Bonjour Jean
Merci de votre réponse, voir aussi celle faite à Guy (gg101hop)
Je vais vous envoyer par la voie privée, les noms des soldats dont je cherche encore des infos
Ci joint l'introduction de mon étude, à toutes fins utiles pour les autres lecteurs :
Beaucoup de Lyonnais connaissent le « Tata Sénégalais «, nécropole nationale à Chasselay dans le Beaujolais, où furent inhumés 188 soldats africains.
Ce lieu de mémoire témoigne de la Bataille de Montluzin des 19 et 20 juin 1940 où l’armée française et plus particulièrement ses troupes coloniales se sont heurtées aux troupes allemandes qui envahissaient la région lyonnaise. La bataille, particulièrement meurtrière, se solde par des exécutions sommaires de soldats noirs qui composaient le 25iéme Régiment de tirailleurs sénégalais, alors engagé dans ce premier acte de Résistance dans notre région (1,2).
Dans un coin du cimetière de La Mulatière, il existe un caveau au style oriental et une fosse anonyme dont seuls quelques édiles connaissent l’existence et a priori personne l’histoire.
Cette étude propose de remettre en mémoire l’histoire attachée à ce caveau, ossuaire de 113 soldats musulmans de 1914-1918, morts pour la France, associé à une fosse adjacente de 88 autres soldats musulmans. Il s’agit d’un ossuaire régional, probablement le plus grand de la région pour des acteurs de ce conflit.
Nous avons retrouvé le pourquoi de l’inhumation en tombes individuelles, dans le cimetière de La Mulatière, de 202 soldats musulmans décédés dans au moins 13 hôpitaux civils et militaires de la région et à plus de 60% à l’hôpital militaire temporaire « Lamartine » N°21 à Oullins.
La conception du caveau est l’œuvre conjointe de l’architecte lyonnais TESSIER et d’un des architectes de la Mosquée de Paris, M.MANTOUT. Construit en 1936, inauguré en mai 1937, il est l’œuvre d’une volonté certainement économique mais surtout éthique et morale du maire Paul NAS, soutenue par son conseil municipal et l’appui financier de la population soucieuse de ce lieu de mémoire.
Pour respecter le culte musulman, des discussions ont eu lieu au sein des plus hautes instances musulmanes gestionnaires des Hauts Lieux de l’Islam pour les processus d’exhumation, réinhumation et conception extérieure du caveau. Si Kaddour BEN-GHABRIT, ministre plénipotentiaire honoraire du Sultan du Maroc, Directeur de l’Institut Musulman et premier Recteur de la toute jeune Mosquée de Paris a été un appui sans faille pour le Maire.
Les liens d’amitiés qui se créèrent entre ces deux hommes, engendrèrent une « alliance objective » qui permit de convaincre les Ministres des Pensions successifs après 10 ans d’échanges de courriers. En effet, ceux-ci étaient contraints à des articles issus du Traité de Versailles du 28 juin 1919 et aux normes concernant les nécropoles militaires. De plus, il ne faut pas oublier, à la lecture, les évolutions des contextes des politiques françaises en Métropole et au Maghreb dans cette période de la III ième République.
Nous avons retrouvé les noms et prénoms des 202 soldats ou travailleurs coloniaux et à ce jour, pour plus de 85 % d’entre eux, leur identité presque complète : dates et lieux de naissance et décès, nationalités. Ces hommes d’environ 26 ans en moyenne, étaient pour beaucoup mineurs à leur décès. L’ensemble comporte au moins 8 nationalités : environ 65 % d’algériens, 16 % de marocains, 7 % de tunisiens, et pour le reste des jeunes du Sénégal, Soudan, Guinée, Haute-Volta (Burkina Faso actuel), Dahomey (Bénin actuel) et peut être Niger.
En 1923, la famille d’un des soldats morts pour la France avait retiré ses restes.
Le contexte historique de ce monument en fait l’un des plus importants de la commune. A ce titre, il mérite une revalorisation mémorielle au sein des diverses composantes de la communauté nationale dans notre commune et notre Région. Les journées Européennes du Patrimoine en septembre 2007 offriront cette occasion.
Frédéric COUFFIN
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FC LA FONTANIERE