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Auteur Sujet :

Pieds gelés...

n°7256
LABARBE Be​rnard
Posté le 13-01-2010 à 22:22:02  profilanswer
 

Bonjour,
Ca veut dire quoi ,"pieds gelés" ? Degré de gravité, conséquences, des doigts amputés comme ceux des mains de Maurice Herzog l'alpiniste ?
Vu le nombre de "pieds gelés" au 57ème R.I. dans le journal de santé du régiment, dans la Somme fin 1916 et début 17, je me pose la question.
Cordialement,
Bernard


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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°7257
laurent pr​ovost
Posté le 13-01-2010 à 22:31:31  profilanswer
 

Bonsoir Bernard,
Il me semble que ce thème fut exposé sous le vocable pied de tranchées l'année passée
juste une petite recherche a faire dans le moteur te donnera entre autre ceci
A bientôt


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HistoriX, le site
L'ecume des archives, le blog
Support web
n°7258
MP 92
Posté le 13-01-2010 à 22:42:12  profilanswer
 

LABARBE Bernard a écrit :

Bonjour,
Ca veut dire quoi ,"pieds gelés" ? Degré de gravité, conséquences, des doigts amputés comme ceux des mains de Maurice Herzog l'alpiniste ?
Vu le nombre de "pieds gelés" au 57ème R.I. dans le journal de santé du régiment, dans la Somme fin 1916 et début 17, je me pose la question.
Cordialement,
Bernard


 
Bonsoir LABARBE Bernard, Bonsoir à tous,
 
Ca peut aller jusque là mais en général, non. Le commandement veillait sur ce point mais il y a eu des circonstances où ce sont des dizaines et même des centaines de cas (800 en 15 jours au 5°CA en Argonne) qui se sont produits.
On utilise également l'expression "pieds de tranchées".
La pathologie est due à l'humidité et au froid qui sévissait en hiver (jusqu'à -15/ -20°) et à l'engourdissement du fait de la position immobile pendant des heures. D'autre part, les prescriptions médicales n'étaient pas respectées pour des tas de raisons allant de l'impossibilité pure et simple de se déchausser quelques heures, en passant par la négligence (pieds à enduire tous les jours de graisse lanolinée spéciale distribuée), au non changement de chaussettes, au stationnement carrément dans l'eau, etc ...
En général, le soldat était remis sur pied (sans mauvais jeu de mots) en 4 à 6 semaines, grâce à la chaleur (boite soufflante à air chaud où on introduisait les 2 pieds) et au traitement adéquat de lavage + couche de vaseline, pratiqué dans les amb.
 
Cordialement,


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Michel PINEAU
 
Il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Diderot
n°7260
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 14-01-2010 à 08:36:00  profilanswer
 

Bonjour à tous, concernant ce sujet , Maurice Genevoix décrit "ce mal" lors de son séjour aux Eparges en 1915.  
 
Extrait: "Mes molletières déroulées roulent sur le parquet; ma capote s'affaisse près d'elles. L'un après l'autre, mottes lourdes, mes souliers tombent. Tout cela fait un tas de boue qui fume à la chaleur du fourneau. Mes chausettes fument au dossier d'une chaise,et sur la chaise, fument mes deux pieds nus. Mais pieds sont bleus, de ce bleu qu'on voit aux nuages de l'été, les soirs d'orage. Ils deviennent verts comme une chair de noyé. Ils deviennent rouges comme des parquets de viande saignante...mes pieds cramoisis fourmillent de démangeaisons brûlantes...engelures énormes, ils commencent à bouillir; à présent j'ai des jambes; mais je n'ose plus y toucher.".
 
Les remèdes passaient parfois par un lavage des pieds au savon de potasse. Quand le soldat le pouvait on l'incitait à se graisser les pieds à base d'huile de baleine ou de pommade à la lanoline.
 
Laurent  :hello:


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
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n°7261
Titeuil
Ni schtroumf, ni épouvantail
Posté le 14-01-2010 à 08:55:34  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Bernard,
 
Un autre membre du forum a posté un message sur le même sujet en ce moment même dans la rubrique "soldat de la Grande Guerre".  
Sinon, voici un témoignage que je possède :  
 
" Le 30 janvier 1917
 
(...) Il fait toujours beaucoup froid. Aujourd’hui il neige, ces jours il y en a eu plusieurs de notre régiment d’évacués pour les pieds gelés. (...)"  
 
Quelques jours plus tard:  
 
" Samedi, 3 février 1917
 
Ma bien chère Marie,
 
(…) J’ai reçu ta lettre datée du 30 janvier où tu me dis qu’il fait aussi bien froid à Ecoche et il n’a toujours pas l’air de se radoucir. Tenez-vous bien au chaud qu’il ne vous arrive rien car à un temps pareil en sortant d’un appartement bien chaud et surtout après avoir mangé une soupe bien chaude, on peut être saisi par le froid et prendre mal nous autres qui sommes toujours à l’air. Nous risquons moins d’attraper une congestion mais nous risquons d’avoir les pieds gelés. Voilà 15 jours que nous mangeons du pain gelé, il est dur comme du pain grillé et plein de gevril à l’intérieur. Nous couchons sous des hangars en planche et nous creusons des tranchées à l’arrière du matin au soir. Le terrain est gelé à 40 centimètres de profondeur, c’est dur à creuser."
 
L'hiver 17, comme vous le savez sans doute, a été particulièrement glacial : des températures avoisinant parfois les - 25°c.  
 
Bien à vous tous,
 
Christophe

n°7262
marcel cle​ment
Posté le 14-01-2010 à 10:20:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Effectivement, il faut plutôt parler du " pied de tranchée " et les conséquences étaient souvent très néfastes et cela a concerné des centaines de miliers de soldats.
 
Merci à Laurent d'avoir mis le lien que je rappelle également :
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _621_1.htm
 
Amicalement,
 
Alain MC
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2990/2953916815_9defcfaae1_o.jpg


Message édité par marcel clement le 14-01-2010 à 10:22:47

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Amicalement,
Alain MC
n°7263
LABARBE Be​rnard
Posté le 14-01-2010 à 11:31:20  profilanswer
 

Bonjour,
Et merci pour vos informations.
Cordialement,
Bernard


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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°7264
Rutilius
Posté le 14-01-2010 à 15:44:05  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   On pouvait même succomber à la suite de « pieds gelés », souvent par complication gangreneuse ou septicémique :
 
   ― ALLIER Henri Alphonse, né le 27 février 1896 à Gonesse (Seine-et-Oise – aujourd’hui Val-d’Oise –), décédé le 22 février 1917 à l’Hôpital auxiliaire n° 104 de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) d’une septicémie consécutive à des « pieds gelés », Soldat de ... classe, 1er Régiment d’infanterie territoriale, Matricule n° 13.961, classe 1916, n° 431 au recrutement de Beauvais [« Acte envoyé le 22 février 1917 à Notre-Dame-du-Thil (Oise).» – Commune rattachée à Beauvais dans les années 1940 –].
 
   Bien à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 14-01-2010 à 15:44:37
n°7266
marcel cle​ment
Posté le 14-01-2010 à 20:25:38  profilanswer
 

Re bonsoir à tous, :hello:  
 
Il y a dans le lien évoqué ,une abominable photo montrant une amputation spontanée des deux pieds , par une maladie des pieds de tranchée. Il y a aussi de chiffres concernant les décès.
J'ai retrouvé, avec émotion, dans le JPO de son régiment; la trace écrite de l'évacuation de mon GP pour " Pieds gelés' en 17. Le pied de Tranchée était une affection grave et assez spécifiquement française. Pas de pieds de tranchée chez les belges ou les Anglais par exemple, et dans des conditions de vie ou climatiques identiques.
 
 
Amicalement,
 
Alain MC


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Amicalement,
Alain MC
n°7268
- Joel Hur​et -
Administrateur
Posté le 15-01-2010 à 09:02:10  profilanswer
 

[quotemsg=7256,1,326]Bonjour,

Citation :

Ca veut dire quoi ,"pieds gelés" ? Degré de gravité, conséquences, des doigts amputés comme ceux des mains de Maurice Herzog l'alpiniste  
Bernard


 
Bonjour à tous,
 
Un exemple parmi tant d'autres !  un de mes deux grand-pères ( 16e Compagnie du 42e R.I.C.) a eu les pieds gelés à Vauquois le 11 mars 1915. Il a été amputé des cinq orteils du pied droit ( cité avec attribution de la médaille militaire).  
J’ai encore bien en tête le récit qu’il faisait des circonstances qui ont conduit à cette blessure. Je me suis toujours dit qu’il devait faire drôlement froid le 11 mars 1915 ! mais à la lecture de ce fil et de celui consacré au " pied de tranchée ", j’y vois beaucoup plus clair et je peux faire  le rapprochement avec ce qu’il décrivait : resté entre les deux lignes sans pouvoir bouger, les pieds dans l’eau et secouru la deuxième nuit dans des circonstances très particulières.
 
Bien cordialement,  Joël Huret  


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Plus de quarante années de collection : Musée militaire de Thiaucourt
n°7271
valier
Posté le 15-01-2010 à 21:10:24  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Merci pour ce fil très intéressant.
 
Une question :

marcel clement a écrit :

Le pied de Tranchée était une affection grave et assez spécifiquement française. Pas de pieds de tranchée chez les belges ou les Anglais par exemple, et dans des conditions de vie ou climatiques identiques.


As-t-on un début d'explication ? Par exemple l'usage de chaussures différentes comme des bottes en caoutchouc dont j'ai lu que l'usage était interdit dans l'armée française.
 
Bonne soirée.
 
Jacques


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°7272
marcel cle​ment
Posté le 15-01-2010 à 21:23:30  profilanswer
 

Bonsoir,
 
 
Les Belges n'avaient pas de " Pied de tranchée ", voici ce qu'écrit un médecin Belge. C'est très explicite.
 
Bonne soirée et amicalement,
 
Alain MC
 
 
QUELQUES REMARQUES SUR LE PIED DE TRANCHEE  
PAR LE DOCTEUR M.J VONCKEN  
MEDECIN DE BATAILLLON ARMEE BELGE  
 
CONFERENCE CHIRURGICALE INTERALLIE  
 
1ERE SESSION MARS 1918  
 
 
 
« En me basant sur les statistiques établies par le service de Santé de l’armée Belge je n’ai pu relever que quatre fois le diagnostic de gelures légères des pieds et un seul de ces diagnostics porte : amputation du gros orteil pour gangrène .  
On peut donc admettre comme inexistante l’affection du pied de tranchée dans l'armée Belge malgré les quatre hivers rudes que nous venons de passer.  
 
Considérons les différentes causes invoquées pour expliquer la pathogénie :  
1°) L’infection microbienne ou le parasitisme mycélien.  
2°) L’action de l’humidité froide.  
3°) L’action de la gelée.  
Quelle que soit le mécanisme exact de ces trois facteurs, qu’il y ait une infection toxique, qu’il y ait névrite ou angiite oblitérante, tant artérielle que veineuse, vaso-constriction reflexe due au froid ou à la macération dans les boues humides, nos soldats aurait dus en éprouver les mêmes conséquences. Car dans les tranchées en Yser, les conditions climatiques et telluriques furent identiques à celles de toutes les autres armées.  
Bien plus, c’est dans l’armée des Flandres que les troupes Anglaises ont eu le plus de cas ; les troupes Françaises voisines de la mer ont payé également un tribut assez important aux gelures des pieds, spécialement pendant l’hiver 1914-1915. A ce moment nos régiments étaient en ligne, de Nieuport à Dixmude, vivant dans des conditions identiques à celles de nos voisins Français et Anglais. Les mêmes difficultés de relève, les mêmes séjours prolongés dans des tranchées des plus inconfortables, n’ont pas cependant amené chez nous d’incidents imputables au froid. Peut-on expliquer ce fait par une différence dans l’étiologie ? Les trois facteurs envisagés plus haut ont été communs aux trois armées.  
 
Deux faits semblent cependant avoir à ce sujet, quelque valeur et peuvent expliquer les différences.  
 
1°) Le port de la molletière est sévèrement défendu à l’armée Belge. Le soldat porte une petite guêtre très évasée à sa partie supérieure et qui ne monte que jusqu’au tiers moyen de la jambe.  
Mr DEPAGE, lors de la guerre des Balkans a déjà insisté sur les dangers que constitue pour la circulation périphérique, le port des bandes molletières.  
 
2°) Le port de la chaussette de laine est généralisé. Il serait à ce propos intéressant de rechercher si les lésions par gelure ne ce sont pas manifestées en plus grand nombre chez les soldats, qui au lieu de chaussettes portaient des bandes de toile ou des carrés de flanelle repliés par les coins.  
 
Si le froid et l’immobilité dans les tranchées favorisent la stase sanguine, tout obstacle ajouté au cours du sang telles les bandes molletières prédispose grandement à l’apparition de la gelure, quelque soit la nature de cette affection"  
FIN DE CITATION.  
 


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Amicalement,
Alain MC
n°7273
Titeuil
Ni schtroumf, ni épouvantail
Posté le 15-01-2010 à 21:57:24  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Merci Alain pour ces précisions. Qui dit pied... dit chaussure. Voici le calvaire enduré par un soldat :  
 
"Samedi 4 décembre 1915
 
(…) Tu me dis sur la lettre d’hier que mon frère a acheter jeudi une paire de galoches, tu me les enverras tout de suite si tu veux car voilà déjà plus de 15 jours que mes souilliers sont tout percé et on me les change pas. J’en ai réclamé encore aujourd’hui, on m’a dit de les faire ressemeler. Cependant je peux pas marcher pied nu, à ces temps de pluie j’ai toujours les pieds dans l’eau. Je mets de la paille dans mes souilliers en place de chaussettes que je change tous les jours, autrement mes chaussettes seraient vite pourri. (…)  
 
Mardi 14 décembre 1915
 
(…) Sur la lettre que j’ai reçu, tu me dis que mon frère n’a pas trouvé de galoches. Si tu n’en a pas encore acheté, il faut pas en acheter. Je t’en avais parlé sur mes dernières lettres parce que tu m’avais dit il y a une quinzaine de jour que tu les faisais acheter le lendemain. Si tu n’a encore rien acheter, ce serait une paire de sabots couverts en noyer que tu pourrais me faire faire chez Matray, pas trop lourd et pas trop grand, et tu pourrais les envoyer par colis d’un kilo. Je les préfèrerai à une paire de sabotes, je marche mieux avec, seulement il faudrait faire mettre une bonne bride à chaque sabot à Matray en cas s’il fendait. Mais tu m’enverras pas de sabots à courroie et il faut pas les faire ferrer. Je peux trouver du cuir tant que je veux avec des petites pointes et j’en mettrai dessous en place de clous. Comme ça tu pourrais les envoyer par colis d’un kilo et je les aimerai bien autant que des galoches. (…)
 
Vendredi 17 décembre 1915
 
(…) J’ai reçu hier soir ta lettre datée du 14 où tu me dis que tu m’as trouvé une paire de galoches à Cours. Cela t’a joliment fait courir ainsi que mon frère. (…)
 
Mardi 21 décembre 1915
 
(…) Tu m’as dis sur ta dernière lettre, que tu m’enverrait mes galoches samedi matin, je les ai pas encore reçu, ils viendront peut-être aujourd’hui à moins qu’ils ait du retard. Je serai bien content de les avoir car j’ai toujours mes souilliers percés. On a encore pas pu me les changer et ça pleut presque tous les jours. (…)
 
Samedi 25 décembre 1915  
 
(…) Je te dirai que le temps me dure bien de recevoir de vos nouvelles car il y a dix jours aujourd'hui que je n'ai point reçu de lettre, je pense qu'il y en a encore une qui s'est perdue et je n'ai encore pas reçu mes galoches que tu m'avais aussi envoyé, le service des postes ne marche guère bien. (…)
 
Dimanche 2 janvier 1916
 
(…) Je n’ai toujours pas reçu mon colis, je pense qu’il tardera pas d’arriver. Je pensais pas que tu les avais payé si cher mes galoches, ce serait bien malheureux s’il se perdait. (…)
 
Jeudi, 6 janvier 1916
 
(…) Tu me demande s’il faut m’envoyer une couverture, m’en envoie pas, car tous les colis par chemin de fer mette au moins un mois et plus pour venir et il y en a beaucoup qui se perdent en route, on a bien le temps d’être mort d’ici qu’il soit arrivé. Celui que tu m’as envoyé où sont mes galoches je l’ai encore pas reçu, pourvu qu’il se perde pas. (…)
 
Samedi, 8 janvier 1916
 
(…) Tu me dis que tu me fais une couverture mais il faut pas me l’envoyer, on vient de m’en donner une bonne il y a 2 jours, c’était bien temps, voilà l’hiver à moitié passé. On m’a aussi donné une paire de soulliers. Je suis bien monté à présent, je n’ai toujours pas reçu mes galoches mais elles peuve arriver ces jours, car les colis par chemin de fer mette le moins 15 jours pour venir. J’en serai bien content de les avoir car j’aurai encore les pieds bien plus chauds que dans mes soulliers.
 
Lundi 10 janvier 1916
 
(…) Je n’ai pas encore pas reçu mon colis où sont les galoches. Voilà trois semaines qu’il est parti mais à l’occasion des fêtes, il y a tant de colis qu’ils peuvent que moins faire que d’avoir du retard. (…)
 
Mercredi, 13 janvier 1916
 
(…) Je te dirai que je viens de recevoir mon colis où sont mes galoches ainsi que la paire de chaussettes et tout ce qu’il y avait dedans en bon état. Je t’en remercie beaucoup, surtout de mes galoches, elles me vont parfaitement bien et elle me tienne les pieds bien chauds. Il y en a beaucoup qui en ont mais j’en ai point vu d’aussi bonne que celle que tu m’as envoyé. Seulement elles te coûte un peu cher et elles t’on fait courir. (…) "  
 
Grand jour, que ce 13 janvier !! N'est-ce pas que l'on se met aussi à guetter l'arrivée des colis pour savoir si elles arrivent enfin ces galoches...  
 
Bien à vous tous,
 
Christophe
 
 
 

n°7274
LABARBE Be​rnard
Posté le 15-01-2010 à 22:30:22  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Journal de santé du 18ème C.A. (57ème R.I. dont il est question entre autres à la fin)  
http://storage.canalblog.com/89/00/132869/48610338.jpg
Jacques, il est question de bottes de tranchées, mais j'ignore si elles étaient en caoutchouc.  
Au 57ème, nous sommes dans la Somme, du 26 décembre 16 au 9 février 17. Dans le journal de santé du régiment un tableau avec 235 évacuations pour pieds gelés durant la période. Degrés de gravité ? Je n'en sais rien.
Il souligne (le journal du 57) la bouillasse, effondrements des boyaux, enfoncements jusqu'à mi-cuisse dans ce cloaque glacé, bref la totale...  
Mais pas que la bouillasse glacée car la température est descendue très bas, faudrait que je fouille, mais de mémoire tout gelait, même le pinard.
Cordialement et les pieds au chaud,
Bernard


Message édité par LABARBE Bernard le 19-01-2010 à 10:58:24

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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°7275
Rutilius
Posté le 15-01-2010 à 22:55:32  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
   Une évocation poétique et humoristique de ce mal :
 
     Le Gafouilleur n° 6, Décembre 1916.
 
   [Journal du front des mitrailleurs du Groupe léger du 7e Régiment de dragons, puis du 1er Escadron de mitrailleurs du 12e Régiment de cuirassiers, fondé en Mars ou Avril 1916, dans une cagna des tranchées de Champagne, par Pierre Baudry et ses camarades Alvernhe et Stein (André Charpentier : « Livre d’or des journaux du front.  Feuilles bleu horizon. 1914-1918 », André Charpentier, éd., Paris, Déc. 1935, p. 281).
 
   Né à Sens (Yonne), le 26 avril 1897, Pierre Baudry, alors brigadier, sera tué à l’ennemi le 29 mai 1918 à Crécy-au-Mont (Aisne), « à un kilomètre de la Ferme Morœil  », révèle sa fiche M.P.L.F. Poète et dessinateur, il fut le plus jeune créateur et rédacteur des journaux du front.]
 
   Poème publié dans cette livraison et reproduit dans l’ouvrage précité, p. 281 et 282 :
 
 
                                                                                 LA BALLADE DES PIEDS GELÉS
 
                                                                                 Le soleil montre son front pâle
                                                                                 Dans les saules aux bras noircis.
                                                                                 De rapides lueurs d’opales
                                                                                 Glissent sur l’azur éclairci,
                                                                                 Le grésil saupoudre la vigne,
                                                                                 Les chemins sont tout craquelés.  
                                                                                 Cette nuit, en montant en ligne,  
                                                                                 On les aura... les pieds gelés.
 
                                                                                 A travers les lourdes godasses
                                                                                 La flotte s’infiltre sans bruit,
                                                                                 En clapotant, passe et repasse
                                                                                 Sous le panard qui se raidit.
                                                                                 En se baignant dans ses chaussettes
                                                                                 Dont le galbe est tout épilé,  
                                                                                 Le guetteur, tout transi, répète :
                                                                                 On les aura... les pieds gelés.
 
                                                                                 Rien n’y fait ! ni la graisse blonde,
                                                                                 Ni le vieux morceau de journal ;
                                                                                 En un instant la boue immonde
                                                                                 S’ingénie à les mettre à mal.
                                                                                 On a beau les oindre de crème,
                                                                                 Les couvrir de tissu huilé
                                                                                 Les godillots trempent quand même.
                                                                                 On les aura... les pieds gelés.
 
                                                                                                  ENVOI.
 
                                                                                 Pauvre poilu qui se lamente
                                                                                 Sur ses vieux ribouis gondolés :
                                                                                 T’en fais pas. Qu’il neige ou qu’il vente,
                                                                                 On les aura !!!... les pieds gelés.

 
   Bien à vous,
   Daniel.

n°7276
marcel cle​ment
Posté le 16-01-2010 à 10:06:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
 
Merci pour toutes ces informations et bravo à Rutilus pour ce beau et explicite poème que je ne connaissais pas.  :love:  
 
 
 
 
Amicalement; et faites gaffe à vos pieds  :lol:  
 
 
Alain MC


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Amicalement,
Alain MC
n°7312
chanteloub​e
Posté le 27-01-2010 à 09:56:01  profilanswer
 

bonjour,
Il y a dans les Mémoires de Marc DELFAULD une information que j'ignorai:
les soldats qui "oubliaient" de signaler qu'ils avaient un problème de "pieds de tranchées" étaient, dit-il, sanctionnés! ce qui montre, que dans son secteur, en tout cas, les medecins y étaient attentifs.
Tous ceux qui ont eu, il y a 50 ans disons, l'occasion de faire de la grande randonnée en terrain humide ou en neige mouillée, avant que l'on invente les chaussures imperméables (genre Koflach), savent que même soigneusement graissées les cuirs laissaient passer l'eau et qu'au bout de trois jours les petits petons étaient dans un drôle d'état, alors en 14.... au bout d'une semaine...on imagine.....
Cordialement CC

n°7313
Jean RIOTT​E
Posté le 27-01-2010 à 10:15:40  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Un grand merci à tou(te)s d' avoir enrichi de vos très intéressantes interventions  ce fil initié par Bernard L.
Pieds gelés, pied de tranchée... nous voila très bien renseignés.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°7317
Sylvain5
Posté le 28-01-2010 à 14:51:23  profilanswer
 

Bonjour  
 
Mon Arrière Grand père a eu pour blessure les pieds gelés qui lui ont valu une hospitalisation d'une période d'environ un mois alors cela ne devait pas être rien !...  
 
Amicalement  
Sylvain


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Sylvain
n°7318
marcel cle​ment
Posté le 28-01-2010 à 19:00:06  profilanswer
 

Bonsoir à tous, bonsoir Sylvain
 
Et non, cela n'était pas rien; Il y  eu des cas de perte et d'amputation des 2 pieds. Voir le fil précédemment cité pour les informations et les photos.
 
 
Amicalement,
 
Alain MC


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Amicalement,
Alain MC
n°7320
Sylvain5
Posté le 28-01-2010 à 20:27:59  profilanswer
 

Bonsoir à tous  
 
Finalement, il s'en est bien sorti car il est là en avatar devant chez lui !  
 
Amicalement  
Sylvain


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Sylvain
n°7321
Titeuil
Ni schtroumf, ni épouvantail
Posté le 28-01-2010 à 20:30:40  profilanswer
 

Bonsoir à tous, bonsoir Sylvain,  
 
Et il semble bien tenir sur ses jambes en plus !!  
 
Bien à vous tous,
 
Christophe

n°7402
mireille s​auer
50RI, 3RMZT,6RMT, 9eZ ,3eRAC
Posté le 08-02-2010 à 22:58:02  profilanswer
 

bonsoir,  
 
lettre de mon grand père, sergent fourrier au 50 RI, 9ème Cômpagnie, 3ème Bataillon, sur le front à sa maman, en Algérie :
 
 
Le 9 février 1915 reçue le 15
 
Ma chère maman, je te demande dans une lettre d’hier de m’envoyer quelques colis ; joins-y une ou deux paires de chaussettes de coton, que je mets sous les chaussettes de laine
De bons baisers à cousin, à grand-mère et les meilleurs de ton fils
Henri
 
tiré de http://1418sauer.e-monsite.com
 
mais encore une fois, quelle source inépuisable de renseignements, détails, nous trouvons dans toutes vos participations ! c'est passionnant.
 
bonne soirée-nuit
 
Mireille
 
 
 
 
 


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http://1418sauer.fr  
Nénette et Rintintin sont tous les deux mignons;ils dorment en ce moment, bien tranquillement au fond de ma poche, et je n’ose les déranger car ils doivent surement s’aimer comme deux fous.  Henri 3RMZT 07/18
n°7403
Mercadal P
Posté le 09-02-2010 à 08:19:19  profilanswer
 

Bonjour.
Pour l'anectode, en juin 40 les troupes italiennes en opération sur le front des Alpes ont connus 2 151 " congelati " sur 271 5000 soldats engagés.
Au revoir.
P.Mercadal


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°7404
Bruno Tard​y
Posté le 09-02-2010 à 12:18:48  profilanswer
 

Bonjour,
 
Dans ses lettres, mon père demande des chaussettes tellement souvent que je n'ai même pas compté.
Dans une, il dit qu'il n'a pas pu se déchausser depuis deux semaines et qu'il a du jeter ses chaussettes qui avaient pourri sur lui.  
Dans la boue d'Artois, ils avaient souvent de  l'eau jusqu'aux genoux.
Quand au froid, certains soldats ont été malades pour avoir mangé du pain gelé.
 
Combinez le tout, et les pieds gèlent
 
Cordialement
Bruno (sous la neige aujourd'hui, mais bien au chaud derrière les vitres)

n°7405
Sylvain5
Posté le 11-02-2010 à 22:05:56  profilanswer
 

Bonsoir  
 
Huummummumm
 
ça n'a pas que des desavantages d'avoir les pieds gelés, idéal pour un bon wisky bien frais...  :whistle:  :whistle:  
Désolé je sors mais le froid d'aujourd'hui me glace les pieds !  
 
Ils ne sont pas gelés au chaud sur une bouillotte mais j'imagine au coeur des tranchées tapis dans les fossés boueux...
 
Autrement, j'ai fais la demande du dossier médical de mon A Grand père au SAMHA et j'attends la réponse...
Combien de temps faut il attendre (envoyé début février !...)
 
Cordialement  
Sylvain


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Sylvain
n°7407
subaq
Posté le 12-02-2010 à 09:33:32  profilanswer
 

Le terme pieds gelés est employé à l'époque de façon très imprecise.
Au sens stricte il ne s'agit que de gelures pouvant aboutir à des amputations comme cela se rencontre en montagne par exemple. Cela necessiste des températures très basses.
Dans le pied de tranchée, le facteur favorisant le plus important est l'humidité constante et la macération des tissus associée à la gène circulatoire provoquée par des chaussures et ou des bandes inadaptée. La ce type de lésion peut apparaitre même lorsque les temperatures son normales. La surinfection étant alors rapide et des cas de gangrènes mortelles (anaerobies) sont possibles.


Message édité par subaq le 12-02-2010 à 16:22:58

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Cordialement
Jérôme Seyer
n°7408
marcel cle​ment
Posté le 12-02-2010 à 14:59:18  profilanswer
 

Bonjour à Tous et à subaq, :hello:  
 
Merci beaucoup, Docteur, car voila très bien résumé la différence essentielle entre " pieds gelés " et " pieds de tranchée ". J'avais à plusieurs reprises insisté sur la différence entre les deux et sur le fait que cette affection du " Pied de tranchée " n'avait pas concerné les Belges, Canadiens, Américains et quelle était un peu une spécificité des armées Françaises.  
Malgré tout la confusion persistait, maintenant la chose est claire.
 
 
Amicalement,
 
 
Alain MC


Message édité par marcel clement le 12-02-2010 à 15:00:22

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Amicalement,
Alain MC

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