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  Méthode Orale - Ranimation / Réanimation

 

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Méthode Orale - Ranimation / Réanimation

n°3366
Patrice Pr​uniaux1
Honneur et Dévouement
Posté le 21-03-2008 à 10:41:19  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Auriez-vous remarqué dans vos lectures des allusions ou témoignages précis sur la mise en oeuvre d'une méthode orale de ranimation voir même au cours d'une réanimation?
Merci d'avance pour votre aide.
Cordialement, Patrice.


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"Je me souviens." J'ai fais mienne la belle devise du Québec.
n°3368
Nathalie C​.
Posté le 21-03-2008 à 15:38:34  profilanswer
 

Bonjour Patrice
 
En fait, si je comprend bien votre question, vous voudriez savoir si on utilisait le « bouche à bouche » ?
Je ne crois pas avoir relevé cette technique dans mes trop modestes lectures ; par contre, comme principes de respiration artificielle il était d’usage de pratiquer dans le cadre d’une "ranimation "d’urgence l’une ou l’autre de ces deux méthodes :  
Le procédé Sylvester :
 
http://img505.imageshack.us/img505/6154/rea317005xk3.jpg
http://img505.imageshack.us/img505/6702/rea318006oh3.jpg
 
Le procédé Laborde ( les tractions rythmées de la langue )
 
 
« Saisir solidement le 1/3 antérieur de la langue entre le pouce et l’index, avec un linge quelconque ou le mouchoir qu’on a dans la poche, ou même avec les doigts nus, et exercer sur elle , de quinze à vingt fois par minute, de fortes tractions réitérées, successives, rythmées, suivies de relâchement, en imitant les mouvements rythmiques de la respiration elle même.
Pendant les tractions, il importe de sentir qu’elles portent bien sur la racine de la langue, qui s’y prête par son élasticité et sa passivité, surtout dans le cas de mort apparente.
Lorsqu’on commence à sentir une certaine résistance, c’est que la fonction respiratoire se rétablit et que la vie revient : il se fait alors, habituellement, un ou plusieurs mouvements de déglutition, bientôt suivis d’une inspiration bruyante…
Si au moment de saisir la langue, les mâchoires sont encore contractées et les dents serrées, les écarter en forçant avec ses doigts, si c’est possible, ou avec un corps résistant quelconque : morceau de bois, manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette etc..
Il est d’une importance capitale de continuer les tractions avec persistance, sans se lasser ni se décourager, pendant un temps assez long, le résultat pouvant être encore obtenu après un ½ heure, une heure ou plus de l’emploi ininterrompu de ce procédé »
 
Je ne sais pas si ces informations repondent à votre attente, mais maintenant vous saurez !!!
 
Cordialement
Nathalie

n°3369
Patrice Pr​uniaux1
Honneur et Dévouement
Posté le 21-03-2008 à 17:12:48  profilanswer
 

Bonjour Nathalie,

Nathalie C. a écrit :

En fait, si je comprend bien votre question, vous voudriez savoir si on utilisait le « bouche à bouche » ?


" Sylvaner !!! Heu Sylvester ... Cela rappelle quelques souvenirs  :lol:  
Pour pratiquer la méthode Laborde il existait les pinces Laborde.  ;)  
 
Nielsen  
Schaefer  
Schaefer/Nielsen (attention à la tête.)
Sylvester + avec ou sans MCE
Eve
Bretelle Chauveau
Appareils Cot , Panis  ...
Ouiche ! Je viens de prendre un coup de jeunnesse !!!
 
Sérieusement, je voudrais surtout avoir des témoignages d'utilisation de méthodes orales sur le front. Tranchées, Postes de Secours...  Les ensevelis lors des bombardements n'étant pas rares, je me suis dit que peut-être...
Bien cordialement, Patrice.
 


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"Je me souviens." J'ai fais mienne la belle devise du Québec.
n°3378
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 24-03-2008 à 10:26:24  profilanswer
 

bonjour à tous,
bonjour Patrice,bonjour Nathalie,
 
tout d'abors,merci Nathalie pour ces images qui viennent illustrer les méthodes de ranimation/réanimation en cas de détresse respiratoire,
j'ai retrouvé les mêmes éléments dans ma documentation,mais sans illustration.
 
pour Patrice,en ce qui me concerne,la seule fois où j'ai lu une tentative de réanimation dans un témoignage,c'est dans celui de Prosper Viguier ("un chirurgien dans la Grande Guerre" ) au décours d'une opération chirurgicale.
 
d'après ma documentation,les conduites les plus élaborées que j'ai pu trouver au sujet des manoeuvres de réanimation se trouvent dans un manuel d'instruction pour les infirmières (1918)
et cela est ciblé particulièrement pendant le déroulement d'une opération chirurgicale avec accident lié à l'anesthésie;
il y a même l'ancêtre du défibrillateur:un courant électrique administré sur le thorax;
mais ce qui est édifiant,c'est que ce courant est administré dans le but de contracter le diaphragme,donc de rétablir une respiration (ventilation) et non pas pour faire reprendre un rythme cardiaque normal à un coeur au bord de l'arrêt (en fibrillation)
 
j'en ferai peut-être un sujet spécial,c'est intéressant de voir comment était appréhendée l'anesthésie et ses accidents.
 
pour en revenir à nos moutons,je pense qu'à l'époque,les moyens pour ranimer une personne inconsciente,que ce soit par malaise,syncope,ou en arrêt cardio-respiratoire (suite à noyade,ensevelissement..),étaient à peu près les mêmes et empiriques pour le simple quidam:
-stimulations (tapes,pincements...) sur le visage notamment
-vêtements desserrés (au niveau du cou et du thorax)
-bouche débarassée de son contenu éventuel (terre,sable,mucosités)
-faire respirer une senteur forte (vinaigre,alcool fort,ammoniaque,eau de Cologne...)
-et réchauffer la personne (vêtements,frictions...).
 
évidemment dans le chaos des combats,ces petits moyens étaient encore plus limités.
 
le massage cardiaque n'existait pas encore (aucune mention retrouvée)
la respiration artificielle (tel que décrite par Nathalie) oui,ainsi que le bouche-à-bouche (trouvé dans ma doc.) mais uniquement fait par du personnel qualifié (médecins,infirmières)
enfin,concernant des médicaments administrés pour stimuler le coeur: oui,mais par des médecins/infirmières (caféine,huile camphrée...)
 
 
amicalement,
Mireille


Message édité par mireille salvini le 24-03-2008 à 10:51:23
n°3380
laurent pr​ovost
Posté le 24-03-2008 à 10:49:01  profilanswer
 

Bonjour,
 
Oui Mireille, il serait passionnant d'ouvrir un sujet sur les techniques et moyens de réanimation utilisé tout au long du conflit.
 :love:


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HistoriX, le site
L'ecume des archives, le blog
n°3383
Patrice Pr​uniaux1
Honneur et Dévouement
Posté le 24-03-2008 à 11:44:18  profilanswer
 

Bonjour  à tous,
Bonjour Mireille,
Merci pour vos précisions.
De la documentation sur ces vieilles méthodes, vous en trouvez dans les anciens (très) manuels de secourisme  :lol:  
Très intéressant cet ancêtre du défibrilateur. Peut-être nous en parlerez-vous dans un prochain article.
Concernant les méthodes orales de ventilation, sous Louis XIV, le médecin PORTAL a fait publié à grande échelle des descriptions très précises de ranimation ventilatoire destinées au grand public.  
J'ai retrouvé aux A.M. de Belfort une des affiches qui devaient être apposées à la vue de tous en différents lieux.
Ne possédant pas de numérique à l'époque, j'en ai recopié quelques extraits. Si vous êtes intéressée, je peux les transcrire sur le forum.
Les actions de formation "secourisme" me semblent n'avoir jamais été très développées ...
Amicalement, Patrice.


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"Je me souviens." J'ai fais mienne la belle devise du Québec.
n°3390
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 24-03-2008 à 18:04:37  profilanswer
 

bonjour à tous,bonjour Laurent,bonjour Patrice,
 
je suis bien curieuse de connaître ces méthodes de ranimation ventilatoire datée de Louis XIV,je ne savais pas du tout que cette campagne avait été menée,c'est vraiment étonnant!
 
je suis en train de préparer les sujets concernant les soins pré-opératoire,per-opératoire (avec les "alertes" d'anesthésie),et post-opératoire (avec le réveil de l'opéré).
 
en attendant,voici la leçon concernant les soins à donner en cas de syncope,d'asphyxie,etc...qui rejoignent les éléments donnés par Nathalie
 
bonne lecture  :)  
 
http://img391.imageshack.us/img391/1465/ranim1ss9.jpg
http://img391.imageshack.us/img391/1752/ranim2gg1.jpg
http://img171.imageshack.us/img171/8597/ranim3ce4.jpg
http://img508.imageshack.us/img508/639/ranim4cg6.jpg
 
 
tout ceci étant extrait de:
http://img171.imageshack.us/img171/2227/img2048bi8.jpg  année 1917
 
 
 
amicalement,
Mireille
 
 
 
 

n°3392
Patrice Pr​uniaux1
Honneur et Dévouement
Posté le 24-03-2008 à 19:04:25  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Mireille,
Voici donc la transcription (ortographe d'époque respectée).
Bonne lecture, amicalement, Patrice
 
" Méthodes de ranimation ventilatoire décrite par Monsieur PORTAL, médecin consultant de  
MONSIEUR
*, de l'Académie Royale des Sciences, publiés par ordre du Gouvernement.
*Il s' agit du frère de Louis XIV.
 
            « Avis important sur les moyens pratiqués avec succès pour secourir :  
            1° les Personnes noyées;  
            2° celles qui ont été suffoquées par des Vapeurs méphitiques, telles que celles du charbon, du vin, des mines, & c.  
            3° les Enfants qui paraissent morts en naissant, & qu'il est facile d'appeler à la vie.
 
            Sur les Secours qu'il faut administrer à quelques Enfants qui paraissent morts en naissant.
            A peine les enfants sont-ils sortis du sein de leur mère, qu'ils font des efforts pour respirer. L'air pénètre facilement les poumons de quelques uns ; dans d'autres il s'y insinue avec peine ; et il est des enfants qui ne pourraient respirer si on ne venait à leur secours & on confond souvent cette mort apparente avec leur mort réelle, ce qui fait qu'on les abandonne sans aucun secours.  
Les secours les plus efficaces sont :  
            1° De ranimer la chaleur vitale;
            2° De pousser l'air dans les poumons, soit en appliquant la bouche immédiatement sur celle de l' enfant, soit au moyen d' un petit tuyau dont on introduirait une extrémité dans la bouche de  
l'enfant, et dans l' autre extrémité duquel on soufflerait à divers reprises avec plus ou moins de force : c' est ainsi qu' on détache les matières muqueuses qui remplissent les bronches et qu'on facilite la respiration des nouveaux-nés.

          
     Il est intéressant de noter que dans les soins décrits, il est fait mention pour les noyés :
 
            « …d' insuffler de l' air dans les poumons, la meilleure manière d'y parvenir étant  
d' introduire le tuyau d' un soufflet dans une narine et de boucher l' autre, un tuyau seul suffit à défaut de soufflet. Il est plus avantageux de pousser l'air dans les narines que dans la bouche, parce qu' il parvient ainsi plus aisément dans la trachée arrière, et que beaucoup de noyés ont la bouche fermée par la convulsion des muscles de la mâchoire inférieure. »

         
            Sur l' affiche est imprimé le pavé suivant :
 
            « Louis-Guillaume de BLAIR, Chevalier, Seigneur de BOISEMONT, COURDIMANCHE & CERNAY, Conseiller d' Etat, Intendant de Justice, Police & Finances en Alsace.
            Vu l'avis ci-dessus: Nous ordonnons qu' il sera imprimé dans les deux langues et affiché dans les villes et communautés de cette Province, principalement sur les quais, ports, prés des fours à pain et à chaux, dans les environs des mines et vignobles; comme aussi il sera déposé dans celles desdites Villes et Communautés que nous désigneront, cinquante boîtes contenant les remèdes et ustensiles relatifs aux diffèrens traitement prescrits dans ledit avis. Ordonnons en outre qu'il sera payé une gratification de 24 Liv. pour le traitement de chaque personne suffoquée par les vapeurs méphitiques, et 30 Liv. pour chaque noyé rappelé à la vie; laquelle dernière somme sera distribuée;
    Scavoir:
            A celui qui appellera des secours pour le noyé :  6 Liv.
            A ceux qui l'auront retiré de l'eau et concouru au traitement :  12 Liv.
            Au chirurgien qui aura administré ledit traitement :  12 Liv.
           
            Dans tous les cas toutefois où tous les secours, quoique bien administrés aux noyés, ou aux personnes suffoquées, se trouveraient sans succès, la gratification sera réduite à moitié. Et seront les sommes fixées ci-dessus prises sur les revenus patrimoniaux des villes, ou sur les frais communs particuliers des Baillages, et passées en dépense dans les comptes desdits revenus patrimoniaux, ou comprises dans les états desdits frais communs particuliers, en rapportant quittances valables.
                           Fait à STASBOURG, le 11 novembre 1776. Signé DE BLAIR.
"


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n°3393
laurent pr​ovost
Posté le 24-03-2008 à 19:21:51  profilanswer
 

:love:  :love:  
merci a vous deux , je me regale ..


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n°3398
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 25-03-2008 à 17:58:25  profilanswer
 

bonjour à tous
 
merci Patrice,c'est vraiment très intéressant... :love:  
ce qui est étonnant aussi,c'est que pour inciter les gens à secourir leur prochain,on offrait récompense.
apparamment,pour lutter contre l'indifférence du sort de son prochain,peut-être en ces temps où la vie ne tenait pas à grand chose,rien ne valait l'appât du gain...
 
amicalement,Mireille


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