Bonjour,
lu dans l'Union, hommage aux infirmiers et infirmières .
Cordialement BB
En 1917, Vailly réceptacle des souffrances du front
Vailly-sur-Aisne a, hier, rendu un double hommage aux héros d'octobre 1917, les blessés et les tués du Chemin des Dames tout proche.
La nécropole nationale de Vailly compte 1576 tombes de soldats français.
A DEUX pas du Chemin des Dames, noyé sous un déluge de fer et de feu en octobre 1917, la commune de Vailly-sur-Aisne s'est hier souvenue qu'elle occupa une place toute particulière lors des terribles combats qui précédèrent la victoire de La Malmaison. Libéré du joug allemand depuis le mois d'avril, au 3e jour de l'offensive Nivelle, c'est un bourg en ruines qui accueillit, cet automne-là, les milliers de morts et de blessés touchés au front, dans la douleur, le sang et les larmes.
L'armée française avait choisi d'implanter dans le chef-lieu de canton son service de santé de l'avant, avec un poste médical de première ligne, un poste de secours et des ambulances.
Pour Michel Bergé, de l'Union nationale des combattants, le 90e anniversaire des combats du Chemin des Dames était donc une occasion unique d'honorer la mémoire des Poilus qui s'y sont sacrifiés mais aussi à celles et ceux, médecins, infirmières, brancardiers ou membres d'ONG, « qui les ont soutenus et parfois accompagnés jusqu'à la mort ».
Si la commune a, pendant la Grande guerre, perdu deux brancardiers, Henri Bayard et Francis Berthe, c'est un hommage bien plus large qu'elle souhaitait rendre. À la fin de la guerre, il y avait plus de six mille tombes à Vailly-sur-Aisne. Aujourd'hui, 1.576 soldats français sont inhumés à la nécropole. Tout près reposent également 673 Britanniques.
Les cérémonies organisées dimanche ont donc été l'occasion de recevoir plus d'une centaine de personnes, venues de
vingt-cinq départements et toutes descendantes de Poilus dont la vie s'est arrêtée en terre axonaise. Aux yeux du maire, Annick Venet, il s'agissait ainsi de faire en sorte que « ces soldats ne meurent pas deux fois, terrassés par l'oubli », le président du conseil général, Yves Daudigny, mettant en avant cette histoire que Vailly-sur-Aisne « partage avec le canton voisin de Craonne » et la « dynamique de la mémoire » qui s'est créée, tout au long de cette année, autour du 90e anniversaire des combats du Chemin des Dames.
Le préfet, Stéphane Fratacci, voyait pour sa part dans « Vailly, ville sanitaire » citée à l'Ordre de l'Armée, « le réceptacle des blessés et des souffrances du front », le représentant de l'État saluant « le sacrifice des combattants et le dévouement de ceux qui les ont soignés ».
Textes et photos : Philippe Robin