 volume 38 numéro 3.

 
Je ne mets qu’un résumé de la partie spécifiquement historique de ce document car les parties concernant plus particulièrement l’aspect médical sont hors sujet dans notre forum.
 
RESUME et ETUDE DU DOCUMENT:
 
 
Le PDT affecta jusqu’à 1 % des combattants du front soit rien que pour le front occidental plus de 200.000 hommes.
Plus de 202 textes et publications médicales traitent de ce problème entre 1914 et 1917.
 
Les Allemands semblent avoir beaucoup moins publié que les Alliés sur le PDT, en effet les fantassins allemands étaient équipés de bottines ( depuis 1870 ) contrairement aux soldats alliés qui portaient des bandes molletières, des galoches, des souliers et des guêtres.
 
 
A la fin de 1915, le PDT est décrit comme une nouvelle entité, une maladie à part entière.
Les médecins Canadiens adoptent ce terme dès 1915.

 
S’interrogeant sur les causes de cette affection, les médecins s’efforcèrent de retrouver une cause unique :
- Froid et humidité.
- Champignons telluriques.
- Striction des jambes sous l’effet des bandes molletières.
- Station debout prolongée.
 - Insuffisance veineuse.
- Alcoolisme.
- Antécédents de traumatismes des pieds.
- Transpiration excessive.
- Fatigue.
- Alimentation déséquilibrée.
- Tares congénitales.
 
 
En septembre 1917 les professeurs Blum et Renard estimaient que la théorie mycosique était une conception ingénieuse, applicable peut être à quelques cas, mais incapable de rendre compte de la généralité des faits observés. Peu importe que le pied soit imprégné de mucédinées variées, d’aspergillus, de pénicilliums, de staphylocoques, l’essentiel est qu’il ne soit pas comprimé par la chaussure.
 
Dès février 1915, le docteur Temoin de l’académie de Médecine, nia le rôle du froid et rapportait le PDT à un trouble circulatoire provoqué par la constriction des bandes molletières ou des guêtres rétrécies par l’eau.
 
Les bandes molletières et les chaussures trop serrées étaient clairement accusées dans une circulaire du service de santé Canadien datée du 11 octobre 1915.
 
( Voir documents Canadiens ci-dessus traduits par Laurent)
 
Les Belges, les Italiens et les Canadiens avaient interdit le port de la bande molletière et prescrit des soins des pieds accompagné de déchaussage obligatoire et régulier.
Les armées qui ont traité ce problème de PDT de manière préventive et comme un problème avant tout circulatoire, ( voir la directive de l’armée Canadienne traduite plus haut ) n’ont pas eu à souffrir de cette affection.
 
A la fin de l’année 1916, les soldats Français touchèrent des bottes de tranchée imperméables pour essayer de remédier à ce problème. Mais ces bottes ne convenaient pas vraiment dans des tranchées remplies de boues.
 
 
En réalité les conditions qui favorisent l'apparition du PDT sont donc multiples mais toutes ont des conséquences néfastes sur la circulation sanguine et c'est bien la cause principale:

 
Fatigue.
Longues marches.
Station debout prolongée.
Station assise ou accroupie prolongée.
Chaussures, guêtres, bandes molletières qui entraînent un phénomène de garrot.
La pluie et l’humidité augmentent le phénomène car les chaussures, bandes et guêtres rétrécissent.
Interdiction faite aux soldats de se déchausser et ce pendant plusieurs jours de suite.
Conditions d’hygiènes déplorables dans la tranchée.
 
 
Pour la petite histoire de nombreux inventeurs ont déposé des brevets pour remédier à ce problème.
On trouve en particulier en avril 1915 :Armature support de bandes jambières destinée à supprimer la constriction du pied. Par Vergelin.
Février 1915 : système de galoches perfectionnées. Par Blivet.
Mai 1918 : Bande molletière non-comprésive. Par Alhers
Etc….
Tous ces systèmes sont complexes et inutilisables au front.


Message édité par marcel clement le 24-10-2008 à 11:20:18
n°4671
laurent pr​ovost
Posté le 23-10-2008 à 21:07:37  profilanswer
 

Bonsoir,
Comme promis , vous trouverez ICI, un tableau sous excell de la Bibliographie des articles paru ou cité dans La Presse médicale entre le 01/01/1915 et le 31 janvier 1918
Vous y constaterez que le nombre des articles va en décroissant entre les années  
1915: 20
1916 : 7
1917:  3
1918:  2
 
Sur les 32 communications ou articles la motié ont été faites par à l'académie de médecine(7), ou dans des sociétés de médecine(9). 3 proviennent d'italie, mais rien des belges ni des anglais... :??:  
 
 Pour ceux que cela intéresse les articles coté P on fait l'objet de photographies de ma part, je peux vous en communiquer la teneur.
Bonne lecture :jap:


Message édité par laurent provost le 23-10-2008 à 22:49:09

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Pannes au fil des ans
n°4674
laurent pr​ovost
Posté le 24-10-2008 à 10:36:31  profilanswer
 

Bonjour,
 
Pour placer le débats je vous retranscrit le début de l'intervention de Tuffier , dan sla deuxiéme séance de la Société de Chirurgie le 23 février 1915
 

Citation :


Je voudrais parler maintenant de cette affection qu'on a successivement appelée « le mal des tranchée », les froidures, le gelures sans gelée, dont j'i vu un très grands nombre dans le Nord et dans l'argonne. Pour bien préciser ces troubles circulatoires, je dirai qu'il ont trait a des accidents survenant, qu'il n'y a ni neige, ni glace, ni gelée. Sa fréquence est tellement grande que j'en ai observé certainement plus de  cas en novembre et décembre derniers.
 Lorsque notre collègue Témoin fit sa communication, le  5 février à l'académie de Médecine, il y avait presque trois mois que ces fait étaient connus de tous les médecins des Armées d'Opérations, que le prophylaxie en avait été indiquée par le dr Chavasse, chef du service du groupe d'opérations des armées, d'accord avec le ministère de la guerre.
C''est vers le 10 novembre que la direction de la V eme armée, rendait compte  que sur de Sénégalais, depuis la fin septembre, on trouvait parmi ceux qui étaient dans les tranchées, des œdèmes douloureux des pieds avec des phlyctèmes simulant la gelure; du 13 novembre au 21 novembre, on en signala 678 sur 16 000 hommes, et des mesures prophylactique furent prises dès cette époque. Une série de rapport furent adressés successivement par les directions du X corps et XX corps entre autre, précisant la clinique, la prophylaxie de ces accidents et indiquant la diminution progressives des cas, après les précautions suivies, si bien que le 5 février, au moment ou on s'en émut dans le public, ces accidents avaient diminué dans des proportions considérables.


 
Quelles remarques qui émanent de ce texte
 
C'est bien les premiers éléments de statistique que j'ai trouvé
Le phénomène est déjà décrit et ses causes bien perçues
La prophylaxie en route, bien que les recommandations pas toujours aisées a mettre en œuvre dans les conditions de combats.
Et on le verra dans d'autres interventions, les applications sont largement fonctions de la valeurs de la chaine de commandement.
 A ce jour , je n'ai pas pu récupéré la communications de Témoin à L'académie de Médecine sur Gallica. Je ne désespère pas !
cdtl


Message édité par laurent provost le 25-10-2008 à 14:51:58

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Pannes au fil des ans
n°4682
marcel cle​ment
Posté le 25-10-2008 à 15:53:24  profilanswer
 

Bonjour à tous, :hello:  
 
Décidément, j'en veux aux bandes molletières mais si j'en juge par ces deux photos, elles étaient attachées en haut soit avec une lanière en cuir, soit avec un lacet.
Donc deux possibilités supplémentaires d'avoir un effet important de garrot circulatoire.
http://orkide.club.fr/
 
 
Amicalement,
 
Alain MC
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/molletiere21.gif1..gifhttp://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/molletiere22.gif1..gif


Message édité par marcel clement le 25-10-2008 à 15:54:34
n°4730
marcel cle​ment
Posté le 03-11-2008 à 22:32:56  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Extrait du JMO du 58 ème RI Avignon, pendant un séjour aux tranchées . Le pourcentage de soldats relevés pour un problème de PDT représente environ le quart de l'ensemble des hommes hors de combat. Il y a deux fois plus de PDT que de malades toutes catégories confondues.
C'est un chiffre très important qui montre bien l'ampleur du phénomène.
 
Amicalement,
Alain MC
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/SHDGR__GR_26_N_577__008__0004__T.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2990/pdt00.jpg


Message édité par marcel clement le 03-11-2008 à 22:36:26
n°9943
mamyac
mathis m'appelle
Posté le 18-07-2011 à 12:06:15  profilanswer
 

Bonjour, je suis intéressée par vos écrits sur le pieds des tranchées.  
Grâce à vos documents je viens d'identifier clairement le mal dont est atteint mon mari.Il souffre depuis plus d'un an d'une nécrose au talon avec aggravement en profondeur.
Les médecins cherche une problème circulatoire... sans grand résultat, et mon mari n'est pas diabétique. Notre témoignage:
Mai 2010: week-end pêche mouche dans un torrent des Pyrénées. Torrent glacé par la fonte des neiges.
Mon mari descend dans le torrent équipé de ses waders (salopette néoprène équipée de botte caoutchouc). Elles sont percées! Sa botte se remplit rapidement de cette eau gelée. Mais, il reste à pêcher ainsi trois heures durant le matin, quasi immobile en appui surtout sur sa jambe droite, car il souffre de la hanche gauche (arthrose très avancée). Il sent sa jambe comme anesthésiée mais ça le ne gêne pas au contraire il ne sent plus le froid de l'eau dans cette botte!, il est trop préoccupé par cet instant de pêche tant attendu! Puis Il renouvelle la même séance de trois heures l'après-midi, puis le lendemain matin encore. A midi notre fils aperçoit et constate le pied très blanc de son père!!! Ils déjeunent et prennent la route pour 4h. Mon mari va conduire et bien sûr le talon droit appuyé 4h au sol pour maintenir l'accélérateur dans la voiture.
Trois semaines  plus tard environ, est apparu comme une crevasse qui s'est ensuite nécrosée et s'est agrandie pendant plusieurs mois. Aujourd'hui il a perdu tous le talon et la plaie ne cicatrise pas!!!
Il y a bien eu compression, macération et froid pendant une longue période.
Voilà un témoignage moderne.
Je reste à votre disposition

n°9944
marcel cle​ment
Posté le 19-07-2011 à 14:38:51  profilanswer
 

Bonjour,
 
Il est possible effectivement au départ que les conditions de cette partie de pêche soient pour quelque chose dans les problèmes de santé de votre mari.
 
Par contre le fait que la plaie s'aggrave et continue à s'aggraver plusieurs semaines après, cela évoque une autre pathologie.
 
Si votre mari n'a pas encore consulté un chirurgien spécialisé en chirurgie vasculaire, je crois qu'il est urgent qu'il le fasse.
 
 
N'étant pas médecin, ceci n'est qu'un avis personnel.
 
Cordialement,
 
Alain MC

n°9983
air339
Posté le 24-07-2011 à 14:38:39  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
Quelques précisions sur l'uniforme des soldats:  
 
- d'abord, pas de "guêtre" (qui possèdent une sangle passant sous la semelle). En août 1914, les soldats portent des "jambières", en cuir, adoptées par l'armée le 13 novembre 1912, modifiées le 4 juin 1913. Elles se révèlent incommodes. Il est probable qu'un laçage trop serré doit couper la circulation au niveau (à vérifier en essayant une jambière !).
 
- Les bandes molletières deviennent réglementaires pour toutes les troupes le 24 octobre 1914 (selon le modèle adopté en 1910 pour les zouaves et troupes alpines). Longues de 2m60, large de 12cm, elles se lacent en haut par un ruban de 1m50 de long.
 
Des photographies de l'hiver 14-15 montrent également des bandes taillées dans tous types d'étoffes (y compris des rideaux). Une note du 9 décembre 1914 rappelle que le drap doit être "bleu clair ou neutre".
 
Le 20 novembre 1917,la bande molletière évolue, avec notamment une longueur de 2m75.
 
Durant tout le conflit, les soldats pourront également acquérir des bandes molletières ou des jambières de fabrication civile.
 
Cordialement,
Régis

n°10012
pat67
Posté le 31-07-2011 à 18:14:40  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Incapable de retrouver ma source, je me rappelle avoir lu une prescription pour éviter "le pied de tranchées".
Tout d'abord, l'imputation a des gelures était rejetée.
Les causes étaient imputées aux brodequins trop serrés. Avec l'humidité les lacets rétrécissaient en séchant tout comme le cuir qui devenait dur d'où une compression anormale et une mauvaise irrigation d'autant que les pieds gonflent suite à des stations debout prolongées.  
 
Il était préconisé de desserrer les lacets le plus souvent possible et de les laisser relativement lâche.
Il était également conseillé de remplacer les chaussettes en laine par des chaussettes russes (pied non comprimé).
 
Cordialement
Patrick.  
 
 


---------------
Patrick
n°10016
MP 92
Posté le 01-08-2011 à 10:41:22  profilanswer
 

pat67 a écrit :

Bonjour à tous,
 
Incapable de retrouver ma source, je me rappelle avoir lu une prescription pour éviter "le pied de tranchées".
Tout d'abord, l'imputation a des gelures était rejetée.
Les causes étaient imputées aux brodequins trop serrés. Avec l'humidité les lacets rétrécissaient en séchant tout comme le cuir qui devenait dur d'où une compression anormale et une mauvaise irrigation d'autant que les pieds gonflent suite à des stations debout prolongées.  
 
Il était préconisé de desserrer les lacets le plus souvent possible et de les laisser relativement lâche.
Il était également conseillé de remplacer les chaussettes en laine par des chaussettes russes (pied non comprimé).
 
Cordialement
Patrick.  
 
 


 
Bonjour pat67, bonjour à tous,
 
Dès la fin de 1914, avec l'apparition de ces premiers phénomènes, les rappels et circulaires du Haut Commandement pleuvent et le Commandant en Chef est furieux de ce qu'il appelle le NON RESPECT du règlement et le fait savoir par écrit dans les armées !
Voici deux exemples de recommandations repris par le 2°CA en Argonne-Ouest:
 
28/12/14 : …  
Une note de service relatant les propositions du directeur au sujet des mesures à prendre contre le froid est inséré à l’ordre du CA du 28/12 n° 6152. Ces propositions formant la conclusion d’un rapport en date du 27/12 n°109 concernant les divisions (3°, 4°, 10° et Brigade Coloniale)
visent les points suivants :
-garnir le fond des tranchées de fascines et rondins,
-danger de l’immobilité des hommes dans les tranchées,  
-confection de petites caisses remplies de foin pour protéger du froid les pieds des sentinelles,
-en seconde ligne, faire desserrer les chaussures sur le coup de pied,
-graissage généralisé des chaussures,
-généralisation de l’emploi de l’étui thermogène pour entourer les marmites de campement,
 -approvisionnement d’un baume spécial pour les pieds, dit « baume Français »  
-approvisionnement de réchauds pour les tranchées (demandés à l’Arrière),
-ration journalière en charbon de bois augmentée,
-autant que les ressources le permettront, chaque homme sera pourvu de 2 paires de chaussettes,

 
et à la 126° DI un peu plus tard, dans le secteur ARGONNE-EST:
 
23/10/15 :
 …
4°) considérations sur les pieds de tranchées :
-dotation pour les hommes, de chaussettes de laine et de bottes de tranchées,
-graissage des pieds et des chaussures,
-obligation d’enlever ds les tranchées les chaussures et de ne pas serrer les jambes avec des bandes molletières,
-envoi à la visite des hommes atteints de commencement d’oedèmes des pieds,
-massage des pieds, pas de gymnastique sur place ds les tranchées, marche forcée d’1/2 heure au cantonnement,

 
Cordialement,


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Michel PINEAU
 
n°10187
francois52
Posté le 13-09-2011 à 11:06:31  profilanswer
 

Bonjour,
 
j'ai beaucoup appris en lisant ce sujet.
Le pied de tranchée est-il considéré comme une maladie ou comme une blessure ?


---------------
Cordialement,
 
n°10211
marcel cle​ment
Posté le 18-09-2011 à 16:56:34  profilanswer
 

Bonsoir,
 
J'ai vu le Pied de Tranchée classé dans les maladies spécifiques de la Tranchée.
 
 
 
Amicalement,
 
Alain MC

n°10212
francois52
Posté le 19-09-2011 à 22:37:33  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Statistiquement, il serait donc comptabilisé des les maladies, et il y en a beaucoup.
Mais alors, une victime du pied de tranchée ne pouvait pas prétendre à la carte du combattant sur la base d'une blessure de guerre...
Et cette classification en maladie devait avoir d'autres conséquences sur le plan administratif, vous ne pensez pas ?
 


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Cordialement,
 
n°10213
Valerie Q
Posté le 19-09-2011 à 23:26:49  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
dans les fiches sanitaires du fond de la Compassion de Rouen (annexe HA 1 de Rouen) j'ai pour l'instant trouvé 1 fiche évoquant le pied de tranchée (au pluriel sur cette fiche).
Si j'ai bien compris le fonctionnement de ces fiches, c'est dans la partie "diagnostic initial" fait le 10 novembre 1916 au poste de secours de Bray sur Somme. Par contre le diagnostic de l'hôpital (13 novembre 1916) est "pieds gelés". L'homme (Un corse du 47e ch. Alp) sortit de l'hôpital le 26 décembre 1916, peut-être "dirigé sur intérieur".
 
Bien cordialement
Valérie


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22e RIT : http://sites.google.com/site/22emerit
Les "Pommiers" : http://pommiers19141918.canalblog.com/
n°13068
air339
Posté le 29-10-2013 à 07:56:06  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je remonte ce post : la pied de tranchée est évoqué dans le manuel américain "Military Surgery of the zone of the Advance" Tarnowsky, 1918.
https://openlibrary.org/works/OL156 [...] he_advance
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/trenchfoot.jpg
 
En cause, le froid, l'immobilité, les effets trop serrés. En 1918, cette affection semble désormais appartenir au passé (first winter campaign).
 
 
Cordialement,
 
Régis


Message édité par air339 le 29-10-2013 à 07:58:55
n°17208
emeline35
Posté le 29-09-2017 à 10:45:09  profilanswer
 

Je remonte ce post....  
 
Je m'étonnais que mon grand père ne figure pas dans la liste des blessés du 24.11.1916  pour "gelures aux pieds", je suis tombée sur ce lien :
 
http://www.biusante.parisdescartes [...] 3x0315.pdf
 
Pas le courage de savoir si ce lien est déjà cité, je le mets au cas où.
 
Cordialement

n°17210
marcel cle​ment
Posté le 30-09-2017 à 17:08:50  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici qui me ramène quelques années en arrière avec nos discussions sur " Le Pied de tranchée ".
 
Merci pour cet intéressant article qui fait une bonne synthèse de ce sujet controversé.
 
Amicalement
 
Alain MC


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  Le Pied de Tranchée une exception bien Française ????