Bonsoir à tous,
Bonsoir Mireille,
Voici donc la transcription (ortographe d'époque respectée).
Bonne lecture, amicalement, Patrice
" Méthodes de ranimation ventilatoire décrite par Monsieur PORTAL, médecin consultant de
MONSIEUR *, de l'Académie Royale des Sciences, publiés par ordre du Gouvernement.
*Il s' agit du frère de Louis XIV.
« Avis important sur les moyens pratiqués avec succès pour secourir :
1° les Personnes noyées;
2° celles qui ont été suffoquées par des Vapeurs méphitiques, telles que celles du charbon, du vin, des mines, & c.
3° les Enfants qui paraissent morts en naissant, & qu'il est facile d'appeler à la vie.
Sur les Secours qu'il faut administrer à quelques Enfants qui paraissent morts en naissant.
A peine les enfants sont-ils sortis du sein de leur mère, qu'ils font des efforts pour respirer. L'air pénètre facilement les poumons de quelques uns ; dans d'autres il s'y insinue avec peine ; et il est des enfants qui ne pourraient respirer si on ne venait à leur secours & on confond souvent cette mort apparente avec leur mort réelle, ce qui fait qu'on les abandonne sans aucun secours.
Les secours les plus efficaces sont :
1° De ranimer la chaleur vitale;
2° De pousser l'air dans les poumons, soit en appliquant la bouche immédiatement sur celle de l' enfant, soit au moyen d' un petit tuyau dont on introduirait une extrémité dans la bouche de
l'enfant, et dans l' autre extrémité duquel on soufflerait à divers reprises avec plus ou moins de force : c' est ainsi qu' on détache les matières muqueuses qui remplissent les bronches et qu'on facilite la respiration des nouveaux-nés.
Il est intéressant de noter que dans les soins décrits, il est fait mention pour les noyés :
« …d' insuffler de l' air dans les poumons, la meilleure manière d'y parvenir étant
d' introduire le tuyau d' un soufflet dans une narine et de boucher l' autre, un tuyau seul suffit à défaut de soufflet. Il est plus avantageux de pousser l'air dans les narines que dans la bouche, parce qu' il parvient ainsi plus aisément dans la trachée arrière, et que beaucoup de noyés ont la bouche fermée par la convulsion des muscles de la mâchoire inférieure. »
Sur l' affiche est imprimé le pavé suivant :
« Louis-Guillaume de BLAIR, Chevalier, Seigneur de BOISEMONT, COURDIMANCHE & CERNAY, Conseiller d' Etat, Intendant de Justice, Police & Finances en Alsace.
Vu l'avis ci-dessus: Nous ordonnons qu' il sera imprimé dans les deux langues et affiché dans les villes et communautés de cette Province, principalement sur les quais, ports, prés des fours à pain et à chaux, dans les environs des mines et vignobles; comme aussi il sera déposé dans celles desdites Villes et Communautés que nous désigneront, cinquante boîtes contenant les remèdes et ustensiles relatifs aux diffèrens traitement prescrits dans ledit avis. Ordonnons en outre qu'il sera payé une gratification de 24 Liv. pour le traitement de chaque personne suffoquée par les vapeurs méphitiques, et 30 Liv. pour chaque noyé rappelé à la vie; laquelle dernière somme sera distribuée;
Scavoir:
A celui qui appellera des secours pour le noyé : 6 Liv.
A ceux qui l'auront retiré de l'eau et concouru au traitement : 12 Liv.
Au chirurgien qui aura administré ledit traitement : 12 Liv.
Dans tous les cas toutefois où tous les secours, quoique bien administrés aux noyés, ou aux personnes suffoquées, se trouveraient sans succès, la gratification sera réduite à moitié. Et seront les sommes fixées ci-dessus prises sur les revenus patrimoniaux des villes, ou sur les frais communs particuliers des Baillages, et passées en dépense dans les comptes desdits revenus patrimoniaux, ou comprises dans les états desdits frais communs particuliers, en rapportant quittances valables.
Fait à STASBOURG, le 11 novembre 1776. Signé DE BLAIR. "
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"Je me souviens." J'ai fais mienne la belle devise du Québec.